Super-hôpitaux: à genoux devant la minorité anglophone

Yves Beauchemin signe un très bon texte dans Le Devoir de ce matin. Il dénonce l’anglicisation croissante du Collège Édouard-Montpetit, qui refuse d’offrir des cours en français à des élèves provenant du milieu anglophone. Ce qui m’intéresse le plus dans son texte, cependant, est sa réflexion sur le CHUM.

En effet, selon Beauchemin, il est illogique d’avoir deux super-hôpitaux également financés à Montréal:

Que les locuteurs français ne forment que 2 % de l’Amérique du Nord est sans importance. Notre fragilité ne doit pas nous empêcher d’être charitables. Voilà pourquoi, par exemple, dans le dossier des deux méga-hôpitaux de Montréal, le gouvernement offre 50 % des budgets aux 12 % de la population que constitue la minorité anglophone (langue maternelle) dans la région métropolitaine. […] La bonasserie est plus près de la bêtise que de la bonté.

Dans les dents!

super-hopitaux

Source de l’image

Je crois que c’est un enjeu qu’on passe beaucoup trop facilement sous silence. J’en avais déjà parlé il y a deux ans, mais je trouve important d’y revenir. Le but des super-hôpitaux consiste à centraliser les traitements. En ce sens, ce ne sont plus des hôpitaux de quartiers, ni même de villes, mais ils offrent des services de pointe à l’ensemble des citoyens du Québec. Oubliez l’urgence quand vous avez un problème, ici on se spécialise et on reçoit des gens des quatre coins de la province. Même s’il est loin d’être certain que le jeu en vaut la chandelle, cela constitue la logique derrière toute l’opération.

Le problème est la suivant: les anglophones au Québec (langue maternelle) ne représentent que 7,9% de la population. Comme le demande Beauchemin avec justesse, pourquoi financerait-t-on « leur » méga-hôpital à la même hauteur que celui des francophones? Ce faisant, ne lance-t-on pas le message que les anglophones ont davantage droits à la santé que les francophones? Calculons.

Même s’il est encore impossible de chiffrer les coûts exacts des projets (surtout que la décision du gouvernement Charest d’aller en PPP fera augmenter la facture), il me semble raisonnable de déclarer que chaque projet devrait coûter environ 2 milliards $. Soyons généreux à l’excès; les derniers chiffres indiquent une somme légèrement supérieure pour le CHUM. Disons 2,25 milliards $ pour le CHUM et 1,75 milliards $ pour le CUSM. Donc, on parle de 2,25G$ pour 5 761 765 francophones et de 1,75G$ pour 557 040 anglophones (données 2001). En clair, il s’agit d’un investissement total de 433,89$ pour la santé de chaque francophone, contre 3141,61$ pour chaque anglophone. Et je vous rappelle que je suis parti de l’idée (encore incertaine) selon laquelle le centre anglophone allait coûter 500 millions $ de moins que le CHUM.

Évidemment, ces chiffres ne sont pas rigoureusement exacts; la situation peut être légèrement pire ou meilleure. Ils permettent néanmoins de tracer une tendance lourde: grosso modo, au regard de la construction de centres de santé hyper-spécialisés dans l’optique du Québec de demain, les anglophones reçoivent près de sept fois plus de financement que les francophones, per capita. Prépare-t-on un Québec de demain où les francophones seront moins nombreux, voire minoritaires?

Je trouve que c’est un débat dont on a peu parlé. On a fait grand cas de l’emplacement des hôpitaux, de leur financement, de leur utilité, mais il a trop peu été question de la nécessité d’avoir deux centres hospitaliers pour une même population, surtout que celle-ci est très majoritairement francophone. Ne serait-il pas plus judicieux d’avoir un seul hôpital, francophone, comme centre de soins spécialisés pour l’ensemble du Québec?

Au-delà de la mission d’offrir des soins de santé à la population, un seul super-hôpital pourrait jouer un rôle d’intégration des immigrants et de la minorité d’anglophones qui refusent d’apprendre notre langue. La langue, ce n’est pas seulement une affaire d’affichage, mais ça se vit partout, de l’école au travail en passant par les établissements de santé.

À quand un gouvernement qui ne nous traite pas comme des citoyens de seconde classe?

