Les anglophones sont-ils Québécois?

Plusieurs personnes m’ont récemment accusé d’utiliser interchangeablement les mots « Québécois » et « francophones » pour parler du problème linguistique montréalais. Les anglophones aussi sont Québécois, m’affirme-t-on. Les immigrants sont tout autant Québécois que moi le jour où ils mettent les pieds ici, ajoute-t-on. Quiconque vit sur le territoire du Québec est Québécois, m’assène-t-on dans une ultime rebuffade dont on espère qu’elle me gardera définitivement coi.

anglophones-quebec

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Pourtant, je maintiens mon désaccord: le fait d’être Québécois – c’est-à-dire d’appartenir au peuple du Québec – dépasse largement le fait d’habiter sur le territoire du Québec. Appartenir à un peuple, c’est aussi partager ses valeurs, ses convictions, sa langue. Contrairement à ce qu’en pensent certains, il n’y a pas davantage de « franco-Québécois » dans l’identité québécoise que de « franco-Français » dans la française ou « d’anglo-anglaise » dans la britannique: l’identité d’un peuple forme un tout dont la langue en est le ciment. Jacques Attali en parlait, mardi, d’une manière très doctorale sur son blogue:

Six éléments caractérisent l’identité d’un peuple, quel qu’il soit : un territoire, une langue, une culture, des valeurs, une histoire, un destin commun. Aucun de ces éléments n’est stable. Tous évoluent avec le temps. La France fut chrétienne ; elle est laïque. La France fut monarchiste ; elle est républicaine. Et aujourd’hui, toutes ces dimensions sont remises en cause par le mouvement du monde : l’effacement des frontières, en particulier en Europe, remettant en cause l’idée même d’un territoire identitaire ; le nomadisme croissant des Français comme des étrangers ; la présence croissante, sur le territoire national, d’autres langues, d’autres cultures, d’autres façons de vivre ; l’universalisation des valeurs, autour des droits de l’homme et de liberté individuelle, qui en fait disparaitre le caractère national; et, enfin, dans l’individualisme ambiant, l’incertitude quant à l’existence d’un destin commun.

De tout cela il résulte que, à terme, la seule chose qui définira durablement l’identité d’une nation, c’est sa langue, et la culture, la façon de penser le monde, qu’elle implique. La langue française conduit à penser, à écrire, à vivre, de façon claire, simple, directe, précise, logique, binaire. Elle trouve sa source dans l’harmonie des paysages et conduit à une symétrie des mots, à un équilibre des concepts, qu’on trouve déjà dans les textes des inventeurs de cette langue, de Rachi de Troyes à Blaise Pascal, de Chrétien de Troyes à Montaigne, de Marcel Proust à Léopold Senghor.

Évidemment, M. Attali parle pour la France, mais son discours s’applique à merveille au Québec.

En somme, la territorialité ne constitue qu’un aspect parmi d’autres de l’appartenance identitaire. Et avec la mondialisation actuelle, cet aspect devient de moins en moins important. Il suffit pour s’en convaincre d’interroger de nombreux immigrants qui, même plusieurs années après être arrivés ici, continuent de se réclamer de leur patrie d’origine. Et cela se comprend: ils n’ont jamais eu à apprendre notre langue et ils ont accès, grâce à Internet et à la télévision satellitaire, à tous les médias de leur pays natal. Sont-ils Québécois ces personnes qui ne parlent pas notre langue et s’identifient principalement à un pays de l’autre bout du monde?

En fait, toute la conception actuelle de ce qu’est un Québécois est dépassée. S’acharner à présenter le Québécois comme un « habitant du territoire du Québec » constitue une vision vieillotte et désuète de la réalité. Aujourd’hui, en 2009, la nationalité et l’identité dépassent largement le cadre territorial. Les identités sont devenues multiples, interchangeantes; le territoire physique, qui forçait autrefois l’intégration d’immigrants coupés de leurs racines, ne suffit plus à intégrer adéquatement les nouveaux arrivants et à leur permettre de réellement faire partie de notre communauté.

Voilà pourquoi la proposition de Jacques Attali est intéressante: la langue doit devenir le principal ciment de l’identité nationale. Car une langue, comme il le dit lui-même, permet de concevoir le monde. C’est bien autre chose qu’un outil de communication interchangeable; parler français, c’est avoir une certaine conception de la vie et des choses que ne permet pas n’importe quelle langue étrangère. Il s’agit d’une spécificité unificatrice permettant d’intégrer puis de donner une vision commune de notre futur à quiconque a la volonté de se joindre à nous. Imposer le français aux immigrants, c’est leur donner le goût de se joindre au « nous », c’est les inclure à ce « nous » qui, bien avant son temps, a compris que la véritable indépendance ne passe pas nécessairement par des frontières physiques, mais par la capacité à maintenir une culture et une langue vivantes.

Alors non, je ne crois pas que l’identité nationale doit être déterminée par le lieu de résidence géographique. Tu vis à l’est de la rivière des Outaouais et tu te réclames du peuple québécois, et 500 mètres à l’ouest, du peuple canadien? Non. Être Québécois, dans un contexte de mondialisation, c’est autre chose. C’est d’abord se concevoir comme tel, parler français, partager des valeurs québécoises et avoir une vision d’un futur pour sa collectivité en tant que Québécois.

Qu’on cesse donc un peu de me rabâcher les oreilles avec le fait qu’une personne refusant notre langue, notre culture, nos valeurs et notre histoire serait tout aussi québécoise que moi parce qu’elle vit sur le même territoire que moi. Nous avons le devoir d’accueillir les autres et de les inclure dans notre destin commun, mais ceux-ci ont aussi le droit d’accepter ou de refuser, chose qui était moins évidente autrefois. Et s’ils refusent, s’ils décident de rejeter notre langue, notre culture, nos valeurs et notre histoire, pourquoi les considérerait-on comme faisant partie de notre propre identité?

De la même manière: si j’invite quelqu’un dans ma maison et qu’il décline de respecter mes plus simples demandes, qu’il cochonne mon tapis avec ses bottes pleines de boue, qu’il insulte ma femme, qu’il lance sa nourriture sur les murs, devrais-je accepter pour autant sa présence? Cette maison, c’est notre conception identitaire du Québec, une vision non-géographique de celui-ci. Et si quelqu’un ne peut respecter nos plus simples valeurs, nos désirs les plus primaires de survie identitaire, nos demandes les plus fondamentales de respect de ce que nous sommes, pourquoi devrait-on le considérer comme un des nôtres?

Être ouvert sur la diversité, la réelle pluralité du monde, c’est aussi se donner les moyens de protéger ses peuples et leurs spécificités. À chaque fois où nous nous donnons des outils assurant la survie des valeurs qui nous sont chères, à chaque fois où nous défendons le français comme principal vecteur de notre identité, à chaque fois où nous nous battons contre l’anglicisation de notre métropole, nous contribuons à enrichir l’humanité de notre présence et à construire un monde multiple où coexistent une ribambelle de cultures différentes.

Le jour où le Québec sera devenu bilingue d’abord, puis anglophone ensuite, sous le poids d’une soi-disant ouverture où nous accueillons dans notre identité des gens qui méprisent les valeurs qui nous définissent, sera le jour où un pan entier de la multiplicité humaine aura disparu. Ceux qui habitent ici mais refusent d’apprendre notre langue sont peut-être Québécois au niveau de la loi, mais ils ne font certainement pas partie du peuple québécois.

« Quand nous défendons le français chez nous, ce sont toutes les langues du monde que nous défendons contre l’hégémonie d’une seule. » – Pierre Bourgault

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118 Réponses

  1. Très bien écrit. Le jour où les tenants du multi-culturalisme à outrance auront gagné, ils auront ironiquement contribué à la destruction des cultures dont ils font tant l’apologie à l’avantage d’une seule et unique, celle du multi-culturalisme, qui n’aura alors plus de d’individualités à chérir. Ce jour nous écouteront tous CNN avant de nous coucher.

  2. *écouterons

  3. Nous avons peut-être fait une erreur en devenant québécois (territoire géographique) et délaissant notre identité canadienne-française (peuple-fondateur, culture, langue). Ma conjointe se dit québécoise, elle qui est anglophone de naissance mais qui parle bien le français même si elle est beaucoup plus à l’aise avec sa langue maternelle. Lui refuser le statut de québécoise, c’est l’insulter un peu, lui fermer la porte.

    Et c’est m’insulter aussi. Pas grave, je commence à en avoir l’habitude.

  4. @LeTViste: Bien dit; c’est ce qui nous attend si nous ne faisons rien: une culture mondiale fade et dénuée de ses spécificités.

    @lutopium: Si ta conjointe parle français dans ses interactions avec les autres, elle n’est plus anglophone. Mon beau-père est né à Toronto et est anglophone de naissance; aujourd’hui il parle bien le français et je ne le considère plus comme anglophone. C’est un Québécois comme toi et moi car il a adopté nos valeurs et notre langue commune.

  5. Au cours de ma vie active, j’ai eu la chance de cotoyer des Québécois de plusieurs origines.

    Je me suis trouvé beaucoup plus d’affinités avec des gens nés à Haïti, en Hongrie ou au Cameroun mais qui parlaient un français-québécois teinté des savoureux accents de leurs origines, que d’un gars né à 20km de chez-moi, massacrant le français et ne le parlant qu’en cas de nécessité absolue; ie: pas avec moi.

  6. Je ne crois pas à une nationalité québécoise, introduite par un gouvernement propagandiste. Cette notion nous lie à un territoire. Tout le monde sur le territoire du Québec est donc québécois. Point. lutopium a tout à fait raison – notre identité doit être canadienne-française (ou bien américain-français: n’oublie pas nos cousins en Louisiane et en Nouvelle-Angleterre) comme autrefois. J’ai toujours détesté l’impérialisme québécois sur les affaires francophone de l’Amérique. Moi, né à Sudbury, fais partie de la nation mais on m’ignore – le Québec n’est pas la seule nation francophone et distincte.

    En plus, ce n’est pas la langue qui nous réunit, c’est notre histoire et nos expériences. N’y a pas-t-il une nation chinoise, ou ils parlent plus de 50 langues, une nation italienne et allemande, ou ils parlent plusieurs langues et dialectes, une nation indienne, ou ils parlent plus de 250 langues … ? Votre propos, Louis, est trop insulaire.

    Pourquoi est-ce que vous donnez toujours les responsabilités de protéger notre nation aux anglophones et aux immigrants? C’est à nous. Sommes-nous trop faibles pour la cause?

    Et je trouve drôle que lorsqu’un anglophone essaie de s’intégrer à notre nation, on le dénonce toujours comme anglophone (Jean/John James Charest)

  7. M. Préfontaine, ce que Jacques Attali décrit comme étant les six éléments qui caractérisent l’identité d’un peuple, il l’adresse aux autres peuples et non au sien. Biensûr par son titre il s’adresse surtout au peuple Français malgré son « quel qu’il soit », mais Jacques Attali se considère du peuple Juif avant tout.

    Il est né en Algérie d’une famille juive sépharade et l’élément essentiel qu’il considère l’identité de son peuple il s’est bien gardé de le mettre sur sa liste qu’il propose aux autres.

    Ce septième élément qui est en fait le premier en importance est l’origine commune. C’est à dire l’élément fondateur du peuple.

    Pour nous, peuples qui seraient sans fondations, il nous laisse le destin commun qu’il n’ésitera pas à nous proposer aussi, tel qu’un gouvernement mondial dont son peuple sera le mieux placé pour diriger les finances surtout. Question de baser le tout sur les solides fondations de son peuple.

    C’est ce travail de négation de fondation des autres peuples, entretenu par de constantes propagandes médiatiques et par l’influence de l’OCDE sur les systèmes d’éducation des pays occidentaux qui produit cette autonégation des Québécois de leur origine commune en tant que peuple.

    Tout comme le peuple juif tient son origine commune des pères fondateurs Abraham, Moise… le peuple Québécois tient la sienne de ses pères fondateur Champlain, Moncalm … etc… C’est l’histoire écrite dans les livres Torah, Bible, Talmud, etc… et pour les Québécois dans les Oeuvres de Champlains, Sagard, les Jésuites, etc…

    L’une est liée à la Palestine et l’autre au Québec.

    Ce sont des familles avant d’être des peuples. Ce sont des récits généalogiques de fondations de peuples.

    Leurs récits fondateurs, les juifs en ont fait une religion.

    Nous, les Québécois, on nous les cache. Et ce fait bien l’affaire des Attali et mondialistes du multiculturel.

  8. Il y a une différence entre être québécois et Québécois tout comme cette différence est bien établie entre juif et Juif.

    Être Québécois c’est faire partie du peuple fondateur de par son origine, sa descendance, Canadien français, Canadien, Français du Canada (territoire-histoire-généalogie(origine commune)-langue-culture). Nom de famille.

    Être québécois c’est être résident du Québec et savoir parler français (territoire-langue-culture).

  9. Je suis de descendance irlandaise (ancêtre arrivé au 19e siècle) par ma mère et française (ancêtre arrivé au 18e siècle) par mon père. Je parle le français d’ici, j’aime le Québec, j’y suis né et j’épouse toutes ses valeurs. J’aime bien la France mais je suis d’abord et avant tout un Québécois.
    Prenons l’exemple d’un Italien qui est arrivé ici en 1987 et qui a appris le français; son statut va dépendre d’où il se situe par rapport aux six éléments décrits par Jacques Attali.
    Continue-t-il à se dire Italien ? fréquente-t-il majoritairement des Italiens ? parle-t-il plus souvent italien que français ? Dans ce cas, il n’est pas encore véritablement un Québecois…

  10. Elle parle français avec les francophones et elle parle anglais avec les anglophones. Elle est anglophone. Est-elle québécoise?

  11. Salut Thomas,

    « gouvernement propagandiste »
    de quel gouvernement parlez-vous au juste ?

    « Point. »
    Bon point, mais c’est un point de vue.

    « J’ai toujours détesté l’impérialisme québécois sur les affaires francophone de l’Amérique. « <

    Vu de Sudbury, je peux comprendre votre sentiment. Comme nous pouvons détester l'impérialisme de la France sur les affaires francophones du monde.

    "le Québec n’est pas la seule nation francophone et distincte."

    Ça s'embrouille. Tantôt vous disiez que vous ne croyez pas à la nation québécoise; maintenant vous dites qu'elle n'est pas la seule.

    "En plus, ce n’est pas la langue qui nous réunit, c’est notre histoire "

    Pauvre de nous. J'espère que non; avec notre minuscule connaissance de l'histoire…

    "N’y a pas-t-il une nation chinoise, ou ils parlent plus de 50 langues, une nation italienne et allemande, ou ils parlent plusieurs langues et dialectes, une nation indienne, ou ils parlent plus de 250 langues … "

    Le cas chinois de même que le cas indien sont, si vous permettez, hors catégorie. Chine: 1,300,000,000 d'habitants et Inde: 1G en 2001 ! C'est comme comparer un dromadaire avec un pois chiche.
    L'Allemand est la langue officielle de l'Allemagne et voici ce qu'on retrouve dans l'étude de Jacques Leclerc sur "L'aménagement linguistique dans le monde".
    Québec, TLFQ, Université Laval:

    "Étant donné que l’allemand officiel est parlé par 92 % de la population (incluant les germanophones parlant le bas-allemand) et que cette langue, la variété du Hochsprache, est toute-puissante dans le pays, on n'a pas jugé nécessaire d’élaborer une politique linguistique à ce sujet. D’ailleurs, le statut de la langue allemande n’est même pas défini dans la Constitution ou Loi fondamentale de 1994."

    Avouez qu'il est difficile de faire la comparaison avec le Québec.

    L'Italie ? Soyons sérieux SVP.

  12. Bref, elle est comme moi. Et je suis Québécois. Mais depuis un certain temps, je donne un peu plus la chance aux anglophones de « pratiquer » leur français.

    Lu sur Vigile aujourd’hui, une citation de Jacques Parizeau:

    « Est Québécois qui veut l’être. »

    Et aussi:

    « Je demeure convaincu que le seul critère important quant à l’orientation du vote sur la souveraineté, c’est la langue. Ce n’est pas la race, ni la couleur, c’est la langue; je connais beaucoup de souverainistes d’origine haïtienne alors que je n’en connais aucun chez les Jamaïcains… »

  13. Être québécois n’a rien à voir avec la langue. C’est comme ontarien ou albertain. C’est civique.

    Il n’y a rien de commun entre un québécois anglophone de Westmount et un québécois francophone de Cheneville autre qu’ils résident dans la même province.

  14. Tout dépend de l’origine ethnique des parents à ton beau-père. Qu’il soit né à Toronto est sans importance car c’est au Canada et un Québécois est un Canadien français et Canadien bien avant.

  15. La seule façon qu’un Québécois peut être d’une autre origine c’est s’il est né à l’étranger de parents Québécois. Ou qu’il fut adopté ici par des ou un parent(s) Québécois.

  16. Tout dépend à quelle année du 18e ton ancêtre Français est arrivé.

  17. N’importe quoi, si le droit du sang te plait tant, remplis-en un ou deux bocals pour moi s’il te plait.

    Et meme dans tes delires, un quebecois né de parents quebecois à l’etranger … n’est pas d’une autre orignie ? Tu confonds avec l’origine des legumes que tu achetes à IGA ! Un haricot planté en espagne, meme planté par un quebecois, sera un haricot d’origine espagnol. Là ca marche, mais ce n’est pas parce qu’une femme accouche à l’etanger que son enfant est d’une autre origine.

  18. Ton Italien qui arrive ici en 1987 reste de nationalité italienne et a ainsi une dualité nationale Italien-Canadien (fédéral). Ses enfants nés au Québec seront automatiquement de nationalité italienne. Même s’ils ne parlent pas italien.

    Ils ne seront jamais des Québécois. Seulement des Canadiens et des québécois (province).

    Il n’y a pas de nationalité québécoise. Le Québec est une province et non un pays.

    Un Québécois est un membre d’une nation ethnique. Un peuple.

  19. Il peut etre un quebeco-italien, la double nationalité ca n’a pas ete inventé pour les chiens. Par contre, connaissant les italiens de montreal, il y a 85% de chance qu’il se dise en premier italien et ensuite canadien. Ca marche avec les grecs, les indiens, les anglais, les portugais, les espagnols, les syriens, les chinois, les boliviens, les australiens, les russes, les jamaicains, les indonesiens, les danois, les pakistanais, les … enfin beaucoup de monde qui ont immigré au canada et vivent au canada.

  20. Si t’as pas d’origines ethniques, reblochon, c’est pas mon problème.

    Tu viens des choux à IGA ?

    Un haricot planté en Espagne ou au Québec ça reste un haricot, reblochon.

