Michael Sabia à la CDP: le capitaine aussi perdu que son bateau!

« Il y a cinq ans, votre entreprise était au bord d’une crise financière ». Voilà ce que lançait Michael Sabia aux actionnaires de BCE en 2007.  Au moment de faire cette déclaration, pourtant, l’institution avait le pire taux de croissance de son secteur, ses employés étaient malheureux et les clients perdaient confiance par milliers. Et c’est cet homme qui est maintenant président et chef de la direction de la Caisse de dépôt et placement du Québec. Quelle bourde monumentale!

Quand on choisi un dirigeant, on le veut compétent. Qu’a accompli exactement Michael Sabia, pendant les sept années passées (2002-2008) à la tête de BCE? Et d’abord, est-il l’homme en qui les Québécois auront confiance?

Ça peut sembler un détail, mais Sabia est anglophone. C’est symptomatique ici: dès qu’un unilingue anglophone risque d’accéder à un poste important, que ce soit à la tête de la CDP ou comme entraîneur du Canadien de Montréal, le débat fait rage. Avec raison. L’homme qui dirige la CDP s’occupe de notre argent. Il nous représente. Il doit pouvoir faire face aux caméras et parler directement aux Québécois, les rassurer sur leurs retraites, leur dire que leur argent est entre de bonnes mains. Après seize ans au Québec, Sabia ne baragouine toujours qu’un français très approximatif. Comment peut-on espérer qu’il donne confiance au Québécois?

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Au-delà de la langue, ses propres employés lui ont-il fait confiance alors qu’il était à la tête de BCE? Pas du tout. Les résultats d’un sondage d’entreprise intitulé « Entre nous » et publié le 4 juin 2007 sont éloquents: seulement 38% des employés lui font confiance. Une même proportion d’employés croient en l’honnêteté de la direction. Pire: ils ne sont que 31% à approuver les changements apportés par la haute direction dans les douze mois précédents. ((Économie, jeudi, 12 juillet 2007, p. 26, Ça ne « file » pas chez Bell Canada, La Presse)) Ces chiffres peuvent paraître triviaux, mais ils ne le sont pas.

En effet, un employé heureux et confiant dans sa direction est un employé qui travaille bien et est motivé. Quand un représentant du service à la clientèle de chez Bell est démotivé, il vend moins et n’offre pas la même qualité aux clients. Mais qu’en est-il lorsque l’employé en question est responsable du bas de laine des Québécois? Vous sentiriez-vous confiant de savoir qu’une bande d’employés démotivés gère les 120 milliards $ de la CDP? Pas moi. Les employés d’une entreprise sont les plus grands actifs de celle-ci et les résultats sont souvent à la hauteur de leur désir de surpassement qu’entraîne une confiance en l’entreprise et en sa direction. Sabia a réussi à démobiliser ses employés chez BCE, et l’appréciation des clients a suivi: en 2001, seulement 8% des Québécois avaient une mauvaise opinion de Bell, contre 25% en 2007. Et au printemps 2008, Bell obtenait le pire taux de satisfaction des fournisseurs de service internet au Canada. ((La Presse Affaires, mardi, 17 juin 2008, p. LA PRESSE AFFAIRES, BCE: UN GÉANT DANS L’ATTENTE, Un bateau sans gouvernail, Clients et employés attendent un signal depuis deux ans, Vailles, Francis))

En 2007, Bell avait 40% de plus de clients internet au Canada qu’en 2003. Le problème, c’est que Telus en avait 82%, Rogers 85% et Vidétron 130%! Bell, le fleuron de BCE, a systématiquement sous-performé face à ses concurrents. La situation n’est guère plus reluisante dans le sans-fil: pour les mêmes dates Bell était en hausse de 41%, contre 65% pour Telus et 94% pour Rogers. ((Idem.))

On le constate, les années Sabia ont été marquées par une démotivation des employés et une perte de confiance des clients, deux éléments extrêmement dommageables pour l’entreprise car difficiles à récupérer. Pierre Duhamel résume bien le problème: « Les années Sabia ont été des années d’hésitations et de piétinements parce qu’il n’a jamais eu la moindre idée d’une vision porteuse qui assurerait la croissance et le développement de l’organisation. »

En fait, le seul bon coup de Michael Sabia a avorté: la tentative de vendre BCE à la caisse de retraite des enseignants Teacher’s aurait peut-être permis de relancer l’entreprise. Et Michael Sabia aurait récolté une jolie somme de 24,6 millions $ si la transaction avait eu lieu. ((Économie, mercredi, 15 août 2007, p. 30, Les patrons de Bell empocheront 170 millions $, La Presse))

Les questions demeurent: pour qui travaillera Michael Sabia? Pour les Québécois, ces francophones dont il ne connait pas grand chose et sait à peine baragouiner leur langue? Ou pour lui-même, dont le seul exploit en sept ans de direction de BCE a été une tentative de s’enrichir rapidement d’un 25 millions $ pendant que s’effritait tout le capital de sympathie et la crédibilité de son entreprise?

