Pour une Saint-Jean en français

Parfois, il faut revenir à la base. Prendre le problème et le résumer.  Par exemple, au sujet de la Saint-Jean bilingue: il faut se battre pour que notre fête nationale se déroule dans notre langue.  C’est ainsi que je résume la situation.

Avouez que c’est fort.  Nous sommes au Québec, une province certes officiellement comme les autres, mais qui a été reconnue comme nation et qui a une seule langue officielle et commune, le français.  L’anglais n’a aucun statut au Québec, pas plus que le mandarin ou le farsi.  Le Québec est français, ça c’est ce qui compte.

Malheureusement, certains bien-pensants essaient de nous vendre le fait que la Saint-Jean-Baptiste serait la fête de « tous les Québécois », c’est-à-dire de tous les habitants de la province de Québec.  C’est faux.  La Saint-Jean n’est pas plus la fête des gens qui habitent ici sans reconnaître  notre culture que le 4 juillet américain est la fête des touristes étrangers.

Le 24 juin, c’est la fête des francophones, des descendants des Canadiens-français, de la culture du peuple québécois.   Le soi-disant « nationalisme inclusif » proné par le PQ depuis plusieurs années est un échec; on ne peut pas fêter une nation si on ne s’y identifie pas.  Et ne venez pas me dire que les anglos de Westmount s’identifient à la culture québécoise.  Ces gens sont autant Québécois que moi je suis Américain après trois jours aux États-Unis.

À partir du moment où on accepte que des groupes anglophones, des étrangers à notre culture et à notre langue, se produisent lors de notre fête nationale, nous abdiquons.  Nous renonçons à ce que nous avons de plus précieux: notre langue.

Car contrairement à ce qu’affirment certains, une langue consiste en bien d’autres choses qu’un moyen de communication.  La langue, de par son étymologie, transmet des valeurs, une culture, une façon de voir le monde.  Abdiquer face à l’anglais, c’est renoncer à ce que nous sommes.

Pourtant, nous ne demandons pas grand chose.  364 jours par années, nous plions l’échine.  Une journée, une seule, nous voulons être fiers de ce que nous sommes et nous fêter.  Nous n’excluons personne; quiconque s’identifie à notre culture et à notre combat pour la préservation du fait français en Amérique est le bienvenu.  Notre ouverture n’a d’égale que notre désir de continuer à exister.

Voilà pourquoi il est important de s’opposer à l’anglicisation de notre fête nationale.  En nous enlevant la seule journée où nous pouvons être réellement fiers de nous-mêmes, il ne s’agit pas d’ouverture sur les autres, mais plutôt de fermeture sur notre identité, sur nos racines, et sur nous-mêmes.  Nous nous perdons dans la grande Amérique anglo-saxonne et nous légitimisons le fait de parler anglais au Québec.

Si nous acceptons que des groupes chantent en anglais à notre fête,  nous lançons le message qu’il est correct de parler anglais au Québec et que cette langue a sa place comme outil de communication et de transmission de valeurs.

Est-ce que nous voulons?  Je ne crois pas.  Les Québécois ont majoritairement démontré leur appui à la loi 101 et à la protection du français.   Ces gens qui se produiront le 23 juin ont démontré qu’ils ne savent rien du Québec. Ils vivent ici depuis des années sans avoir démontré la moindre volonté de s’intégrer.

Et si on leur montrait qu’on ne veut rien savoir d’eux et de leur fermeture d’esprit, voire de leur racisme latent?

La Saint-Jean-Baptiste, c’est en français que ça se passe!

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15 Réponses

  1. Excellent texte Louis 😉

    Je suggère a tout tes lecteur ce groupe sur facebook ;

    Pour une St-Jean  »EN FRANÇAIS »

    Pour que les festivitées de la Saint-Jean Baptiste continuent d’être célebrées EN FRANÇAIS pendant encore 175 ans.

    Joignez-vous au groupe et invitez vos ami(e)s 😉

    http://www.facebook.com/home.php?ref=home#/group.php?gid=119257357813

    Voila, et bonne St-Jean @ tous !

  2. « Car contrairement à ce qu’affirment certains, une langue consiste en bien d’autres choses qu’un moyen de communication. La langue, de par son étymologie, transmet des valeurs, une culture, une façon de voir le monde. Abdiquer face à l’anglais, c’est renoncer à ce que nous sommes. »

    Une langue structure la pensée et permet la communication, ça je veux bien, mais quand tu parles de valeur et de façon de voir le monde, là je décroche totalement. La langue n’a absolument rien à voir l’a dedans et un anglophone peut partager les mêmes valeurs qu’un francophone.

    Et puis, tous les francophones n’ont pas les même valeurs ou la même façon de voir le monde, Louis.