    « Là ca marche, mais ce n’est pas parce qu’une femme accouche à l’etanger que son enfant est d’une autre origine. »(reblochon)

    C’est aussi ce que tu dis aux Juifs et Italiens québécois ?

    Ils te répondent quoi ?

  21. « Lu sur Vigile aujourd’hui, une citation de Jacques Parizeau:

    « Est Québécois qui veut l’être. » »(Caparle auxpopette)

    Ici Parizeau le dit dans le sens de nationalité. Oui, si le Québec devient un pays, alors tous ses citoyens seront des Québécois. Mais encore là il faudra aux immigrants futurs d’acquérir cette citoyenneté ou naturalisation.

    Sa phrase pourrait se traduire par « Est Québécois qui veut le Québec pays ».

  22. reblochon, va faire quelques recherches sur les lois de citoyenneté et nationalité des pays. Tu en a de besoin.

  23. Parcontre, sur Vigile c’est écrit avec la minuscule. Vous avez mal recopié, caparle aupopette.

    « Est québécois qui veut l’être. » – 1996

    Donc, c’est civique. Simplement choisir de s’identifier à la province plutôt qu’à la fédération (canadien).

  24. Bon le sujet qui amene tous les trolls possibles au Quebec.

    Il y a plusieurs aspects dans une indentité.

    – si on parle de la loi electorale : est quebecois un citoyen canadien vivant depuis plus de six mois au Quebec.

    – si on parle d’un emplacement geographique : est quebecois toute personne vivant au Quebec à l’instant present.

    – si on parle de la langue et de la culture, parce que l’un ne va pas sans l’autre : est quebecois qui est de culture quebecoise et de langue francaise (ca peut etre un allo ou un anglophone bilingue et francophone, ca ne peut pas etre un unilingue NON francophone ! Je ne vois pas comment il pourrait jouir de cette culture et vivre en harmonie avec).

    – si on parle d’une identité nationale : est quebecois, un citoyen quebecois… mais ca ne veut rien dire car notre nation disctincte n’a aucun pouvoir reelle, et surement pas une citoyenneté distincte, donc on se retourne pour le coté legal vers la loi electorale. Le reste ce sont des discours creux des federalistes pour amadouer le petit peuple du Quebec et lui faire acroire qu’il est libre et respecté dans le plusse beau pays du monde.

    – si on parle du droit du sang : seul Gébé est quebecois, c’est le dernier !

    – si on parle du droit du sol : est quebecois toute personne née au Quebec.

    Etc.

    Mes enfants sont francais, ils n’ont jamais vecu en France et ils auront le droit de vote à leur dix-huit ans. Mes enfants sont aussi quebecois, mere quebecoise pure-laine, enfin avec du sang quebecois-huron-mohawk-anglais-irlandais pour ma premiere conjointe et du sang quebecois et surement un soupcon d’irlandais ou anglais pour ma deuxieme.

    Mais si je quitte le Quebec, mes enfants changeront de statut.

    Si je vais dans une autre province canadienne, ils deviendront apres quelques mois ontariens, albertains, etc. Si je quitte le canada, alors ils ne seront plus que de bons canadiens comme les autres. Le statut de provincial ne veut plus rien dire qu’on quitte le pays.

    Et oui, nous sommes assignés à residence. Car le seul vrai statut legal qui existe, c’est la loi electorale qui definit comme québécois un citoyen canadien vivant sur le sol Quebecois depuis X temps, les memes regles pour avoir la carte soleil, le permis de conduire du Quebec, les differentes allocations et aides, etc.

    Ma definition : « Est Québécois qui veut l’être. » Oui depuis toujours, avant d’avoir lu la citation de Parizeau, avant meme de venir vivre dans ce beau pays dominé par une nation etrangere, aussi sympathique soit-elle, on est ce que notre coeur nous dicte. Et pour cela notre coeur doit savoir de quoi il parle ! Comment aimer une pure inconnue dont on ne comprend meme pas sa langue ? Juste pour son cul ? Juste pour son fric ?

    Je connais des nouveaux arrivants plus quebecois qu’un pure-laine. Ils aiment ce pays, vivent pour ce pays et mourraient pour ce pays. J’en fais partie. C’est dans le coeur. Ca n’empeche pas d’avoir un autre amour, j’aime toujours la France… meme si c’est plus dur d’aimer les francais qui sont dessus, bon ils en font partie je fais avec, c’est mon peuple, j’assume, je suis libre.

    Je suis un franco-quebecois. Mes enfants sont des franco-quebecois.

    Mais alors, il pourrait y avoir des canado-quebecois ? MAIS OUI ! Des gens militants pour que le Quebec deviennent l’egal du canada, aimant AUTANT le canada que le Quebec, sur un pied d’egalité, voulant une double nationalité, deux pays qu’ils aiment pareils, pourquoi pas ! Ca ne peut pas alors etre un federaliste, pas plus qu’un nationaliste canadien refusant de reconnaitre le statut disctinct du Quebec et ne pouvant concevoir que le Quebec se separe.

    La malhonneteté du discours des federalistes consiste à melanger deux affaires pas comparables. Un PAYS, une PROVINCE. Un PAYS libre, une NATION soumise. Comme si je me disais franco-Lyonnais. Ca ne veux rien dire. Je demenage et le lendemain je suis un franco-parisien ou un franco-marseillais ! Pas le meme statut juridique, pas la meme reconnaissance, des pommes et des oranges. une comparaison malhonnete ou d’ignorant ! Comparer le statut d’une nation libre ET un positionnement geographique. Ca autant de valeur que d’etre un canado-montrealais ! Bien sur que je peux etre canadien et montrealais, ca ne veut pas dire que je suis autant l’un que l’autre, ce n’est pas le meme palier, ca ne correspond pas ! Et on enfume les quebecois avec cela.

    Le canada est une nation distincte de la nation distincte du quebec… par definition c’est une nation ETRANGERE ! Dans la realité non, parce que « la nation quebecoise » ce ne sont que des mots sur un papier. Nous n’avons pas plus de droit qu’un ALbertain ou un ONtarien pourrait avoir si il les demandait. C’est cela le federalisme asymetrique.

    Pour etre quebecois, il faut se sentir quebecois, mais pas quebecois comme un habitant de la province, se sentir quebecois comme appartenant au PEUPLE du Quebec et ca passe obligatoirement par la reconnaissance et la connaissance de sa culture et de sa langue. Le reste c’est de la fumisterie.

    Au Quebec, comme dans toutes les nations distinctes, nous avons nos residents permanents des etrangers vivant ici, mais comme nations soumises à une autre nation, donc colonisée n’ayons pas peur des vrais mots, nous avons en plus les citoyens de cette nation occupante, nous avons de purs canadiens vivant chez nous. Et on leur donne le droit de vote de par notre loi electorale deficiente.

    Certains de ces canadiens sont AUSSI des Quebecois, ils sont d’ailleurs pour que la nation du Quebec devienne l’egale de la nation du canada, ils ne sont pas ANTI-souverainistes. meme si ils ne militent pas forcement avec nous pour l’egalité des peuples. Ils sont en tout cas francophone de par leur bilinguisme et leur amour pour la culture du Quebec. Seuls les gens reconnaissants notre nation disctincte peuvent se pretendre appartenir à celle-ci, on ne peut appartenir à un groupe dont on nie l’existence.

    Ca les canadiens ont beaucoup de mal à le comprendre et ca fait hurler nos bons colonisés qui s’empressent de nous traiter de racistes et nous rabachent les oreilles avec le NOUS inclusif.

    JE SUIS QUEBECOIS. JE SUIS FRANCAIS. JE NE SERAIS JAMAIS CANADIEN ! Ca c’est une realité et je me battrais contre tous les Gébés,les Tym Machine et tous les ultra-nationalistes canadiens pour faire respecter mon droit d’etre un Quebecois à part entiere et pas soumis à la nation canadienne.

    Bien sur que seule une personne comprenant le francais peut se pretendre quebecoise, c’est une question de culture et de langue. Quoi de plus logique.

  25. Connaissant Parizeau, lui parlant parfois, Gébé tu racontes n’importe quoi.

    « Est Québécois qui veut l’être. » voulait dire que toute personne voulant devenir quebecoise de coeur et donc de nationalité pouvait le devenir. Pays ou pas pays ! Que ce n’etait ni un droit du sol, ni un droit du sang.

    Bien sur que dans un Quebec independant tous les citoyens Quebecois seront quebecois ! Et bien sur que comme dans tous les pays libres de ce monde, il faudra aux immigrants acquerir cette citoyenneté par une naturalisation.

    Parizeau sait que ce ne sont pas tous les Quebecois qui veulent un pays. Ca a toujours ete ainsi dans les nations occupés, certains ne comprendront pas la logique pour tout peuple de devoir s’assumer soi-meme.

    Et cela comme bien souvent, tant qu’une minorité de la population ne les aura pas libérés de leurs ignorances et/ou peurs en menant un combat pour eux. Il y a toujours eu des assimilés dans les colonies, rien de bien neuf, le Quebec n’est pas different des autres nations ayant ete ou etant encore occupée. Je peux te trouver un tibetain heureux d’etre chinois ou un palestinien heureux d’etre israelien. Il faut de tout pour faire un monde. La seule chose que l’on sait, c’Est qu’une fois le territoire libéré, y en a plus beaucoup qui revent encore à la domination de leurs anciens maitres. Tout d’un coup, tout le monde se sent du pays… c’est bien pour cela que je sais sans me tromper (parce que j’ai l’histoire à temoin) que le projet d’independance est un projet rassembleur, parce qu’enfin au Quebec il n’y aura qu’une classe de citoyen les citoyens quebecois, les autres seront des etrangers … et bienvenue chez nous du moment qu’ils nous respectent.

  26. « Est Québécois qui veut l’être. » voulait dire que toute personne voulant devenir quebecoise de coeur et donc de nationalité pouvait le devenir. Pays ou pas pays ! Que ce n’etait ni un droit du sol, ni un droit du sang.(reblochon)

    Reblochon, un coeur ça pompe du sang et le sol doit être un pays pour la nationalité.

  27. Y’a t’il des trolls Québécois, reblochon ?

    Oui, s’il le veux. 🙂

  28. Marrant que tu me dises cela, parce que je sais deja surement plus que toi ce que represente le fait d’etre citoyen d’un autre pays et sur ce qu’est la double-nationalité. Chose que tu ne dois pas avoir.

    La seule betise que tu pourrais relever est volontaire. Nous n’avons pas encore de nationalité distincte reconnue et donc on ne peut pas etre un quebeco-italien.

    Pour les immigrants dont le pays acceptent la double-citoyenneté ou plus, la grande majorité de ces gens vont d’abord se sentir proche de leur origine avant le pays d’accueil. Et ca se verifie dans le monde entier.

    Pour les autres, ceux ne pouvant avoir deux nationalités, ils sont si fier de leurs origines que la plupart refusent la citoyenneté canadienne et preferent rester des residents-permanents. Ca aussi ca se voit dans le monde entier. Ces gens ne veulent pas perdre la possiblité de revenir vivre chez eux.

    Donc je repete, un italien arrivé ici en 87 et parlant francais aujourd’hui peut se sentir Italo-Quebecois ou quebeco-italien (sans reconnaissance officielle puisque les quebecois representent une sous-nation du canada sans pouvoir), mais il y a de grande chance qu’il se disent italo-canadien car ne reconnaissant pas la nation quebecoise et defendant l’unité canadienne (le fameux vote ethnique, fanatique et instrumentalisé haïssant plus que tout les separatisssses), c’est au canada qu’il est arrivé le monsieur ! Et si on lui demande de quel pays il est, il risque de repondre Italien à 90% de chance, il est fier le monsieur de ses origines, pas comme un Quebecois.

  29. Vigile a écrit ce que Parizeau a prononcé.
    Les majuscules, jusqu’à preuve du contraire ne se prononcent pas.

    Vous voilà lancé dans une entreprise de traduction de paroles prononcées en français.

    Saperlipopette ! On aura tout lu !

  30. Mon conjoint est immigrant. Il vient de Bulgarie, il a vécu 15 ans en Angleterre avant d’immigrer ici, il y a 2 ans. Il n’est pas québecois, il n’est pas anglais non plus. Il est Bulgare (ça c’est lui qui vous le dira en insistant sur le dernier mot). Il est québécois face à la loi et à l’état. Il a les mêmes droits et devoirs que tous les « Québécois » et ce depuis le premier moment ou il a mis les pieds au Québec. Il parle, en tout temps, un français impeccable. Cependant il n’est pas québécois. La nationalité, l’appartenance à un peuple, comme plusieurs autres choses c’est entre les 2 oreilles.

    J’ai vécu 8 ans en Angleterre et, god bless, je ne suis jamais devenue Anglaise!

  31. Salut Reblochon,

    « « Est Québécois qui veut l’être. » voulait dire que toute personne voulant devenir quebecoise de coeur et donc de nationalité pouvait le devenir. Pays ou pas pays ! Que ce n’etait ni un droit du sol, ni un droit du sang. »

    Je crois que dans le contexte ambiant, toute personne normalement constituée comprendrait exactement ce que tu expliques patiemment à géBé.

  32. Indeed !

  33. Alors pourquoi avez vous mis une majuscule ?

  34. Wow! C’est vendredi, party de bruits de bottes! Comme dans steel toes!

  35. Si je te suis bien Gébé, avec un gros Cul, c’est mieux?

  36. «JE SUIS QUEBECOIS. JE SUIS FRANCAIS. JE NE SERAIS JAMAIS CANADIEN !»

    Pourtant, vous avez bien dû prêter un serment d’allégeance en arrivant…

    Moi, je suis un Québécois d’origine canadienne-française, comme dirait Bouchard-Taylor. Une chance que je ne me suis pas fait circoncire, je ne passerais pas le test !

  37. « Quand on vient au monde, on est tous de la même couleur…violette »
    Yvon Deschamps

  38. @Çaparle Aupopette: « Est Québécois qui veut l’être ». Bien vu. L’appartenance à la nation québécoise n’est pas reliée au sang, mais à l’appartenance qu’on ressent vis-à-vis de notre langue, et comme tu le notes, c’est une question de langue avant tout.

    @Gébé Tremblay: Je suis opposé à cette façon de concevoir la nationalité. Autant je tiens à ce que le Québec se bâtisse une identité plus solide, autant je ne veux pas que ce se fasse en opérant un repli basé sur le droit du sang. Nous devons intégrer ceux qui désirent parler notre langue et adhérer à notre culture à notre peuple, peu importe leurs origines.

    @Thomas: Le territoire possède encore son importance. Je partage la souffrance identitaire des reliquats du corps encore chaud des Canadiens-français hors-Québec, mais l’Histoire a fait que le seul endroit en Amérique du Nord où le français a encore un espoir de survivre c’est au Québec. Et si le fait d’habiter un territoire en particulier est moins important qu’avant Internet, par exemple, c’est encore foutrement pertinent.

    @Garamond: Je crois, comme d’autres l’ont noté, que la vaste majorité des immigrants italiens continuent à se sentir italiens avant tout. Ils sont fiers d’appartenir à une nation forte de l’autre bout du monde plutôt qu’une nation faible de chez nous. C’est triste, mais c’est ainsi. Et soyons honnêtes: dans l’état actuel des choses, quelle fierté identitaire pouvons-nous leur offrir à être Québécois?

    @reblochon: Je suis d’accord avec ton opposition au droit du sang. Est Québécois qui veut l’être, mais j’ajouterais: en autant que cela se fasse dans le respect des valeurs du Québec, dont le français est une des plus importantes.

    @Darwin: Ah, les questions identitaires, c’est compliqué! Compliqué, mais essentiel. Est-ce par paresse qu’on refuse de s’y intéresser?

    @Louise: Bien sûr, mais s’il parle un français impeccable, il y a fort à parier que ses enfants se sentiront Québécois puisque la langue est le principal ciment de notre nation. Ceci dit, tu as raison, c’est beaucoup entre les deux oreilles. Nous sommes un peuple faible, trop faible, nous avons peur d’imposer ce que nous sommes, alors ce n’est pas surprenant que les étrangers refusent de s’identifier à nous!

    Merci pour vos commentaires!

  39. @ Louis

    «Est-ce par paresse qu’on refuse de s’y intéresser?»

    Disons que sur les bases de ce que j’ai lu sur cette page, je ne pense pas trouver le moyen d’en discuter posément. Il y a trop de tests qui me font penser à la malheureuse déclaration de Benoit Bouchard sur la pureté de la race. Comme le dit Koval, j’entends moi aussi des bruits de bottes en lisant certains commentaires…

    Je déplore aussi qu’on confonde le multiculturalisme, que je conteste aussi, et l’interculturalisme, que j’appuie globalement. Je déteste par exemple le discours de Bock-Côté qui méprise les différences pourtant entre ces deux concepts.

    Et, il est certain que même si je trouve la question d’intérêt, je ne la considère pas aussi essentielle que toi et les commentateurs réguliers de ton blogue.

  40. C’est mieux que d’être un ti-cul.

  41. « Je suis opposé à cette façon de concevoir la nationalité. »(Louis P.)

    Ça ne change rien à la réalité. C’est la règle dans presque tout les pays et chez tous les peuples.

    Même les pays multiculturalistes reconnaissent cette réalité chez les immigrants qu’ils reçoivent.

    Nous n’avons aucun pouvoir de s’opposer. Nous ne pouvons que nous l’opposer à nous-mêmes et c’est ce que nous faisons. C’est pourquoi nous disparraissons. Les autres en profitent.

    C’est comme proposer aux équipes d’une ligue de hockey d’éliminer les équipements de protection et que devant le refus des autres équipes notre équipe décide de jouer sans protection pour donner l’exemple et encourager les autres à en faire autant.

    Nous commençons alors à perdre toutes les parties et nous perdons nos meilleurs joueurs qui se retrouvent à l’infirmerie. Bien loin de remettre notre équipement, nous misons sur la sympathie et compassion des autres équipes dans l’espoir qu’ils adopteront notre cause.

    C’est exactement notre pitoyable situation actuelle.

  42. J’aurais le goût de vous renvoyer à la célèbre phrase de Shakespeare que vous devinez déjà, mais lizez un peu ceci de Dominic Desroches:

    « La seule manière de dominer la peur qui nous caractérise historiquement et qui revient nous hanter au quotidien n’est pas de revoir la Loi sur le financement des partis politiques, ce n’est pas non plus en se faisant vacciner individuellement contre la grippe H1N1 après quatre heures d’attente, mais en acceptant l’idée que l’avenir soit encore à faire. Si l’avenir est incertain – en ce sens il fait davantage peur aux petits – en revanche il repose sur un passé que l’on peut apprendre à exorciser. Cet avenir, on l’oublie trop souvent, attend sa configuration. Et il revient à la politique le rôle insigne de s’interroger, comme l’écrit plus haut Cervantès, sur l’identité de nos fantômes, ceux qui, tout près de nous, apparaissent dans la diachronie, c’est-à-dire à travers notre passé le plus actuel, pour nous paralyser et nous faire peur à jamais.

