La rapacité politique de Louise Harel

Voilà, c’est fait: Louise Harel est candidate à la mairie de Montréal. Comme je l’annonçais en primeur le 16 mars 2009, l’ex-ministre péquiste avait déjà pris le contrôle de Vision Montréal et n’attendait que le moment propice pour arriver triomphante à sa tête. Est-il surprenant qu’elle ait choisi de le faire le jour suivant celui où Richard Bergeron lui eut offert son poste à la tête de Projet Montréal?

Comme je l’écrivais:

Pas une journée ne se passe sans que Richard Bergeron, chef de Projet Montréal, ne reçoive son lot d’appels de membres du réseau Harel ou de diverses personnalités qu’elle a acquises à sa cause. Le propos est toujours le même: « démissionne Richard, laisse la fusion se faire ». Harel tisse son réseau dans l’ombre et il ne lui manque que la pièce maîtresse – la reddition de Bergeron – pour arriver, triomphante, à la tête d’un Vision Montréal qu’elle a contribué à désorganiser.

Puisqu’il était devenu clair que Projet Montréal n’allait pas se saborder, Harel a opté pour la seconde option: elle a attendu d’obtenir l’appui de Richard Bergeron pour se porter candidate pour Vision Montréal. Elle a joué le jeu à un moment où plusieurs membres de Projet Montréal ont commencé à parler positivement d’elle, tentant de l’attirer, pour ensuite choisir un parti que son réseau contrôlait déjà.

Les gains sont doubles: d’une part elle renforce sa crédibilité au sein de la population en se faisant passer pour une personne hautement demandée par plusieurs partis, de l’autre elle s’assure de la sympathie de Projet Montréal, ce qui ouvre la porte à des ententes ponctuelles entre les deux partis, voire à des appuis réciproques dans différents secteurs. Bref, sans véritablement unir les deux partis, Harel en a presque obtenu le résultat.

Maintenant je me questionne: est-elle si populaire que ce que les sondages laissent entrevoir? Elle planifie son geste depuis des mois, entrant à pas feutrés dans le débat public tout en étant très active en coulisses. Mais comment oublier que le désastre actuel à Montréal a été causé par ses fusions forcées? Comment pourra-t-elle convaincre des résidants de villes ayant disparu sous son règne de lui faire confiance? J’ai hâte de voir.

D’un façon ou d’une autre, j’ai l’impression qu’on prend les citoyens pour des idiots. On leur offre le choix entre un maire en apparence corrompu et une ex-ministre d’un autre temps ayant déjà laissé un triste héritage à la métropole qu’elle espère diriger. On présente chaque partie comme étant au service des citoyens, mais il me semble que le premier est plus à l’écoute d’entreprises à consonnance italienne et que la deuxième est bien trop identifiée à la catastrophe des fusions forcées et au Parti Québécois.

La seule inconnue, ou le seul espoir diront certains, viendra de Projet Montréal. Le parti pourra-t-il conserver son indépendance face à la rapacité politique de Louise Harel?

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12 Réponses

  1. Le désastre de Montréal n’a pas été causé par les fusions mais par les défusions toutes croches de Charest. Un fiasco instauré uniquement pour satisfaire sa base d’électeurs racistes anti-québécois. (J’admets par contre qu’aller fusionner des villages éloignés de dizaines de Km l’un de l’autre n’était pas l’idée du siècle des péquistes)

    Avec les arrondissements il y a plus d’élus pour gérer Montréal qu’il y en a pour gérer New York.

    Une île, une ville, un maire. Pas dur à comprendre que c’est ce que ça prend pour bien gérer notre métropole.

  2. Précision :

    Les maudits arrondissements sont une aberration créés par mme Harel. Charest n’a rien à y voir.

    Mais je persiste et signe, ce qu’il faut pour Montréal est une île, une ville, un maire (et zéro arrondissement).

