L’année 2009 en cinq événements

Il est de bon ton à la fin d’une année de la résumer avec ses événements marquants. Puisque l’actualité elle-même fonctionne au ralenti, et que votre humble blogueur a de la difficulté à trouver quelque sujet inspirant, voici les quelques événements qui, de mon point de vue, ont marqué 2009.

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  1. La revalorisation du combat identitaire
    L’année 2009, selon moi, a été l’année ayant consacré notre libération du carcan dans lequel nous nous maintenions enfermés depuis le dernier référendum. Après quatorze années de peur, de recherche du consensus, de multiculturalisme et d’à-plat-ventrisme, nous osons enfin relever la tête et réclamer des mesures permettant à notre spécificité humaine de pouvoir survivre. Que ce soit en imposant la loi 101 au Cégep, en réclamant de profonds changements dans le cours d’Éthique et culture religieuse, ou en se questionnant sur le recul du français à Montréal, 2009 a été marquée par la recherche de solutions pour permettre aux Québécois de s’assurer un avenir en français et de continuer à enrichir la diversité humaine de leur présence.
  2. Le Go Fuck Yourself du Theatre Ste. Catherine.
    Individuellement, il ne s’agissait que d’un directeur de théâtre, Eric Amber, offusqué parce qu’on lui a demandé de retirer un groupe de sa liste d’envoi de courriels parce que ses courriels étaient unilingues anglais. Collectivement, pourtant, il s’agissait de la représentation ultime du mépris des anglophones pour le français à Montréal. Qu’un homme soit en mesure de vivre en anglais à Montréal et puisse faire fi de notre langue commune de cette façon et insulter le peuple québécois dépassent l’entendement. La manifestation et les réactions d’incrédulité qui ont suivi, de même que la distanciation de Juste pour Rire avec Eric Amber, ont contribué, selon moi, à raviver le combat linguistique à Montréal.
  3. La réélection de Gérald Tremblay
    Cette réélection a démontré une chose utile: les anglophones et les allophones de Montréal préfèrent une administration corrompue, gaspillant nos taxes pour engraisser leurs amis, faisant de Montréal une honte innommable, à l’élection d’une mairesse souverainiste et fière de ses origines. La corrélation entre le fait d’être un non-francophone et le vote pour Gérald Tremblay a été statistiquement très forte et je crois que cet événement a contribué à faire comprendre à plusieurs qu’on ne peut pas faire fi des enjeux identitaires, même au niveau municipal.
  4. La mort de Pierre Falardeau
    Le décès de Pierre Falardeau a marqué le Québec. L’initiative pour changer le nom de rue Amherst en rue Pierre-Falardeau (près de 13 000 membres aujourd’hui sur Facebook) n’a pas seulement démontré cet amour des Québécois pour le cinéaste, mais également le désir de célébrer ceux qui nous ont marqués. Falardeau, quoi qu’on en dise, n’est pas mort si des dizaines de Québécois se lèvent à sa suite et se battent pour ses idées. À un niveau plus personnel, c’est la mort de Falardeau, et l’écoute de ses dernières entrevues, qui m’ont fait découvrir Olivar Asselin, le plus grand de nos journalistes, qui a tenu le Québec en haleine pendant une génération au début du siècle précédent. Qu’un tel homme soit pour ainsi dire inconnu du public ne fait que démontrer l’état absolument pitoyable de nos connaissances historiques (et je m’inclus dans le lot).
  5. La grippe A(H1N1)
    Ce fut le sujet médical de l’année. Certaines personnes à l’idéologie penchant vers la droite aiment blâmer le modèle québécois, mais force est d’admettre que nos autorités ont bien géré la crise. Dans certains pays, les files s’allongeaient, on attendait des heures, mais ici, avec un système de coupon et des structures déjà bien organisées, la vaccination s’est faite dans le calme et en ordre. Évidemment, on ne pourra jamais véritablement mesurer le succès de la vaccination mondiale: qui sait ce qui se serait produit sans elle? Dans tous les cas, la grippe fut un sujet incontournable en 2009.

La liste pourrait probablement être bien plus longue. Mais c’est, pour l’essentiel, ma vision de 2009. Ce qui en restera, quand la page sera définitivement tournée demain soir. Ce qu’il restera de nous.

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12 Réponses

  1. « le désir de célébrer ceux qui nous marqué»

    «le désir de célébrer ceux qui nous ont marqués »

    Me trompe-je ? Et tu peux effacer mon message.

