Pour en finir avec le projet Lisée

Il y a quelques jours, j’écrivais un texte où je dénonçais la dernière proposition de Jean-François Lisée, qui consiste à fusionner les cégeps anglophones et francophones au sein d’un même réseau. Bon joueur, celui-ci a pris la peine de répondre à quelques-uns de mes arguments. On ne montre peut-être pas à un vieux singe à faire des grimaces, mais on peut le renvoyer à sa propre image dans notre miroir collectif.

lisee

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En effet, il me semble que la meilleure façon d’en finir avec cette idée dangereuse est de s’attaquer aux préjugés qui la sous-tendent. Il faut prendre le miroir, et nous regarder, Québécois, avec honnêteté et clairvoyance. M. Lisée part du principe qu’aucun cégep ne deviendrait bilingue, qu’il ne serait pas possible d’aider des Québécois souffrant d’un complexe d’infériorité face à l’anglais et que ceux-ci ont une assez bonne colonne vertébrale identitaire pour se défendre. Ce sont des idées ne reflétant pas la réalité et qui constituent de fragiles fondations pour une entreprise aussi ambitieuse. En deux mots: pensée magique. Prenons-les point par point.

Première pensée magique: aucun cégep ne deviendrait bilingue.

Comme le note Pierre Dubuc, dans L’aut’journal, actuellement 82% des étudiants suivent des cours dans des cégeps francophones, contre 18% dans des cégeps anglophones. En attribuant le même calcul mathématique qui s’est appliqué après l’imposition de la loi 101 aux écoles primaires et secondaires, on pourrait faire monter ce taux à 89% dans les cégeps francophones en appliquant cette loi aux cégeps.

Or, la proposition Lisée parle d’enseignement à 75% en français, contre 25% en anglais. C’est donc dire que si on l’adoptait, on se retrouverait dans une situation où le français aurait une influence de 14% moins forte que si on étendait la loi 101 aux Cégeps.

Le problème, c’est que ces chiffres ne sont pas neutres, c’est-à-dires que les transferts linguistiques ne s’opèrent pas d’une manière équitable. L’attrait de l’anglais, et peu importe les croyances de Lisée, s’avère infiniment plus fort que celui du français. Comme je le notais ici, l’Indice de vitalité linguistique (IVL), qui calcule le potentiel d’attraction d’une langue, atteint 1,43 pour les anglophones de Montréal, contre seulement 1,09, à peine la parité, pour les francophones. Dans la pratique, si on met ensemble francophones et anglophones, les premiers s’assimileront éventuellement aux seconds, et peu importe s’ils sont majoritaires.

Deuxième pensée magique: les Québécois n’auraient pas de comportement d’infériorité face leur langue.

Lisée considère que les Québécois ne souffrent pas d’un complexe d’infériorité, car « si telle est la lecture que l’on fait de la vitalité francophone de la nouvelle génération rien, mal alors rien, n’est dès lors envisageable ». En d’autres mots: selon lui, il faut partir du point de vue que les Québécois ne se sentent pas inférieurs face à leur propre langue, sinon rien ne serait possible. C’est faire abstraction ici de toute conception historique et s’enchaîner dans une logique défaitiste où l’État québécois ne pourrait plus rien pour ses citoyens.

En fait, c’est précisément grâce aux lois linguistiques que les Québécois ont pu relever la tête dans les années 70 et se débarrasser d’une partie de leur sentiment d’infériorité. Avant la loi 101 – à l’époque du « libre » choix – près de 80% des immigrants choisissaient l’école anglaise. Vingt ans plus tard, la proportion s’était entièrement inversée. C’est précisément à cause de lois comme la loi 101 qu’on a permis à un peuple habitué à plier l’échine devant le « foreman », de travailler à la « shop » et qui avait intégré le « speak white » jusqu’au fond de son âme, de pouvoir concevoir son futur en français. Oui, les Québécois ont un sentiment d’infériorité, et c’est grâce à des politiques linguistiques courageuses qu’on a pu leur permettre de s’épanouir.

