La langue pauvre

« In English, please ». Si vous travaillez à Montréal, vous entendez souvent cette demande. Non, cette requête. On ne demande pas l’anglais, on l’exige. Les anglophones considèrent l’anglais comme un droit inaliénable. Conséquence? Vous travaillez dans une langue étrangère dans votre propre ville!  C’est le cas de l’avocat Stéphane Handfield, à qui on refuse le droit de plaider en français à Montréal le 10 février prochain, mais cet exemple est loin d’être unique. L’anglais s’impose parce qu’il représente la langue de l’argent et qu’il s’appuie sur le manque de fierté des francophones.

En effet, deux études publiées l’an dernier par l’institut C.D. Howe et par Statistique Canada font état d’une disproportion majeure entre langue et revenu des nouveaux arrivants sur l’île de Montréal.   Les petits salariés parlent plus couramment le français alors que les plus fortunés s’expriment principalement en anglais.  Comme le note Charles Castonguay, professeur de mathématiques et de statistique à l’Université d’Ottawa depuis 1968:

« Cette stratification socioéconomique de la langue d’assimilation des immigrés à Montréal, en parallèle avec celle de la langue de travail, tend à reproduire le clivage qui affligeait la société québécoise d’avant la Révolution tranquille. […] Le fonctionnement actuel de la société québécoise, dans le jeu de francisation et d’anglicisation de ses immigrants, évoque de la sorte la société d’antan, avec les allophones francisés comme nouveaux coupeurs de bois et porteurs d’eau alors que les anglicisés renflouent l’ancienne élite d’origine britannique. » ((Charles Castonguay, « Qui apprend l’anglais s’enrichit! », L’aut’hebdo, 10 février 2008))

En clair, plus ça change, plus c’est pareil. Où sont les gains de la Révolution tranquille?

Puisque les anglophones disposent du pouvoir attractif de l’anglais, ils arrivent à dicter leur loi aux commerces. Une enquête de Noée Murchison, publiée en janvier 2008 dans le Journal de Montréal, le démontre très bien. L’auteure de celle-ci a fait semblant d’être une unilingue anglophone et a pu se trouver de nombreux emplois. Quand un client se plaignait, elle obtenait du soutien des patrons, pour qui les plaignants étaient des « chiâleux ». Le quotidien a par la suite reconduit son enquête avec une unilingue francophone et celle-ci a eu beaucoup plus de difficulté à se trouver un emploi, ce qui démontre le fait que la seule langue véritablement commune aux Montréalais est celle de l’argent: l’anglais.

Moi-même, je subis les affres de cette situation injuste. Je vais devoir me soumettre à une enquête de faits suite aux plaintes de deux clients que j’ai servis en français alors qu’ils m’ont abordé en anglais. Le premier cherchait visiblement à me provoquer et je l’ai ignoré, ce qui l’a mis en rogne. Le second était un immigrant que je voyais depuis plusieurs années et à qui j’ai affirmé qu’il allait sûrement finir par apprendre le français; la plainte est venu du client suivant, un anglophone. Il est possible que je doive subir des sanctions, voire être suspendu si je refuse de m’excuser, et tout ça parce que j’ai travaillé dans ma langue, dans ma ville, dans mon pays.

graphique1_20090202Le problème avec cette ville, justement, réside dans le fait qu’elle s’affiche comme étant francophone alors qu’elle ne l’est plus. Le dernier recensement de Statistique Canada démontre que le pourcentage de la population dont la langue maternelle est le français est passé pour la première fois sous la barre psychologique du 50%. Même si une partie des gens parlant une langue étrangère à la maison peuvent également communiquer en français, Jean-François Lisée souligne le peu d’impact de ceux pour qui le français constitue une langue seconde:

« Laissez-moi vous dévoiler un secret : 40 % des Sherbrookois savent parler l’anglais. Cela n’a aucune incidence sur les anglophones locaux, qui s’assimilent au français plus rapidement que les Acadiens ne s’anglicisent. Simple : la langue seconde n’a aucune force d’attraction. Dans la forêt linguistique, la langue seconde, ce sont les feuilles. Or, 93 % des Sherbrookois parlent français à la maison. L’usage, ce sont les racines. Voilà ce qui tient une langue debout. » ((Jean-François Lisée, Français : des renforts pour l’imprudence, L’Actualité, 15 mai 2008))

La vérité, la plus plate des vérités, c’est que la proportion de Québécois de langue maternelle française est passé de 82,5% à 79,6% entre 1951 et 2006, le poids démographique des francophones au Canada a été réduit de 25,7% en 1971 à 21,4% en 2006, et que près de 52% des transferts linguistiques au Québec se font vers l’anglais, même si la communauté anglophone ne représente que 8,2% de la population totale. ((Source: Recensement 2006, Statistique Canada)) Pire: une comparaison des pyramides démographiques francophones et anglophones démontre à quel point celle des francophones est débalancée et vieillissante en comparaison de celle des anglophones (voir graphique).  Si rien ne change, le futur sera anglo.

