Projet Montréal, un danger pour le français?

Projet Montréal est-il en train de devenir le parti des anglophones? Après avoir rejeté une alliance avec Louise Harel, le parti a choisi de nombreux candidats anglophones et cherche à se proposer comme une alternative à Gérald Tremblay auprès des anglophones montréalais, dernier bastion de résistance de ceux qui refusent de s’intégrer à la culture québécoise. Et si Projet Montréal, derrière son apparence verte et inoffensive, constituait une menace pour le statut francophone de Montréal? Voilà une question pertinente à se poser après les récents déboires de Benoît Labonté à Vision Montréal. Pénaliser la corruption, d’accord, mais au détriment de la primauté du français à Montréal, je décroche.

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Source de l’image

Le sondage, fin septembre, était sans appel: 30% des anglophones appuyaient Projet Montréal, contre seulement 15% des francophones. Statistiques importantes, mais pas autant que le taux d’indécision: 44% pour les anglophones contre seulement 27% pour les francophones. Concrètement, les anglophones hésitaient encore. Qui choisir entre Gérald Tremblay, M. Corruption lui-même, et Louise Harel, la méchante péquiste qui veut défaire ce beau grand Canada? Projet Montréal s’impose comme une alternative crédible au sein d’une minorité rhodésienne votant d’une manière clanique, presque ethnique, contre toute personnalité représentant un peu trop la population québécoise. Sauf que pour aller chercher le vote des anglophones, Projet Montréal devait se donner une image un peu moins francophone, une démarche déjà en route.

Voici, en vrac, quelques candidats qui devraient faire honte à tous ceux qui espèrent freiner l’anglicisation de la métropole québécoise.

Ken McLaughlin, candidat au poste de Conseiller d’arrondissement dans le district Champlain–L’Île-des-Soeurs. Sur son blogue, il écrit un vibrant plaidoyer pour obtenir le vote des anglophones, affirmant comprendre qu’ils ne voteraient jamais pour quiconque a été ministre du PQ (bonjour le vote clanique) et leur réitérant le fait que Projet Montréal aime la « Montreal’s English community ». En opposition au caractère francophone de la ville et au fait que la langue française doit en constituer la langue commune, il se présente également en partie en anglais sur une vidéo.

Piper Huggins, candidate au poste de Conseillère d’arrondissement dans le district Jeanne-Mance. Elle habite le quartier Plateau-Mont-Royal depuis vingt ans, mais n’arrive qu’à baragouiner un français bien approximatif. Elle travaille à McGill, en anglais. Elle a été présidente de la section Quebec du NPD de 2006 à 2008.

Kamala Jegatheeswaran, candidate au poste de Conseillère de ville dans le district Darlington. Elle vit dans Côte-des-Neiges depuis vingt ans elle aussi, mais – jusqu’à preuve du contraire – ne peut même pas parler français. Dans sa vidéo de présentation, le seul mot dans la langue officielle de la ville est un pathétique « meur-cy » à la fin d’une longue déclaration en anglais.

Peter McQueen, candidat au poste de Conseiller de ville dans le district Notre-Dame-de-Grâce. Sa page Facebook est entièrement en anglais et il a affiché des pancartes unilingues anglaises, en opposition à la loi 101, alors qu’il était candidat pour le Parti Vert aux dernières élections provinciales.  Ses pancartes ne respectant pas notre langue commune avaient choqué de nombreux citoyens.

Les incohérences de Projet Montréal

Il y a près d’un mois, je parlais d’un candidat de Projet Montréal m’ayant contacté pour me demander ce que je pensais de son projet de communiquer en anglais aux électeurs de son district:

Sa logique était simple: s’il s’adresse en anglais au 15% d’unilingues anglophones de son quartier, il augmente ses chances d’être élu.

Évidemment, je lui ai répondu que je n’étais pas d’accord. C’est bien beau de se faire élire pour participer à une foule de merveilleux projets, mais quel message lance-t-on à ses électeurs, pour le long terme? On lance le message que le français ne constitue pas la langue officielle à Montréal et qu’ils n’ont pas à l’apprendre. On renforce leur conviction que ce sont les autres qui doivent leur parler en anglais, et non pas eux-mêmes qui devraient apprendre notre langue.

Oui, on peut gagner des élections en leur parlant en anglais, mais que vaut une élection à l’échelle de la disparition des francophones d’Amérique du Nord? La fin ne justifie pas les moyens. Avoir Montréal à coeur, c’est également avoir à coeur la survie de son caractère francophone.

Bref, ce que me demandait ce candidat – un anglophone d’origine mais qui parle un excellent français et qui constitue un des rares conseillers de Projet Montréal pour qui je considérerais voter; l’autre étant Carl Boileau – c’était s’il était acceptable de sacrifier une partie de ses idéaux pour aller chercher quelques votes. Ma réponse était non, et c’est toujours non.

