Quelle paix linguistique?

Certains éditorialistes canadiens parlent du projet péquiste de renforcement des lois linguistiques comme étant une mauvaise idée parce que cela nuirait à la « paix linguistique ». Comme l’ont démontré les statistiques publiées hier, ce n’est plus seulement Montréal qui s’anglicise, mais également sa banlieue. Pire, la vitalité linguistique de l’anglais, dans la région de Montréal, surpasse celle de la plupart des villes et provinces canadiennes! Vous avez dit: paix linguistique?

paix

Source de l’image

Soit le tableau ci-bas: (( Source: Recensement Statistique Canada 2006. J’ai utilisé les mêmes municipalités qu’ici pour déterminer les villes de la couronne sud et de la couronne nord.))

Indice de vitalité linguistique (IVL) du français et de l’anglais dans diverses villes, banlieues et divisions de recensement au Canada

Ville/région IVL Anglais IVL Français Province IVL Anglais IVL Français
Laval 1.82 1.06 Nunavut 1.67 0.55
Montréal 1.48 1.09 Québec 1.29 1.03
Banlieues insulaires 1.31 0.92 Ontario 1.17 0.59
Couronne sud 1.21 1.03 Territoires du Nord-Ouest 1.17 0.45
Couronne nord 1.10 1.02 Colombie-Britannique 1.16 0.28
Total banlieues 1.33 1.03 Manitoba 1.18 0.44
Toronto 1.30 0.45 Alberta 1.12 0.32
Grand Vancouver 1.24 0.33 Territoire du Yukon 1.11 0.49
Division No. 6 (Alberta) 1.13 0.30 Saskatchewan 1.11 0.24
Peel (Ontario) 1.30 0.43 Nouveau-Brunswick 1.07 0.91
Division No. 11 (Alberta) 1.15 0.33 Nouvelle-Écosse 1.04 0.53
York (Ontario) 1.31 0.39 Île-du-Prince-Édouard 1.04 0.50
Ottawa (Ontario) 1.21 0.71 Terre-Neuve-et-Labrador 1.01 0.34

L’IVL se calcule en divisant, pour chaque langue, le nombre de ses locuteurs selon la langue d’usage par celui selon la langue maternelle. Un quotient supérieur à 1 signale une vitalité plus élevée; un quotient inférieur à un une vitalité plus faible. On peut parler de force d’attraction d’une langue, ou d’incitatif à la parler, selon la force de l’IVL.

Les résultats sont spectaculaires. La vitalité de l’anglais en banlieue de Montréal, avec un résultat de 1.33, est à la fois plus élevée que celle de toutes les provinces canadiennes (sauf le territoire du Nunavut), mais également que les sept divisions de recensement les plus populeuses au pays (à l’exception de Montréal)! Pire: Laval, avec un indice de 1.82, est de loin l’endroit au Canada où l’anglais se porte le mieux, suivi de près par Montréal elle-même. Dit autrement: on a davantage de chance de conserver sa culture anglophone à Laval, Montréal et sur la rive-sud qu’à peu près partout ailleurs au Canada! Et ce phénomène n’est pas que montréalais: l’IVL de l’anglais pour l’ensemble du Québec atteint 1.29. Le Québec est donc la province ou territoire où l’anglais se porte le mieux, immédiatement après… le Nunavut!

Évidemment, la vitalité de l’anglais ne signifie pas automatiquement la faiblesse du français. Les langues tierces ont tendance à se maintenir beaucoup plus longtemps dans le reste du Canada qu’au Québec, où les immigrants s’identifient assez rapidement soit au français, soit à l’anglais. Ainsi, un francophone aura tout de même plus de chance de conserver sa langue et sa culture à Laval, avec un IVL du français de 1.06, qu’à Ottawa, avec un IVL du français de 0.71.

Par contre – et c’est le point important – le fait que l’IVL des deux langues soit en progression constitue un indicateur de lutte pour la francisation des nouveaux arrivants. Quand deux langues progressent à la fois, c’est le signe d’une féroce compétition où il n’y a pas clairement de langue commune établie. En d’autres mots: sur papier, le français est la langue commune partout au Québec, mais statistiquement, l’anglais constitue une langue plus attractive pour un nombre assez important de personnes pour que cette langue surpasse la langue officielle de notre nation.