    Pendant qu’on parle d’un gars qui veut chanter en anglais à la St-Jean, des millions de manifestants sont dans les rues à Téhéran, en Iran pour dénoncé des élections truquées et une fausse démocratie.

    http://www.lemonde.fr/international/article/2009/06/20/temoignages-d-iran-nous-n-avons-plus-d-espoir_1209181_3210.html

    Ça remet les choses en perceptive…

  3. Je ne partage pas ton point de vue, mais je le comprends. Moi, je vois la St-Jean comme une fête nationale, toi tu la vois comme une fête linguistique.

    La seule façon de régler le dilemme serait que nos élus tranchent. Est-ce une fête nationale de tous les Québécois, et alors je comprendrais que ce soit un jour férié et chômé, ou encore est-ce une fête linguistique, du même ordre que la St-Patrick ou la fête de la fierté gaie, une fête qui ne s’adresse qu’à une partie (certes largement majoritaire) de la population et qui, par conséquent, ne mérite pas d’être fériée et chômée. Telle est la question.

    J’aimerais que dans une fête nationale, les minorités aient la chance de se faire dire qu’ils sont les bienvenus et que nous croyons qu’ils apportent une richesse à notre société. Peut-être que ce ne serait pas la St-Jean. Peut-être devrions-nous avoir une fête linguistique, la St-Jean, et une fête nationale. Je ne le sais pas.

  4. 1) ARRÊTEZ VOTRE CRISSE D’HYPOCRISIE!!! Vous n’êtes pas contre une Saint-Jean bilingue! Elle est déjà multilingue. Vous n’êtes pas pour une Saint-Jean en français non plus! Vous êtes contre quelque chose et ce quelque chose, c’est l’anglais!!!

    2) Tu compares des gens qui font partie prenante de la culture du Québec en y vivant (que tu ne le reconnaisses pas n’y change rien… D’ailleurs, ça te rend TOI, ignorant de la culture québécoise, pas mal plus que celui qui ne connaît pas Guy A. Lepage. La culture, c’est beaucoup, beaucoup plus qu’une langue et du showbizz.) à des touristes. Il faut le faire! T’es ridicule.

    3) Moi je ne plie aucune journée de l’année. C’est dans ta vision de parano que ça existe ça. Pour toi, que l’anglais soit naturellement présent, c’est une défaite pour le français. Va consulter pour te sentir mieux avec ça, pcq ce n’est pas « plier l’échine ».

  5. Pour ton info le spectacle de l’Autre St-Jean, à ne pas confondre avec celui du Parc Maisonneuve, a toujours été entièrement en français depuis la première fois qu’il a eu lieu en 2005.

    J’imagines que tes insultes compensent pour le manque d’argument. C’est classique chez les gens comme toi.

  6. Je crois qu’il est plus que temps de ne plus nourrir le troll. Les insultes n’ont pas leur place ici. Si Dominique Dumas ne peut pas discuter de bonne foi sans insulter ou mépriser ses interlocuteurs, alors le blogue devra se passer de sa substantielle contribution. Du moins, jusqu’à ce qu’il se décide à respecter la nétiquette.

  7. Je tenais à aller Voir Marie Pierre et Les Dales… En fin de compte, je n’irai pas parce qu’une poignée d’extrémistes vont aller manifester et gâcher l’offrande musicale d’artistes qui méritent d’être ecouté. L’exclusion, c’est bon pour les petites personnes effrayée, ça fait chier le vrai monde.

  8. Quand tu parles des extrémistes, tu parles de ces radicaux qui veulent nous imposer une fête nationale dans une langue étrangère, n’est-ce pas?

    J’espère, car puisqu’un récent sondage démontre que 90% des Québécois s’inquiètent du français à Montréal, ce doit être le cas.

    Il y aura toujours une minorité de radicaux pro-anglais pour qui le français est un obstacle. Des Bloodshot Bill de ce monde qui vivent ici depuis des décennies sans même savoir parler notre langue ou qui ne savent même pas qui est Guy A. Lepage.

    Ce sont cette poignée d’extrémistes francophobes qui nuisent au spectacle, pas ceux qui dénoncent le détournement de notre fête.

  9. Salut Louis,

    Ma conjointe, et mère de mes deux enfants, est une anglophone de l’ouest de Montréal. Elle a des racines norvégiennes et écossaises et en est très fière. Le Québec, c’est son pays et elle comprend l’importance de son accession à l’indépendance. Mais ça va plus loin que la protection de la langue française même si c’est un élément important, le fil conducteur. Elle votera oui au prochain référendum, comme elle a voté oui à celui de 1995.

    Nous irons célébrer la St-Jean en dansant sur les airs de la Bottine Souriante demain soir. Oui, nous serons imprégnés de notre langue et de notre folklore. Mais, faut se rappeler que la Bottine n’existerait pas, du moins pas dans la version qu’on connaît, sans la contribution des irlandais.