Le bateau de la CDP est perdu en mer et on a réussi à trouver un capitaine encore plus égaré que lui. On aurait voulu faire pire qu’on n’y serait pas parvenu.

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12 Réponses

  1. La saga Charest continue comme un mauvais feuilleton…ou “reality show”: Suroît, Orford, écoles juives, défusions, name it! etc. Son propre parti doit être en joual vert! Bye 34Michael Sabia ? la CDP: le capitaine aussi perdu que son b?teau! | L??lectron Libre(Pingback) a écrit: 14 mars 2009 à 12:42 […] deux éléments extrêmement dommageables pour l’entreprise car difficiles à récupérer. Pierre Duhamel résume bien le problème: « Les changements

  2. Pour moi l’origine ethnique importe peu, qu’il soit anglophone, francophone, italophone, juif, arabe, etc. Par contre il est important qu’il puisse maîtriser le français. Imaginerais t-on un francophone unilingue occuper une fonction similaire dans le reste du Canada?

  3. Cette nomination, éminemment politique, semble s’inscrire dans le processus de prise de contrôle du Québec par Power Corp…
    De deux choses l’une : ou bien Sabia va patauger quelque temps à la CDPQ pour finalement partir avec un bonus de quelques millions en poches; ou alors il va se faire conseiller régulièrement par monsieur Desmarais….
    Choisissez….
    Merci monsieur Charest !

  4. S’il est peut-être limité, son français est tout le moins correct. Et beaucoup mieux que celui de Saku. Néanmoins, pour ma part, c’est un détail. Le CV du candidat doit, dans la mesure du possible, primer sur la langue et l’origine de l’individu. Dans une organisation comme la CDP, le PDG est bien entouré. Pensez-vous que le gouverneur de la Banque du Canada, pour rester ici, est au fait de tous les détails économique de chaque province? J’en doute!

    D’autant plus que, c’est écrit ici comme ailleurs, le bilan de Michael Sabia a été controversé par le passé et sème donc des inquiétudes légitimes. Il me semble donc qu’il y a assez de « viande » pour s’attarder à autre chose que sa capacité à donner une conférence de presse regardée par 1000 personnes sur RDI.

  5. @internationaliste: Bien d’accord avec toi. Il peut parler un peu le français (mieux que Koivu, comme le note derteilzeitberliner), mais il doit être capable de pouvoir faire face aux Québécois et de bien communiquer ce qu’il y a à dire sur la CDP…

    @Garamond: Sabia est-il lié à Power Corporation? Ça m’intéresse. Une nouvelle porte d’entrée pour Desmarais?

    @derteilzeitberliner: L’aspect linguistique n’est qu’un des aspects de sa nomination. Outre celui-ci, il faut absolument parler de son bilan, qui est loin, loin, mais très loin d’être reluisant! Ce type ne saurait probablement pas administrer une CPE, et on le met à la tête de la CDP. Il a détruit en sept ans l’image de BCE, et c’est ce type qui va gérer notre argent… Ça m’inquiète!

  6. Il l’est par Charest…

  7. Ça va avoir l’air vraiment fou quand il devra venir expliquer les prochains 40 milliards de « perte » de l’économie forcée imposée à tous les Québecois.

    Qui va venir faire la traduction simultanée, Jean Charest en personne?

    Pour une rare fois dans ma vie, je vais faire un « nationaliste » de moi en me tenant debout à côté des nationalistes. Sebia a 4 mois pour nous parler un français plus qu’acceptable.

  8. @LPL,

    « Ce type ne saurait probablement pas administrer une CPE, et on le met à la tête de la CDP »

    C’est le cas pour la plupart des politiciens.

    Mettriez-vous Stéphane Dion vous gérant de votre dépanneur?

  9. Disons que je m’attends du politicien qu’il choisisse la bonne personne pour gérer la CDP. Je ne verrais pas Stéphane Dion dans un dépanneur (quoi que ce serait drôle!:P), mais je le verrais très bien choisir un bon gérant de dépanneur. Et dans le cas actuel, Michael Sabia, c’est un peu comme si on demandait à un ex-voleur de dépanneur de le gérer.

  10. une comparaison de toton….hihihihi il n est pas unilingue….niaiseux….t es pas capable…de dire de koi ki as de l allure….un chinois dirais tu es un trouble maker

  11. « Que Michael Sabia parle des «dépousants» de la Caisse ou dise «je suis tout à fait sur la même page de Robert» a peu d’importance. Mais si on a de la difficulté à le suivre, ça risque de devenir un problème. Et c’est arrivé à quelques reprises vendredi. […] «La Caisse agir dans une sens une université parce que la formation de nos gens ici extrêmement importante», a-t-il aussi indiqué en énumérant les façons dont l’institution peut contribuer à l’économie du Québec. Par moments, il fallait attendre la phrase suivante, ou traduire mentalement en anglais, pour deviner à quoi il voulait en venir. »

    Source

  12. Les hôpitaux psychiatriques existent encore cher monsieur. Vous en auriez besoin ainsi que d’un cours de grammaire.

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