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33 Réponses

  1. Je pose la question : se peut-il qu’on ne puisse pas calculer la valeur d’un super-hôpital de manière proportionnelle. Par exemple, si les deux hôpitaux étaient financés de manière proportionnelle à la population, se pourrait-il que le CUSM soit contraint de ne pas pouvoir ouvrir des ailes qui correspondent à certaines spécialités? En ce sens, l’étudiant spécialiste anglophone serait contraint d’étudier en français – ou contraint d’étudier ailleurs – s’il souhaite choisir une spécialité qui ne serait pas offerte dans sa langue. Et, dans cette même lignée, peut-être est-ce souhaitable de financer un milieu anglophone de santé pour attirer un certain nombre de chercheurs reconnus anglophones plutôt que de ne pas leur laisser le choix que d’aller s’installer dans le bain anglophone que constitue l’Amérique du Nord.

    Par ailleurs, ai-je théoriquement le droit de prendre rendez-vous avec un spécialiste anglophone?

  2. Bonne réflexion. À mon avis, cependant, je crois que tu as tout à fait raison quand tu écris: « ’étudiant spécialiste anglophone serait contraint d’étudier en français – ou contraint d’étudier ailleurs – s’il souhaite choisir une spécialité qui ne serait pas offerte dans sa langue. » C’est le but visé (outre d’assurer un financement équitable pour les francophones): favoriser l’intégration des immigrants.

    Il y a une foule de chercheurs de la communauté francophone et à ce que je sache il n’est pas si difficile d’apprendre le français pour les autres (mon beau-père vient de Toronto et il parle très bien le français).

    Le but est double: cesser de défavoriser systématiquement la majorité francophone et encourager l’intégration de la minorité anglophone.

  3. « (surtout que la décision du gouvernement Charest d’aller en PPP fera augmenter la facture) »

    T’as raison.
    J’ai vécu cette situation.
    J’étais dans le privé et c’était pas evident.
    T’es aussi fort que le maillon faible de ta chaine.
    Et dans le cas présent, le maillon faible, c’était un département.
    Composé uniquement de fonctionnaire.
    Si on avait un problème a 16:00, malheur!!!
    Messieurs et Mesdames nous disaient: « On va regarder çà demain, nous, notre journée est terminée ».

    Si tu veux qu’un projet fonctionne dans le sens du monde, tu le donne au complet au privé. Et tu mets des clauses sévères avec amendes dans le contrat qui doivent être respectées. Avec un bon contrat, et un suivi serré, t’es blindé.

    « En clair, il s’agit d’un investissement total de 433,89$ pour la santé de chaque francophone, contre 3141,61$ pour chaque anglophone. »

    « Évidemment, ces chiffres ne sont pas rigoureusement exacts »

    Et comment.
    Comme si les francophones n’auront pas accès à l’hôpital anglophone.
    Et vice versa.

    Un hôpital, c’est un hôpital.
    Je suis déjà allé au Montreal General Hospital.
    Guess what?
    On m’a soigné.
    En français.

    Tant qu’à être dans les calculs, fait le calcul suivant: y’a combien d’hôpitaux anglophones et francophones au Québec. Ensuite refait ton calcul de couts par francophone et par anglophone.

    Ca me rappel dans les années 70 je crois où on voulait « franciser » McGill.

  4. Ouais… Sauf que… les hôpitaux « anglophones » ne sont pas que pour les anglophones… ils sont pour tout le monde! (avec l’avantage qu’on peut s’y faire servir en anglais si on le désire, ce que les institutions francophones n’offre pas du tout — et c’est bien comme ça)

    La vérité, si je me fie à mes (nombreuses) expériences au Jewish et (moins souvent) au Montreal General, est que dans les faits, il est souvent plus difficile de se faire servir en anglais qu’en français même dans ces hôpitaux dits « anglophones »… Une chose est sûre, et j’en ai souvent fait l’expérience, c’est que le niveau d’obstacles à se faire servir à 100% en français dans ces institutions est zéro.

    Il est donc faux (ou du moins extrêmement trompeur) d’affirmer que le gouvernement réserve 50% du financement pour servir 12% de la population.

