Les fables de Clément Gignac

« Ce sont les plus riches qui profitent du gel des tarifs d’électricité », affirme Clément Gignac, ex-banquier récemment converti en robin des bois modernes. Un peu plus et il fait de la lutte des classes et de l’émancipation des prolétaires sa plus grande priorité! Vous y croyez, vous, à un parachuté du monde des affaires qui prendrait le parti de la classe moyenne et des plus démunis en augmentant leur facture d’électricité? Moi, je n’y crois pas du tout.

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En effet, la logique derrière cette affirmation est très faible: les plus fortunés subiraient plus durement la hausse des tarifs parce qu’ils consomment davantage d’électricité. Ils possèdent une grosse maison, un garage chauffé, un spa, ont des lumières partout, des planchers chauffants; l’augmentation des tarifs leur coûterait donc plus cher qu’à des gens ayant un revenu moins important. Fable attrayante, mais fausse. La donnée véritablement importante n’est pas l’augmentation des coûts d’électricité à un niveau brut, absolu, mais plutôt la hausse en fonction de la capacité de payer du citoyen.

Ainsi, prenons pour exemple deux citoyens. Pierre, habitant un 4 1/2 non-chauffé et ayant un salaire de 30 000$ et Michel, possédant une maison en banlieue et gagnant 75 000$ par année. Pierre paie 100$ d’électricité par mois, et Michel 150$. La clef pour bien comprendre cette situation est dans cette différence: la maison de Michel peut être deux fois plus grande que l’appartement de Pierre, mais sa facture d’électricité ne constitue pas le double pour autant. C’est simple à comprendre: Michel ne prend pas deux fois plus de douches que Pierre, ne mange pas deux fois plus de nourriture cuite, n’a pas deux fois plus de réfrigérateurs, etc.

Maintenant, si on augmente les frais d’électricité de 20%, Pierre voit sa facture passer de 100$ à 120$, tandis que Michel la voit passer de 150$ à 180$. En apparence, Michel est davantage pénalisé que Pierre par cette hausse de tarifs, ce qui confirmerait l’hypothèse de Clément Gignac.

Or, la vérité est toute autre. La hausse de 20$ par mois de Pierre représente, sur son salaire mensuel de 2500$ (30 000$ / 12 mois), une charge de 0,8%. Le 30$ de Michel, lui, sur un salaire mensuel total de 6250$ (75 000$ / 12 mois), représente une augmentation de la charge réelle de 0,48%. En clair, le fardeau imposé à Pierre est légèrement inférieur au double de celui de Michel. La taxe – car c’en est une – le touche ainsi bien davantage que pour Michel. Pour Pierre dans son 4 1/2, le 20$ constitue peut-être l’argent d’une sortie bien méritée à la fin de la semaine; pour Michel dans sa maison, ce 30$ ne constitue peut-être que de l’argent de poche. Notons que dans la vraie vie, l’impôt progressif contribuerait à réduire un peu cette inéquité, mais le fait demeure: la personne ayant un revenu inférieur subit plus fortement les hausses que la personne jouissant d’un revenu plus élevé.

On le constate, l’argument voulant que ce soient les plus fortunés qui fassent les frais de ces hausses de tarifs ne tient pas la route. En haussant les tarifs d’électricité, ce sont les moins bien nantis qui écopent, car ce sont eux qui ont à subir la charge la plus élevée en fonction de leurs revenus. Ces hausses constituent une flat tax, c’est-à-dire qu’elles annihilent le pouvoir redistributeur de l’État; elles imposent le même poids financier à deux catégories de citoyens n’ayant pas la même capacité de payer.

Bref, plutôt que d’avoir le courage politique d’annuler les baisses d’impôts de la dernière décennie ayant surtout profité aux mieux nantis et privant l’État québécois de près de 10 milliards de dollars par année, Gignac propose la facilité: faire payer tout le monde, indépendamment de la capacité de payer, pour le gros party que se sont octroyés les plus fortunés.

