Le jugement, le règlement

Nicolas s’en allait au IGA lorsqu’il croisa son ami François, s’en allant au même endroit. Les deux compagnons décidèrent de faire marche commune et la discussion se porta naturellement sur l’actualité. « As-tu entendu parlé de cette histoire de la femme à Laval qui a reçu une amende pour ne pas avoir tenu la rampe d’escalier? demanda Nicolas.
– Certain! Tout le monde en parle au bureau. C’est vraiment écoeurant; les policiers ont vraiment manqué de jugement. Lagacé a écrit une bonne chronique à ce sujet; l’as-tu lue?
– Oui. Lagacé écrit très bien, mais il a tort.
– Comment ça? risqua François.

Il a du toupet ce Nicolas de prétendre que Lagacé a tort. Ça me semble pourtant être du gros bon sens. J’espère qu’il a de bons arguments!

jugement-reglement

Source de l’image

– Hé bien, dit Nicolas, on ne paie pas les policiers pour qu’ils fassent preuve de jugement, mais pour qu’ils appliquent la loi.
La loi, c’est la loi! Un peu facile, non? Franchement, comme si quelqu’un allait se blesser en prenant un escalier roulant.
– Pourtant, c’est arrivé, répliqua Nicolas. En 2005, à Boston, un homme s’est étouffé à mort lorsque ses vêtements se sont pris dans la base d’un escalier roulant. S’il avait tenu la rampe, ce ne serait pas arrivé.
– Bon, ok, une fois. Quand même, si quelqu’un est assez stupide pour ne pas faire attention, peut-être mérite-t-il son sort. La sélection naturelle, quoi. Les plus intelligents survivent et les autres crèvent. Tout de même, va-t-on mettre un règlement pour chaque chose de la vie?
– Là-dessus, je suis d’accord avec toi. Mais ce ne sont pas les policiers qui font les règlements.
– Bien sûr, répondit François, mais ils auraient pu faire preuve de davantage de jugement. »

C’est le gros bon sens, pensa François.  Sérieusement, 420$ pour ne pas avoir tenu la rampe.  N’importe quoi! « Du jugement oui. Ils ont manqué de jugement en appliquant la loi.
-Alors, dis-moi, dans quel contexte aurait-on pu appliquer ce règlement en faisant preuve de jugement?  Dans quelle situation le policier aurait-il eu raison de donner une amende à quelqu’un ne tenant pas la rampe?
– Je ne sais pas, admit François.
– Donc tu admets que le simple fait d’appliquer ce règlement aurait été, dans tous les cas, un manque de jugement?
– Oui, car un policier qui applique un règlement stupide ne fait pas preuve de jugement.
– Ok, ok, sourit Nicolas. » Le fun commence… « Donc, selon toi, il y a des règlements qu’il faut appliquer et d’autres qu’on ne doit pas appliquer, c’est ça?
– En quelque sorte.
– Et à tes yeux, un policier qui refuse d’appliquer un règlement jugé abusif fait preuve de jugement.
– Oui, dit François.
– Mais qu’est-ce qu’un règlement abusif, au fait? Le concept d’abus n’est-il pas tout à fait personnel? Par exemple, je trouve abusif qu’un règlement interdise de laisse tourner son moteur de voiture au ralenti pendant plus de deux minutes. Mais pour d’autres, ce n’est pas un abus du tout mais un effort pour la protection de l’environnement.
– Ce n’est pas pareil du tout. Ici on parle de gros bon sens.
– Le gros bon sens, c’est quoi, au fait? Tiens, l’été dernier, l’affaire Villanueva. Les policiers ont voulu arrêter son frère parce qu’il jouait aux dés et qu’un règlement municipal l’interdit. Ce règlement est-il abusif? Les policiers auraient-ils pu faire preuve de gros bon sens? demanda Nicolas.
– Oui, ils auraient pu. Des jeunes qui jouent aux dés, ce n’est pas la fin du monde.
– Et s’ils avaient joué aux cartes?
– Même chose.
– Et s’il y avait eu de l’alcool; il est interdit de boire sur la voie publique.
– Alors, ils auraient pu intervenir, dit François.
– Donc, il serait correct d’intervenir pour le règlement sur l’alcool, mais pas pour celui sur le jeu, c’est ça?
– C’est le gros bon sens, le jugement. Ces jeunes ne sont pas dangereux s’ils jouent.
– Donc, ce que tu me dis, rétorqua Nicolas, c’est que si des études ont démontré les dangers du jeu et si des spécialistes ont fait la recommandation d’empêcher le jeu sur la voie publique, on met tout ça aux ordures et on laisse le jugement d’un seul policier prendre le dessus.
– C’est pas ça! s’offusqua François.
– C’est quoi alors?
– Tu mélanges tout.
– Ah oui?
– Oui.
– Ah bon, répondit Nicolas. Tiens, prenons un autre exemple. Une relation amoureuse entre un jeune de 22 ans et une fille de 15 ans et neuf mois. Depuis deux ans, l’âge légal du consentement sexuel a été haussé de 14 à 16 ans. Si un policier est témoin d’une telle relation, que la fille est heureuse, l’homme aussi, et que la relation se déroule dans la paix et l’harmonie, la policier doit-il sévir?
– Absolument!
– Pourquoi?
– Parce que c’est la loi et qu’elle existe pour protéger les mineurs, répondit François.
– Mais s’ils sont consentants, et que la fille a presque 16 ans, et qu’ils sont heureux. N’est-ce pas là du gros bon sens que de les laisse vivre leur idylle amoureuse?
– La loi c’est la loi, répondit François. Comment oses-tu défendre des pédophiles?
– Pédophilie? Ça c’est ton jugement. Pour d’autres, une relation entre une femme de presque 16 ans et un homme de 22 ans n’est pas de la pédophilie. Qui croire? Laisse-t-on au policier le poids du jugement ou se fie-t-on à la loi, qui existe pour déterminer ce qui est acceptable ou non?
– On se fie à la loi, évidemment.
– Mais pas pour la rampe d’escalier? rétorqua Nicolas.
– Tu es injuste. Ce n’est pas pareil!
– Ah oui? Qu’est-ce qui est le plus dangereux? Un escalier roulant qui peut tuer des gens ou une relation amoureuse où les deux semblent épanouis?
– Tu es injuste.
– Ah oui? Et où mets-tu la limite? Quels règlements doit-on appliquer et lesquels peut-on se permettre de ne pas appliquer? Doit-on laisser une décision aussi importante à un policier? Est-ce au policier de décider si telle ou telle loi est bonne ou non? Est-ce à cet individu, qui a ses propres valeurs et sa propre conception de la vie et des choses de décider ce qui est bien ou non pour l’ensemble de la société?
– Non, évidemment. Tu as raison, c’est la loi qui est mal faite. On devrait recommander de tenir la rampe, et pas l’imposer, admit François.
– Sauf que la loi existe en ce moment, et donc les policiers n’ont fait que leur travail. Si on accepte qu’ils puissent décider ce qu’est une bonne ou mauvaise loi, on ouvre la porte à toutes sortes d’abus potentiels, car les valeurs de chaque individu sont différentes et ce qui apparaît comme du gros bon sens pour quelqu’un n’est que laxisme et oppression pour un autre. Doit-on laisser le pouvoir à un policier, un seul individu, de décider des implications sur toute la société d’une seule loi?
– Tu as raison. »

