Français à Montréal: s’excuser d’exister?

« Sorry, I don’t speak french ». À Montréal. Deuxième ville francophone au monde. C’est dans ces mots que le journaliste Don MacPherson, qui s’est « déguisé » en francophone le temps d’un reportage, s’est fait accueillir dans nombre de commerces du centre-ville de la métropole québécoise. Pire: on a parfois même été agressif avec lui, cherchant à lui faire comprendre qu’il n’était pas la bienvenue en tant que francophone. Trente-deux ans après l’adoption de la loi 101, pourrait-on imaginer un tableau plus criant du retentissant échec de l’intégration des immigrants et des anglophones?

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En fait, il faudrait peut-être se poser la question autrement. La loi 101 a-t-elle encore son utilité? Ou plutôt: est-il approprié de chercher à défendre le français avec une simple loi sur l’affichage, au même moment où tous les services gouvernementaux du Québec se sont bilinguisés et où on apprend l’anglais à nos jeunes à l’âge de six ans? Qu’on se comprenne bien: individuellement, si quelqu’un a envie d’apprendre une, deux, dix langues étrangères, grand bien lui fasse. Mais collectivement, a-t-on besoin d’imposer l’anglais à des jeunes dont la plupart ne formeront pas l’élite? Quel message leur lance-t-on, sinon qu’ils devront plus tard travailler en anglais ici, dans leur propre pays?

Sortons la tête du trou un peu. Nous sommes en train de perdre Montréal. Entre les recensements de 2001 et 2006, Montréal a perdu près de 30 000 francophones, une baisse de 2,9%. Au même moment, il y avait 15 000 nouveaux anglophones, une hausse de 3,2%. Prenez un autobus avec cent personnes entassées à l’intérieur. Il y en a 300 remplis de francophones qui sont partis et 150 avec des anglophones qui sont arrivés. En cinq petites années. C’est MASSIF.

Et les autres francophones, les survivants de l’holocauste linguistique, que font-ils? Ils plient l’échine et ils endurent d’être des citoyens de second ordre dans leur propre ville. C’est cela que nous montre le reportage de Don MacPherson.

Dans la tête des anglos

Si le journaliste de la Gazette s’est mis dans la tête d’un francophone, nous pourrions peut-être tenter l’inverse. Suite à mon texte dénonçant les propos de Richard Rigby, du groupe Lake of Stew, sur René Lévesque et son héritage, celui-ci a tenté de poster un commentaire sur ce blogue. En anglais. Il n’a donc pas été publié, car la règle première de ce blogue est qu’il est francophone et s’adresse à des francophones. Quel genre de personne serais-je si je demandais aux autres de parler français partout et si moi-même, en ma propre maison virtuelle, j’adoptais la langue de l’autre pour communiquer?

Dans son commentaire, Rigby a écrit ceci, entre autres:

We’re here to stay like it or not.
I know that you’ll be pissed that I’m writing in English and for that I am not going to apologize.
I am not afraid of expressing myself in my language in the place where I was born.

[Nous sommes ici pour rester, que tu aimes ou pas.
Je sais que ça t’écoeureras que j’écrive en anglais et pour ceci je ne vais pas m’excuser.
Je n’ai pas peur de m’exprimer dans ma langue à l’endroit où je suis né.]

J’ai trouvé ces trois lignes tout à fait représentatives de mon expérience personnelle avec à peu près tous les anglos que j’ai rencontrés. Ils sont fiers d’être anglophones, parlent anglais partout, imposent leur langue sans complexe et ne s’excusent pas de ne pas parler français. Maintenant, avouez qu’il y a là tout un contraste avec l’attitude des francophones, qui se sentent mal de ne pas parler anglais, qui s’excusent constamment, et qui ont peur de ne pas être assez « inclusifs » s’ils osent parler dans leur propre langue.

Ceci dit, j’ai trouvé la justification de Rigby intéressante: « je parle anglais parce que je parle anglais depuis que je suis né ici ». En clair, parce que des anglophones sont ici depuis des années et que sa famille parle anglais, il se considère comme étant justifié de ne pas parler le français.