Si on désire réellement utiliser les tarifs d’électricité pour renflouer les coffres de l’État, qu’on fasse comme pour l’impôt et qu’on impose des tarifs différents en fonction du revenu. On pourrait créer trois ou quatre classes de tarifs, s’assurant ainsi que chaque personne, peu importe son revenu, supporte sensiblement le même fardeau. En faisant cela, non seulement s’assurerait-on de respecter la capacité de payer des citoyens, mais on inciterait les mieux nantis à y penser un peu avant de gaspiller l’énergie. Car le projet de hausse actuel, quoi qu’en disent les Alain Dubuc de ce monde, réduit le niveau de vie de la classe moyenne et des plus démunis tout en assurant la continuité de l’orgie de kilowatts des mieux nantis – dont font évidemment partie les éditorialistes du réseau Gesca.

Nous avons la chance, au Québec, de payer des tarifs d’électricité beaucoup moins élevés qu’ailleurs. Il ne s’agit pas d’un déshonneur, mais d’une véritable fierté, attachant le citoyen du Québec au puissant symbole que représente Hydro-Québec et constituant un important rempart contre tous les vautours du privé qui aimeraient démanteler la société d’État. On ne doit pas tout mêler: si le problème est le gaspillage, qu’on fasse payer le kilowatt/heure plus cher à ceux qui en ont les moyens. Et si le problème est financier, qu’on augmente les impôts de ceux qui ont profité de baisses trop généreuses. Ce n’est pas en faisant croire que le fait de jouir de tarifs avantageux devrait constituer une tare à éliminer sur l’autel du déficit zéro qu’on participe constructivement à la recherche des réelle solutions.

Profiter de difficultés financières pour s’attaquer encore une fois à la classe moyenne et aux plus démunis, c’est moche. Mais de devoir prendre jusqu’à l’argent de l’épicerie pour payer l’électricité et se faire dire que ce sont ceux qui sont les plus fortunés qui sont les plus pénalisés, c’est carrément indécent.

Clément Gignac aurait peut-être dû rester dans le privé. Il ne semble pas avoir compris qu’on ne gère pas une société comme une entreprise. Quand l’État est dans le rouge, on ne peut pas simplement donner son 4% aux employés du bas et refiler le problème à quelqu’un d’autre. Il faut tenir compte des moins bien nantis et d’une classe moyenne de plus en plus écartelée, fruit de politiques créatrices non pas de richesse, mais d’inégalités sociales.

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32 Réponses

  1. Sur nos factures d’électricités, on peut remarquer qu’il y a deux tarifs, un pour les 30 premier kwh du mois et un autre, plus cher, pour l’excédent. Qu’on augmente le tarif pour l’excédent en gelant le tarif des 30 premiers kwh(voir p-e un peu plus que ça en hiver) et là on aurait peut-être un début de solution, où les riches paieraient effectivement plus.

  2. N’est-ce pas ce même gouvernement qui a baissé les impôts de façon importante il n’y a de cela pas si longtemps? L’économie va bien on baisse les impôts, l’économie va mal on coupe les services. L’État inévitablement donne de moins en moins de services. C’est un cercle vicieux.

  3. On vois ce que vallent ces « analystes économiques » que nos médias de masse nous présentent toujours comme des « experts ». Nos gouvernements ne sont plus influencés par les banquiers, car ceux ci sont maintenant le gouvernement.

    Biensûr qu’il ment. Il est là pour enrichir sa caste et voler le peuple.

    Toute l’hypocrisie derrière les beaux discours sur l’écologie, la conservation de l’énergie, la crise financière et l’économie.

    Le nouveau slogan d’Hydro Québec est tellement représentatif de cette hypocrisie ; « Mieux consommer ». Au lieu de mieux conserver.

    Pourtant, ce n’est pas sorcier d’économiser l’énergie. Il suffit d’établir une moyenne des nécessités de base qui demandent une consommation d’énergie pour un logement de base et gelé ce montant.

    Le propriétaire-locateur d’un logement mal isolé se voit remettre à payer l’exédent sur la facture du locataire. Ce propriétaire doit isolé le logement.

    Ainsi on encourage les citoyens à viser cette base économique et conserver l’énergie pour la revente et l’investissement ailleurs comme l’éducation et la formation.

    Des citoyens qui ne peuvent se chauffer et payer leur loyer, ne peuvent pas s’éduquer. Il sont en mode survie.

    Un banquier comme minsitre d’économie ? Quelle farce !

    Un banquier ça n’économise pas, ça encourage à dépenser et à consommer pour pouvoir prêter. Un banquier ça cherche l’endettement des citoyens. Tout le contraire de l’économie qui est de faire plus avec moins.

