Pour un contrat d’intégration des immigrants au Québec

À l’heure où le laquais de Power Corportation vilipende les péquistes pour avoir osé penser qu’on pourrait chercher des moyens de franciser davantage les allophones en imposant la loi 101 au cégep, d’autres pays ne s’enfargent pas dans la rectitude politique à la sauce multiculturelle. L’Allemagne a décidé d’instaurer des contrats d’intégration à ses immigrants. Connaissance de la culture du pays, de la langue, respect des lois et de l’égalité des sexes, tout y est inclus pour une intégration optimale des nouveaux arrivants.

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En fait, l’Allemagne n’est pas le premier et ne sera sûrement pas le dernier pays à adopter de telles mesures. Pendant que la guidoune de la rue Saint-Jacques se fait toute belle en prévision de notre disparition, de nombreux pays européens ont déjà légiféré pour favoriser l’intégration des immigrants. En Autriche, par exemple, on impose un contrat d’intégration depuis 2006. On accompagne littéralement l’immigrant, lui offrant des cours d’alphabétisation, des cours d’allemand, le tout suivi d’un test final. C’est une mesure semblable qu’on imposera en Allemagne.

Or, si un pays comme l’Allemagne, recevant à peine 0,29% d’immigrants à tous les ans (241 400 immigrants sur une population totale de 82 689 000 habitants), décide d’imposer de telles normes, pourquoi le Québec ne pourrait-il pas faire de même? En 2010, pour une population approximative de 7 850 000 habitants, nous recevrons 55 000 immigrants, soit 0,70% de notre population, c’est-à-dire près de deux fois et demi la quantité reçue par les Allemands. ((Source: OCDE. Chiffres pour 2005 en Allemagne et estimation 2010 pour le Québec basée sur une projection démographique)) Si un pays souverain, reconnu internationalement et où la seule langue commune est l’allemand, se sent menacé par l’incapacité à bien intégrer ses nouveaux arrivants, pourquoi une simple province comme le Québec, dans un pays s’anglicisant rapidement, n’aurait-il pas le droit d’être inquiet? Pourquoi devrions-nous embrasser le dogme du multiculturalisme jusqu’à en mourir étouffés?

Mathieu Bock-Côté résume bien, quoi que de manière un peu ampoulée, toute la problématique, dans un texte publié récemment dans L’Action nationale:

C’est parce que toute la tradition est contaminée qu’elle doit être liquidée et que la société doit s’emplir d’une nouvelle définition d’elle-même. La nation est appelée à se convertir au multiculturalisme et les immigrés n’auraient pas à prendre le pli de la première mais bien du second. Le multiculturalisme entend convertir la démocratie à la politique de la reconnaissance en en faisant le critère pour évaluer son libéralisme, avec pour conséquence l’appel à décentrer la communauté politique de son héritage fondateur pour plutôt la recomposer selon la dynamique du pluralisme identitaire. C’est cette censure qui cherche à nous convaincre qu’il est illégitime d’intégrer les immigrés non seulement aux chartes de droits et aux valeurs qu’elles incarnent, mais aussi et surtout au substrat culturel de la nation, à son identité historique.

En clair, on a placé le multiculturalisme sur un piédestal. Au lieu de demander aux immigrants de s’adapter à la culture des habitants du pays, on demande aux habitants du pays de s’adapter à la culture immigrante. Au lieu d’exiger des nouveaux arrivants qu’ils cherchent à s’intégrer à la culture de la majorité, on exige de la majorité qu’elle s’adapte à la minorité. C’est le monde à l’envers, simplement. On célèbre tout ce qui vient d’ailleurs avec autant de zèle qu’on dénonce systématiquement tout ce qui pourrait se rattacher à notre héritage historique. Notre culture, notre histoire, notre langue, sont devenues des béquilles dont il faudrait se débarrasser pour embrasser le monde, libérer nos chaînes et participer à l’orgie planétaire! Une orgie en anglais, bien sûr.

Comme je l’écrivais ici et ici, je crois que le futur sera, au contraire, celui de la diversité des peuples et des identités. Les combats pour la défense de la culture allemande en Allemagne et autrichienne en Autriche constituent les mêmes que celui pour la défense du français au Québec. Sans même pouvoir nous comprendre, nous sommes tous unis pour une même cause, c’est-à-dire celle de la préservation de la pluralité des cultures et des identités nationales sur notre planète.

