Décrochage scolaire: le PLQ est coupable

La stratégie adoptée par le gouvernement Charest pour lutter contre le décrochage scolaire est un échec. Malgré près de 200 millions $ investis dans le programme Agir autrement, devant servir à lutter contre le décrochage, la proportion de jeunes n’ayant pas complété son secondaire à l’âge de 20 ans ne cesse de monter. Le PLQ espère-t-il vraiment lutter contre le décrochage sans s’attaquer à sa cause première, la pauvreté?

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En effet, il existe une relation assez directe entre le revenu des parents et le niveau de scolarité. On ne s’étonne donc pas d’apprendre que près de 6% des jeunes de Westmount décrochent, alors que dans des quartiers comme Pointe-Saint-Charles ou Parc-Extension la proportion dépasse 40%. Quand les Libéraux augmentent les frais de scolarité post-secondaires et s’attaquent ainsi aux étudiants les plus pauvres, quel message lancent-ils aux décrocheurs potentiels du secondaire? « Finissez votre secondaire si vous le voulez, de toute façon vous n’avez pas les moyens d’aller plus loin ». On ajoute simplement un obstacle supplémentaire à quiconque espérerait s’en sortir et s’élever dans l’échelle sociale. Croyez-vous sérieusement qu’un individu ayant un secondaire 5 obtiendrait un emploi à ce point supérieur à celui qui a décroché en secondaire 3 ou 4?

Dans les faits, un gouvernement de droite comme celui du PLQ ne contribue qu’à accentuer les écarts de richesse. Entre 2003, année de l’élection de Charest, et 2007, le coefficient de Gini, qui mesure l’état d’égalité ou de non-égalité de la population, a augmenté de 0,511 à 0,516. ((Statistiques Canada, Tableau 202-07051,2,7
Coefficients de Gini du revenu du marché, total et après impôt, selon le type de famille économique, annuel)) Augmentation des tarifs d’électricité, des frais de scolarité, des CPE: comment peut-on espérer réduire le décrochage scolaire alors qu’on nourrit son principal agent? Pendant ce temps, en Ontario, où le nouveau gouvernement plus progressiste de Dalton McGuinty a dû réparer les pots cassés de la « révolution du bon sens » de Mike Harris, le coefficient de Gini a diminué. Et oh, surprise, le taux de décrochage a baissé de 7% en cinq ans!

En clair, ce n’est pas avec un programme au slogan pompeux que le gouvernement pourra limiter le décrochage scolaire. Il faudrait plutôt mettre en place des programmes et des mesures assurant une meilleure redistribution de la richesse et une diminution de cette pauvreté engendrant le fléau du décrochage. Une étude du Conseil Canadien sur l’apprentissage a démontré que chaque décrocheur coûte annuellement 8098$ en soins de santé privé, 4230$ en assistance sociale, 224$ pour ce qui est des crimes, 3491$ en revenus perdus, 226$ en taxes non payées, 68$ en primes d’assurance-emploi et 2767$ en assurance-emploi.

Qu’on soit bien clair: le décrochage coûte cher, extrêmement cher. Et tant que nous aurons un gouvernement de droite plus intéressé par ses réformes néolibérales et ses PPP que par l’éducation de nos jeunes, nous nous priverons d’une richesse inestimable qui aurait pu contribuer à bâtir une meilleure société. 

Et si le PLQ adoptait son propre slogan et se décidait enfin à « agir autrement » et à favoriser une meilleure redistribution de la richesse?

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30 Réponses

  1. Oui, intéressant que tu parles de décrochage scolaire, j’en ai parlé sur mon blogue mais d’un autre angle.

    Tu ratisses large. Pour contrer le décrochage scolaire, il faudrait lutter plus efficacement contre la pauvreté. Hum…

    Il y a deux sortes de pauvres : celui qui est pauvre monétairement et celui qui est pauvre intellectuellement.

    Et je crois que des grands sociologues ont énoncé qu’il y aurait une culture de la pauvreté. Steve Proulx en parle sur son blogue.

    N’empêche qu’il y a un haut de taux de décrochage. C’est ce qui principalement inquiétant. Comment réduire ce taux ? C’est loin d’être facile à trouver comme solution.

  2. On oublie trop souvent la relation entre la richesse et la valorisation « culturelle » des études — l’éducation informelle de « comment étudier », « comment s’habiller pour ne pas faire peur aux gens », « comment se taire dans la salle de classe » etc. Quand les parents sont pauvres, souvent ces leçons sont pas transmis.