    Le gouvernement met sur pied deux « super-hôpitaux » (ce qui, pour toutes sortes de raisons, entre autres une saine rivalité dans la quête d’excellence, est mieux qu’un seul) offrant un service en français à 100% de la population… dont un seul sera configuré pour reconnaître les « droits ancestraux » de la communauté anglophone d’avoir leurs propres institutions de santé et d’éducation. Droits qui, je me permet de le rappeler, sont reconnus jusque dans la charte québécoise(!)

    J’appuie la lutte pour l’épanouissement du français en Amérique… mais choisissons mieux nos batailles… tapons sur les bons clous.

  5. Le monde universitaire se joue en anglais la plupart du temps, les étudiants qui viennent faire leurs études ici ne prendraient pas le risque d’apprendre le français dans leurs cours universitaires (et je ne prendrais pas le risque de me faire soigner par un médecin qui n’était pas certain de tout comprendre lors de ses études).

    Que faire avec les étudiants rébarbatifs à apprendre le français dans le cadre de leurs cours? (J’avoue que j’aurais d’énormes difficultés à étudier en anglais en ce moment.) Devrions-nous les laisser aller étudier ailleurs, ou ne serait-ce pas mieux d’offrir l’ensemble des spécialités à l’ensemble de la population dans la langue qui pourra le mieux les aider à exceller?

  6. Si tu vas étudier en Russie, quelle langue dois-tu parler? Et si tu étudies en Grèce? Et en Allemagne?

    Le but doit être de les franciser; s’ils ne veulent pas apprendre le français, tant pis pour eux. Il y a des tas de bons spécialistes un peu partout qui parlent français ou qui ont la volonté de l’apprendre.

    Je crois qu’on doit cesser de tout fait en fonction des autres et de penser un peu à nous. Le message doit être clair: au Québec, c’est en français que ça se passe. Et les francophones devraient obtenir leur juste part du financement des super-hôpitaux.

    Évidemment, le problème est plus complexe, mais c’est un peu le but de ce billet: tout est inter-relié. On peut protéger le français partout, et ça se fait pour le plus grand bien de la population.

    Éventuellement, on devra pourtant se pencher sur le problème Concordia et McGill… trouver un moyen de les franciser ou s’assurer que les universités francophones reçoivent un meilleur financement. Je ne crois pas que le Québec devrait accepter de financer deux universités anglophones à Montréal. Le rôle de l’État devrait être d’encourager la francisation, pas l’apprentissage de l’anglais. Mais ça, c’est un autre débat!

  7. Voilà, je crois qu’on a affaire à un autre débat. Car la différence est qu’on a deux universités anglophones à Montréal. S’il y avait des universités anglophones en Russie, en Grèce ou en Allemagne, on pourrait y avoir un service de qualité en anglais et il serait pertinent pour eux tout autant que pour nous qu’ils offrent toutes les spécialités en médecine. Bref, oui, je crois que la question est sur la pertinence de la présence des études en anglais sur le territoire québécois, et il me semble que, après le secondaire, les individus devraient avoir le choix.

    Pourquoi ne s’insurge-t-on pas, par exemple, contre le fait que des élèves du Québec puissent étudier selon le système français? C’est il me semble une autre manière de ne pas s’intégrer.

  8. […] en profite pour porter la réflexion plus loin: Le problème est la suivant: les anglophones au Québec (langue maternelle) ne représentent que […]

  9. Pour avoir fait l’expérience de l’Hôpital Général de Montréal ce n’est pas vrai que c’est plus facile d’y être servi en français qu’en anglais. On peut généralement se faire servir en français mais il y a encore des employés unilingues anglais qui ne font pas vraiment d’effort pour s’exprimer dans notre langue. Je connais un militant du Mouvement Montréal Français qui a été incapable d’obtenir une copie de son dossier médical en français. Et quand on sait à quel point c’est pas évident de comprendre le vocabulaire médical dans une autre langue que la sienne.

