Haro sur les hausses de tarifs!

La volonté du gouvernement Charest d’augmenter les tarifs de nombreux services publics plutôt que d’éliminer les généreuses baisses d’impôts accordées aux plus fortunés depuis une décennie ne peut avoir qu’une seule conséquence: l’augmentation des inégalités sociales et l’appauvrissement d’une franche toujours plus grande de la population.

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Source de l’image

En effet, l’impôt progressif constitue la meilleure façon de redistribuer la richesse. Comme je l’écrivais ici, les pays imposant un impôt plus lourd aux personnes les plus privilégiés sont moins inégalitaires que les autres. Les deux pays de l’OCDE dont le niveau d’inégalité a le plus augmenté depuis les années 80 sont la Finlande et la Nouvelle-Zélande, et ces deux nations se sont attaquées à la progressivité de l’impôt. (( SOCIETY AT A GLANCE 2009: OECD SOCIAL INDICATORS )) En Finlande, on a établi un impôt unique pour les corporations et les non-résidents; en Nouvelle-Zélande, on a réduit le niveau de taxation des plus fortunés de moitié.

Or, que représentent les tarifs, sinon une forme d’impôt unique, la célèbre flat tax? L’an dernier, j’écrivais, au sujet des hausses appréhendées des tarifs d’électricité:

Puisque l’électricité se vend au même coût indépendamment du revenu, c’est une sorte de taxe régressive, c’est-à-dire que proportionnellement au revenu toute hausse fait plus mal au pauvre qu’au riche. C’est la logique-même: un individu gagnant 20 000$ par année voyant son compte d’électricité passer de 1200 à 2000$ par année a perdu 4% de son pouvoir d’achat, alors qu’un plus riche gagnant 100 000$ – même s’il consomme davantage – dont le compte passe de 2400 à 4000$, ne perd que 1,6% de son pouvoir d’achat. Proportionnellement, on pénalise les pauvres en augmentant les coûts de l’électricité, surtout qu’il y a toujours un minimum en-dessous duquel on ne peut plus économiser.

Et l’année précédente, concernant les péages à tarif fixe:

Un péage fixe, c’est un péage qui défavorise les plus pauvres ou la classe moyenne inférieure, c’est-à-dire Monsieur ou Madame Tout-le-monde qui travaille fort et essaie de joindre les deux bouts. Ce petit 2$ aller-retour cinq fois par semaine, c’est peut-être le 20$ qui était nécessaire pour les sorties, ou pour l’épicerie, quand ce n’est pas pour l’hypothèque. On s’en prend aux plus pauvres et à la classe moyenne pour quoi finalement? Pour pas grand chose, parce que ceux qui ont deux ou trois voitures dans le garage ont amplement les moyens de payer ces péages!

Je proposais également un péage progressif, établi électroniquement en fonction du revenu plutôt que par essieu ou par voiture, un peu à l’image des contraventions de certains pays scandinaves.

Ces hausses de tarifs sont régressives; il s’agit d’une flat tax à petite échelle. En glorifiant le concept d’utilisateur-payeur, on fait porter le même poids du financement d’un service à une personne vivant dans la précarité et à une autre dans l’opulence. Bref, on annihile le pouvoir de redistribution de l’impôt et on augmente le fardeau des moins bien nantis. Généralisées, ces hausses de tarifs viendraient remplacer le manque à gagner causé par les baisses d’impôts accordées aux mieux nantis par les gouvernements péquistes et libéraux.

En fait, il faut voir la situation d’un point de vue global. Pendant que l’économie progressait, on a coupé les impôts des mieux nantis, et aujourd’hui, ce seraient aux plus pauvres de payer. Au lieu de reconnaître son erreur, le gouvernement Charest s’engage dans une fuite idéologique vers l’avant et met en péril la situation financière de la classe moyenne et des plus démunis.

La véritable question est de savoir quelle genre de société nous souhaitons. Désirons-nous un Québec où les plus riches ont tous les droits? Le droit de se stationner n’importe où, par exemple, car 42$ pour un individu en gagnant 100 000$ par année, ce n’est pas comme 42$ pour celui qui en fait 30 000$? Le droit d’habiter en banlieue et d’aller travailler à Montréal en voiture, car un péage fixe de 3,50$ matin et soir (35$ par semaine) ne constitue pas le même poids pour le riche et pour le pauvre? Le droit de gaspiller l’électricité pendant que les moins fortunés ont froid? Le droit de se payer des études de grande qualité pendant que les autres s’endettent?

