Danger cyclable

La récente croisade des chauffeurs d’autobus contre la « piste cyclable » rue Saint-Urbain, qu’ils ont à traverser à chaque arrêt, nous rappelle encore une fois à quel point le réseau cycliste est mal développé à Montréal. Deux aberrations: ces lignes blanches sur la chaussée qu’on qualifie de piste cyclable et celles qui se terminent abruptement dans un endroit dangereux.

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D’abord, comment ose-t-on qualifier les lignes sur l’asphalte entre les voitures stationnées et les voitures roulantes de piste cyclable, rue Saint-Urbain? Montréal se targue de développer son réseau cycliste, mais quelle sécurité offre-t-on aux amateurs de bicyclettes du dimanche, devant constamment être aux aguets à cause d’une portière qui pourrait s’ouvrir dans leur visage, ou d’un virage sans angle mort pouvant les happer? Ou pire, d’un piéton passant entre deux camions stationnés et apparaissant soudainement au milieu de cette « piste »? Ce ne sont pas des pistes cyclables, ces lignes qui sont traversées par les autobus à chaque arrêt; ce sont des incitatifs à aller se foutre le vélo dans le trafic et à prier pour qu’un automobiliste, roi et maître, n’oublie pas votre existence.

Bien sûr, il existe des belles pistes cyclables bien aménagées. Tiens, on en construit justement une près de chez moi. Elle passe le long de Hochelaga, traverse la bretelle d’accès de l’autoroute 25 vers Souligny ouest, puis se termine coin Honoré-Beaugrand et Souligny. Le problème, comme je l’expliquais dans ce texte, est que l’intersection en question est probablement une des plus dangereuses à Montréal. D’un côté une fin d’autoroute, avec ses voitures arrivant à toute vitesse. De l’autre une voie ferrée, puis un boulevard à deux voies séparées, puis une autre rue de l’autre côté de la voie ferrée. Et pas de feux de signalisation. Un foutoir. On construit une jolie piste cyclable bien séparée de la route avec de la belle asphalte neuve et on la termine dans un derby démolition.

Je suis peut-être vieux jeu, je ne sais pas. Dans mon temps, une piste cyclable était un endroit permettant d’assurer la sécurité des cyclistes. On construisait de telles pistes précisément pour sortir les cyclistes de rues trop dangereuses. Ces pistes étaient séparées de la voie publique, et des flèches interdisant le virage des automobilistes pendant les premières dix secondes assuraient la sécurité des cyclistes. La piste cyclable Christophe-Colomb en constitue un exemple probant.

Aujourd’hui, j’ai l’impression qu’on ne fait que construire des pistes cyclables pour construire des pistes cyclables. Il n’y a plus de concertation, plus de questionnement réel sur la sécurité des cyclistes. On bâtit des pistes cyclables comme on délimite des passages pour piétons: on sait que personne ne les respecte, mais on le fait quand même. Pour se donner bonne conscience. « Regardez, on a doublé notre superficie de pistes cyclables! » Et pendant ce temps, aucun respect pour les cyclistes qui les utilisent. Qu’ils se démerdent!

Si on veut vraiment faire de Montréal une ville favorisant les déplacements écologiques, il serait peut-être temps de respecter les cyclistes et de leur offrir des infrastructures leur permettant de se sentir en sécurité lorsqu’ils se déplacent dans la ville. Cela commence non seulement avec des pistes cyclables balisées séparées de le voie publique et ouvertes à l’année, mais également avec des feux de signalisation spécifiques aux cyclistes et coordonnés entre eux selon une vitesse moyenne à établir. Un cycliste roulant à 20 km./h, par exemple, devrait pouvoir rouler d’un bout à l’autre de la ville sans jamais avoir à s’arrêter.

Si on espère réellement désengorger la ville, il faut prendre des mesures concrètes. Les belles paroles et les beaux discours se terminent trop souvent comme les pistes cyclables: dans un cul-de-sac.

