La fin des journaux?

Faut-il tuer les journaux? Ces temps-ci, on dirait que tout le monde a quelque chose à dire sur la question. Si à terme l’existence des journaux traditionnels semble menacée, je ne crois pas pour autant que la méthode journalistique leur ayant permis de prospérer disparaîtra. Le gigantesque édifice avec ses centaines de prolétaires de la prose et son imprimerie rejoindront le musée, mais l’organisation elle-même se transformera. Ou disparaîtra.

La crise actuelle est profonde. Le Pew Research Center américain indiquait l’an dernier que la proportion de citoyens ayant lu un journal la veille était passée de 49% en 1994 à 40% en 2006. Pire, seulement 29% des 18-29 ans l’avait fait, contre 47% pour les 50-64 ans et 58% pour les plus de 65 ans. En clair, la génération montante ne lit pas le journal.

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Source de l’image

Traditionnellement, les journaux disposaient de plusieurs avantages:

  • La crédibilité offerte par la pérennité de l’institution;
  • Des journalistes compétents adhérant à un ordre et à des pratiques établies;
  • Un accès à des bases de données journalistiques;
  • La capacité de rejoindre les gens directement dans leur foyer;
  • Un format pratique, qui peut être lu n’importe où.

Ce sont là des avantages indéniables, mais font-ils le poids face à la révolution internet?

La crédibilité

Antoine Robitaille a raison de souligner le manque de crédibilité d’une large partie de la blogosphère. Certains animent même de véritables dépotoirs virtuels où la calomnie et la manipulation consciente sont la règle.

Par contre, un changement est en train de s’opérer. L’euphorie du début des blogues semble terminée et on peut établir une carte de blogues crédibles et qui offrent du contenu de qualité. Aux États-Unis, déjà, de nombreux blogueurs sont devenus des références au même titre que des journalistes établis. Le même phénomène semble en train de se produire au Québec également, notamment avec des individus comme Michelle Blanc, dont le blogue fait figure d’autorité quant aux nouvelles technologies.

En fait, la clef de la crédibilité des blogues tient à la spécificité des niches choisies. Contrairement au journal traditionnel dont le nom garantie la crédibilité de tous ceux qui y travaillent, le blogueur bâtit sa propre crédibilité dans secteur spécifique, et cela prend du temps.

Pour le moment, les journaux traditionnels ont encore l’avantage dans ce domaine, mais pour combien de temps?

Des journalistes compétents adhérant à un ordre et à des pratiques établies

De nombreux blogueurs n’appliquent pas toujours la démarche journalistique requise pour construire le sens nécessaire à une nouvelle. Au téléphone ce matin, Antoine Robitaille me rappelait un épisode où il a été informé par Olivier Niquet du plagiat d’une personnalité connue. Suite au travail de vérification journalistique et de mise en contexte effectuée par le journaliste du Devoir, M. Niquet avait affirmé que le Devoir avait repris sa nouvelle. Dans les faits, M. Niquet n’avait jamais eu de nouvelle en tant que tel, car le travail du journaliste ne consiste pas à simplement relater un fait non-vérifié à l’état brut, mais plutôt de vérifier sa véracité et d’organiser ce fait autour d’une pensée structurée afin de créer une plus-value autour de la nouvelle elle-même.

Ce problème rejoint également celui de la crédibilité. Si je marche dans la rue et entend (sans voir) un accident se produire derrière moi et que je demande à une des deux personnes impliquées qui en a été responsable, ai-je fait un travail journalistique suffisant? « C’est elle la folle, elle a pas fait son stop! » Si je rentre chez moi et présente un super-scoop sur mon blogue en mettant en vedette la « folle » qui n’a pas fait son arrêt obligatoire, suis un bon journaliste? Et si je me contente de relayer les faits sans en dégager le sens profond (dangerosité d’une intersection, nécessité de voitures plus sécuritaires, etc.), suis-je un bon journaliste ou un simple rapporteur de nouvelle?

Les pratiques et le code journalistiques existent pour une raison bien simple: assurer la crédibilité de la profession en général. De nombreux blogueurs se contentent de rapporter la nouvelle sans polir ce diamant brut. Comme je l’écrivais dans un texte précédent:

Ce n’est pas parce qu’on peut sortir quelques accords d’une vieille guitare qu’on est prêt à aller faire un concert. De la même manière, ce n’est pas parce que quelqu’un commence à appliquer les techniques journalistiques qu’il peut se considérer d’égal à égal avec des journalistes et croire que ce qu’il donne comme valeur – sa pierre légèrement polie – vaut celle d’un autre.

À ce titre, de nombreux blogueurs ou journalistes en ligne ont adopté des pratiques se rapprochant de celles des journalistes établis et travaillant pour les journaux traditionnels. Ils sont une minorité, mais une minorité en constante progression. Et ceux-ci ont souvent une crédibilité presque aussi bonne que les meilleurs journalistes traditionnels.