En octobre 2008, lors d’un « Rendez-vous des gens d’affaires » sur le français dans les petites entreprises, organisé par la chambre de commerce de Montréal, on a dévoilé des chiffres qui, à eux seuls, invalident complètement les prétentions de Jean-François Lisée: 60% des Montréalais ne demandent pas à être servis en français dans les commerces de moins de 50 employés. Ne s’agit-il pas précisément d’une autre preuve du sentiment d’infériorité des Québécois? De nombreux citoyens, dans leur quotidien, n’exigent même pas le français. On leur parle dans une langue qui n’est pas la leur et ils ne disent rien, ils s’accommodent, nous, les champions de l’accommodement des autres.

Pourquoi est-ce que cette situation changerait, par magie, au cégep? Pourquoi est-ce que, soudainement, les Québécois cesseraient de s’adresser en anglais aux anglophones et imposeraient enfin leur langue? Quand on baisse la tête depuis des siècles, comment peut-on espérer la lever bien haut d’un coup de baguette magique?

Troisième pensée magique: les Québécois peuvent apprendre l’anglais car ils ont une bonne colonne vertébrale identitaire.

Individuellement, rien n’est plus vrai:quiconque veut apprendre une langue étrangère et se sent assez confiant dans ce qu’il est peut le faire. Le problème est collectif. Collectivement, les Québécois n’ont aucune autre façon de se considérer comme tel autrement que par la langue qui les unit: le français.

Jacques Parizeau explique dans son dernier livre qu’à l’ère de la mondialisation, c’est grâce à leur culture (et donc à leur langue) que s’expriment les nations. C’est une position que partage l’économiste et philosophe Jacques Attali, qui écrivait que la composition des six éléments traditionnels de l’identité d’un peuple (un territoire, une langue, une culture, des valeurs, une histoire, un destin commun) se transforme et que le poids de la langue y augmente considérablement. En clair, la nation du futur, c’est celle qui a su respecter sa langue commune et en faire le principal outil d’intégration.

Le problème n’est pas que Lisée désire apprendre l’anglais aux Québécois, comme on offrirait des cours de langues étrangères à ceux qui s’y intéressent. Non. L’achoppement, c’est qu’il désire systématiser cet apprentissage, le rendre obligatoire en proposant des cours d’histoire ou d’autres matières en anglais. Il s’agit donc d’un bilinguisme institutionnel qu’il désire imposer, à l’encontre non seulement du caractère francophone du Québec, mais – surtout – de la capacité de survie d’un peuple bilingue dans un contexte minoritaire.

Qu’on soit honnête un peu. Dans toute l’histoire de l’humanité, vous connaissez combien de peuples minoritaires qui ont survécu après avoir adopté la langue de la majorité? Le bilinguisme institutionnel constitue la première étape vers l’assimilation finale. C’est en rendant les franco-canadiens bilingues qu’on les a assimilés, et ce sont maintenant nos propres élites qui nous proposent la même recette.

Alors non, la fusion des cégeps francophones et anglophones ne constitue pas une bonne idée. Elle n’est pas meilleure que celle d’augmenter les tarifs d’Hydro-Québec, de privatiser la société d’État à 25%, de supprimer l’impôt sur le revenu pour le remplacer par des taxes sur la consommation et de nombreuses autres proposition de Lisée, qui, s’enrobant de l’édulcorant de la « gauche efficace », propose toute sortes de réformes de droite dont les conséquences n’ont pas été assez étudiées. Je respecte beaucoup M. Lisée, mais il semble parfois camoufler un certain manque de courage politique derrière un compromis souvent plus dangereux que ce que proposent nos propres adversaires.

Le vrai courage, actuellement, n’est plus de rechercher le consensus pour accommoder Québécois et anglophones, mais de savoir imposer les valeurs de la majorité et de se donner les moyens d’assurer un futur pour notre langue et notre culture. Dans un contexte où notre poids démographique en Amérique du Nord régresse année après années, cela commence par l’application de la loi 101 aux cégeps et par la diminution des subventions à un réseau anglophone sur-financé. Et à terme – osons le dire – il faudra faire comme la plupart des pays du monde et ne financer que les institutions publiques dans la langue commune.

Et si on cessait d’avoir peur d’agir comme tout peuple souverain qui se respecte? Et si osait appliquer la loi 101 aux cégeps, n’en déplaise à des anglophones qui ont tout un continent pour vivre en anglais?

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13 Réponses

  1. J’ai beaucoup aimé ton texte. Ce que j’y retiens c’est qu’il faut cesser d’avoir peur. Les Québécois sont chez eux et ils doivent décider ce qu’ils veulent. Imposer la loi 101 dans les cégep est important pour la survie du Français.