Or, quand Richard Bergeron a refusé de fusionner son parti avec celui de Louise Harel, comme le souhaitaient plusieurs de ses membres (dont les candidates Josée Duplessis et Siou Fan Houang, deux anciennes péquistes), quand il a refusé de céder aux pressions du réseau Lapointe qui a tenté d’acheter son départ, quel message a lancé Richard Bergeron? Celui que les idéaux ne sont pas achetables et que la petite politique ne devrait pas primer sur les idées. Qu’on ne doit pas sacrifier ce qui nous est le plus cher pour espérer obtenir une version édulcorée de ses convictions en s’alliant à un parti permettant de se rapprocher du pouvoir. Ce qu’a fait Projet Montréal, à ce moment-là, c’est de se définir comme un parti d’idées, un parti qui ne se laisserait pas contaminer par une vieille façon de faire de la politique.

Le problème, c’est que la pureté de ces idées et de ces objectifs concernent surtout l’aspect esthétique de la ville. Des tramways, des rues plus propres, des pistes cyclables, davantage d’écologie, tout le monde est d’accord. Mais n’oublie-t-on pas quelque chose de plus important, de plus fondamental? La question identitaire. Montréal constitue une ville francophone dont la majorité de la population ne parle plus le français. C’est majeur comme constat.

Nos politiciens ont un rôle à jouer pour contribuer à la refrancisation de la métropole. On ne peut pas se contenter de pelleter nos nuages dans la cour du provincial ou du fédéral. La défense du français s’opère à tous les niveaux, à commencer par le municipal. Et quand un parti comme Projet Montréal refuse de s’engager sur le plan linguistique et cherche à obtenir le vote des anglophones plutôt que de chercher à les franciser, il fait exactement le contraire de ce en quoi il s’était défini après avoir refusé la fusion avec Harel: il vend son âme pour quelques votes. Du moins, si on part du principe qu’en son âme Projet Montréal croit à une ville francophone.

En fait, voici la vraie question: en quoi Projet Montréal devrait-il attacher plus d’importance à la pureté de ses idéaux au niveau de l’écologie ou de l’urbanisme qu’à ceux, tout aussi importants, de la protection du français dans la métropole? Dit autrement: pourquoi sacrifie-t-on le français alors qu’on a refusé de sacrifier ses autres projets? On m’objectera que les autres partis font la même chose. Pas si sûr.

En effet, si Vision Montréal et Union Montréal semblent prêt à tout sacrifier, s’il n’y a pas de vaches sacrées pour eux, c’est surtout parce que ce sont des partis de type coquille vide: le parti se résume grandement à la personnalité du chef. Projet Montréal, lui, est un parti qui a ses racines dans les quartiers, et c’est cela qui m’inquiète. Harel, je sais qui elle est, je sais ce qu’elle vaut. Je connais son attachement à la langue française.

Pourquoi Projet Montréal est dangereux

À l’opposé, Projet Montréal, en refusant de sacrifier quoi que ce soit sauf la langue, constitue une véritable boîte à mauvaises surprises faisant état d’une nouvelle réalité montréalaise: celle d’une ville anglicisée, sûre d’elle-même et s’encombrant de moins en moins des apparences de ville francophone. Tirant ses racines de cette réalité, le parti ne représente plus l’idéal d’un objectif commun à atteindre pour le bien-être de tous, mais plutôt les objectifs isolés d’une certaine catégorie d’anglophones soi-disant ouverts d’esprit et prêts à tout changer… tant que cela n’affecte pas la force de leur communauté linguistique. On se dit urbain, on s’affirme comme écologique, on se gargarise de développement durable et de renouvellement municipal, mais pas question de s’attaquer à ce qui menace réellement la ville: la disparition du fait français.

En ce sens, il s’agit d’une situation paradoxale. De nombreux anglophones s’identifient à Montréal à cause de sa diversité, à cause de ce côté francophone qu’ils ne pourraient retrouver dans une aucune autre ville majeure nord-américaine, mais ils contribuent, de par leurs gestes, à la disparition de cette francophonie. Ils nous aiment en nous étreignant jusqu’à la suffocation. Cette unicité de Montréal, cet incroyable potentiel qu’ils veulent lui donner, ils le font pour eux; l’idéal serait une Montréal entièrement anglophone mais conservant les caractères insufflés par la présence francophone. Une sorte de Nouvelle-Orléans du nord.