Un accès à des bases de données journalistiques

Les bases de données journalistiques sont essentielles pour tout journaliste. Vous entrez un mot-clef, dans Eureka par exemple, et vous obtenez immédiatement tout article sur le sujet écrit dans à peu près tous les médias.

Pourtant, avec le temps, les recherches simples sur des moteurs de recherche comme Google s’améliorent et la quantité d’articles en ligne progresse régulièrement. Conséquence? La valeur-ajoutée de la base de données journalistiques tend à diminuer, plaçant peu à peu sur un quasi-pied d’égalité journalistes institutionnels et journalistes sur le web.

Si le premier possède encore un léger avantage, quiconque ayant un minimum de motivation peut arriver à se débrouiller sans ces bases de données. De toute façon, si les journaux en format papier n’existent plus, ces bases de données auront perdu leur utilité.

La capacité de rejoindre les gens directement dans leur foyer

Traditionnellement, le rituel matinal ressemblait à ceci: lever, toilette, et on allait chercher le journal sur le pas de la porte. Si, si, parole d’un camelot qui a livré les journaux pendant six ans! Rares étaient mes clients qui venaient chercher leur journal sans avoir l’oreiller encore imprimé dans le visage.

Aujourd’hui, êtes-vous comme moi? La première chose que je fais au réveil, c’est d’ouvrir mon ordinateur. Le voici, mon contact avec le monde. Évidemment, je ne peux pas encore facilement manger devant mon journal en ligne, mais ce n’est qu’une question de temps…

Un format pratique, qui peut être lu n’importe où

Voici le seul argument de vente réellement concret pour les journaux traditionnels. On les imagine presque nous dire: « Ah, ah! Vous pouvez nous déchirer, nous barbouiller, nous amener aux chiottes, mais pourriez-vous faire la même chose avec votre écran d’ordinateur? » En fait, oui. Presque.

Le Kindle 2 permet déjà de lire des livres ou des journaux. À peine plus épais qu’un gros carton, il peut être amené partout.

Bien sûr, on est loin ici du grand journal ouvert sur la table le matin. Mais qui aurait pu prédire il y a dix ans que j’écrirais sur un écran plat de 22 pouces? La technologie existe, et ce n’est qu’une question de temps avant que différents formats soient offerts et permettent aux lecteurs de ne plus avoir besoin du journal en format papier.

On objectera que plusieurs avaient prédit la disparition du livre avec Internet, mais l’exemple ne tient pas. Un livre se lit du début à la fin. Aurait-on idée de sauter une vingtaine de pages d’un roman de Patrick Sénécal ou Stephen King? Le journalisme, au contraire, est un style permettant la captation rapide du sens d’un texte et il invite le lecteur à le survoler, voire à ne lire qu’une partie du texte. Bernard Poulet, l’auteur de La fin des journaux (Gallimard) écrit : « Un texte n’a plus un début, un milieu et une fin, mais représente un ensemble de morceaux autonomes. On télécharge la page, le paragraphe ou la phrase qui nous est utile. » ((Le Soleil, Livres, dimanche, 29 mars 2009, p. 39, Les journaux au musée!, Fessou, Didier, La place des journaux est-elle au musée?))

On peut très bien imaginer des textes disponibles sur un outil comme Kindle 2 et offrant des hyperliens vers d’autres textes au contenu semblable.

Qui paiera les journalistes?

La question qui tue. Si tout le monde télécharge gratuitement son information et la lit sur un Kindle 2 (ou autre outil semblable), qui paiera les journalistes? La question est cruciale: si on affirme que le travail de polissage du journaliste, qui consiste à rendre intelligible et à donner un sens à une nouvelle, est essentiel, qui paiera son salaire? Mario Asselin pose la question et se base sur les calculs de Jeff Mignon, qui affirme qu’ il serait difficile de payer les journalistes selon le présent modèle publicitaire.

À mon avis la réponse est la même qu’elle a toujours été: par la publicité et l’abonnement.

La publicité

Le calcul de Jeff Mignon ne fonctionne pas. Il prend le problème dans le mauvais sens. Il tente d’appliquer un modèle de publicité actuel qui rapporte peu à une entreprise qui doit entretenir une lourde charge physique (gros immeuble, les presses, etc.).

Quand on affirme que les revenus publicitaires dans les journaux traditionnels ont baissé de plus de 23% en deux ans, signifie-t-on que cet argent a simplement disparu? Non. Même avec la crise, une large partie de ces ressources ont simplement été réaffectées ailleurs, notamment en ligne.

Concrètement, au fur et à mesure que le lectorat des journaux traditionnels diminue, la compétition entre les publicitaires pour annoncer en ligne augmente, contribuant à oser les revenus pour ceux qui écrivent en ligne.