Comme je l’écrivais ici, il s’agit d’une forte dérive du concept d’utilisateur-payeur:

La vérité, c’est qu’une société ne se bâtie pas sur le concept de l’utilisateur-payeur. Elle se construit avec l’idée que tous, à un moment ou un autre de leur vie, auront besoin des services de la collectivité. Même le plus riche aura besoin des services sociaux qui assurent un minimum de stabilité sociale et empêchent les plus déshérités de la société de le voler ou le tuer dès qu’il met les pieds dans la rue.

Ne devrions-nous pas viser un équilibre? La personne plus fortunée a le droit de jouir de son argent, mais cela ne lui donne pas tous les droits. Elle a largement bénéficié des richesse de la société pour s’enrichir et il est normal qu’elle doive porter un poids plus lourd sur ses épaules. Les services, nous en avons tous besoin, et la vraie, la seule véritable façon de les financer adéquatement et dans le respect de la mission sociale de l’État, c’est encore grâce à l’impôt.

Le gouvernement Charest aura-t-il le courage d’annuler les baisses d’impôts accordées aux privilégiés ou se contentera-t-il bêtement d’augmenter encore davantage le fardeau de la classe moyenne et des moins nantis en haussant les tarifs? Face à une opposition aussi faible que celle d’un Parti Québécois obnubilé par le respect d’un déficit zéro ayant marqué une de ses périodes les plus sombres, on peut en douter.

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16 Réponses

  1. Nos prédécesseurs, les fameux Baby-Boomers, sont en train de boire le vin jusqu’à la lie et nous imposer des remèdes à des maladies très douloureuses dont ils sont eux-mêmes responsables ! Ils ont fait le party, mais pas le ménage. Ça me met en cr… juste à y penser !

    Hausser les impôts des riches ? En avons-nous tant que ça des riches au Québec ? Sérieusement ? Est-ce que cela aura un impact significatif ?

    Je crois plutôt que :

    1) Il est temps de faire un vrai ménage dans les ministères ainsi que dans les programmes sociaux et prendre des décisions douloureuses, mais essentielles. On remettra ces programmes quand on aura les moyens. Pas avant

    2) Nous devons taxer l’eau pour mâter une fois pour toute ces idiots du 450 (dont je fais partie, soit dit en passant) qui arrosent leurs entrées de garage

    3) Il est temps d’augmenter les tarifs d’électricité corporatifs de manière draconienne pour forcer les entreprises à fermer leurs ordinateurs et lumières, la nuit. L’électricité économisée sera vendue à fort prix à nos voisins. Tant pis pour eux s’ils consomment beaucoup d’électricité la nuit

    4) Nous devons augmenter les taxes sur le pétrole (eh oui! je sais que je ne me ferai pas d’amis ici) pour forcer les gens à arrêter d’utiliser leurs chars pour tout et pour rien

    5) Nous devons cesser de croire qu’on a les moyens d’avoir le beurre, l’argent du beurre et la coutellerie au complet compte tenu de la grandeur du territoire et, surtout, du nombre de citoyens (7,5 millions).

    6) Les commissions scolaires doivent être abolies et l’argent utilisé pour donner des services à nos enfants.

    7) Il est temps de songer à exploiter sérieusement les (supposés) énormes gisements de gaz naturels tout le long du Saint-Laurent et le vendre à fort prix, ou l’utiliser ici et réduire substantiellement notre dépendance au pétrole et freiner la fuite de capitaux dont nous avons tant besoin

    8) Il faut hausser la taxe de vente sur les produits de luxe. Les riches vont payer plus, les pauvres seront peu touchés et la classe moyenne sera relativement épargnée

    9) Il est impératif de favoriser les parents qui désirent fonder de grandes familles pour que ces enfants, une fois adulte, représentent une masse critique de payeurs d’impôts qui combleront le trou laissé par le départ des boomers

    10) Il faut contraindre Hydro-Québec à reprendre le leadership qu’il a bêtement laissé tomber dans le développement du moteur-roue de manière à devenir les détenteurs d’une technologie que nous louerons à fort prix aux constructeurs automobiles

    11) Il est temps de trouver et de faire payer des impôts aux gens qui travaillent au noir, mais aussi d’encourager les entrepreneurs à ouvrir autre chose que des « Rois de la patate » le long des affreux boulevards de la banlieue

    Fait avéré : le Québec est l’une des provinces la plus pauvre du Canada

    Fait avéré : nous profitons de retours de péréquation plus grands que ce que nous payons à Ottawa

    Fait avéré : nous sommes incapable de prolonger une route de quelques kilomètres, ou construire un hôpital sans tergiverser pendant des années