Peut-on en vouloir aux immigrants qui choisissent l’anglais? Individuellement, non. L’anglais offre de meilleures possibilités objectives de réussite personnelle pour ceux-ci et c’est pour cette raison qu’ils sont si nombreux à refuser de s’intégrer en français.

Par contre, n’aurions-nous pas nous-mêmes un mot à dire dans l’équation? Et si nous cessions de sacrifier ce que nous sommes pour une soi-disant réussite personnelle et exigions de pouvoir atteindre les plus hauts échelons de la société en français? Et si nous refusions de travailler en anglais et réclamions le français dans tous les secteurs de notre société, y compris les mieux payés? Peut-être que les immigrants auraient alors envie de s’intégrer au français… Parler le français à Montréal et refuser de travailler en anglais, ce n’est peut-être pas une simple affaire de langue, mais peut-être également une question de fierté. La fierté de faire sa part et de contribuer à l’épanouissement de notre langue et à l’intégration d’immigrants certes nombreux mais à qui nous pouvons offrir le choix d’appartenir à une patrie qui a un futur et n’est pas condamnée à une assimilation rapide et douloureuse.

Sinon, autant tout abandonner dès maintenant, cesser d’utiliser le français et renier définitivement notre héritage. Voilà qui éviterait bien des tourments à nos enfants, pris à supporter un poids historique que nous avons peut-être contribué, par notre lâcheté, à rendre insoutenable.

Et si ce n’était pas le français qui rendait pauvre, mais plutôt le manque de fierté de ceux qui le parlent?

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30 Réponses

  1. j’ai l’impression que certains vont se défendre qu’ils ne peuvent que parler français pour pas faire fuir les touristes… si tu vois ce que je veux dire o.o;
    je sais pas ce que tu en penses, moi ça me chicotte la notion « touristes »
    mais bon, t’as raison sur le reste… à mon avis…

  2. Quand je suis un touriste aux États-Unis, personne ne me parle en français et pourtant je ne fuis pas! Je crois qu’on doit être soi-même et arrêter de s’en faire pour ce que vont penser les autres.

  3. Le problème est concentré sur l’Ouest du Grand Montréal. Partout ailleurs, on aura aucun problème à parler français, à se faire servir en français, à travailler en français.
    C’est le noyau dur du West Island, Westmount, Hampstead, Côte-St-Luc, Montreal-West et St-Laurent qui cause problème; de même que la partie ouest du «Downtown Montreal».
    En province, oubliez votre anglais, personne le parle, sauf certains endroits en Estrie et en Montérégie-Ouest (Huntingdon et environs).
    Curieuse coincidence : Comtés Anglais = comtés libéraux….

  4. Le PQ a une part de responsabilité dans cette situation. Il a refusé d’étendre la francisation aux entreprises de moins de 50 employés lorsqu’il a promulgué la loi 101 et il a accordé une dérogation à Sun Life, qui était et est toujours une grande entreprise, pourqu’elle puisse continuer à fonctionner en anglais. Depuis quelques années Sun Life a pris le virage de la francisation mais les progrès demeurent lents.

  5. @ Louis : ouin… t’as raison… haha!

    je suis sur queen mary, et la majorité des gens que je « force » à parler français avec moi le parle… bah, y’a toujours quelques vieilles fo-folles qui croient que c’est pas normal de parler français…..
    faut dire que je travaille dans une boulangerie française… =D

  6. La solution passe par un renforcissement de la loi 101. Imposer l’école primaire et secondaire en français. Si ça ne fait pas ton bonheur, va vivre en Ontatio Ducon.

  7. Je ne suis pas contre un renforcement de la loi 101, mais est-ce assez? J’ai un collègue de travail indépendantiste, en faveur de la loi 101, mais qui se dépêche de servir en anglais tous ceux qui le parlent.