  10. « Je connais un militant du Mouvement Montréal Français qui a été incapable d’obtenir une copie de son dossier médical en français. Et quand on sait à quel point c’est pas évident de comprendre le vocabulaire médical dans une autre langue que la sienne. »

    Je t’invite a visiter une archive médicale. C’est des milliers, des dizaines de milliers, et même des centaines de milliers de dossiers. Les gens ont pas vraiment le temps de tout traduire çà…

    De toute façon, ce qui est écrit dans un dossier médicale, t’as pas à le comprendre. C’est des notes de médecin à médecin. Que tu saches qu’il est écrit sur le rapport de labo que ton urine est « jaune limpide » ou « transparente » ne changera absolument rien à ta vie. Ce que tu as à comprendre, c’est ce que le médecin te dit de faire.

    Je travaille dans un hôpital. Je m’occupe du dossier patient électronique. Et j’ai même pas le droit de consulter mon propre dossier. Si je le fais, je vais me faire taper sur le doigts.

    Pis si tu viens à mon hôpital, je peux aussi te garantir que tu ne pourras pas avoir une copie de ton dossier patient en anglais. Bref, ça marche dans les deux sens.

  11. Il y a des renseignements très importants dans un dossier médical. J’ai du consulter le mien à l’hôpital de ma ville natale et c’est loin de se résumer à des notes de médecins incompréhensibles. J’y ai appris beaucoup de choses sur mon état de santé et je trouve ça très malheureux que mon ami n’ait pas pu avoir le sien en français après avoir eu un accident qui lui a presque coûté la vie.

  12. Surement que tu as lu tous tes résultats de laboratoire et que tu les as tous compris. Et que tu as regardé tes radios et que tu as réussi à établir un diagnostique… En fait, c’est connu, tous les gens qui vont a l’hôpital lisent et comprennent leur dossier médical. C’est à peine plus compliqué que de lire le Journal de Montréal.

    Je trouve bien malheur que ton ami ne parle pas Anglais. C’est un profond handicap. Pis çà, c’est pas moi qui le dit, mais bien Jacques Parizeau. Comprendre l’anglais, en 2009, et en Amérique du Nord, c’est un nécessité absolue. Malheureusement, ils y en a qui préfèrent jouer à l’autruche… dommage.

  13. Comprendre et parler l’anglais n’empêche pas de vouloir se faire servir dans notre langue.

  14. J’ai appris en effet bien des choses intéressantes sur mon état de santé.

  15. Comprendre et parler l’anglais n’empêche pas de vouloir se faire servir dans notre langue.

    Voilà! Pas besoin de parler une langue étrangère pour vivre. Au lieu de vouloir angliciser tout un peuple, mieux vaudrait que la minorité d’irréductibles francophobes apprennent le français.

    Nous ne sommes que 2% de l’Amérique du Nord. En tant que peuple minoritaire et menacé, le bilinguisme institutionnalisé signifie notre assimilation et notre disparition à terme. Imposer l’anglais à nos jeunes ne signifie pas améliorer leur futur mais plutôt rétrécir le nôtre. Le futur est aux peuples et à la diversité culturelle. Le tout-anglais est dépassé; on se croirait dans les années 80 en lisant certains ici.

    Vivement un Québec francophone où il est possible d’atteindre les plus hauts échelons dans notre langue. Et si nous voulons vraiment apprendre une langue d’avenir, pourquoi pas le mandarin, de manière optionnelle? C’est la Chine la future puissance mondiale.

  16. Vivement un Québec francophone où il est possible d’atteindre les plus hauts échelons dans notre langue.

    En quoi n’est-ce pas la cas actuellement?

  17. « Pas besoin de parler une langue étrangère pour vivre. »

    100% d’accord.
    Pour prospérer, c’est une autre histoire.
    Mais si on désire ghettotiser le Québec, ne parler que français, c’est la meilleure solution.

    « En tant que peuple minoritaire et menacé, le bilinguisme institutionnalisé signifie notre assimilation et notre disparition à terme. »

    Robert Lepage, Rene Angelli et Guy Laliberte fond rayonner le Québec. Il permettre une visibilité hors-frontière du Québec. Et c’est pas en français qu’ils on réussi çà… si tu parles juste français, tu fais comme Natasha St-Pierre.., tu travailles au Québec et en France… J’imagine que c’est une question d’ambition.

