OCDE: l’université favorise la santé et l’intérêt politique

On dit parfois que l’éducation constitue la solution à tous les maux. Tous, je ne sais pas. Mais une étude publiée par l’OCDE ce matin confirme que ceux qui ont été à l’université ont une meilleure perception de leur santé et s’intéressent davantage à la politique. Voilà de quoi jeter le discrédit sur tous ceux qui aimeraient pénaliser les études supérieures et les rendre moins accessibles en haussant les frais de scolarité ou qui s’accommodent d’un système de prêts et bourses misérable et sous-indexé.

ocde-universite-sante-politique

Source de l’image

Les statistiques parlent d’elles-mêmes:

Perception de l’état de santé Intérêt pour la politique
Pays Niveau de formation Femmes Hommes Femmes Hommes
Canada Inférieur au deuxième cycle du secondaire 0.793 0.798 0.178 0.292
Deuxième cycle du secondaire 0.886 0.889 0.220 0.347
Tertiaire 0.919 0.921 0.464 0.612

Au niveau de la santé, on constate que plus un individu est instruit, plus sa perception de son état de santé est positive. C’est près de 15% de plus des citoyens ayant été à l’université qui se considèrent en bonne santé, en comparaison à ceux ayant lâché l’école au milieu du secondaire. Concrètement, dans un système de santé comme le nôtre où l’État constitue la principale source des revenus, un individu se considérant davantage en santé aura moins tendance à se présenter à l’hôpital ou au CLSC. Autrement dit: plus on est éduqué, plus on est en santé et moins on coûte cher à la société. Et cela fait du sens: l’éducation supérieure n’a pas comme but de créer des techniciens, malgré le clientélisme de certaines universités, mais plutôt des êtres humains davantage conscients du monde dans lequel ils vivent. Et qui dit plus de conscience dit davantage de respect, des autres, mais aussi de soi et de sa santé.

De la même façon, quand on s’ouvre sur le monde et qu’on réalise toute la complexité intellectuelle qui le façonne, on a tendance à prendre goût à la chose politique. Les statistiques de l’OCDE démontrent que les femmes ayant atteint le niveau tertiaire ont près de 2,5 fois plus de chances de s’y intéresser; plus de deux fois pour les hommes. À l’aube d’une campagne électorale où on se questionne sur le faible taux de participation aux élections, n’y a-t-il pas là une piste de solution?

Ces chiffres ne concernent pas que le Canada. Partout, dans la trentaine de pays de l’OCDE, existe une relation directe entre niveau d’éducation, perception de son état de santé et intérêt pour la politique.

Un gouvernement ayant à coeur l’intérêt de l’ensemble des citoyens (et des finances publiques) aurait avantage à étudier ces statistiques. Ce que démontre l’étude de l’OCDE, c’est que l’éducation ne constitue pas un coût, mais représente plutôt une des plus grandes des richesses, permettant d’améliorer la santé des individus, de réduire la facture des soins de santé et d’intéresser davantage les citoyens à leur mieux-être collectif.

Quand on finance l’éducation sur le dos des étudiants, on leur demande de porter, seuls, le poids de nos défauts. Ne serait-il pas temps d’investir dans notre futur et de faire le choix, collectif, de financer entièrement le système d’éducation universitaire et de réduire les frais imposés à ceux qui ne demandent qu’à nous enrichir? Pas seulement pour nos jeunes, mais pour nous, parce que chaque étudiant qui quitte l’université faute de moyens représente un manque à gagner pour tous les autres.

Tout est lié. C’est exactement ce que démontre cette étude.