    Avant de changer les lois, pourquoi ne pas décider, chacun pour soi et pour le bien-être de tous, de se faire respecter et de refuser de parler anglais au Québec?

  8. Je veux bien, mais quand tu as 17 ans, que tu travaille à temps partiel au jean coutu, tu ne peux pas vraiment te permettre de faire ça. Je n’ai pas envie de me faire mettre à la porte car j’ai besoin de cet argent pour étudier, donc, que voulez-vous, moi aussi je sers les clients en anglais lorsqu’ils le demandent.

    Moi je pense qu’il faut s’attaquer au problème par la racine. Si les enfants de deuxième génération d’immigrants apprennent le français, le problème se résorbera de lui-même d’ici quelques années. Cependant, si ces enfants vont à l’école anglaise, ce qui est de plus en plus fréquent, le problème ne fera que s’amplifier.

  9. Je comprends ta situation. Mais si un client te parle en chinois, vas-tu lui répondre en chinois? Ou en russe?

    Ce que je veux démontrer par ces extrêmes, c’est que le problème vient aussi de ce bilinguisme institutionnalisé qu’on impose aux jeunes Québécois. Je ne trouve pas ça normal qu’un jeune qui gagne le salaire minimum doive en plus parler une langue étrangère pour travailler. Il devrait avoir le droit de travailler dans sa langue, mais on prend pour acquis que tous les Québécois sont bilingues et comme on le sait un peuple minoritaire bilingue est un peuple en voie de disparition…

    Je ne crois pas que d’envoyer les enfants d’immigrants à l’école française soit la seule solution. Beaucoup parlent le français comme langue seconde, mais comme le note Lisée une langue seconde ce n’est que du bruit de fond; ça n’a pas d’importance.

    À mon avis, le problème vient de nous, les Québécois de souche. Nous devons exiger le français partout, partout. Il faut « oser » parler dans sa langue aux clients, « oser » être soi-même. Il n’y a pas de honte à répondre en français à un anglophone, pas plus qu’à quelqu’un qui parle l’espagnol ou l’allemand.

    Ici, ça se passe en français, c’est ça le message. Chaque fois que tu parles à un client en anglais, tu lui lances le message que ça se passe en anglais ici. Tu lui lances le message que c’est correct s’il ne s’intègre pas. Est-ce le genre de message que nous voulons vraiment lancer aux immigrants et aux anglophones qui refusent de s’intégrer?