    Moi, c’est seulement par chance d’avoir sorti avec une fille qui est allé plus tard à Dartmouth (tout comme son père) que j’ai vraiment vu comment vivent et travaillent ces gens-là. Mes propres parents s’en foutait de l’éducation…

  3. Le décrochage est un problème beaucoup plus vaste que ça, Louis, crois moi. La politique ne pourra pas le régler car ce n’est pas seulement une question d’argent.

    Ce que je veux dire est que même si le PLQ donnait des millions aux écoles, ça ne pourra pas régler la situation à 100% et de toute façon, ce serait temporaire comme solution.

    Oui le taux de décrochage est alarmant, mais ce qui l’est encore plus à mon avis est que notre société s’en va carrément nul part. Nous n’avons aucune vision d’avenir, aucun projet de société emballant et on est sur le pilote automatique depuis trop longtemps. Le décrochage scolaire n’est qu’une des nombreuse conséquences de tout ça.

  4. Ben voilà ! Tes parents s’en foutaient, mais tu as subi une influence «valorisante». L’environnement peut jouer un rôle.

    Mais je ne crois pas que la relation entre pauvreté et décrochage scolaire soit la seule explication possible au taux élevé de décrocheurs. Il faut regarder de plus près et voir par exemple, que c’est un problème chez les garçons que chez les filles.

    Et essentiellement, le décrocheur N’AIME PAS L’ÉCOLE.

  5. Ma foi, j’oublie tout le temps des mots quand j’écris. Excusez-moi !

  6. @Daniel Labonté: Oui il y a plusieurs formes de pauvres, mais mon texte parle des pauvres matériellement. Et il y a une relation causale très forte entre pauvreté physique et décrochage.

    @newsurbanshapes: Tout à fait d’accord. La pauvreté brise le lien filial et nuit à l’apprentissage des valeurs.

    @Rémi: C’est exactement ce que j’écris. As-tu lu le texte? Je dis presque mot à mot qu’il ne sert à rien de garocher des millions sur les écoles mais que ça prend plutôt des politiques redistributrices de richesse.

  7. Vaste oui, si tu examines la liste des facteurs qui cause le décrochage scolaire.

    Cependant, on ne pourra jamais irradiquer le décrochage scolaire. Ce qui est alarmant à l’heure actuelle, est le taux élevé.

    Car, je ne sais pas quel âge tu as, mais moi, de ce que je me souvienne, il y a toujours eu des décrocheurs scolaires.

  8. Hein ! Pauvreté physique ? Tu veux dire un environnement pauvre… ou tu parles de quelqu’un de faible physiquement, qui se ferait taxer à l’école… Enfin, j’aimerais que tu m’expliques.

  9. Le décrochage scolaire coute cher. Le décrochage n’est pas scolaire, le scolaire n’est qu’un symptome d’un décrochage qui se fait ailleurs. Et ce n’est meme pas un décrochage. C’est pas tout le monde qui peut s’ancrer dans cette société. On aime pas les conséquences des inégalités?
    Y a bien des limites à chialer.

  10. Tu poses une bonne question. Est-ce que le fait que le décrocheur scolaire n’aime pas l’école, veut nécessairement dire que le décrocheur scolaire N’AIME PAS LA VIE ?

  11. Pour moi ca veut dire qu’il vit sa vie comme il peut, en étant pas conforme à ces trucs et ils ne font que se faire marginaliser sans cesse. Et les conformes se plaignent de la présence de gens non conforme, ils représentent un cout, comme si les conformes étaient gratis eux. C’est hallucinant.

    Le décrocheur scolaire, les conditions étaient souvent réunies bien avant sa naissance, et tout d’un coup on se surprends?

  12. Je ne crois pas que le vrai problème du décrochage soit la pauvreté, mais les professeurs. J’ai eu la chance d’avoir des très bons profs intéressants qui m’ont transmis leur passion pour la discipline qu’ils enseignaient.

    Mais qu’arrivent-ils lorsque ces profs arrivent dans des écoles où souvent, les problèmes de drogues et de violence sont omniprésent ? Ils font comme les élèves: ils décrochent. Ils se contentent de donner leurs matières tout en donnant un 60%(gracieuseté du PQ, soit-dit en passant !)à tout le monde.

    Quand on va enlever le syndicat des écoles et garder les vrais profs compétants qui enseignent avec passion, les élèves vont vouloir aller plus loin.