  4. Comparer un gars qui ne gagne que 30k à un autre qui gagne 75k, c’est boiteux…
    Je suis d’accord avec l’idée de charger selon la consommation, de façon à charger plus à ceux qui ont 3 réfrigérateurs, un chauffa-piscine, deux douches, un sauna, etc…

  5. Absolument d’accord avec Kraman. Une justice, un système simple qui réduis le nombre de faille qui peuvent être abusé.

    Le seul truc je finirais pas en disant que c’est les riches qui payent plus mais les gros consommateur qui payent plus. Un riche qui fait attention évite ainsi la hausse.

  6. Tu préfères quoi comme ministre des finances, un spécialiste de l’aide social qui pense que ce serait génial que tout le monde puisse ne pas travailler et vivre de l’état?

  7. D’une evidence tellement claire, qu’on ne comprend toujours pas pourquoi on n’applique pas le consommateur-payeur tout en epargnant les economes et les pauvres (qui ne sont pas censés avoir des chateaux remplis d’ampoules hallogenes dans leur jardin)

  8. Ce n’est pas un ministre des finances. C’est le ministre du développement économique. C’est à dire développer des procédés qui permettent des économies. Oui, des procédés qui réduisent le travail et produisent autant ou même plus. Donc, coûtent moins et rapportent plus.

    Avant, il y avait des centaines de bûcherons dans les forêts et maintenant il n’y en a que des dixaines qui grâce au développement d’outils performants travaillent moins et produisent plus que ces centaines d’hier.

    Oui, c’est toute la population qui doit profiter de ces développements et non pas seulement quelques uns. Les ressources appartiennent à tous les citoyens.

    Pas besoin d’un spécialiste pour ça. Suffit d’un homme honnête.

  9. C’est bien évident que les impôts et taxes, ainsi que les champ de compétence et les services des gouvernements diminuent de façon constante depuis 50 ans

  10. Dans une même logique, les prix à l’épicerie sont les même pour tout le monde, de ce fait le riche paye beaucoup moins cher et ça vas à l’encontre de notre société égalitariste. Il faudrait que les bien de consommation soient indexé à la capacité de payer des consommateurs! Il en va de la justice sociale!

  11. Ce n’est pas boiteux ça illustre simplement que 20$ par mois d’augmentation c’est plus dur pour un gars de 25K que 30$ pour un gars de 75k. Me semble que c’est clair. Sortons nos calculettes que diable.

    Ce qu’il y a de désolant dans cette affaire, c’est le syndrôme du « pas dans ma cour ». Celui qui n’a pas d’enfants est d’accord pour augenter les frais de scolarité, celui qui n’a pas d’auto est d’accord pour augmenter les taxes sur l’essence, celui qui a tout est d’accord pour enlever à celui qui n’a rien et celui qui n’a rien est d’accord …non, scusez, lui y compte pas.

    Ça me rappelle une fois où, voulant rendre plus équitable le coût des cotisations syndicales, nous avions voulu égaliser les cotisations APRÈS impôt. Les salaires des membres allaient du simple au quintuple et tout le monde payait la même chose (utilisateur payeur) avant impôt (les cotisations sont déductibles d’impôt). Sortez vos calculettes, je n’ai pas la patience de Louis pour vous faire le calcul. Eh bien, les quintuples on paqueté l’assemblée et battu la proposition. Heureusement, depuis, les cotisations ont été basées sur le salaire horaire.

    Pas dans ma cour !

  12. @tous: Mon hébergeur web a connu de graves ratées de 13h00 à 22h00 aujourd’hui. C’était la première fois que c’était si grave et le site n’a pas été disponible pendant ces heures. Désolé! Si ça se reproduit trop souvent, je vais changer d’hébergeur!

    @Kraman: Ce serait une solution intéressante. Je ne sais pas si ce serait suffisant, mais c’est intéressant!

    @André: D’accord qu’un riche qui fait attention ne doit pas être trop pénalisé. Mais il faut qu’existe une réelle distribution de la richesse; à mon avis il ne faut pas hésiter à annuler les baisses d’impôts accordées aux mieux nantis!

    @reblochon: Le concept d’utilisateur-payeur est souvent ce qui conduit aux plus grandes inégalités. On est tous l’utilisateur, un jour, en fonction de nos besoins, et non pas de nos revenus!