Les journaux traditionnels opposent néanmoins l’argument suivant: le nombre de lecteurs en ligne de tel ou tel site internet est toujours moindre que les leurs. Vrai. Mais ils sont également plus ciblés.

En fait, quand vous ouvrez un journal, vous voyez des tonnes de publicités qui ne vous intéresse pas. Spectacles, voitures, ameublement… Est-ce que ces choses vous intéressent vraiment? En ligne, la publicité est ciblée. Sur un site qui se consacre aux troubles paniques, par exemple, on y voit de la publicité sur les troubles paniques. Au hasard, visitez le site Symptoms of panic attacks: voyez-vous des annonces de spectacles, voitures ou ameublement? Non. La publicité est extrêmement ciblée, et cela s’avère très profitable pour les annonceurs. Au fur et à mesure que les journaux en format papier disparaîtront, les publicitaires se tourneront vers ce type de publicités et leur compétition entraînera le coût à la hausse, et permettra peut-être à certaines entreprises de journalisme de survivre. La majorité devra pourtant offrir du contenu payant.

L’abonnement

Hérésie! Faire payer pour ce qui se trouve en ligne gratuitement? « Es-tu fou Louis ou quoi? » Peut-être, mais ce sera le sujet d’un autre article. Pour le moment, je vous invite à réfléchir à la situation actuelle: quel est le modèle financier qui vous permet d’avoir accès à vos nouvelles sur Cyberpresse, par exemple? Croyez-vous que les publicités sur ce site permettent de payer le salaire de tous les journalistes qui y contribuent?

Évidemment, non. En grande partie, ce sont les gens qui s’abonnent à La Presse ou à un autre journal du groupe Gesca qui permettent à Cyberpresse d’exister. Enlevez ces revenus, et je ne crois pas que même les recettes publicitaires montantes permettraient de compenser cette perte.

La vérité, c’est que le contenu de qualité se paie. Actuellement, nous sommes dans une période où nous avons le meilleur des deux mondes. Un peu comme à la fin des années 1990 dans le domaine de la musique, où il était possible de tout télécharger gratuitement. Le buffet à volonté. Mais la source s’est tarie et l’industrie de la musique a réagi: le téléchargement gratuit est aujourd’hui illégal. Résultat? De nombreux sites offrent maintenant la possibilité de télécharger de la musique à la carte pour un coût ridiculement bas.

D’ici quelques années, la situation risque d’être la même dans le domaine journalistique. Tant qu’il y aura une masse critique de personnes plus âgées qui continuent à payer pour leurs journaux, il n’y aura que du contenu gratuit en ligne. Éventuellement, pourtant, il faudra également faire payer les gens pour télécharger une partie du contenu sur leur lecteur numérique. Un prix insignifiant. Juste assez pour que ce soit plus d’effort essayer de voler le contenu que de le payer. Et cette source de revenu, couplée avec la publicité, permettra à l’entreprise journalistique de survivre.

La guerre du sens

Aujourd’hui, l’information ne fonctionne plus à sens unique. Les citoyens n’ont plus envie de se laisser dicter quoi penser par les journalistes. Ils refusent le sens qu’on leur offre et internet leur permet de s’allier avec n’importe qui qui pense comme eux. À la limite, Internet permet à tous les weirdos de s’unir et de former une super-République de weirdos. Ils lisent leurs blogues de weirdos, s’informent auprès d’amis weirdos, et ils ont une vision complètement déconnecté de la réalité. Ils refusent le sens qu’on leur donne et choisissent leur propre sens.

Pour la majorité de la population, la crise de confiance vis à vis du journalisme n’atteint pas de telles disproportions. Malgré tout, comme l’explique JD Lasica, rédacteur au Online Journalism Review, « la multiplication des sources d’informations a soudainement fait prendre conscience au public que ce qu’ils lisent dans les journaux ou ce qu’ils voient à la télé ne reflète pas nécessairement leur propre réalité. » ((Le Devoir, CONVERGENCE, lundi, 11 août 2003, p. B7, Technologie, À propos du journalisme citoyen, Fondamentalement engagé, ce type de journalisme peut servir de contrepoids aux dérives qui, quelquefois, affligent l’industrie des communications, Dumais, Michel))

Ainsi, il y a deux solutions possibles:

  1. On laisse le lecteur se créer son propre sens grâce à une « information » constamment mise à jour, tel un diamant que n’aurait pas poli le journaliste. Il devient donc de la responsabilité du lecteur de créer son propre sens. Cette option est peu coûteuse car le journaliste devient quasi-inutile.
  2. On offre au lecteur une multitude de sens possibles en permettant au journaliste de polir la pierre précieuse et d’inter-connecter les nouvelles en leur donnant un sens. Le lecteur choisit son journaliste et adhère ou non au sens; il peut commenter la nouvelle ou y répliquer lui-même. Cette option est plus coûteuse et implique un travail journalistique accompli.