Imaginons une situation analogue.

Je m’en vais vivre en Russie. Partout, autour de moi, on parle le russe. Je décide pourtant de ne pas m’intégrer et je rejoins une petite minorité francophone à Moscou. Ai-je raison de ne pas m’intégrer? Évidemment, non. Maintenant, si j’ai des enfants et qu’eux non plus ne s’intègrent pas, ont-ils raison de le faire? Et si ceux-ci ont des enfants qui ne s’intègrent toujours pas, peuvent-ils réclamer le droit de ne pas s’intégrer sous prétexte que leurs parents et les parents de leurs parents n’ont jamais fait le choix de s’intégrer?

En somme, ce n’est pas parce que les parents et grand-parents de Rigby ont fait le CHOIX de ne pas s’intégrer que son propre refus de s’intégrer est légitime. Qu’on le veuille ou non, nous sommes conditionnés par les choix de nos ancêtres, mais nous avons également le droit de faire nos propres choix. Et quand Rigby écrit qu’il ne craint pas de parler sa langue à l’endroit où il est né, il ne fait que conforter le choix de ses parents et grand-parents de ne pas s’intégrer. Il fait le CHOIX de vivre replié sur lui-même. Et ce comportement d’obstination à refuser de s’intégrer et à se considérer comme justifié de ne pas respecter une des plus importantes valeurs des Québécois porte un nom: le mépris.

Or, on pourrait rétorquer que cette logique pourrait également s’appliquer aux Québécois, qui devraient s’intégrer à la majorité anglophone. Il n’en est rien. Rigby, ailleurs dans son message, affirmait se sentir Québécois. S’il se considérait comme Canadien, la question ne se poserait pas. Sauf qu’être Québécois, comme il le réclame, c’est adopter nos valeurs communes, et une de ces valeurs est le français. Nous sommes un maigre 6 millions dans un océan anglophone; ne peut-il pas le reconnaître et faire le choix de faire partie de la solution plutôt que du problème?

Malheureusement, on ne peut pas se contenter de le blâmer et de tout mettre sur le dos d’anglophones comme lui. Trop facile. Nous avons aussi notre responsabilité. Ne pourrions-nous pas, nous aussi, être fiers de notre langue? Ne pourrions-nous pas exiger le français au travail, dans la rue, avec les amis, partout? Ne pourrions-nous pas cesser d’avoir peur de passer pour des méchants xénophobes racistes simplement parce que nous désirons, nous aussi, parler notre langue dans notre pays?

C’est un peu le message que j’ai retenu du texte de MacPherson: soyez un peu fiers et arrêtez de vous excuser d’exister, bande de lâches!

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25 Réponses

  1. J’ai écrit à Rénart qui traite de ce sujet. Votre angle est différent et tout aussi intéressant. Il m’inspire cette conversation que j’ai eu dans un parc coin Saint-Laurent et Saint-Joseph.
    Moi – Bonjour vous auriez un peu de monnaie?
    Lui – Sorry I don’t speak french.
    Moi – Monnaie, c’est pas difficile à comprendre, it’s money, no? Why don’t you speak french?
    Son voisin(un francophone) – Veux-tu ben le laisser tranquille.
    Moi – C’est pas à vous que je parle, c’est à lui.
    Son voisin – Ca va de la merde.
    Moi – Non, je veux juste savoir.
    Lui – I don’t need it to work, that’s it me dit-il fièrement avec un beau sourire.

  2. Et dire que c’est ce genre de personnes que l’Autre St-Jean a invité pour son spectacle du 23 juin dernier au Parc Le Pélican. Le recul du français à Montréal est de plus en plus évident et si nous ne prenons pas de mesures maintenant pour contrer ce phénomène nous serons bientôt sur la voie de la louisianisation.

  3. C’est pas tous les anglophones qui ont la même attitude que M. Rigby, mais la plupart que j’ai rencontrés. Moi, je voulais venir à une ville francophone, et vivre et étudier en français.