Dans un contexte normal, comme on peut le constater pour les autres provinces, il y a une langue commune qui progresse (IVL au-dessus de 1) et les autres langues régressent (IVL inférieur à 1); il s’agit d’un processus normal d’assimilation des nouveaux arrivants à la langue commune. Mais au Québec, et plus spécifiquement à Montréal et dans sa banlieue, l’assimilation vers la langue commune se fait de plus en plus difficilement. Au fur et à mesure que l’IVL de l’anglais augmente, on crée donc une formidable tension sur la langue française, qui doit résister pour assurer son maintien au-dessus du seuil de renouvellement de « 1 ». Plus la vitalité et l’attirance de l’anglais augmentent, plus il devient difficile de maintenir le français au-dessus de ce « 1 » fatidique. Les deux langues sont en conflit.

La paix des lâches

Dans ce contexte, on peut difficilement parler de paix linguistique. Une paix négociée, acceptée, se retrouve dans un certain statu quo faisant le bonheur des deux partis. Actuellement, ce statu quo n’existe pas. Les francophones sont maintenant minoritaires à Montréal, où le français y régresse de manière spectaculaire, les banlieues s’anglicisent plus rapidement que la métropole au niveau de la langue maternelle, le nombre de nouveaux locuteurs anglophones dans ces mêmes banlieues explose et l’indice de vitalité linguistique démontre un profond déséquilibre des forces des deux langues.  Hier c’était Montréal, aujourd’hui ce sont les banlieues, et demain ce seront les régions.

Qu’on parle de paix linguistique, de nécessité d’attendre avant d’agir ou qu’on parle de peur injustifiée tant qu’on voudra, les faits sont là. Le français recule, certaines villes de banlieue sont encore plus attractives pour les anglophones que la ville-centre, et de tels résultats ne peuvent rien indiquer de positif pour l’avenir du français au Québec. Cette situation ne peut conduire qu’à une vitalité croissante de l’anglais, au fur et à mesure qu’on bilinguise les commerces et qu’on force les Québécois à parler l’anglais dans leur quotidien, sous peine de ne pas se faire engager ou de se faire congédier.

Quand on est à genoux, le couteau sous la gorge avec le village qui brûle derrière soi, on n’est pas en paix. On est vaincu.

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27 Réponses

  1. Encore une fois, beau travail, Louis.

    Petites questions:

    Est-ce que l’OQLF tient compte de cet indice (IVL) ?

    Et parlant de l’insipide patente à Saint-Pierre/Boucher, est-ce que l’étude de Marc Termote qui avait été retardée au printemps 2008 a enfin été publiée ?

    Est-ce qu’on a des nouvelles de Marc Termote depuis sa nomination comme Président du Comité de suivi de la situation linguistique ?

    À quand le prochain rapport de ce comité ?

    Crois-tu qu’on devrait initier une pétition pour que tu remplaces Monica Heller, Professor at the Ontario Institute for Studies and Education, University of Toronto, Canada et auteur de « Bilingualism: a Social
    Approach » et aussi membre de ce fameux comité de suive à l’OQLF ?

  2. […] et le petit café-restaurant Place Milton les coins avaient l’air d’avoir subi des abuses. La paix linguistique, […]

  3. On est vaincu que si l’on est à genoux. Si le village brûle on se retrousse les manches on prend des sceaux, on éteint, puis on rebâtit.

    Il y a de l’espoir, il suffit de voir les failles du système de s’y attaquer et de le faire avec coeur, sourire et espoir. Je le sais ça fait un peu utopiste et mes seules actions ne changent probablement pas grand chose mais si on est 6 milions à se réveiller en même temps alors là on sera imbattable.

  4. « si on est 6 milions à se réveiller alors là on sera imbattable. »

    C’est ce que je me tue à repeter aux mous du cul qui nous repetent inlassablement que ce n’est plus possible, qu’on ne peut de toute facon rien changer, etc.

  5. Ce qui est ironique là-dedans, c’est qu’un jour les Canadiens-anglais se sentiront menacés – comme les gens du sud des USA avec l’espagnol – et là regarderont le Québec comme modèle.

