Financement des partis: le (très) petit jeu de Stephen Harper

Dans une dictature, on interdit simplement les partis politiques risquant de faire ombrage au pouvoir ou on assigne à résidence les opposants politiques. Nous – évidemment – sommes civilisés. C’est donc en coupant les subventions aux partis politiques que le Parti Conservateur espère affaiblir ses opposants. Steven Fletcher, ministre responsable de la Réforme démocratique, est catégorique: le Bloc québécois ne mérite pas d’argent. Cette affirmation surprenante suit celle non moins étonnante d’Andrew Stark, ancien conseiller de Brian Mulroney, qui affirmait la semaine dernière qu’il serait légitime de couper les vivres au Bloc afin d’en finir avec les gouvernements minoritaires.

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Or, que signifie le penchant des Canadiens pour des gouvernements minoritaires? Que le pays est divisé. L’Ouest à la morale grandiloquente et de droite, le Centre et les Maritimes un peu plus libéraux et centristes, le Québec franchement nationaliste et plus ou moins de centre-gauche. Divisé. Personne n’arrive à rallier tout le monde. Harper est incapable de satisfaire à la fois les intérêts du Québec et sa base militante. Ignatieff n’arrive pas à rallier l’ouest. Le Bloc tient sa forteresse et n’a d’autres ambitions que de la maintenir. Le pays est divisé parce que c’est ce qu’il est.

Les choses n’ont pas toujours été ainsi. Avant que Jean Chrétien, dans un ultime effort de laisser un héritage politique digne de ce nom, a décidé en 2002 de limiter à 5000$ le financement des individus et à 1000$ celui des personnes morales tout en allouant 1,75$ par vote (indexé à l’inflation), il a mis fin à une situation de fausse stabilité où les gouvernements majoritaires se succédaient sans pour autant satisfaire les électeurs. À l’époque, le Parti Libéral recevait plusieurs centaines de milliers de dollars à chaque élection de la part de grandes banques ou d’entreprises, alors que l’Alliance Canadienne, qui allait fusionner avec le Parti Progressiste-Conservateur, jouissait d’un large appui populaire et d’une base très militante. Chrétien a peut-être fait le plus grand coup de cochon politique de tous les temps à son successeur et ennemi de toujours, Paul Martin, en lui imposant une réforme pénalisant principalement le Parti Libéral du Canada (PLC). Le résultat? Sans l’argent des grandes entreprises et d’individus aux desseins douteux, il n’a plus été possible de camoufler la division idéologique profonde de ce pays.

Harper, trop content de jouir d’un avantage semblable, n’a pas hésité à renforcer la réforme en imposant un plafond généralisé à 1000$. Et pourquoi pas? Il profite d’une base militante de 50 000 à 100 000 personnes (contre à peine 25 000 pour le PLC). (( Le Droit, Actualités, mardi, 3 février 2009, p. 15, Financement des partis politiques, Les conservateurs établissent un record, De Grandpré, Hugo)) De plus, il jouit d’un système complexe de sollicitation téléphonique ciblant les intérêts de millions de Canadiens en fonction des enjeux du jour. « M. Harper, nous avons établi que telle région est sensible à tel sujet, donc si vous pouviez aborder ce sujet dans votre discours, nous allons leur téléphoner la semaine prochaine ». De l’étude de marché à la puissance dix.

Représenter l’ensemble de la population

Le problème, c’est qu’à trop considérer la politique comme un marché de valeurs et d’idées qu’on sectorise en fonction des comtés à prendre, on finit par perdre de vue sa finalité: représenter les intérêts de l’ensemble de la population. Et dans ce domaine (tout comme d’autres) le tout est plus grand que la somme des parties. Et ce tout, c’est le financement public des partis politiques qui le représente le mieux. Pas le financement obtenu par le découpage des intérêts d’une minorité susceptible de contribuer au parti.

En effet, dans un contexte de système parlementaire britannique où un parti comme le Parti Vert peut obtenir 940 297 votes aux élections fédérales de 2008 (6,8%) sans obtenir le moindre siège, seul le financement public par vote – 1,95$ aujourd’hui – permet de justifier de voter pour celui-ci. Pensez-y. Quel intérêt y aurait-il à voter pour un parti qui n’a aucune chance de gagner? Grâce à ce 1,95$, au moins vous l’encouragez. C’est un peu moins de 2 millions $ que le Parti Vert a pu obtenir grâce à ce financement. Deux millions $ qui serviront à promouvoir les politiques et les valeurs représentant ces 940 297 citoyens ayant fait confiance au parti. Couper cet apport, c’est inciter nombre de votants potentiels à rester à la maison le jour du vote, certains que leurs valeurs ne seront pas représentées de toute façon.