    Je ne comprends pas les gens qui veulent étudier en anglais. L’éducation serait meilleure en anglais ? Ils veulent quitter le Québec une fois que leurs études finies ?

    Il faut que l’État québécois cesse de financer le système d’éducation privé et le système de santé privé. On paye déjà assez au privé comme ça.

  2. Pour ce qui est de donner le quart des cours en anglais aux francophones, je suis entièrement d’accord avec vous que c’est innacceptable. Surtout pas des cours d’histoire montés par les canadiens anglais !

    Les meilleurs cours d’histoire du Canada en anglais sont dans les universités des USA. Ils sont même plus justes et précis que ceux montés par les canadiens français (Québécois). De l’importance d’apprendre l’anglais.

    Ce qu’il faut c’est occuper le réseau anglophone. Les cégeps anglophones doivent offrir aux francophones de faire tout le programe en français. De même que les cégeps francophones doivent offrir aux anglophones de faire tout le programe en anglais (là où le nombre le permet).

    C’est le contact entre les étudiants et professeurs anglos et francos qui compte et qu’il n’y ait ainsi qu’un seul réseau socialéconomique et d’affaires.

    C’est l’apartheid qui fait gagner le réseau anglophone et l’anglicisation à Montréal et Outtaouais, car mieux financé par non seulement l’État québécois mais aussi le fédéral anglais et le réseau anglais pan-américain dont l’apport en fondations carritatives est 100 fois plus important que le réseau francophone.

    Si des francophones souffrent d’un complexe d’infériorité envers leur langue, ils se content des histoires car il n’y a pas de tels niveaux de qualités entre les langues. C’est simplement le marché anglophone qui est plus important en nombre et donc plus payant. Il rapporte plus par le nombre, pas par qualité. Le marché francophone en Amérique est petit. Un écrivain francophone qui écrit en français, au Québec, peine à survivre. Rien à voir avec la qualité de son livre.

    « 60% des Montréalais ne demandent pas à être servis en français dans les commerces de moins de 50 employés. Ne s’agit-il pas précisément d’une autre preuve du sentiment d’infériorité des Québécois? »(Louis P.)

    Biensûr que non. Le service qu’ils obtiennent de ces entreprises n’a rien à voir avec la langue. Il n’y vont pas pour obtenir un service en français, mais pour obtenir un service, point. Si c’est un unilingue anglophone qui lui offre ce service, pourquoi se sentirait-il inférieur de savoir lui-même les deux langues ? La question que vous devez vous poser est pourquoi ce n’est pas un francophone qui peut vous offrir ce même service ! Voilà où entre en jeu les réseaux. Voilà qui démontre un avantage (bilinguisme) qui n’est pas exploité par les francophones qui pourtant devraient offrir ce même service aux deux marchés ! C’est au contraire le réseau minoritaire anglophone qui se l’accapare dans sa langue ! La réalité est qu’il n’existe pas de réseau francophone et encore moins québécois.

    Vous le confirmez vous-même ici:

    « Collectivement, les Québécois n’ont aucune autre façon de se considérer comme tel autrement que par la langue qui les unit: le français. »(Louis P.)

    Unis que par la langue. Pas de réseau. Abdou Diouf était venu l’an passé, au nom de L’organisation Internationale de la Francophonie. C’est passé innaperçu. Il voulait proposer d’unir les réseaux francophones entre les pays. Il n’a pas trouvé de réseau au Québec auquel s’unir. Il y a des chambres de commerce spécifiques pour toutes les communautés au Québec, sauf la québécoise qui est en fait une association de toutes les chambres de commerce aux langues différentes.

    « Jacques Parizeau explique dans son dernier livre qu’à l’ère de la mondialisation, c’est grâce à leur culture (et donc à leur langue) que s’expriment les nations. »(Louis P.)

    La communauté italienne du Québec :

    « Plusieurs organisations dédiées à cette communauté sont situées à Montréal. On dénombre entre autres un consulat, un institut culturel financé par le gouvernement italien (Institut Culturel Italien de Montréal), un centre culturel communautaire (Centre Léonard-de-Vinci), des banques et caisses populaires, une radio communautaire (CFMB 1280AM), des émissions de télévision à la station communautaire de Montréal ainsi que plusieurs églises et associations.

