La petitesse de Michael Ignatieff

La lune de miel entre le Parti Libéral de Michael Ignatieff et les Québécois pourrait être de courte durée. La décision du chef du PLC de faire voter son parti contre le projet de loi du Bloc Québécois consistant à appliquer la loi 101 à toutes les entreprises de juridiction fédérale au Québec démontre à quel point ce parti méprise le Québec et les valeurs communes de ses citoyens.

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En effet, faut-il rappeler qu’un sondage SOM-La Presse en 2007 a révélé que plus de 80% des Québécois considèrent que l’influence de la loi 101 est positif? Mieux: ce chiffre inclut la minorité non négligeable d’anglophones qui n’adhèrent pas à nos valeurs; il y a quasi-unanimité en faveur de la loi 101 et de la protection de notre langue commune. En refusant d’appuyer un projet permettant de franciser le milieu de travail de 200 000 à 250 000 Québécois, quel message lance Ignatieff, sinon qu’il n’a pas nos intérêts à coeur?

C’est bien beau de reconnaître la nation québécoise, d’avoir appris la langue des sauvages et de se montrer ouvert quand cela n’engage à rien, mais on reconnaît les grands hommes par leurs gestes, pas par leurs paroles. René Lévesque serait-il une telle légende s’il s’était contenté de parler de souveraineté sans jamais prendre l’initiative d’un référendum? Et Robert Bourassa, s’il avait parlé d’électricité sans jamais lancer le projet de la Baie James? La parole ne coûte pas grand chose; froisser le Canada anglais en aidant les Québécois dans leur lutte pour la protection du français, voilà qui est plus difficile.

En fait, c’est précisément le noeud du problème: il n’est pas possible de satisfaire les intérêts des Québécois sans offenser les Canadiens anglais. De peur de choquer les Ontariens, entre autres, là où se jouera la prochaine campagne électorale, Ignatieff préfère froisser les Québécois, pariant sur leur méconnaissance de ses positions. S’agit-il là des actions d’un grand politicien ou d’un petit misérable espérant qu’on ne le connaisse pas trop lors du jour du vote?

Le refus d’Ignatieff de reconnaître l’importance de renforcer la loi 101 n’est qu’un signe supplémentaire de la petitesse de cet homme. Là où des géants ont mené d’impressionnantes croisades et ont assumé pleinement leurs positions, Michael Ignatieff se contente de jouer au chat et à la souris avec les Québécois, affirmant les reconnaître dans leur différence tout en leur refusant tout outil leur permettant de pouvoir exprimer cette spécificité.

Et si nous lui montrions que nous sommes un grand peuple qui refuse de jouer ce petit jeu et tient mordicus à ses valeurs et ses convictions en refusant de lui donner notre vote lors des prochaines élections?

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2 Réponses

  1. Et si on arrêtait tout simplement de voter au fédéral?

    Sur le plan du Québec, le PCC = le PLC = le NPD = le PVC!

    Le Bloc ne fait qu’aider à faire fonctionner le Canada, c’est un parti corrompu par le monarcho-fédérasme KKKanadian pour l’amour du chèque et de la pension qui vient avec la job. Avec des salaires de 158 000$/année pour les députés et 200 000$/année pour notre Ti-Gilles le clown national, ça ne nous revient finalement pas si cher que ça par contribuable pour avoir droit à un spectacle digne de l’absurde le plus total, et ce, sur notre dos.

    Moi, je vous le dis, le Bloc = le PLC = le PCC = le NPD = le PVC.

    On veut l’indépendance, mais on continue de voter au fédéral, comme si on voulait rester dans notre CAGE DORÉE KKKANANDIANE. Ding-ding! Allôôô!!! Il y a quelqu’un dans la tête des Québécois.

  2. Bien dit ! La montée au Québec des libéraux fédéraux, du moins dans les sondages, n’exprime que la volonté d’aller en élections cet automne, pour accorder une victoire franche qui donnerait le plein pouvoir aux libéraux. Méfiance en ce qui me concerne.

    Un gouvernement de coalition me paraissait une meilleure idée, parce que plus représentatif de l’ensemble du vote. Moins unidirectionnel, plus démocratique, et c’est pas moi qui le dit, mais des étudiants en sciences politiques.

    Et en passant, je parle de toi dans mon dernier billet. Je parle de cinéma.

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