    Entre-temps, la renommé de Robert Lepage va, une fois de plus, aider à remplir les hôtels a Québec cet été, et par le fait même, créer tout plein d’emplois. On peux émettre l’hypothèse que bon nombre de ces touristes parlent anglais.. espérons qu’on sera capable de les servir adequatement pour qu’ils aient envie de revenir, mais aussi, pour qu’ils parler en bien des vacances fantastiques qu’ils ont eu au Québec a leurs amis.

    « Vivement un Québec francophone où il est possible d’atteindre les plus hauts échelons dans notre langue. »

    De nombreux Premier Ministre Canadien étaient francophone. De nombreux dirigeants de grosses entreprises sont francophones. On n’est plus en 1960, ton discours est complètement dépassée.

    « C’est la Chine la future puissance mondiale. »

    Apprend le mandarin et je te garanti que tu vas, au minimum, tripler ton salaire. Des très nombreuses opportunités vont s’offrir à toi.

    Entre temps, je te rappelle que la seconde économie mondiale, c’est le Japon. Et la-bas, l’anglais, c’est obligatoire à l’école… Et pour ce qui est de la troisième économie mondiale, l’Allemagne, je serais porter à croire que bon nombres d’Allemands parlent couramment Anglais.

  18. Complètement hors-sujet: Les boites qui s’indentent sur ton blogue, je sais pas mais, pas certain que ce soit une bonne idée. Ça sort souvent tout croche.

  19. Tu parles des boîtes où on se répond, comme celle-ci?

    Quel navigateur utilises-tu? Essaie Firefox, Opera ou Chrome; ça s’affiche très bien pour moi.

  20. Ca marche tres bien.

    Mais je regarde la continuite, et je constate que les gens ont tendance a s’enfarger.

  21. Aucun système n’est idéal…

  22. « Nous ne sommes que 2% de l’Amérique du Nord. »

    Tellement mignon comme argument. L’important ce n’est pas que la quantité de francophone ait augmenté (ce qui est indéniable, il y a plus de franco que depuis 100 ans pour la simple raison que la population a augmenté) mais tout ceux qui sont autour. Si les anglophones disparaîssaient demain matin ou si leur population diminuait de moitié, nous serions plus en sécurité…………………. ce n’est pas le nombre absolu qui compte mais le nombre relatif!!! Même chose pour la richesse!! Peu importe si le pouvoir d’achat des gens augmente (sans avoir plus de qualifications), l’important c’est que notre voisin ne gagne pas beaucoup plus!!! C’est pas de la jalousie ou quoi que ce soit, c’est de l’équité….

    Tant qu’à y être, pourquoi ne pas exiger que le reste des canadiens apprenne le français dans la même proportion que les francophone apprennent l’anglais? C’est une question d’égalité puisque nous sommes un pays officiellement bilingue!!!

    En fait ça amène un jeu dangereux : ça implique que les langues parlées au Canada ne sont que les langues officielles et si la loi 101 est applicable au Québec, si le Canada déclare démocratiquement (démocratie=50%+1) que l’anglais est la seule langue officielle, alors ils pourraient avoir une loi semblable qui déclare que tout affichage doit être anglophone et instaurer des programmes d’anglicisation dans les entreprises non? En fait les francophone sont minoritaire au Canada et si vous voulez jouer le jeu de la dictature de la majorité, ça peux se retourner contre vous!

  23. Well je trouve que ça permet de répondre plus directement à un commentaire précis au lieu de chercher la référence.

  24. Pour ma part deux langues me suffisent amplement (français et anglais). Tripler mon revenu? Pas besoin je peux déjà m’offrir tout ce que je veux et même plus.