    Comme je l’ai mentionné sur d’autres blogues, le problème ne se situe pas dans la langue utilisée pour chanter mais plutôt dans celle choisie pour s’exprimer entre deux tounes…

    Et, en passant, pour les friands de l’histoire du Québec: il y avait des anglophones avec les Patriotes…

  10. Quand on est rendu aux insultes, c’est qu’on manque d’arguments.

    Et pour votre information, on a déjà emprisonné une chanteuse, parce qu’elle était nationaliste, Pauline Julien, lors des événements de la crise d’octobre 1970.

    Alors, tes anglos mon Dumas, on les a pas emprisonnés. On leur dit juste que faire un show en anglais lors de la fête nationale des Québécois, c’est de la provocation.

  11. Aujourd’hui je viens de tomber par hasard sur ton blogue, et j’ai pu y lire des textes à propos racistes et xénophobes. Je suis abbéré par le fait que toi et tes comparses passiez autant de temps à se pencher sur un soit disant problème qui vous dérange beaucoup. Soit le fait que Bloodshot Bill et Lake of Stew donnent une prestation lors de l’autre Sait-Jean. Sérieusement, je ne vois pas en quoi il est grave que des artistes locaux anglophones participent à cet évênement. Ce n’est pas cela qui va mettre la langue française et péril et surtout pas la culture Québecoise. Si tu as vraiment peur que ce soit cela qui arrive, tu as probablement d’autres problèmes à régler! De toutes façons, en quoi ces artistes ne seraient pas Québecois? J’ai beaucoup de difficulté à comprendre. Ils vivent ici et avec leurs musique, ils contribuent au développement de la culture. De plus même si leurs français n’est pas tout à fait et point et qu’ils ne connaissent pas Guy A. Lepage, en quoi est-ce un problème? Surtout que Guy A. Lepage est une des personalité les plus surestimée de la télévision au Québec. En plus, tu parles de lui comme si il était un des centre d’intérêt principal des Québecois. Voyons!

    J’aimerais beaucoup avoir une réponse à cette question; Quel sera l’impact négatif si des artistes francophones se produisent sur scène lors d’un show de la Saint-Jean? Moi en tous cas, je ne vois pas où est le mal.

    J’aimerais aussi te laisser savoir que ce sont des gens comme toi et des opinions racistes et discriminatoires comme les tiennes qui font que j’ai honte de venir du Québec et je ne suis probablement pas la seule.

  12. Beau Beubée a écrit: « J’aimerais beaucoup avoir une réponse à cette question; Quel sera l’impact négatif si des artistes anglophones se produisent sur scène lors d’un show de la Saint-Jean? Moi en tous cas, je ne vois pas où est le mal. »

    C’est simple: on crée un précédent et on lance le message que cette fête peut être fêtée en anglais, alors qu’elle est notre fête. On nous enlève le droit d’être fiers de nous-mêmes, une seule journée par année.

    Ces Bloodshot Bill et autres ne sont pas Québécois. Ils habitent sur notre territoire en refusant obstinément de s’intégrer et ils ne savent rien de nous. Ils n’ont pas leur place à notre fête.

    Quant aux commentaires racistes ou xénophobes, je les cherche ardemment. Si tu en trouves, dis-moi lesquels, car je n’en vois pas.

    Par contre, je vois des Québécois tellement mous et lâches qu’ils méprisent quiconque est fier de son identité et assimilent à du racisme ou de la xénophobie quiconque veut que sa langue et sa culture survive.

    Je préfère mille fois un raciste et un xénophobe à ces lâches. Au moins, ceux-ci sont cohérents avec eux-mêmes en prenant le front des idées tandis que les lâches feraient mieux de rester loin d’un clavier et de vivre leur petite vie individuelle, déconnectée de leurs racines et dans l’ignorance des enjeux qui animent leurs concitoyens.

  13. Mon beau-père est un anglophone qui vient de Toronto et qui exige de se faire servir en français. Ça, c’est réaliser l’importance du combat pour le français.

    Les Patriotes avaient un autre combat. Le nôtre, c’est la survie du français, et permettre à des étrangers à notre culture, qui ne savent rien de nous et ne partagent pas nos valeurs, de participer à notre fête nationale, ça n’a pas sa place.

  14. […] Pour une Saint-Jean en français […]

  15. Louis,je crois que pas mal de Québécois ont du mal a voir les choses dans leur ensemble et meme si tu leur fait un dessin ils auront tout de meme du mal a saisir l’ampleur de la pression exercée sur le Québec par la culture anglosaxone.A les entendre,j’ai l’impression qu’ils tiennent pour aquit que le fait français au Québec (et dans le reste du monde) survit sans effort et sans acharnement.Existe-t-il sur la planète,un peuple ou sa minorité a survécu a sa majorité ? Je suis pas mal ecoeureé d’entendre ces flancs mous possedant une pseudo ouverture sur le monde (ou tout le monde se bat pour conserver son identité )et n’acceptent pas que nous ayont la notre.Quel peuple de bicéphales colonisés avec les reflexes qui l’accompagne.

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