Ils arrivèrent devant l’épicerie. « C’est au niveau politique que ça doit se jouer. Les policiers sont là pour appliquer la loi, pas pour l’interpréter. Si on juge que le règlement doit être modifié, qu’on le modifie et qu’on le fasse en toute connaissance de cause, c’est-à-dire en se basant sur davantage que le gros bon sens ou le jugement d’un seul individu. Si on ouvre la porte à une société où le policier peut décider arbitrairement quelle loi il applique et quelle loi il n’applique pas, alors ceux-ci ne sont plus nos représentants qui représentent l’autorité, mais plutôt des milliers d’individus aux valeurs différentes et aux conceptions différentes du gros bon sens. Le chaos, oui.
– C’est vrai, admit François. C’est le règlement qu’il faut peut-être modifier. Les policiers n’ont fait que leur travail.
– Hé oui! Le règlement existe pour être appliqué.  Mieux vaut un règlement mal fait et bien appliqué que des dizaines de bons règlements mal appliqués au nom du jugement d’un seul policier.  Si on ne veut pas appliquer une loi, qu’on l’abroge!  Veut-on vraiment d’une société où ce sont les policiers qui écrivent les lois? Entrons, j’ai plusieurs achats à faire.

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50 Réponses

  1. En principe, je suis d’accord avec toi. Le problème, c’est qu’on est habitué de transgresser légèrement certains règlements impunément. Lorsqu’on roule à 103 km/h sur l’autoroute, on viole la limite de vitesse. Mais tout le monde sait très bien que le risque d’avoir une amende pour excès de vitesse dans ces conditions est nul. Pas « presque nul », totalement nul.

    Une autre preuve qu’on est habitué à cela: les radars-photos qui viennent d’être installés vont être utilisés pour émettre des avertissements et non des contraventions pendant 3 mois. Pendant 3 mois, on a la preuve d’un délit et on passe l’éponge.

    Bref, dans une société idéale, tous les règlements sont pertinents et appliqués rigoureusement. Mais dans la vie réelle, il y a un paquet de règlements stupides et les règlements sont parfois peu rigoureusement appliqués. Pas étonnant, alors, que tout le monde souhaite s’en tirer à bon compte…

  2. Je crois qu’au niveau de la démagogie tu as atteint un sommet. Encore une fois je dis bravo à la dame pour avoir tenu tête à ces imbéciles heureux. La dissidence est un droit mais aussi parfois un devoir. Dans ce cas précis la dame a fait son devoir et le résultat est éloquent (bien plus que n’importe quelle plainte en déontologie) : le public est maintenant au courant de ce règlement stupide.

    Parions que plus un seul policier n’osera appliquer cette aberration.

  3. Pas mal d’accord avec ton opinion. Et je crois que ces radar-photos vont manquer totalement de jugement, parce que tu es fautif du moment que tu dépasses la vitesse limite.

    Or, j’avais entendu Arcand dire à la radio, que le Ministre du transport roulait à une vitesse moyenne dans sa limo, de 119km/heure sur l’autoroute, et n’a jamais pogné de ticket.

    Les réglements sont les réglements, certes, mais il faut faire preuve de jugement.

  4. @Steph: C’est un point intéressant que tu apportes. Je crois également que ce serait une bonne idée d’ajuster la limite de vitesse. On pourrait la fixer à 120 km/h et quiconque dépasse même de 1km/h peut se faire arrêter. Ainsi, il n’y a plus d’arbitraire et on facilite le travail du policier.

    S’il y a des règlements stupides (aux yeux de qui, au fait?), ce sera au législateur de les modifier. Les policiers ne font que leur travail.

    @Caligula: Je crois qu’on a saisi ton opinion. À quand des arguments, maintenant, au lieu de féliciter quelqu’un qui viole la loi et de t’en prendre à ceux qui l’appliquent? Je me demande même si tu as lu mon texte avant d’écrire.

    Si un règlement existe, il faut l’appliquer. Sinon, c’est l’arbitraire et le chaos. Ça commence par un policier qui ferme les yeux sur une rampe d’escalier et ça se termine avec un policier qui ferme les yeux sur un vol ou un meurtre. La loi existe pour tout le monde. Si vraiment on trouve ça inconcevable qu’existe un règlement pour protéger les gens contre les dangers des escaliers roulants, qu’on le modifie.

    En attendant, insulter les policiers qui ont fait leur travail sans faire la moindre nuance et avoir le moindre argument en dit plus long sur la fragilité de tes positions que sur quoi que ce soit d’autre. Oh, en passant, c’est exactement ça, la démagogie.

  5. Et qui décide du jugement? Le policier? Donc si un policier juge, dans sa petite tête, que de rouler à 150 km/h ce n’est pas grave, on accepte qu’il reste assis sur son cul et ne donne pas de ticket? Et si un policier ne t’aime pas et t’arrête à 101 km/h c’est correct ça?

    Wow la belle société. On laisse les policiers décider individuellement de quelle loi mérite ou non d’être appliquée. Prochaine étape: on demande aux élèves du primaire de bâtir le prochain programme d’éducation?

  6. *** Je me demande même si tu as lu mon texte avant d’écrire. ***

    Oui je l’ai lu.

    *** Si un règlement existe, il faut l’appliquer. ***

    Pas d’accord si le règlement est stupide.

    *** Sinon, c’est l’arbitraire et le chaos. ***

    Rien de moin? On ferme les yeux sur une madame qui refuse de tenir une rampe et le chaos va s’installer?

    *** ça se termine avec un policier qui ferme les yeux sur un vol ou un meurtre. ***

    Come on. C’est de la grosse démagogie crasse cet  »argument ».

    *** Si vraiment on trouve ça inconcevable qu’existe un règlement pour protéger les gens contre les dangers des escaliers roulants, qu’on le modifie. ***

    Et s’il n’est jamais modifié on fait quoi? Moi je dis que notre devoir est de l’enfreindre.

    *** en dit plus long sur la fragilité de tes positions ***

    Mes positions sont très solides. Elles reposent sur une réflexion philosophique autre que celle qui consiste à répéter comme un disque rayé la leçon bien martelée par le pouvoir en place : la loi c’est la loi et elle est là pour tout le monde (ce qui a toujours été faux).

    Mais bon. Certaines personnes ressentent le besoin qu’on prenne leur vie en main, quitte à ce qu’on les oblige à porter un casque en moto, s’attacher en voiture ou tenir la rampe quand on monte des escaliers…

  7. J’ai adoré lire ton article. Très bien écrit et surtout, il montre les deux côtés de la médaille.

    Le seul hic, parce que sinon je ne commenterais pas, c’est que l’étudiante en droit n’a pas eu 400 et quelques dollars d’amende pour ne pas avoir tenu la rampe, elle a eu une amende de 100$ pour cela. Le reste, c’est pour avoir manqué de respect envers des agents de police…

    De plus, elle est une sacré chanceuse. Elle a eu au moins trois chance selon tous les articles des journaux. Moi, lorsqu’il m’a ordonné de rester sur le trottoir, je n’ai même pas eu une seule chance !