    Il y a, chaque été à Montréal, un festival italien où les Italiens font connaître leur culture. On retrouve aussi plusieurs fêtes à caractère religieux dans les différents quartiers arbitant une communauté italienne importante (par exemple la « Festa della Madonna » dans la Petite Italie). »

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Italo-Qu%C3%A9b%C3%A9cois

    C’est ça un réseau, M. Préfontaine.

    « Les Italo-Québécois de 2e et 3e génération sont pour la plupart trilingues (italien, anglais et français). »

    Expliquez moi donc pourquoi les 250,000 italo-québécois (c’est-tu assez minoritaire ça ?) ne sont pas tous unilingues anglophones, M. Préfontaine mais que vous craignez que les 6 millions de Québécois le seront ? Pourquoi cette petite communauté n’est pas complettement assimilée à l’anglais ?

    Un réseau.

    « C’est une position que partage l’économiste et philosophe Jacques Attali, qui écrivait que la composition des six éléments traditionnels de l’identité d’un peuple (un territoire, une langue, une culture, des valeurs, une histoire, un destin commun) se transforme et que le poids de la langue y augmente considérablement. »(Louis P.)

    Encore lui. Les dernières générations de juifs ne parlent pas un mot d’hébreux ou de yiddish, or un Juif unilingue francophone se sent aussi Juif qu’un Juif unilingue anglophone ou qu’un Juif unilingue russe, etc…

    Un réseau.

    On ne peut rien contre les réseaux civils des communautés et non plus de la minorité anglaise, au Québec, et nos élites refusent de créer un réseau dédié aux Québécois de souche et francophones. Notre problème est que le réseau de la minorité anglophone bénéficie aussi d’un réseau étatique et spécifique à sa langue. C’est le réseau étatique de l’enseignement et de la santé. C’est le seul que les Québécois avons (francophone). C’est ce réseau anglo étatique qui est dangereux pour nous. Nous ne pouvons l’abolir sans abolir le nôtre.

    La seule solution est de l’occuper.

    Une conquête, quoi.

  3. Et oui, on ressent encore les sequelles de 250 ans de colonisation. Et si on le fait remarquer, on passe pour une personne arrogante, insultante, surement un separatisse pur-et-dur et intolerant, et on nous traite comme des personnes peu frequentables.

  4. Au même titre que si je dis que je crois que c’est bénéfique pour les québécois de passer à l’anglais tu me traites de colonisé de façon condescendante, l’arrogance n’est pas réservé au « méchant séparatiste…. »

  5. Pourrais-tu reecrire cette phrase de facon que je puisse comprendre les differents sujets que tu y abordes.

    Parce que vu d’ici « que les quebecois passent à l’anglais » ca veut dire que les Quebecois deviennent anglophones. Ce n’est pas ce que tu voulais dire je suppose.

    Si tu pensais dire que le Quebec deviennent une nation bilingue, oui il faudrait vraiment etre un assimilé de la derniere heure pour proposer cela.

    Si tu me parles de l’apprentissage d’une langue seconde, generalement l’anglais comme premier choix, je suis tout à fait pour, mais pas au detriment de la langue commune, de la langue premiere.

    Quand je traite quelqu’un de colonisé, ce n’est jamais de facon arrogante ou condescendante. Deja parce que mon discours n’est jamais emotif. Ce serait simplement une constatation. Un Quebecois qui defend mordicus les interets du Canada et refuse de reconnaitre que sa nation est traitée comme une sous-nation dans le canada (tandis que de nombreux faits le prouve hors de tout doute), qui ne peut concevoir qu’un jour son peuple puisse devenir independant et maitre chez lui, un Quebecois qui ne peut concevoir de vivre sans le canada à ses cotés … sans etre condescendant, cela s’appelle un colonisé, c’est le mot dans le dictionnaire qui definie cette personne.

    Si en plus il a ete choisi par nos amis canadiens pour nous diriger et representer le canada et ses interets et que cette personne s’affaire du mieux qu’il peut de garder son peuple sous l’emprise de cette nation etrangere (aussi respectable soit-elle), ca porte un autre nom, c’est un roi-negre. Comme Jean Chretien, comme Charest, comme Dion , Coderre, la gouverneure generale et le lieutenant gouverneur, etc… Il y en a eu dans toutes les colonies, on ne fait pas exception, on n’est pas different des autres.