  25. Merci Monsieur P. de mettre en relief la question des deux méga CHU de façon aussi éclairée.
    Je suis ce dossier depuis près d’un an et maintes informations à ce sujet ne sont pas diffusées dans les médias conventionnels.
    D’entrée de jeu, il faut savoir qu’au train où vont les choses, il n’y aura pas deux CHU mais bien un seul et ce ne sera pas celui du l’Université de Montréal mais bien celui de McGill. Voici pourquoi : alors que l’ex-ministre des finances et du Conseil du Trésor du Québec, Monique Jérôme-Forget, était membre du Gouvernement Charest, son mari, quant à lui siégeait sur le CA du MUHC . Arthur T. Porter, le très mystérieux Directeur général et Chef de direction du MUHC, ex conseiller de l’administration Bush/Cheney, de son côté, fut nommé en septembre dernier au prestigieux Conseil de la Reine pour le Canada. Le même jour, il est appelé à siéger au Comité de surveillance des activités de renseignements et de sécurité (CSRS ), lequel comité chapeaute le non moins important SCRS. Ici, Santé rime avec sécurité. Allons savoir pourquoi…
    Sait-on aussi que ce CHU pharaonique de McGill comptera deux Campus dont celui situé à l’ancienne cour de triage Glen ? Lequel Campus sera d’une superficie de 17,5 hectares ( 26 terrains de football ). Un site idéal, multifonctionnel, intermodal, à proximité de l’autoroute, d’une gare de train de banlieue, d’une station de métro sans compter les importants agrandissements apportés au second campus du nouveau MUHC, l’ancien Montreal General Hospital ( le Mountain Campus ). Tout ça pour la minorité anglo-saxonne constituant 7.7% de la population du Québec; soit un investissement de près de 4360 $ par anglo-québécois. Un ajout déjà considérable en regard du 33 % de lits déjà disponibles à la très prestigieuse minorité de la région métropolitaine. Voilà donc pour la civilisation. Quant à nous, la caste de barbares, nous devrons nous contenter d’un carré de sable de 3,5 hectares tout en hauteur ( idéal pour les civières et les fauteuils roulants ) et ce, en plein cœur d’un quartier de paumés. Le choix du 6000 St-Denis ayant été écarté par J. Charest car se trouvant, à l’époque, dans le comté du député André Boisclair. Un investissement, cette-fois-ci de 364 $ par tête de pipe francophone. Et qu’entend-t-on dans les chaumières à propos de la saga du fameux CHUM ? « Ils se chicanent à toutes les semaines aussi bien laisser tomber celui des francos et optons uniquement pour celui des anglos où tout baigne dans l’huile ! Mais c’est là précisément le but recherché par l’establishment fédéralo-néocolonialiste ! Tout mettre en œuvre pour saboter le méga CHU francophone au profit de celui des anglos civilisés. Croit-on, sans rire, que Jean Charest fut mandaté pour encourager l’émancipation nationale des Québécois ? Il est là pour une seule chose : démembrer les institutions québécoises. Pour ma part, j’ai choisi de me battre contre le projet du MUHC en mettant de l’avant un seul CHU dont la vocation ne reposerait pas sur un système d’apartheid linguistique mais comme un projet NATIONAL.
    Il faut un mouvement populaire pour faire renverser la vapeur.
    Il n’est pas trop tard pour se mobiliser afin de contrer cette catastrophe appréhendée et ce, même si 300 millions $ ont déjà été engouffrés dans cette malheureuse aventure.
    Les deux projets sont, au passage, aujourd’hui évalués à 3,5 milliards$ ( multipliez par 5 lorsqu’ils seront terminés ) . À moins, bien sûr que la population abdique et fasse contre mauvaise fortune, bon cœur en optant pour le seul CHU, celui de McGill avec , en guise d’ annexe préfabriquée, le CHU de l’Université de Montréal. À noter aussi que le Pq de Pauline Marois appuie la construction des deux méga CHU. On ne peut s’en étonner lorsque l’on sait que le feu vert aux deux méga projets fut donné par deux Gouvernements péquistes !
    Sachons aussi que ce dossier est intiment lié à la question nationale, d’où le refus des politiciens professionnels de le réévaluer. Seul un chef d’état aurait mis le poing sur la table et aurait refusé un tel cafouillis basé sur la langue.
    N’en reste qu’au peuple de s’élever contre cette horreur qui, pour quiconque s’y attarde, s’annonce déjà obscène.
    J’ajoute que ne pas mener cette lutte, ce serait bêtement se déshonorer en tant que peuple fier de sa nation.

    En guise de conclusion, cette vidéo qui donne un bon aperçu de ce qui nous attend :

  26. Merci beaucoup pour ces précisions! J’ignorais l’étendu du projet anglophone. Je suis d’accord qu’il serait important de renverser la vapeur.

