L’ennemi n’est plus que canadien

Plusieurs ont sursauté en lisant un passage de mon dernier billet, où je défendais l’idée qu’il faille se débarrasser des vieilles querelles Québec-Canada et inventer de nouvelles structures permettant d’assurer notre survie. J’ai peut-être « garoché » un peu trop vite ces idées en quelques paragraphes, mais voici ce que je veux vraiment dire: la lutte pour la survie du peuple québécois constitue une lutte révolutionnaire, en ce sens qu’on propose une rupture avec le système en place. Si depuis des décennies, l’ennemi était canadien, aujourd’hui il est global.

ennemi-canada

Source de l’image

C’est ce glissement de sens que de nombreux indépendantistes ne semblent pas avoir compris. Dans certains milieux, on croit que le jour où l’indépendance sera acquise, tout sera réglé. On appelle cela de la pensée magique. Les faits sont accablants: alors même que le gouvernement du Québec contrôle son immigration à 75% et qu’il est maître de ses politiques linguistiques, le français et la culture québécoise reculent. Certes, la Cour suprême participe à ce recul, mais combien gagez-vous qu’un Québec indépendant adopterait le même genre de charte des droits et libertés que le Canada s’est doté il y a vingt-sept ans? Et même si ce n’était pas le cas, qui croit sérieusement que ce sont seulement les politiques d’Ottawa qui nous anglicisent? Ce ne sont tout de même pas de vieux juges en toge qui ont décidé d’apprendre l’anglais à nos jeunes de première année du primaire ou qui permettent qu’on exige l’anglais pour pouvoir être caissier dans un dépanneur. Ce sont nos gouvernements, péquistes et libéraux, qui ont participé à notre déclin.

En fait, la mondialisation et l’explosion des technologies de l’information ont transformé les identités. De moins en moins de Québécois et de Canadiens se considèrent comme tels. Avant d’appartenir à un peuple ou à une nation, on considère ses petites identités multiples: goûts musicaux, styles vestimentaires, activités sportives, orientation sexuelle, activités sociales, etc. Concrètement, on est gay avant d’être Québécois, punk avant d’être Canadien, planchiste extrême avant d’être Américain. Les identités se sont diluées. La nation, autrefois le ciment rassembleur de toutes ces particularités, a été reléguée au mieux rang de folklore, au pire comme une identité comme une autre. « Yo man, moi j’chill sur le skate, pis toi? – Moi j’trippe ben Québec power man! »

Or, qu’est-ce que cela nous enseigne? Simplement que le concept de nation, l’idée même de regroupement humain selon une culture, une langue et une histoire communes, trouvant son apogée dans un État indépendant reconnu par d’autres États indépendants, est un concept à l’agonie. Et cela dépasse de loin la question identitaire: la plupart des pays sont devenus de simples vassaux de pouvoirs supérieurs à son contrôle direct: OMC, FMI, OMS, États-Unis, Cour internationale, etc.

D’une certaine manière, nous vivons dans un empire, un empire global dont chaque pays, chaque nation, ne contrôle plus entièrement sa destinée. Des compagnies peuvent poursuivre des États en cour, des organisation transnationales peuvent en juger d’autres, le pouvoir suprême d’un État à disposer de lui-même et à protéger ses valeurs s’avère de plus en plus dilué. Le néolibéralisme a éliminé les frontières, si bien qu’il devient plus difficile pour un peuple, surtout s’il est minoritaire, de défendre ses intérêts. Et un État faible, dilué, n’incite pas ses citoyens à s’en réclamer fièrement.

Même le Canada n’est plus indépendant

Ainsi, il n’y a pas des dizaines de solutions. Deux, en fait. Ou bien on fait l’indépendance dans un contexte de revalorisation de l’État et de lutte au néolibéralisme, ou bien on invente d’autres structures permettant de protéger nos valeurs et notre culture dans le contexte actuel.

Le problème, c’est que de nombreux indépendantistes restent agrippés à leur vision un peu passéiste d’un ennemi canadien. Il faut se rendre à l’évidence: même le Canada ne constitue plus un pays réellement indépendant. Ses politiques sont alignées au quart de tour sur celles des autres pays du G8, et lorsque le géant du sud tousse, le Canada sort le mouchoir. Comment espérer un Québec « indépendant » agissant différemment, alors, sans remettre en question l’ordre néolibéral des choses?