  6. Alarmant peut-être, mais il y a de l’espoir. L’espoir, c’est 2012-13, lorsque le PLQ perdra le pouvoir aux mains de la péquisterie. Lorsque la péquisterie a pris le pouvoir pour la première fois (1976), une bonne partie des bloakes de tout azimut (anglos, Juifs, ti-bruns et même quelques traîtres à la nation) ont foutu le camp … on parle d’au moins 500 000 citoyens qui ne se seraient jamais intégrés à notre société.

    L’histoire DOIT se répéter. En 2012-13, le PQ reprendra à nouveau le pouvoir et devra faire passer une loi dans le même style que la 101. Une loi valorisant le peuple d’accueil au détriment des bloakes. Il DOIT se produire une nouvelle saignée démographique stratégique. Stratégique dans le sens où LE peuple québécois reste et que les non-intégrables sacrent leur camp … comme dans les années 70-90. On peut penser entre 500 000 et 1 000 000 de bloakes. Pendant que tout cela se passe, le gouvernement du Québec doit permettre un environnement économique favorable à la création de nouvelle richesse, et cela se fait en réduisant considérablement le taux d’imposition de nos compagnies, réduire le taux d’imposition sur le revenu des particuliers (je parle ici de plusieurs milliers de dollars de plus dans nos poches chaque année). Donc, plus d’emplois (moins de chômage), autant sinon plus de revenus à l’État (car création de nouvelle richesse compense la réduction des impôts), les entrepreneurs Québécois reprennent solidement TOUS les rênes de LEUR économie, donc, une réelle croissance chez-nous qui peut-être, ne se verra nulle part ailleurs.

    Ce sentiment de croissance est PRÉALABLE pour accéder à notre souveraineté. Il est toujours mieux de commencer du bon pied un projet d’envergure, que ce soit dans n’importe quoi ! « Croissance » et « Unité » sont les deux termes les plus importants pour nous, et pour en arriver là, les Québécois devront passer par le chemin décrit dans mon deuxième paragraphe … on en est rendus là !

  7. Pour les fédéralistes, «paix linguistique» signifie «mort lente du français»…
    C’est à nous à lutter, à se défendre, par tous les moyens. N’allons jamais nous fier aux Anglos ou aux Allos pour le faire à notre place !
    J’encouragerai n’importe quel parti au Québec qui défendra intelligemment le français. À date , le PQ semble être le seul qui se préoccuppe de notre langue…

  8. PRÉALABLE…Quand un Tanguy quitte la sécurité matérielle de son foyer il en coûte toujours quelque chose.Les quelques milliards par année de plus ou de moins d’Ottawa seras rapidement compensés par la disparition d’une partie de la fonction publique fédérale inutile(bonne partie de fonctionnaires Libéraux ayant obtenus poste a vie contre récompense du devoir accompli…).On cesseras d’engraisser les  »fédéraleux »inutiles,on paieras une partie de la dette du Québec a l’aide de leur fond de pension si ils ne sont pas d’accord avec leurs primes de séparation comme a l’époque de l’Ass.Cho.

    Faut pas exagérer les pertes économiques d’un québec indépendant qui passe ses propres lois sur la langue.

    Pour ce qui est de la croissance c’est une perte de temps dans le système fédéral actuel…80% des budgets de recherche Canadien continueront d’aller en Ontario ect,

  9. Amen

  10. À date est un anglicisme. Il faut dire jusqu’à maintenant ou jusqu’à ce jour. Je ne dis pas cela pour faire la morale, je suis moi même terrible en ce qui concerne l’usage des anglicismes. Le problème c’est que le problème est insinieux. Je ne parle pas de « week-end », « must », « pot-luck » et autres mots dont on sait qu’ils sont anglais.

    Je parle de l’anglais qu’on parle, que je parle, sans s’en rendre compte. C’est le plus triste mais c’est aussi la première chose qu’on peut changer. Cela dit ce n’est pas facile… Jacques Laurin dans « Nos anglicismes » a relevé 2300 mots ou expressions à corriger. 2300!

    Le saviez-vous, vous, que « Je prendrais bien un fort » est une expression anglaise?!?

  11. « …une bonne partie des bloakes de tout azimut (anglos, Juifs, ti-bruns et même quelques traîtres à la nation) ont foutu le camp. »

    Ne crois-tu pas que ces termes racistes et ce ton revenchard ne fasse le délice de nos adversaires ? Bien piètre stratégie que celle de donner prise aux arguments utilisés depuis toujours pour stigmatiser l’ensemble du mouvement souverainiste.