    Fait avéré : les ressources de toutes sortes investies dans le projet de « pays » du Québec a immobilisé (j’ai bien dit « immobilisé ») nos plus brillants politiciens et administrateurs pendant des décennies. Pendant ce temps, sur la planète Terre, certains pays ont décidé d’arrêter de tourner en rond et ont mis en place de mesures pour assurer la santé financière de leurs patries et celle de leurs enfants. Pendant que les tenants de l’indépendance et ceux du fédéralisme ce sont entre-déchirés, nous avons laissés le train passer parce que, NON, nous ne pouvons marcher et mâcher de la gomme en même temps. La polarisation du débat public entre les fédéralistes et les souverainistes a des conséquences incalculables sur le bien-être de nos enfants et je suis persuadé que les générations qui nous suivront, celles qu’on a endetté parce qu’on ne s’occupait pas de l’avenir de la province, viendront cracher sur nos tombes.

    Fait avéré : on ne peut intéresser les meilleurs éléments de la société (capitaines d’industries, administrateurs, scientifiques, etc.) à la politique à cause des salaires de crèves-faim qu’on paye aux politiciens et, surtout, à cause de la polarisation indépendance-fédéralisme.

    Fait avéré : la dictature de la pensée unique, telle que véhiculée (par exemple) dans l’émission Tout le monde en parle est contre-productive, voire néfaste pour notre province. Aussitôt que quelqu’un tient un discours comme celui que j’ai écrit dans les paragraphes précédents, on l’accuse automatiquement d’être un suppôt de Satan, pire, un néolibéraliste ou un antiquébécois ou un sans-coeur. Pourtant, pour ceux d’entrevous qui ne me connaissent pas, je suis un SYNDICALISTE. J’ai le coeur à gauche, mais la tête à droite. Je sais compter.

    Je suis inquiet pour ma petite chouette de 5 ans. Ça me fait vraiment suer de voir à quel point nos certitudes politiques et sociales sont fondées sur une réalité désormais révolue qui nous a été légué par nos amis les Baby-Boomers. Je suis scandalisé par l’absence de vrais débats de société au Québec (et aussi au Canada) et je trouve que notre désinvolture à propos de tous les sujets abordés ici est au mieux irresponsable, au pire criminelle.

    Ou bedon on se sert les coudes et on sort du trou, ou bedon on s’enfonce dans la pauvreté, la médiocrité et l’irresponsabilité face à la génération de ma fille.

    Je veux léguer à ma fille un société juste et généreuse, certes, mais pas en laissant les choses aller et en croyant qu’une intervention Divine viendra tout régler, ou simplement en haussant les impôts des riches ! Cette solution est simpliste et ne réglera rien, du moins pas à moyen et long terme. On a des problèmes graves et urgents à régler en ayant le coeur à gauche et la tête à droite.

    Il est temps de passer à l’action maintenant. Pour nos enfants, pour les enfants de nos enfants, pour la planète, pour nous tous, quoi.

  2. «La véritable question est de savoir quelle genre de société nous souhaitons. Désirons-nous un Québec où les plus riches ont tous les droits?»

    Je suis bien d’accord…
    Mais d’éviter cette injustice en permettant à tous de siphonner un plus riches que lui n’est pas nous plus un exemple d’équité sociale.

    Dès que l’on accepte que la richesse est créé et non «volée», il est bien difficile de justifier moralement le geste de la redistribuer.
    Autant qu’il est immoral de simplement regarder de haut ceux qui sont moins nantis.

    Toute solution «Robin des Bois» ( prendre au riches pour donner aux pauvres ) est immorale et n’avance à rien.
    Le but qui devrait être recherché n’est pas d’appauvrir les riches ( sauf si vous les haissez mais c’est une autre question ).
    Ni de simplement donner de l’argent aux plus pauvres sans rien demander en échange.
    On sait tous que le système de redistribution de richesse mène à la pauvreté de tous. Nous avons plusieurs exemples dans l’histoire dont le plus évident est le communisme.
    Ce que nous faisons est de jouer la carte du: redistribuons un peu plus, juste assez et tout sera OK. Ce qui est faux.

    C’est faux car il ne s’attaque pas au vrai problème. Donner de l’argent aux pauvres ne fait que les rendre moins pauvres.
    Donner plus d’argent aux pauvres ne fait que leur enlever la raison et le besoin de produire leur propre richesse.

    Les solutions devraient tous avoir comme idée centrale d’en arriver à ce que ces gens produisent leur richesse. Toute solution à la pauvreté ne mettant pas l’accent sur le devoir moral qu’ont ces gens de vivre avec ce qu’ils produisent n’a aucune chance de régler cette pauvreté.
    Toute société qui accepte qu’une partie de la population vive au dépend des autres sans vouloir y changer la situation peut difficilement se rouler dans le drapeau de la justice.