    Pour ce qui est de l’affaire des jeunes dans le parc, les policiers n’étaient pas la du tout pour la question du jeux. Ils avaient reçu plusieurs plaintes de citoyen concernant de l’intimidation dans ce parc par des jeunes qui jouait au bille. Après une courte enquête, l’un deux était en illégalité, a refuser de s’identifier, et ils se sont agités, et non savons ce qui est arrivé…Encore cette fois, c’est le manque de respect envers l’autorité, qui a causé une tragédie…

  8. Non, même si un règlement nous apparaît stupide, on doit le respecter, car il émane de la volonté des citoyens qui élisent leurs représentants.

    C’est quoi cette mentalité voulant qu’on puisse enfreindre un règlement si on le trouve stupide? Donc si un meurtrier trouve stupide qu’on ne puisse pas commettre le meurtre, il sera légitime pour lui de violer cette loi? Ou si je trouve stupide qu’on doive se limiter à 0.08 quand on prend le volant je pourrai me saouler la gueule et prendre ma voiture?

    C’est n’importe quoi. La loi existe pour de bonnes raisons et il est du devoir de chaque citoyen de la respecter.

    Son devoir d’opposition, il peut le faire d’une manière civilisée, c’est-à-dire en contactant ses représentants ou en s’organisant politiquement pour changer la loi. Affirmer qu’on a le devoir d’enfreindre une loi si elle ne fait pas notre intérêt propre, comme tu l’affirmes, est le propre des enfants et des sociétés moins civilisés; quand on vit en société, on remet une partie de son libre-arbitre aux autres parce qu’on comprend que c’est pour le mieux-être de tous. Si tout le monde commençait à décider au cas par cas à quelle loi il obéissait, ce serait l’anarchie.

    La loi est essentielle. Sans loi, il n’y a pas de société ni de civilisation. Et pas de liberté.

    Si on la juge injuste, qu’on la change. Mais de traiter d’imbéciles les policiers qui l’applique comme tu le fais, c’est insulter non seulement le métier de policier mais également l’ensemble des citoyens qui ont à coeur la démocratie et qui ont placé leur confiance en les dirigeants qui votent les lois.

  9. Merci de cette rectification. Ça rend la chose encore plus pathétique. Cette femme devrait s’excuser au lieu de faire un show comme ça. Manquer de respect à un policier, c’est manquer de respect à l’ensemble de la société car le policier est le gardien de nos valeurs. On devrait enseigner le respect face aux policiers dès la maternelle.

    Concernant l’affaire Villanueva, j’avais lu qu’il était question de jeu de dés. Dans tous les cas, où tracer la ligne? Quelle loi applique-t-on et quelle loi n’applique-t-on pas?

    Personnellement, je ne veux pas que ma vie soit entre les mains d’un individu portant un uniforme de policier, qui peut m’aimer ou non, mais plutôt que celui-ci applique des lois qui sont les mêmes pour tous.

    Si j’enfreins la loi, je mérite une punition. Et si je considère que j’étais dans mon droit, je ferme ma gueule, je dis merci, et je conteste plus tard. D’ailleurs, j’y vais pas plus tard que dans deux semaines pour contester une contravention, et j’ai de bons arguments.

    Les ressources existent pour se protéger de l’arbitraire. Vouloir que les policiers choisissent s’ils appliquent ou non une loi au cas par cas, c’est justement les inciter à devenir arbitraires et c’est la dernière chose dont notre société a besoin!

  10. Malheureusement ou heureusement, notre système est bâti comme ça. Mais entre toi pi moi, un policier qui agi par excès de zèle, ne fait normalement pas long feu…et fini par passé au conseil de discipline pour perdre sa plaque.

    C’est justement pour ça qu’il ne faut jamais accepté les quota de tickets imposés…

    Mais comme les policiers ont un pouvoir discrétionnaire, on sait qu’il y en aura toujours un de temps en temps qui va aller trop loin.

    Comment rendre notre système meilleur ?

  11. Louis a écrit:

    « Et qui décide du jugement? Le policier? Donc si un policier juge, dans sa petite tête, que de rouler à 150 km/h ce n’est pas grave, on accepte qu’il reste assis sur son cul et ne donne pas de ticket? Et si un policier ne t’aime pas et t’arrête à 101 km/h c’est correct ça?

    Wow la belle société. On laisse les policiers décider individuellement de quelle loi mérite ou non d’être appliquée. Prochaine étape: on demande aux élèves du primaire de bâtir le prochain programme d’éducation? »

    Ma réponse en UN mot:
    Autobahn
    (ou autoroutes anarchiques/liberariennes au niveau de la vitesse: nous sommes loin de la Somalie… et pourtant, PAS de limites de vitesse. Donc lorsque peuple est habitué de se gérer lui-même, et qu’il n’attend presque rien de l’état-nounou [ou d’un chef de clan], il se débrouille plutôt bien).

    Autre exemple de ça:

    Dans les états et villes américaines ou le port d’arme est facilité, le crime est BAS ! Et le contraire est vrai aussi ! Plus le port d’arme est reglementé, plus le crime avec violence est élevé. Paradoaxale? Non, la réalité libertarienne vécue au jour le jour par des citoyens RESPONMSABLES qui n,attendent RIEN -ou presque- d’un pouvoir ‘bienveillant’ et TOUT-PUISSANT. Etre libre demande d’être RESPONSABLE. Et encore une fois, le contraire s’applique: Etre dépendant, implique une déresponmsabilisation

    Allez étudiez le cas d’états comme le New Hampshire et apprend venez essayer de comparer ça à la Somalie-du-moyen-âge.

    🙂

  12. Ah non ! Pas du tout d’accord avec ton point de vue. Quand je parlais de se servir de son jugement, c’est pourtant pas compliqué. Infligé une amende de 420$ à une femme qui refuse de tenir une rampe, c’est ridicule.

    Tu vas contester une contravention en cour. Tiens donc ! Bien hâte de connaître la suite…

  13. Hum… Tu parles de l’Allemagne. Il n’y a pas de limite de vitesse. Et les routes sont tellement bien entretenues à ce qui paraît. J’y enverrais le maire Tremblay y faire un tour.

  14. *** C’est quoi cette mentalité voulant qu’on puisse enfreindre un règlement si on le trouve stupide? ***

    C’est le refus d’agir en mouton et de suivre bêtement la masse sans réfléchir par soi-même. Mais je te retourne la question : C’est quoi cette mentalité d’obéir à des règlements qu’on trouve stupide? Sommes nous comme le chien de Pavlov qui répète inlassablement les mêmes gestes uniquement parce qu’il a été conditionné à le faire? À lire certains qui partagent ton avis on pourrait le croire. Réfléchir par soi-même implique remettre en question l’autorité qui régente nos vies.