Voilà pourquoi Projet Montréal est dangereux: parce que ce parti se fait le représentant des anglophones et qu’il agit ainsi au détriment de la survie du français dans la métropole. Plutôt que de se faire le porte-parole des 90% de Québécois inquiets de la situation du français à Montréal, le parti de Richard Bergeron enfouit la question linguistique sous une ribambelle de projets certes mobilisateurs, mais qui ne contribuent pas à sauver ce qui nous importe vraiment… nous!

S’amourachant de candidats francophobes et incapables de s’intégrer à notre communauté, Projet Montréal constitue de plus en plus une sorte de pendant municipal du NPD, toujours sympathique, toujours souriant, toujours prêt à écouter les Québécois en autant qu’il ne s’agisse pas de restreindre les privilèges des anglophones. On se tient par la main, on fait une ronde, on s’embrasse, et on se bat sur tout et n’importe quoi, en autant qu’on ne se chicane pas entre nous. La génération Passe-Partout à son meilleur.

Au fond, on les comprend les anglophones de vouloir ignorer la question linguistique. Ken McLaughlin me l’a bien expliqué, sur son blogue: « Pour moi, le débat sur la langue a cessé d’être un enjeu majeur et central à un certain moment vers la fin du 20e siècle et je pense que la plupart des Montréalais seront en accord avec moi ».  Si on pouvait dater ce moment précis où la langue a cessé d’être un enjeu, j’oserais l’année où, après que le français ait atteint son plus haut niveau d’usage dans la métropole, il a commencé à chuter. Et quand M. McLaughlin affirme que les Montréalais seront d’accord avec lui, on sait de quels Montréalais il parle: les anglophones.  Après tout, pour lui comme pour Projet Montréal, ce sont bien les seuls citoyens dont la culture et les valeurs méritent d’être protégées.

Qui ne dit mot consent. En acceptant dans ses rangs des candidats insensibles à la nécessité de protéger le français et en cherchant à obtenir le vote des anglophones à tout prix, Projet Montréal contribue simplement à cette inertie tranquille qui nous amène inexorablement vers le gouffre de l’assimilation et où tous ceux qui tentent de sonner l’alarme sont irrémédiablement traités de passéistes.

Si Projet Montréal constitue le futur, je ne veux pas de ce futur. Mon futur à moi, il se fait en français.

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36 Réponses

  1. Le problème c’est ne plus de vivre en français mais de mourir de pollution avec les autres partis que Projet-Montréal qui est le seul à insister sur la réduction du trafic automobile. Toutes les grandes villes du monde le font et c’est une condition essentielle au développement de Montréal. Tant que je vivrai je vais me battre pour le français mais pour cela je veux d’abord vivre.

  2. Je suis très francophile,véritablement fièrement,humblement montréalais mais je pense que en ce moment électoral 2009, je suis plutôt très inquiet & préoccupé par le parfum de corruption flottant sur Montréal. Est-ce que ça vous tente vous de résider dans une cité menée par des politiciens corrompus achetés par la Mafia montréalaise (!?) On y voit que madame Harel ne vaut pas mieux que Gérald Tremblay.[sic]
    Celà me préoccupe assez sérieusement assez pour me troubler.

  3. Il semble que PM réunit des gens de la gauche du PQ, des gens de QS et son pendant anglophone, le Parti vert. On a ici un autre exemple du problème de la formation un mouvement de gauche à Montréal, qui se répète – ces composants diverses se repoussent quand il est temps d’aborder l’enjeu linguistique. On le voit dans l’histoire du NPD québécois, le RCM, la fusion ratée entre QS et le parti Vert, j’en passe…

    Comme candidat, M. McLaughlin démontre de la mauvaise discipline – la meilleure idée pour garder cette coalition unie semble de ne pas en parler du tout.

  4. http://www.friendsoflouiseharel.com

  5. En parlant de langue, je viens d’apercevoir Harel à Tout le monde en parle, juste le temps de l’entendre repondre à la question : « si vous ne maitrisez pas l’anglais, comment allez vous faire des affaires sur le plan international ? »

    Et naturellement, elle n’a pas eu le courage de repondre : en francais !

    1- les traducteurs existent. Beaucoup de non-anglophones de pays fiers ne se plient pas devant le tout-à-l’anglais et negocie pourtant sur le plan international.

    2- on peut avoir dans son entourage des gens qui maitrisent bien l’anglais et dont la job est justement de servir d’intermediaire au niveau des negociations (d’ailleurs, generalement ce ne sont pas les chefs qui negocient, mais les conseillers. Les chefs, ils signent !).

    3- mais quel connard ce Guy A Lepage de soulever un point aussi minable quant on voit deja le mal qu’on a à defendre le fait francais au Quebec.