  3. @Stéphane: Quelques-unes de tes solutions m’apparaissent intéressantes, mais je les trouve fragmentaires, désorganisées. Je préfère des solutions plus cohérentes, concertées. Cela doit passer par des réformes organisées de redistribution de la richesse, de hausse des impôts et de baisse généralisée des tarifs. Par contre, j’aime l’idée d’augmenter le coût de l’électricité aux entreprises, quoi que, comme pour les particuliers, je le situerais en fonction d’un pourcentage des revenus.

    @François: Il n’y a rien d’immoral à prendre du riche pour donner au pauvre. C’est même le fondement des États modernes et ceux qui ont appliqué cette règle sont ceux qui sont les plus avancés. Les riches sont devenus riches grâce à la société, ils en ont largement profité, et il est normal qu’ils redonnent aux autres. De dire qu’un système de redistribution de la richesse mène à la pauvreté constitue, à mon avis, une connerie monumentale; au contraire, les sociétés redistribuant optimalement leur richesse sont les plus riches et les plus développées. Je n’adhère pas du tout du tout à ce type d’argumentaire d’extrême-droite et je suis heureux que la vaste majorité de la population éduquée n’y adhère pas non plus.

    Merci pour vos commentaires.

  4. Fragmentaires et désorganisées, mes idées ? Je me relis et je ne vois pas où… Vraiment.

    Situer les tarifs d’électricité en fonction des revenus ? Pensez-vous que ça passerait chez nos Boomers ? Pas moi.

    « …Les sociétés redistribuant optimalement leur richesse sont les plus riches et les plus développées… » Euh, lesquelles ? Ça ressemble à une nouvelle forme de communisme, ça.

    « Les riches sont devenus riches grâce à la société, ils en ont largement profité, et il est normal qu’ils redonnent aux autres… » Ils ont largement profité de quoi, exactement ? De l’université ? Du système social ? Moi aussi, mais je ne suis pas très riche. Alors la personne qui à le malheur de devenir riche au Québec doit, après avoir travaillé à la sueur de son front, redonner son argent à la société ? Pis moi, qui suis dans la classe moyenne-haute je m’en tire en rigolant. Argumentaire bizarre, Louis. En fait, ça confirme ce que je pense du courant social à propos de l’égalité au Québec: Il faut tous être égaux. Pauvres, mais égaux. Comme si la richesse était un maladie vénérienne.

    Cette idée ne fait qu’ouvrir la porte à toutes sortes d’entourloupettes pour que les riches cachent leur richesse. Ou qu’ils sacrent leur camp. Ça nous ferait une belle jambe! Juste la calsse moyenne et les pauvres. Donc, on reporte le tout sur les citoyens de la classe moyenne puisque ceux-ci deviennent les nouveaux riches. Vous voyez où je veux en venir, Louis ?

  5. C’est mignon mais plein de raccourci.

    Fait avéré, on ne fait pas toujours des economies en annulant quelques choses. Combien coute un commissaire scolaire ? Combien coute le fonctionnaire qui va le remplacer ? Combien coute un employé de la commission qui repare une porte dans une ecole ? Combien coutera un col bleu pour faire la meme job… en supposant que la ville accepte de prendre cette surcharge de responsabilité en tenant compte des « economies » que tu esperes faire.

    C’est du meme niveau que l’idee simpliste de couper au BS et que ca va nous rapporter NET la somme calculé betement ! Ou comme couper dans des programmes sociaux qui parfoient coutent moins cher que de regler les problemes du à l’exclusion et la pauvreté. COmbien coute la delinquance, le decrochage scolaire, l’intervention des flics, des ambulanciers, des pompiers, des intervenants sociaux comme ceux de la DPJ, … etc. Fait avéré, le social peut etre un formidable moteur economique, c’est un gars de droite qui te dit cela. Meme chose pour l’environnement. Quand on s’en sert intelligemment ca rapporte. D’ailleurs tu nous fais bien du social quand tu parles de baser les factures sur le salaire ! Sale communiste va !

    Quant à la propagande federaliste sur la pauvreté du Quebec et les soit-disants retours avantageux de la perequation … qui vont de paire avec notre probleme à batir de grands projets, la souveraineté reglerait 90% de ce probleme. Mais bon, encore faut-il avoir la vision à long terme et les couilles de la faire.

    On est entrain de se faire brader par Ottawa, une des plus grandes richesses du monde actuelle, et cela à huis clos sans qu’aucun responsable quebecois (ayant à coeur les interets du Quebec avant ceux du canada) ne soit present, notre eau douce ! On ne parlera pas des carbodollars estimés à 45 milliards par Stephane Dion, je vous laisse imaginer la part du Quebec avec son hydroelectricité en proportion de la polution en GeS de l’Alberta et d’autres provinces possedant des usines thermiques ! L’environnement d’un ocean à l’autre, comment diluer la pollution de certaines provinces dans le beau canada uni et faire payer les Quebecois en leur enlevant une de leur richesse !