Si Harper réussit dans son projet d’éliminer ce financement public, nous serons le seul pays occidental à laisser les intérêts privés dicter le financement des partis politiques. En Angleterre, les partis d’opposition ayant fait élire au moins 2 députés ou un député avec 125 000 voix obtiennent un financement public. En Allemagne, le financement public s’élève à 1,3 Euro par voix jusqu’à cinq millions de votes et à 1 Euro par la suite. L’Espagne accorde un financement plafonné par circonscription dès qu’un parti obtient 4% des votes et chaque citoyen peut décider de consacrer 0,4% de ses impôts payés à cet effort. La France finance également les partis politiques et va encore plus loin en réglementant la déclaration du patrimoine des élus. (( Source )) En voulant couper les vivres aux partis politiques ne jouissant pas d’une armée de contributeurs « enmoralisés », le Parti Conservateur va à l’encontre de toutes les tendances actuelles.

À l’origine, la véritable cible constituait le PLC de Stéphane Dion. Endetté, criblé de dettes, le parti n’allait nulle part. Il n’aurait pas pu se permettre une campagne électorale et si la loi avait été adoptée, le parti se serait encore davantage appauvri. Calcul politique. Sauf que Harper n’avait pas prévu l’alliance avec le NPD et le Bloc et il s’en est fallu de peu pour que son gouvernement soit renversé, fin 2008.

Aujourd’hui, par contre, la situation a changé. Ignatieff renfloue les coffres du PLC et la véritable bataille se livrera contre le Bloc. Non pas que le PC fonde de grands espoirs sur le Québec en tant que tel, mais il espère qu’en étant celui qui serait arrivé à maîtriser le Bloc et à lui couper les vivres il pourrait jouir d’un appui renouvelé au sein de l’Ontario rurale, plus réfractaire au Québec. Un autre calcul politique. En réduisant le pouvoir d’influence du Bloc, il espère reprendre le contrôle de quelques comtés dans la belle province et pousser le PLC à se commettre en Ontario.

Harper, on le constate, est un fin stratège. En fait, il est peut-être trop bon pour son jeu. Tel un enfant si compétitif qu’il se retrouve seul sans personne pour jouer avec lui après avoir cassé la figure à tous ceux qui s’étaient opposés à son pouvoir, il se bombe le torse, seul, en haut de la butte de ses idéaux. Le roi de la montagne. Tellement obnubilé par le très petit jeu politique qu’il oublie qu’il joue avec nos espoirs, nos valeurs et notre futur.

En sacrifiant le financement public des partis politiques à son désir d’éliminer ses adversaires politiques, Harper espère gagner à un jeu où il n’y aura qu’une seule grande perdante: la démocratie.

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19 Réponses

  1. Harper va finir par donner le goût aux Québécois de se séparer. D’ailleurs c’est grâce à lui si on a recommencé à parler de souverainneté au Québec. Avant sa « reconnaissance » de la nation à l’automne 2006, les souverainistes marchaient la queue entre les jambes depuis 1995. Mais depuis ce jour où ils ont entendu le mot Nation, ils ont relevé la tête et l’option est revenue au premier plan sur les blogues et dans les discussions.

    Merci Harper.

  2. @ Cali.

    Tu es bon, toi. C’est le scandale des commandites et celui d’Option-Canada qui ont redonné vie au mouvement souverainiste, combinés à la montée de la nouvelle génération. Même que je connais un gars qui a toujours été fédéraliste sans bronché et qui est devenu souverainiste en 2006 avec…l’histoire des accommodements raisonnables (!?!?!).

    L’histoire de la nation, je te rappelle que, non seulement, le Bloc a voté pour, mais que quelques souverainistes de la première heure s’en sont réjouis. Il y en a même un qui a écrit une lettre d’opinion dans le journal, à l’époque, en clamant que la souveraineté-association de René Lévesque était maintenant chose faite.

    Pour les subventions aux partis politiques et le Bloc, tu sais que je les ai loin, donc, si le Bloc courre à la faillite, je sauterai de joie en tant que souverainiste et en tant que libertarien.

    Comme je l’expliquais ici ( http://lequebecdedemain.blogspot.com/2009/07/la-trahison-de-notre-pickle-national.html ), c’est drôle de voir notre pickle national demander l’intervention du gouvernement fédéral pour stopper l’exploitation des sables bitumineux de l’Alberta.

    1) Les sables bitumineux sont des ressources naturelles.