    J’en ai rien à foutre comme Montrealais que Harel parle ou non l’anglais. J’ai deja vu un premier ministre d’un pays du G8, un des 5 membres permanents de l’ONU, parler l’anglais comme une vache espangole et ca ne l’a pas empecher de fonctionner et de conclure des affaires ! Faut arreter de nous bassiner avec l’imperialisme de cette langue ! Defendons la diversité et la richesse que cela apporte au monde.

    3- plus ca va, plus je refuse meme de repondre à quelqu’un qui s’adresse à moi dans cette langue. Meme en francais (parce que deja je ne le fais pas en anglais).

    Monde de merde !

  6. «Après tout, pour lui comme pour Projet Montréal, ce sont bien les seuls citoyens dont la culture et les valeurs méritent d’être protégées.»

    Je ne vois pas à la suite de quel raisonnement ton billet en arrive à la conclusion que le discours déplorable de quelques candidats puisse entraîner que Projet Montréal cherche à protéger la culture et les valeurs de anglophones et pas celles des francophones. D’un questionnement que je trouve tout à fait valable et troublant, tu en arrives à une généralisation un peu facile et à des affirmations non démontrées.

    Par ailleurs, si je trouve la protection du français demeure un enjeu primordial pour Montréal, je suis aussi d’accord avec Moukmouk : si on ne travaille pas activement à la protection de la planète, la question ne sera plus de savoir si on parlera français ou anglais dans quelques générations, mais de savoir si quelqu’un parlera.

  7. @Moukmouk: Devrait-on avoir à choisir entre la survie de notre planète et notre survie en tant que peuple? A-t-on perdu une guerre? Ah oui, en 1760… Sérieusement, on peut avoir un parti qui respecte les Québécois tout en ayant l’environnement à coeur!

    @Sylvain Viger dît Cyberwing: Je crois que Harel vaut mieux que Tremblay. Elle a agi rapidement pour se débarrasser de Labonté, contrairement à Tremblay qui a toléré un Zampino pendant une éternité. Ceci dit, rien n’est parfait, mais au moins Harel on sait où elle se situe d’un point de vue linguistique et cela me rassure.

    @NEUmontrealeno: Analyse très intéressante. Ceci dit, je suis content que McLaughlin ait parlé; il a simplement exprimé tout haut ce qui se discute tout bas: Projet Montréal est un parti de plus en plus anglophone et ce sont des gens qui n’ont rien à foutre de la loi 101 qui y militent. Pas tous (heureusement!), mais beaucoup. Si je fais exception du Plateau, le reste fait dur.

    @Yanic Fortier-Roy: Pour la galerie.

    @reblochon: Voilà son problème à Harel: elle n’ose pas aller jusqu’au bout de ce qu’elle est. Je suis d’accord avec toi qu’elle aurait dû y aller à fond. Sérieusement, croyez-vous qu’un ministre iranien rencontrant un ministre russe ne peuvent se comprendre? Les traducteurs, ce n’est pas pour les cochons. Harel a bien performé, mais elle aurait pu faire mieux en s’assumant davantage.

    @Darwin: C’est bien davantage que le discours de quelques candidats. C’est toute une mentalité qui gangrène Projet Montréal. Une mentalité selon laquelle il est correct et normal de parler anglais à Montréal. Et le chef accepte cela. C’est inacceptable.

    Et je ne partage pas ton pessimisme sur la planète. Ce n’est ni Harel, ni Tremblay ni Bergeron ni O’Sullivan qui feront qu’on parle ou non dans cinquante ans. Par contre, si rien n’est fait pour enrayer l’anglicisation de Montréal, alors il sera trop tard d’ici quelques décennies.

    Merci pour vos commentaires!

  8. «Ce n’est ni Harel, ni Tremblay ni Bergeron ni O’Sullivan qui feront qu’on parle ou non dans cinquante ans.»

    Et ils ne peuvent pas non plus changer les lois linguistiques, ni veiller à leur application. Dans les deux cas, langue et environnement, ils ont un certain pouvoir, mais aucun qui soit déterminant. J’ajouterai que le pouvoir qu’ils ont le plus dans ces deux domaines est celui sur le transport, surtout le transport en commun, et que l’exercice de ce pouvoir aurait des conséquences importantes sur la qualité de vie des Montréalais.

  9. En lisant les biographies des candidats Projet Montréal sur leur site, je note que Marius Minier (dans Pointe aux Trembles) est président de la SSJB (section Louis-Riel).

    http://www.projetmontreal.org/arrondissement/candidateread/arr/13/candidate_id/55

  10. Bonsoir,

    Je n’écris pas pour être publier. D’une part, vous sources ne me semblent pas très fiables. Pipper et Peter parlent tous deux très bien français je vous l’assure, bien mieux que malheureusement plusieurs Québécois.

