Ignatieff n’a rien compris

Michael Ignatieff affirme avoir compris le message. Après avoir promis, il y a quelques mois à peine, de défaire le gouvernement Harper à la première occasion, voilà qu’il promet aux Canadiens de ne pas défaire le gouvernement Harper en 2010. Il n’a vraiment rien compris.

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La politique, c’est un peu comme un mariage; on ne peut pas faire vœux d’éternité en pensant que la majorité des mariages se terminent par un divorce – même si c’est le cas. Il faut faire semblant d’y croire; il faut à tout le moins essayer de faire fonctionner le couple pour le mieux-être de chacun. Le parlement constitue cet espèce de mariage bizarre à plusieurs qu’ont choisi les Canadiens. On peut ne pas être d’accord, on peut considérer que ses adversaires politiques ne sont pas dignes – et Stephen Harper le prouve au quotidien – mais la population a demandé au mariage forcé de fonctionner. Le couple ne se sépare qu’après avoir tout essayé, et non pas parce qu’un des protagonistes croit pouvoir tirer un avantage matériel d’un divorce bien planifié. Voilà pourquoi la cote de popularité de Ignatieff a dramatiquement chuté lorsqu’il a annoncé son intention de défaire les Conservateurs: il n’a pas suivi le rythme normale de la cohabitation imposée par le vote des Canadiens.

Or, en affirmant qu’il allait ne pas les défaire au cours de l’année 2010, il commet exactement la même erreur, mais à l’inverse. Il tente encore une fois d’imposer un rythme non-naturel à la relation parlementaire. Il agit un peu comme agirait un homme ou une femme qui, dans un couple, affirmerait à l’autre que le couple pourrait être victime de la pire violence, des plus tragiques trahisons, des pires manigances, mais qu’il ne pourrait jamais se scinder. En d’autres mots: on donne carte blanche à ses adversaires et on déclare solennellement son incapacité à agir sur le réel en s’emprisonnant dans une relation pouvant se détériorer à chaque instant.

En fait, en agissant de la sorte, Ignatieff démontre non seulement son manque de flair politique, mais également son incapacité à suivre le rythme de la population. Obnubilé par ses propres intérêts quant à la possibilité de défaire ou non le gouvernement en fonction des sondages, il oublie l’intérêt des Canadiens qui ont voté pour lui. Bref, il se croit si clairvoyant, si intelligent, si supérieurement intellectuellement génial qu’il donne l’impression du marié planifiant son divorce en pleine lune de miel. Ses critiques le disent froid, cérébral, calculateur, mais en tentant de décider froidement du meilleur moment de déclencher ou non des élections, il le prouve.

Renverser un gouvernement – ou divorcer – implique d’avoir tout essayé pour éviter d’en arriver là et de conclure à l’existence de profondes divergences ne pouvant trouver de solution dans la cohabitation actuelle. Si Ignatieff passait un peu plus de temps à critiquer le bouffon qui nous sert de premier ministre et à expliquer en quoi un gouvernement libéral agirait différemment, bref s’il donnait l’impression que son parti et celui de Harper étaient réellement différents tant sur le fond que sur la forme, le moment de déclencher des élections viendrait par lui-même.

En s’improvisant grand alchimiste des désirs des Canadiens et en faisant passer les intérêts de son parti avant ceux des idées qu’il doit au moins faire semblant de défendre, il a réussi là où peu auraient cru le voir réussir il y a peu: faire pire que Stéphane Dion.

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10 Réponses

  1. Ignatiev devrait retourner en Russie et joindre un parti monarchiste puis se proposer comme futur Tzar.

    Il a rien à foutre au Canada.

    Ou bien qu’il retourne en Russie pour se rendre utile en travaillant dans une usine de « babouchkas », ces petites figurines emboîtées l’une dans l’autre et qui représentent si bien son processus de raisonnement.

    Toujours quelque chose qui cache quelque chose d’autre.

    Ignatiev, time to go home !

  2. Le monosourcil a encore frappé avec ses raisonements falacieux ! Rien de nouveau, on attend encore le renouveau du federalisme, les federastres quebecois y croient. Entre Ignatieff et Harper… je ne vois pas ce qui leur fait penser ca ; peut-etre l’aveuglement, le fanatisme, l’ignorance, la peur … enfin surement quelque chose de tres positif.

  3. L’intérêt Reblochon, l’intérêt; et aussi, comme tu dis, le l’aveuglement actif et fanatique qui empêche toute analyse critique des faits et qui, à la longue, s’accomode azzez bien d’une confortable ignorance tranquille qu’ils appellent La Vérité.

    La crise profonde qu’a provoqué la Commission Gomery chez les pelcistes ne semble pas vouloir se résorber. Alors que le seul chef valide encore vierge, et j’ai nommé Bob Rae, est encore sur le banc, les pelcistes s’embourbent encore dans une politicaillerie essentiellement fondée sur l’industrie des sondages d’opinions.

    Quant au renouveau du fédéralisme, c’est, pour les Canadians, soit du précambrien, soit de la science-fiction.

  4. @Gébé Tremblay: Je crois que Ignatieff est de plus en plus mêlé; on le voyait comme un sauveur, mais ses relents monarchistes le rendent hautement impopulaires auprès de la population. On dirait un épisode renouvelé de Bush contre Kerry…

    @Reblochon: « Renouveau » et « fédéralisme » dans la même phrase?? Tu y vas fort! En 1900, les nationalistes québécois attendaient déjà le « renouvellement »; 100 ans plus tard, nous sommes en danger plus que jamais et les francophones hors-Québec son presque tous morts…

    @Çaparle Aupopette: C’est drôle, mais en lisant ton commentaires, ça m’a fait penser au Parti Québécois. Étrange, non? 😛

    Merci pour vos commentaires. J’en profite pour vous souhaiter un Joyeux Noël! J’ai beaucoup moins de temps pour écrire… À très bientôt!

  5. Très drôle Louis, mais venant de toi, très banal. J’aurai une petite pensée pour toi à Noël, en levant mon verre au pragmatisme. 😉

    Joyeux Noël !

  6. Mais non, il va se renouveler bientot le federalisme canadien… juste apres l’independance du Quebec. Une fois de plus c’est notre nation qui aura ete la bougie d’allumage d’une nouvelle ere moderne et progressiste au ROC.

  7. Dieu vous entende, cher compatriote.
    Et Joyeux Noël à toi et aux tiens Reblochon.

  8. Joyeux Noël !

  9. Evidemment vous avez raison. Mais, qui vous contredira ? Il est mort. J’aimerais qu’on fasse l’autopsie. Je pose un peu partout cette question qui pour moi reste encore sans réponse. Quel lobby, par quel tour de passe-passe a réussi faire nommer chef du parti libéra; sans opposition, cet universitaire américain que personne ne connaissait d’Eve ni d’Adam avant que les médias, avec une belle harmonie, disent tout a coup qu’il était le « favori » dans la course à la succession de Martin. Apres il y a eu la loufoquerie bon enfant de Dion pour déséquilibrer les autres candidats sérieux… puis un couronnement qui a tout juste fait les manchettes une journée. Je me demande QUI ou QUOI est derrière Ignatieff. Votre opinion la-dessus m’interesserait beaucoup.

    Pierre JC Allard

    Juste pour rire: http://nouvellesociete.wordpress.com/2008/03/11/146-en-intermede-mickey-mouse/

  10. Quel lobby, …. Paul Desmarais et son nouveau soldat pour abattre les separatisses. Encore loupé ! Mais bon, il lui reste sarko et charest dans sa manche.

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