Actuellement, Quebecor et son Journal de Montréal semblent avoir adopté la première voie et La Presse l’autre option. Le Devoir, lui, traîne de la patte. Étant principalement lu par l’élite intellectuelle, il peut se permettre d’attendre, mais s’il attend trop il prendra bien vite le même chemin que le tape à cassette huit pistes ou le vidéocassette BETA.

Il n’y a pas des milliers de solutions. On peut soit refuser de considérer le sérieux de la situation actuelle et considérer cela comme une mode ou une situation temporaire. Ou bien on comprend la profonde mutation en cours et on agit.

Le journaliste, quoi qu’il arrive, survivra. On aura toujours besoin de sens, et celui qui parviendra à en faire le plus pour la majorité sera le plus lu. Mais il ne le sera plus sur papier, et sûrement pas dans le cadre professoral à sens unique actuel. Il trouvera sa niche, se spécialisera, et s’adressera à un public spécifique cherchant dans ses mots le sens perdu d’une société en perte de cohésion.

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32 Réponses

  1. Nous sommes en pleine gestation. Les journaux en papier doivent impérativement évoluer, s’adapter sinon ils connaitront des temps très durs.
    Tout comme pour la musique, une formule payante sera développée et les journaux pourront continuer, par le biais de l’Internet, à publier les textes de leurs équipes de journalistes.
    Résister au changement ? erreur !…..

  2. Dis moi Louis… comment fais-tu pour pondre aussi rapidement des analyses aussi profonde?
    Tu viens de Krypton ou quoi?

  3. @Garamond: Résister au changement est souvent une erreur; dans ce cas-ci elle pourrait être mortelle. Je pense au Devoir, et j’espère que le journal réagira assez vite. Les journalistes qui y travaillent sont de qualité et pourront se réorienter, mais ce ne sera pas facile…

    Dans tous les cas, il reste du temps. Au moins une vingtaine d’années.

    Merci de ton commentaire. Comme toujours, tu es le premier en haut de la liste! 🙂

    @Carl Boileau: Héhé, merci… Mais tu sais, ces temps-ci j’ai souvent l’impression d’écrire dans le vite. J’essaie d’écrire de bons textes mais y a pas beaucoup de commentaires. M’enfin, j’écris parce que j’ai le goût d’écrire de toute façon. Ça vient tout seul! 🙂

  4. […] Posted less than 1 day ago from   Rating: +1    http://lelectronlibre…. Close var gaJsHost = ((« https: » == document.location.protocol) ? « https://ssl. » : […]

  5. J’aimerais spécifier que dans le cas de plagiat de M. Pelletier, j’ai :

    – parlé à deux reprises au directeur de cabinet du ministre pour avoir la version des faits de M. Pelletier;
    – récupéré les documents originaux, cités dans le livre où l’on rapportait le plagiat;
    – parlé à plusieurs reprises aux auteurs du livre où était rapporté le plagiat;
    – parlé au plagié.

    M. Robitaille a fait la même chose, mais trois semaines plus tard, après que je l’ai mis au fait de l’affaire. Et je ne crois pas qu’il soit allé jusqu’à retrouver les documents d’archives originaux.

    Mon texte original est ici.

    Vous auriez peut-être dû confronter vos sources plutôt que de présenter un seul côté de la médaille… c’est là un principe du journalisme, d’ailleurs.

    Pour le reste, votre texte est excellent.

    Je préciserais toutefois que Michelle Blanc est plus une référence en matière de traduction de textes états-uniens que de technologies…

  6. @Olivier Niquet: Merci de la précision et désolé s’il y a eu malentendu quant à l’embroglio avec Antoine Robitaille.

    @tous: Je me questionne sur l’intérêt de pondre des textes de 2500 mots comme ça. J’ai l’impression que ça n’intéresse personne. Y a toute une polémique autour du dernier texte de Hugo Dumas et j’ai l’impression d’avoir écrit dans le désert alors que mon texte devrait constituer, à mes yeux, une référence.

    Je ne suis peut-être pas dans la bonne clique; celle qui ne cite que des gens connus et qui s’auto-congratule à qui mieux mieux… Je te pointe, tu me pointes, je te repointe, tu me repointes. Je fais un lien vers toi, tu fais un lien vers moi. Ça me démotive. Parfois, j’ai l’impression que les pseudo-experts du web ne sont que des égos gonflés qui rêvent de s’envoler.

    Je suis peut-être fatigué aussi.

    Bonne nuit à tous.

    Et merci aux trois personnes qui ont lu le texte en entier.