    *** Mais de traiter d’imbéciles les policiers qui l’applique comme tu le fais, c’est insulter non seulement le métier de policier mais également l’ensemble des citoyens qui ont à coeur la démocratie et qui ont placé leur confiance en les dirigeants qui votent les lois. ***

    Encore une exagération. Mon père était flic et j’ai toujours respecté la profession. Par contre je ne respecte pas les policiers qui désonhorrent leur profession en agissant en imbéciles. Et malheureusement ils sont trop nombreux.

    Pour le reste, un peu de rébellion n’a jamais fait de tort à une société. Tu es beaucoup trop rigide dans ton mode de pensée. S’il fallait que la société soit à ton image, les gars un peu rebelles comme moi étoufferaient littéralement.

    Je te suggère cette lecture : La désobéissance civile, de Thoreau.

  15. Elle va perdre…

  16. Hi hi ! Je parlais de Louis. Quoique, j’ai bien hâte de voir s’il va gagner…

  17. « Réfléchir par soi-même implique remettre en question l’autorité qui régente nos vies. »

    Pas nécessairement. Réfléchir, c’est aussi accepter cette autorité lorsqu’elle est légitime et si le système démocratique n’est pas parfait il demeure le moins pire des systèmes.

    Quand tu traites d’imbéciles des policiers qui appliquent la loi, c’est nous tous que tu insultes. C’est contre la loi que tu en as, alors cesse de tirer sur ceux qui l’appliquent; ils ne font que leur travail et ils le font très bien.

    Y a-t-il seulement une manière d’appliquer cette loi autrement? Peu importe la situation, tu aurais chiâlé s’ils avaient arrêté quelqu’un d’autre. Et à mes yeux, un policier qui n’applique pas la loi n’est pas un bon policier.

    La rébellion a sa place, mais le principe de la rébellion est d’être opposée à la loi. Tu ne peux pas à la fois te réclamer rebelle et te plaindre quand tu te fais prendre. Ça marche ainsi.

    Et je préfère à la puissance 1000 une société où les règles sont bien établies et les mêmes pour tous à une société où les policiers y vont au cas par cas selon leur goût du jour.

  18. Moi aussi cette soumission aveugle aux règlements me dérange.

    Un autre exemple : À Toronto, on peut tourner à droite au feu rouge, mais pas à Montréal. Pourquoi ? Parce qu’on veut pas. J’ai pourtant déjà demeuré à Toronto, et je n’ai eu aucune difficulté à m’adapter et je n’ai jamais fait d’accident. Je conduisais un camion et j’étais sur la route à tous les jours.

    Est-ce qu’on nous prend pour des enfants ? Je crois bien que oui.

  19. Faire preuve de jugement n’implique pas nécessairement être en rébellion.

  20. Louis P.

    *** Quand tu traites d’imbéciles des policiers qui appliquent la loi, c’est nous tous que tu insultes. ***

    C’est toi qui décide de le prendre personnel. Quand j’insulte un policier, c’est lui que je vise, pas les contribuables qui paient son salaire. Crois moi, je connais beaucoup de policiers et ils seraient les premiers à te dire que des imbéciles pullulent dans leur camp.

    Mais je crois que nos visions sont trop opposées pour être réconciliables. N’empêche, j’aimerais te féliciter pour ton blogue, il est bien fait.

  21. Rien ne t’oblige à le faire quand il n’y a pas de policiers.

    Mais je ne connais personne qui, sur l’autoroute, quand il roule à 110 km/h, et voit des policiers sur le radar, faire exprès de monter jusqu’à 130 km/h juste pour le buzz de savoir s’il va pogner un ticket !

  22. Mais quand tu vises un policier parce qu’il applique la loi c’est effectivement ceux qui sont à l’origine de cette loi qui sont visés, c’est-à-dire nous, via les représentants qu’on a élu. Oui, il y a des imbéciles partout, mais ceux qui ont d’abord laissé une chance à Mme. Kosoian avant de l’arrêter parce qu’elle ne voulait pas se conformer à la loi, ceux-là ont très bien agi.

    Ce sont plutôt ceux qui font preuve de jugement qui me font peur. Parce que c’est leur jugement plutôt que celui de la société, représenté par la loi.

    Tu as raison, nos positions sont très opposées. Merci pour le commentaire quand au look de ce blogue et merci aussi du ton de cette discussion. Un ton que j’ai trouvé très agréable et propice aux idées.

  23. *** Mais quand tu vises un policier parce qu’il applique la loi c’est effectivement ceux qui sont à l’origine de cette loi qui sont visés ***

    Je ne vois pas les choses de cette façon. Ceux qui font les lois ne sont pas ceux qui engagent les policiers. Et si je critique le travail d’un plombier que j’aurai trouvé incompétent, ce ne sera pas une critique de tous les plombiers, pas plus qu’une critique sur ceux qui forment les plombiers ou encore sur ceux qui impriment leur diplôme de plombier, mais bien une critique sur le plombier que j’aurai engagé et qui m’aura semblé incompétent.

    *** merci aussi du ton de cette discussion. ***

    Y a pas de quoi. Il m’arrive d’être un peu baveux dans mes échanges mais ce n’est pas le but recherché. J’aime confronter mes idées avec ceux des autres. Tu sembles un gars sympathique (j’ai lu tes autres billets) mais un peu rigide dans sa mentalité. Pas grave. Tout le monde peut pas être parfait.

  24. Qu’est-ce que tu penses de la discrimination positive? Par exemple pour les autochtones, le concept de la taxe de tobin (taxer l’occident pour l’esclavage d’il y a plus d’un siècle…. pour compenser des descendants qui n’ont jamais été agressé), les quotas de femmes ou d’immigrants dans la fonction publique, etc.

    On s’entend que je parle de discrimination positive publique, si un individu choisi ses ami en fonction de leur langue, leur race ou whatever, ce n’est pas de mes affaires. Même chose pour un employeur (mon employeur n’aime pas beaucoup les arabes qui parlent à peine français ou anglais alors leur cv se retrouvent dans le recyclage)(je te met au défi de mettre un cadre juridique qui ferait en sorte qu’il change d’avis, une loi contre les mauvaises pensées).

  25. Attention Caligula, Louis est le genre à s’inquiéter de la langue que les gens parlent chez eux. Il serait peut-être en faveur de réglementer la langue qu’on parle avec sa famille dans sa maison!

  26. Louis, je me demande ce que tu va penser de ce petit scénario: je suis en voiture avec ma blonde qui va accoucher d’une minute à l’autre. Je suis à environs 15-20 minutes de l’hôpital. Vu les circonstances, je me dépêche et sur l’autoroute, je roule à 120-125 km/h.

    Comme tu peux le deviner, un policier apparaît dans mon rétroviseur avec ses lumières pour me faire signe de me tasser.

    Dilemme: va-t-il me donner un ticket car j’ai brisé la loi et qu’il doit faire son travail, ou va-t-il être compréhensif, nous souhaiter bonne chance et nous laisser partir au PC pour que nous puissions arriver à l’hôpital à temps?