    Il importe donc de mettre à jour le véritable motif derrière notre petite manière de faire la politique, c’est-à-dire la peur d’exister. Ayant peur de leur ombre, les Québécois deviendront lentement des fantômes d’eux-mêmes. Car à force de vouloir disparaître, à force de vouloir ressembler à leurs héros disparus dans le vieux Forum, les autres s’y mettront, participeront à nos efforts individuels et nous aideront à réaliser notre souhait le plus cher. Insouciants d’être encore aujourd’hui hantés par notre passé, nous sommes partis pour disparaître dans la joie du hockey révolu et la présence spectrale de la monarchie britannique. Devenus des « revenants » pour eux-mêmes, on peut douter que les Québécois – qui auront eu droit en 2009 à tous les signes que peuvent leur donner les spectres -, réussiront enfin quelque chose. »

    Dominic Desroches

    Département de philosophie
    Collège Ahuntsic
    http://www.vigile.net/La-politique-spectrale

  43. Un peuple de moutons qui se prennent pour des anges qui vont changer et sauver le monde à coups de vertueuses pensées, pendant que le fils de la reine qui représente le lien de sang du peuple qui les domine parade dans métropole nouvellement conquise.

    Un peuple qui a cesser de se battre. Qui a fini par ronger ses propres racines.

  44. Merci d’énoncer clairement les sentiments qui me préoccupais cette semaine. Nous ne pouvons nous nommez nous-même sous peine d’être étiqueté Raciste.
    C’est dégueulasse ! C’est pesant pour tous ceux qui recherchent la liberté.

  45. Pour moi, l’identité nationale n’est qu’une partie qui fait la différence entre «être ou ne pas être», et ce n’est pas la plus importante.

    La première partie et la plus importante est individuelle. Mes pensées et mes valeurs sont donc au premier rang et ma famille pas loin derrière.

    Il est clair que tous les Québécois, même en ne retenant que ceux qui réussissent vos tests, ne partagent pas les mêmes valeurs.

  46. La définition d’Attali mord complètement la poussière dès qu’on considère un pays comme la Suisse… ou l’Inde… quant au fait que la langue française conduise à penser de façon logique etc, c’est carrément risible !

    Par contre la phrase de Parizeau tient mieux la route. Et répond à ta question, Louis. Effectivement, nombre d’Anglos que je connais se sentent canadiens plutôt que québécois. Cependant, ça reste simpliste.

    En ce qui me concerne, je suis arrivé de France il y a un peu plus de 7 ans et c’est étrange, parce que j’ai beau défendre la langue française autant que je peux, soutenir la cause souverainiste, bref, plus me sentir chez moi ici que n’importe où ailleurs, et agir en conséquence… hé bien je ne suis pas québécois (et encore moins canadien!), je ne me penserai jamais comme tel, et je ne serai surtout jamais vu comme tel par les gens qui sont nés ici. Dès que j’ouvrirai la bouche on me demandera toujours « d’où je viens en France » (et pourtant bien des gens qui arrivent de France trouvent que j’ai l’accent d’ici!).

    C’est ainsi et je n’en veux à personne, je ne me suis jamais senti mal accueilli, bien au contraire, et la preuve est que comme je l’ai dit, je me sens chez moi ici.

    Là où je veux en venir c’est que pour être québécois il faut vouloir l’être, mais il faut aussi être *reconnu* comme tel.

  47. Bonjour Louis,

    Je crois que tu parles des unilingues anglais plutôt que des anglophones.

  48. Darwin,

    « Pour moi, l’identité nationale n’est qu’une partie qui fait la différence entre «être ou ne pas être», et ce n’est pas la plus importante. »

    Bien évidemment. On ne parle pas de la substantifique moëlle, on parle de l’identité québécoise.

    Quels tests ?

  49. @ Çaparle Aupopette

    Quels tests ? Les six d’Attali, plus ceux de certains commentateurs qui semble vouloir émettre des certificats d’origine contrôlé… 😉

  50. Reconnaissons qu’il faut avoir la couenne dure pour immigrer de France. Vous avez, en partant, un pas d’avance puisque vous êtes un peu cousins, mais cet avantage peut tourner au handicap s’il est surestimé.

    Arrivé au Québec depuis plus de trente ans, mon beau-frère n’a pas perdu une once de son énorme accent alsacien. En plus il mange des syllabes et parle à voix basse. Mais c’est un « toffe » qui travaille dans un milieu « toffe », qui adore l’hiver et fait de gros feux de joie dans les tempêtes de neige. Et quand il se fait traîter de « maudit Français », il répond, avec son accent typique des paysans d’Alsace: « J’suis pas Français, j’suis Alsacien.

    Bienvenue chez-vous B.T.

  51. Ah bon…Que voulez-vous, la liberté d’expression n’a pas que des avantages.

  52. Tu connais une autre solution pour rentrer dans ce pays occupé ? Si oui dis la moi, sinon tu sais où je te le mets mon serment d’allegeance ? 😉

  53. Bof, depuis 16 ans que je vis ici, j’ai mes 3 ou 4  » retourne dans ton pays  » par an. On s’y habitue et ca ne represente qu’une infime partie des Quebecois. Les autres me demandent de quelle region je viens parce qu’il est evident que je ne suis pas né au Quebec vu mon accent, mais ce n’est pas dit dans le sens : « toi je ne te considere pas comme quelqu’un de chez nous aujourd’hui ». Et personnellement, plus ca va, plus je me sens proche du peuple quebecois que du peuple francais. Par contre, ma patrie mere, je ne pourrais jamais l’oublier (et les fromages et le vin en France c’est imbattable !)

    Faut quand meme tenir compte que les francais sont generalement tres chauvin.

  54. C’est sur qu’il ne doit pas y avoir un seul unilingue anglais qui puissent se pretendre quebecois. Mais parmi les bilingues, la grande majorité restent des feroces nationalistes canadiens anti-separatisses et ne peuvent concevoir que la nation quebecoise soit plus distincte que les provinciaux d’Une des 9 autres provinces.

    Deja que parmi bon nombre de quebecois ce concept depasse leur entendement d’assimilé.

  55. Au contraire, la grande majorité des anglophones qui sont demeurés au Québec depuis 1976 admettent volontiers que notre société est distincte. En fait, cette majorité a choisi de rester au Québec parce que justement notre société est distincte. Est-il possible d’être Québécois sans être en faveur de la souveraineté?

  56. Encore, je vous pose la question :
    Si les anglophones du Québec ne sont pas québécois, les francophones de l’Ontario ne sont-ils pas ontariens ? ou de St-Boniface, ne sont-ils pas manitobiens ? ou du Nouveau-Brunswick, ou de la Louisiane…
    Doivent-ils tous avoir leurs propres pays ?
    Les autochtones, ne sont-ils pas québécois ?

    Québec n’est pas le seul pays distinct de la Confédération canadienne. En effet, chacun est distinct — je le sais, car j’ai habité à travers la fédération. Je trouve plus de similarités entre le Québec et l’Ontario que l’Ontario et la Terre-Neuve. Or, ces deux derniers parlent la même langue.

    Le problème ici au Canada (avec les québécois, les albertains, les néo-brunswickois, etc.) c’est qu’ils ne se comprennent pas parce qu’ils ne font que rester chez eux et accepter la propagande de leurs gouvernements. Mon conseil – Allez voir le monde : il n’est pas fait dans la manière présentée par gouvern-maman.

  57. Si on te demande de quelle région tu viens c’est qu’on aime la France; on aime y voyager, y séjourner; on y est bien reçu, et figure-toi que nous aussi on se fait demander de quelle région on est, par des gens qui sont venus nous voir, ou qui espèrent le faire bientôt.

    Les gens d’ici et de ceux de la Vieille France aiment connecter, créer des liens. Tu dis que t’as un chalet à Saint-Charles ? Ils sont tout fiers de t’apprendre qu’ils sont venus faire du skidoo à Saint-Gab. Et ils t’invitent à la maison pour en discuter devant un Picon-bière bien frais ou un Pastis bien tassé. Primo, c’est humain et ensuite, entre Français et Québécois, c’est tout naturel.

    Cela dit, dans ton cas Reblochon, je dois miser sur la Savoie.

  58. Écoute Pure laine,
    Si tu veux mon avis, ou t’as mal évalué la proportion ou tu prends tes souhaits pour des réalités. Je ne te blâme pas, il m’arrive de le faire moi aussi.

    J’ai passé mon adolescence dans le WestIsland et y ai travaillé presque toute ma vie. J’en connais beaucoup des anglophones peut-être plus que des francophones.

    Oui, plusieurs vont admettre la société distincte, mais qu’ils aient choisi de rester pour ça…non. Je dirais: malgré cela.

    Bien sûr il y a des exceptions, mais… ce sont des exceptions.

  59. Bon… ma formulation n’est peut-être pas réussie…

    La grande majorité des anglophones qui sont vivent toujours ici, ne se voit pas vivre ailleurs au Canada parce qu’elle ne s’y sentirait pas chez elle. Pourquoi?… parce que le Québec est différent. Ils ne le verbaliseront pas de façon aussi éloquente, mais on peut y voir une reconnaissance de la société distincte… pas seulement une souffrance qu’ils acceptent « malgré ça ».

  60. Pour plusieurs Québécois d’adoption, issus de pays aux traditions millénaires, le Québec, situé dans le Nouveau Monde, est une terre d’accueil pour ceux qui y sont venu-e-s y chercher une meilleur qualité de vie. Je ne peux les en blâmer. Reste qu’il faut savoir et bien assimiler qu’en ce coin de pays situé au nord de la frontière des États-Unis, il y a un peuple qui se bat depuis plus de 250 ans pour sa survie et ce, conjointement avec les Premières nations qui, elles. sont aussi millénaires. Ainsi, les descendants de colons français, ne se sont pas établis ici pour exterminer les peuples autochtones mais pour échanger, établir des liens et, à terme, se métisser. Ce qui, au fil de quelques siècles, a permis de se former un peuple bien distinct, ni Français, ni Autochtone mais Québécois, tout comme le peuple Acadien. Depuis la Conquête anglaise, l’envahisseur a usé de tous les stratagèmes pour exterminer le peuple québécois de souche et il continue par le multiculturalisme et son corollaire, le communautarisme et son autre variante péquiste, l’interculturalisme. Ceux qui élisent domicile au Québec ont des racines ailleurs dans le monde, ils viennent de pays reconnus internationalement; ils ont des références ethniques bien ancrées. Il en va de même pour les Québécois de souche. Si le peuple québécois s’éteint, il en sera terminé pour ce peuple. Ce sera un ethnocide, lent certes, mais un ethnocide quand même. Donc, à l’instar de nos frères et soeurs des Première nations, nous sommes en mode « survie ». Dans un tel cas, ce n’est pas à nous de nous « ouvrir » à l’autre venu d’ailleurs dont les racines sont bien vivantes dans son pays d’origine, mais à lui ou elle. Alors comprenez-nous et ne nous tenez pas rigueurs de nous entendre vous dire : « À Rome on fait comme les Romains » ou « 101 ou 401 ». Ce sont-là bien plus des cris de détresse que ce que vous prenez trop souvent et combien faussement pour du racisme et de la xénophobie.
    Un peuple ne meurt pas sans douleurs. Si la tendance se maintient, des « troubles sociaux » sont à prévoir.
    Pensez-y deux fois avant de nous accoler l’étiquette de raciste et/ou de xénophobes ou quelque autre étiquette méprisante.
    Oui, « à Rome on fait comme les Romains » et considérant notre précarité en Amérique du Nord, cela vaut plus encore au Québec où il est nécessaire de faire comme les Québécois.

  61. C’est effectivement un ethnocide.

    C’est désolant de lire tous ces commentaires qui transpirent l’endoctrinement nihiliste de l’occupant. Des commentaires de colonisés jusqu’à la moelle.

    Et ce sont même les élites québécoises qui y ont collaboré par tous les moyens en mettant dans la tête des Québécois qu’ils n’ont plus de racines et qu’ils naissent avec des valeurs communes comme la laïcité et l’égalité des hommes et des femmes. Voilà de quoi serait fait la nation québécoise ! Aussi prétencieux que bête !

    Comme si ce n’était déjà pas assez ridicule, les ethnies immigrantes sont priées d’abandonner leurs racines à l’instar des Québécois et d’adopter ces « valeurs communes » pour se faire aussi Québécois !

    Et ces « Québécois » se demandent toujours pourquoi donc ces ethnies immigrantes refusent en bloc de se joindre à eux plutôt qu’à l’Anglais loyaliste pur sang dans une mosaïque de ghettos ethniques concentrés à Montréal !

    Pas une seconde ces « Québécois » universels aux valeurs spontanées ne se demandent pourquoi donc ces ethnies aux racines solides se joindraient à un peuple nihiliste de soi qui disparraît à vue d’oeil !

    Qui voudrait donc se joindre à un peuple qui se nie et se meurt ?

    Olivar Asselin a encore et toujours raison !

  62. Oui tu as raison en partie pure-laine.

    Ces anglos se rendent bien compte qu’ils ne sont pas dans une quelconque autre province du canada. Mais bien souvent leur analyse s’arrete là et quand tu leur parles de reconnaitre les droits allant avec cette distinction, leur nationalisme et l’unité canadienne reprennent le dessus.

    Ils apprecient souvent la richesse du fait francais, mais ne s’apercoivent pas du danger que celui traverse et à la difference des anglos du NB qui defendent l’ecole en francais, ils ne font rien pour proteger celui-ci, bien au contraire, leur partisannerie fait surface et ils refusent de s’associer avec les mechants separatisses meme pour de bonnes causes, meme pour proteger cette langue qui fait que le Quebec soit si distinct et different du ROC.

    ——

    On peut etre Quebecois et contre la souveraineté. Il y a environ 40% de ces gens qui ont voté contre en 1995. Mais generalement quand tu debats avec eux, tu vois vite la limite de ce refus et de leur argumentaire. 60% de peurs (cheque de pension, perte de job, on nous rejoue la scene des camions de la Brinks), 30% d’ignorance et de desinformation (non on ne fera pas une republique socialiste, non on ne chassera pas les immigrés, non les USA ne nous envahiront pas), 10% de Quebecois se refusant à vouloir etre l’egal de la nation canadienne pour d’autres raisons … je dis ca par securité, parce qu’entre nous je n’ai jamais rencontré ce 10% !

    Ces gens pensent que la souveraineté leur ferait perdre quelque chose, tandis qu’en realité c’est un gain. Rien n’empeche par la suite de conclure des ententes avec le canada qui ne changerait pratiquement en rien la vie de tous les jours de monsieur tout le monde, sauf qu’internationalement et nationalement, il n’y aurai plus de doute de ce qu’est un Quebecois, on serait enfin visible, respecté pour ce que l’on est et reconnu.

    La grande difference entre l’avant et l’apres, c’est qu’on ne se posera plus la question de ce que l’on est. Et pour les nouveaux arrivants, ca sera clair pour eux aussi, ils seront arrivés au Quebec, pays francophone et laïc. Ca sera un puissant moteur d’integration.

    Ensuite le Canada et le Quebec, alliés, freres, pourrons aller de l’avant. Nous ne pourrons ni l’un, ni l’autre refuser de signer une entente vu notre passé, notre histoire commune et notre position geo-politique. Il n’y a que dans les discours de peurs qu’on voudrait nous faire croire que le canada nous ferait payer un tel geste. Si c’etait le cas, il se tirerait une balle dans le pied, meme dans les deux pieds. Et comment le plusse beau pays du monde pourrait avoir une telle attitude ? Inconcevable ! Impensable ! Ils sont gentils les canadiens.

  63. En ce qui me concerne, c’est très simple, si tu es contre la souveraineté du Québec (geste ultime de défense de la culture, de la langue et de l’histoire de ce peuple), et bien, tu n’es tout simplement pas Québecois. Si tu votes « non » au référendum, c’est parce que tu prends parti pour le Canada et contre le Québec. Donc, tu es canadien, point à ligne. On ne peut être une chose et son contraire à la fois, à moins de souffrir de schizophrénie aiguë, ce qui est malheureusement le cas de beaucoup de gens au Québec qui s’ignorent volontairement. Devenu, avec les séquelles du temps, trop colonisé pour simplement aspirer à être eux-mêmes.

    « Qu’on cesse donc un peu de me rabâcher les oreilles avec le fait qu’une personne refusant notre langue, notre culture, nos valeurs et notre histoire serait tout aussi québécoise que moi parce qu’elle vit sur le même territoire que moi. »

    Tout à fait d’accord avec toi sur ce point…

  64. Voici ma réponse à m. George Paquet qui posait sur Vigile.net 3 questions à Louis P. suite à son texte publié ci haut.

    (http://www.vigile.net/Trois-questions-pour-Louis)

    M. Paquet,

    Toutes les questions importantes sont sujettes à des dérapages. Ces possibles dérapages ne devraient cependant pas nous empêcher de les aborder. Jouer à l’autruche n’a jamais fait avancer un peuple ou une société.

    Il faut tout d’abord faire une distinction entre une nationalité civique (habiter au Québec) et appartenance à un peuple (adhérer aux valeurs communes d’une société, qu’elle soit d’adoption ou de naissance).

    Il est très clair à mes yeux, et ça devrait l’être encore plus pour tous depuis la reconnaissance de la nation Québécoise par la Chambre des Communes, que 2 peuples cohabitent au Québec : québécois et canadien. La grande majorité des anglophones au Québec ont choisi leur camp: le peuple Canadien. Ils naissent, vivent et meurent en anglais, ont des références culturelles canadiennes (canadienne anglaise est à toute fin pratique un pléonasme) et ont en général peu de contacts avec le peuple québécois sauf par le biais de québécois en cours de canadianisation, si vous me permettez un néologisme.

    C’est là le sens de la question de M. Préfontaine à mon avis. En ce qui me concerne, la réponse est évidente: les anglophones sont très majoritairement des canadiens habitant en sol québécois. Leur appartenance au Québec est strictement civique.

    Sans me prétendre exégète de la pensée de m. Préfontaine, je me risque à répondre à vos questions.