  7. Votre texte n’a pas moins de valeur qu’il n’est commenté que par un nombre plus restreint d’individus.

    Certes, je peux comprendre que vous ayez été déçu qu’il n’ait pas été hyperlié par d’autres (d’ailleurs merci pour avoir lié «chez nous»), mais à ma connaissance, il n’y a que très peu de lecteurs qui commentent sur les blogues. Écrire pour les autres nous expose presque toujours à être déçu… En tout cas, c’est ce que je dis souvent aux jeunes blogueurs que j’initie dans les écoles 😉

    Sur le fond, j’ai eu un peu de difficulté à comprendre votre démonstration à l’effet que «le calcul de Jeff Mignon ne fonctionne pas». M. Mignon et vous me semblez dire la même chose:

    «De la rareté de temps et de l’espace… on passe à l’abondance, et les prix chutent! Qu’est-ce que les journaux offrent aux annonceurs pour qu’ils restent clients dans la mesure, entre autres, où ils ne possèdent pas de données précises indiquant le retour sur l’investissement?»

    Il y a beaucoup d’ego sur la blogosphère, c’est une évidence. Peut-être que le fait d’aller commenter chez ces «pseudo-experts » vous permettra d’entrer en conversation avec eux, même si vous serez «chez eux». Remarquez qu’en leur criant des noms, ils vous confondront peut-être avec les nombreux trolls qui viennent avec l’affluence de visiteurs 😉

    Avez-vous déjà été mal reçu chez ces gens que vous visez?

    Votre billet a le mérite de rappeler que «l’information ne fonctionne plus à sens unique». Je sais qu’il y avait de l’ironie (et peut-être de la fatigue, comme vous l’écrivez) en disant que seulement trois personnes l’avaient lu en entier. Le sujet que vous avez choisi me paraît créer chez bon nombre de blogueurs une certaine lassitude. Ce débat entre journalistes et blogueurs en éteint plus d’un. Plusieurs billets l’ont mentionné. Si ailleurs, il y a un peu plus de commentaires (ou de «back-links»), c’est peut-être que les gens qui ont pu mettre un visage sur un nom (dans les YULmachins ou ailleurs) sont plus portés à se fréquenter, numériquement parlant… je ne sais trop.

    Ne doutez pas de la qualité de votre texte.

    Hormis vos histoires de «clique» dans le dernier commentaire, vous me paraissez voir les choses comme plusieurs d’entre nous, en gros… Si les gens ne sont pas venus commenter, c’est peut-être aussi qu’ils n’avaient rien à redire.

    Sur ce, bon dimanche!

  8. Salut Louis !

    J’ai lu ta déception avec plus d’intérêt, je dois avouer, que ton article sur la fin des journaux, parce qu’internet est un acteur important dans la transmission de l’information, dûe la souplesse du support. Les nouvelles voyagent vite et c’est pratique.

    Le papier coûte cher à produire et à récupérer. Alors que l’archivage de l’info sur un ordi prend moins de place et est plus écologique.

    Je vois cela comme une tendance du marché.

    Et on a pas beaucoup réagi, alors qu’habituellement tu reçois plus de commentaires. J’ai remarqué moi aussi et c’est ainsi partout. C’est que je ne suis pas payé pour passer ma journée sur un ordi.

  9. @Mario Asselin: Merci pour cette réponse et pour les possibles explications.

    Concernant Jeff Mignon, c’est surtout son application du modèle publicitaire actuel qui me déplaît. Avec la disparition progressive des journaux papiers, le coût de la publicité en ligne sera à la hausse, permettant de mieux rentabiliser ses activités.

    Vous avez peut-être raison concernant les cliques; c’est peut-être simplement une histoire de YULmachins et cie. Et puisque je ne suis pas vraiment sorteux, ça doit tout expliquer. Personnellement, je ne fais pas un lien vers une personne mais plutôt vers ses idées, mais j’imagine que ce n’est pas toujours ainsi que fonctionnent les choses.

    Merci pour votre commentaire, et vous avez raison pour la fatigue: j’ai été absent pour le travail à peu près 27 heures au cours des deux derniers jours, alors ça peut jouer! 🙂

    @Daniel Labonté: Personnellement, quand un article est bon, je le dévore jusqu’à la fin. Si vous ne l’avez pas lu jusqu’à la fin, j’ai peut-être manqué mon coup. Il n’était peut-être pas si bon que je croyais qu’il l’était. Dans tous les cas, je suis en processus de questionnement vis-à-vis de mon rôle sur le blogosphère. Mais, tout de même, soyons honnête: le texte prend environ 15 minutes à lire, et pas toute une journée…

  10. « Il trouvera sa niche, se spécialisera, et s’adressera à un public spécifique cherchant dans ses mots le sens perdu d’une société en perte de cohésion. »

    une dernière phrase pas facilement compréhensible, mais violente!! combien violente…