    D’autre part, le problème du français à Montréal est bien plus dû à l’inertie du PQ qu’à toute autre chose. Bien honnêtement vous visez l’éléphant mais abattez la souris. Oser vous attaquer aux vrais problèmes, les institutions et l’immigration. Concordia est actuellement le fer de lance de l’anglisisation de Montréal et qui a financé, le PQ! L’hôpital universitaire de McGill, qui a financé, le PQ et Louise Harel! Redonnez cet argent aux institutions francophones (plus aucune subvention du MELS à Concordia et pas d’hôpital anglophone) et le visage de Montréal changera presque instantanément.

    Il y a actuellement des changements majeurs au MICC et tout le monde dort au gaz!!!!

    Si les francophones appuient Harel, c’est par sa présence médiatique et parce que comme vous même l’écriviez, la presse francophone ignore Projet Montréal. On ne peut le nier, elle est plus connue que Richard Bergeron.

  11. Ce qui m’étonne avec les verts et les mordus de la gauche à toutes les sauces, c’est de ne jamais considérer le peuple Québécois comme un écosystème comme tous les autres. Les anglos à Montréal bénéficient d’un réseau médiatique plus important que pour leur nombre, et toutes proportions gardées, elles sont à peu près dignes des nôtres dans notre francophonie. En cela, je peux comprendre que le phénomène d’assimilation ne les atteignent pas puisqu’ils sont en plein statut quo sur la question nationale. Ils vivent le Québec au goût du jour américain et en vase-clos.

    Le Parti Québécois de René Lévesque a toujours lutté au sein du parti pour ne jamais faire subir à ses habitants d’origine anglaise ce que les français ont subit sous le joug colonialiste et néo-colonialiste canadien. Lorsque le RIN a intégré le parti, il a eu fort à faire pour faire reconnaître des droits aux anglophones, d’autant plus qu’on était sous le Bill 63 qui permettait aux allophones de choisir leur langue d’éducation. Jusqu’à relativement tout récemment, cette doctrine s’est imposée dans le parti lorsque Pauline Marois a fait amender une disposition constitutionnelle afin de permettre la rénovation des Commissions Scolaires religieuses pour les transformer en Commissions Scolaires linguistiques.

    On se contera pas de menteries, tant que nous vivrons sous la Charte des droits et libertés Canadienne, la question linguistique ne pourra jamais être soumise de façon coercitive, telles qu’en font la preuves les quelques 200 amendements à la loi 101. En attendant, il n’y a rien de mieux à faire que de lutter comme nous l’avons toujours fait : dans les tranchées du militantisme et dans l’expression de notre culture avec une fierté démesurée dans tous les domaines d’activité.

    « Chacun est responsable. Responsable de tout, responsable de tous. Quelque soit sa langue, sa couleur de peau ou son origine ethnique, il y a un prix pour la victoire et il y a un prix pour la défaite. »
    – Lettre à Jérémie, Pierre Falardeau

    Dans la campagne actuelle, tous les partis accusent d’une mollesse de vaincus. Union Montréal, n’en parlons pas. Mais Gérald Tremblay dans l’Actualité est allé jusqu’à dire que la communauté anglophone de Montréal faisait partie du peuple fondateur de la ville. Quelle honte historique! Quelle honte pour cet ancien libéral sous Robert Bourassa! Quel menteur!

    Louise Harel, à force de s’excuser et d’avoir osé afficher en anglais. Quand 6% de la communauté anglophone t’appuient, t’as pas à te mettre à genoux davantage. Il est d’autant plus dommage qu’alors que les Peter Trent de ce monde l’accusaient d’unilinguisme (quelle honte!), elle n’ait pas osé répondre qu’elle parlait Français, espagnol, anglais et catalan. Depuis quand baragouiner est un signe d’ignorance? (Sarko ne baragouine-t-il pas autant qu’elle?) On a bien rigolé de Pauline et Louise qui n’étaient «pas bonnes» quel est le seuil de maîtrise acceptable? Le même que Bev Oda, ancienne ministre du patrimoine sous Harper, qui ne connaissait pas un traître mot de français?

    Petite anecdote, j’ai ENFIN vu Pauline Marois relever la tête, cet été, à l’émission Bons Baisers de France. On lui a remit le sujet sur le nez et elle a enfin répondu : « Je suis des cours, je fais des efforts, mais vous savez, je tiens à rappeler que le français est la langue officielle du Québec et il bien plus important d’en faire la promotion.»

    Applaudissements.

    Pour ce qui est de Richard Bergeron, ben c’est la même chose. Le statut quo. Et c’est bien ça qui est terrible. Mais voilà, pour les élections municipales, vous devrez voter pour un maire, un maire d’arrondissement et un conseiller de district. Je vous l’annonce à l’avance, il y a peu de chance que Projet Montréal ne fasse élire un grand nombre de candidats. Bergeron est plus populaire que son parti. S’il est élu, il devra nécessairement former son conseil exécutif avec des membres d’autres partis. Il en avait d’ailleurs fait la promesse.