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10 Réponses

  1. Salut Louis

    Tu as 100% raison. Aujourd’hui en venant au bureau en vélo (coin Hochelaga et Lacordaire) j’ai risqué me faire écrabouiller au moins 2 fois. Et tout le long je réfléchissais sur l’efficacité des pistes cyclables. Voici ma petite aventure:

    Je sors du palais de justice dans le vieux-Montréal, je prends la peinture blanche sur la rue St-Antoine vers l’est. Jusqu’ici tout va bien! J’étais même surprise de voir combien les automobilistes respectaient la Peinture Blanche et ne me roulait pas dessus. Bon à part un autobus de touriste stationné dans la piste, tout est « parfait ». Et bien, au moment où la rue rejoint d’autre rue parallèle vers l’est (Notre-Dame, ville Marie) tiens, plus de vélo dessiner par terre… Je fais quoi moi? Bon je comprends le message, les vélos ne sont pas bienvenus ici…. Alors, je vais où? Je prends une autre rue pour aller chercher René-Lévesque… mais je trouve ca plate car je dois faire un détour… En effet, je suis sur Notre-Dame et je veux continuer sur Notre-Dame vers l’est.

    Deuxième réflexion sur la piste cyclable, j’arrive au coin de René-Lévesque et De lorimier. Ici on voit les vestiges d’une vielle piste cyclable en théorie bien entretenue. Il y a des marques bleues en désuétude par terre, les lumières piétonnes-cyclables ne sont pas synchronisées alors j’ai du attendre au beau milieu de DeLorimier… On s’entend c’était très risqué…

    Et finalement, inutile de raconter la fin de mon trajet à partir de Notre-Dame jusqu’à Hochelaga sur la rue Dickson…. L’entrée d’autoroute, les camions… et une petite fille en vélo qui tente de faire son chemin pour aller travailler…

    Bref heureuse d’être en vie 🙂
    Et longue vie à ceux qui s’engagent à synchroniser les différents bouts de pistes cyclables…

    anne

  2. Le mot piste est un peu prétentieux, voie cyclable, peut-être?
    Reste que la rue est dangereuse pour les cyclistes et le danger n’est pas uniquement lié à la délinquance des cyclistes.

  3. Des lignes peinturées dans la rue, ce n’est pas, à mon avis, une bonne piste cyclable. Mais je continue à déplorer la très mauvaise conduite de 90% des cyclistes : pas d’arrêt aux feux rouges, circuler à toute vitesse sur les trottoirs, circuler à contre-sens, etc. etc.

  4. Ben sur se sont là des comportements qui augmentent les risques d’une façon importante. Mais comme je le disais il n’y a pas que la mauvaise conduite des cyclistes pour rendre compte de tout les accidents qui surviennent entre vélo et voiture.

  5. @anne: Des histoires comme la tienne, il y en a des milliers! C’est devenu périlleux de se promener en vélo à Montréal. Il y a certes des endroits où c’est sécuritaire, mais ce sont généralement des pistes cyclables d’agrément, le long d’un cours d’eau, dans un parc, ou à d’autres endroits plus ou moins utiles d’un point de vue du transport. Ce qu’il manque, à mon avis, ce sont des pistes cyclables en ligne droite, est-ouest ou nord-sud, ultra-rapides, séparées de la chaussées, et aux feux de signalisation synchronisés.

    @un gars: Voie cyclable, c’est vrai… Mais des lignes sur la chaussée, est-ce vraiment une voie, quand les voitures y empiètent et qu’on peut manger une portière en plein visage?

    @Garamond: Le fait qu’il y ait quelques cyclistes ne respectant pas les règles ne doit pas nous empêcher de travailler au mieux-être de l’ensemble des cyclistes, à mon avis.