    TK, je suis venu survoler ton texte et en voyant un peu de quoi ça parlait, ça m’intéressait vraiment pas… Ce soir j’avais un peu de temps (ou j’étais trop lâche pour me faire à souper tout de suite…) et je me suis décider de lire ton texte (sans même avoir lu tes commentaires de dépressif =P)
    Mais bon, juste pour te dire que dans mon cas, c’est plutôt le sujet qui ne m’intéressait pas plus qu’il faut…

    Parle moi du CHUM, ou du G20 et de ses manifestants, de l’idéologie néolibérale vs socialisme, j’adore! Parle moi des idées de Khadir ou des textes de gilles vigneault à la limite, parle moi des excellents livres de Jacques Attali… mais de la compétition « journal vs blogsphère »… personnellement… surtout que lorsque tu dis que le devoir « traîne de la patte » (et je trouve tellement que c’est le meilleur des jounaux traditionnel (presse, jdm, gazette, etc.)
    Mais ça c’est très personnel…

    mais bon, fait toi en pas, tu rends quand même le sujet intéressant 😉

  11. […] : L’?lectron libre bloguait ? ce sujet, la semaine […]

  12. Je parle pas nécessairement de ton texte, quand je parle de passer la journée sur l’ordi, simplement qu’il y a autre chose à faire, surtout quand c’est pas payant.

    Et en passant, j’ai écrit un petit mot sur toi dans mon blogue.

  13. Sympa cet article, j’aime bien ce blog 🙂 ! Continuez comme ça surtout !
    Voici un de mes blogs ou sites principaux : valentin10.blogspot.com
    Vous êtes tous les bienvenus quand vous le voulez 😉

  14. C’est vrai que l’on peut se poser la question de l’avenir des journaux avec la marche en avant d’internet et la multiplication des sites de quotidiens de journaux sur la toile. Enfin je pense que le journal papier ne va pas disparaître comme ça du jour au lendemain.

  15. Ce texte est sans doute le meilleur que j’aie lu sur ce sujet. J’adore. Et je vais me permettre d’ajouter mon petit grain de sel…

    Traditionnellement, on disait que ce qui faisait vendre un journal, c’était les 3S: sexe, sang, sport. Avec internet, cette formule est vouée à l’échec: n’importe qui peut trouver beaucoup « mieux » sur intenet que dans un journal pour chacune de ces trois catégories. Déjà là, ça fait mal aux journaux.

    Pour les journaux, le défi, c’est de trouver la « une » qui va faire vendre. Car n’oublions pas une chose: la mission première d’un journal n’est pas d’informer. La mission première d’un journal, c’est la même que celle de toute entreprise privée, c’est de faire de l’agent. Donc il faut vendre. Et pour vendre, il faut offrir au client ce qu’il veut.

    C’est pourquoi, trop souvent, les journaux ne présentent que le point de vue dominant et cherchent des records un peu partout. Quand le climat économique est morose, on parle de la pire crise depuis la grande dépression. Quand le Canadien gagne 3 matchs de suite, la coupe s’en vient. Quand le gouvernement fait un déficit, il est astronomique.

    Et la nuance est très souvent absente; elle nécessiterait un effort de la part du lecteur. Quand avez-vous lu pour la dernière fois un article de journal qui permettait de savoir les arguments de chaque clan dans le conflit Israelo-Palestinien? Quelle est la position américaine concernant les GES?

    Personnellement, j’adhère de plus en plus à la thèse de Mark twain: « If you don’t read the newspaper, you are uninformed; if you do read the newspaper, you are misinformed. »

    La qualité de l’information des journaux fait pitié, à mon avis.

    Les blogues ont leurs défauts, certes. Et ils demandent un effort au lecteur, ne serait-ce que pour détecter les blogues de qualité. Mais ils peuvent aller beaucoup plus loin que les journaux.

    Par exemple: rares sont tes textes qui ne prennent pas position. Et évidemment, tu n’es pas le seul. En fait, tu es un éditorialiste. Combien y a-t-il d’éditoriaux dans les journaux? Si un journal me proposait à chaque jour 3 textes de la qualité des tiens, je pourrais commencer à envisager m’y abonner. Mais ils seraient encore désavantagés pour deux raisons: les commentaires et les hyperliens.

    Les commentaires ajoutent de la qualité aux bons blogues. L’auteur exprime un point de vue, certains commentaires l’appuient, d’autres non, des arguments sont présentés de part et d’autres. Pour moi, c’est une valeur ajoutée, c’est une expertise de type Wikipedia qui fait que plusieurs « experts » contribuent à la page.

    D’autre part, lorsqu’un article fait référence à d’autres textes ou à une statistique disponible sur internet, un lien peut être fait. Cela permet au lecteur de vérifier dans quel contexte l’information de départ a été trouvée. Pour moi, cela ajoute beaucoup de crédibilité.