    Non, le canada ne nous donne pas plus que nous lui donnons ! Sans le canada le Quebec est viable economiquement, meme Charest n’ose plus pretendre le contraire dans son discours, il nous parle aujourd’hui d’une philosophie positive et avantageuse de rester federaliste. Ne cherchez pas ce que cela veut dire, c’est destiné aux abrutis cherchant une raison de ne pas s’assumer et etre maitre chez eux, OUI, des gens se comportant en assisté comme des BS, mais à l’echelle d’un pays, les memes qui bien souvent veulent s’en prendre aux assistés. Ce n’est pas bien de faire de la projection sur ses propres problemes (non ce message ne s’adresse pas à toi Stephane, sauf si le chapeau te va)

    Fait avéré :
    – la lutte contre les souverainistes ne peut pas etre gagné et coute une fortune au peuple canadien et quebecois.
    – le statu quo actuel, le fruit pas mur, coute une fortune au peuple canadien et quebecois.
    – l’immobilisme tant au Quebec qu’au Canada du à la lutte entre souverainistes et federalistes, coute une fortune au peuple canadien et quebecois.

    Pendant ce temps, les pays emmergeants nous rattrapent d’annees en annees dans le classement economique mondial !

    Mais bon, vu que nos colonisés et que le ROC ne veulent pas comprendre qu’une bonne entente avec le peuple quebecois et une VRAIE reconnaissance du Quebec avec les pouvoirs qui vont avec, c’est à dire la creation d’une confederation de nations souveraines pourrait mettre fin à cette chicane sterile et puerile, je pense qu’on a encore quelques annees et quelques milliards à perdre, autant les quebecois que les canadiens !

    Je ne dis pas cela pour moi, un pays j’en ai deja un, je dis cela pour mes enfants, les enfants des autres, l’avenir du Quebec, un pays qui est aujourd’hui mien et sous la domination d’une nation etrangere qui traite ma nation comme une sous nation, une province parmis les autres, et empeche celle-ci d’etre fiere de ses victoires, de s’epanouir economiquement, socialement, internationalement. Cette nation etrangere contre qui je n’ai rien, mais qui nous infantilise en nous empechant de nous assumer, d’etre responsable de nos gestes, de nos choix et de parler en notre nom dans le concert des nations libres de ce monde. On ne vaut pas moins que des slovenes ou des Lituaniens, pas moins que des portugais ou des italiens, pas moins qu’un autre peuple libre de ce monde !

    Nous avons l’expertise, les cerveaux, les ressources, l’experience (et oui bon nombre de quebecois dirigent aujourd’hui un pays 3 fois plus gros que le notre qui s’appelle le canada, ils dirigeront tout aussi bien un quebec independant !), nous avons tout, meme un peuple qui a prouvé plus d’une fois dans son histoire sa maturité à gerer pacifiquement et dans le respect des crises.

    Alors pour economiser et aller de l’avant, avec nos freres canadiens (si ils le veulent bien), pour batir ensemble des projets dans une union fraternelle et egalitaire, je me bats pour un Quebec libre, pluraliste, inclusif et pacifique.

    Ca resoudrait deja un bon paquet de probleme soulevé par notre ami stephane !

    Je me demande meme à quel point ca pourrait redonner le gout à nos jeunes de performer et d’arreter de se suicider plus qu’ailleurs dans le canada. Il y a eu une etude en France demontrant le plus haut taux d’echec chez les jeunes deracinés, chez les jeunes ne pouvant pas sentir un sentiment d’appartenance avec leurs prochains. Pourquoi le Quebec serait different ?

    On nous parle souvent d’un projet rassembleur, quel projet pourrait etre plus rassembleur pour TOUS les quebecois que d’etre tous des quebecois du pays le Quebec. Plus de question sur notre appartenance, plus de malaise avec les nouveaux arrivants, plus de justification, des victoires aux competitions soudant les gens autour de symboles importants à leurs yeux (et surement pas aux miens, mais bon, ca marche comme ca dans tous les pays libres, on ne fera pas exception), des victoires que le monde entier reconnaitra et plus seulement les journalistes de radio-cadena.

    Et nous ne serons plus assigné à residence pour pouvoir profiter de nos droits de citoyen quebecois, nous pourrons enfin nous etablir où bon nous semble sans devenir de quelconque citoyen canadien !