En conséquence, la seule façon de réellement permettre au Québec de devenir indépendant, dans les structures actuelles, c’est de s’opposer à l’ordre néolibéral des choses. S’opposer à la conception selon laquelle une nation doit avoir comme seul but de favoriser les intérêts des entreprises et de gérer au minimum la vie de ses citoyens. Résister à une conception, très largement répandue chez nos deux principaux partis de droite, qu’il faille réduire les impôts, couper les services aux citoyens et « rationaliser » l’État.

De nombreux péquistes – qui ont presque tous en commun d’être de droite, ce qui en dit long sur le parti lui-même – me disent: « bah, on s’obstinera entre gauche et droite lorsqu’on aura fait l’indépendance! ». Ça ne fonctionne pas ainsi. Quand un parti donne l’impression que l’indépendance d’un peuple se décide dans un conseil d’administration, où les mots « liberté » et « survie » sont devenus des annexes d’une page 57b, comment voulez-vous qu’il crée le momentum nécessaire pour enfin réaliser le pays? En adhérant aux dogmes néolibéraux, il enlève toute substance à son projet.

L’indépendance est révolutionnaire, et elle se fait contre l’idéologie dominante actuelle. Vouloir mettre un pays sur la carte tout en l’ouvrant tout grand aux carnassières multinationales ne fait aucun sens. Le Québec que propose le PQ, actuellement, ne serait pas plus indépendant que le Canada. La seule façon de le rendre libre de sa destinée, c’est de considérer l’indépendance comme un combat politique de gauche, un projet du peuple, un outil plutôt qu’une fin. Et le PQ, avec ses tristes politiques économiques de ses deux derniers mandats, y a échoué lamentablement.

Les nouvelles structures

L’autre solution, si on refuse de se donner les moyens d’atteindre une réelle indépendance, celle du peuple, consiste à se doter de nouvelles structures et de créer de nouvelles solidarités autour des structures existantes. Cela passe par des mouvements de citoyens, des organisations comme la Société Saint-Jean-Baptiste, le Mouvement Montréal français, le Réseau de Résistance du Québécois, Impératif français et d’autres encore. Cela veut dire descendre dans la rue sans l’État, sans un Parti Québécois frileux et ayant tourné le dos à la vraie indépendance.

Mais aussi – et surtout – cela veut dire s’allier avec tous les mouvements internationaux prônant la survie identitaire des peuples minoritaires et de développer des solidarités avec eux pour développer un argumentaire de contre-poids à la world-culture actuelle.

Tout, absolument tout reste à faire. Nous en sommes revenus à l’étape de construire des idées et de semer les graines qui permettront à d’autres, peut-être nos enfants, d’en récolter les fruits. Certains sont impatients, et je le suis moi-même. Mais il faut comprendre l’incroyable changement qui s’est opéré depuis une trentaine d’années et réaliser que si l’ennemi fut autrefois principalement le Canada, aujourd’hui il n’est plus qu’un opposant parmi d’autres, et peut-être moins vorace et cruel que le rouleau-compresseur néolibéral et anglophile qui aplatit tous les pays sans distinction.

Un Québec indépendant à la sauce néolibérale aiderait-il la cause du français? Empêcherait-il notre disparition sur l’autel d’une anglicisation imposée par des prémisses économiques et s’abreuvant d’une immigration trop nombreuse pour nos capacités d’intégration? J’en doute.

Il faut choisir. Ou bien on se bat pour rétablir la valeur des frontières et on s’oppose au néolibéralisme. Ou bien on se construit de nouvelles solidarités dès maintenant, sans attendre une indépendance de papier.

Toute autre position porte un nom: capitulation.

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22 Réponses

  1. «le gouvernement du Québec contrôle son immigration à 75% »

    En fait, ce 75 % représente à peu près 100 % de ce qu’il peut contrôler, soit les immigrants économiques et les réfugiés sélectionnés à l’étranger (dans des camps de réfugiés, par exemple). Le 25 % qui reste est composé du regroupement familial (autour de 20 %), où le contrôle consiste à appliquer des critères qui ne peuvent pas changer beaucoup, et des réfugiés qui se présentent directement au pays (4 à 5 %), dont l’acceptation dépend en grande partie des accords de Genève.