    1- Cette question est à mon avis peu pertinente puisque nous y avons déjà répondu et ce, depuis longtemps. La nationalité civique et non l’appartenance au peuple québécois est le critère retenu pour avoir droit de vote au Québec. Une question plus importante serait plutôt: est-il normal qu’un autre peuple puisse influer de façon si importante sur le destin du peuple Québécois? Si on se réfère au droit international, nommément le droit des peuples à l’autodétermination, la réponse est non. Est-ce dire que la seule solution soit d’établir une liste ou un examen des critères nécessaire pour être reconnu « Québécois »? Bien sûr que non. La solution est de mettre en place des mécanismes pour s’assurer que tous les citoyens du Québec soient encouragés à devenir Québécois plutôt que Canadiens. L’instauration d’une nationalité québécoise qui aurait comme prérequis une connaissance du français, un renforcement de la loi 101, l’application de cette loi à toutes les entreprises sans exception et une scolarisation en français obligatoire au moins jusqu’au Cégep (et pourquoi pas jusqu’à l’université?) seraient autant de moyens pour assurer la pérennité du peuple Québécois.

    2- Je suis personnellement en désaccord total avec votre analyse. Pour être Québécois, il faut soit être né au Québec, soit y avoir émigré ET avoir adopté les valeurs « Québécoises » (une connaissance au moins fonctionnelle du français me semble la plus fondamentale d’entre elles. C’est en tout cas certainement celle qui rend toutes les autres possibles). Les canadiens-français peuvent très certainement être « amis du Québec » et partager nos valeurs mais ils ne peuvent être considérés québécois pour autant. Je pourrais par exemple, partager les valeurs et adopter les symboles étatsuniens, faire battre mon cœur quotidiennement au rythme du « star-spangled banner », être plus américains que les américains quoi, sans pour autant que ces derniers me considèrent un compatriote. Il me manquerait un dernier détail, soit une appartenance civique au peuple américain (la citoyenneté ou plus simplement dit, une adresse en sol étatsunien).

    3- Le jour où nous choisiront la liberté, deux choix très simple s’offriront à ceux qui auront jusque là refusé de s’intégrer à la culture québécoise : y adhérer enfin ou déménager. C’est chose normale pour tous les pays du monde, je ne vois pas pourquoi les québécois devraient réagir autrement.

    Tous les peuples du monde cherchent à se définir à un moment ou un autre de leur histoire. Les Québécois sont assez matures pour entreprendre cette démarche sans verser dans le racisme primaire ou le fascisme, contrairement à ce que vous semblez penser. Peut-être vous ai-je mal compris?

    Alain Rivet

  65. Selon George Paquet et Alain Rivet, nous n’existons que depuis 1763 !

    Nous serions le fruit du régime britannique !

    M. Rivet, il n’y a pas de peuple Canadien (anglais).

    Les seules nations reconnues par la constitution sont les Amérindiens et Innuits. La nation Québécoise est la seule reconnue par motion en chambre.

    La nationalité canadienne (fédérale) est strictement civique et multiculturelle (aucune culture commune).

    Le seul peuple Canadien sont ceux qui se disaient plus tard Canadiens français puis aujourd’hui Québécois.

  66. « Appartenir à un peuple, c’est aussi partager ses valeurs, ses convictions, sa langue. »

    Je n’aime pas beaucoup cette définition. Je ne partage pas nécessairement les valeurs québécoises (valeurs que j’aurais d’ailleurs de la difficulté à préciser), ni ses convictions (en fait, je ne connais pas vraiment les convictions québécoises non plus). Peut-être ne suis-je pas un vrai Québécois.

    Tiens, j’y pense, peut-être y en a-t-il d’autres que moi qui ne sont pas Québécois. Mario Dumont est-il Québécois? André Pratte? Jean Charest? Gérald Tremblay?

    Si on me dit qu’ils sont Québécois et qu’un Québécois partage les valeurs et les convictions du Québec, peut-être que ça ne me dérangerait pas trop de ne pas être Québécois.

    Alors, Louis: sont-ils Québécois?

  67. Pour épargner les âmes sensibles, je ferai dans le « politiquement correct » ;

    Si je décidais de m’installer à Belfast ( Irlande du Nord ) ou Bilbao ( Pays Basque ) et qu’ après 10-20-30 ans de résidence, il me serait permis de voter sur la question irlandaise ou Basque, je choisirais l’abstention car je jugerais que ça ne me regarde pas.

    Feu Michel Vastel, né en Normandie, avait confié sensiblement la même chose à une entrevue à Marie-France Bazzo.

    Il avoua, que même après 35 ans de résidence au Québec, il ne se sentait pas autorisé à voter aux deux référendums de 80 et 95. Pour lui, la question nationale ne concernait que les Québécois.

  68. M. Tremblay,

    Je laisse aux canadiens (anglais) le soin de se définir eux-mêmes. Ce qui m’importe, ce n’est pas tant la nature de l’autre mais bien qu’il y ait un autre.

    Cet autre, aussi multiculturel soit-il, agit de façon fort cohérente lorsque vient le temps de contrer les aspirations du peuple Québecois. Peut-être est-ce là le trait commun de cette nationalité canadienne? Vous serez certainement en désaccord puisque ce serait reconnaître qu’il existe une culture commune canadienne et in extenso, un peuple Canadien. Mais encore une fois, peu m’importe. Mon propos n’est pas de reconnaître ou non l’existence du peuple Canadien mais bien celle du peuple Québécois et surtout, de reconnaître que cette existence n’est justement pas QUE civique.

    Il y aurait donc effectivement des québécois (civique) qui ne seraient pas Québécois (culturel). Ça colle assez bien à la grande majorité des anglos résidant en sol québécois.

    Je sais d’où je viens M. Tremblay. Oui, nous (Québécois) fûmes autrefois canadiens. Mais je trouve aujourd’hui le terme Québécois plus commode, ne serait-ce que pour échapper à la schizophrénie identitaire qui est nôtre depuis que les anglo-canadiens se sont appropriés nos symboles et notre nom.

    Je le crois aussi fort utile en droit international puisqu’il nous donne des frontières définies (celles du Québec), ce qui sera très précieux lorsque nous nous déciderons à nous donner un pays et que nous chercherons à obtenir la reconnaissance d’autres États.

    Le peuple Québécois est né bien avant la conquête et a occupé autrefois un territoire qui allait bien au-delà de celle du Québec d’aujourd’hui, nous sommes (je crois) d’accord là-dessus. Je crois cependant qu’il serait contre-productif de vouloir faire des canadiens-français des Québécois, surtout qu’ils seraient sans doute les premiers à protester. Ne sont-ils pas majoritairement contre l’indépendance du Québec? Cette position est très « canadienne », peu importe le sens (culturel ou civique) que vous donniez à cette dénomination.

  69. Tout à fait d’accord mais c’est alors un choix personnel. La plupart des États démocratiques vont lier le droit de vote à la citoyenneté qui est obtenue après un certain nombre d’année de résidence. Non?

    Que proposeriez-vous? De lier le droit de se prononcer sur la question nationale à la naissance? Il existe des précédents (les États-Unis exigent que le président soit né américain, par exemple) mais on se ferait varloper sur la scène internationale. Je vois d’ici la campagne que mènerait le Canada… Ça risquerait de nous nuire plus qu’autre chose.

  70. M. Rivet, un vote sur un référendum concernant l’autodétermination du peuple Québécois ne concerne pas les citoyens de la province de Québec. Pas plus que les Québécois votent aux assemblées du gouvernement Innuit au Nunavik sur le territoire du Québec.

  71. Bravo M. Tremblay, vous passez votre examen de lecture. C’est en effet en substance ce que disait Danièle et ce avec quoi j’étais d’accord.

    Ceci étant dit, les affaires d’État ont peu à voir avec la morale ou la justice. Elles sont avant tout rapport de force et effectivité. Ceci explique entre autre que les États-Unis puissent lancer des guerres d’agression sans être inquiétés ce que bien d’États n’ayant pas leur influence et leur poids politique ne pourraient se permettre.

    Dans le cas du Québec, je crois que lier le droit de se prononcer sur la question nationale à la naissance ou au sang serait une erreur. Le Canada, la France de Sarkozy, sans doute les États-Unis et de là, tous leurs alliés nous cloueraient au pilori. On peut jouer les puristes et les gros bras et les envoyer se faire voir, fort de notre certitude d’avoir raison mais cette opposition internationale pourraient facilement faire échouer le processus. Nous aurions en partant un travail énorme à faire pour convaincre nos propres concitoyens de la validité de la démarche. Colonisés les québécois? En effet! Mais faut faire avec comme dirait l’autre.

    Notre liberté dépend de notre capacité à composer avec les éléments. Vous avez à mon avis une approche trop manichéenne pour être vraiment productive.

  72. « Cet autre, aussi multiculturel soit-il, agit de façon fort cohérente lorsque vient le temps de contrer les aspirations du peuple Québecois. Peut-être est-ce là le trait commun de cette nationalité canadienne? Vous serez certainement en désaccord puisque ce serait reconnaître qu’il existe une culture commune canadienne et in extenso, un peuple Canadien. »(Alain Rivet)

    La seule reconnaissance, bien que non officielle, des Anglais en tant communauté distincte, est colportée par le PQ à la communauté Anglaise du Québec seulement, afin de leur affirmer des droits « acquis » (donc, hérités).

    Ce ne sont pas les communautés ethniques qui agissent collectivement par « trait commun ». C’est la politique du multiculturalisme fédérale qui agit sur le désir de chaque communautés d’obtenir les faveurs du pouvoir en échange de leur vote. Elles sont bien conscientes qu’un Québec unilingue francophone aux valeurs bien déterminées (valeurs québécoises) mettrait fin à leurs identités ethniques. Les immigrants qui choisissent le Canada, choisissent surtout le multiculturaisme afin de « rester comme ils sont ». Ils n’ont pas cette option dans la pluspart des autres pays. Même aux USA il est très difficile d’obtenir la citoyenneté. Au Canada c’est un détail.

    « Il y aurait donc effectivement des québécois (civique) qui ne seraient pas Québécois (culturel). Ça colle assez bien à la grande majorité des anglos résidant en sol québécois. »(Alain Rivet)

    Et aux allophones. Mais ce ne fait pas des immigrants Français des Québécois non-plus. Pas plus qu’un Français au Congo devient congolais parce qu’il est francophone. Le peuple Québécois n’est pas seulement qu’un membre de la francophonie. C’est un peuple beaucoup plus riche que ça.

    « Je sais d’où je viens M. Tremblay. Oui, nous (Québécois) fûmes autrefois canadiens. Mais je trouve aujourd’hui le terme Québécois plus commode, ne serait-ce que pour échapper à la schizophrénie identitaire qui est nôtre depuis que les anglo-canadiens se sont appropriés nos symboles et notre nom. »(Alain Rivet)

    Est-ce que les Français on cessé d’être des Français après la révolution ? Est-ce qu’ils ont cessé d’être des Français sous occupation allemande ? Si les Britanniques occupaient toujours l’Inde, est-ce que les Indiens aujourd’hui auraient changé de nom ?

    Ce serait renier leur histoire. Renier ceux avant eux. Leurs ancêtres. Ils savent trop bien d’où ils viennent. Peut-être vous avez changé de nom, M. Rivet, mais la culture que nos ancêtres ont laissé elle est bien vivante. Ils seront toujours Canadiens et Canadiens français, nos parents, grands-parents et ancêtres. À moins de vouloir changer l’histoire et renier notre culture. Il ne resterait en effet que notre francophonie. On y est pas loin.

    Québécois parce que « commode » ?

    La seule raison que j’accepte le terme Québécois est en raison de son lien historique avec la ville de Québec (fondatrice et capitale du Canada original), le détroit du fleuve Saint-Laurent nommé ainsi par les amérindiens. Seulement ainsi il m’identifie clairement. Pas pour commodité en lien avec la province que nous a concocté le régime britannique.

    C’est vrai que les Anglais ont ignominieusement subtilisé notre nom et symboles, mais aujourd’hui le multiculturalisme leur a subtilisé en retour et en ont donc perdu leur spécificité. Même les immigrants allophones sont des Canadians. Ce n’a plus rien de culturel encore moins d’identitaire. Le terme est strictement civique. C’est le même effet que le multiculturalisme produit sur le terme Québécois et pourquoi nous avons cette discussion.

    Mon Québécois n’est pas une commodité. Il est chargé de toute mon histoire, ma culture, ma langue, mes ancêtres, mes origines, mes racines de 400 ans sur un territoire bien spécifique. Je ne l’ai pas choisi, il s’est imposé. Ce n’est pas le Québécois « nouveau » fabriqué pour se détacher de nos racines afin de plaire au multiculturalisme.

    « Je le crois aussi fort utile en droit international puisqu’il nous donne des frontières définies (celles du Québec), ce qui sera très précieux lorsque nous nous déciderons à nous donner un pays et que nous chercherons à obtenir la reconnaissance d’autres États. »(Alain Rivet)

    C’est ça votre commodité ? Le multiculturalisme auquel vous le donnez ainsi en pâture aura fait disparraître notre peuple bien avant. À vouloir tout vous n’aurez rien. Les Innuits ont déjà leur territoire bien en main ainsi que les autres nations amérindiennes de la province. Ils commencent déjà à refaire des enfants pendant que nous disparraissons à vouloir tout avoir. Nous ne possédons rien. Je ne demande que les terres que nous avions en 1760 et un gouvernement indépendant sur c’elles-ci. Je n’ai pas l’âme d’un colonialiste, ce n’est pas dans mon histoire ni ma culture.

    « Le peuple Québécois est né bien avant la conquête et a occupé autrefois un territoire qui allait bien au-delà de celle du Québec d’aujourd’hui, nous sommes (je crois) d’accord là-dessus. »(Alain Rivet)

    Biensûr que non. Vous parlez de la Nouvelle France et de Français. L’histoire et le territoire des Canadiens, Canadiens français puis Québécois, ce sont les rives du Saint-Laurent appelé autrefois Canada et dont la capitale est Québec ainsi que touts les endroits où s’étaient établis ces Canadiens avant 1763 (jusqu’à hauteur du Lac St-Jean). Plusieurs de ces terres chevauchent les terres amérindiennes que nous partagions alors de communs accords.

    Rien à voir avec le régime français et la Nouvelle France. Nous n’avons rien abdiqué, nous.

    « Je crois cependant qu’il serait contre-productif de vouloir faire des canadiens-français des Québécois,… »(Alain Rivet)

    M. Rivet, un peuple ce ne se construit pas comme on construit un jouet. Un peuple est un épiphénomène. Ce que vous suggérez c’est du nation-building à la Trudeau. Ça c’est très Canadian. Pas pour moi, merci.

  73. Aucun de ces pays n’a cloué au pilori les nations amérindiennes et inuits du Canada. Les Québécois viennent d’être reconnus comme nation.

    Vos suggestions sont infondées.

  74. Selon Jacques Attali, « La langue française conduit à penser, à écrire, à vivre, de façon claire, simple, directe, précise, logique, binaire. »

    Je crois exactement le contraire. La langue française conduit à l’obéissance aux règles.

    Remplie d’exceptions et d’illogismes, elle nous oblige à suivre des règles bourrées d’exceptions. Elle est inutilement compliquée dans le but de montrer la supériorité de ceux qui la maîtrisent.

    L’anglais et l’espagnol, pour ne prendre que ces deux exemples, sont plus simples, directs et logiques.

  75. Comme le joual. 🙂

  76. Chers amis, en tant que québécois (non, mes ancêtres n’ont pas déchiffré la terre, ils ont plutôt combattu les romains, donc j’imagine que je ne suis pas l’un des vôtres, avec lettre capitale) je me vois dans une drôle de situation.

    Voyez-vous, comme je n’ai pas de liens sanguins avec votre  »ethnie » et étant né ailleurs, immigrant au Québec à la petite enfance, je n’appartient, pour ainsi dire, à aucune communauté ethnique.

    C’est embêtant.

    Non seulement je ne ressens aucun attachement envers mon pays natal (j’ai quelques bribes de souvenirs; des réminiscences pour tout dire, pas de quoi bâtir un fort attachement) mais en plus, vous me refusez l’appartenance à votre Nation. C’est fichtrement embêtant. Je vous prie de me croire. Mais encore eût-il fallu que vous fussiez dans la même situation. Or, vous ne l’êtes pas.

    Pourtant je parle, comme vous pouvez le remarquer, un français -en toute modestie- de qualité. Poussant même l’affaire jusqu’à utiliser l’imparfait du subjonctif quand la situation grammaticale l’exige. J’ai dévoré Hubert Aquin et Jacques Ferron et ma connaissance de la culture québécoise dépasse largement celle de plusieurs  »Québécois ». Pourtant je ne suis pas l’un de vous? Seulement un  »québécois ».

    J’ai un profond attachement pour cette communauté de destin qu’est le Québec. Ces paysages, son climat, la poésie de Miron, son respect de la dignité humaine et le courage de ce peuple, que je considère être le mien. L’homme que je suis devenu est en très grande partie le fruit de tout cela. Pour tout dire, sans être un romantique -et me méfiant même du romantisme en politique- j’ai l’âme québécoise. J’aime profondément le Québec et je ne le quitterai pour rien au monde. Et vous me dites que je ne suis pas Québécois?

    Franchement, cela me désole. Profondément, pour être plus précis. Sachez monsieur, que vous n’avez pas le monopole de l’identité et encore moins du bons sens. Comme si la conscience du psychologique -pour reprendre la célèbre phrase de Malraux sur la culture- était dans le sang. Comme si nous naissions avec notre sensibilité  »nationale ». Heureusement que vous ne représentez qu’une infime minorité des Québécois, qu’une frange racialiste et encore marginale. Le droit du sang. Quelle absurdité. Quelle vergogne. Le droit du sang, c’est ce qui a légitimé Auschwitz, Treblinka et Buchenwald. Et non, je n’exagère pas.

    Si séparation il y avait, jamais je ne quitterais le Québec, à moins bien sûr qu’on m’expulse manu militari, pour motif de dissidence patronymique.

    Cordialement,
    Un Étrange.

  77. Monsieur,

    vous prétendez n’appartenir, « pour ainsi dire, à aucune communauté ethnique » mais vous n’êtes pas né dans les choux et êtes bien issu de quelque chose, d’un peuple, d’une terre d’origine, celle de vos ancêtres.

    Quand vous mentionnez, sans plus de précision, que vos ancêtres ont combattu les Romains (vous en savez donc tout de même un peu) vous remontez à loin mais les Québécois peuvent dire la même chose. Une majorité d’entre eux n’est-elle pas historiquement habilitée à se reconnaître dans le symbole d’Astérix?