  13. À moins que je sois complètement dans le champs j’ai toujours été pour une augmentation des frais scolaire. Si les frais augmente de 4000$ dans ton année c’est 4000$ de dépense admissible de plus et du coup 4000$ de prêt et bourse en plus. Au final j’ai l’impression que les gens qui payent plus ce seront les riches non?

    Et si ce 4000$ de plus par étudiant permettait aux université d’avoir des programmes plus intéressant (plus de matériel pédagogique ou autre) c’est non négligeable non?

    Pour info mes parents sont pauvre(mon père n’a pas son sec V et ma mère invalide) mais pourtant ils ont insisté pour que moi et mes sœurs finissions notre CEGEP et ils ont fait des sacrifices pour qu’on y arrive. Je crois que le rôle des parents dans le décrochage est beaucoup plus important que celui de l’état.

  14. J’aime bien ce que vous dites André.

    Ce qui m’amène à poser comme question:

    Et si le facteur #1 du décrochage scolaire était la monoparentalité?
    Que peux faire l’état à part arrêter de FAVORISER cette monoparentalité par toutes ses interventions. Donc paradoxalement, c’est l’état qui crée le problème du décrochage et aucune nouvelle intervention va régler le problème…

    @ Louis

    Ce n’est pas la pauvreté le facteur #1 du décrochage.
    Mais c’est vrai que la monoparentalité EST le facteur #1 de pauvreté.

    😉

  15. @tous:Il y a un lien de causalité assez direct entre pauvreté et décrochage. Toutes les études le démontrent.

  16. Comme il y a un lien entre le décrochage et la pauvreté 🙂

  17. 1) Me semble qu’en se forçant, tous les groupes ‘d’oppresions’ arrivent à établir des liens avec tout et avec rien et ce, en fonction de leur agenda particulier.

    2) Je veux voir LES études en question. (pas d’articles de journaux, svp)
    😉

    3) Faudrait bien que je trouve les études qui prouve que c’est la monoparentalité qui est le facteur # 1 du décrochage et ce, avant la pauvreté. Mais contre vos preuves, les miennes sont du même acabit.

    😉

  18. C’est vrai. Mais si je ne me trompe pas, le meilleur prédicateur de rendement scolaire pour un enfant, c’est la scolarité de la mère. Une mère peu scolarisée a plus de chances d’être pauvre. Est-ce la pauvreté ou la faible scolarité de la mère qui est la cause du décrochage?

  19. Donc dans la vie, l’important n’est pas de vivre plus confortablement que ses ancètres mais bien que son voisin. Peu importe si un assisté social a un meilleur confort que n’importe qui de la classe moyenne d’il y a 50 ans, le problème c’est que son voisin gagne plus que lui et donc c’est ce qui fait son malheur, fait en sorte qu’il éduque ses enfants comme un imbécile?

    Courage Louis, avec les CPE, de plus en plus d’enfants sont éduqué en garderie par des éducatrices formées. Bientôt les parents n’auront plus beaucoup d’influence sur l’évolution des enfants. Nous aurons un monde complètement solidaire où chaque personne n’a pas à se soucier de l’éducation de ses enfants……….

  20. Québec, l’une des sociétés les plus égalitaires et les plus solidaires de l’Amérique du Nord. Une des plus sociales-démocrates. Une de celles qui se préoccupent le plus de ses démunis et de justice sociale.

    De loin (très loin) celle qui impose les plus faibles frais de scolarité en Amérique. Et pourtant, c’est un échec.

  21. Vous voulez des ‘pistes’ qui démontrent que la monoparentalité est LE facteur #1 du décrochage?

    Le taux de décrochage des immigrants (généralement plus pauvres, mais où l’on retrouve beaucoup moins de monos) -vs- celui des Québécois de ‘longue date’…

    Encore autre chose?

    Trouvez des « stats » de décrochage des immigrants dont les parents sont séparés -vs- ceux toujours en couple et ce, pour des revenus à peu près semblable.

    Faites le même exercice avec les Québécois de ‘longue date’…

    😉

  22. Le problème, c’est une question de valorisation des talents de l’élève, chose qui ne se fait presque pas dans le public, comparativement au privé. Lorsque les élèves sentent que leurs talents ne sont pas valorisés à leur juste valeur, ben, ils décrochent, tout simplement.