    @Je me souviens: Bien d’accord! Ce gouvernement a gaspillé les surplus pour baisser les impôts des mieux nantis. Avant de vouloir augmenter la facture d’électricité de la classe moyenne et des plus pauvres, ne serait-il pas plus cohérent d’annuler ces baisses d’impôts?

    @Gébé Tremblay: Bon point, concernant les locataires. Si un locataire vit dans un appartement mal isolé, pourquoi en subirait-il les frais simplement parce qu’il est trop pauvre pour être propriétaire? En haussant les tarifs d’électricité, on s’attaque à ces gens-là!

    @Garamond: Je connais des gens qui font plus de 100 000$ par année et ils n’ont pas 3 frigidaires. Ils ont un petit condo bien situé et ne consomment pas nécessairement beaucoup plus que les autres. Pour eux, une hausse des tarifs d’électricité, c’est du petit change au fond de la poche des jeans.

    @Çaparle Aupopette: Bravo, bien vu! Ce n’est pas l’exemple qui compte, mais l’idée derrière l’exemple, c’est-à-dire le fait que les hausses de tarifs d’électricité affectent beaucoup moins les mieux nantis que les autres.

    @Kevin: Dans de nombreux pays, le pain est offert à un prix beaucoup moins élevé que celui du marché afin d’aider les moins bien nantis. Il ne s’agit pas d’assurer l’égalité pour tous, mais simplement de s’assurer que ce ne sont pas les plus pauvres qui financent un déficit causé par des baisses d’impôts accordées aux privilégiées. L’équilibre, voilà ce qui est en cause: il est injuste de demander à la classe moyenne et aux moins bien nantis de suppléer aux revenus dont se prive l’État en ayant coupé les impôts de ceux qui ont les moyens de contribuer davantage.

    Merci pour vos commentaires. Et désolé encore pour le fait que le site ait été hors-service pendant toutes ce heures!

  13. Bon point, Louis!

    Le problème que je vois, au Québec, c’est qu’on a énormément de difficulté à générer de la richesse. Les impôts, les taxes et toutes les vaches à lait du gouvernement (SAAQ, Loto, Hydro, etc…) n’engendre pas assez d’argent dans les coffres de l’état. Je ne mentionne pas non plus la dette nationale qui est énorme et qu’on ne sera jamais capable de rembourser et qui pèse très lourd…

    Bref, je ne dis pas cela pour être pessimiste, mais simplement pour dire que la « mécanique » même du système ne fonctionne pas. The system is flawed, comme on dit.

  14. Malheureusement, cela ne règle pas la question, car un riche qui chauffe au gaz ou à l’huile consomme en général moins d’électricité qu’un pauvre qui chauffe à l’électricité.

  15. Nulle part dans votre argumentaire vous ne considérez que la personne à 75 000$ payera environ 7000$ d’impôt alors que celui à 30 000$ en payera peut-être 1000$. Alors votre calcul devrait se baser non pas sur le salaire brut mais bien le salaire net.

    Pour faire une histoire courte, dans votre monde de rêve, les pauvres payeraient la même chose que les riches mais au prorata. Or ce monde équivaudrait à équivaloir les pauvres et les riches ce qui ferait des pauvres d’autres riches en soi. Et le salaire égal partout vous savez comment on appelle cela? Ai-je besoin de vous le dire?

    Imaginez-vous ce scénario au dépanneur? Ok, vous vous gagnez 80 000$ par année, votre pinte de lait vous coûtera 5$. Vous vous gagner 10 000$ par année, elle va être à 0,50$ pour vous.

    Complètement invraissemblable.

    Une chance qu’avec l’électricité on a pas le choix d’être approvisionné par HQ parce qu’en ce qui a trait à l’autre option, les gens iraient faire le plein de victuailles aux USA, au Nouveau-Brunswick ou en Ontario. C’est ce qui arrive par exemple pour les vins ou le gaz qui est moins cher en Ontario.

  16. Malgré tout, je suis pour une hausse des taux d’électricité, pour empêcher le gaspillage. Si on ne veut pas trop étouffer les pauvres, établissons les prix en fonction d’une échelle. C’est à dire qu’on devrait calculer la consommation normale d’une famille normale. Si on calcule qu’une famille de 2 enfants et 2 parents devrait consommer une quantité X d’électricité, on charge cette famille au tarif actuel (et même gratuitement à la limite) jusqu’a X kwh. Puis, quand la famille dépasse ce niveau, on commence à charger très cher l’électricité. Les coûts devraient augmenter exponentiellement à partir de cette valeur. Ainsi, les pauvres qui consomme déjà moins d’électricité, ne seraient pas affectés, tandis que les riches avec tout leur attirail technologique seraient forcés de payer ou de réduire leur consommation d’énergie. Ce qui est favorable dans les deux cas.