    2) L’exploitation et le développement des ressources naturelles sont des compétences provinciales. Enfin, selon l’AANB de 1867!

    3) Notre pickle national demande, donc, au fédéral d’empiéter dans un champ de compétence provincial par idéologie.

    Question de même : Pour notre pickle national, le respect des compétences provinciales par le fédéral se marchande-t-il selon l’idéologie du parti au pouvoir à Ottawa?

    Réponse : Oui!

    Autre question de même : Notre pickle national serait-il prêt à marchander les compétences du Québec pour satisfaire son idéologie marxiste?

    Réponse : Oui!

    Conclusion qui s’impose d’elle-même : Notre pickle national n’est pas un vrai souverainiste et il combat par-derrière le mouvement de la libération nationale du Québec.

    Lui et ses BS incohérents soi-disant «souverainistes» qui lui servent de couvres-sièges sont donc des traîtres à la nation québécoise et des faux souverainistes, des gens sans honneur, des putes politiques et des monarcho-fédérastes dans le placard.

    Conclusion finale : Le Bloc est inutile et déconnecté, en plus d’être une épine dans le pied au mouvement souverainiste. Il faut donc le détruire. On n’a pas besoin de lui. Toutes ces années passées à Ottawa à ne rien faire ont eu raison de la logique même de notre pickle national! Je veux dire, encore plus qu’avant, on s’entend!

    Je n’arrive pas à croire comment un souverainiste pur et dur normalement constitué et sain de corps et d’esprit peut voter pour cette fraude qu’est l’inutile Mal de Bloc culbécois.

    Aux prochaines élections fédérales, le Bloc, ON LE FAIT DISPARAÎTRE DU TERRITOIRE DU QUÉBEC!!!!!!

    Le comble, c’est que je suis sûr que notre pickle national aurait déchiré sa chemise si Harper était venu nous dire comment gérer le développement de notre hydroélectricité.

    Mais, puisque ça concerne les maudits sables bitumineux de la méchante Alberta dégueulasse, il faut que le fédéral intervienne à fond pour stopper leur exploitation et leur développement.

    Moi, je vois plus ça comme une raison valable pour l’indépendance de l’Alberta. Cette province se fait littéralement chier sur la tête, parce qu’elle ose développer les ressources naturelles qu’elle a sur son territoire pour développer son économie et qu’elle demande de le faire en paix.

    Bref, c’est comme nous quand on se fait cracher dessus par le ROC, parce qu’on veut parler et protéger notre langue de l’extinction chez-nous, sur notre territoire.

    À MORT L’INUTILE MAL DE BLOC CULBÉCOIS!!!!

    TI-GILLES LE CLOWN ET SES BS EN PRISON!!!!!

  3. @ jean-luc proulx

    Vous semblez etre fédéraliste, donc vous devriez etre pour l’existence du bloc et sa force, je vous explique pourquoi:

    Le bloc sert de tampon aux indépendantistes; tant que le bloc est fort, les indépendantistes n’ont pas a descendre dans la rue et faire bouger les choses car ils ont une voie démocratique pour se faire valoir.

    Les démocraties occidentales du XXIe siecle sont faites afin d’appaiser la population et lui faire croire qu’elle a pouvoir sur la destiné du pays.

    Donc en tant que fédéralistes, vous devriez souhaiter que le bloc reste fort car il permet au mouvements indépendantiste d’etre apaisé et donc de ne pas se concrétiser.

    pensez-y

  4. Cette semaine, l’OSCE a décidé qu’elle enverrait des observateurs lors des élections allemandes le 27 septembre suite aux inquiétudes soulevées par l’exclusion de plusieurs petits partis des bulletins de vote.

    Le bulletin de vote, c’est là le nerf de la guerre. Or, il faut y être pour avoir l’argent donc tu parles.

  5. @ JV.

    C’est que j’ai déjà dit, dans tous les blogues auxquels je participe, que je suis souverainiste. Je n’y peux rien, si je capable de voir la supercherie qu’est le Bloc. Le Bloc, c’est la cage à homards des souverainistes et l’enfer du Québec.

  6. alors désolé de vous avoir traité de fédéraliste. 🙂

  7. Je suis d’accord avec toi.

  8. De toute facon la démocratie c’est la facon moderne de faire accepté les dictatures aux peuples, leurs faire croire que ce sont eux qui choisissent, la grande blague du 20e siecle.

    On manipule la démocratie afin de lui faire dire ce qu’on veut, c’est un peu comme dire que dieu est de notre coté dans une guerre ou pour qui Jésus voterait.