    On ne voit pas pourquoi le fait que « les lien sanguins », selon votre expression, vous différencient des Québécois devrait conduire ces derniers à renier leurs origines. Ni le fait que vous ne ressentiez aucun attachement envers votre pays natal jusqu’à en avoir perdu la mémoire devrait conduire les Québécois à se détacher de leur terre, à devenir amnésiques, voire comme quelques-uns à cultiver la haine de soi pour plaire au prince Charles.

    Vous dites que c’est « embêtant » mais le problème identitaire que vous mentionnez est d’abord embêtant pour vous. C’est justement parce qu’ils veulent échapper collectivement à l’amnésie que vous évoquez que les Québécois ont intérêt à cultiver leur mémoire, à préserver leur identité et à arracher leur souveraineté.

    Au demeurant, que je sache, de nombreux membres et compagnons de route du Mouvement national québécois ont des origines diverses et personne n’y trouve à redire. C’est faire à ce dernier un très mauvais procès que de lui infliger l’éculée « reductio ad hitlerum » qui n’est qu’un truc pour diaboliser ceux qui gênent le Système.

    Puisque vous aimez ce pays (le Québec) vous devriez voir ce que vous pouvez faire pour lui plutôt que de servir de cheval de Troie à la propagande sans-frontiériste et anti-québécoise du kit globaliste anglo-saxon qui n’est pas basé, il est vrai, uniquement à Ottawa…

    Cordialement.
    Un Français qui sait d’où il vient donc où il va…

  78. J’ai aussi la double nationalité. Je suis un maudit franco-quebecois. Je suis dans le mouvement independantiste depuis le premier jour de mon arrivé sur ces terres. Meme avant on pourrait dire, je connaissais la situation quebecoise.

    Je n’ai jamais ete considéré comme un Quebecois à part aupres des souverainsites. Non les insultes je les ai surtout reçues de la part de nos amis federalistes qui n’appreciaient pas qu’un etranger puissent venir defendre les Quebecois et le Quebec. Un peu comme l’autre cruche de St-pierre qui parle des parents immigrants de Curzi. Sauf que pour moi c’etait l’ancienne deputé federale liberale Bakopanos. 15 ans, ce n’etait pas assez d’apres elle pour avoir le droit de donner son avis sur Pierre-Eliott Trudeau, ce grand homme. Je lui avais juste fait remarquer que ce n’etait pas bien malin de nommer l’aeroport de montreal avec un nom qui amene la contreverse parmi le peuple quebecois. Et en toute logique, si un aeroport devait s’appeler trudeau, ca devrait etre celui de Mirabel, son grand projet.

    Non, il n’y a pas de droit du sang, pas de droit du sol, sont quebecois ceux qui le veulent, c’est le droit du coeur.

    Le droit du sang existe au Quebec, mais seulement dans les reserves indiennes. Eux ils peuvent, pour porteger leur pureté, leur ethnie, c’est acceptable car ils sont amerindiens ou inuits ! J’avoue que je ne l’ai jamais comprise cette logique. Mais bon, pour etre un amerindiens, il faut avoir du sang amerindiens, c’est comme ca.

    Pour etre Quebecois, il faut tout simplement aimer le Quebec et defendre les interets de son peuple avant de defendre les interets du peuple canadien… sinon on est un canadien vivant au Quebec. Simple logique. Dans de rare cas, j’ai rencontré des gens etant tout autant canadien que Quebecois, generalement des anglophones vivant ici, mais parlant la langue commune quand ils s’adressent aux gens et se battant pour les interets du Quebec avec autant de vigueur que pour les interets du canada … ils etaient tous independantistes. Ils etaient capable de se progeter dans le futur pour comprendre qu’on vivrait bien mieux en frere, ensemble, egaux, plutot qu’avec une relation de dominant-dominé ; sur le long terme ce n’est ni positif, ni rentable.

  79. Je crois que vous m’avez mal compris. Relisez mon texte, je vous prie. Ce que je dénonce c’est le monopole du sang pour  »définir » le  »Québécois ». Si vous voulez glorifier vos ancêtres, avec qui vous partagez le sang, faites donc. Personnellement, je m’en méfie. Mais supposez donc ma situation. Si on vous refuse l’identité par carence sanguine, mais que vous n’avez aucun attachement envers votre pays natal que vous n’avez pas connu?

    Vous pensez que cela va de soi? Qu’automatiquement, par la naissance on ressent l’âme nationale? Non, monsieur. Ce n,est absolument pas le cas. Il ne suffit pas de naître dans un pays de parents nationaux pour être automatiquement inoculé par la fierté nationale. Je ne ressens rien, je n’ai ni connu l’âme de ce peuple, ni son pays. C’est un pays étranger pour moi. Et mon sang, il est sans doute pareil au vôtre. L’identité n’est pas dans le sang, il est dans la tête.

    Quant on fait que je connaisse l’histoire nationale de ce pays de mes  »ancêtres » cela relève plus de l’érudition générale que d’un intérêt particulier. Remarquez la nuance.

    Et s’il vous plaît, un peu de bonne foi, où ai-je dit que les Québécois devraient renier leurs origines? Faites ce que vous voulez. Au contraire, cultivez l’histoire du Québec, comme je le fais. Ce que je dénonce, et comprenez bien cela, c’est que vous, Québécois de souche, ayez le monopole de l’identité nationale. Vous ne l’avez pas.

    Excusez-moi, mais quand on parle du  »droit du sang » cela me fait penser légitimement aux politiques d’extrême droite. Que cela vous dérange ou non, ce sont les faits. Le romantisme c’est dangereux, si en plus on le saupoudre de critères biologiques, c’est le désastre.

    Ce que je fais pour le Québec? J’essaye d’être un honnête citoyen -dans le sens libéral du terme, il faut être de son temps, les cités antiques sont mortes- et de respecter le contrat social et la culture québécoise.

    Qui plus est, méfiez de vous de l’indépendance  »contre les anglais ». Si le Québec doit un jour faire son indépendance, il faudrait la faire pour sa population, d’abord, et pour le monde ensuite. Et je ne parle pas de  »citoyens du monde ». Ce sont des conneries. On est d’abord citoyen de sa communauté de destin, cependant cela n’empêche pas de se rendre compte que les ennemis du Québec ce ne sont pas les libéraux, les mondialistes, les anglais, les cosmopolites, tutti quanti…

    Cordialement,

  80. C’est un avis noble qu’est le vôtre. Effectivement, est Québécois celui qui l’est dans le cœur et dans la langue, pas dans le sang. Car cela serait même dangereux. Imaginez, qu’au fond, les  »Québécois » de souche, ne sont que les descendants de colons venus ici il y a 300-400 ans? Vous voyez bien que c’est fragile. Ça n’a aucun sens même, cette logique du sang. À partir de combien de génération peut-on s’autoriser à dire Québécois? La personne dont les origines italienne remontent à 5-6 générations, est-elle encore Italienne? Sentira-t-elle le peuple de Dante dans ses veines pour autant? Bien sûr que non. Elle sentira le Québec.

    Le droit du sang serait un grave danger pour le mouvement légitime du peuple Québécois. Personnellement, je suis fédéraliste, pour de strictes raisons libérales -je suis profondément convaincu que la logique fédérale favorise les libertés fondamentales et que la Cour Suprême est un organe essentiel, ainsi que la charte-.

    Mais je n’ai pas honte de le dire: si le Québec avait un peu profond attachement pour les liberté fondamentales, n’avait pas peur de proposer une Cour Suprême chargée de les défendre ainsi qu’un  »Bill of rights », tout en affirmant le droit du coeur et non celui du sang, je serais parfaitement prêt à revoir ma position.

    Évidemment, il reste le caractère fédérale qui serait difficilement applicable au Québec…
    C’est dommage car c’est une forme d’État absolument positive. Même si vous pouvez, de par l’expérience canadienne, en être moins sûrs.

    Cordialement,

  81. Je réponds à monsieur « Québécois non-sanguin »,

    j’ai relu votre texte puis le mien. Vous semblez obsédé par la question du sang et votre pseudo en atteste. C’est vous qui évoquez le « droit du sang », pas moi.

    Vous ne vous en rendez pas compte mais c’est vous qui vous placez en dehors de la communauté québécoise tout en vous lamentant de n’avoir « plus aucun attachement envers votre pays natal que vous n’avez pas connu » (…). Je vous le répète, c’est votre problème, pas celui des Québécois. On ne saura d’ailleurs toujours pas quel était ce pays.

    Vous me prêtez des propos que je n’ai pas tenus, relisez-moi, où ai-je dit « qu’automatiquement, par la naissance on ressent l’âme nationale » (…). C’est de votre cru, pas du mien mais ce qui est évident aussi c’est que cet élan naturel, le fait de ressentir l’âme nationale vous manque et que cela semble vous tourmenter.

    La naissance, puisque vous voulez en parler, est toutefois une réalité. Et il apparaît normal qu’être naturel d’un territoire donné facilite la prise de conscience nationale. Mais par naissance il faut entendre aussi la filiation, la lignée et pas seulement l’endroit où l’on naît. Si j’étais né au Bangladesh, je ne serais pas pour autant un Bangladeshi. Où qu’ils soient les individus se réclament dans leur majorité d’une communauté populaire. Les réseaux tissés par les diasporas en attestent.

    Je réitère donc ce que je disais plus haut, vous plaquez sur les Québécois votre problème identitaire selon la formule de l’accusation en miroir et ça vous amène à adopter à leur encontre une attitude négative pour ne pas dire hostile. Pourquoi voulez-vous que les Québécois vous reconnaissent comme l’un des leurs si vous passez votre temps à les critiquer dans ce qui leur tient le plus à coeur à savoir la lignée, la langue, le pays, le territoire et demain (avec tous) un Etat indépendant. Vous savez bien que certains souhaitent la minorisation du peuple québécois par l’imposition de l’anglais et une immigration non choisie. Mais c’est à la minorité anglaise du Québec et aux apports extérieurs de se plier à la loi de la majorité et non le contraire comme dans les colonies.

    Car votre vocabulaire, à votre insu, dévoile des intentions. Là où il faut dire « peuple » vous parlez de « population ». Terme statistique, la population est une addition d’individus indifférenciés et sans boussole (comme aux Etats-Unis) alors que le peuple est une communauté historique spécifique pourvue d’une mémoire collective et d’un vouloir vivre en commun (c’est le Québec). Pour traverser le temps avec les générations et survivre, il faut à ce peuple historiquement constitué un territoire et un Etat.

    Enfin à l’habitude des anglo-saxons utilitaristes et des immigrés qui ne se reconnaissent pas dans leur pays d’accueil, vous tentez de ravaler le Mouvement national québécois à un caprice « romantique » alors que la question nationale québécoise se pose de manière historique, rationnelle et concrète. Mais « l’air du temps » ultra-libéral et anti-national (globaliste) des dérives états-uniennes est fortement remis en question en ce moment par la crise financière de Moloch, l’affirmation identitaire des peuples et le renouveau des nations. N’ appelle-t-on pas déjà ce monde que l’on voit poindre de la Russie au Brésil et de la Serbie au Québec…un monde multipolaire?

    Cordialement.

  82. Vous croyez trop de critiques. Je ne critique nullement les Québécois. Je critique une fraction des Québécois. Si vous relisez la discussion, vous verrez bien des interventions plus que douteuses sur l’essence biologique nationale, ce sont eux que je critique, et ma foi, vous, de plus en plus.

    Je n’ai pas vraiment de problème identitaire. Je suis qui je suis -autant qu’un être humain faillible peut raisonnablement le savoir- et je sais à peu près où je vais, tout en me gardant  »une p’tite gêne » philosophique. J’aurais simplement souhaité la disparation des idées biologiques en ce qui concerne la Nation. Ceci dit, je crois que nous sommes loin d’un camp de concentration près de chez nous, pour gazer les étranges. Soyons sérieux.

    Et, dans le même ordre d’idées, vous persistez à penser qu’il y a un élan naturel de ressentir l’âme nationale et que si on ne l’a pas, c’est qu’on a  »un problème ». Permettez-moi de fortement en douter et de vous dire que cela est spécifiquement une attitude romantique. Cela me rappelle exactement l’un des beaux textes de Kundera, son pays ayant été victime de ce romantisme annexionniste. Au moins les Québécois, dans leur romantisme, ne sont sont annexionnistes, c’est déjà ça de gagné. L’âme nationale est une construction, que les Québécois le ressentent tant mieux pour eux, c’est fort sympathique, mais la Nation est un concept plutôt moderne, construit en réponse au problème théologico-politique du moyen-âge. La Souveraineté, la Nation, le Peuple. Les 3 mamelles qui ont permis à l’Europe de se sortir de Dieu, mais qui ont rencontré leur limites avec Rousseau et Constant. Le Peuple québécois, aussi souverain qu’il puisse être, ne pourra jamais avoir une emprise sur la sphère strictement privés des individus. Tant que nous réussirons à garder distance le romantisme, ce pays sera agréable. Par contre, comme l’a démontré Hayek (oui, le sale libéral, mais qui avait des intuitions de génie) , le nationalisme a une tendance naturelle à s’allier au collectivisme avec le temps, ce qui explique une certaine tendance très interventionniste au Québec, à mon avis découlant grandement de ce romantisme. Il ne faut pas confondre l’État et la Nation. Les deux peuvent cohabiter, mais pour le bien de tous, gardons la frontière claire entre les deux.

    Et pour les États-Unis… détrompez-vous, il n’y a pas plus bel exemple de peuple avec boussole que nos amis étasuniens. Pour reprendre l’expression célèbre de Tocqueville: ils ont la passion de l’égalité. À première vue, cela peut sembler contradictoire; l’égalité aux États-Unis? Absolument. Même si les limites de la démocratie mènent vers la destruction du lien social, c’est le progrès de la liberté individuelle et politique qui peut ressouder la Nation. Cette Nation, qui, au fond, est tout de même un contrat social. Des gens qui n’ont pas nécessairement la même histoire -comprendre par-là qui ne sont pas canadiens-français depuis 10 générations- qui s’assemblent pour construit un État, dans une langue commune et dans le but de poursuivre le bonheur de chacun et de tous. Je ne vois pas pourquoi le mouvement national québécois ne pourrait pas adopter cette attitude. Faire l’indépendance pour tous ceux qui veulent embarquer dans le projet national.

    Et non cher, je ne suis pas un utilitariste, même si Bentham et Mill n’ont pas écrit que des conneries. Le mouvement national québécois EST romantisme. Mais ce n’est pas un caprice. Ce n’est pas MAL. Ni bien d’ailleurs. C’est la volonté légitime d’une communauté de destin de prendre en main sa destinée, chose que je respecte /totalement/. Je suis libéral certes -une idéologie fort concrète et honnête, qui est toujours à la base de la politique moderne des États Occidentaux, pas si mal…-, pas  »citoyen du monde » pour deux sous et absolument pour un monde multipolaire. Car c’est du choc entre le pouvoir que naît la liberté.

    P.S. Évidemment, vous n’avez pas ici à faire à un fédéraliste de totale mauvaise foi qui ne comprend pas la volonté des Québécois. Si je suis fédéraliste c’est essentiellement pour des questions de forme. J’espère que vous en tiendrez compte dans vos accusations.

    Cordialement,

  83. Monsieur,

    je vous reprends. Vous dites que « la Nation est un concept plutôt moderne, construit en réponse au problème théologico-politique du moyen-âge. La Souveraineté, la Nation, le Peuple. Les 3 mamelles qui ont permis à l’Europe de se sortir de Dieu » (…)
    (…).

    C’est un débat qui existe dans les vieux pays et en particulier en France. Certains veulent faire commencer la France à la Révolution Française et d’autres font remarquer que la France existait bien avant. La référence aux « quarante rois qui ont fait la France » est connue et a le mérite de la clarté. La France n’est pas née avec la mort du Roi et l’instauration de la République.

    Pour résoudre cette contradiction monarchie-république Maurice Barrès a eu, en son temps, une formule qui permet de comprendre ultérieurement les institutions de la V° République et la pensée du Général de Gaulle: il faut, expliquait Barrès, « une voie royale pour la République ». Cela voulait dire que la modernité de la République ne pouvait faire l’impasse sur les constantes de l’Histoire et les traditions d’un pays qu’on appelle aujour’hui la Nation. C’est aussi ce qu’exprimait le politologue Maurice Duverger quand il qualifiait le régime du Général de Gaulle de « République monarchique » ou de « Démonarchie ».

    La sphère anglo-saxonne n’a jamais apprécié cette synthèse qui empêchait la France de se dissoudre dans son idéologie bancaire et lui permettait l’indépendance et la puissance. En effet la modernité sans les traditions populaire est un emballage vide et la liberté individuelle sans liberté nationale une illusion. C’est parce que je me reconnais dans une communauté populaire que je suis libre. Laissons les contrats au monde des affaires et ne confondons pas la nation avec une entreprise. Dans le monde actuel l’argent sale et les fonds de pensions anglo-saxons peuvent avoir la peau de bien des entreprises. En revanche la nation leur résistera si elle est dotée d’un Etat et d’une volonté. Il est significatif que la finance appelle cela « romantisme ».

    Ces temps derniers, la sphère supranationale anglophone qui rejette les nations au nom de la « gouvernance globale » s’est réjouie de l’élection à Paris d’un Sarközy qui correspondait à ses souhaits: c’est le représentant d’une famille importée avec des racines en Hongrie et dans le ghetto de Thessalonique. Ce que l’on appelle un Français de papier. Que les Québécois ne s’étonnent pas de son attitude inamicale, cet individu n’a aucune affinité avec eux pas plus qu’il n’a d’affinité avec les Français. On sait comment sont cooptés et promus ces politiciens qui servent l’anglosphère et la finance sans frontières.

    Mais il ne devrait pas vous échapper que le « concept moderne de nation » que vous évoquez dans votre billet est lui aussi remis en cause par les sectateurs de l’anglosphère. A les en croire la souveraineté, la nation, le peuple, tout cela serait à remiser au musée des vieilleries pour céder la place à la super modernité, cette nouvelle gouvernance mondiale rêvée par Bilderberg, la Trilatérale, le FMI et la haute finance internationale. On n’a pas vu que ces centres basés à New-York, Washington et Londres avaient «la passion de l’égalité ».

    Dans l’intérêt des peuples du monde, et pas seulement des Français et des Québécois, il nous faut arrêter cette spirale plongeant vers les abysses et redonner leur place, toute leur place, aux Etats-nations. J’ai bien dit aux Etats-nations et non aux Etats-Unis.

    Cordialement.

  84. Monsieur,

    Voilà un commentaire fort pertinent dont je voudrais, avant de répondre, saluer la classe. En effet, on ne souligne pas souvent la grandeur de la dissidence polie, ce qui n’empêche pas bien sûr de défendre avec hardiesse son point de vue.