  27. Il faut que Mme Fortin est très impliquée dans la lutte contre les deux CHU. Je l’ai entendu parler lors d’une conférence l’automne dernier à la SSJB et elle est très articulée. J’espère qu’elle reviendra commenter sur ce blogue.

  28. Erratum:

    Il faut dire que Mme Fortin est très impliquée dans la lutte contre les CHU et pour un seul CHU en français. Désolé pour cette erreur.

  29. Avez-vous songé que les Québécois francophones contribuent peut-être un peu à leur propre malheur? Bien que les deux hôpitaux seront théoriquement gérés en partenariats public-privés, leur financement repose à la fois sur des fonds du gouvernement et le recueil de fonds par des fondations. Or, avec toute l’incertitude qui entoure le projet du CHUM, les gens d’affaires et autres bailleurs de fonds sont très rébarbatifs à venir. Qui voudrait spontanément investir dans un projet qui a autant de ratés depuis des années? Au contraire, le CUSM avance bien et rafle le financement de plusieurs mécènes anglophones en plus d’être géré de façon dynamique (nonobstant la langue qu’il parle) par Arthur Porter, nommé plus haut.

    Voici un lien qui pourrait donner un autre portrait de l’homme que celui offert par Mme. Fortin:
    http://www.lesaffaires.com/article/0/publication–lesaffaires/2008-11-29/486184/tous-les-talents-darthur-porter-au-service-du-superhopital-anglophone.fr.html

  30. […] compères blogueurs crient au scandale ici et ici et ici que les hôpitaux anglophones obtiennent un pourcentage du budget de santé supérieur au […]

  31. L’Allemagne et la France sont dans les top 5 puissances économiques du monde, et ni l’un ni l’autre s’agenouille devant l’anglais. Ce n’est pas vrai que tout le monde parle l’anglais en Allemagne. J’y ai habité pour les études et si je ne parlais un peu d’allemand, j’aurais été souvent foutu. Il a mille fois plus de gens qui parlent l’anglais, et ce, couramment au Québec (le bilinguisme fonctionnel chez les francophones du Québec avoisine les 60%, et c’est très élevé chez les plus jeunes). Il n’est pas là le problème. Le problème est la volonté de s’affirmer et de bien gérer la langue pour pouvoir accommoder les touristes qui communiquent en anglais, encourager les touristes qui veulent s’exprimer en français (et il en a beaucoup plus qu’on le croit), puis obliger les anglophones natifs du Québec de s’exprimer en français et de participer de temps à autres aux choses d’ici. Vous n’avez qu’à écouter la radio en anglais: il n’a pas une seule chanson qui passe en français. Et c’est de même pour les cinémas dans l’Ouest-de-l’Ile (et je refuse de dire le West Island, car mes ancêtres sont ceux qui ont fondé Dorval et Pointe-Claire, on ne prononce pas Dorval DOORVAL, ni Pointe-Claire POINT CLARE). Les Anglophones qui se sont installer à Montréal en attendant que leurs villes nouvelles se fassent construire en Ontario se sont-ils souciés des populations francophones qui y vivaient, en leur offrant service-ci service-çà. NON. Même les affiches étaient unilingues anglaises, et oublie le service en français. Nous n’avons qu’à comparer les anglophones du Québec aux francophones de l’Ontario. Les deux sont environ 500 000. En fait, les franco-ontariens (et j’en suis un pûr et dur) sont plutôt 550 000 et les Anglo-québécois sont environ 457 000. Le seul minus hôpital qu’on a en Ontario, l’hôpital Montfort, nous a presque été enlevé en 1996. Vous vous imaginez, on a peu une seule université francophone en Ontario, contre 3 universités anglophones au Québec, un seul hôpital, contre 8 hôpitaux anglophones au Québec. Ce n’est pas seulement injuste mes amis, c’est RACISME, du NETTOYAGE ETHNIQUE, du GÉNOCIDE CULTUREL CONCERTÉ PAR LE RESTE DU CANADHA. C’est kill or be killed, tuer ou être tué. Et à lire ce blogue, je constate la triste réalité que nous sommes déjà en train de mourir. Nous faisons tout pour plaire aux anglophones et ils nous traitent toujours de péquistes, séparatistes…et ce, même lorsque la population n’a jamais été aussi pro-Canada. Ils nous veulent morts et enterrés. Il se fichent même du Canada. Les Canadiens-anglais ne regardent même pas leur propre cinéma, ni leur propre télévision. Ils sont eux-mêmes américanisés et ça leur fait vomir qu’on ait notre propre identité, typiquement canadienne, qui ne s’arrête pas à une police montée et la reine Élizabeth. Nous avons chanté le premier Ô Canada sur les plaines d’Abraham ironiquement le 24 juin, jour de la Saint-Jean-Baptiste, en 1884. Nous sommes les Canadiens. Les Canadiens étaient jusqu’à la première Guerre mondiale, toute personne parlant français en Amérique du Nord. On nous a littéralement choppé notre identité.