    Mais j’ai remarqué que souvent chez les francophones, ils ne veulent pas perdre beaucoup de temps avec un anglophone – même d’un autre pays – qui est toujours en train d’apprendre le français. Soit ils parlent en anglais (pour plusieurs raisons, comme on pourrait imaginer) ou ils s’intéressent pas vraiment aux anglophones et donc veulent pas vraiment me parler.

    mon choix, c’était se tenir avec des francophones qui me parlaient en anglais pendant qu’ils parlaient à tous leurs autres amis en français. et maintenant j’ai une blonde qui me parle en français — de l’amérique latine! Ma vie aurait été beaucoup plus facile si j’avais juste choisi de parler en anglais plutôt qu’éviter les autres anglophones. j’aurais beaucoup plus d’amis.

    Alors les francophones ont d’une autre stratégie. Habiter à Brossard, se cacher de la société dans une grosse voiture, et ignorer/ghettoiser les jeunes anglophones et autres qui viennent et veulent apprendre le français (pas les canadiens déjà brain-washés, évidemment) — on va se trouver avec un Montréal « multi-culti » anglophone qui se sent, paradoxalement, exclu.

  4. *Alors les francophones ont besoin d’une autre stratégie.

    Et moi qui a besoin d’un correcteur.

  5. Ce que tu dis reflète malheureusement l’attitude de certains francophones à Montréal. Par contre je parle le plus possible en français avec les anglophones. Je profite de toutes les occasions possibles pour le faire. J’ai trois collègues anglophones dans mon milieu de travail et je leur parle uniquement ou presque en français.

  6. Money talk, le Québec pour rester francais a besoin d’une monnaie francaise tant que le profil de la reine sera sur nos billets bien les gens parleront anglais, ils ne sont pas fous.

  7. […] francophone. Renart L’Éveillé nous en présente les principales lignes tandi que Louis y va de ses […]

  8. […] s?excuser d?exister?   Aujourd’hui ? 22:34 Fran?ais ? Montr?al: s?excuser d?exister?https://ledernierquebecois.wordpress.com/2009/07/03/francais-montreal-s-excuser-d-exister _________________ »Je n’ai jamais voyag? vers autre pays que toi mon pays. » Gaston Miron? Porter […]

  9. @Un gars : le Québec pour rester francais a besoin d’une citoyenneté quebecoise tant que la feuille d’erable sera sur tous les papiers reellement important pour vivre ici les gens parleront anglais, ils ne sont pas fous. Quand ils verront que ca prend une fleur de Lys, ils se sentiront quebecois et comprendront qu’ils ne sont pas arrivés dans une quelconque province canadienne. Ca prend une citoyenneté pour nous epanouir, pour nours rassembler, pour nous reconnaitre, pour nous unir en tant que nation et en tant que peuple. C’est bien pour cela que le Canada ne veut pas qu’on en ait une, pas plus qu’une equipe avec nos couleurs, symbole ridicule je le concois, mais au combien symbolique justement et qui risquerait de redonner de la fierté à ce peuple et donc le gout à avoir plus pour lui.

    ***************

    Rigby dit ce sentir quebecois, il dit se sentir à l’etranger quand il quitte le Quebec. Se rend-il compte que cette sensation est due au fait que des gens parlent francais ici ? Se rend-il compte que si le francais disparait, il ne retrouvera plus cette richesse culturelle, cette diversité, cette sensation de ne pas etre ici comme ailleurs ? Ne devrait-il pas comprendre que tout le monde devrait faire un effort pour que ca ne disparaisse pas, lui en premier.

    Et surtout tous ces gens pronant la richesse des cultures, la diversité, l’echange, l’ouverture, l’epanouissement, le respect, la paix, l’amour… oui, c’est à vous que je m’adresse chers citoyens du monde, vous et votre discour completement hypocrite et incoherent, discours issu des peuples dominés, des citoyens aplatventristes cherchant une issue de secours, sans lutte, facile et lache, se defilant face à leurs responsabilités envers leurs enfants et leur peuple pour justement garder vivante cette difference qui fait de nous des gens importants dans le monde, car nous sommes une des nombreuses briques de murs de la diversité humaine.