    Cette précision ajoute encore plus de poids à ton argument. L’indépendance ne pourrait pas changer grand chose du côté de la sélection des immigrants.

  2. N’importe quoi. Meme en controlant 100% de notre immigration au sein du canada uni, on en controlera reellemment que 0%. Les immigrants remplissent des formulaires canadiens, arrivent au canada, sont recus par des canadiens et finissent canadiens.

    Controler son immigration, ca ne veut pas dire seulement choisir qui vient, mais aussi que nous soyons ceux impliqués dans tout le processus. Que les immigrants comprennent qu’ils ont choisi une nation francophone et distincte. On ne parlera pas de l’immigration pan-canadienne sur laquelle nous avons aucun controle, meme pas une citoyenneté distinct.

    Avoir un pays à nous rendra les choses on ne peut plus claire. Et les immigrants, grands adorateurs de symboles et statut, dans un Quebec independant arriveront ici en tant que Quebecois, pas en tant que canadien. Ca on ne peut pas l’enlever aux avantages de la souveraineté.

    Le gouvernement du Québec contrôle son immigration à 0% ! Il ne peut que choisir quels canadiens viendront vivre chez nous !

  3. Quelques details :

    Le PQ est encore majoritairement constitué de sociaux-democrates et gens de gauche. Le SPQ libre ce n’est pas de droite !

    Je suis de ceux qui disent que dans un pays à nous, il sera temps entre nous, de nous chicaner pour la gauche et la droite. Je ne suis pas pequiste, meme si je suis membre du PQ. Ne melangeons pas les choses. Le PQ, je le quitte le lendemain de notre independance, c’est un mariage de raison, parce qu’il est le seul parti populaire de pouvoir (donc de centre) qui peut pretendre remporter une majorité aux prochaines elections.

    Je vais reformuler ma phrase habituelle : « bah, on s’obstinera pour combattre la globalisation lorsqu’on aura fait l’indépendance! » Pour les memes raisons, ce n’est pas en aidant Charest à garder le pouvoir, ce n’est pas en restant dans le canada, ce n’est pas en nous divisant qu’on reusssira à proteger les nations de ce monde. Deja notre independance pourrait redonner espoir à d’autres ; des Basques, des Ecossais, des Gallois, des Catalans. des Kanaks, etc. Oui l’independance est la voie essentielle, l’etape obligatoire à franchir pour mener d’autres combats, qu’ils soient : sociaux, environnementaux, anti-globalisation, etc.

    Non le QUebec n’est pas independant, pas plus que les pays européens, mais ce n’est surement pas en restant dans le canada qu’on pourra esperer faire quoi que ce soit.

    Et non, le Canada n’est pas un ennemi, c’est juste une nation etrangere qui n’a rien à faire chez moi. Pour moi l’ennemi le plus terrible c’est la lacheté et la paresse de mon propre peuple, des mes peuples d’ailleurs, parce que ce n’est pas mieux en face.

    Moi aussi j’aimerai qu’on combatte la globalisation et les armes pour combattre ce mal, ce sont les nations libres, aussi petites soient-elles, car seulement celles-ci peuvent esperer avoir un droit de parole sur la scene internationale. En restant dans le canada uni d’un ocean à l’autre, on est muet, on est invisible, on est insignifiant, une curiosité touristique du canada, du folklore comme tu le dis bien.

    L’independance est une fin en soi. C’est le debut d’un combat qu’on pourra mener et seulement à partir de cette etape. Et la fin justifie les moyens aussi.

  4. Lorsque les immigrants arrivent ici, le support qu’on leur donne est quasi nul. Une rencontre (optionnelle) de groupe de 1h30, on leur donne une brochure et on leur dit de consulter quelques sites internet. Personne ne leur parle individuellement, aucune rencontre pour s’assurer qu’ils ont compris quoi que ce soit, aucun effort de notre part pour les intégrer, les aider à se trouver un toit, un travail…

    Ça donne quoi d’aller chercher des immigrants, soit disant parcequ’on manque de travailleurs pour qu’ils finissent au chomage une fois arrivés ici? Est-ce que la société se porte vraiment mieux parceque des médecins algériens font les chauffeurs de Taxi à Montréal? C’est tout le modèle de l’immigration qui est à revoir. Les immigrants devraient avoir une rencontre personalisée obligatoire avec un intervenant, suivi de cours de Français si nécessaire, de mise à niveau et de reconnaissance des compétences (Essentiel!) et de jumelage avec des familles québécoises pour les sortir de leur isolement.