    Ce qu’il faut ce n’est pas de parler de séparation, ce qu’il nous c’est de parler de reprendre notre pays, de reprendre le Canada, et de reprendre notre territoire perdu. On devrait se battre pour gagner l’Est ontarien et le Nord, qui sont proprement les nôtres, ainsi que le Nord du Nouveau Brunswick et le Labrador.

    Il faut être prêt à prendre les armes et à se battre pour ce en quoi on croit. C’est la raison pour laquelle les Européens ne sont pas accroupis un devant l’autre, c’est parce qu’ils se sont battus pour le respect. Ils l’ont mérité. Nous à la place, nous avons eu la révolution TRANQUILLE. Et elle était vraiment tranquille. Elle n’a même pas délogé toutes les assises des occupants anglophones. Droits historiques des anglos. ils nous arracher notre pays, ont brûlé nous villages et violé nos femmes et ils n’ont pas seulement des droits, ils ont le contrôle. Les ministres ont beau avoir des noms francophones, mais c’est encore Westmount qui contrôle, qui mène le bateau. Regardez où se situe McGill, regardez qui possède quoi. Les Canadiens par les Molson, la bourse de Montréal par Toronto, les entreprises par les Américains. La langue du travail est redevenu l’anglais. Est-ce qu’on en bénéficie pour autant. NON. La plupart qui en bénéficie sont les anglos et les anglophiles, les complices. Et ils remettent la machine à tout dévorer en branle. Il n’est pas long que vous ne pourrez plus vous faire servir nulle part en français au centre-ville. C’est déjà le cas dans certaines boutiques et services sociaux. Et notre population décline et on quitte la ville, vers les banlieues et ailleurs dans le Québec. L’histoire se répète. C’est comme cela qu’on a fait au milieu du 19e siècle: Montréal et Québec étaient devenues majoritairement anglophones et les francophones ont fondé des places comme les Laurentides, Abitibi, Saguenée, l’Ontario francophone, l’Est des États-Unis (là où il a encore des francophones). Je me demande seulement c’est quoi exactement ce qui va nous faire revenir en ville cette fois-ci. Y aura-t-il une nouvelle révolution industrielle? Ou les anglophones et philes quitteront-ils Montréal une fois que l’empire américain aura chuté pour de bons et que les Chinois seront la superpuissance?

    Ma grande question: Quand est-ce que nous allons nous réveiller et arrêter d’écouter le chantage des autres et faire ce qui est le mieux pour nous, pour notre patrie, et arrêter d’avoir peur d’affirmer comment on veut que nos meubles soient placés dans notre maison?
    Et s.v.p. ne me dites pas que les Anglos vivent ici aussi et qu’ils autant de droits. C’est peut-être vrai pour 50 000 habitants anglophones qui ont vraiment le Québec à coeur. Le reste s’en contrebalancent et ne sont ici que faire une piastre en attendant de meilleures occasions ailleurs. Entretemps, il en a qui veulent notre maison et qui veulent mettre nos meubles dehors.

    La meilleure révolution c’est la conscience, Bonne chance!

  32. J’aimerais bien voir les canadians appliquer une telle loi.Je vous garanti que le Québec deviendrait un pays en moins d’un an.

  33. Non mais quel jugement tordu… Souhaiter que le Canada détruise ses francophones pour que le Québec élimine à son tour ses anglophones?

    Depuis quand la Flandre est-elle devenu un exemple à suivre?

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