    Alors stephane … on met fin à la chicane et à cette perte de temps couteuse et ridicule ? Legue un pays à ta fille !

  6. «C’est même le fondement des États modernes et ceux qui ont appliqué cette règle sont ceux qui sont les plus avancés.»
    Avancés sur quel point de vue ? Sur cette définition de la justice sociale, certainement. Mais sur d’autres points de vues, les Etats-Unis par exemple, qui peuvent être facilement qualifiés d’injustes selon cette définition ne peuvent être considérés comme un pays n’ayant pas «avancé» dans des centaines d’autres facon de regarder.

    «Les riches sont devenus riches grâce à la société, ils en ont largement profité»
    Oui, effectivement. Ce que réalise un individu dans sa vie, il le fait dans le contexte social qui est le sien.
    Il en profite effectivement.

    Mais ceci n’est aucunement au détriment des autres.
    Ce que vous me dites est que puisque l’individu c’est réalisé dans le contexte d’une société, celui-ci doit beaucoup à cette société.
    Effectivement, ce sentiment est partagé par beaucoup de gens. Et beaucoup de «riches». Et beaucoup de ceux-ci redonnent de leur profits à la société. C’est juste qu’il le font selon leurs valeurs et non les vôtres…

    Mais pour accepter pleinement cet argument que l’individu doit à la société, il faut rejeter le concept que si celui-ci s’est enrichi ( honnêtement évidemment ), c’est qu’il a su offrir aux autres citoyens un produit ou un service qui était satisfaisant au point que ceux-ci ont utilisés leur argent pour se le procurer.
    Ou dit autrement: pour s’enrichir dans une société, il faut que je lui offre quelque chose qu’elle désire ( produit ou service ). Le degré d’enrichissement est fonction du taux de satisfaction des citoyens de celle-ci ( ceux qui achètent ce que je vends ).
    Ceci me semble un deal fear: la société ne fait que récompenser selon le taux de satisfaction de ces citoyens.

    «Il n’y a rien d’immoral à prendre du riche pour donner au pauvre.»
    Ceci est bien difficile à justifier.
    En quoi est-il immoral de prendre au pauvre alors ?

    Un point de vue qui est difficile à accepter aussi est:
    Comme celui qui c’est enrichi l’a fait avec la société, celle-ci est en droit de lui enlever un part de profits pour le donner aux moins riches.

    Mais comment justifier l’autre coté de la médaille:
    Les gens qui ne produisent pas dans la société sont en droit d’obtenir une part du gâteau des autres.
    Selon quel droit ?

    Mais tout ceci est du blabla car mon point était beaucoup plus précis.
    La question que je pose est: pourquoi la lutte contre la pauvreté se résume à donner de la richesse à ces pauvres et contourne toujours l’idée que le meilleur moyen de ne plus être pauvre n’est pas de prendre la richesse des autres mais plutôt de la créer soit même.

    Et ce point reste en suspend…

    (PS: je peux presque garantir que je suis éduqué… 🙂 )

  7. Encore un très bon texte, Louis. Par contre, ta première phrase est fausse. Tu pourrais dire que la « principale » conséquence est la hausse des inégalités et là, je n’aurais plus rien à redire. Mais dire la « seule » conséquence, c’est faux. Si c’était vrai, si une décision n’avait que du positif et rien de négatif, elle serait facile à prendre.

    En affirmant haut et fort qu’il n’y a qu’une conséquence et que celle-ci est négative, tu ridiculises le clan adverse de façon démagogique. Ça peut faire de l’effet sur certains, mais moi, je n’aime pas.

    Je suis convaincu que tu connais d’autres conséquences des augmentations de tarifs. Mais je préfère en faire donner quelques exemples pour illustrer mon propos.

    Exemple 1: hausse des taxes sur l’essence.

    J’aimerais tellement que ça se produise! Si on pouvait tripler le prix de l’essence en montant les taxes, là on verrait des changements: préoccupation véritable des consommateurs (et par conséquent des producteurs) de véhicules pour la consommation d’essence, non-étalement urbain, regain des transports en commun, augmentation des revenus pour l’état qui pourrait ainsi augmenter l’exemption personnelle de base ou encore réduire les taxes, incitation à rester proche de son lieu de travail…

    Exemple 2: hausse du prix de l’électricité.

    Ça aussi, j’aimerais que ça se produise. Le bas prix de l’électricité fait en sorte que la majorité des Québécois font des choix anti-écologiques et scientifiquement aberrants comme par exemple chauffer sa maison à l’électricité. C’est ridicule. Mais c’est économique…

    Exemple 3: hausse des amendes.