    Mais tout ne se règle pas par l’immigration. Il faut combattre l’émigration, au lieu de la valoriser comme c’est le cas présentement. Un effort doit être fait pour garder nos diplômés ici, rapatrier ceux qui sont partis (au lieu de leur mettre des bâtons dans les roues si ils veulent revenir comme c’est présentement le cas) et convaincre les jeunes familles à avoir plus d’enfants (ou le plus souvent à en avoir tout court).

    Pour le reste je seconde ce billet. Si depuis des décennies, l’ennemi était canadien, aujourd’hui il est global. Les enjeux sont trop grands pour croire qu’ils se régleront à Ottawa.

  5. « En fait, la mondialisation et l’explosion des technologies de l’information ont transformé les identités. De moins en moins de Québécois et de Canadiens se considèrent comme tels. Avant d’appartenir à un peuple ou à une nation, on considère ses petites identités multiples: goûts musicaux, styles vestimentaires, activités sportives, orientation sexuelle, activités sociales, etc. »(Louis P.)

    Si c’était vrai, le Canada multiculturel serait déjà tombé. C’est tout le contraire. Les identité ethniques au Canada n’ont jamais été aussi fortes. Dans votre liste d’appartenances vous avez oublié la plus importante et forte de toutes ; la famille. C’est pas la famille que la nation se fait. Des familles se marient entre-elles et forment des peuples ou pas. La spécificité permet la création par l’originalité. Comme dans une bonne recette on ne mélange pas tout et n’importe quoi.

    Ce ne sont pas les identités et les peuples qui sont attaqués, mais leurs statuts de nations qui leur réserve des droits sur un territoire de fondation. Les peuples sont dépouillés de leurs ressources, ils sont dépossédés de leurs terres et pays. Les États deviennent multiculturels et les peuples doivent compétitionner entre eux pour la même ressource. Les institutions internationales que vous avez nommé en deviennent les nouveaux possesseurs et sont contrôlées par une oligarchie de type monarchique (famille) qui s’en assure l’héritage.

    Les Québécois disparaissent parce qu’ils nont même plus d’institutions à leur nom et ne peuvent donc pas compétitionner avec les autres peuples dans ce nouveau monde multiculturaliste. Ils ne peuvent même pas se joindre au combat pour reprendre les États indépendants. Ceux que vous nommez : la Société Saint-Jean-Baptiste, le Mouvement Montréal français et Impératif français n’ont rien de particulièrement Québécois. Ce sont des institutions pour la défense d’une langue et non d’un peuple ou nation. Le Réseau de Résistance du Québécois se distingue des autres, mais comme son nom l’indique il résiste plutôt que se vouloir un instrument actif dans la compétition multiculturelle.

    Lorsqu’un immigrant arrive au Québec, il est reçu par les institutions de son peuple et y reçois toute l’aide et le support qu’il a besoin. Il est ainsi vite intégré aux siens et le groupe se renforci et l’institution s’enrichi et gagne en moyens.

    C’est pourquoi les Québécois ont perdu la bataille à Montréal. En fait, ils ne se sont même pas battu. Un Québécois des régions qui vient s’installer à Montréal n’a aucune institution ethnique pour le recevoir le diriger et l’intégrer. Ils sont laissé à eux-mêmes, aucun réseau social et d’affaires.

    Un peuple ainsi auto-handicapé ne dure pas longtemps.

  6. « Le PQ est encore majoritairement constitué de sociaux-democrates et gens de gauche. Le SPQ libre ce n’est pas de droite ! »(Reblochon)

    De grâce, Reblochon. Le SPQ libre c’est pour les apparences.