    Rappelle-toi qu’il suffit parfois de bien peu de chose pour faire basculer le vote des indécis qui constitue une tranche importante et surtout indispensable pour cette victoire tant attendue.

  12. Révélations intéressantes Louis mais il ne faut pas oublier que dès le départ les dés sont pipés : en effet le français à Montréal n’affronte pas n’importe quelle langue mais la lingua franca actuelle d’où la faiblesse de l’IVL pour la langue de Molière.
    d’une certaine manière ce qui se passe au Québec entre francophones et anglophones c’est une guerre sans les armes.
    Avec la chute du mur de l’argent en 2008 et la grave crise économique qui en découle la langue anglaise va perdre de sa superbe,le déclin des Etats unis a déjà commencé d’ailleurs.la Chine et le Brésil sont les alliés indirects des Québécois francophones !

  13. @Çaparle Aupopette: Merci! Si l’OQLF tient compte de l’IVL? Bonne question. Je crois que oui, mais étant donné que son mandat est de surveiller l’état de la langue FRANÇAISE, elle se contenterait de dire « voyez, les résultats sont au-dessus de 1 » et n’observerait pas l’IVL supérieur anglophone… Quant à Termote, je ne sais pas, faudrait que je recherche. Je crois que oui, cependant. Quant à la pétition, pourquoi pas… Je vais les défendre les francophones, moi! 😀

    @Fait au Québec: Oui, il y a toujours de l’espoir. Je sens un renouveau nationaliste depuis un an ou deux, et ça fait beaucoup de bien!

    @Reblochon: Beaucoup de ces « mous culs » votent PQ sans se poser de question et, leur vote étant pris pour acquis, le PQ n’a pas besoin d’être plus militant au niveau de la langue…

    @derteilzeitberliner: Encore drôle… La culture canadienne-anglaise est tellement inexistante; ce pays n’existe qu’en opposition au Québec et aux États-Unis. Par lui-même, sa valeur de base est… le multiculturalisme!

    @Frankie: Je te trouve bien optimiste. Le PQ, depuis 15 ans, ne fait absolument rien pour le français au Québec. Des paroles, des paroles, mais aucune action. Je ne crois pas qu’on puisse comparer l’élection de 1976, où le PQ était le parti d’une jeunesse militante, à une élection potentielle (mais non assurée) en 2012-2013, où le parti est devenu gangréné par son corporatisme et ses apparatchiks. Je suis très sceptique quant à la capacité du PQ à se renouveler. Je préfère fonder mes espoirs sur les citoyens eux-mêmes et, qui sait, peut-être un parti réellement indépendantiste prendra le relai d’ici quelques années…

    @André Rochette: Je crois, bien personnellement, qu’il faut arrêter de parler d’argent. On ne quitte pas la maison familiale pour des raisons financières; la liberté, ça ne se monnaie pas.

    @Garamond: Oui, la paix linguistique, c’est effectivement la lente agonie du français. Ça me fait penser à ces penseurs de droite aux États-Unis pour qui les années 60 et 70 constituaient une « crise de la démocratie ». À leurs yeux, que les gens s’impliquent et veulent changer les choses, c’est une crise. Même chose pour les anglos: si on ose se tenir debout et qu’on espère empêcher notre disparition, nous créons une crise et nous nuisons à la « paix » linguistique…

    @lolo: Tu as raison que le français affronte la lingua franca. Mais – et c’est un gros mais – cela n’explique pas que la vitalité de l’anglais soit supérieure au Québec que dans le reste du Canada. Considérant que le Canada reçoit davantage d’immigrants per capita que le Québec, la vitalité de l’anglais devrait y être supérieure à celle du Québec s’il s’agissait simplement d’une question de langue impériale. À mon avis, ça a beaucoup à voir avec le sentiment historique d’infériorité des Canadiens français, un sentiment simplement exacerbé par la puissance anglophone actuelle.

    Merci pour vos commentaires!