  27. […] ça se bat. Certains disent – comme ce chroniqueur populaire que c’est ridicule – d’autres disent que la loi c’est la loi… Personnellement, je trouve que le problème c’est qu’à voir la réaction de […]

  28. J’aime la structure en dialogue. Il ne semble cependant pas y avoir que ça que tu empruntes à Platon.

    « Dans tous les cas, où tracer la ligne? Quelle loi applique-t-on et quelle loi n’applique-t-on pas? »

    Le problème est que, justement, la ligne ne se trace pas, qu’on veuille ou non la tracer. Le monde ne se divise pas en « légal » et « illégal ». La loi ne peut prévoir l’ensemble des possibilités. Ce que je trouve ridicule à propos de cette situation, c’est que les policiers n’ont pas exercé leur jugement pour voir ce qu’il y a de caché au-delà des lois, l’idée derrière elles. C’est clairement ce qui est souhaitable pour l’ensemble des citoyens, car il est impossible d’apprendre par cœur la loi : autrement dit, pour bien vivre en société, il me semble qu’il faut davantage comprendre le principe d’une vie en société que d’apprendre par cœur les lois telles qu’elles ont été formulées, et ce, peu importe le respect qu’on a envers le système démocratique actuel.

    « Affirmer qu’on a le devoir d’enfreindre une loi si elle ne fait pas notre intérêt propre, comme tu l’affirmes, est le propre des enfants et des sociétés moins civilisés; »

    Je ne suis pas du tout d’accord avec l’idée qu’il y ait des sociétés « plus civilisées » que d’autres. Sur quoi te bases-tu pour juger de la « civilisation » d’une société? Quels sont tes critères?

  29. « Je ne suis pas du tout d’accord avec l’idée qu’il y ait des sociétés “plus civilisées” que d’autres. Sur quoi te bases-tu pour juger de la “civilisation” d’une société? Quels sont tes critères? »

    Le % de contrôle de l’état sur la vie de ses citoyens!!!!!

  30. @ Louis et caligula:

    C’est drôle, je vous lis et vous semblez en complet désaccord. Pourtant, j’ai l’impression que ce désaccord est plus apparent que fondamental.

    Louis, tu dis que ce n’est pas la faute du policier, que c’est la loi qu’il faut changer, que ce sont les législateurs qui doivent corriger cette situation qui, selon la majorité des citoyens, est absurde.

    Caligula, tu dis que c’est le devoir du citoyen que de ne pas obéir à une loi ridicule et ta justification est la suivante: maintenant, tout le monde est au courant de la situation, ce qui fait que l’opinion publique pourra exercer une pression sur le législateur pour que le règlement change. Si personne ne s’oppose au règlement, comment peut-on espérer qu’il change?

    Vous prétendez tous deux respecter le travail des policiers.

    La différence: Caligula pense que le policier doit compenser pour le travail mal fait du législateur alors que Louis croit que ce n’est pas son rôle. Dans le fond, je crois que c’est votre seul point de désaccord.

    Et si je vous ai bien compris, sur le point de désaccord identifié, j’appuie Louis.

    Ah, en passant, Louis… tu parles des élèves… ça me fait penser. Je te mets au défi de trouver un élève au Québec qui a eu 58 ou 59 à un examen du ministère au cours des 10 dernières années. À mon avis, ces résultats sont impossibles. Dès le plus jeune âge, on comprend qu’il y a des règles, mais que si on les enfreint raisonnablement, il n’y a pas de conséquence…

    Tu as déjà été coupé sur ta paie si tu arrives en retard de 3 minutes une fois par 6 mois? Tu sais que tu devrais…

  31. Ce ne sont pas toutes les sections de l’Autobahn qui sont sans limites de vitesse, et même sans aucune limite si la police juge que ça va trop vite, on te colle une accusation de conduite dangereuse – c’est plus qu’un ticket!

    Mais, en même temps, il ne faut pas idéaliser l’Autobahn non plus. Ça ne roule pas « au fond », je dirais entre 125 et 145 km/h. Tous ceux que je connais qui ne sont jamais allés en Allemagne croient durs comme fer qu’on y roule en haut de 160 tout le temps!

  32. Je n’ai jamais idéaliser l’Autobahn. J’essayais simplement de mettre en relief que les règlements ne sont pas partout pareils. Est-ce qu’il y a plus d’accidents en Allemagne qu’ici ? Et comment se fait-il que dans notre propre pays, on peut tourner à droite à un feu rouge dans une grande ville et dans l’autre non.

    J’ai même vu un reportage sur la circulation à Shangai ou Saigon, j’sais pus, pas de feux de circulation. Est-ce une question d’intelligence ou de culture ? Je ne pourrais dire, mais j’ai drôlement l’impression, on nous traite comme des enfants.

    Conduisez prudemment qu’on peut lire sur nos routes. Aie ! Pour qui qu’on me prend ?

    Et cette histoire de rampe, ma foi, je dis pas si la femme avait été handicapée, qu’elle risquait pour sa vie. Moi, je suis en santé. Avez-vous Obama quand il est venu ici ? Est-ce qu’il s’est tenu après la rampe quand il est débarqué d’avion ?

  33. Vous dites:
    « C’est le refus d’agir en mouton et de suivre bêtement la masse sans réfléchir par soi-même. »

    Je ne comprends pas votre adéquation entre « refuser de penser » et « suivre un règlement avec lequel on est en désaccord ».

    Comme plusieurs, je trouve que les limites de vitesse sont trop basses sur bien des voies de circulation. Cela ne justifie aucunement, d’une façon morale ou éthique, que je dépasse la limite de vitesse fixée par le Code de la sécurité routière et sa réglementation.

    Personnellement, je trouve que je paie trop d’impôts et que ceux-ci sont mal dépensés. Cela ne justifie aucunement la pratique de l’évasion fiscale (que je ne fais pas).

    Vous dites:

    « Mais je te retourne la question : C’est quoi cette mentalité d’obéir à des règlements qu’on trouve stupide? Sommes nous comme le chien de Pavlov qui répète inlassablement les mêmes gestes uniquement parce qu’il a été conditionné à le faire? »

    Le chien de Pavlov ne réalise pas qu’il obéit à un règlement stupide. L’analogie est donc déficiente.

    La vie en société implique que nous acceptions de restreindre une partie de notre liberté au bénéfice de la collectivité. Cela peut impliquer d’obéir à des règlements dont nous estimons qu’ils sont stupides.

    Si tous et chacun commençaient à outrepasser les lois et règlements qu’ils estiment injustes, nous vivrions dans une sorte d’anarchie qui ressemblerait davantage à la jungle.

    « À lire certains qui partagent ton avis on pourrait le croire. Réfléchir par soi-même implique remettre en question l’autorité qui régente nos vies. »

    Certes, mais vous défoncez ici des portes ouvertes. Remettre en question n’est pas synonyme de désobéir.

    Nous vivons malgré tout dans une démocratie, aussi imparfaite soit-elle. Nous pouvons faire changer les règlements, les contester devant les tribunaux, etc.