    Cependant, je suis assez convaincu -et pas gratuitement rassurez-vous- que la Nation est un concept moderne. Vous le savez, mais peut-être me suis-je mal exprimé. Il n’y a pas de Nation, à proprement parler, dans l’Antiquité. Ni même au moyen-âge. Il y a la Cité. Cette liberté des Anciens. Une organisation politique issue de l’ingénuité politique, qui possède ses qualités, mais aussi ses tares. Il y a le Citoyen, certes, mais il manque l’individu.

    Comprenez-moi bien, je ne suis pas foncièrement hostile à la Nation, dans la mesure où celle-ci est critiquable, pacifique -et merci au Québec nous avons cette qualité, qui parfois se transforme en antimilitarisme primaire, mais c’est un autre débat-, séparée de l’État (si ma mémoire est bonne Arendt a écrit un sublime essai (quoique court) sur justement les dangers de cette promiscuité.

    Que les Québécois forment une nation, une communauté des destin, ma foi, tout libéral que je sois, je dis: mais très bien! Je ne suis pas contre la Nation, je suis contre une certaine forme de la Nation, que je juge anachronique.

    Permettez-moi maintenant de m’attaquer aux faits et aux débats historiques. La France, si elle n’est pas née avec la République (enfin… la Terreur), n’en est pas été pour le moins entièrement reconceptualisée. Le mythe de la France moderne, c’est les soldats de l’An II. Pas les mérovingiens. Soyons sérieux cher ami.

    Vous évoquez Barrès, un personnage qui, malgré le fait que je ne partage ses idées, ne manquait pas de panache; une éloquence certaine et une plume plus que respectable. Barrès donc et son nationalisme intégral, son union sacrée, mais surtout son atteinte à la sûreté de l’esprit, scipsit les Dadas. Ne le sortez pas de son époque non plus. Une époque de carnages au nom de la Nation et de l’impérialisme. Le général de Gaulle a certes instauré une République monarchique, mais il a surtout instauré une État à son image, n’oublions pas cela. Je ne nie pas la caractère particulier de la France, cette ambivalence envers le pouvoir, soit une méfiance maladive, soit une volonté d’autoritarisme. Pierre Manent l’explique mieux que moi, de toute façon, et ce n’est pas l’essentiel.

    Mais j’aimerais aussi vous parler d’une autre grand plume, et adversaire parlementaire farouche de Barrès: le grand Jaurès, qui vivait à cette époque et qui a eu la relative chance de ne pas vivre assez vieux pour connaître le massacre de Verdun. Jaurès donc, qui malgré un attachement profond pour son pays, n’adhérait pas au nationalisme intégral de Barrès. Pour lui la République ne se concevait d’abord pas avant la notion de Justice. Thémis latu sensu.
    Ça se défend aussi, ne trouvez-vous pas? La République n’est pas nécessairement la grandeur de la Nation française, mais une croyance tenace et profonde en l’équité entre les hommes. Comme le reprendra plus tard Dédé Malraux:  »la France n’est jamais aussi grande que quand elle l’est pour le Monde ». Le seul souci des Français, c’est qu’ils sont devenus égaux, alors que les étasuniens (quel gentilé moche…) sont nés, égaux.

    Qui plus est, vous n’avez pas besoin d’aller chez les anglo-saxons pour trouver des opposants au  »nationalisme intégral ». Chez les Français, de nombreux auteurs ont poursuivi une approche plus libérale, moins romantique (enfin… on peut très bien être libéral et romantique, je l’admets volontiers) et qui s’est imposée au fil de l’Histoire, et sans doute un peu de la Nature.

    Constant, Aron, Hugo, dans une certaine mesure…

    Les Anglais ont certes une différente vision de la communauté. Je ne voudrais pas tomber dans le débat liberté individuelle versus liberté collective. C’est une question philosophique importante qui se discute entre honnêtes gens mais qui risquerait fort de faire trop dévier le sujet. Vous me permettrez cependant de croire au fait qu’il y a une sphère intime des individus qu’aucune société, aucun État, aucun impératif d’ordre public ne devrait pouvoir toucher. Ce sont les actions qui n’ont aucun impact sur les droits d’autrui. Certes, ces actions font pleurer les bigotes et les moralistes, mais est-ce vraiment important? Pour reprendre la phrase célèbre de Montesquieu: dans les livres et l’économie (entendez par là dans les échanges librement consenties), l’État ne devrait jamais intervenir. Au fond, que vaut la liberté collective si les individus qui la composent (car je vous rappelle que ce sont les individus qui forment toute collectivité) n’en on pas, de liberté? Tout cela mène inexorablement vers la Kolyma, je le crains. Les individus peuvent légitiment, par le biais de l’État, se doter de libertés collectives, de droits collectifs, mais cela est un processus issu de la volonté générale et donc parfaitement libéral. Enfin, et c’est le père de cette théorie de la volonté général qui l’écrit noir sur blanc (ce bon JJ Rousseau): la souveraineté du peuple est limitée aux raisons fondamentales qui ont poussé l’Homme à se constituer corps social i.e. la préservation de sa vie et de sa liberté. J’espère que je suis assez clair. Et soyez assuré de ne pas avoir devant vous un internationaliste ou un libertarien nozickien. Libéral certes, mais un libéral passionné d’égalité, et d’égalité réelle.

    Cependant, on ne peut pas voir la nature contractualiste de l’Homme. Certes, la société n’est pas un contrat comme les autres, mais c’est un contrat: un accord de volontés. Nécessité? Peut-être. Je ne sais pas, mais en tout cas un contrat. Et un bon contrat, toutes proportions gardées, un contrat qui au fond apporte plus de bénéfices que de restrictions.

    Tout comme le romantisme. Il existe vous savez, et pas seulement que dans les poèmes de Lamartine ou dans la prose de Chateaubriand. Le XIXe siècle l’a vu éclore en Allemagne et s’immiscer lentement en politique. Quand on récuse tout rôle à la Raison, à la froide cogitation, pour la remplacer par l’Âme nationale, le sentiment, la passion…; à mon avis on se trompe. Si le romantisme peut être sublime en Art, il est fort dangereux en politique. Je ne bannis pas le sentiment, au contraire, il fait partie intégrante de l’Homme, cependant un peu de modération ne ferait pas de mal en l’espèce. Me sentir profondément Québécois ne m’a jamais aveuglé -et j’espère que ce sera le cas pour l’avenir- devant les limites épistémologiques de la passion.

    Pour tout vous dire, Sarkozy est un homme que je n’aime pas. Il est de droite sans être libéral. Il n’a pas d’idées, pas d’idéologie. Il gouverne, à défaut de penser, sur des faits divers (tiens ça ne nous évoque pas un partie moribond et grabataire bien de chez nous?). C’est la vulgarité politique à son pinacle. Son débat sur l’identité nationale est une blague et j’espère bien que cela finira bien par lui revenir à la figure. Vous dites qu’il est un  »Français de papiers », cela est toujours mieux que d’être  »Français sans-papiers ». Vous savez, pour faire partie d’une Nation, on de doit pas nécessairement la louanger à tout va, écrire de long poèmes sur ses paysages ou même la marier. Nation ou pas, je veux bien, mais gardons une distance de politesse, nous n’avons pas élevé des cochons ensemble. Car justement, quand on a les choses trop proches des yeux, on risque de perdre un peu de jugement. Je préfère avoir la Nation à bonne distance sans pour autant l’écarter totalement, vous me suivez?

    Ah et, non, je n’embarquerai pas dans une joute sur le Grand Capital et encore moins dans ce qui semble être une velléité d’aborder un complot mondial. Nous en avons déjà assez entre les mains avec ce que l’ont sait, imaginez pour le reste.

    Il y a certes des  »citoyens du monde », des cosmopolites et des antinationlsites féroces, qui voient dans le multiculturalisme de toute sortes un excellent moyen de faire fructifier leur pécule. Je le sais. Je le vois. Cependant, je veux bien vous faire comprendre que ce n’est pas parce qu’on est libéral que nécessairement on doit avoir ce genre de positions radicales sur la Nation. Le libéralisme est beaucoup plus que le capitaliste sauvage et le néo-impérialisme ordinaire.

    Cordialement,

    P.S. Bien sûr, cela reste mon très humble avis et il n’engage essentiellement que moi. À vingt ans, encore plus qu’à quarante ou soixante, on doit faire preuve d’humilité devant la recherche de la Vérité, ou du moins, de ce qui s’en approche le plus, cependant, comme susdit, cela n’empêche pas de défendre ses idées avec ténacité et de répondre avec conviction pugnace à ce qui parfois semble être des lieux communs, des raccourcis ou de simples erreurs. J’espère cependant garder cette nécessaire sensation de faillibilité en m’approchant de la Camarde.

    Cordialement,
    Un gamin (j’aime encore m’appeler ainsi).

  85. Québécois non-sanguin, vous êtes un hermaphrodite ? C’est ça ?

    Pas de parents ?

  86. Oh mais si, messire Gébé -droit du sang- Tremblay, mais si. Et rassurez-vous, je les aime comme sans doute vous aimez les vôtres.

    Et dans la mesure où mon père a dû immigrer ici afin de fuir un régime fasciste voulant l’envoyer outre-mer pour occire du  »nègre » (c’était le vocabulaire de l’époque), je le respecte encore plus. Je ne poursuis pas.

    Je réponds à M. Beaumont car il en vaut la peine. Pas aux extrémistes, mon temps est précieux, et mon sang chaud quand il est placé devant les théories biologiques de la Nation.

  87. Putain que c’est bon de lire des textes de gens instruits et cultivés.

    Juste une petite question : Etre fédéraliste pour des questions de forme, ca veut dire quoi ? Pourquoi le combat des souverainistes quebecois pourrait etre vu comme un probleme avec cette « forme » ? En quoi l’independance du Quebec est incompatible avec la creation d’une federation ici meme ?

  88. D’abord, je vous remercie du compliment. C’est un plaisir de débattre avec gens modérés.

    C’est vrai, j’ai un peu survolé cette question.
    En fait, je m’explique: la fédération canadienne, à mon sens, et nonobstant toute considération historique, sociale ou identitaire -pour les fins de l’explication seulement- présente des particularités TRÈS intéressantes qu’il ne faudrait pas ignorer. C’est ce que je veux dire par  »fédéraliste de forme ».

    Si dans le projet référendaire, il y avait : la création d’une Cour Suprême chargée de défendre les droits fondamentaux édictés dans la Constitution, avec des pouvoirs de contrôle aussi étendus que celle que nous connaissons, la création d’un État fédéral (est-ce possible au Québec? Comment? Je vois mal. Mais je suis ouvert aux propositions. Les actuelle divisions administratives? Est-ce un concept qui a des partisans? Je crois malheureusement que la plupart des souverainistes sont contre toute idée de fédération) qui permettrait un meilleur contrôle des pouvoirs, une République à mi-chemin entre les É-U et la France -quoique là-dessus, je suis peu importuné par la forme, tant que c’est une République et je crois aussi que cela fait consensus au sens du mouvement souverainistes; connaissez-vous des souverainistes royalistes?-, une union supra-Étatique avec le Canada, un peu comme l’Union Européenne -pas seulement par forme, une vraie volonté de s’associer avec le Canada et surtout un processus électoral sans faille et pacifique (ce dont je suis convaincu), alors je voterai  »Oui ».

    Ah et, évidemment, c’est 50% +1; sauf si c’est Omar Bongo ou quelque autre dictateur trépassé, bien sûr 🙂

    Comme vous voyez, je ne suis pas fédéraliste dans le sens  »commun » du terme dans nos contrées, je suis fédéraliste au sens premier du terme 🙂

    J’espère avoir été plus clair,
    Cordialement,

  89. Bien plus clair, mais pas plus pertinent dans la raison d’etre federaliste.

    Alors là, permettez-moi de vous reprendre sur deux points.

    -1 La majorité des canadiens ne veulent plus entendre parler de la royauté. Ils disent qu’apres la Reine il sera temps de passer à autre chose. Je doute qu’ils le fassent tout de suite car ca voudrait dire reouvir la constition, donc risquer d’ouvrir la boite de pandore qui permettra aux Quebecois de gagner leur independance. Donc non je ne connais pas de souverainistes royalistes, mais je ne connais pas non plus de canadiens royalistes personnellement et encore moins de Quebecois royalistes qu’ils soient federalistes ou souverainistes. Au Quebec 86% de la population ne veut rien savoir de cette maudite reine et de la gouverneur generale… surtout celle-ci !

    -2 Je n’ai jamais entendu de mes oreilles un souverainiste dire qu’il ne voudrait pas conclure des ententes privilégiées avec le canada … une fois qu’il sera devenu un fier citoyen quebecois d’un Quebec Independant et reconnu comme tel par tous les autres pays independants, le canada en premier. J’en entends par contre parler d’une armee commune, d’autre d’un service des postes commun, d’autres d’un reseau de transport ferroviaire commun. Par commun ils entendent géré en commun pour faciliter son organisation et le rendre cela efficace. Nous allons couper leur pays en deux, il serait idiot de part et d’autre de refuser des ententes. Ca serait se tirer dans le pied, meme les deux !

    Et si ce souverainiste existait, ca serait de toute facon une personne faisant partie d’une minorité reellement negligeable. Il faut etre deconnecté de la realité pour croire qu’on pourrait se developper sans conclure d’ententes speciales, une union, voire une confederation, avec le Canada vu notre position geo-politique et geo-economique. Moi meme anti-federaliste, ayant milité contre la federation europeenne (et pas contre l’union de ces pays, y a une grosse nuance), je n’oserai militer contre une telle federation vu son evidence !

    Si je vous dis souveraineté-association … cela vous rappelle quelque chose ? C’est ce qui represente la majorité des souverainistes. Alors nous faire croire qu’un Quebec independant se refermerait sur lui et rejeterait le canada, c’est faire preuve d’une analyse assez obscure ou avoir trop ecouté les discours de propagande et de peur de nos amis federalistes quant aux objectifs des souverainistes quebecois. Y a pas plus arrangeant, ouvert et tolerant que ces gens. Meme que si le canada avait ete respectueux et reconnu reellement cette nation distincte au sein du canada, en lui donnant les pouvoirs et droits qui lui reviennent, je doute que le mouvement souverainiste soit aussi fort aujourd’hui … meme si l’independance du Quebec est à mes yeux un point fondamental et obligatoire pour l’epanouissement social, national, international, culturel et economique du Quebec, plus aujourd’hui qu’hier, car la mondialisation ne laisse de chance qu’aux nations reconnues et fortes qui peuvent s’exprimer en leur nom. Les autres disparaitront d’une facon ou d’une autre à moyen terme digéré par l’imperialisme economique anglophone qui amene cette globalisation ennemie de la diversité et de la richesse du monde.

    Pas le temps d’en ecrire plus pour le moment. A plus tard.

  90. Ah, je vois, vous avez juste un père. Pas de mère.

    Votre père a pas de culture ? Pas d’ancêtres, pas d’histoire ?

    Il est né et a été élevé sur la Lune ?

    J’imagine que vous n’avez pas d’enfants non-plus ?

  91. Québécois non-sangin, pour quelqu’un qui aime dire aux autres ce qu’ils sont et comment ils doivent l’être, vous n’avez pas grand chose à dire sur vous-mêmes.

  92. Oh si, je ne suis pas le fruit, comme l’illusionniste palestinien, de l’Esprit Saint.
    Mais mes deux parents ont (et sont) leur propre histoire qui n’est pas la mienne, mais qui m’intéresse, bien évidemment.

    Je ne suis pas mes parents, je suis un individu. Mon histoire n’est pas dans mon sang, elle est dans ma tête. La culture, a dit un monsieur bien plus intelligent que chacun d’entre nous, c’est la conscience du psychologique. Ouvrez-vous les veines -c’est une image, je ne vous incite pas au suicide- et vous n’y verrez que des globules blancs, des plaquettes, de l’hémoglobine et autres joyeusetés, dont peut-être un peu de H1N1, en ces temps de pandémie, mais pas de  »nation ».

    Chacun porte sa propre histoire, et si mon père ressent un attachement profond pour le pays où il est grandi, moi aussi, sauf que j’ai grandi au Québec, pas ailleurs, vous comprenez? Et ce n’est pas parce que j’ai des ancêtres d’ailleurs que je suis moins Québécois que vous.

    Qui je suis? Un libéral fédéraliste (dans le sens expliqué précédemment) de 20 ans, qui étudie en droit et qui se considère comme Québécois, amoureux de littérature, de philosophie et d’histoire. Je crois que c’est suffisant pour me cerner.

    Et vous, donc?

  93. « voulant l’envoyer outre-mer pour occire du »nègre » »

    Complexe de culpabilité ?

  94. Dans la mesure où je n’étais pas né, je vois mal. Mais bel essai.

    Sinon… je tente…
    Trait d’esprit?
    Ironie?
    Second degré?
    Sarcasme?
    Humour?
    Style?

    🙂

  95. Bref, si je m’en refere au dire d’une liberale federaliste qui n’est autre que Karine Beaulieu son attaché politique, vous faites passer les interets de la nation canadienne et l’unité nationale avant les interets du Quebec, donc si vous etes quebecois, vous vous comportez en colonisé, si vous etes canadien en nationaliste brimant les droits des Quebecois. On ne peut en conclure autre chose.

    ******
    mon courriel envoyé à Charest suite à sa declaration de 1998:

    « Peu importe ce que je ferai dans ma carrière politique, si je ne peux donner le Canada à mes enfants, j’aurai failli à la tâche. » Jean

    > Monsieur Charest,
    >
    > Vous dites defendre les interets du Québec avant tout, vous l’avez répété de toutes les facons sur toutes les plateformes mediatiques. J’aurais une seule question :
    >
    > Si un jour les interets du Québec passait obligatoirement par son indépendance vis-à-vis du reste du Canada, deviendriez-vous souverainiste et defenderiez-vous cette cause ?
    >
    > Je vous ecoute :o)
    >
    > Veuillez agréer mes salutations.

    *******************
    LA REPONSE : on ne peut etre plus clair !

    Monsieur,

    Au nom du premier ministre, monsieur Jean Charest, j’accuse réception du courriel que vous lui faisiez parvenir le 18 mars dernier.

    Croyez bien que toute la considération requise à été portée à ce que vous soulevez. Cependant, comme vous devez le savoir, le Parti libéral du Québec prône entre autres comme valeurs l’appartenance canadienne. On peut donc être assurés qu’un gouvernement du Parti libéral du Québec, comme il l’a fait au cours de ses différents mandats, défendra toujours les intérêts du Québec dans la fédération canadienne.