    Donc, à vous de connaître vos candidats, les programmes et leur valeur politique. Si chacun faisait un choix éclairé, on pourrait avoir de belles surprises pour notre avenir municipal.

  12. […] vraiment ce qu'il faut alors ? Voter pour Projet Montréal ? Même si Louis P. pense que ce parti favorise l'anglicisation de Montréal et qu'il veut bien qu'on pénalise la […]

  13. La défense de notre langue et la promotion de l’indépendance sont deux combats importants, ça va de soi. Mais voulez-vous cesser de prendre la politique en otage? Les anglophones de Montréal qui ont des tendances politiques progressistes n’ont pas le droit de faire entendre leur voix? Projet Montréal ne peut pas tenter de les rallier à un programme politique?

    Je commence à croire que tu es raciste Louis. Tu ramènes ces arguments assez souvent. Est-il nécessaire de s’en prendre à la communauté anglophone pour défendre le français et l’indépendance? Et que feras-tu? Tu annuleras ton vote? T’es pas écoeuré de la corruption à l’hôtel de ville? T’as pas le goût d’appuyer un regroupement de citoyens et d’essayer une nouvelle façon de pratiquer la démocratie?

    Ça sert à quoi de protéger sa langue si on a rien à se mettre sous la dent?

  14. @Yanic Fortier-Roy: C’est intéressant, mais insuffisant.

    @Nicolas Bergeron: J’ai moi-même assisté au discours de Piper Huggins lorsqu’elle a été présentée sur le Plateau, et mon beau-père originaire de Toronto parle mieux le français qu’elle. Quant à Peter McQueen, son problème n’est pas qu’il ne parle pas français, mais plutôt qu’il affiche une vidéo bilingue et, surtout, qu’il a affiché des affiches unilingues anglophones l’an dernier.

    @Julien Beauregard: Je suis d’accord avec l’essentiel de ce propos, sinon qu’on peut être de gauche et fier de défendre sa langue et sa culture. C’est d’ailleurs ma position, depuis toujours: social-démocrate.

    @lutopium: Les anglophones forment une race, maintenant? Je croyais que c’était une langue et que quiconque désirait s’intégrer pouvait apprendre le français. Laisse tomber tes accusations stupides. On ne fait pas de gâteau sans casser des oeufs; on ne peut pas protéger le français à Montréal sans casser cette « Montreal English Community » qui nuit à la survie du français.

    Quant à la corruption, c’est Québec qui doit mettre en place une commission d’enquête. J’aime tout de même mieux un parti corrompu défendant le français qu’un parti non-corrompu à genoux devant les anglophones. Ceci dit, la réalité est plus nuancée, alors oui je risque d’annuler mon vote.

    Merci pour vos commentaires.

  15. Chose certaine, je suis bien heureux de comprendre l’anglais et je lai appris tôt à mes enfants.

    Les Québécois qui ne comprennent pas l’anglais sont à la merci des journalistes du Québec. C’est à dire à leur médiocrité et soumission au fédéral. Comparé à l’information disponnible en anglais dans le monde, les médias québécois sont des torchons de bêtises.

    Pas étonnant que nous sommes un peuple qui se meurt et qui ne sait reprendre sa place à Montréal. Les médias francophones du Québec sont aussi corrompus que les politiciens de Montréal et ont donc la main mise sur les unilingues francophones en les maintenant dans l’ignorance.

    Pour combattre un ennemi, tu dois connaître sa langue.

  16. Un bon exemple est cet article de Josée Legault sur un article du ROC et qu’elle retransmet en anglais. Aucun unilingue franco au Québec ne peut le lire et ce n’est pas dans les médias francos au Québec qu’on aura eu droit à une telle information :

    http://www.voir.ca/blogs/jose_legault/archive/2009/10/18/la-mal-233-diction-accurso.aspx

    Désolé, mais un uniligue francophone au Québec est defacto un ignorant politique.

  17. Cher Louis. Je ne crois pas être stupide. Mais si tu crois que les gens qui ne pensent pas comme toi le sont, alors vas-y, traites-moi de tous les noms. J’ai épousé une québécoise anglophone. Elle est indépendantiste. Elle est d’accord avec nous pour que l’on prenne toutes les mesures nécessaires pour protéger notre langue et notre culture. Elle est progressiste. Elle est membre de Québec solidaire.

    Cependant, elle apprécie quand on l’approche dans sa langue maternelle de temps en temps et qu’on lui donne l’opportunité de répondre en anglais afin qu’elle puisse exprimer correctement le fond de sa pensée (dixit Louise Harel). Si PM peut créer des liens entre les progressistes francophones et anglophones de Montréal, grand bien leur fasse.