    Ils ont fait des marches, des émissions spéciales, des reportages sur l’Iran car c’est tellement important de faire de l’Iran une « démocratie ». Pendant ce temps le honduras subit un coup d’état et personne s’énerve, pas de marche.

    On ose meme nous dire que le coup d’état est justifié car le président Zelaya voulait instauré une dictature en faisant un référendum. Dictature et referendum, j’ai de la misere a associé les 2, sauf si on avoue que la démocratie, ce n’est qu’une illusion.

    Les seuls fois où les démocraties ont déjoué le systeme des pro-démocratie, on a diabolisé les gagnants ou on les a descendus, ex: les kennedy, jean-paul 1er….

  9. Un libertarien qui souhaite l’emprisonnement de gens qui ne pensent pas comme lui! C’est vraiment pas fort comme raisonnement!

  10. […] […]

  11. Je ne suis pas d’accord avec vous!

  12. Une des beautés de la politique, c’est qu’on peut tout interpréter de différentes façons. Et je vais t’en donner d’autres, des interprétations…

    *****

    Tu dis: « Or, que signifie le penchant des Canadiens pour des gouvernements minoritaires? Que le pays est divisé. »

    Si tu veux. On peut dire ça. Mais on pourrait aussi dire ceci: les Canadiens ont des gouvernements minoritaires parce qu’un fort pourcentage des électeurs refusent de prendre position et choisissent délibérément de se laisser diriger par un parti qui sera choisi par les autres. Et c’est très bien ainsi puisque ce groupe pourra toujours chiâler contre ses dirigeants et dire qu’il n’a pas voté pour eux.

    Tout le monde le sait, le Bloc ne peut pas prendre le pouvoir. C’est mathématique et bien connu. Si le Québec vote pour le Bloc, c’est qu’il souhaite être dans l’opposition. Et que fait l’opposition? Elle s’oppose. Elle critique. Elle proteste. Elle monte sur ses grands chevaux. Elle chiâle. Tout pour plaire au Québécois moyen. Et tout pour favoriser Duceppe qui excelle dans tous ces domaines.

    Évidemment, si on enlève le Québec, le ROC n’est pas assez monolithique pour former un gouvernement majoritaire.

    Si le Québec voulait utiliser les moyens qu’il a déjà à sa disposition (droit de vote) pour influencer sa destinée, il le pourrait. Mais il refuse car il préfère s’opposer.

    *****

    Tu dis: « Harper est incapable de satisfaire à la fois les intérêts du Québec et sa base militante. »

    Exact. Il a accordé le statut de nation. Il a réglé le déséquilibre fiscal. Il a porté la péréquation à des niveaux astronomiques en faveur du Québec. Tout cela dans son premier mandat minoritaire. Il espérait faire une percée au Québec.

    C’était mal connaître les Québécois. Même si on respecte nos promesses et on donne aux Québécois ce qu’ils veulent, ça ne donne strictement rien si on est conservateur. La preuve: à l’élection suivante, plutôt que de faire une percée, les conservateurs ont eu moins de députés élus… Curieusement, dans son deuxième mandat, Harper n’a fait aucun cadeau au Québec. On se demande encore pourquoi.

    Harper n’a pas compris la politique au Québec et n’a aucune chance d’y faire une percée. Point.

    *****

    Tu dis: « Quel intérêt y aurait-il à voter pour un parti qui n’a aucune chance de gagner? Grâce à ce 1,95$, au moins vous l’encouragez. »

    Je ne suis pas sûr de vraiment saisir la portée que tu veux donner à cette phrase. Veux-tu dire qu’une personne raisonnable n’a aucune raison de voter en faveur d’un tel parti en l’absence du 1,95 $ ? J’en doute. Tu sais comme moi que les partis marginaux avaient des votes bien avant ce mode de financement…

    D’autre part, je ne suis pas sûr qu’il y ait une forte proportion de la population qui était au courant, il y a un mois, de ce 1,95 $ . Si c’est ça le but visé…

    *****

    Tu dis: « Non pas que le PC fonde de grands espoirs sur le Québec en tant que tel, mais il espère qu’en étant celui qui serait arrivé à maîtriser le Bloc et à lui couper les vivres il pourrait jouir d’un appui renouvelé au sein de l’Ontario rurale, plus réfractaire au Québec. Un autre calcul politique. En réduisant le pouvoir d’influence du Bloc, il espère reprendre le contrôle de quelques comtés dans la belle province et pousser le PLC à se commettre en Ontario. »

    Et je crois que tu as raison: c’est son calcul. Mais à mon avis à moi, c’est une autre preuve de son manque de flair politique. Après son échec lamentable au Québec dans son premier mandat, il offre maintenant le pouvoir aux libéraux.