  17. Excellent billet. Je donnais un exemple semblable à vos calculs il y a quelques jours à http://pourquedemainsoit.wordpress.com/2009/09/27/les-liberaux-cherchent-a-vendre-leur-salade-au-prix-de-la-verite/#comment-3777 :

    «Ce qui me frappe le plus dans le débat sur les tarifs, surtout sur ceux de l’électricité et sur les droits de scolarité, c’est que les intervenants de droite semblent tout d’un coup se préoccuper des moins nantis. Que ce soit Gignac ou Montmarquette, ces promoteurs de la hausse des tarifs soulignent toujours que les riches sont ceux qui bénéficient le plus des bas tarifs. Nominalement ils ont raison, mais en pourcentage, ils ont tort ! 1000 $ pour quelqu’un qui gagne 100 000 $ par an ne représente que 1 % de son revenu, tandis que 500 $ pour quelqu’un qui en gagne 25 000 $ représente le double, soit 2 % de son revenu. Comme le dit Jimmy, ce type de taxe ou de tarif est donc régressif.

    Ils ne disent bien sûr pas que depuis dix ou quinze ans ans, l’impôt sur le revenu, le mode de revenu le plus progressif pour l’État, a été diminué à plusieurs reprises, essentiellement au bénéfice des plus riches. Devant les problèmes financiers actuels, le moyen le plus équitable de hausser le revenu de l’État serait de rétablir les tables d’impôt à leur niveau antérieur. Une petite surtaxe de 3 % à ceux qui gagnent le plus (QS propose de l’établir pour les sommes gagnées supérieures à 85 000 $ par an) complèterait bien le tableau.»

    Il y a autre contradiction dans les propos des Gignac et autres lucides. Ils prétendent qu’on doit fixer les prix en fonction du marché. Mais quel marché ? Comme Hydro est un monopole sur presque tout le marché québécois et qu’il fait des profits plus qu’intéressants, on prétend que les prix devraient être fixés en fonction des prix des marchés extérieurs ! Et nos hôteliers, devraient-ils fixer leurs prix sen fonction du marché de New York ? Ceux qui tenteraient cela feraient faillite rapidement…

    Si Hydro-Québec était une entreprise privée, comme tout monopole elle serait soumise à une réglementation qui limiterait le niveau des profits. C’est uniquement parce qu’Hydro est une société d’État que nos lucides peuvent penser l’utiliser comme outil pour limiter les hausses d’impôts qui seraient beaucoup plus équitables. Jamais l’État ne laisserait un monopole fixer ses prix en fonction d’un marché extérieur, surtout quand cela déboucherait sur un niveau de profits si indécent.

    Attention, je ne prétends pas qu’on devrait privatiser Hydro, au contraire ! Le raisonnement que je viens de faire vise simplement à montrer les contradictions des lucides : ils inventent une nouvelle façon de fixer des prix (qu’on appelle bizarrement tarifs dans ce cas) qu’ils jugeraient illogique si elle s’appliquait à une entreprise qui aurait un autre statut juridique différent.

    Par ailleurs, les projections faites sur les conséquences d’une hausse des prix de l’électricité ne tiennent pas compte du fait que l’argent qui sera consacré à l’électricité ne le sera plus à autre chose (coût d’opportunité). Qui subira la baisse de consommation dans les autres secteurs économiques due à la hausse de part de consommation qui serait consacrée à l’électricité ? Les sorties au restaurant ? L’achat de nourriture saine ? Les sorties culturelles ?… Encore là, on ne peut pas le savoir, mais, chose certaine, cette hausse aurait un impact sur les autres secteurs, entraîneraient des mises à pied et des baisses des recettes gouvernementales en taxes et en impôt.

    Finalement, pour favoriser une baisse de l’émission des GES, une hausse du prix de l’essence (qui viendra assez rapidement) et un investissement plus élevé dans les transports en commun (y compris le transport interurbain) me semble beaucoup plus efficace et équitable.