    J’ai beaucoup plus d’affinités avec un anglophone progressiste qu’avec un nationaliste de droite.

  18. Comme si les anglophones de Montréal étaient tous des ennemis… C’est n’importe quoi. Et c’est ce que j’appelle du racisme. Xénophobie si vous préférez.

  19. Des « progressistes » ! 🙂

    La famille et la nation sont des concepts primitifs et dépassés ?

    La conversion de Richard Bergeron à l’Islam est un acte progressif ?

    Le désir de votre femme de « conserver » sa culture anglaise c’est progressif ?

    Un beau petit terme magique que ce « progressime ». On peut lui faire dire n’importe quoi !

    Même chose pour conservatisme !

  20. l’Anglais n’est pas une race, mais une nation. Les Anglais de Montréal ne sont pas des étrangers, donc il n’est pas question de xénophobie.

    C’est vous qui dites n’importe quoi. C’est comme votre « progressisme ».

  21. Je voulais surtout souligner que la législature sous sa forme actuelle ne peut répondre aux idéaux absolus de l’affirmation nationale. Et ce n’est pas avec le gouvernement Charest qu’on verra la lumière au bout du tunnel. En attendant, il faut mettre l’épaule à la roue de toutes les manières possibles, ce qui implique de faire soi-même la promotion de la culture et de l’éducation nationale.

  22. Vous ne niez pas que, pour vous, les anglophones de Montréal sont des ennemis. Les anglophones de Montréal sont des canadiens-anglais, certains se proclament même québécois (quebeckers). Certes, pour vous ils sont sans doute les descendants de ceux que vous appelez les colinisateurs, les oppresseurs. Cependant, les anglophones de Montréal et d’ailleurs au Québec n’y ont rien à voir avec ces histoires. Ils n’ont pas demandé à naître ici.

    Beaucoup d’entre eux adorent le Québec. Pour beaucoup, c’est leur pays, leur terre. Ils se plaisent ici. Ceux qui n’appréciaient pas la spécificité du Québec ont déjà quitté. Vous pouvez jouer sur les mots autant que vous voulez, je sais que vous comprennez ce que je veux dire.

  23. Vous êtes un expert des paralogismes cher Jean-Baptiste… Vous savez exactement ce que je veux dire.

  24. En effet !

    C’est vous qui ne savez ce que vous dites !

  25. Oui, les unilingues anglais du Québec sont des ennemis de la nation québécoise. Encore plus s’ils s’opposent au français officiel des institutions.

    Ce sont des ennemis de la nation.

    Il n’y a pas plus de racisme ou xénophobie là dedans que l’interdiction des écoles linguistiques aux USA !

    Les USA sont racistes et xénophobes ?

  26. Je me sens exclus, snif, snif, le seul à qui tu n’as pas répondu. 😉

    Pourtant, je crois avoir touché à un point important dans ce débat : que peut faire un maire de Montréal, positivement ou négativment, pour améliorer ou détériorer la situation du français à Montréal ? Que ferait Louise Harel de plus que Tremblay, et que ferait Bergeron de moins ? Jusqu’à maintenant, les seuls arguments que tu as développés portent sur la langue maternelle et d’usage de certains candidats de Projet Montréal, pas sur les actions qui pourraient changer quelque chose.

    Du côté de l’environnement, le programme de Projet Montréal est nettement plus ambitieux que celui des autres partis (c’était entre autres évident lors du débat de ce soir). Il est le seul qui entraînerait une amélioration concrète à ce chapitre.

    Je ne comprends pas…

  27. Je suis désolé je t’ai sauté sans faire exprès. À mon avis, un maire de Montréal peut faire beaucoup pour le français, à commencer par l’exemple. Il peut aussi refuser la bilinguisation des services municipaux et se conformer aux recommandations de l’OQLF qui stipulent qu’on ne peut exiger le bilinguisme lors de l’embauche d’employés. Le maire peut faire beaucoup, mais malheureusement, Richard Bergeron est entouré d’anglophiles, ce qui le rend insensible au sort des Québécois.

  28. Bon, c’est plus clair, même si je ne suis pas plus d’accord. C’est la vie…

    Mais, je vois mal Bergeron bilinguiser les services municipaux. Et je maintiens que le vrai pouvoir pour poser des gestes signifiants pour le français ne sont pas à l’hôtel de ville, mais à l’Assemblée nationale. Et je ne vois par Mme Harel avoir beaucoup d’influence sur le gouvernement Charest pour le faire agir de ce côté…

    Même si certains à Projet Montréal avaient des intentions du type de ce que tu crains, ce dont je doute, si Projet Montréal prenait le pouvoir, il y aurait plein de francophones, dont ceux du Plateau, pour les empêcher.