    Le SPQ Libre se voulait un rapport de force sur le PQ grâce aux syndicats qui furent nos premières institutions nationales ethniques. Mais maintenant elles sont associées au grand capitalisme mondial. Complices des multinationales qu’elles surveillaient autrefois pour défendre les travailleurs. Comment veux-tu qu’elles contestent des « restructurations » d’entreprises dans lesquelles elles détiennent des actions ? Même la mafia y est bien installée et y fait certainement de gros blanchiement d’argent.

    Les conseillers du PQ sont tous issus de l’Institut Économique de Montréal. Très social-démocrate l’IEDM ! L’Institut Fraser aussi ! De vrais go-gauches!

    Une belle facade le PQ.

    C’est une institution sociale ethnique québécoise au services des Québécois qu’il faut. Autrement c’est la mort.

  7. Bein voyons, Je me Souviens, ils ont leurs propres institutions ethniques pour s’occuper d’eux.

    Ils ont même leur centre d’emplois respectif pour les entrepreneurs qui veullent embaucher les leurs. Ils recoivent l’aide avant même de partir.

    Tandis qu’un entrepreneur Québécois qui sélectionne un candidat par son origine québécoise se voit collé une ammende salée ! Il n’y a pas de centre d’emplois réservé aux Québécois.

    Des « suckers » chez soi !

  8. Patriotes de tous les pays, unissez vous !

  9. Gébé Tremblay
    ….
    Le taux de chomage est 2 fois plus élevé chez les immigrants récents. Si ils viennent ici parcequ’on a besoin de travailleur, alors on a un problème!

    Ils ne devraient pas être pris en charge par des institutions ethniques mais bien par la société qui va les chercher. C’est à dire nous.

    «  » »Tandis qu’un entrepreneur Québécois qui sélectionne un candidat par son origine québécoise se voit collé une ammende salée ! Il n’y a pas de centre d’emplois réservé aux Québécois. » » » ?
    Je ne crois pas qu’il y ait des centres d’emplois réservés aux « ethnies » non plus…

    Cela dit ce n’est pas cela le fond du problème. La politique d’immigration au complet est à modifier. Ce qu’on fait présentement ne marche pas. Deplus on se concentre tellement sur l’immigration qu’on en oublie tout le reste. L’Émigration? L’exode des cerveaux? Les jeunes retraités de 52 ans qui passent la moitié de l’année à l’étranger? Les familles de taille microscopique? Une fonction publique énorme avec beaucoup de gestionnaire mais peu de gens de terrain? Il y a là tout un potentiel à exploiter. L’immigration, trop soudaine, trop massive, mal ciblée et mal organisée n’est certainement pas la réponse à tout…

  10. « Le taux de chomage est 2 fois plus élevé chez les immigrants récents. Si ils viennent ici parcequ’on a besoin de travailleur, alors on a un problème! »(Je me souviens)

    Ce sont ces derniers qui ont des problèmes. Le gouvernement n’en fait pas entrer 44,000 par an pour les garder. Il sait qu’ils vont repartir ou aller dans le ROC. Seuls les meilleurs seront embauchés. L’idée est qu’ils dépensent leurs économies ici avant de partir ou qu’ils emplissent les travaux de cheap labor. Pour l’instant une bonne part prennent la place des Québécois et les réseaux se forment avec les ethnies correspondantes dans le ROC (l’anglicisation). C’est un plan à long terme (le seul).

    « Je ne crois pas qu’il y ait des centres d’emplois réservés aux « ethnies » non plus… »(Je me souviens)

    Je ne te demande pas de croire. Une simple recherche suffit.

    http://www.ometz.ca/?langID=2

    http://www.italchamber.qc.ca/en/1_emplois.php

    http://www.cn411.ca/viewms01.aspx?LinkLeafID=110208&LinkID=813C105950

    C’est simple, toutes les chambres de commerce ethniques de Montréal sont des centre d’affaires et d’emplois sur base ethnique.

    Tu peux faire une recherche sur toutes les ethnies si ça te chante. Tu auras plus besoin de « croire ».

  11. Capitulation donc….

    J’ai bien aimé l’analyse de la situation du début…

    Ce que je mets en opposition est le fait énoncé dans le texte que de moins en moins de Québécois se définissent en termes géo-politiques ( ou géo-linguistiques ? ) VS moralité de leurs imposer ces valeurs…
    Ces Québécois qui se définissent en termes autre que la simple langue sont… des Québécois… de langue française en plus.