  14. Popette,

    Dis-toi que les groupes de gens mentionnés dans ta citation partiraient de toute façon si le Québec devenait indépendant. Ils ont fait caca dans leurs culottes lorsque Lévesque a pris le pouvoir en 1976 et 1981, même chose avec Parizeau, et ils le feront à nouveau lorsque les souverainistes reviendront au pouvoir. Et cela doit se faire, car si les Québécois tiennent absolument à passer par la voie référendaire pour devenir souverains, alors, un maximum de bloakes devra être parti pour maximiser les chances d’un OUI gagnant.

    Tu parles de «racisme» … Qui sont les réels racistes dans toute cette histoire ? Est-ce le peuple d’accueil qui a ACCUEILLI et AIDÉ les nouveaux arrivants à s’intégrer et qui les ont sorti de leur misère ou bien est-ce ces mêmes nouveaux arrivants qui, à 90%, ne s’intègrent pas à notre société, nous parlent en anglais en pleine face et votent systématiquement, à chaque élection, pour le parti libéral ? Médite là-dessus.

    En tant que séparatiste convaincu, je sais par expérience que les ethnies ne nous suivront jamais dans ce désir d’avoir notre propre pays. Même après les avoir flatté plus de 20 ans dans le bon sens du poil, ils votent encore en grande pompes pour les Rouges, ils font reculer le français à Montréal et ont transformé notre si belle métropole en quelque chose de médiocre …

  15. Frankie, tu generalises betement. A la rigueur ce genre de generalisation sied bien à certaines communautés qui sont effectivement à plus de 80% contre les separatisses, de bon neo-canadiens, instrumentalisés, desinformés depuis leur arrivé, fanatisés.

    Par contre dire cela de l’ensemble des ethnies releve de l’amalgame bete et d’une generalisation aveugle. Bon nombre d’entre-elles votent exactement dans les memes propotions que les Quebecois dit de souche. D’autres memes sont plus souverainistes que les Quebecois de souche ! Oui, elles ne sont pas majoritaires.

    Et le plus pathetique dans l’histoire, c’est que parfois j’entends un discours presque de detresse venant de certaines personnes de groupes communautaires :

    « On voterait bien pour que le Quebec deviennent un pays, mais quand on regarde autour de nous, on dirait que les Quebecois eux-memes ne comprennent pas la logique de ce destin, et on n’ose pas trop se lancer dans un combat qu’ils n’ont pas l’air de desirer. »

    Bon sang que ca fait mal au coeur de voir des nouveaux arrivants completements intégrés, patriote, amoureux du Quebec pour ce qu’il devrait etre, et de voir que la douche froide qu’on leur sert vient directement des Quebecois de souche et de leur manque de vision et couilles !

    Meme pas capable de prendre le beau risque, meme pas capable de s’assumer commes les autres peuples libres de ce monde, meme pas capable de mettre le bon bulletin dans une urne… on ne sait jamais, on pourrait perdre nos jobs, nos cheques de pensions, la perequation du canada qui nous fait vivre et les compagnies pourraient quitter le pays !

    Il en faut de l’abnegation et de la generosité pour ce battre pour les interets des « de souches » ! Surtout que ce seront surement les premiers à ce peter les bretelles et se donner tout le credit le jour où ils arreteront d’avoir peur et de se comporter en tanguys !

    Heureusement qu’on ne fait pas cela pour eux, mais pour le peuple quebecois dans son ensemble, pour NOUS !

  16. Reblochon,
    On peut s’obstiner sur 80% ou 90%, mais il reste que la grande majorité d’entre eux est hostile à notre rêve de souveraineté. Oui il y’en a qui votent pour le OUI, et dis-toi que je les aime. Oui, il y’aura toujours des de souches trop frileux pour cocher OUI au référendum, et oui, il faut les réveiller à temps, mais il reste que mon peuple a quand même voté à 60% pour le OUI en 1995, contre 4% pour les néos.

    C’est là que je te pose LA question ; toi qui es un néo-Québécois, es-tu capable de nous avouer, à nous tous ici présents, que si aucun immigrant avait été là en 1995 (ok … à part toi 😉 ), le Québec serait aujourd’hui un pays indépendant à tous les niveaux? Peux-tu le reconnaître ?

    Dans mon live à moi, 60% > 40%

  17. « Insidieux » peut-être ? ;o)

    Oui… »un fort »… pas fort ! Mais par contre : »une p’tite frette faite au Québec » ça c’est bien de chez-nous.