    Si un Quebecois pense que pour etre un individu pleinement accompli il doit absolument parler l’anglais, absolument se plier aux regles et principes du canada, respecter les jugements d’une nation etrangere comme ceux de la cour surpreme, qu’il ne concoit pas que vivre uniquement en francais c’est possible au Quebec, qu’il ne peut s’empecher de repondre en anglais à un anglophone qui lui adresse la parole, que lui meme se complait dans l’utilisation quotidienne de l’anglais, qu’il pense que la culture et la langue anglaise sont superieure de quelque facon que ce soit, MAIS qu’il a quand la lucidité pour reconnaitre qu’il fait partie d’une nation distincte et defend les interets du Quebec, ca porte un autre nom, c’est un assimilé. Là aussi, je le dirais sans condescendance. C’est un fait.

    Que ces personnes assumes leurs choix, leurs gestes, leurs principes et leurs visions de ce que devrait etre un Quebecois qui se respecte et respecte les autres. Ce n’est pas à moi de leur dire comment penser, ils sont libre et je les respecte pour ce qu’ils sont. Ca ne m’empechera pas de denoncer leurs comportements et leurs propos. On est encore dans une democratie je crois. Que ces gens respectent mes idees, ce qui ne leur interdit pas de les denoncer à leur tour et de me traiter pour ce que je suis : un Quebecois patriote defendant les interets majeurs de sa nation.

    Apres on peut etre meprisant et me dire que je suis un pur-et-dur, un intolerant, un etre fermé et haineux, ca ne sera qu’une serie de mensonge, car je suis pret à negocier n’importe quand, à faire des compromis et je me bas justement pour que le Quebec soit ouvert sur le monde, inclusif, pluraliste, pacifique, genereux et tolerant. Non ce ne sont pas des synonymes d’applaventriste, mouton, docile ou soumis !

    Et tu as entierement raison : l’arrogance n’est pas réservé au « méchant séparatisse…. » On la remarque bien plus souvent chez les colonisés et les colonisateurs qui depeignent le mouvement independantiste et ses supporters.

    On serait en Espagne, au Venezuela, en Italie, en France, en Chine, au Mexique, en Algerie, au Congo, en Russie, etc. je n’aurais aucun probleme pour autoriser des ecoles anglaises à tous et cela à n’importe quel age. Simplement parce que là-bas ce sont des pays libres, que là-bas les gens savent de quel nation ils viennent, que là-bas ils ne sont pas sous la domination d’une nation etrangere et anglophone, ni noyés dans une mer de plus de 300 millions d’anglophones. Là-bas, sortis de cette ecole, ils parleraient la langue commune. Dans la rue TOUT LE MONDE parle la langue commune à 99% des gens. A part une tres faible minorité parlant leur langue d’origine (qui sera rarement l’anglais) et les touristes, PERSONNE ne s’abaissent à parler la langue de la nation occupante.

    Vouloir de l’anglais mur à mur au Quebec, en pensant que ca pourrait etre une richesse, sans tenir compte du contexe geopolitique et du statut actuel de notre pays, c’est faire preuve d’une analyse mediocre et completement deconnectée de la situation dans laquelle evolue notre nation.

    Ce n’est pas une guerre contre la langue anglaise, ni contre le canada, ni contre les colonisés, c’est une bataille pour la survivance, on se bat pour nous, pas contre les autres.

    Le mepris et la condescendance n’est pas dans mon camp. Donne un pays aux Quebecois et tu verras des gens amicaux, respectueux, ouverts, accueillants et protegeant leur minorité anglaise, dans ce pays.

    Je n’ai jamais vu un peuple aussi accomodant, pacifique, respectueux et accueillant, que celui du Québec dans sa majorité. C’est bien pour cela que je suis fier d’en faire partie et de le considerer comme mien. Ce que je n’ai jamais fait dans les autres pays que j’ai habité.

    Et si tu me dis qu’on peut etre Canadien ET Quebecois, l’argument falacieux utilisé par beaucoup de colonisés et quelques assimilés, oui, mais alors tu me parles de double-nationalité et non d’une nationalité et d’une situation geographique provinciale, deux paliers incompatibles ! Avec une double-nationalité, je pense que la majorité des Quebecois seraient bien fier de faire partie de la CONfederation canadienne. Ce qui aurait toujours du exister si les anglais de l’epoque n’avait pas passé un sapin avec le tronc et les racines dans le derriere des Quebecois ! La condesendance et le manque total de respect, c’est en face qu’il faut le chercher.