  18. C’est exactement ce que je préconise aussi.

    Lorsqu’on augmente le tarif pour tous, on pénalise ceux qui ont réduit leur consommation. Il perdent le gain de leur investissement en conservation d’énergie car la facture augmentera toujours.

    Ce qui prouve que l’État n’est aucunement intéressé à la conservation et réduction énergétique. Au contraire il l’utilise comme une source de revenus et souhaite donc l’augmentation de la consommation, voire au gaspillage.

  19. Sur cet énoncé, Gignac me déçoit. Sa position est ridicule et indéfendable.

    Ce qui ne veut pas dire qu’il ne faille pas augmenter les tarifs d’Hydro-Québec. Il défend mal son opinion, mais son idée est bonne.

    Voici ce que je ferais: j’augmenterais le tarif de l’électricité d’un cent (bon, je suis en train de vous mentir. Si j,étais vraiment en poste décisionnel, ce serait probablement 5 cents d’augmentation. Mais c’est un détail. L,important, c’est la logique.).

    Selon les calculs de nos savants comptables, cela raaporterait 1,4 milliards (http://biz.branchez-vous.com/actuaffaires/2009/09/hydro-quebec_le_gouvernement_s.html). Or nous sommes 7 millions.

    Avec cet argent supplémentaire qui tombe directement dans les coffres de l’état, on pourrait donner 200$ à chaque Québécois. Tu es une femme seule avec 3 enfants qui vit dans un 4 1/2? On t’augmente ton HQ de 1 cent mais on te donne 800$ par année. Vous êtes un couple de médecins sans enfants qui vit dans une grosse cabane avec spa et piscine chauffée? Voici vos 400$. Tu viens de trouver une façon d’économiser l’électricité? Bravo! Tu économises sur HQ mais tu conserves ton 200$ par personne!

  20. @ Darwin:

    « Finalement, pour favoriser une baisse de l’émission des GES, une hausse du prix de l’essence (qui viendra assez rapidement) et un investissement plus élevé dans les transports en commun (y compris le transport interurbain) me semble beaucoup plus efficace et équitable. »

    Parfaitement d’accord. En fait, même en l’absence de problèmes reliés aux GES j’augmenterais sensiblement (comprendre: je triplerais…) les taxes sur l’essence.

    Pourquoi utiliser des péages? Des taxes à la consommation? Les taxes sur l’essence et l’électricité (bref, sur l’énergie) pénaliseraient ceux et celles qui ont une empreinte écologique démesurée. Voilà qui me semble sympathique.

    Bonus: ce qui sera épargnée sera bénéfique pour l’environnement et l’économie…

  21. Ouch! Désolé pour les fautes des deux derniers messages! Heureusement, ils demeurent lisibles…

  22. Autre incohérence dans le discours des Gignac et compagnie : si on doit fixer les prix en fonction du marché extérieur, pourquoi la Société des alcools ne fixerait pas ses prix (à moins que ce ne soit aussi des tarifs !) sur ceux de l’Ontario, voire de la France ? 🙂

  23. Quand il dit que ce sont les riches qui profitent du gel, j’y vois l’explication suivante:

    Comme ce n’est pas cher pour le riche, celui-ci peut allègrement gaspiller l’énergie en ayant trois frigos, piscine chauffée, etc. Ce qui fait augmenter la consommation d’énergie, au lieu de la conserver pour exportation.

    Sois dit, la maison de banlieue avec piscine, c’est accessible à bien des gens dont le revenu familial n’est que de 50000$. Donc, effectivement, même là on frappe sur la classe moyenne qui voit ses rêves diminuer.

  24. Je suis d’accord également. Un premier palier à un tarif privilégié et quelques paliers pour la consommation excédentaire, voire la surconsommation. Vous avez un logement, un petit bungalow et vous faites attention à votre consommation, votre facture demeure inchangée. Vous avez un château sur l’île Bizard, un domaine à Sagard, une piscine chauffée, un bain tourbillon, 5 télés, deux voitures branchées l’hiver: vous payez plus. Plus de revenus pour éponger le déficit et un incitatif à réduire la consommation.

    Cependant, y’aurait-il autre chose qui se trame derrière cette hausse de tarifs? Prépare-t-on le terrain pour sa privatisation?