  18. Bah, en 95 le probleme n’etait pas l’immigrant en tant que tel, mais plutot ce que les federalistes et plus particulierement les liberaux sales en ont fait. L’instrumentalisation du vote ethnique, la propagande et la desinformation qu’on leur sert tout au long de leur cheminement, c’est quand meme des realités qui me laissent plutot indulgent envers les immigrants eux-memes.

    Et si ils sentaient un peuple fier, pret à se lever et se liberer, crois moi que ca changerait beaucoup de chose. Par reflexe, les nouveaux arrivants se rangent generalement sous l’aile du plus fort, de la majorité, pour ne pas deplaire, pour ne pas se faire hair. Si les Quebecois etaient revendicatifs et radicaux (dans le bon sens de ce terme), bon nombre d’immigrants ne se laisseraient pas avoir par les menteries des federastres.

    Tiens en parlant du discours dont j’avais ete temoin que je relate plus haut, encore aujourd’hui :

    « fois je me dis que c’est tres plate de ce battre pour des gens pareils (les Quebecois) …Bernard Landry a vu juste quand il est parti en claquant la porte… » Tony

    Je te dis, avec un peuple fier qui s’affirme, en 1995, avec ou sans option canada et les magouilles des federastres, avec ou sans le vote ethnique et les naturalisations massives, avec ou sans les canadiens vivant chez nous et votant naturellement pour leur pays, on l’avait notre pays.

    Moi je te dis qu’en 1995, si le Bloc avait dit : « Maintenant vous vous branchez, nous on demissionne tous, demain à vous de savoir si vous voulez un pays ou non ! » le 0.4% qui nous manquait, on l’avait largement.

  19. Tony ???

    T’as raison au sujet des « souches » Reblochon. À lire parfois les « blogues poubelles » sur ce medium à tout crin qu’est devenue la toile, c’est à se dissoudre de honte.

    À propos de Landry, je n’étais pas à ce fameux congrès mais ce que j’en ai compris c’est que la portion du vote qui lui manquait pour le conforter dans son poste de Chef du parti était constituée par l’aile « pressée » et plus intransigeante du PQ; et non pas les plus modérés.

  20. Ce fut le prélude à cette ridicule course à la chefferie où les chances d’être élu étaient inversement proportionnelles au nombre de jours séparant l’élection du referendum.

    Jusqu’à un certain point, je comprends les gens d’avoir voté en masse pour l’ADQ après ce spectacle à la fois triste et loufoque.

  21. Oui c’est ca d’apres ce qu’on raconte. Les purs et durs ont voté contre, mais parait-il que ce sont d’autres qui lui ont dit qu’il devrait mieux partir. Des gens qu’ils l’ont mal conseillé et il s’en est beaucoup voulu apres.

    Le discours de Landry a beaucoup evolué depuis son depart, je me demande à quel point il pourrait aujourd’hui etre le leader qu’il nous manque. Parce qu’à l’entendre parler de souveraineté, de l’importance du francais, de l’avenir du Quebec, il ne niaise pas c’est clair. Ce n’est plus le Landry hesitant des années post referendaire. Esperons qu’il ait laisser un peu tomber le latin !

    Mais bon, pour moi tout ceci reste des details de l’histoire, ce n’est pas ce genre de personne marquante qui resteront dans l’histoire de notre pays, ce ne sont pas des Parizeau, Lesveque, Bourgault. La releve devrait normalement bientot arriver, faut juste attendre qu’un de nos jeunes loups atteignent une maturité politique et surtout charismatique. Y en aura d’autre des leaders, c’est une evidence, la question c’est quand ?

  22. Weel my friends, you are toujours les memmes, en suisse, en belgique, en france etc,arrogants, mais Le français aujourd´hui ´n’ a pas de utillité, rien en europe veut apprendre le français, le espagnol , le portugais, e le italien oui. adieu français. Allors quebecois, restez vous canadiens, cést le votre destin,comment voullez vous etre independents, vous ne procriez pas, cést la laicitté, la gauche, la greennicité bla bla bla, la immigration, comment voullez vous la independence, quelque jour vous seront une minnorité. Adieu quebec.