    La désobéissance civile se justifie dans un contexte où l’état de droit est inexistant, suspendu ou remplacé par autre chose.

    Dans le contexte actuel du Québec de 2009, elle sert surtout de prétexte à des rebelles du dimanche de se sentir confortés dans leur idéologie (je brise la loi + je suis sanctionné = dictature), et à des libertariens de se donner une pseudo-justification pour travailler au noir.

    Si vous trouvez ce que vous appelez la désobéissance civile acceptable, ne vous plaignez pas que votre voison écoute sa radio au volume maximal jusqu’à 4:00 am, que des déchets soient jetés dans le fleuve, ou même que des cliniques d’avortement soient victimes de bombes.

    « 

  34. Il y a un aspect qu’il ne faut pas oublier; il y a la loi, mais également l’esprit de la loi.

    Si le but d’une loi est de protéger la population, il n’y a aucun doute que des cas de force majeure peuvent exister. Personne ne va blâmer un individu qui dépasse la vitesse permise parce que sa femme va accoucher; de la même façon tu n’obtiendras pas de contravention si tu passes sur la lumière rouge quand un fou avec une tronçonneuse te court après. Le but de la loi est la protection du citoyen, mais si tu es en danger immédiat, évidemment que ça change les choses.

    Dans le cas qui nous intéresse, cependant, Kosoian n’était pas en danger. Elle aurait pu simplement attendre d’être arrivée en bas de l’escalier avant de fouiller dans son sac. Personnellement, je trouve ce règlement excessif et j’aimerais mieux qu’on le remplace par une recommandation, mais il existe et il faut le respecter. Il n’y avait donc aucune raison légitime de ne pas le suivre.

  35. Sympa comme tout ton dialogue. Est-ce que ce sont tes ambitions d’écrivain qui t’incitent à tester des formes plus romancées dans tes chroniques?
    Mais je vais revenir sur ce que je disais l’autre fois sur les écrivains à message: dans une fiction, ça ne marche pas, c’est emmerdant. Le seul vrai message que ça passe, c’est que tu prends ton lecteur pour un crétin. Ici, ça marche et c’est agréable, parce qu’on sait que c’est une chronique d’opinion, pas une fiction.
    Le truc, c’est que c’est évident que tu as pipé les dés au départ. Ton personnage de Nicolas a le dessus parce que tu penses qu’il a raison. Tu as donc décidé d’en faire un personnage d’une maîtrise intellectuelle supérieure à son interlocuteur, plus habile débatteur, afin de souligner tes idées propres à gros traits. Dans le même esprit, tu as fait de François un beauf (infra-)ordinaire, quoique bien intentionné, sans idées philosophiques affirmées, lent à la détente, tout mélangé, mal préparé, limite stupide. Si tu avais confié la défense des mêmes idées à un docteur en philosophie éthique avec 20 ans d’expérience en vulgarisation et en débats, il aurait pu avoir (facilement) le dessus sur Nicolas.
    En réalité, tu n’as pas démontré la supériorité d’une idée sur une autre, tu as démontré la supériorité d’un personnage sur un autre.
    Donc, encore une fois, c’est agréable sur un blog parce qu’on comprend que c’est pour exprimer ton opinion (et on passe avec indulgence sur le fait que tu dresses un portrait finalement assez peu flatteur de ceux qui ne la partage pas). Mais si je lisais un tel dialogue dans un roman, je pense que j’arrêterais la lecture et ce, indépendamment du fait que ledit dialogue défende des idées qui sont les miennes ou non.

    De retour plus tard pour discuter du fond de la question.

  36. Bon, alors il y a deux aspects à ce drôle de débat:
    Le premier, c’est la casuistique, l’analyse d’un cas particulier en tenant compte de l’ensemble des facteurs. Déjà, c’est risqué, parce qu’on peut difficilement connaître tous les détails. Mais on va essayer de faire quelques remarques quand même:
    1- on dit que les policiers ont averti la dame. En fait, ils l’on averti trois fois, mais elle n’a pas compris. Ensuite seulement, sur le premier avertissement qu’elle a compris, elle a répondu avec ironie.
    Alors, et d’une, il aurait été normal de la part des policiers de s’assurer que leur avertissement a été bien compris avant d’intervenir. Un avertissement incompris n’a aucune valeur. Et de deux, l’ironie est certes un mode d’expression pas toujours agréable, mais il n’y a aucun consensus pour le considérer irrespectueux (j’use souvent d’ironie sans que je considère pour autant manquer de respect à mes vis-à-vis; pour moi, c’est un mode d’expression parmi d’autres). En collant une amende de quelque 300$ (n’ergotons pas sur l’exactitude du montant), les policiers on exercé un jugement de valeur sur ce qui défini, ou non, du respect. Environ les trois quart du montant tombent donc directement dans la catégorie de ce que tu appelles « l’arbitraire ». Ce qui nous amènera éventuellement à la deuxième partie du débat.
    2- L’ensemble des réactions du public, et celle de la dame en question, fait une démonstration éloquente: personne n’est au courant du règlement en question. (dans certaines villes, il y a des règlements sur la taille des jupes de filles qui ne sont pas appliqués, tu es au courant?). L’affichage n’y change rien. D’ailleurs, les journalistes qui rapportent l’affaire ont cru bon vérifié par eux-même qu’un tel affichage existe, c’est bien pour dire que personne ne le remarque.
    À cela s’ajoute que les gens qui ne tiennent pas la rampe sont très nombreux. Pas une excuse? dans une certaine mesure, si, parce que ça fait partie d’un consensus social dont tout le monde tient compte machinalement pour régler son comportement.
    Il est d’usage, lorsque la police entend appliquer des règlements qui vont contre les pratiques consensuelles, qu’elle le fassent après une campagne de sensibilisation, comme lorsque ça a été fait concernant les habitudes des piétons lorsqu’ils traversent la rue (campagne à mon avis inefficace, mais qui a eut le mérite d’être clair).
    L’indignation autour de ce cas particulier ne tient pas seulement au fait que les policiers ont appliqué un règlement stupide sans discernement, bien que ce soit l’argument commun, mais aussi, voire surtout, au fait que l’intervention était imprévisible. Qu’un policier arrête un automobiliste qui dépasse la limite de vitesse par une faible marge, c’est rare, mais ça fait partie des comportements prévisibles. Pas dans ce cas-ci.
    Or, je crois que les policiers ont un devoir, dans leurs relations avec les honnêtes citoyens, d’être prévisibles. C’est un élément essentiel à l’instauration d’un climat de confiance entre les forces de l’ordre et les civils.
    En appliquant un règlement que personne n’applique, je ne suis pas certain qu’on puisse dire que les policiers n’ont pas été « arbitraires ». Certes, ils ont appliqué le règlement, mais ils l’ont fait à l’encontre des normes, contre les habitudes de l’ensemble du corps policier. Pour autant qu’on sache, aucune consigne spécifique n’a été passée aux policiers concernant ce règlement particulier: c’est par initiative personnelle qu’ils ont choisi de déroger à l’habitude commune.