  25. Il suffit alors de baser ces tarifs suivant si les gens utilisent ou non un chauffage electrique. Facile. Ca repond bien à la question.

    ****************

    Tarif electrique de base etabli suivant le nombre de personnes et le type de chauffage utilisé.

    Pareil pour la consommation d’eau = nombre de personnes.

    On paye le surplus.

  26. Louis avant de repondre à coté, relis ce que les gens ecrivent.

    On parle bien du concept d’utilisateur-payeur MAIS avec une base fixe suivant le nombre de personne. Donc je ne vois pas en quoi tes pauvres devraient etre desavantagés, ils ne sont pas censés depasser cette base, ou de tres peu ! Base que meme les riches economes et respectueux de l’environnement ne devrait pas depasser.

    J’ai rarement vu un pauvre consommer plus d’electricité qu’un riche, si ce n’est parce qu’il utilise de vieux electromenagers energivores. Sans rire, compare la consommation d’un 3.1/2 dans un bloc avec une maison detachée occupés les deux par 3 personnes. Tu verras que le riche va obligatoirement depenser plus : plus de télé, plus de frigos, un congel, plus d’hallogenes, un chauffage plus elevé, etc. A moins que ton pauvre est des gouts de riche, mais ce n’est pas notre probleme alors.

    Apres c’est sur qu’un riche vivant comme un pauvre et economisant tout, va surement bien s’en tirer. Mais bon, on ne va pas alors l’accuser de faire de la surconsommation. Faut savoir ce qu’on veut !

    Ton raisonement ne tient pas la route, tu tires de tout bord. Sans tenir reellement compte des propositions des autres. Non utilisateur-payeur avec une base fixe pour aider les pauvres, ce n’est pas quelque chose qui va nuire aux pauvres. On sort nos calculatrices ?

  27. La pensée néo-libérale est dans la meme ligne…Soit que tu paies tes employés un salaire de creve- faim…ce qui fait faire de gros profit a l employeur qui lui peut alors investir (Avec les profits énormes) pour creer des emplois(Encore a salaire de creve-faim) ce qui au bout de la ligne cré de la richesses!…..En fait l employeur devient un vrai bienfaiteur!….La Mere Theresa de l économie……Le genre de gars qui au dix neuvieme siecle payait des enfants des salaires de pinottes pour dix huit heures par jour en disant qu ils leurs faisaient une faveur en leur apprenant a travailler!…Le mauvais état des finances offrent une occasion inespéré a tout le tra la la néo libéral de s introduire dans le mécanisme de l Etat québecois….Pendant qu on est a terre: un part avec le filet…..l autre avec le surlongue…..un autre avec la ronde!….Et on devrat les remercier de nous avoir laissé les trognons! Lol!…..Le probleme c est que cette maudite maladie de ceux dont les cordons du coeur trainent dans la m……se propagent a l Occident au grand complet……..Une tite baisse d impot avec votre sushi? Avec ca?……

  28. Un tvg? Avec votre sushi? Ha!Ha!Ha!……

  29. Ca pas d sens! On parle de coupures, de hausses de tarifs etc de corriger le dificit……….Charest lui parles de 2 mega projets! Des tgv (Au lieu de tvg mon erreur en haut..) Québec Windsor et! Surprise Le retour Mtl New York! Il est défaché avec ses amis héréditaires?………Vat t on hausser les couts de l électricité pour que les passagers prennent 4 heures a faire québec-windsor au lieu de dix?……….Pis augmenter la dette?…Je dois pas avoir assez d académisme pour répondre a ca!……Lol!….Le Grand Batisseur? .Allez! Trajan! En Dacie!!!!!!………..

  30. «Avons-nous enfin atteint le carrefour, celui qui se sépare entre une voie de gauche et une voie de droite ? »

    Nous abordons un nouveau carrefour de ce type à chaque décision qui touche les revenus et les dépenses de l’État. Pas plus ni moins cette fois-ci qu’avant. Dans ce sens, cet antagonisme est en effet inévitable. Mais, nous ne tournons pas toujours du même côté à chaque décision !

    Quant à la hausse des prix de l’électricité, j’abonde pas mal dans le sens de Koval. Avant d’augmenter les prix de l’électricité, ce qui a un effet nettement régressif,. on aurait dû annuler les baisses d’impôt accordées stupidement depuis le milieu des années 90. Hausser la TVQ ? J’aime moins, car toute taxe est régressive, mais cela aurait été plus cohérent avec le discours sur le déséquilibre fiscal : Ottawa venait d’abandonner une partie de son champ fiscal, Québec aurait dû le récupérer.