  6. Il y a encore beaucoup de travail à faire dans notre réseau universitaire francophone par rapport à l’utilisation de la langue française. En 2009, il y a encore plusieurs programmes d’études ou il est imposé du matériel didactique OBLIGATOIRE unilingue anglais. Je parle ici de manuels universitaires nécessaire à la formation universitaire… Allo la loi 101 !!!

    C’est bien beau reconnaître le Québec en tant que société distincte, encore faut-il donner le moyen à cette population d’accéder à une éducation de qualité dans sa PREMIÈRE langue officielle.

    Ps: Désolé si ce message revient, j’ai laissé le même hier soir mais je crois que ça na pas fonctionné

  7. 100% avec vous !

    On veux un Québec français en même temps qu’on investi pas dans la création et publication en français !

    La pauvreté de l’information en français est un handicap majeur pour les unilingues francophones.

    Ce n’est pas tant le nombre de francophones qui compte, mais ce que cette langue peut offrir et servir à tous ceux-là !

    Les bibliothèques anglophones sont très bien garnies !

  8. En effet. Ce n’est pas par aveuglement idéologique que je suis allé étudié en anglais dans mon domaine, les sciences atmosphériques, mais simplement parce que je jugeais que même si je faisais un programme similaire à l’UQAM, la littérature scientifique est extrêmement abondante en anglais. Même les étudiants des universités qui donnent leurs cours dans d’autres langues que l’anglais dans le monde doivent minimalement connaître l’anglais pour être capable de lire cette littérature.

    Il y a une question de survie… il n’y a pas un million de débouchés dans mon domaine, être unilingue français (pire unilingue français québécois, mais ce n’est un autre débat dans lequel je ne veux pas glisser maintenant) voudrait dire multiplier les chances de me retrouver au chômage ou de travailler en dehors de la formation que j’ai reçu.

    Il y a quand même un débat de taille qui s’offre à nous: nous devons être capables au moins de communiquer avec le reste de la francophonie. Dans notre situation de 1 habitant pour 10 comparés à la France et 1 pour 50 anglophones en Amérique du Nord, éloigner notre norme du français international nous amènera tout droit vers l’assimilation linguistique à l’anglais!

    Gébé dit:  » C’est simplement le marché anglophone qui est plus important en nombre et donc plus payant. Il rapporte plus par le nombre, pas par qualité. Le marché francophone en Amérique est petit. Un écrivain francophone qui écrit en français, au Québec, peine à survivre. Rien à voir avec la qualité de son livre.  »

    Je ne saurai être plus d’accord avec cette affirmation. Nous sommes forcés de nous ouvrir, nous n’avons pas le choix! La seule chose que nous pouvons faire, c’est d’investir ces réseaux et surtout de nous créer un réseau entre francophones. Nous devons nous inspirer des diasporas qu’on peine à intégrer (!) et adopter des stratégies similaires; mais il semble que notre individualisme empêche cela.

  9. L’expérience et le projet « québécois » sont terminés.

    Français d’ici, unissons-nous dans un dernier et long cri d’agonie…

    avons que l’on nous traite de « cadavres encore chauds »!

    Plus rien à foutre…

    C’est que…Le vrai problème, certainement depuis la fin des années 70, ce ne

    sont pas les anglophones de souche. S’ils ont persisté et continuent de

    persister dans leur unilinguisme, ça ne pose pas de problème réel. Tout au

    cours des années 80, Montréal à su prendre et élargir son identité française.

    Mais depuis que le Québec s’est ouvert à l’immigration, incluant une

    immigration qui possède une grande maîtrise du français dès son arrivée, nous

    n’avons pas su les intégrer, c’est-à-dire gagner leur respect. Raison:

    identité molle, bonasse ou trop chancelante. Tous ces immigrants qui font

    encore aujourd’hui une profession de foi à l’endroit de leur engagement à

    parler français ne me persuadent aucunement. Rappelons que la loi 63, l’un

    des premiers pas du Québec en matière de législation linguistique a été mise

    de l’avant en tenant compte des revendications et pressions d’une certaine

    immigration et communauté italienne souhaitant conserver son droit d’accès à

    l’école anglaise. Or, cette communauté italienne dont la langue est

    infiniment plus proche du français que ne l’est l’anglais n’aurait-elle pas

    dû, par voie d’affinité, vouloir s’intégrer à une culture latine? Quand un

    immigrant qui ne maîtrise pas le français en débarquant à Montréal, jure

    après quelques années d’effort pour l’apprendre de son soutien à la

    prédominance du français, il ne faut pas en croire un mot. À mesure que les

    québécois et montréalais eux-mêmes baissent leur garde, ces immigrants

    verront très vite que cette bourgade qu’est le Québec au milieu d’un

    continent et d’un univers qui s’occupe davantage de la promotion de

    l’anglais, qu’il vaut mieux basculer sinon soudainement, du moins peu à peu

    vers l’utilisation prioritaire de l’anglais.

  10. Le vrai problème = TROP d’immigration !

    Le vrai problème = TROP de programmes collectivistes inutiles! qui incitent nos élites à augmenter notre taux d’immigration…

    ***

    Parlons « FRIC », de politique et d’immigration
    http://www.quebec-politique.com/index/viewtopic.php?f=130&t=14243

  11. Nous allons nous dire les « vras affaires »:

    Nous sommes une des sociétés (sinon LA société) qui accueille le PLUS d’immigrants per capita, au MONDE !

    Et cela n’aide personne, surtout pas les immigrants, ni le développement de certains pays pauvres (qui perdent une bonne partie de leurs élites éduquées!)

    Houston, we’ve got a ‘fuck’in’ big problem ! 🙂

    **********************************************************

    Extrait:

    « Le scénario ne tient plus.

    Ainsi, en 1980, un homme immigrant récent, diplômé universitaire, gagnait en moyenne 79 % du salaire d’un travailleur né au Canada. Ce pourcentage est passé à 61 % en 1990, 59 % dix ans plus tard, et seulement 48 % en 2005. Concrètement, cela signifie qu’en dollars ajustés pour tenir compte de l’inflation, le salaire de l’immigrant est passé de 48 500 $ en 1980 à 30 300 $ en 2005. Pendant la même période, le Canadien d’origine a vu son salaire passer de 61 400 $ à 63 200 $. Autrement dit, le travailleur né au Canada a réussi à maintenir son pouvoir d’achat, et même un peu plus, tandis que la condition de l’immigrant, même titulaire d’un diplôme universitaire, s’est fortement détériorée.

    Le même raisonnement s’applique aux hommes et aux femmes, aux diplômés et aux non diplômés, aux travailleurs qualifiés comme aux autres. Sur tous les fronts, la situation des immigrants empire.

    Non seulement les revenus des immigrants reculent, mais ils ont plus de difficulté à trouver un emploi. En 2006, le taux de chômage était de 5,2 % chez les hommes nés au Canada et de 9,3 % chez les immigrants récents. Les chiffres équivalents pour les femmes sont 5 % et 14,3 %. »

    Texte complet:
    http://lapresseaffaires.cyberpresse.ca/opinions/chroniques/claude-picher/200912/11/01-930305-y-a-t-il-trop-dimmigrants.php

  12. Ici se trouve une grande partie de notre problème:

    «Les quatre économistes ont calculé que le Québec offre 26% plus de services à ses citoyens que l’Ontario, même s’il est plus pauvre de 14%. Ces dépenses supplémentaires atteignent 17,8 milliards cette année, dans plusieurs secteurs dont surtout la famille et les services sociaux, l’aide aux entreprises, la santé et l’éducation.%»

    http://lapresseaffaires.cyberpresse.ca/economie/quebec/200912/15/01-931090-finances-publiques-le-quebec-se-dirige-vers-un-mur.php

    ***

    Si nous gardions seulement la RRQ, les CPE, l’assurance médicaments, etc,etc,etc,etc,etc, QUE pour les plus démunis (*ou ceux qui les veulent absolument)… nos élites n’auraient plus d’arguments pour nous tous enculer (Québécois de longue date ou immigrants récents) en nous disant: « il faut augmenter notre immigration pour payer tous nos programmes ‘chochiaux’, et blah, blah, blah ! »

  13. Encore?

    Avec 370,000 chômeurs au Québec, dont 70,000 immigrants, et 266,000 assistés sociaux aptes au travail, dont 66,000 immigrants, bref avec 136,000 immigrants qui attendent une job, combien d’immigrants le Québec a-t-il besoin de plus d’après vous ?

    😉

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