    En résumé, tout ce qui existe dans un journal peut être transmis sur le web sans perte alors que l’inverse n’est pas vrai. C’est pourquoi je crois qu’effectivement, beaucoup de journaux disparaitront. Mais la formule de l’abonnement payant est porteuse d’avenir, à mon avis. Un peu comme la musique… avec Napster, on la téléchargeait gratuitement. Maintenant, de plus en plus de personnes achètent leur musique en ligne. Je vois l’évolution du journalisme suivre ces traces.

  16. M. Labonté,

    Votre article était très intéressant et je l’ai lu jusqu’à la fin, n’ayez crainte. Simplement pour dire, étant moi-même journaliste amateur, qu’il est important de soigner son chapeau et de mettre l’info qui nous apparaît la plus importante dans les premiers paragraphes. Car peu importe le médium, les gens ne changent pas. Dans l’ensemble, les articles sont survolés par des gens pressés. Et face à ce comportement, les journalistes papiers et les blogueurs du web sont sur un pied d’égalité !

    Au plaisir

  17. Confusion === ce message s’addressait à M. P..

  18. Très belle analyse de la situation.

    Pour ce qui est d’annoncer la fin des journalistes, ou simplement des journaux imprimés, il reste encore des questions que je me pose, et que personne ne semble aborder dans ce débat. Tout le monde constate que les jeunes lisent de moins en moins les journaux. Est-ce qu’ils passent nécessairement à l’Internet? Et au sujet de la qualité de l’information que l’on retrouve sur Internet ou sur les blogues plus spécifiquement, est-ce que seulement nous apprenons à notre jeunesse à bien s’informer? Ou encore, leur apprenons-nous à s’informer, tous simplement?

    Enfin, peut-être que je m’inquiète pour rien à ce sujet, mais je serais curieux de voir s’il y a des statistiques à ce sujet.

  19. @Daniel Labonté: J’ai été voit ton texte; je suis très d’accord avec toi quant aux autos à Montréal!

    @Charles Lecavalier: C’est vrai, j’aurais peut-être du soigner davantage mon amorce. Merci du conseil.

    @Willi: C’est sûr que ça ne peut pas plaire à tout le monde. Merci quand même!

    @Steph: Merci beaucoup! Vraiment c’est très gentil! Je crois aussi que les commentaires et les hyperliens sont ce qui manquent aux journaux. Peut-être dans 10-15 ans ils seront présents sur la version téléchargeable?

    @Mathieu Lavallée: Merci. Je crois que nous sommes dans une période de transition. Avec le recul, ce sera plus facile d’y voir clair.

    À tous: je ne sais pas trop quoi écrire ces jours-ci et j’ai d’autres occupations. Je préfère ne rien écrire plutôt que de boucher les trous. À bientôt!

  20. Salut Louis !

    Je vois que t’as fait parler de toi encore une fois, sur Cyberpresse. C’est un bon débat. Surtout que tu es bien placé pour en parler. Tu as révélé l’identité de Lola et Eric, alors que les médias traditionnels ne pouvaient pas. Comme internet n’est pas réglementé, cela les a fait chier que tu puisses le faire.

    Pas surpris qu’on attaque la crédibilité des blogues. Ils vont défendre leurs partis, c’est évident. Mais un scoop, peu importe d’où il vient, cela reste un scoop.

    L’informateur d’un des journalistes qui a fait éclater le scandale du Watergate, (Gorge profonde ou quelque chose du genre, me souviens plus), comme Ma chouette pour Daniel Leblanc, c’étaient des sources anonymes. Me font bien rire les critiques sur les pseudonymes. C’est une manière de protéger ta source comme une autre.

  21. […] je ne me lancerai pas dans une analyse complète de la situation, surtout qu’un blogueur que je visite à l’occasion a justement fait un billet très complet sur le sujet (un peu long toutefois, mais foutrement […]

  22. […] forces. En attendant, vous pouvez lire, comme le suggérait mon ami Mathieu Lavallée, un billet de L’Électron Libre sur le […]

  23. […] Commentaire sur le billet "La fin des journaux?" (Louis) SAVE «Hormis vos histoires de «clique» dans le dernier commentaire, vous me paraissez voir les choses comme plusieurs d'entre nous, en gros… Si les gens ne sont pas venus commenter, c'est peut-être aussi qu'ils n'avaient rien à redire.» mariotoutdego […]

  24. Je n’ai pas fait la même chose! J’ai vérifié le info: interviewé les auteurs, interviewé le ministre, ce que vous n’avez jamais fait.