    Bien sûr, le riche pourra encore s’en payer. Mais si le coût des contraventions de vitesse augmentait, certaines personnes pourraient être sensibilisées. Mais le mieux, ce serait d’augmenter la probabilité de se faire prendre. Ça, ce serait efficace.

    Bon, maintenant que j’ai justifié mon opposition au tout petit mot « seule » qui m’a heurté, je ne peux que signifier mon accord avec l’ensemble de ton texte. Il y a bien sûr des petits détails que j’approuve moins, mais l’idée générale qui se dégage me plaît.

  8. Hausser les impôts des riches semble être une bonne idée. Cependant, les riches connaissent bien des trucs et réussissent à payer peu d’impôt: création de compagnie à numéros plutôt que de se faire payer directement, etc…
    J’ai toujours été en faveur du concept «utilisateur-payeur»; si je ne vais jamais dans un camping provincial, je ne vois pas pourquoi je paierais pour défrayer les coûts d’exploitation dudit camping.
    Les coûts de l’électricité pourraient être proportionnels au revenu, par le biais de la déclaration d’impôts.
    C’est sûr qu’un multi-millionnaire ne souffrira pas beaucoup d’une augmentation de quelques dollars des frais de carburant ou des contraventions; que voulez-vous ? quand on vaut 35 millions, on peut payer….

  9. @ Stéphane

    Vous semblez mélanger la définition d’un fait et celle d’une opinion. Si quelques-uns de vos «faits avérés» le sont (il est vrai que le Québec reçoit plus qu’il ne paie de la péréquation, quoique la conclusion qu’on peut tirer de ce fait laisse place à interprétation, comme l’explique bien Reblochon), la plupart ne sont que des conclusions non démontrés, bref des opinions.

    Prenons par exemple votre premier fait avéré : «le Québec est l’une des provinces la plus pauvre du Canada ». Le véritable fait est que le Québec a un des revenus per capita les plus bas du Canada. Par contre, parce que le coût de la vie y est beaucoup moins élevé (surtout du côté du logement, un bien essentiel) et que bien des services y sont moins cher qu’ailleurs car offerts ou financés par l’État (école, garderie, médicaments, etc.) et que les inégalités de revenus y sont moins élevées (quoique toujours trop), il n’est pas évident que le Québec soit parmi les provinces les plus pauvres.

    D’ailleurs, dans les études les plus sérieuses sur la pauvreté, celles basées sur le panier de consommation, le Québec serait la province qui compte le moins de pauvreté au Canada à égalité avec l’Ontario et l’Alberta et cette pauvreté y est moins prononcée. Comme ces deux provinces sont beaucoup plus touchées par la récession, ils ont sûrement reculé à cet égard par rapport au Québec. Le Québec serait donc en bonne position tant du côté de la quantité que de l’intensité de la pauvreté.

    Encore là, je n’oserais jamais prétendre que cette conclusion est un «fait avéré». Tout dépend de notre conception de la pauvreté et de nos valeurs. Je voulais juste démontrer que vos faits n’en sont pas. Que vous ayez trouvé en relisant votre texte que vos faits étaient bien des faits ne prouve seulement que vous êtes de la même opinion que vous-même.

    Sur le fond du billet de Louis, je ne peux qu’être d’accord. Les taxes et les tarifs sont régressifs. Le plus équitable serait de rétablir les baisses d’impôt successives des dix ou quinze dernière années. Je suis toutefois d’accord avec Steph, que les tarifs ou taxes sur l’essence, pourraient être rehaussées en raison de leur externalité (coûts non pris en compte, comme ceux sur l’environnement), même s’ils sont régressifs.

    Quant à l’électricité, je suis moins d’accord avec une hausse des tarifs. Mais ce sujet vaut un débat à lui seul. Ce sera pour une autre fois.

  10. Je suis d’accord avec toi qu’il faut appuyer ses dire et ne pas se contenter d’affirmer comme Stéphane (aucun lien avec moi, soit dit en passant) le fait. Mais ton exemple est mal choisi.

    Le Québec est une des provinces les plus pauvres, c’est incontestable. Tout comme dire que le Canada est un pays riche.

    Lorsqu’on parle de la richesse d’un pays, on fait toujours référence à son PIB/habitant. Si on dit que le Canada est riche, on ne dit pas que tous les Canadiens sont riches. On dit que le Canada, considéré comme un tout, est riche.

    Si Stéphane avait dit que la Québec avait un taux de pauvreté plus élevé que les autres provinces, là je me serais objecté. Et c’est en fait l’énoncé que tu contestes. Mais tu ne contestes pas le fait que, considéré comme une entité, le Québec est une province pauvre lorsqu’on le compare aux autres provinces canadiennes.