    Il n’y a pas un peuple dominant, ni meme un peuple fier, dont les citoyens se sentent le besoin de se declarer citoyen du monde, ce qui veut dire citoyen de partout et surtout de nul part ! Une forme de defaitisme, d’abdication face à la difficulté de resister à la simplicité de parler anglais en amerique du nord (bien au nord, parce qu’au sud l’espagnol gagne du terrain !).

    J’ai plus l’impression que Rigby est un hypocrite, un bon nationaliste canadien qui considere le Quebec comme un lieu geographique au sein de son canada, une province comme parmis les autres. Bon il ne se sent pas comme à Toronto, Moncton, Vancouver, mais ca reste encore le canada et on doit tout au canada, sans eux on ne serait rien, sans ses ancetres nous n’aurions pas la vie que l’on a aujourd’hui, nous les negres blancs.

    Il faudrait que tu lises le bouquin d’un Quebecois sur la langue anglaise et la mentalité imperialiste qu’elle amene chez les anglos qui se sentent maitres partout … et meme superieurs par rapport aux autres jusqu’à un certain point.

    http://www.livresquebecois.com/livre.asp?id=pzpzypejuju&/anglaid/michel-brule

    Le respect commence par se respecter soi-meme avant meme de respecter les autres. Les Quebecois devrait apprendre cela et ne plus baisser la tete quand vient le temps de parler leur langue, leur unique langue commune !

    L’archevêque de la ville d’York, en Angleterre, dit bien : « Le multiculturalisme autorise les autres cultures à s’exprimer, mais il empêche la culture de la majorité d’exprimer ses victoires, ses combats, ses joies, ses souffrances. » De la à comprendre que c’est un moyen efficace de rabaisser et humilier la culture principale, notre culture, nous faire sentir petit, coupable, il n’y a qu’un pas. Le multiculturalisme, le bilinguisme (entendre ici : une langue + l’ANGLAIS imposé), des armes pour assimiler des peuples, les castrer, les empecher de rever en grand et d’etre fier de ce qu’ils sont. Des methodes toujours utilisées par les coloniaux anglais, remises au gout du jour par Trudeau, defendu par Iggy et sa bande de canadiens francais colonisés et de roi-negres.

    Chretien a declaré qu’il etait en guerre, nous on ne peut pas sans se faire accuser de vouloir etre violent, pourtant une guerre il y a et on est entrain de la perdre parce qu’on ne se bat pas, on nous en empeche en nous accusant de tous les maux.

    Je repondrais pas à mes ennemis ici, je comprends, ils sont dominants, ils n’ont aucun interet à nous laisser quoi que ce soit (pourquoi donner plus de pouvoir au Quebec se demande Iggy et Harper ? Ce qu’ils ont est largement suffisant et nous on a besoin du reste). Je laisserai donc un petit mot aux colonisés, assimilés et autres laches qui forment une bonne partie de mon peuple :

    « Vous êtes pas tannés de mourir, bande de caves? C’est assez ! »

    Faites de vous des citoyens du monde, c’est à dire des citoyens libres et maitres chez eux !