  2. Tu as raison, Reblochon, mais ce commentaire n’est pas très constructif. Louis a un excellent français. Lorsqu’il commet des fautes, celles-ci ne nuisent jamais à la bonne compréhension.

    Personnellement, j’estime maîtriser la langue française nettement mieux que la moyenne. Mais je ne suis pas à la hauteur de Louis.

    Compte tenu du nombre de billets qu’il produit et de la longueur (et du niveau) de ceux-ci, faire une moyenne d’une faute par billet prouve une maîtrise de la langue et une attention hors du commun.

  3. Concernant la grippe… moi je me pose des questions. Le gouvernement a-t-il bien géré la crise? Peut-être, c’est une possibilité. Mais une autre possibilité serait la suivante: le gouvernement a-t-il réussi à faire croire à une crise?

    En politique, on le sait, il ne faut pas gaspiller une occasion de tirer profit d’une bonne crise. Imaginons maintenant qu’un problème dont on possède la solution puisse être transformé de « problème résolu par le gouvernement » à « crise résolue par le gouvernement ». Ne serait-ce pas génial?

    Et pendant qu’on parle de grippe et du Canadien, on ne réclame pas de commission d’enquête publique… mais peut-être est-ce exactement cela, bien gérer une crise!

  4. La moitié des Québécois ont été vaccinés et l’autre moitié se porte très bien.

    Il n’y a jamais eu de danger de pandémie, seulement un danger d’une importante baisse de fonds pour l’industrie du vaccin à cause justement de l’absence prolongée de pandémies.

    Il fallait en créer une.

    Ils ont passé à deux doigts d’en créer une véritable. Nous avons tous été sauvés par un employé prévoyant et intègre.

  5. http://www.reveilsante.net/

    J’avoue ma déception quand tu parles de la crise HINI bien gérée par le
    gouverne-ment. Voici un lien où tu pourras t’informer sur la vraie crise.

    http://www.mediapart.fr/club/blog/vincent-verschoore/211209/grippe-loms-sur-la-sellette

    http://www.reveilsante.net/voute/docteur_grippe_oms_sous_enquete_2009_12_08.html

    je pourrais te refiler plusieurs autres liens si tu me le demandes.
    je ne comprends pas que tu sois si mal informé.

  6. Mais tais-toi s’il te plait. Arrete de respirer 10 minutes, ca me fera des vacances.

    Mon commentaire est là pour informer Louis, ce n’est pas un reproche et je lui demande d’ailleur de l’enlever dès qu’il le pourra… avec celui-ci aussi.

    Ton commentaire est inutile. Merci quand meme d’etre passé.

  7. Pour revenir aux événéments marquants, il ne faut pas passer sous silence le sommet de Copenhague sur le climat et son échec fracassant – et le pétrocratie canadienne qui y a joué un rôle particulièrement honteux.

    Heureusement, une mobilisation très importante à Copenhague et ailleurs a contesté ce triste spectacle, car la cupidité et le refus des solutions qui s’imposent sont devenus une question de vie et de mort.

    Chemin faisant, l’appât du pétrole nourrit les guerres impérialistes, le terrorisme d’un faux anti-impérialisme intégriste et rétrograde, et plus près d’ici en Alberta, la destruction d’un territoire énorme et l’empoisonnement des terres et des eaux des nations autochtones en aval de ce méga-projet.

  8. La ré-élection de Gérald Tremblay est, en effet, la preuve que les allo- et anglophones préfèrent se vautrer dans la corruption et la tricherie plutôt que de se payer une femme à la mairie qui aurait remis Montréal sur la bonne voie.
    Ça en dit long sur leur maturité politique….
    La grippe A(H1N1) me rappelle le bug de l’An 2000….

  9. La réélection de Gérald Tremblay est aussi dû au fatalisme de certains électeurs qui sont restés massivement chez eux. Le taux de participation fut d’environ 33% dans Saint-Laurent et Pierrefonds-Roxboro, bien en deça de la moyenne montréalaise. C’est très dérangeant quand on sait que la corruption municipale a littéralement fait les manchettes durant l’année.

  10. Et bonne année à tous et plus particulierement Louis.

  11. Bonne et heureuse année à tous.
    @Louis, j’espère que votre travail à la SJB va durer longtemps. La remarque sur les anglos et les allos est totalement fondée. Ils préfèrent voter pour la corruption et la collusion avant de voter pour une séparatisssss.

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