  11. @  Steph

    On n’est pas obligé d’être d’accord, et nous ne le sommes pas ! Les concepts de richesse et de pauvreté sont très relatifs. J’ai d’ailleurs fait bien attention de ne pas prétendre détenir la vérité incontestable, mais plutôt favoriser un concept de la pauvreté. C’est pourquoi j’ai pris cet exemple plutôt que d’autres qu’il aurait été plus facile de contredire.

    Comme dans bien des cas, on confond le concept et l’indicateur. Le PIB est, comme tout indicateur, idiot. Il ne fait qu’additionner des dollars, sans se poser la question de savoir combien de biens et services, ni lesquels on peut obtenir avec les dollars qu’il comptabilise. Un dollar de production de pétrole qui détruit l’environnement et diminue le capital du sous-sol est comptabilisé de la même façon qu’un dollar qui sert à fournir des services de santé.

    Mais il y a pire. Le PIB per capital est une moyenne. Paul Krugman donne l’exemple de Bill Gates qui entre dans un restaurant. Automatiquement, tous les clients deviennent en moyenne millionnaires ! Sont-il plus riches pour autant ? Leur bien-être est-il augmenté ?

    En plus, l’évaluation de la richesse (ou de l’utilité ou du bien-être économique) par une moyenne repose sur l’hypothèse de l’utilité marginale constante de la monnaie. On suppose qu’un dollar de plus à un riche apporte la même utilité (ou bien-être ou richesse…) qu’à un pauvre. Pourtant, Guy Laliberté ne bénéficierait d’aucun bien-être supplémentaire du gain d’un million de dollar dans son compte. Dans notre cas, cela changerait passablement notre vie 9enfin, je parle pour moi…). Et augmenter le revenu d’aussi peu que 100 $ par mois d’une personne vivant en bas du seuil de faible revenu lui apportera un bien-être supplémentaire important. Bref, ce n’est pas que la moyenne qui importe, mais aussi la dispersion ou les inégalité des revenus.

    C’est pourquoi il faut toujours utiliser des indicateurs de dispersions (médiane, premier et dernier décile, coefficient de Gini, etc.) pour bien évaluer la richesse et la pauvreté. Comment pondérer tous ces indicateurs ? C’est la grande question et personne ne peut y répondre honnêtement, car la science économique est une science humaine et non une science exacte. Toute pondération comporte de toute façon une part d’arbitraire qui dépend de ses valeurs. En inventant (avec Mahbub ul Haq) l’indice de développement humain (http://fr.wikipedia.org/wiki/Indice_de_développement_humain ) qui tient compte de facteurs comme l’éducation et l’espérance de vie en plus du PIB/tête (et dont Chrétien utilisait les résultats pour prétendre que le Canada était le pluss meilleur pays du monde…), Amartya Sen a convenu que la pondération était arbitraire. Il travaille d’ailleurs actuellement avec Joseph Stiglitz (à la demande de Sarkozy !) pour bâtir un nouvel indicateur de richesse pour compenser les lacunes du PIB/tête.

    Bref, je ne suis pas le seul à ne pas me satisfaire du PIB par tête pour évaluer la richesse et la pauvreté et suis en bonne compagnie !

  12. Tiens! Je viens de trouver ca….Intéressant!…..Le mot CAPITATION n.f. (lat.caput, -itis, tete) Impot par tete d origine féodale, devenu impot public sous Louis xlv et qui, théoriquement fondé sur la richesse, frappa surtout les non-prévilégiés…..Le petit larousse illustré 1995

  13. « Il n’est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir. » C’est tout ce que je peux ajouter à certains commentaires ici.

  14. Vous me rappelez un certain animateur de radio qui est en train de développer des pustules bourgeonnants lorsqu’il parle des Boomers.

    Je suis un boomer; je n’en suis pas fier mais je n’en ai pas honte non plus. Ces antagonismes inter-générationnels ne nous mèneront nulle part; et votre hostilité envers ma génération ne fait qu’illustrer le ramassis d’opinions que vous appelez « faits avérés ».

    Vos attaques sont teintés d’une rancoeur que j’ai du mal à comprendre. C’est comme si les gens de ma génération reprochaient obstinément à leurs parents d’avoir maintenu Duplessis au pouvoir pendant des décennies.

    Quelle proportion des boomers, selon vous, pourraient correspondre à l’idée que vous vous en faites ?

    Réfléchissez un peu avant de généraliser. Ou de dogmatiser.

  15. […] à contre-courant de ce qui fonctionne ailleurs? En haussant les tarifs, on s’attaque aux plus défavorisés tout en épargnant ceux qui ont plus que profité des baisses d’impôts accordées aux […]

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