  10. Il y a aussi quelque chose que j’ai remarqué en fréquentant l’université McGill – paradoxalement tu entends beaucoup parler français, certainement plus aujourd’hui que dans une époque où c’était vraiment la chasse gardée de la communauté anglo-montréalaise. Beaucoup d’anglophones que tu croises dans le coin sont là de passage, ce sont souvent des Canadiens anglais ou des Américains qui viennent étudier quelques années et la majorité repart en quête d’un emploi chez elles. Outre ceux qui prendront des cours de français, la plupart se contentera de se concentrer sur leurs études.
    Je comprend tout à fait newurbanshapes quand il dit que la plupart des francophones ne sont pas patients avec ceux dont le français n’est pas la langue maternelle. C’est à dire que dès qu’on voit quelqu’un qui a un français laborieux et qu’on perçoit le moindre accent anglophone, on passe trop vite à l’anglais. Je ne suis pas blanc, je suis moitié vietnamien, alors comme j’ai l’air un peu exotique, ça m’arrive très souvent de me faire aborder en anglais. Sans devenir exécrable je crois qu’il faut juste tenir son bout; j’aborde en français, je répond en français, et je persiste en français même si la personne a un français à améliorer. L’anglais, c’est en dernier recours seulement.
    Par contre, c’est illusoire de penser que l’anglais va disparaître de Montréal, de par sa situation historique et géographique. L’anglais aura toujours une place de choix dans cette ville. Mais c’est aux francophones de s’affirmer tout simplement, sans chercher à être plus revanchard que nécessaire. Ce qui veut aussi dire, de vouloir volontairement rester à Montréal plutôt que d’aller s’isoler dans une banlieue francophone pour se mettre à l’abri des immigrés, un point sur lequel je rejoins newurbanshapes quand il dit:  » Alors les francophones ont d’une autre stratégie. Habiter à Brossard, se cacher de la société dans une grosse voiture, et ignorer/ghettoiser les jeunes anglophones et autres qui viennent et veulent apprendre le français (pas les canadiens déjà brain-washés, évidemment) — on va se trouver avec un Montréal “multi-culti” anglophone qui se sent, paradoxalement, exclu. « 

  11. Mais l’anglais a l’affirmation tranquille, il ne revendique pas, il se dit simplement. Il n’agace pas, c’est le francais qui agace lorsqu’il se dit. Le francais n’a pas l’affirmation tranquille puisqu’on en parle et qu’on doit faire des lois.Si il s’agissait d’une affirmation tranquille on n’en parlerait pas. Le Sorry I don’t speak french n’est pas trouble, il semble facile. Le désolé je ne parle pas anglais est beaucoup plus rare, très rare. Le francais a un problème de légitimité, l’anglais non. So?

  12. Mais qui pense que l’anglais va disparaitre ? Et qui le souhaite ici ? Pas moi en tout cas et aucune personne de mon entourage. Les anglos font partie du Quebec, de sa culture et de son ame, ils ont batti ce pays avec nous et pour rien au monde je ne voudrais voir disparaitre ou s’affaiblir la communauté anglophone.

    C’est le discours souvent entendu dans la propagande federaliste et de la part des groupuscules ultra-nationalistes anglophones, un discours essayant de faire passer notre combat de la defense du francais au Quebec, comme un mouvement de fermeture, d’intolerance, de racisme.

    On ne demande pas aux anglos de disparaitre ou de rentrer chez eux, on ne demande pas aux anglos de ne plus etre anglos, on demande à cette communauté et aux allophones de s’exprimer en francais avec les quebecois (*), en francais au travail avec les autres travailleurs d’ici car c’est la langue du Quebec, c’est la langue commune de notre pays.

    (*) certains vont me dire que ces gens sont aussi Quebecois que nous. Excusez de penser qu’un anglo ou un allophone vivant ici et ne parlant pas francais ou refusant de le parler n’est qu’un canadien vivant sur le sol quebecois au meme titre qu’un citoyen d’une autre nation. Le fait que nous ne soyons ni independant, ni possesseur d’une citoyenneté disctincte, permet d’entretenir cet amalgame dans ce qu’on peut definir comme Quebecois. Pour ma part, ce n’est ni un droit du sol, ni un droit du sens, mais un sens de l’appartenance, un droit du coeur. Malheureusement, ca ne se controle pas facilement. Ca n’empeche qu’au Quebec, il y a à mon avis un bon nombre de canadiens pures-laines, des gens qui refusent de reconnaitre la nation quebecoise, les droits du peuple quebecois et je les considere donc à juste titre comme des residents-permanents, des personnes appartenants à une nation etrangere à la mienne. Le Quebec est inclusif et pluraliste, ouvert et accueillant, mais on ne peut pas forcer ceux qui ne veulent pas faire partie du NOUS, de nous rejoindre et de faire partie de notre peuple. Ils sont toujours les bienvenus, ils peuvent naturellement rester aussi longtemps qu’ils le desirent, mais j’espere qu’un jour on pourra enfin avoir une citoyenneté pour se diferencier de ces purs etrangers à la nation quebecoise … parce qu’ils le veulent ainsi !