    Vous essaierez de battre les High School américain, juste pour voir! 😉

    Mais ça, avec la boureaucratie criminelle qui nous étouffe au Québec, nos problèmes n’ont pas fini de prendre de l’ampleur et le déclin tranquille du Québec se poursuit avec la complicité criminelle des syndicaleux à la Réjean Parent qui maintiennent l’ordre établie. 😉

  23. J’ai aussi trouvé ça.

    Extrait:

    « (…) Que l’éclatement de la structure familiale pendant l’adolescence (entre 14 et 17 ans), affecte négativement les possibilités de graduation; et enfin, que les effets de la structure parentale persistent même après avoir contrôlé l’effet relié au revenu familial(…) »

    page 81
    http://books.google.ca/books?id=OVmRIWClPz0C&pg=PA81&lpg=PA81&dq=monoparentalit%C3%A9+d%C3%A9crochage+scolaire+au+Qu%C3%A9bec&source=bl&ots=7zseAAjKkh&sig=ExqzvS4oRpyo6MxETwW6aotPE2w&hl=fr&ei=OdtXSsCiAZSVtgeh2MDdCg&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=4

    On retrouve aussi dans ce livre, des ‘infos’ qui démontrent que les garçons sont beaucoup plus affectés par la ‘décomposition’ familiale, que les filles…

  24. Je ne veux pas debattre sur le fond, du moins pas sur le sujet du decrochage, mais plutot sur le titre. Le decrochage scolaire n’est pas apparu avec le PLQ. De plus il y a plusieurs paliers de gouvernements chez nous, et ils sont tous responsables de la redistribution de la richesse. Ensuite le modele d’education au Quebec presente plusieurs deficiences majeures, et cela, ca depasse les partis. Ca a ete pensé sous un gouvernement, mis en place sous un autre, les resultats commence à transpirer sous un autre encore different, etc… Les politiciens ne font que se refiler la patate chaude. Le PLQ n’est pas responsable en 7 ans du decrochage scolaire au Quebec. Par contre, ils n’ont effectivement rien trouvé pour le ralentir, le contrer, l’eradiquer. Donc le titre, bien qu’en partie vrai … est completement bidon.

    Et pour faire vite, oui la lutte à l’exclusion et à la pauvreté, le travail de reinsertion des gens au sein d’un systeme social stable, et meme l’etat de santé de nos concitoyens, sont des facteurs indirectes (par rapport à l’education et les programmes scolaires) extrement importants et influants quant au decrochage scolaire. Et oui c’est une economie rentable de regler ces problemes quelqu’en soit le prix, si c’est pour en bout de ligne reussir à sauver la majorité des jeunes (qu’on ne retrouvera pas assistés ou pire trainant dans la rue avec des gangs), leur donner une education et leur permettre d’atteindre le marché du travail avec des diplomes importants pour notre economie en manque de mains d’oeuvre qualifiées. Mais bon, ce n’est pas demain que des mesures complexes et sur du long terme seront mises en place par des politiciens gouvernants sur 5 ans !

  25. Tu touches un bon point quand tu dis que la faute n’est pas imputable uniquement au gouvernement qui est en place. Peu importe le parti politique qui est au pouvoir, le décrochage scolaire existe depuis bien longtemps. Je dirais même avant la création du Ministère de l’éducation.

    Maintenant, si le taux élevé veut dire qu’il y a plus de pauvreté, la redistribution des richesses, c’est rêver en couleurs.

  26. Je l’ai dit en entrée de jeux, c’est un sujet beaucoup trop complexe pour moi, je ne sais pas. Mais je me demande, en quoi c’est un problème le décrochage scolaire?
    Un jeune décroche, en quoi ca devient un problème social?

  27. J’aime bien tes deux premiers paragraphes.

    C’est bizarre. Quand tu parles politique, j’ai l’impression que tu délires, mais quand tu parles de d’autres sujets, tu es très correct.

    On s’expliquera sur ton blogue.

    Enfin, revenons au sujet de Louis, qui veut nous amener à discuter de la redistribution de la richesse comme solution au décrochage scolaire. Tu sembles pas avoir d’opinion là-dessus.

  28. Un gars, le problème c’est le taux élevé et non le décrochage comme tel. Car il y en a toujours eu.

    Ce que semble dire Louis, c’est que s’il y a un lien entre la pauvreté et le décrochage scolaire, si le taux a augmenté, c’est qu’il y a plus de pauvres. Donc, redistribuer la richesse et il y aurait moins de pauvres.

    Sauf que je le dis et je le répète. C’est rêver en couleurs.

  29. Le rôle des parents est bien simple. L’école ne les intéresse pas.

  30. C’est bien. Bravo ! C’est à peu près ce que je disais sur mon blogue, parce que je l’ai vécu. Content de savoir que les livres confirment ce que j’ai connu.

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