    Si vous êtes intéressé à consulter davantage d’informations relativement à l’appartenance canadienne comme valeur du Parti libéral du Québec, nous vous invitons à le faire en cliquant sur ce lien : http://www.plq.org/fr/valeurs_liberales.php.

    Je vous prie d’agréer, Monsieur, l’expression de mes sentiments les meilleurs.

    Karine Beaulieu
    Attachée politique

    KB/eg

    ***********

    On ne peut se pretendre defendre les interets du Quebec et etre en meme temps un federaliste du PLQ ! Ce parti avoue clairement defendre les interets de la nation canadienne avant tout et ne considere pas que la souveraineté puisse etre une option valable, quelque soit les arrangements que nous pourrions obtenir aupres du canada. C’est un parti de colonisés, rois negres et nationalistes canadiens !

    Au mieux, quand ca se definit quebecois, on nous parle alors d’une situation geographique OU de l’appartenance à une province et non à une nation distincte qui pourrait devenir independante si ses interets allaient en ce sens… ce qui n’est pas du tout acceptable dans la pensé des liberaux du PLQ !

    Faut assumer non ?

  96. « Oh si, je ne suis pas le fruit, comme l’illusionniste palestinien, de l’Esprit Saint. »(Qns)

    Au moins ne répugnez-vous pas de faire référence au fruit. En effet, un pêchier ne produit pas des cerises.

    « Mais mes deux parents ont (et sont) leur propre histoire qui n’est pas la mienne, mais qui m’intéresse, bien évidemment. »(Qns)

    Autrement dit vous nous proposez que vous faites partie de leur histoire mais qu’eux ne font pas partie de la vôtre ?

    Vous n’avez pas d’enfant, vous. Vous comprendrez lorsque vous en aurez. Si vous en avez, je suis désolé pour eux et pour vous.

    « Je ne suis pas mes parents, je suis un individu. Mon histoire n’est pas dans mon sang, elle est dans ma tête. La culture, a dit un monsieur bien plus intelligent que chacun d’entre nous, c’est la conscience du psychologique. »(Qns)

    Le miroir de mes parents me font découvrir qui je suis plus que n’importe lequel intellectuel dans un bouquin.

    Je ne crois pas à des gens plus intelligent que d’autres. On est intelligent ou on l’est pas. On comprend ou on comprend pas. Il n’y a pas de « je comprend un peu ».

    « Ouvrez-vous les veines -c’est une image, je ne vous incite pas au suicide- et vous n’y verrez que des globules blancs, des plaquettes, de l’hémoglobine et autres joyeusetés, dont peut-être un peu de H1N1, en ces temps de pandémie, mais pas de »nation ». »(Qns)

    Si vous vous ouvrez le crâne et fouillez dans votre cervelle, vous ne trouverez non plus votre mémoire. Pourtant elle est bien là.

    « Chacun porte sa propre histoire, et si mon père ressent un attachement profond pour le pays où il est grandi, moi aussi, sauf que j’ai grandi au Québec, pas ailleurs, vous comprenez? »(Qns)

    Ce n’est pas d’attachement à un État dont je parle, mais l’héritage de votre famille et ancêtres. Ce n’est pas une histoire dans un bouquin à librairie du village.

    « Et ce n’est pas parce que j’ai des ancêtres d’ailleurs que je suis moins Québécois que vous. »(Qns)

    C’est comme l’intelligence. On est Québécois ou on l’est pas. Il n’y a pas de « un peu Québécois ».

    « Qui je suis? Un libéral fédéraliste (dans le sens expliqué précédemment) de 20 ans, qui étudie en droit et qui se considère comme Québécois, amoureux de littérature, de philosophie et d’histoire. Je crois que c’est suffisant pour me cerner. »(Qns)

    Je n’ai pas de problème avec ça. C’est votre choix. Mais ce n’est pas le Québécois que je suis. Mon identité québécoise n’a pas d’idéologie politique et n’est pas une construction de ma part. C’est un héritage. Il était déjà en moi. C’est un lien avec d’autres. Ancêtres et famille sur ce territoire Québec. C’est quelque chose qui s’éveille en nous et s’impose. Pas une construction artificielle.

    Votre héritage vous l’avez aussi en vous de vos parents, mais il dort. Je comprend votre difficulté car vous êtes né dans un pays autre et vous n’avez que 20 ans. Il n’y a pas l’environement qui éveillerait cette mémoire en vous (à part vos parents biensûr). C’est lorsque et si vous aurez des enfants que le tout explosera en vous par leurs regards et leurs comportements. Vous les « reconnaîtrerez ». Pourtant ils n’auront encore que 2 ans. Là, vous comprendrez « l’héritage ».

  97. Ah la dialectique romantique. Je le sens donc c’est vrai.
    C’est sans doute beau dans un poème, mais beaucoup moins dans l’art politique.

    Le mysticisme nationalo-intégriste est un penchant dont je m’éloigne et je ne vais donc pas argumenter, voire ergoter, car on ne peut qu’ergoter avec les romantiques, avec vous. Vous êtes dans une logique de subjectivité radicale et absolue. Vous avez votre Vérité, que vous sentez, soit. Je ne peux, ni vais tenter de vous faire changer d’avis. Vous croyez que la Nation, c’est dans le sang que ça se passe, que parce que vos ancêtres sont québécois, nécessairement ils ont passé leur héritage dans votre sang.

    Je pourrais vous dire que le nationalisme est une idéologie, que comme toute idéologie elle se construit, lentement, dans le cerveau humain, que si vous étiez né de parents Québécois mais élevé dès votre plus jeune âge ailleurs, vous ne sentirez rien de l’âme québécoise, qui serait un pays étranger pour vous. Mais vous ne comprenez pas, puisque la sagacité est d’ordre hormonale quand il s’agit d’élever l’héritage au rang de transcendance absolue. Je pourrais vous dire aussi de vous méfier des absolus et des dogmes, mais je me contenterai de ces quelques prétéritions.

    Ne vous inquiétez donc pas pour mes enfants, je leur léguerai la curiosité intellectuelle, Pallas athénée de la civilisation occidentale, le doute, la rechercher perpétuelle des connaissances et l’humilité philosophique. À eux d’en faire ce qu’ils veulent, nationalistes ou pas, libéraux ou socialistes, thomistes ou augustiniens. D’ailleurs, si je peux léguer ces choses, c’est bien parce qu’on me les a léguées avant, on ne naît pas avec. Et si j’étais né dans la civilisation chinoise, ma vision du monde aurait été totalement différente, non pas par la filiation, mais la la Culture. Sans parler du plan temporel. Votre ne pourriez pas ressentir la Nation, il y a 1000 ans, le concept n’existait pas. C’est une construction politique qui a été crée de façon téléologique. Vous avez droit à votre opinion, certes, mais quand elle se base sur le sentiment pur, elle vaut sans doute moins que celle édicté par des spécialistes en histoire des Idées.

    Et je vous laisse aussi à votre manichéisme. Il y a le blanc et le noir? Mais croyez-le cher ami, croyez-le. Si vous ne croyez pas qu’il y ait des gens brillants, des gens incroyablement intelligents et des génies (qui allient intelligence et inter-subjectivité), faites donc. Le monde est gris, comme la pensée humaine et la météo actuelle…

    N’ayez pas /peur/ des intellectuels qui écrivent des bouquins, ils ont leur utilité, ils sont là, à votre disposition, si jamais vous avez envie de partager une réflexion, une vision du monde, une théorie, un sentiment (oui oui) ou même de savoir comment cela se passe en  »dehors de la Nation ». Croyez-vous vraiment que vos parents vous apportent la même chose qu’un bon bouquin d’Hermann Hesse? Vous confondez tout, ils ne sont pas en compétition entre eux. Chaque élément de la vie apporte une pierre à l’édifice que l’on appelle  »l’individu ». Cette chose qui est totalement différente de son voisin et en même temps si semblable.

    Vous faites une fixation sur les  »ancêtres », qui me rappelle le fétiche africain. C’est une façon de construire son identité. Je ne crois pas que ce soit la seule et sûrement pas la meilleure. Pour ma part, je n’accorde pas une place sacrée (la religion séculaire des ancêtres) à ces gens-là, que je n’ai même pas connu mais qui ont sans doute vécu une vie honorable.

    Votre identité s’est construite petit à petit, comme tout cogniticien vous le dira. Libre à vous d’entrer dans une fac de médecine et de dire  »Je suis né avec une identité nationale en dedans de moi! ». Au mieux vous ferez rire les étudiants, au pire vous passez pour un bigot mystique. Pourquoi pas, il faut bien faire rire la jeunesse, dont je suis 🙂
    Pensez-y, quelle curiosité feriez-vous:  »Un gus croit encore en 2009 que l’identité nationale est dans le Sang ». On viendra de partout pour vous voir. Quelle opportunité. Peut-être vous invitera-t-on même au Banquier.

    Et ne vous inquiétez pas pour mon âge, je pourrais bien vous sortir le trivial vers de Corneille (un autre qui passait son temps à écrire), mais sachant qu’il l’a piqué à Ovide, je m’abstiendrai. Mais vous avez raison, j’ai bien des choses à apprendre, comme vous aussi, d’ailleurs.

    Peut-être même que si jamais j’ai des enfants, un éveil mystique s’opérera en moi; que vais-je y trouver? Dieu, Allah, la Nation, le Karma, les chevaliers qui disent NI, la licorne rose invisible, [insérez ici un autre absolu surnaturel] ? Je n’en sais fichtrement rien. Nous verrons bien en temps et lieux.

    Libéralement et dubitativement vôtre,

  98. Cher Reblochon,

    D’abord mettons quelque chose au clair. Je suis libéral, certes, mais pas membre du parti libéral, qui du reste est aussi libéral que Pauline Marois charismatique. C’est très important. En fait, je dois rendre ça au PQ, au moins eux, ont une véritable idéologie. On sait ce qu’on fait en votant pour le PQ. Le parti libéral c’est… voter par défaut quoi. C’est d’ailleurs ce qui se passe. Voter pour le parti libéral est essentiellement un vote d’opposition. C’est l’analyse que j’en fais.

    Et de même quand je me dis  »fédéraliste » ce n’est pas dans le sens de  »nationaliste canadien », mais bien comme on se dit  »Républicain » versus  »Monarchiste ». Par fédéral, j’entends celui qui est opposé à l’unitarisme de l’État.

    Est-ce que vous saisissez mieux?

  99. Monsieur non-sanguin,

    1) Ai-je encore le droit de vote même si j’ai pas tout compris ?

    2) Doit-on remercier GB pour vous avoir réchauffé le sang et attiré sur ce blogue ?

    3) Comment interprétez-vous la phrase de Parizeau: »Est Québécois qui veut l’être ?

    4) Eussiez-vous été né en 1970, votre libéralisme vous aurait-il poussé à vous insurger contre la loi des mesures de guerre ? Auriez-vous été aussi fier des pères du « Bill of Rights » ?

    5) Me trompe-je, ou on peut vous qualifier de fédéraliste libéral plutôt que de pelquiste, tare dont vous a presque affublé Reblochon ?

    6) La concision de mes phrases vous indispose-t-elle ?

    7) Doit-on imposer des limites à la liberté d’expression ?

    8) Suffit-il de fédérer le Québec souverain pour que vous votiez oui ?

    9) N’est-ce pas un peu court ou mon esprit simple a encore tout raté ?

    Bienvenue sur ce blogue monsieur Non-sanguin, et vous aussi monsieur Beaumont.

  100. Mais je vous remercie de l’accueil. C’est très délicat de votre part.
    J’adore votre style direct. Je vais vous répondre franchement

    1) Oui, d’ailleurs vous avez très bien compris, vu vos questions.
    2) Je ne sais pas, ce n’est pas à mon de répondre à cela, convenons-en!
    3) C’est ce que depuis le début de cette joute orale j’essaye de développer. Parizeau est un grand monsieur. Un homme qui mérite tout mon respect et sa phrase malheureuse (le vote ethnique) a été dite dans un contexte extrêmement émotif. Je le comprends, sans l’excuser. Il a prouvé à maintes reprises que son projet national incluait tous les Québécois de cœur et d’esprit et non pas seulement ceux de sang, dont sire Tramblay fait l’apologie. Il aurait sans doute dû prendre un recul, mais je ne lui tiens aucune rancune.

    4)Oui. Il y a des circonstances /exceptionnelles/ qui peuvent justifier la suspension strictement nécessaire des libertés civiles et politiques. Était-ce le cas? À mon avis non. Trudeau a clairement voulu utiliser une situation grave à des fins partisanes. Le FLQ représentait une menace pour tous, mais il aurait été absolument possible de régler la crise sans cet acte liberticide (gratuit, surtout). D’ailleurs, il a dû se dire  »après moi le délure » car a mon avis, cette action à laissé des balafres très profondes. Et je les comprends.

    5) Absolument, très cher. Absolument.

    6) Non. Et ma réponse laconique?

    7) C’est un énorme piège. Cette question mérite mille nuances. Je suis plutôt pour le droit à l’erreur voire même à la bêtise. Toute opinion devrait pouvoir être librement exprimée. Je suis pour les lois anti-diffamation, mais jamais je ne pourrais y avoir recours, comme on le fait pour des bagatelles. Certains libéraux vous diront que l’image n’est pas un droit puisque cette image n’est pas sa propriété mais bien celle d’autrui. C’est une logique intellectuelle qui a son charme, mais j’ai mes réserves. Je suis contre les lois mémorielles aussi, ce n’est pas à l’État de se mêler de cela, laissons les évidences historiques triompher. Voilà succinctement ce que je pense.

    8) Fédérer, donner une Constitution bien garnie en droits civils et politiques avec un système judiciaire avec possibilité de contrôle constitutionnel, instaurer une République parlementaire / semi-présidentielle, peu importe, ainsi qu’une union forte avec le Canada et je vote Oui sans hésiter un instant. Avouez que je suis un fédéraliste sympathique non?

    9) C’est un très bon quiz.

    Cordialement,

  101. « ainsi qu’une union forte avec le Canada  »

    Ne revient-on pas à la case départ…disons 1980 ?

    Puisqu’il suffit au Canada de dire non par anticipation et vous retournez au « NON MERCI ».

  102. Mais si le Canada dit non, c’est tant pis pour eux, non? Je veux dire, si après une processus démocratique, le gouvernement québécois arrive avec le mandat clair de négocier avec les autorités canadiennes, avec, comme signe de bonne foi, cette proposition crédible de partenariat, la logique voudrait qu’ils choisissent de négocier aussi de bonne foi.

    S’ils font les autistes, tant pis pour eux.

  103. Vous êtes un peu trop vert encore pour discutter de ces choses.

    Je vous laisse mûrir un peu. 🙂

  104. Et vous un peu trop mûr pour être si dogmatique.
    S’abattre sur l’âge c’est un peu l’argument du désespoir, comme s’il fallait un âge minimum pour avoir une pensée politique cohérente. La réflexion n’a pas d’âge, pas plus que la connerie, comme le faisait si bien remarquer Tonton Georges. Le temps ne fait rien à l’affaire, voyez-vous.

    De toute façon, vous avez raison, il n’y a plus rien à tirer de ces palabres stériles.

    Cordialement, tout de même.

    P.S. Simplement, allez tout de même lire ce qu’ont écrit Rimbaud ou Radiguet, par exemple, en pleine adolescence. De quoi vous clouer le bec, si je puis dire.

  105. Bravo !
    Très fier de vous compter dans nos rangs. (quoique je craigne que le mot « rang » ait le don de vous horripiler quelque peu)

    Mais où donc Ovide aurait-il écrit ce fameux vers que Racine lui aurait chipé ?

  106. Je n’ai pas parlé d’âge. J’ai dit vert.

    J’ai deux garçons qui ont 16 et 18 ans et qui sont plus matures que vous.

  107. Mon cher,

    Si être mature signifie être du même avis que vous, alors, hélas -sentez-vous ma déception?- je resterai, sempiternellement vert, et bien vert, en plus. Tant que vous n’avez pas les deux pieds dans la sépulture et que le croche-pied rigolard de Thanatos n’est pas imminent, apprenez le respect de la dissidence, et surtout, lisez deux trois bouquins de philosophie politique, avec un peu de chance, vous rajeunirez un peu.

    —-

    Çaparle.

    Je ne prends pas mouche pour si peu. Quoique, vous savez, je ne suis plutôt atypique dans mes convictions, vous l’aurez remarqué; ce qui m’importe avant tout c’est le mode d’organisation politique et la poursuite de la fin de l’Histoire (au sens hégélien, hein, pas de fin du monde à l’horizon), autant que faire ce peu. Si c’est dans un Québec souverain, je ne refuserais pas une telle aventure.

    Pour ce qui est d’Ovide et Corneille, si ma mémoire est bonne (et elle ne l’est pas toujours), c’est dans l’Art d’Aimer, il y avait même une note en bas de page faisant remarquer la chose. Mais il se fait tard, je farfouillerai un de ces jours dans ma bibliothèque pour vous donner la référence exacte ainsi que la preuve de l’infraction 😉

    Enfin, n’en voulons pas pas trop à ce bon vieux Corneille, le procédé était chose courante à l’époque. D’ailleurs, si vous remarquez les titres de leurs oeuvres, cela tourne surtout autour de l’Histoire gréco-romaine.

    Cordialement,
    Un vert, enfin, un bleu…; disons bariolé?

  108. La maturité c’est cesser de croire qu’on est le nombril du monde. Cet égocentrisme adolescent.

  109. Celui qui le dit est celui qui l’est!
    [Insérez au besoin un point d’ironie avec de mieux faire passer la boutade]

    Ce n’est pas l’adolescent qui est le nombril du monde, c’est la nature humaine. Nous sommes tous un peu égocentriques; ce qui est par ailleurs étonnant. Après Galilée, Darwin et Freud, nous aurions dû prendre conscience de notre petitesse.

    Mais je prends bonne note de toutes les critiques, étant une montagne d’imperfection. L’avantage d’être jeune et con, c’est le temps -statistiquement- que l’on a devant soi pour s’améliorer et être un /peu/ moins con tout en devant beaucoup moins jeune.

    Étonnant, non? 🙂

  110. Ce que l’égocentriste ne connaît pas c’est le sens de fidélité.

    C’est un conflit intérieur dont souffrent la pluspart des immigrants ou enfants d’immigrants.

    La solution facile est biensûr de prétendre un fidélité égale à tous. Ce qui est utopique biensûr. Une fidélité à tous est une fidélité à personne d’autre qu’à soi.

    Il faut le courage de choisir et d’exprimer honnêtement à tous ce choix.

    C’est ça la nation.

  111. Oui, si je ne me trompe : vous etes un federaliste ouvert et progressiste qui n’a rien contre l’independance du Quebec en soit et qui peut concevoir que c’est une voie parmi tant d’autres.