  13. @un gars: Ce que tu racontes, je l’ai vécu à maintes reprises. Les anglophones sont FIERS de ne PAS parler français. S’ils ont la moindre chance de pouvoir dire à quel point ils sont chanceux de ne PAS avoir à le faire, ils vont le dire. Pour eux, le français et la loi 101 sont une oppression; ils ne comprennent pas la nécessité de protéger le français et ils ne veulent rien savoir des Québécois, sauf quand ceux-ci leur parlent en anglais…

    @internationaliste: La louisianisation est déjà commencée. Déjà, on nous vole imperceptiblement notre qualificatif de « Québécois » et on veut nous faire croire que des gens vivant ici mais crachant sur nos valeurs, refusant de parler notre langue et de s’intégrer sont québécois.

    @newurbanshapes: Évidemment que les anglophones ne sont pas tous comme ça. J’en ai souvent parlé, mais mon beau-père est un Torontois ayant appris le français et exigeant de se faire servir en français à Montréal. Le problème, c’est qu’ils sont une très petite minorité n’ayant aucun poids politique. Je suis d’accord aussi que les Québec ne font pas l’effort d’imposer notre langue et d’aider les anglophones à parler français; à mon avis, il y a deux raisons: le bilinguisme institutionnalisé, qui fait qu’on trouve ça donc ben facile de passer à l’anglais, et aussi l’impression d’infériorité du français, cette habitude de penser que notre langue n’est pas assez digne pour être parlée en notre propre pays.

    @Reblochon: Rigby, à mon avis, est tout sauf un Québécois. Un Québécois est quelqu’un qui s’identifie aux valeurs des Québécois, et la valeur suprême des Québécois (ce que montre tous les sondages), c’est la protection du français. En refusant de le parler, il montre qu’il n’est PAS un Québécois. Et en crachant sur la SSJB et sur l’héritage de René Lévesque, il montre aussi à quel point il n’avait pas sa place le 24 juin.

    @Léonard Langlois: Je suis d’accord avec toi: on passe beaucoup trop facilement à l’anglais. La raison: l’État québécois nous a imposé le bilinguisme dans un contexte où le français est historiquement faible et infériorisé! On appelle cela l’autoroute de l’assimilation…

  14. Les 2 derniers paragraphes de votre texte sont significatifs, nous sommes responsables en partie de cet à-plat-ventriste . Les personnes qui devraient être les portes-étendards de notre francitude (politiciens – la culture – faiseurs d’opinions, etc.) se taisent ou encore pire nous demandent encore plus d’ouverture. Nous sommes à un point de non-retour, le seul héritage que nous devons à nos enfants, c’est l’affirmation de soi, de prendre notre place et arrêter d’avoir peur.

  15. N’empêche que le problème tel que le soulève le gars est vrai; le français a un problème de légitimité que l’anglais n’a pas. L’anglais est la langue par défaut et vous savez, si nous étions Catalans on n’aurait pas ce problème envers l’anglais mais seulement avec le castillan (l’espagnol). Le vrai problème qui fait percevoir tous ceux qui défendent la langue française comme des intolérants, c’est que l’anglais est bien davantage qu’une langue régionale attachée à certains locuteurs d’une culture donnée. L’anglais est le lingua franca pour encore un long bout, comme le fut le français à une époque reculée et le latin il y a encore plus longtemps.
    Les lois sont là mais ne changeront rien. Que la loi 101 soit charcutée jusqu’à la non-existence ne change rien, tout comme qu’elle soit renforcée. Tout se passe dans la tête de ceux qui ont le français comme langue première ou langue seconde, et qui doivent faire l’acte de l’utiliser. On aura beau avoir toutes les lois du monde, ça revient à un choix individuel, à une attitude.