    Voici ce que j’écrivais sur Cent Papier : Nuance : en fait, M. Niquet m’a envoyé un courriel dans lequel il m’indiquait le passage d’un livre qu’il citait dans son blogue. Dire que c’est « une nouvelle de Cent papiers », ce serait un peu excessif, voire trompeur. Et c’est confondre nouvelle et information. Cette information, je ne l’ai pas découverte sur le site, puisque je ne le connaissais pas. Et pour en faire « une nouvelle », j’ai fait mes propres vérifications ; interviewé des auteurs qui accusaient le ministre ; interviewé le ministre. M. Niquet m’a fourni une information, l’a soumise à mon attention via courriel. Autrement dit, la « nouvelle », c’est celle du Devoir, avec les confirmations qu’exigent les règles d’un métier bien défini et qui ne se pratique pas sur un coin de clavier. Si j’ai cité « Cents papiers », c’est que je voulais faire une fleur à M. Niquet qui m’avait donné une information. Mais des informations par courriel, on en reçoit des tonnes. Il n’y a pas ici de complémentarité particulière « entre médias traditionnels et médias citoyens ». Il y a simplement un lecteur qui a envoyé une information à un journaliste. Comme ça se fait depuis des siècles grâce aux pigeons voyageurs, à la poste, au téléphone, au télex, au fax, etc. Il n’y a rien de nouveau sous le soleil, à mon sens…
    15:21, le Samedi 8 décembre 2007

  25. […] de mêler mes lecteurs et de nuire à ma crédibilité.  Comme je l’écrivais dans mon texte La fin des journaux?, le futur appartient aux médias […]

  26. Excellent article. Un petit ajout concernant l’avantage des journaux: ils ont les moyens de backer leurs journalistes en cas de poursuite quelconque! 😉

    Pour ce qui est du débat à propos de la mort des journaux et l’avenir des journalistes, je crois qu’ils auront beaucoup de difficulté à gagner des sous après la mort des journaux papier…

    Pourquoi? Parce que l’information qui est à la base des articles que les journalistes rédigent est gratuite. Un journaliste peux vendre un texte à un journal, mais il n’a aucun droit sur l’info que l’article contient. Cette info peut être reprise de mille et une façons par d’autres journalistes ou même, des blogueurs!

    Joe Blo peut écrire et vendre une chanson qui parle d’amour s’il veut, mais il n’a pas les droits sur le sujet (l’amour) que sa chanson contient, seulement sur les paroles et la musique inspirés par le sujet. C’est pourquoi la comparaison avec le téléchargement musical ne tiens pas vraiment car la musique est de l’art, alors que le journaliste rapporte simplement des faits, disponible par tous.

    Personne n’a le monopole de l’information ou des faits et un scoop, sur le web, ne reste pas exclusif longtemps. Ya donc tout un problème de rentabilité…

    Aussi, des aggrégateurs comme Google News font en sorte que je n’ai même pas besoin d’aller directement chez la source de l’article pour en connaître les grandes lignes. Un seul endroit qui regroupe des milliers de sources différentes et qui est mis à jour constamment.

    Pour ce qui est de payer les journalistes sous forme d’abonnement pour leur articles, l’idée n’est pas mauvaise, mais quand on peut avoir le même contenue ailleurs gratuitement, c’est plus un don qu’un abonnement, je crois.

  27. Salut Louis!

    En passant, quand tu affirmes qu' »Actuellement, Quebecor et son Journal de Montréal semblent avoir adopté la première voie et La Presse l’autre option. »
    Je crois que tu as oublié un point fondamental au niveau de la presse… c’est contrôlé par Desmarais! comme le soleil, le quotidien, et tout plein d’autres journaux! je crois pas que L’information est un diamants et que la presse le polie dans un sens ou dans l’autre. Je crois au contraire que la presse a présélectionner des éditorialistes pro-capitalisme, pro-desmarais… ou du moins, qu’ils ne parleront jamais contre! n’oublie pas comment andré pratte s’est presque fait viré quand il a dit de desmarais qu’il contrôlait à peu près tout (en 1989 je crois…)

    T’avais même fais un billet sur le contrôle qu’exerce power corporation.

    Robin Philpot a écrit un livre sur Desmarais il n’y a pas si longtemps, il est très intéressant.

    Voilà

    merci

  28. D’ailleurs, en y repensant, Robin Philpot souligne l’entente secrète établie entre la presse et radio-canada pour je ne sais plus trop quoi, que patrick Bourgeois aurait relevé.

    J’vais rechercher ça, je t’en reparlerai (quand mon ami me redonnera mon livre… =D)

  29. Très bon article…

    Mon avis est que les marques des journaux vont subsister, mais qu’elles ne seront plus que des sortes de labels auxquels souscriront les journalistes selon leurs affinités, compétences, spécialités, etc. Elles leur serviront de réseau, de garantie de sérieux, de protection juridique, etc.

    Mais le produit du travail des journalistes sera lui diffusé de manière beaucoup moins centralisée qu’aujourd’hui, et les articles seront relayés par l’intermédiaire des réseaux sociaux, systèmes de notation sociaux, etc.

  30. Eh non, faut pas tuer les journaux. Ils se suicident sans l’aide de personne. Ou plutôt avec l’aide d’une pratique curieuse : la pensée unique.

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