  3. […] AJOUT : Louis, qui avait prévu le coup, commente. […]

  4. Je ne sais pas si je dois rire jaune ou pleurer, moi.

    Louise Harel a agit comme Machiavel. 10$ que Vision Montréal et Projet Montréal seront fusionnés dans 2-3 mois avec Harel comme cheffe du nouveau parti.

    Si c’est le cas, attendez-vous au rouleau compresseur Harel dans toute votre ville!

    «On leur offre le choix entre un maire en apparence corrompu et une ex-ministre d’un autre temps ayant déjà laissé un triste héritage à la métropole qu’elle espère diriger.»

    Au nom de la grande ville de Québec et en mon nom personnel, je vous offre mes plus sincères condoléances, amis Montréalais! Je regarderai votre chute accélérée comme on regarde un film.

    Non sérieux, je ne sais pas si je dois rire jaune ou pleurer, moi.

  5. Je ne suis pas nécessairement un fan de Louise Harel mais je la préfère cent fois à Gérald Tremblay et son équipe corrompue liée à la mafia. C’est sûr que Projet Montréal sans fusion avec Vison Montréal est un meilleur choix mais je souhaite de tout coeur ne plus voir Gérald Tremblay à la tête de Montréal.

  6. Voilà, moi aussi, je préfère Harel à Tremblay.

  7. Je trouve dommage que le concept de Projet Montréal se retrouve dans l’ombre avec l’arrivée d’une « vedette » chez Vision Montréal. Qu’on soit enthousiaste à l’arrivée d’une forte personnalité qui a tout ce qu’il faut pour être une bonne ambassadrice est une chose. Mais qu’on fasse (encore une fois) preuve d’un attachement au culte du chef, en croyant que Mme Harel – à elle seule – peut faire une différence, je crois que nous sommes dans l’erreur.

    Et l’allégeance d’un conseil de ville à un parti politique provincial peut s’avérer malsain. Les agendas politiques s’entrecroisent et il peut y avoir conflits d’intérêts. L’avenir nous le dira.

  8. Pourquoi pas une coalition (pas une fusion) entre Vision Montréal et Projet Montréal ? Louise Harel est ouverte à une alliance. Comme vous dites, elle ne peut pas à elle seule, faire la différence.

    Pourquoi Richard Bergeron ne propose-t-il pas quelque chose en retour de son appui, comme l’a fait Benoît Labonté, qui serait président du comité exécutif dans l’éventualité d’une victoire ? S’il est vingt ans en avance côté urbanisme, qu’il propose justement de s’occuper de ce dossier.

    Projet Montréal va chercher 7% dans les sondages. En faisant front commun, l’opposition est plus forte et plus sûre de gagner les prochaines élections. Cela donnerait 47% contre 27%. C’est stratégique, mais l’important est de détrôner le maire actuel.

  9. Que Louise Harel soit une rapace ou pas, il n’empêche que je ne compte pas sur elle et son équipe pour écouter ses citoyens. Son but, c’est de se faire élire en crachant sur ce qui est impopulaire, puis de faire ensuite à sa tête.

    C’est tout le contraire de Projet Montréal, alors je ne vois pas comment une aliance est possible. Le chef Richard Bergeron est fermement opposé à une alliance. Il a été approché par Louise Harel, et lui a demandé d’adhérer à l’intégralité du programme du parti, ce qu’elle n’a pas fait.

    Si Union Montréal n’était pas autant dans l’eau chaude (sans jeu de mots), elle s’y serait joint. Elle a choisi le parti qui, selon elle, a le plus de chances de l’emporter, par pur opportunisme. Je pense que son hésitation vient du fait qu’Union et Vision, c’est du pareil au même. Il n’y a pas de différence idéologique. C’est de la policaillerie.

    Projet Montréal est différent. C’est un parti solide, sérieux, compétent, démocratique et intègre.

  10. […] fond, la véritable question est la suivante: à qui profite les magouilles de l’équipe Harel? Aux citoyens, qui subissent les choix imposés selon les calculs politiques […]

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