    Un autre point que je ne peux être d’accord est sur cette phrase:
    «la conception selon laquelle une nation doit avoir comme seul but de favoriser les intérêts des entreprises et de gérer au minimum la vie de ses citoyens.»
    Ceci est faux. Même si vous considérez que c’est une conséquence du néolibéralisme, il est malhonnête d’affirmer que ceci est l’idée de base du néolibéralisme.
    C’est comme si je disais que le socialisme était la conception selon laquelle une nation doit abolir tout efficacité au profit d’une pauvreté de masse.

    Si même les jeunes francophones ne considèrent pas la langue comme une valeur importante pour eux, qui sommes-nous pour leur imposer cette valeur ?
    La seule façon de préserver le français ( ce que je désire ) est d’en faire la promotion et non l’imposition.

    La survie du français passe par le désir des gens de parler cette langue et non par l’imposition de celle-ci ou par la fermeture du Québec au reste du monde.
    A défaut d’avoir une façon de faire la promotion du français en tant que valeur ajoutée à ces citoyens, la capitulation est la seule avenue respectant les valeurs des gens…

  12. Ce qu’il faut, c’est de faire la promotion d’un Québec indépendant mais pas unilingue français ! Invitons toutes les races à participer à ce grand projet plutôt que de les rejeter…

  13. @Darwin: Je n’avais pas vu les choses de cette façon. Ceci dit, j’aime bien utiliser le chiffre dont se targue le gouvernement provincial, car il permet de bien apprécier leur incroyable incompétence, provenant de leur bouche-même.

    @reblochon: Bien sûr que d’avoir un pays simplifierait les choses. Mais, à mon avis, ça ne réglerait pas tout comme par magie, contrairement à ce que tu sembles parfois affirmer. On pourrait très bien continuer à recevoir 55 000 immigrants dans un Québec indépendant, continuer à ne pas leur faire passer de tests de citoyenneté et accepter leur anglicisation pour ne pas les « brimer ».

    @Je me souviens: Voilà! Beaucoup de lucidité dans ce commentaire, et pas du genre à Bouchard et à sa clique. J’aime beaucoup les propositions constructives, et l’idée d’un jumelage avec une famille bien intégrée à la culture québécoise m’apparaît séduisante. Ceci dit, c’est le genre de solutions personnalisées qui réclame un nombre moins élevé de nouveaux arrivants à gérer.

    @Gébé Tremblay: L’identité « canadienne » existe de moins en moins également. Ceci dit, je partage ton avis sur le manque d’institutions défendant les Québécois. Il y a bien la SSJB et quelques autres, mais c’est bien peu. On dirait qu’on a peur de s’organiser nous-mêmes, peur de se faire traiter de racistes, de xénophobes, et d’autres qualificatifs dont on nous accable, nous, un des peuples les plus ouverts de la Terre (trop ouvert, à mon avis).

    @Francois: Je suis en profond désaccord. On n’apprend pas une langue par plaisir « d’ouverture » ou à cause d’une « promotion ». On apprend une langue pour des considérations purement pratiques. On apprend une langue pour pouvoir se faire comprendre au dépanneur, à la banque, à l’épicerie, dans la rue, partout. Et comme il se trouve toujours des petits Québécois veules qui se précipitent à parler en anglais au premier venu, les immigrants n’ont jamais besoin d’apprendre notre langue. Le français, on doit l’imposer, tout comme chaque peuple de la planète impose sa propre langue. Les immigrants nous remercieront, eux qui ont avant tout besoin de s’intégrer à une nouvelle patrie et qui nécessitent des signaux clairs et non contradictoires.

    @Garamond: Ben voyons. À quoi servirait d’avoir un pays pour reproduire les mêmes travers que celui-ci et précipiter, par nous-mêmes cette fois, notre propre disparition? Être Québécois, c’est parler français, au minimum. Le reste ne fait aucun sens, à mon humble avis.

    Merci pour vos commentaires.