    J’ai développé pas mal mes idées dans un autre blogue, et les adapte ici :

    Ce qui me frappe le plus dans le débat sur les tarifs, surtout sur ceux de l’électricité et sur les droits de scolarité, c’est que les intervenants de droite semblent tout d’un coup se préoccuper des moins nantis. Que ce soit Gignac ou Montmarquette, ces promoteurs de la hausse des tarifs soulignent toujours que les riches sont ceux qui bénéficient le plus des bas tarifs. Nominalement ils ont raison, mais en pourcentage, ils ont tort ! 1000 $ pour quelqu’un qui gagne 100 000 $ par an ne représente que 1 % de son revenu, tandis que 500 $ pour quelqu’un qui en gagne 25 000 $ représente le double, soit 2 % de son revenu. Ce type de taxe ou de tarif est donc régressif.
    Ils ne disent bien sûr pas que depuis dix ou quinze ans ans, l’impôt sur le revenu, le mode de revenu le plus progressif pour l’État, a été diminué à plusieurs reprises, essentiellement au bénéfice des plus riches. Devant les problèmes financiers actuels, le moyen le plus équitable de hausser le revenu de l’État serait de rétablir les tables d’impôt à leur niveau antérieur. Une petite surtaxe de 3 % à ceux qui gagnent le plus (QS propose de l’établir pour les sommes gagnées supérieures à 85 000 $ par an, et le Bloc propose aussi l’ajout d’un autre palier au fédéral) complèterait bien le tableau.
    Il y a autre contradiction dans les propos des Gignac et autres lucides. Ils prétendent qu’on doit fixer les prix en fonction du marché. Mais quel marché ? Comme Hydro est un monopole sur presque tout le marché québécois et qu’il fait des profits plus que intéressants, on prétend que les prix devraient être fixés en fonction des prix des marchés extérieurs ! Et nos hôteliers, devraient-ils fixer leurs prix sen fonction du marché de New York ? Ceux qui tenteraient cela feraient faillite rapidement… Les lucides se servent de l’exemple du pétrole albertain qui est essentiellement vendu sur le marché des États-Unis, tandis que l’électricité québécoise est essentiellement vendu ici.
    Si Hydro-Québec était une entreprise privée, comme tout monopole elle serait soumise à une réglementation qui limiterait le niveau des profits. C’est uniquement parce qu’Hydro est une société d’État que nos lucides peuvent penser l’utiliser comme outil pour limiter les hausses d’impôts qui seraient beaucoup plus équitables. Jamais l’État ne laisserait un monopole fixer ses prix en fonction d’un marché extérieur, surtout quand cela déboucherait sur un niveau de profits si indécent.
    Attention, je ne prétends pas qu’on devrait privatiser Hydro, au contraire ! Le raisonnement que je viens de faire vise simplement à montrer les contradictions des lucides : ils inventent une nouvelle façon de fixer des prix (qu’on appelle bizarrement tarifs dans ce cas) qu’ils jugeraient illogique si elle s’appliquait à une entreprise qui aurait un statut juridique différent.
    Par ailleurs, les projections faites sur les conséquences d’une hausse des prix de l’électricité ne tiennent pas compte du fait que l’argent qui sera consacré à l’électricité ne le sera plus à autre chose (coût d’opportunité). Qui subira la baisse de consommation dans les autres secteurs économiques due à la hausse de part de consommation qui serait consacrée à l’électricité ? Les sorties au restaurant ? L’achat de nourriture saine ? Les sorties culturelles ?… Encore là, on ne peut pas le savoir, mais, chose certaine, cette hausse aurait un impact sur les autres secteurs, entraîneraient des mises à pied et des baisses des recettes gouvernementales en taxes et en impôt.
    Finalement, pour favoriser une baisse de l’émission des GES, une hausse du prix de l’essence (qui viendra assez rapidement) et un investissement plus élevé dans les transports en commun (y compris le transport interurbain) me semble beaucoup plus efficace et équitable.

  31. Désolé, j’ai mis le dernier commentaire dans le mauvais blogue. SVP l’enlever ! Il répète en partie un commentaire que j’ai écrit ici.

    Désolé °

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