    Ce qui nous amène à l’aspect plus philosophique du débat:

    Le deuxième aspect, c’est l’opposition entre ce que tu appelles « l’arbitraire » et tes opposants « le jugement ». Je me situe parmi ces derniers, avec quelques nuances. Tu peux déjà en discerner quelques-unes dans mon analyse du cas, je ne reviendrai pas dessus parce que je fais déjà très long.
    Tu dis que les règles sont là pour nous protéger de l’arbitraire. Je suis d’accord, à condition de compléter cette affirmation par sa réciproque: l’arbitraire est là pour nous protéger de l’application aveugle des règles. Notre société n’est pas fondée sur un bannissement complet de l’arbitraire. Un tel bannissement n’est possible que dans certaines sociétés haïssables que je ne nommerai pas. Non, à mon sens, notre société est bâtie sur une dialectique constante entre la règle et l’arbitraire. Ce dialogue seul nous permet d’échapper aux extrémités indésirables de l’un et de l’autre. L’arbitraire est un concept qui a mauvaise presse (comme « pouvoir » ou « privilège ») mais qui est néanmoins nécessaire..
    D’ailleurs, jusqu’ici je t’ai suivi quand tu en as parlé au singulier, mais il faut voir que notre société fonctionne aussi par une organisation des arbitraires. Le policier, quoiqu’on en dise, a un devoir de faire preuve de jugement. Le juge aussi, que ce soit au tribunal, à la cour d’appel, à la Cour Suprême. Le politicien, de même. Mais aussi les profs, les fonctionnaires, les évaluateurs, etc…
    tous ont des règlements, des balises qui leur servent à orienter leur jugement. Mais ça ne les dispense pas d’en user. Au contraire, on s’attend à ce qu’ils en fassent preuve.

    (faut voir les réflexions de F, dans les Gestionnaires de l’Apocalypse, sur la notion d’arbitraire. Drôle que je pense à ce roman pour la deuxième fois aujourd’hui à l’occasion de débats très différents).

    Sur ce, bonne journée.

  37. Excellent commentaire!!

  38. Je ne suis pas d’accord. Il n’est aucunement question du jugement du policier dans le cas qui nous intéresse. Même si le policier avait passé l’éponge 999 fois sur mille, on lui reprocherait d’avoir agi la millième fois. Le fait de mettre ou non la main sur la rampe, c’est-à-dire de respecter ou non la loi n’est pas quantifiable ou approximatif: ou bien tu as la main dessus ou bien tu ne l’as pas.

    Ainsi, si le policier ne sévit pas, il ne fait pas davantage preuve de jugement que s’il sévit. Il n’y a pas de place à l’approximatif: quand bien même il laisserait toutes les chances du monde à un individu, c’est le fait qu’il ait appliqué la loi qui choque.

    Donc, j’en reviens à mon argument central: c’est la loi qui doit être modifiée (s’il est démontré qu’elle est inutile ou ne sauve pas de vie, ce que j’aimerais beaucoup savoir) et les policiers ont fait exactement ce qu’on attend d’eux: ils ont appliqué la loi.

    Le jour où les policiers seront en charge de décider si une loi est digne ou non d’être respectée sera un jour bien triste pour la démocratie. On peut ou non être d’accord avec une loi, mais elle existe et il est du devoir de tout citoyen de la connaître et de la respecter puisqu’elle est légitime, car originant du peuple via ses représentants. Et si elle ne correspond plus aux désirs du peuple, souverain, qu’on la change, simplement.

    Car actuellement, il n’y aurait eu aucune façon d’appliquer ce règlement « avec jugement » d’après ce que je lis de plusieurs ici. Aux yeux de certains, le simple fait d’appliquer les règles est une erreur de jugement. Et bien, je ne voudrais pas vivre dans une société où les policiers décident quelle loi ils appliquent et dans quelle situation!

    La loi existe pour tous. On la respecte ou on la change. Les policiers ont été plus qu’aimables de donner un avertissement à Kosoian mais celle-ci a refusé leur pouvoir (et donc notre pouvoir à tous, car les policiers nous représentent) et je crois donc que sa contravention était plus que méritée. La prochaine fois, elle y réfléchira avant de remettre en question l’autorité d’un policier, le bras armé de la démocratie.

    Dans tous les cas, et pour conclure, qu’on change simplement ce règlement pour une recommandation de sécurité, voilà tout. Sauf que d’ici à ce que ça se fasse, la loi s’applique. Si certains passaient moins de temps à chiâler sur cette terrible puissance étatique qui les opprime et davantage à s’impliquer politiquement, la société leur ressemblerait un peu plus et il y aurait moins de règlements abusifs.

  39. Les stormtroopers dans Star Wars étaient aussi les bras armés de la République, mais là on entre dans une autre histoire.

    La notion de règlement versus loi me semble importante à tenir en compte : cette règle ne vient pas de la démocratie, mais de la bureaucratie. Je ne crois pas que la ville n’ait l’autorité sur les règlements de la STM (mais corrigez-moi si je me trompe).

    Étant dans les lectures de « game studies » ces temps-ci, je me permets de référer aux concepts de « game rules » versus « gaming rules » de Linda Hughes (1983 [paru dans Salen et Zimmerman 2006]). Elle cite un article du Newsweek de 1981, qui lui-même cite Ron Fournier : « referees must have an instinct for which violations to call and which to ignore. They themselves call « good » penalties (flagrant violations […]) and « bad » ones (minor offenses such as hooking a player who doesn’t have the puck late in a tight game). […] You call a guy for a minor infraction, and even though you cite the rule number, he just looks at you and says, ‘What’s that?’ It doesn’t earn you respect (p. 506). » Je crois que le principe est très semblable dans la société : si les policiers veulent être respectés, ils doivent comprendre les principes de la société et régir pour les maintenir.

    « One must not only know how the rule book defines and penalizes « hooking. » One must also know that this « hook » is not the same as that « hook » (p. 507).

  40. Tu passes à côté de l’essentiel de tous mes arguments.
    Je vais les résumer pour faire simple:
    1. Un avertissement non compris n’a pas valeur d’avertissement.
    2. Un policier doit tenir compte des usages, à la fois dans la société et dans le corps policier. S’il s’agit d’appliquer un règlement qui va à l’encontre des usages communs dans la société, il faut que ce soit de manière prévisible. Par exemple par une action de l’ensemble du corps, bien diffusée par une campagne d’information, et non par une initiative isolée, laquelle relève bel et bien de l’arbitraire.
    Tu auras beau dire ce que tu voudras, la réputation du corps policier aura souffert de cet épisode, et la faute en revient aux policiers et à personne d’autre.
    3. Le principe de jugement a été appliqué ici, lorsqu’il s’est agit de déterminer la notion de respect. C’est l’arbitraire des policiers qui a évalué comment il était pertinent ou non d’appliquer cette autre règle (à auteur des 3/4 de la somme). Si tu refuses l’arbitraire comme principe, alors tu devrais t’insurger contre ça.