    En échange de quelques gains possibles en Ontario, il offre le Québec aux libéraux. Car il ne faut pas se le cacher: ceux qui ne voteront plus pour le Bloc ne seront pas attirés par les conservateurs… Croit-il vraiment faire plus de gains en Ontario que les libéraux ne feront de gains au Québec?

    *****

    Tu dis: « Harper, on le constate, est un fin stratège. »

    Je suis d’un avis différent. Seul l’avenir nous départagera.

    *****

    En conclusion: je diffère de ton opinion sur de nombreux points de vue. Et pourtant… je souhaite qu’on conserve ce mode de financement. Comme quoi différents chemins peuvent mener à Rome!

  13. Jean-Luc

    Le scandale des commandites a favorisé le Bloc mais pas le mouvement souverainiste. On reparle de souverainneté depuis que Harper a tenté un coup stratégique à court terme avec sa reconnaissance de la Nation. Ça a été un tsunami sur les blogues à l’époque. Le réveil de l’option souverainiste dans la population.

    P.S. Voter pour le Bloc contribue à l’effritement de l’appartenance au Canada chez les Québécois. Pour les souverainistes c’est une bonne chose.

  14. @Caligula: Je ne suis pas en désaccord, mais j’ai toujours cru que la politique du pire est la pire des politiques…

    @Jean-Luc Proulx: Je ne vois pas en quoi « Ti-Gilles » (sic) et sa « gang de B.S. » (sic) mériteraient la prison. Ils n’ont pas violé la loi. Je crois qu’en étant trop extrême on se discrédite.

    @internationaliste: C’est aussi mon opinion.

    @JV: C’est encore la politique du pire. On dirait que certains attendent que le fédéral redevienne ce terrible monstre imaginaire incitant les gens à (re)devenir souverainistes. On est indépendantiste non pas par réaction, mais parce que c’est notre conviction la plus profonde, à mon avis.

    @derteilzeitberliner: D’accord, mais c’est là un autre débat…

    @Steph: Je ne partage pas toutes ces analyses, mais merci de les avoir produites. Et oui, je crois qu’il est plus intéressant de voter pour un tiers-parti si on contribue ainsi à son financement.

    Merci de vos commentaires!

  15. « Non pas que le PC fonde de grands espoirs sur le Québec »

    Le PC se fera rosser au Québec à l’exception peut-être de la ville de Québec et de Maxime Bernier au Beauce mais de ce carnage, seuls JP Blackburn est vraiment menacé.

    Le PC a évidemment décidé qu’il pouvait gagner sans le Québec et ça, ça veut dire Ignatieff au pouvoir….dans un gouvernement…devinez? Minoritaire.

    Question comme ça, si on enlève le Québec du Canada, est-ce que ça donne toujours quand même un gouvernement minoritaire. Je n’ai pas les chiffres mais je crois bien que oui moi. Quelqu’un pourrait-il nous le confirmer?

  16. C’est sans oublier que le parti Reformiste il y a quelques années était un parti régionalistes dont certains purzédurs étaient eux aussi (et le sont encore) des séparatistes de l’Ouest canadien.

    Le parti conservateur semblerait-il oublier ses propres racines régionales et séparatistes…ce texte de monsieur Stark nous le confirme, l’occasion fait le larron comme dit le proverbe. On « upgrade » le magasin et on change le slogan et hop des régionalistes-séparatistes de l’Ouest canadien font un take over du PPC, enlèvent un P et tout le Canada entier doit se subjuguer à la puissance armée (politique) conservatrice de l’Ouest canadien.

    Spécial quand même la politique…

    Imaginez si ti-Gilles avait eu des ambitions de faire un take-over à la Trudeau du Canada…un autre spectacle qui aurait pu être intéressant.

    East versus West.

  17. Erreur. Sans le Québec, le PC serait majoritaire. Il aurait 133 députés sur 233.

    Le PLC en aurait 63, le NPD 36 et il y aurait un indépendant.

    http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89lection_f%C3%A9d%C3%A9rale_canadienne_de_2008#Tableau_des_r.C3.A9sultats

    Remarquez d’ailleurs à quel point le mode de scrutin favorise les partis dont le vote est concentré (comme le Bloc): le NPD a presque deux fois plus de votes que le BQ et pourtant ce dernier a 50% plus de députés que le NPD. Finir deuxième ou troisième dans une multitude de comtés n’est pas très payant politiquement. Mais un financement par vote atténue cela.

  18. Correction:

    … et pourtant ce dernier a 35% plus de députés …

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