Publicités

3 Réponses

  1. Deux petit commentaires pour commencer. Je ne suis pas un chef de statistique mais si je ne me trompe pas tu induis quelque chose de pas nécessairement vrai. Est-ce vraiment le fait que les gens étudie plus longtemps qui les rend en meilleur santé ou est-ce les gens en bonne santé qui étudie plus longtemps? La santé n’est pas seulement physique mais culturelle d’une certaine façon, en effet des parents qui donne comme exemple de rester sur le divan a écouter la télé en buvant de la bière à de forte chance d’engendrer des enfants avec de mauvaises habitudes et donc techniquement plus malade, et l’idée que je me fais des gens qui vivent comme ca ne sont pas des gens qui fréquentent l’université…

    Sinon je reviens une fois de plus avec mon avis que si l’éducation est gratuite les utilisateurs ne se rendent pas compte de sa valeur et risque d’y mettre moins de sérieux. Un peu comme on voit pour les routes ou le système de santé, les gens paie des impôts et ont l’impression que ça va seulement des les poches des politiciens et après se plaignent que les routes sont merdique et pareil pour le système de santé et d’éducation, Je serais pour un système dans lequel on paye ses études(on reçoit une facture selon laquelle on doit X$ pour nos études, à régler à la fin du programme) et pourquoi pas qu’elle soient remboursées sous certaines conditions? Mais à la fin l’étudiant peut dire « wow ça coute cher le système scolaire, encore heureux que je sois remboursé et maintenant je comprend pourquoi je vais payer une taxe scolaire le reste de ma vie »

  2. @André: Tu as raison de poser la question pour le lien entre éducation et santé. Les statistiques ne sont pas nécessairement criantes à ce niveau, mais les conclusions des auteurs de l’étude parlent d’un lien entre éducation et santé (dans le sens du premier qui contribue au second).

    Pour le reste, je ne crois pas trop aux thèses hyperlibérales sur le gaspillage de la gratuité. L’éducation est une richesse, ce que démontre cette étude, et on ne peut pas « gaspiller » en étudiant. On s’instruit, et même sans diplôme on devient plus intelligent et on contribue à la société.

    J’écrirai peut-être sur ce sujet éventuellement, mais les comparaisons avec des pays où l’éducation coûte beaucoup moins cher qu’ici ne montre pas que les gens prennent moins de temps à faire leurs études, bien au contraire. Cela fait du sens, encore une fois: plus l’éducation coûte cher pour l’étudiant, plus il doit travailler en étudiant, ce qui augmente les chances qu’il prenne davantage de temps pour finir ses études.

  3. « Autrement dit: plus on est éduqué, plus on est en santé et moins on coûte cher à la société. »(OCDE)

    C’est une aberration.

    Une perception d’être en santé ne garanti pas qu’on est en santé. On peut se retrouver le lendemain avec un diagnostique de cancer et nous coûterons aussi cher que les autres malades.

    De plus, les gens très éduqués forment 100% de la population des médecins et de l’industrie pharmaceutique qui ensemble distribuent les médicaments comme des bonbons et à des prix exhorbitants.

    « …mais plutôt des êtres humains davantage conscients du monde dans lequel ils vivent. »

    C’est la dernière chose que l’OCDE souhaite.

    L’OCDE obtient ces « études » du Bureau International d’Éducation de l’UNESCO.

    Ce « machin » UNESCO-BIE-OCDE a été créé par ceux-là mêmes qui ont financés la révolution bolchévique et le parti national socialiste (nazi). Leurs « spécialistes » sont issus des concepteurs du behaviorisme et du conditionnement social (lavage de cerveau) soviétiques.

    Je vous suggère la lecture de la chronologie de la conception de ce machin à lavage de cerveaux et manipulations sociales au bénéfice des puissants de Wall Street. C’est une information que l’on ne retrouve pas en français, donc, mon fils a décidé, dans un élan de devoir citoyen, de le traduire du mieux qu’il peut.

    Si vous voulez savoir d’où vient vraiment notre réforme d’éducation au Québec:

    http://dominictremblay1337.wordpress.com/2009/01/12/12-janvier-2009-dou-vient-la-reforme-scolaire-daujourdhui/

Comments are closed.