    Le jour où les agents de l’état appliqueront les règlements aveuglément, ce jour sera bien triste pour la démocratie.
    Mais je n’espère pas te convaincre.

  41. Merci.

  42. « Je ne suis pas d’accord. Il n’est aucunement question du jugement du policier dans le cas qui nous intéresse. Même si le policier avait passé l’éponge 999 fois sur mille, on lui reprocherait d’avoir agi la millième fois. Le fait de mettre ou non la main sur la rampe, c’est-à-dire de respecter ou non la loi n’est pas quantifiable ou approximatif: ou bien tu as la main dessus ou bien tu ne l’as pas. »

    Si tu lis bien mes arguments, il ne s’agit pas de quantifier l’infraction, mais de contextualiser l’intervention.

  43. Je partage l’analyse de Déréglé temporel. Elle est brillante, bien exprimée et appuyée sur des considérations intellectuelles solides. Bravo.

  44. Tu auras beau dire ce que tu voudras, la réputation du corps policier aura souffert de cet épisode, et la faute en revient aux policiers et à personne d’autre.

    Faux. Il n’y a pas eu faute de la part des policiers. Ils se sont contentés de faire appliquer la loi, et ils n’auraient pas pu l’appliquer sans que ça fasse de vague. Je vais me répéter encore (tu ne réponds aucunement à mes arguments et préfères partir dans ton pelletage de nuages non relié au sujet), mais c’est le simple fait d’appliquer la loi qui a choqué. Et puisque la loi provient du législateur et que le travail du policier consiste simplement à l’appliquer, il ne peut pas y avoir eu faute de leur part.

    Pour le reste, ton histoire d’avertissement ou d’usages n’a aucun rapport. Le règlement existe pour tout le monde, il est légitime, et on se doit de le respecter, avertissement ou non, usage ou non. La loi crée l’usage.

    Refuser la loi comme certains extrémistes ici le proposent, c’est dangereux et une atteinte à notre démocratie.

    Je vais me répéter encore fois: si le règlement est mauvais, il faut changer le règlement, mais d’ici là il faut l’appliquer. Bravo aux policiers qui appliquent les règlements car c’est pour cela qu’on les paie et personne ne voudrait d’un policier qui décide au cas par cas quelle loi il applique ou non.

    C’était ma dernière intervention dans cette enfilade. J’y ai assez perdu de temps. Si tu veux on pelletera des nuages sur toute l’histoire de la philosophie un autre jour, mais pour le moment si t’es pas d’accord t’as le droit mais moi je ne changerai pas d’idée: les policiers sont les exécutants de la loi et ils n’ont pas à décider quels règlements ils appliquent et quels règlements ils n’appliquent pas. On ne veut pas d’une police arbitraire qui applique les lois selon ses valeurs mais plutôt d’une police qui applique nos lois selon nos valeurs. Et si nos valeurs changent, qu’on change les lois et qu’on s’implique politiquement au lieu de se plaindre constamment comme des enfants. Salut.

  45. Bravo! Je suis tout à fait d’accord avec ce commentaire!

    Nous pouvons faire changer les règlements, les contester devant les tribunaux

    Bien sûr! Mais c’est tellement plus facile pour les « rebelles du dimanche » de se plaindre sur la soi-disant dictature étatique que d’agir en adultes et de s’organiser politiquement pour faire changer les lois et règlements en leur faveur.

    En quelque sorte, ce débat est peut-être aussi celui de l’adolescence face à l’adulte. L’adolescent conteste tout et ne comprend pas comment maîtriser sa vie. L’adulte sait utiliser les outils à sa portée pour maîtriser sa vie.

    Les pseudo-libertariens et autres anarcho-bizarroïdes de ce monde me font penser à ces adolescents. Ils chiâlent contre l’État, mais comme tu dis ils sont bien contents que la police soit là pour les protéger quand ils sont menacés! Deux poids, deux mesures.

    En passant, et pour terminer, j’aime bien ton exemple de clinique d’avortement. Si on laissait les policiers décider de quel règlement ils appliquent ou non (comme certains semblent le vouloir), on pourrait tomber sur un policier pour qui l’avortement est un meurtre et qui fermerait les yeux sur une bombe dans une telle clinique. Est-ce qu’on veut? Voilà de graves excès…

    Merci pour l’excellent commentaire!

  46. « (tu ne réponds aucunement à mes arguments et préfères partir dans ton pelletage de nuages non relié au sujet) »

    mmm… la courtoisie commence à prendre le bord…
    tu ne réponds pas non plus à mes arguments. Tu préfères répéter les tiens sans considération pour les miens. Je savais que tu tournerais en rond.

    Du coup, bon, puisque tes arguments ne sont que répétitions et que tu préfères ne pas me lire, j’arrête ici cette discussion. On sera au moins d’accord sur ça.

  47. Depuis que le métro existe à Laval, il doit y avoir eu des milliers de gens qui ont refusé de tenir la rampe d’escalier. De ce que je connais, c’est la première fois qu’une personne reçoit une amende pour cela. Peut-être aussi que c’est déjà arrivé, mais que les gens qui ont reçut l’amende précédemment n’ont rien dit. Il faudrait vérifier.

    Mais si c’est le seul cas à date, et bien l’histoire parle d’elle-même: les policier ont passer l’éponge à toutes les fois. Cela veut donc dire qu’ils ont réalisé que le règlement est excessif et qu’ils ont refusé de donner des amendes pour si peu.

  48. Les policiers sont-ils uniquement des ‘exécutants’ ou des robots qui appliquent la loi?

    Me semble que c’est ce genre d’idée qui a empêché plus de policiers et autres ‘exécutants’ du régime nazi de faire le contraire de la loi, car c’était ce qu’il FALLAIT faire;

    Et il ne faut JAMAIS OUBLIER (selon le slogan des anciens combttants)…

    TOUT ce qu’à fait Hitler était 100% légal…

    Tribunal de Nuremberg:

    « Le Tribunal militaire international, et les quelques procès militaires qui ont précédé ses travaux, ou qui ont eu lieu en même temps, ont établi un précédent, celui de la responsabilité pénale individuelle dans les cas de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité et de crimes contre la paix. »

  49. En passant, j’ai eu ouï-dire que des tout-puissants-policiers-du-metro donnaient maintenant ses ‘tickets’ de 150$ à des gens qui jetaient leurs mégots sur les terrains de notre chere et accueillante société de transport…

    Pourquoi pas une belle amende -RAISONNABLE- de 20$ avec plein de slogans ‘verts’… ça serait déjà plus intelligent et proportionnel comme pénalité…

    Et pourquoi ne pas placer des boites-à-mégots pour que les fumeurs puissent avoir un CHOIX ?

    Merci à Louis pour nous donner à tous l’occasion d’exprimer nos idées.

    Belle tribune et lâche pas le travail de réflexion…

    🙂

  50. Louis, lis donc ça: http://lequebecdedemain.blogspot.com/2009/05/la-dictature-de-letat.html

    Si tu es d’accord avec le réglement sont je parle dans mon billet, alors il n’y a rien à faire avec toi.

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