  29. « Cependant, les anglophones de Montréal et d’ailleurs au Québec n’y ont rien à voir avec ces histoires. Ils n’ont pas demandé à naître ici. »

    Deviens anglophone de langue maternelle et laisse les anglophones d’ici te « confier » entre anglos leurs vraies opinions sur la nation québécoise, le français, etc. Tu serais bien choqué!

    Termine ta conversation anglaise avec une « bonne journée » ou quelque chose comme ça, et vois ce qui se passe.

  30. Mais un Quebecois qui ne parle pas anglais, mais l’espagnol et l’allemand, voire le chinois, le portugais ou le russe, ca reste donc d’apres toi un ignorant politique sans etre unilingue ?

    Excuse, mais il n’y a pas besoin de comprendre l’anglais pour comprendre la politique au Quebec. Je connais personnellement quelques quebecois tres politisés et tres au courant de la realité qui ne parlent pas anglais, du moins pas couramment.

    On la connait la chanson des anglos tant celle des nationalistes canadiens fanatiques anti-separatisses vivant chez nous, que celle des ultra-nationaliste canadien du ROC, pas besoin de parler anglais pour savoir ce qu’ils disent, c’est le meme discours depuis 300 ans !

    Quant à l’article sur Antonio Nicaso, oui il a ete traduit par la presse d’ici. Et pour bien comprendre ce phenomene, ce n’est pas l’anglais qu’il faut parler, mais l’italien pour lire tout ce qui se fait sur ce sujet en Italie ! Doh !

    On peut tres bien vivre une vie sans prononcer un mot d’anglais si on a un metier qui ne necessite pas cette langue – et il y en a moins qu’on pense si on etait capable de se ternir debout dans nos entreprises et aupres des clients ; non, etre servi en anglais dans les commerces ne fait pas partie des droits de notre minorité anglophone, et si on se tenant, ils seraient bien obligé de s’y faire ou s’exclure d’eux-memes de la société quebecoise qui a pour langue COMMUNE le francais, ce que peut de Quebecois ont compris et pas parce qu’ils sont unilingue, juste parce que ce sont des ignorants tout court et qu’ils ont encore l’impression d’etre né pour un petit pain. Dans le ROC, les commercants anglais ne se font pas chier pour nousservir en francais et on leur fout la paix, on ne les traite pas de racistes et gens refermés sur eux-memes et en plus, on s’adapte, on leur parle en anglais ou du moins on essaye de se faire comprendre dans leur langue.

    Gébé a raison sur un point, le probleme c’est quand meme l’hatitude de la GRANDE MAJORITÉ (donc pas tous) des anglais, tant dans le ROC qu’au Quebec, directement ou indirectement, activement ou par simple complaisance… mais ca reste qu’ils sont le probleme en bout de ligne. (dans anglophone, j’entends aussi les allophones qui sont devenus anglophones en choisissant leur camp, celui du canada au detriment de l’appartenance à la nation quebecoise qui les a pourtant accueillis.)

  31. Ramener les familles à Montréal, dont beaucoup sont francophones et vivent dans les banlieues, est un pas vers le renversement de la tendance linguistique actuelle. En essayant de renverser la tendance démographique qui fait que les francophones fuient l’île pour des raisons de qualité de vie, cela aura j’espère un impact positif sur le dynamisme du français à Montréal.

  32. […] the Francophone left is worried that Projet Montréal’s candidates don’t pay sufficient attention to the fragile condition of…, here comes the Gazette to reinforce the solitudes by keeping the disenchanted population aligned […]

  33. […] ledernierquebecois.wordpress.com/…/projet-montreal-danger-francais […]

  34. […] Projet Montréal, malgré ses candidats ne respectant pas le caractère francophone de Montréal, constitue une option intéressante. Mais voilà, justement, il n’y a rien de plus […]

  35. regardez ce vidéon intéressant Richard Bergeron pense que les hommes sont des « dangers au volant ». De plus, il n’hésite pas, au besoin, à donner de dangereuses leçons aux piétons et aux cyclistes. Cela n’a rien de rassurant sur la façon de penser et sur le jugement d’un homme qui veut devenir maire de Montréal ce n’est pas très rassurant !!!!!!!!!!!!!
    http://archives.radiocanada.ca/environnement/ecologie/clips/17153/
    http://archives.radio-canada.ca/environnement/ecologie/clips/17153/

  36. […] en anglais de The Brick, ce ne sont que de petites erreurs de l’OQLF, ce ne sont que quelques candidats anglophones de Projet Montréal, ce n’est qu’une affiche, ce n’est qu’un tribunal, ce ne sont que des Jeux Olympiques, […]

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