Que le Parti Québécois ait décidé de prendre le problème à bras-le-corps constitue un bon point de départ, mais c’est insuffisant. Si nous ne désirons pas rester sur le quai de la gare à regarder le train de la modernité nous passer en plein visage, il faudrait aller beaucoup plus loin et imposer, dès maintenant, le test de citoyenneté proposé par Pauline Marois il y a quelques années. Un test avec des dents, bien sûr.

Et si on cessait d’avoir honte d’exister et qu’on contribuait à la diversité du monde en sauvant le français en Amérique du Nord? Et si on s’inspirait de l’Allemagne et de l’Autriche et qu’on osait, nous aussi, établir certaines règles de base associées à notre ouverture à l’immigration?

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14 Réponses

  1. D’accord pour des tests de citoyenneté, pour des contrats d’intégration et pour le Cégep en français, mais qu’est-ce qu’on fait si les Anglais (qui ne sont quand même pas des caves) décidaient de contourner le Cégep français en envoyant leurs jeunes dans les collèges privés pour étudier en anglais, hein?

    On se retrouverait facilement avec un système d’éducation collégial avec deux classes de citoyens: un Cégep pour l’élite (en anglais et privé) et un Cégep pour les valets, oups, pardon, pour le peuple (en français et public)!

    Je crois que pour pallier à ce problème, on devrait imposer le français dans les écoles anglophones à partir de la 1ère année du primaire jusqu’au secondaire 5 et dont la réussite de l’examen du MELSQ du cours de français de secondaire 5 serait, comme c’est le cas dans les écoles francophones, conditionnelle à l’obtention du DES. Pour ce qui est des Cégeps anglophones, on devrait vraiment imposer les 4 cours de littérature (l’équivalent des cours de français dans les Cégeps francophones) dans la formation générale, de même que l’Épreuve uniforme de français, et dont la réussite des 4 cours et de l’EUF serait, comme c’est le cas dans les Cégeps francophones, conditionnelle à l’obtention du DEC.

    De plus, il faut franciser les garderies et les entreprises une bonne fois pour toute.

  2. Ce que M. Jean-Luc Proulx dit, concernant l’obtention du DEP, est le bon sens même. Même si toutes les écoles primaires et secondaires du Québec deviennent anglophones, les anglophones ne perdront pas leur anglais. C’est normal que ce soit à eux de devenir bilingues.

    Toute entreprise oeuvrant au Québec doit fonctionner en français.

    C’est un non-sens d’exiger du français d’un conseiller agricole qui travaille à Rivière-du-Loup.

    La Cour suprême du Canada doit cesser d’être un état dans l’état, mais c’est un autre problème.

  3. L’Allemagne souhaite que les immigrants quittent éventuellement et donc n’a jamais vu trop d’intérêt à intégrer convenablement. Si maintenant on nous demande de signer des contrats, c’est parce que l’on veut que nous restions. Bien évidemment, je ne pourrai qu’applaudir cette décision si c’est le but recherché.

    Maintenant, il faut préciser que l’insécurité en Allemagne n’est pas linguistique. Enfin, un peu: les immigrants qui ne parlent pas l’allemand sont isolés. Dans plusieurs familles turques ou russes, la mère parle moins bien l’allemand et donc ne travaille pas, ne peut pas être aidée en cas de violence, etc.

    Personne ne parle de langue dans le débat sur l’immigration en Allemagne. On parle de manque d’éducation, de violence, d’extrémisme religieux mais pas de langue. C’est peut-être parce qu’il est impossible d’aller à l’école dans une autre langue que l’allemand, à moins d’aller dans les écoles bilingues ou trilingues.

    Et concernant les statistiques, il faut se rappeler que les processus d’accueil sont différents. Tandis que le Québec recrute activement, l’Allemagne essaie d’éviter. Les programmes pour attirer des travailleurs spécialisés ont été des échecs, c’était trop strict pour s’y qualifier.

    Et la migration inter-UE, qui d’ailleurs n’est soumise à aucune exigence d’intégration, n’est pas compatibilisée car ce n’est sont pas de « vrais étrangers ». Donc, l’Allemagne – ni aucun autre membres de l’UE – n’a pas plus de possibilité de contrôler l’immigration intra-européenne que le Québec peut légiférer sur la migration inter-provinciale.

    Un Français peut vivre 75 ans au Danemark sans parler un mot de danois et c’est légal. Mais si je ne parle pas danois après 2 ans, je dois prendre la porte.