    Je précise ici:  » Sans devenir exécrable je crois qu’il faut juste tenir son bout; j’aborde en français, je répond en français, et je persiste en français même si la personne a un français à améliorer. L’anglais, c’est en dernier recours seulement.  »
    Je rajouterais que mon éthique personnelle, si je me fais aborder en anglais sur la voie publique, je répond en anglais. Si je me fais aborder en français sur la voie publique, je répond en français. D’après moi le problème d’attitude n’est pas là. C’est plutôt quand tu demandes un service, quand tu passes une commande. Là c’est là que je persiste en français, poliment. Ce n’est pas grand chose, mais il y a du monde qui ne le fait pas.

    @ un gars: je rajouterais que le Sorry I don’t speak French, tu pourrais le décliner dans toutes les langues autres que l’anglais dans le monde. Sorry I don’t speak Spanish, sorry I don’t speak Chinese, sorry I don’t speak… L’anglophone présume toujours que l’anglais est la langue seconde du monde entier, je généralise probablement mais c’est vrai. Moi je trouve plutôt triste d’être unilingue anglais, unilingue dans la vie point.

  16. […] en francophone. Renart L’Éveillé nous en présente les principales lignes tandi que Louis y va de ses […]

  17. Tu devrais aller dire ça aux anglos de l’ouest de Montréal qui refusent de nous servir en français et qui font preuve d’une arrogance stupéfiante à notre égard encore en 2009. Je fais partie de ceux qui exigent d’être servi en français au point que si ça devient impossible je quitte le commerce pour ne plus y remettre les pieds.

  18. Le langage de l’argent est plus fort que n’importe quoi. En fait, il ne faut pas avoir peur de « l’arrogance des Anglos ». La vraie question, c’est de savoir si demain matin, on enlevait les lois linguistiques, est-ce que les francophones se donneraient la peine de continuer à parler français, à inclure le français dans la définition d’un service bien reçu lors d’un achat. La loi 101 donne l’illusion que le français est protégé alors que le français recule. Pourquoi? Parce que ce sont les francophones qui plient l’échine dans les commerces, les francophones sont intimidés et n’osent pas utiliser leur langue quand ils le veulent. Si les francophones ne se donnent pas la peine eux-même de défendre la langue d’un point de vue individuel ou en usant de la logique du marché, notre langue ne mérite pas de survivre en Amérique du nord.
    Je pense parfois que si on n’avait pas eu de loi linguistique, ça ferait longtemps que le Québec aurait fait son indépendance.

  19. […] Renart L’Éveillé nous en présente les principales lignes tandi que Louis Préfontaine y va de ses […]

  20. Bonjour à tous,

    Français de France et ayant fait mes études à l’UQUAM dans les années 90, j’ai toujours été admiratif de cette loi 101…(qui devrait inspirer la France d’ailleurs) mais il vrai qu’en revenant régulièrement sur Montréal, je constate que l’anglais prend une place de plus en plus importante et ceci essentiellement dans le commerce. C’est juste un constat… en revanche quelles sont les actions à mener pour maintenir le Français au Québec ? Tres difficile de répondre.

  21. Cette situation est malheureusement trop courante. Même en parlant en français si on a un accent anglais on se fait répondre en anglais par des francophones. Je ne sais pas si c’est en raison la honte de parler français ou la fierté de parler anglais ou une volonté d’être trop accomodant ou respectueux(?)(?)…

  22. Arguments qui ne tient pas. Les dollars US s’échangent à Cuba, il ne se parlent pas en anglais pour autant. L’argent n’est qu’un bout de papier elle a la couleur, la langue et la politique que nous voulons bien lui donner….

  23. J’ai poussé cela un peu plus loin. J’exige de me faire parler en français… partout au Canada 🙂
    C’est un peu compliqué mais avec la bonne attitude, certains talents de mime et beaucoup de patience c’est faisable 🙂

  24. Et après vous ne tolérez pas les anglos qui veulent se faire répondre en anglais au Québec???

  25. […] [A trouvé sur Google] &nbsp         () Français à Montréal: s'excuser d'exister… Ne pourrions-nous pas exiger le français au travail, dans la rue, avec les amis, partout? Ne […]

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