  6. On voit que vous n’êtes pas vraiment cyclistes. Les bandes sont rapides, flexibles et bien appréciée de la majorité des cyclistes. Elles ne s’adressent pas aux cyclistes débutants, mais aux cyclistes utilitaires. Ce sont des aménagements qui sont réalisés partout dans le monde et qui sont très efficaces. Il est vrai que la courtoisie et le comportement de TOUS les usagers de la route sont déplorables à Montréal et au Québec en général, de ce côté, on bat sûrement des records.

  7. J’aime mieux des bandes cyclables que rien du tout. Peut-être que sur des grandes rues comme St-Urbain serait-il plus approprié de séparer avec des blocs de béton temporaires (je ne sais pas pour vous mais bien qu’il doit y avoir des cyclistes hivernaux je n’en fais pas partie… moi c’est de quand il n’y a plus de neige à il y a de la neige) tandis que sur de petites rues comme Milton dans le «Ghetto McGill» c’est tout à fait apprécié de ma part. Je suis d’accord avec Bingo sur ses propos.

  8. @Louis: «quelques cyclistes»? L’autre jour, je me suis amusé à compter le nombre de cyclistes qui arrêteraient au feu rouge, au coin de Mont-Royal et Papineau.
    Résultat : 13 ont passé sur la rouge et une femme, UNE ! a daigné arrêter. On parle donc de la majorité, pas de quelques exceptions…

  9. c’est vrai,mais en meme temps, les québecois au volant, c’est pas la courtoisie qui les étouffe,rajouté a ca le flagrant manque de savoir conduire en plus de la vitesse excessive….mélange dangereux d’insouciance et de non-respect des autres combiné avec l’égocentrisme légendaire des conducteurs québecois=bang.. »’gniiignii,c’est pas ma faute l’ai pas vu ooonnn… »’…le meilleur exemple en est la voie cyclable N-S christophe colomb (2 rue a l’ouest de..) ou les entrée de garage traverse la piste cyclable….combien de cave entre dans leurs entrée de garage sans regarder a leurs droite pour voir si un cycliste s’en vient??? pas beaucoup,et juste la semaine passé,y’en a un qui a su que son geste ,il allait devoir le payer en argent sonnant…. »badang mon idiot, t’as plus de mirroir et t’es juste chanceux que je t’envoi pas chez le dentiste »…des caves comme ce gars la, il en pleut au québec avec leurs petit cultes du chars…

    les pistes cyclable sont pas dangereuse, c’est les automobilistes qui le sont, et pas a peu pres a part ca….pas pour rien qu’ont est connu jusqu’aux states comme étant les cancres du civisme et de l’arrogance au volant,et ca date pas d’hier, depuis 1970 ont entends parler de nous les québecois comme de pietres conducteurs..

    je suis quand meme surpris , cet été j’ai juste un mirroir de droite et une bonne engueulade a mon actif….normalement,a ce temps ci de l’été, j’ai au moin quelques coup de pied aux portes,des miroirs en veut tu en v’la et quelque taloche bien ramassés sur mon tableau de cycliste….

    je trouve quand meme qu’ont a un beau réseau de piste cyclable, y’a toujours place a amélioration, mais quand je pense a ce que c’était il y’a 15 ans, c’est pas mal mieux que rien….ouais, si nos bonnes femmes et mononques pouvait apprendre a conduire et SE conduire, la ca serait le nirvana du cycliste…ont peut pas tout avoir en meme temps, pour la qualité des conducteurs, il va falloir attendre encore 20 ans, parce que ceux qui ont obtenu leurs permis depuis 10 ans ne sauront jamais conduire, y’ont aucune éducation anyway combiné avec l’obtention d’un permis de conduire sans avoir pris de cour…ont est fait,sorter vos marteau, les mirroirs vont continuer de tomber..lolol@ automobilistes québecois.

  10. Tout le monde sur la route est fautif à Montréal. Auto, vélo, piéton, même autobus(!), le civisme, connaît pas.

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