  4. Il va faire quoi pendant 75 ans le maudit francais ? Y a pas un Danois qui va se plier pour lui faciliter la vie en francais au Danemark. Et ils ont bien raison.

  5. Le problème vient du fait que notre minorité anglophone est très puissante et qu’elle ne se laissera pas faire. En Allemagne, je ne crois pas qu’il y ait une minorité très influente qui ait les moyens de contrecarrer les projets du gouvernement. Alors qu’ici, le gouvernement est au service (à plat ventre?) de cette minorité….

  6. Bah les turcs, ils se demerdent pas mal pour certains trucs. Dans les annees 90 ils ont reussi à pousser le gouvernement à construire de beaux blocs pour loger les immigrants. Salle de lavage commune au sous-sol avec pleins de machines fournies, des apparts bien foutue et spacieux… j’etais là-bas dans le batiment et justement sur ces chantiers.

    Et tu serais surpris. Rien que les Loups Gris, de vrais fachos pure marque, ils sont pas toujours tres droles, ils ont leurs supporters dans leur communauté et ca peut brasser parfois.

  7. La grosse difference … c’est surtout que les allemands ne vivent pas avec un enorme complexe d’inferiorité et ne sont pas né pour un petit pain. C’est surtout la majorité qui est differente là-bas, pas la minorité. Et quand il y a un probleme, ils lachent occupation double et ils descendent dans la rue gueuler que ca ne leur va pas, et c’est tres clair comme message.

  8. Un contrat pour les immigrants ?

    Futile.

    C’est le puissant réseau anglais qui aglicise les immigrants. Rien d’autre.

    C’est ce réseau qui doit être démantellé ou neutralisé.

    Il faut cesser la défensive et passer à l’attaque.

  9. Bien au contraire.

    Les Allemands sont dominé par une minorité chez eux. La différence est que cette minorité parle allemand. Mais sa fidélité est à un pays étranger et elle contrôle la justice, l’économie, l’éducation, et les médias d’allemagne.

    Au Québec la situation est différente. La minorité dominatrice fait partie d’une majorité continentale et nous avons fait une révolution par la création d’institutions (une réseau) au service exclusif de nos intérêts (révolution tranquille). C’est ce réseau qui a été démoli après 1980.

    La minorité au pouvoir en allemagne laisse la culture aux allemands car elle ne les menace pas. C’est l’Union Europenne qui travaille a niveler les cultures des pays membres.

    Le Québec n’est pas un pays, mais une colonie. Nous aurions pu le comparer avec la RDA communiste, mais pas avec l’Allemagne actuelle.

  10. @Garamond

    Les institutions turques savent se faire entendre. Et si ça ne marche pas, c’est Ankara qui s’en occupe directement.

    @Gébé

    De quelle minorité parlez-vous?

  11. Messieur,

    Je suis arrive ici au Quebec, il y a dix ans de cela, et je peux vous affirmer que c’est tres facile de m’integrer. Voila le secret.

    Maintenant, je parle assez bien le francais.
    J’ai des amis quebecois.

    Voici mon histoire:

    Il y a dix ans de cela, j’ai rencontre une quebecoise pure laine, voire independentiste meme. Je la trouve tres belle meme si les pures laines la trouve grosse – pas moi en tout cas.

    Elle m’a parle du bienfait d’un quebec libre. A chaque fois qu’elle me parle de l’indepence, je la trouve de plus en plus belle.

    J’adore le Sujet de l’independence.

    Je ne sais pas pourquoi les immigrants aiment les filles pure laines: grosse, maigre,etc. On les adores.

    Je crois qu’on est plus tolerant.

    Voila mon histoire.

  12. Belle histoire, immigrant. Rien ne vous interdit désormais de changer votre pseudo pour: Québécois.

    Il ne reste à votre belle « créature » qu’à vous expliquer comment vous équiper d’un clavier français.

    Et il ne faut jamais « tolérer » sa blonde, la relation pourrait en être drastiquement écourtée.

    Tam-ti-di-lam-ta-di-di-la-di-di-di-lam…

  13. C’est vrai qu’une fille qui parle de l’independance, qui a les yeux qui brille, le coeur qui vibre, c’est beau en maudit. Moi aussi je suis avec une pure-laine et elle est belle, intelligente et … chiante avec un sale caractere, c’est bien pour cela que je l’aime d’ailleurs ! Ma sorciere d’amour. Vive les Quebecoises, vive le Quebec.

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