  14. OUi tu as raison Louis pour la reponse que tu me donnes. Mais alors ca sera le choix des Quebecois et ils devront en assumer les consequences. Je n’ai jamais dit que la souveraineté etait la solution à tous les problemes. J’ai juste dit que c’etait impensable de penser regler ces problemes dans un canada uni. Ca ne veut pas dire qu’on y arrivera une fois independant. Les gens raccourcissent facilement les propos que je tiens.

    Il y a des avantages qu’on ne peut nier dans un Quebec souverain. L’immigrant aura choisi le Quebec et non le canada, à la base cela l’engage d’une certaine facon. Et ensuite, il n’y aura plus les deux solitudes, ces canadiens vivant chez nous et ayant le droit de vote, les nouveaux arrivants aurton un reel sentiment d’appartenance envers la nation quebecoise, simplement parce que generalement ces gens s’accrochent à la majorité, à ceux qui detiennent le vrai pouvoir. En ce moment ce sont les canadiens dans le canada uni. Un pays reste un moteur d’unité tres fort. Juste à regarder la fidelité des immigrants envers leur pays d’accueil !

    Comment peut-on lutter contre cela quand on essaye d’integrer les nouveaux arrivants à la nation quebecoise ?

  15. Ce ne sont pas les autres ethnies qu’on nous demande de rejetter, c’est nous-mêmes qu’on nous demande de rejetter !

    Les Haïtiens et maghrebins sont francophones, mais s’identifient ethniquement avant tout. Il peuvent être bilingue sans problème, même trilingue. La majorité des Irlandais ne parlent pas un mot de galéique et non plus les Écossais ! Et les Juifs qui ne parlent pas l’hébreux ou le yiddish ne sont pas moins Juifs, non plus que les Italiens qui ne parlent pas l’italien.

    Devraient-ils parler leur langue ethnique ? Oui ! Mais ce n’est pas l’élément qui contient toute l’identité. Il n’existe pas un tel élément.

    http://www.mediamosaique.com/General/les-montrealais-prets-a-elire-des-noirs-des-maghrebins-pas-encore-municipales-2009.html

    On nous demande de rejetter nos racines pour se réduire qu’à des francophones. Les défenseurs d’une langue au prix de nos racines, de notre histoire, de notre culture, de notre conscience en tant que peuple. Au service de la francophonie mondiale.

    Au point où on nous demande de tuer le Canadien français en nous en le reniant de notre histoire, même du Canadien. On nous demande d’oblitérer notre identité d’avant 1960 (Canadien français) et même d’avant 1763 (Canadien), pour ne conserver que notre identité de Français qui s’établi en 1608. Toute cette « épuration » pour refouler le complexe de la conquête britannique. Comme si elle n’avait jamais existé et que donc nous n’avions jamais existé à cette époque non-plus.

    Pour n’importe quel Québécois qui a une conscience de son identité en tant que peuple, cette proposition est innacceptable.

  16. « L’identité « canadienne » existe de moins en moins également. »(Louis P.)

    L’identité Canadienne n’existe pas moins parce que des gens en sont ignorants. Il faudrait brûler tous les livres de notre histoire pour qu’elle n’existe plus. C’est notre culture.

  17. On ne peux pas être plus clair ici :

    http://www.vigile.net/Qui-donc-est-ce-Nous

    Et ce répond très bien à votre question M. Préfontaine.

  18. […] Mais aussi – et surtout – cela veut dire s’allier avec tous les mouvements internationaux prônant la survie identitaire des peuples minoritaires et de développer des solidarités avec eux pour développer un argumentaire de contre-poids à la world-culture actuelle. Lire le texte sur le site Internet de Louis P. […]

  19. Quelle est votre conception d’une nation post néolibérale et à plus grande échelle, l’humanité?

  20. […] magma transnational déraciné, déconnecté des passions et de l’identité de ses voisins. Cette world-culture d’une homogénéisation des peuples et des coutumes est déjà en train de s’opérer un peu […]

  21. Intéressant comme arcticle, en fait je crois que nous disons les mêmes choses. C’est plutot rassurant, car parfois j’ai l’impression de prêcher dans le désert.
    Voici l’article en question:
    http://frontalternationaliste.hautetfort.com/archive/2010/03/10/16941c36e8a5a591594a70698f879c06.html

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