    Le genre de federaliste que je peux arriver à respecter car pas enfoui dans ses dogmes et sa haine des souverainistes, le mal à abattre.

    Surement un federaliste d’ouverture qui (excusez l’expression) pellete des nuages en pensant que le ROC va evoluer, que le federalisme va se renouveler, que le fruit n’est pas mur, et meme que le Quebec peut tres bien s’epanouir dans un canada uni, tout en restant invisible au reste du monde, une sous-nation sans pouvoir dans le canada uni et que les lois qu’essayent de passer nos amis du ROC pour baisser notre representativité à la chambre des communes ou que la loi 104 abloli par la cour supreme tandis que nos representants avaient votée unanimement pour … et ben ce n’est pas grave, on est tres bien dans le canada, je prefere ne pas voir ces gestes clairs demontrant que nous n’avons plus rien à attendre de ce federalisme. Meme si actuellement Ignatieff « je n’ai rien à offrir de plus au Quebec » ou Harper « le Quebec a tout ce qui lui faut il n’aura rien de plus » nous prouvent hors de tout doute qu’il faut que le Quebec force le Canada à evoluer et à respecter le Quebec en prenant la seule voie que le ROC comprendra, c’est à dire l’independance unilateral de notre nation pour avoir les cartes en main pour pouvoir negocier la creation d’une vraie confederation de nations souveraines et en profiter pour mettre comme le souhaite la majorité des canadiens et presque l’unanimité des Quebecois, un bon coup de pied dans le derriere de la reine et de tous ces vestiges coloniaux et royaux.

    Vous n’etes pas un nationaliste canadien, vous ne votez pas pour le PLQ car il ne vous represente pas (si vous restez fidele à vos propos), ni pour le PQ parce que ce sont des « sociaux democrates etatistes » et des souverainistes ne proposant pas un reel projet de federation comme vous voudriez entendre parler.

    Donc je suppose aussi que vous ne votez ni QS, ni ADQ … ca doit etre dur pour vous derriere un isoloir, si vous avez deja voté et ne vous etes pas abstenu. Il vous reste l’annulation de vote pour rester fidele à vos principes et ne pas etre le complice de l’election d’un parti froncierement anti-separatisse et dogmatique, en plus de defendre en priorité les interets de l’unité canadienne avant ceux du Quebec … d’où l’applatventrisme habituel pour ne pas choquer le ROC et donner des munitions aux maudits separatisses.

    On ne parlera pas des liens de Jean avec PowerCorp depuis son passage du federal au provincial, ni de son implication dans les malversations du camp du NON, meme si il fint de n’avoir jamais su pour les millions d’option canada et ni sur son amour pour les methodes reaganistes et thatcherien et son ideologie conservatrice qui sommeille en lui, faute de ne pouvoir l’imposer directement aux Quebecois. Faits qui vous empechent normalement de militer pour un tel parti conduit par un tel homme.

    Ca doit etre dur de se sentir quebecois et de devoir appuyer pour la forme cette nation etrangere qui domine la votre.

    Vu la clarté de vos propos et l’intelligente de vos reflexions, je doute que la peur puisse dicter vos choix, encore moins les discours mensongers des federalistes du PLQ ou de l’ADQ. Qu’est-ce qui vous effraie tant de voir votre nation devenir l’egale des autres nations libres de ce monde, en sachant tres bien que le Quebec et le Canada n’ont pas les moyens de refuser une entente et une union mutuelle, et donc repondre à vos attentes en creant une confederation avec des arrangements qui saurons plaire à tous.

    LA solution pour mettre fin à des dizaines d’annees de chicanes steriles, pueriles, couteuses et inutiles entre la nation canadienne et notre nation que nous aimont … meme si le terme nation n’est pas celui qui faudrait employer, vous comprenez tout à fait le sens que je lui donne dans mon texte, enfin je l’espere.

    Et pour que cela soit claire, je ne suis pas péquiste, ni nationaliste, meme si je milite au PQ et que je suis independantiste. Ca se peut.

    Ca fait plaisir de discuter avec quelqu’un qui ne coince pas le cervelet dans ses dogmes.

    D’ailleurs, si vous avez une solution aussi efficace et rapide que l’independance pour resoudre une grande partie des problemes du Quebec au sein d’un canada uni, une idee de federalisme renouvelé et realiste que le ROC et nos colonisés du Quebec ne rejeteraient pas avec haine, je suis tout ouïe et c’est avec plaisir que j’aimerai vous entendre parler de cette nouvelle voie qui nous amenerait à une union respectueuse de nos distinctions, c’est à dire au minimum une vraie reconnaissance de notre nation, avec l’obtention des pouvoirs et des droits qui reviennent à ce statut.

    Vu l’ambiance qu’il y a eu à Meech, vu la peur de John James de vouloir reouvrir le debat sur la constitution, meme peur chez Stephen Joseph et Michael Grant d’ailleurs, je doute de votre capacité à proposer une meilleure avenue pour que notre peuple, que vous aimez je suis sur, puisse jouir des droits qui lui reviennent.

    Bonne soiree
    Reblochon, le fromage qui pue, mais qui est bon.

  112. Ca fait 60 ans qu’ils font les autistes. On doit attendre encore combien de temps ?

    Nous avons historiquement un dossier si epais que vous ne pourriez vous assoir dessus sans avoir la tete qui passe à travers le plafond. Que vous faut-il pour allumer ? Vous etes jeune, avez-vous besoin de revivre un nouveau drame constitutionnel, de recevoir une nouvelle claque du ROC, ou de nos colonisés du Quebec qui sont les pires ennemis des deux nations en faisant tout, ici et à Ottawa, pour que nos deux peuples ne puissent s’entendre.

    Meech à echoué à cause d’eux. Une part de la haine que le ROC a envers nous provient directement de la desinformation que ces gens font en parlant du mouvement souverainistes en dehors du Quebec.

    Comme dans toutes les colonies (car ces gens vivent exactement dans cet etat d’esprit dans leur tete ), les plus agressifs, integristes, extremistes, dogmatiques sont generalement parmi chez ces gens ne concevant pas la possibilité que leur peuple puisse etre libre, vivre sans leurs maitres. C’est une reaction humaine et tres connue, mille fois vue dans l’histoire du monde, repandue chez les laches et les ignorants qui n’ont pas les facultés à analyser une situation sans tomber dans le coté emotif leur faisant perdre toute capacité de reflexion. Pensez à un Stephane Dion, un Jean Chretien, un Jean Charest, à tous ces « Quebecois » incapable de voir une autre issu qu’une domination sur la nation quebecoise.

    Je rappelle que je ne suis pas dogmatique meme si propose la souveraineté à chaque fois qu’on aborde la question nationale, si je le fais c’est qu’il n’y a personne à date d’aujourd’hui qui a pu me proposer une autre solution pour etre enfin reconnu et traiter avec le respect qui se doit par le ROC. L’independance n’est pas forcement une certitude, c’est juste qu’on n’a pas trouvé de meilleure solution… NON le federalisme canadien ne se renouvelera pas de lui meme, ils nous l’ont demontré à maintes reprises et leurs discours actuels les confortent dans l’idee que le Quebec ne recevra RIEN DE PLUS du Canada. Avec rien de plus, je ne vois pas comment on va s’epanouir ?! Et pour en finir avec la definition de dogmatique, je peux demontrer que ma vision, celle de l’independance est realiste et marchera (on ne fera pas pire que les pays devenus souverains dernierement, bien au contraire vu notre situation economique et politique). Jusqu’à present, aucun federaliste n’a pu me demontrer que le Canada allait evoluer, aucun federaliste n’a pu me demontrer que le Quebec allait pouvoir s’epanouir en son sein. Si il y a des dogmes c’est dans le discour et la propagande federaliste (de nos federaux de l’ADQ, PLQ, PLC, PCC, NPD), pas dans le discours des independantistes.

    Je rappelle la definition de colonie avant qu’on me jette des betises à la tete en niant notre statut, aussi pacifique soit-il :

    Territoire OCCUPÉ et ADMNINISTRÉ par une NATION ETRANGERE qui y joue un rôle culturel, politique et social CONSIDERABLE.

    Ouais, ca colle tres bien avec ce qu’on vit. L’annulation de la loi 104 par une cour etrangere demontre pleinement que cette definition est valable encore aujourd’hui en 2009. Notre gouvernement n’a pas le dernier mot et peut etre mis en demeure ou controlé par la nation etrangere qui nous occupe et refuse de concevoir que nous pourrions un jour etre l’egal d’eux autres, une nation libre et reconnue comme telle dans le monde.

    ***

    Si le canada n’etait pas une nation autiste, ca ferait 60 ans qu’on vivrait en frere, uni et que nous serions main dans la main entrain d’affronter le futur ensemble. Les souverainistes quebecois n’existeraient pas et les independantistes seraient aussi nombreux que les membres de QS, voire moins !

    Le temps des bouffons n’est pas fini, bien au contraire.

  113. Monsieur,

    Dans votre réponse (20 novembre 2009 à 12 h 12 min) à mes remarques vous me flattez avant de poursuivre vos critiques mais je voudrais insister sur un point, je ne soutiens pas du tout le statu quo fédéraliste ni la politique libérale qui privilégie le marché au détriment de l’intérêt supérieur du peuple et de la nation, maintenant le statu quo fédéral(iste) d’ Ottawa et de l’anglosphère.

    Vous écrivez: « Il n’y a pas de Nation, à proprement parler, dans l’Antiquité. Ni même au moyen-âge. Il y a la Cité. Cette liberté des Anciens. » (…)

    Tout dépend de la période à laquelle vous vous référez. La cité a montré jadis ses limites quand les cités grecques – le modèle – après s’être querellées n’ont pu résister à l’Empire romain, la Ligue de Corinthe se montrant incapable de résister à l’envahisseur.

    Si vous êtes un nostalgique des cités et comptoirs, dites-vous bien toutefois qu’ils n’ont pas disparu et on peut dire que ce sont les amis des empires. Ces derniers les aiment car ils favorisent leur mainmise. On l’a vu récemment dans les Balkans où la destruction de la fédération yougoslave a permis non seulement à l’Empire états-unien (et à son associé britannnique) d’étendre sa domination à l’Est de l’Europe via l’OTAN mais encore de morceler la région en une série de micro-Etats qui sont autant de cités ou de comptoirs modernes. Les Etats-Unis ont baptisé cela du nom cocasse de « nation building ». Avec des bases militaires comme Camp Bondsteel(au Kossovo), ces entités nouvellement constituées sur le cadavre de la Yougoslavie ne sont pas indépendantes mais ne font que jouer la comédie de l’indépendance.

    Je ne souhaite pas cette mascarade au Québec, entendant qu’il devienne rééllement indépendant, et pour cela il ne faut surtout pas qu’il devienne fédéral. Car cette idée de Québec à son tour fédéral serait un piège et la dernière tentative du fédéralisme canadien pour sauver les meubles en morcelant le Québec, attribuant à au moins deux minorités du pays un territoire sans rapport avec leur nombre. Regardons la carte du Québec et on sait tout de suite quel serait le découpage. Les Québécois se verraient ainsi réduits à une alliance laurentienne sans consistance et l’on pourrait compter sur les héritiers de Lord Durham pour tranformer Montréal en district… fédéral.

    Je ne souhaite pas le fédéralisme au Québec parce que partout où il a vu le jour, de la Fédératioon Indienne à l’Union Soviétique et de la Tchéco-Slovaquie à la Yougoslavie ce fédéralisme a fini dans l’éclatement des constructions passées sous les antagonismes internes et les manigances externes.

    Je souhaite au Québec la pleine indépendance c’est-à-dire, quelle que soit la nuance politico-sociale du moment, l’unité nationale, l’unité populaire, l’unité linguistique(le français)et l’unité territoriale. Sans base militaire étrangère.

    Maintenant j’en viens à un problème que vous croyez soulever pour la France. Vous dites que « le mythe de la France moderne, c’est les soldats de l’An II. Pas les mérovingiens » (…). Je ne vous dirai pas le contraire même si la tendance en France est à l’amnésie, même de cette période relativement récente. Mais vous oubliez un autre mythe présent dans la France moderne qui se souvient, c’est celui du Cardinal de Richelieu. Le Général de Gaulle, qui connaissait l’Histoire, avait constamment présent à l’esprit ce que l’on a appellé « la politique de Richelieu », politique moderne s’il en est. Dans son livre Diplomacy Henri Kissinger y a vu le modèle à suivre. La politique de Richelieu c’est ce qui a permis à l’Europe de vivre en paix après les Traités de Westphalie et d’en finir avec la politique hégémonique et impériale des Habsbourg. A l’hégémonie la France sustitua l’équilibre.

    Les traîtés de Westphalie donnèrent à l’Europe un équilibre stable, à la fois politique et religieux, ruinant le rêve hégémoniqe des Habsbourg, marquant l’échec de l’Empire universel de Charles-Quint. On entrait avant l’heure dans l’ère des nations.

    Pour tirer un trait sur l’impérialisme des Habsbourg la diplomatie française acheva de ruiner l’autorité impériale, rendant impossible toute tentative contre la paix, imposant au vaincu la fameuse barrière d’Etats « des Allemagnes ».

    Dans le monde multipolaire qui vient et voit l’anglosphère menacée dans sa pratique hégémonique par de nouveaux protagonistes (la Russie pour ne citer qu’elle), cette politique de Richelieu est en définitive éminemment moderne.

    Juste une dernière remarque: le « nationalisme intégral » fut la doctrine de Charles Maurras et non de Maurice Barrès.

    Cordialement.

  114. Merci d’avoir gentiment glissé sur mon lapsus bloguanti. Racine, Corneille, Le Cid, Andromaque… tout ça est si loin. La confusion, elle, sauf exception, attend patiemment le nombre inéluctable des années. « Ô rage ! ô désespoir ! ô vieillesse ennemie ! »

    Heureusement il nous reste l’humour; et j’aime me déclarer Alzheimer de naissance.

    Mais nous voilà bien loin du billet de Louis: « Les anglophones sont-ils Québécois ? ». Il sembre avoir trouvé sa réponse dans un billet subséquent (ou antérieur, enfin je ne le retrouve plus) où il constate avec bonheur que son beau-père, anglo de Toronto était maintenant devenu un fier Québécois.

    Ça me rassure pour notre avenir collectif.

  115. Bonjour monsieur Beaumont,

    « Je souhaite au Québec la pleine indépendance c’est-à-dire, quelle que soit la nuance politico-sociale du moment, l’unité nationale, l’unité populaire, l’unité linguistique(le français)et l’unité territoriale. Sans base militaire étrangère. »

    Intéressant.

    Mais alors comment considérer le statut des pays membres de l’Union Européenne et de la Zone Euro ?

    Ne croyez-vous pas que, considérant la vigueur des forces en présence, l’évolution naturelle de notre situation socio-politico-économique nous conduise vers une sorte de « Confédération des états canadiens » ?

    On jase là…;-)

    Avec ce que Lévesque appelait « des ententes de réciprocité » pour venir en aide à nos frères francophones du Canada. Incitant ainsi le Canada à rester « civilisé » et à ne pas se priver d’une des plus grandes langues de cette planète et de ses remarquables courrants culturels et sociaux.

  116. À Benjamin
    Tu résumes parfaitement et logiquement la situation.

  117. On peut voter NON au referendum et etre quebecois … mais alors il faut assumer son statut de colonisé !

    On peut etre un quebecois federaliste, mais qu’il ait au moins l’honneteté de remarquer qu’en date d’aujourd’hui on se fait bien fourrer, que le ROC tente de diminuer nos droits et que donc c’est bien mal barré pour l’epanouissement du Quebec. Qu’il nous dise clairement qu’il a plus a coeur les interets du ROC et de l’unité canadienne !

    On ne peut pas etre un Quebecois quand on ne reconnait pas la nation quebecoise. On ne peut pas appartenir à un groupe dont on ne reconnait pas l’existence.

    On peut se dire autant quebecois que canadien… et ca ne rentre pas en contradiction avec le fait qu’on puisse etre aussi souverainiste, la double nationalité ca existe ; et seulement les gens defendants autant les interets de leurs deux nations ou ceux restant hors de ce combat completement neutre, peuvent pretendre etre autant quebecois que canadien.

    Là où ca devient malhonnete, c’est que certain melange volontairement ou non deux niveaux incompatibles : un pays avec une province. Ils se disent autant quebecois (provincialiste) que canadiens (nationaliste). Ils pourraient tout autant se dire etre pareillement Montrealais et Canadiens, ca aurait la meme valeure.

    Dans le meme genre, quand on leur fait remarquer que la nation quebecoise est une sous-nation dans le canada, une nation n’ayant pas les memes droits que la nation canadienne, quand on leur dit qu’un quebecois n’a pas les memes droits en tant que citoyen quebecois qu’un citoyen canadien, ils nous disent : ah ? je ne vois pas en quoi j’ai moins de droit qu’un Ontarien …

    Amusant, mais les ontariens ne representent pas une nation, enfin si ils sont canadiens (niveau national), mais provincialement pas du tout !

    C’est sur ces comparaisons malhonnetes, incidieuses que certains federalistes jouent volontairement ou non pour tromper les Quebecois.

    Nous ne sommes pas l’egal de la nation canadienne, nous le seront seulement lorsque nous seront devenus independants … ce qui n’est pas incompatible avec la creation d’une confederation canadienne de nations souveraines ; ce que se garde bien de dire nos amis federalistes !

    Que des discours trompeurs, mensongers, de peurs. C’est ce qui est le plus efficace sur une population perdue et craintive.

  118. Vous me faites rire, du vrai enculage de mouche.

    En court, utilisé comme nom ça prend la majuscule, comme adjectif ça prend la minuscule. Comme la citation de Parizeau porte à interprétation, on s’en câlisse, les deux sont bons.

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Usage_des_majuscules_en_fran%C3%A7ais

    L’usage général considère que les noms de nationalité et les gentilés (noms des habitants d’un même lieu) constituent des noms propres, qui prennent une majuscule. Il en va de même pour les noms de peuples ou pour les habitants d’un continent :

    Les Toulousains et les Palois d’origine gasconne sont majoritaires.
    Les Anglais ne parlent pas le même anglais que les Américains.
    À Cayenne, vivent des Français américains, qui sont aussi des Américains français.
    Les Juifs et les Arabes.
    Les noms de langue et les nationalités employées comme adjectifs prennent toujours une minuscule. Il en va de même pour les fidèles d’une religion, d’une idéologie, d’une philosophie :

    La cuisine française est réputée.
    Le chinois n’est pas si difficile qu’on le dit.
    les juifs orthodoxes ;
    les communistes ;
    les stoïciens.

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