  23. Pâ paul, !?
    Long taillemenored.
    toujour si funné… non, si phony… non, siphonné !
    Sot long popol

  24. Ha ha ha le troll de bas etage. Meme pas que je replique à son argumentation en carton.

  25. Je dirais plutôt si les maudit Québécois pure laine de 45% qui ont voté NON avaient voté Oui tel que Jean Charest, la ministre de la langue, et plus. On aurait un pays! Maudit Pure laine de Québécois.

  26. Je pense qu’on peut expliquer le fait paradoxal que l’IVL en faveur de l’anglais soit très grand dans la région de Montréal comparé aux autres provinces canadiennes parce que justement le multiculturalisme est tellement fort dans les autres provinces que les langues maternelles ne sont pas facilement abandonnées. Je ne dis pas qu’il n’existe pas ici mais les oppositions face à ce concept sont beaucoup plus fortes au Québec. Par ailleurs, il semble que la loi 101 n’ait plus aucun effet aujourd’hui – il y a beaucoup de gens qui ont été scolarisés en français et qui s’anglicisent de toute manière.

    Il y en a très peu qui vont se battre pour la langue parce que c’est plus important de gagner sa vie et de faire vivre sa famille. L’invidualisme paradoxalement mène à l’uniformisation, à la perte de diversité dans tous les domaines, pas seulement la langue! Bien qu’il n’y ait jamais eu autant de gens capables de parler français au Québec, il n’y a jamais eu autant de gens qui ne désirent pas le parler dans leur vie quotidienne.
    Les autochtones anglicisés sont un bon exemple de cette perte de repères.

    J’ai vu juste – tu te rappelles de mon billet qui parlait de la « bruxellisation » de Montréal écrit cet été, en traçant un parallèle avec la vitalité du français qui a fini par supplanter la langue flamande à Bruxelles, en à peine 100 ans?

    Ce qu’on a de commun avec Bruxelles, c’est que la langue française, à l’instar du flamand au 19e siècle, fait face à un adversaire qui est la lingua franca de son époque! À cette époque, le français était encore une langue de prestige. Plus maintenant, il n’y a qu’à lorgner en Europe pour comprendre comment le français ne fait plus le poids en comparaison à l’anglais.

    Est-ce que ce serait la même situation si la langue majoritaire au Canada en était une autre que l’anglais, sans être la langue des échanges internationaux? Certainement pas!

    Je ne veux pas t’inquiéter davantage Louis, parce que tu es très lucide, et que tu paniques à juste titre étant donné ton attachement profond au français. Cet attachement n’existe pas parmi tous nos concitoyens, je ne sais pas si tu as des enfants ou que tu veux en avoir, mais bien que je sois certain que tu ne deviendras jamais anglophone, rien ne garantit que ta propre descendance un jour n’abandonnera pas sa langue, pour des motifs économiques. Mon père unilingue a eu un enfant d’un mariage précédent, et il s’est exilé au Manitoba, et sa famille parle vraisemblablement anglais à la maison puisqu’il est en couple avec une Canadienne anglaise. Logique.

    Maintenant, bien qu’en chiffres absolus il y ait encore un nombre significatif de francophones, l’IVL montre bien que même si le français stagne, progresse un peu ou régresse, l’anglais progresse partout de façon significative. En gros, il n’y a pas d’intérêt autre que celui de l’attachement culturel pour justifier le fait d’apprendre le français en comparaison de l’anglais. Et malheureusement, la plupart des gens apprennent une langue seconde pour l’utilité. Ce qu’on ne dit plus, c’est que jamais le français n’a eu une IVL élevée depuis 1760. Il n’y a que le ventre des Canadiennes françaises d’avant 1960 qui a fait que les francophones ne sont pas encore disparus. Avec le taux de natalité d’aujourd’hui, jamais nous n’aurions été des millions à parler cette langue en Amérique du Nord, quand on considère la miniscule population de la Nouvelle France lors de la défaite définitive de 1763.

  27. Louis encore une fois tu nous offres une analyse intéressante. l’IVL du français à Montréal est de 1.09 ? Ce qui serait intéressant ce serait de connaitre l’évolution de cet indice depuis quelques decennies; car le français part de tellement loin à Montréal…
    En tout cas ça prouve que parmi les 85% de non francophones de naissance qui arrivent au Québec il y en a qui choisissent le français quand même !
    Patience,patience.c’est politique cette histoire,et c’est pour cela qu’il ne faut pas désespérer!

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