  10. Mes parents ont passé 5 ou 6 saisons estivales au Nouveau-Brunswick et ont pu constater un phénomène très répandu: l’acadien de service. Dans cette province officiellement bilingue (…),que ce soit au plus grand centre d’information touristique, au camping, au supermarché, dans des villes ou villages où les francos sont en nette majorité ou non, toujours, lorsqu’un québécois ou un francais aborde un autochtone anglophone, il y aura un(e) acadien(ne) pour se précipiter afin de répondre à ces derniers avant même que l’anglo n’ouvre la bouche ! Mon père (qui parle bien l’anglais, en passant)a vécu une expérience inédite au supermarché; posant une question très simple en francais à un jeune commis anglophone dans le milieu d’une allée, il a vu une acadienne partir de très loin, depuis son comptoir de charcuterie, arrêtant en plein milieu de son travail et portant encore son filet pour les cheveux , littéralement courir pour répondre en lieu et place du jeune homme.C’est bien beau de vouloir être des plus attentionné avec les touristes de toutes origines car de nombreux emplois reposent sur la vigueur de ce secteur de l’économie, mais pourquoi ne serait-ce qu’aux acadiens à faire des efforts ? Il n’y aurait pas un peu d’aplaventrisme de leur part dans ce comportement ? Ce supermarché très fréquenté par les québécois, dans une province bilingue, ne doit-il pas logiquement engager des commis un tant soit peu bilingues ? Les acadiens en tous les cas n’ont pas besoin de l’aide de leurs compatriotes anglos pour parler anglais !
    Mon père a fréquenté lui aussi beaucoup de touristes pour tous ses emplois dans les Laurentides où nous avons vécu pendant 35 ans; à l’Hôtel, au centre de ski, au Parc du Mt-Tremblant, etc.Nous ne vivons que par le tourisme dans cette région, on le sait bien.Combien de fois avons-nous remarqué que les visiteurs du Canada anglais ou de l’ouest de Montréal, bien que parlant souvent francais, nous abordent en anglais et s’attendent à être servis dans cette langue. Alors que beaucoup de visiteurs américains et britanniques sortent leurs dictionnaires et font de grands efforts pour balbutier un francais approximatif devant nos mines tout de même réjouies ? Ma théorie, c’est que ces touristes de d’autres pays n’avaient pas encore été contaminés par nos anglos de Montréal, ils ignoraient à quel point les québécois ne défendaient pas leur langue. Puis, tout le long du chemin qui mène aux Laurentides, les garagistes et autres ne parlaient que francais…alors vite ! Procurons-nous un petit dictionnaire ! C’est encore comme ca maintenant.
    Pour ce qui est de Montréal, eh bien on pourra dire que l’on aura vu le déclin du francais de notre vivant.C’est le retour au Montréal des années 50, bilingue sur papier (le chauffeur de tramway qui annoncent les stations dans les deux langues)mais surtout anglo en pratique.Les petits travailleurs émigrés des régions du Québec vivent en francais, les affaires et le commerce relèvent de l’anglais de générations en générations.
    Ici dans l’Outaouais, nous avons également nos anglos west islanders résistants et nos francos collabos…tout le monde connait bien sûr l’attitude des gens d’Aylmer face aux deux autres secteurs de la ville, soit Hull et Gatineau.Mais pour l’instant c’est moins profondément divisé psychologiquement comme ca se présente sur l’Île de Montréal.
    Je nous souhaite bonne chance, et si tu as de grandes difficultés avec ton emploi à cause de ces problèmes de langue, dis-toi bien que c’est parce que tu es courageux et intègre et nous ne t’en voudrons pas si tu abandonnes cette cause particulière à l’usure; peu d’entre nous aurions été aussi loin que toi maintenant.Ne fais pas de tout ca une odyssée héroïque.Certes, tu recueilles des appuis moraux sur ce blogue, et c’est sincère de notre part je crois.Mais tu vois que les appuis dans les faits, sur le terrain, ne sont pas vraiment là…regardes tes compagnons de travail comme ils se défilent sur ce point.

  11. Le démographe Charles Castonguay a fait d’excellents travaux sur cette question.

  12. Merci beaucoup de ce commentaire!

    C’est en effet assez surprenant ce qui se produit actuellement; je suis d’accord avec toi qu’il y a quelques années à peine le Québec était reconnu comme étant francophone et que les anglophones de passage avaient leur petit dico car ils s’attendaient à ce que les gens parlent le français.

    Mais aujourd’hui, merci à ceux qui n’ont pas de fierté et merci au bilinguisme institutionnalisé, je me fais regarder avec des yeux gros comme des 2$ quand je dis à un client que je ne parle pas anglais. C’est presque devenu sacrilège de ne pas parler anglais. Le Québec, aux yeux des touristes et des anglos, est (redevenu) bilingue, c’est-à-dire en processus d’anglicisation.

    Je ne suis pas un héros; dès que j’ai une chance je vais quitter ce foutu trou qu’est Ville Saint-Laurent. En attendant, je fais ma part et je me dis que si tout le monde pouvait y mettre un peu du sien et refuser de travailler en anglais, le Québec serait un bien meilleur endroit et nous pourrions assurer la pérennité de notre langue et de notre culture!

  13. C’est très injuste que tu sois victime de ta fierté de parler la langue de tes ancêtres dans leur pays. C’est la première fois que j’entendre une telle absurdité. J’espère qui tu vas t’en sortir de cette malheureuse situation sans aucun souci-major.

    Je comprends ton besoin de trouver une raison pour meilleure comprend l’absurdité qui tu es victime. En effet, on a tous ce besoin de comprend la racine de nous malheurs. Cet humain. Et voila, certain croient qui la cause du cancer est psychologique. . C’est croyance les aides vivre leur souffrance, mais elle aussi les eumènes a de point de départ très loin de les vraies origines de ce problème d’ordre biologique…

    Alors, qui en lisant tes arguments, je trouve des détournements. Par exemple, l’affirmation que « Le dernier recensement de Statistique Canada démontre que le pourcentage de la population parlant le français à la maison est passé pour la première fois sous la barre psychologique du 50% » est sans doute très inquiétante si on ne considère pas la baisse de la fécondité et la hausse du vieillissement au Québec. Selon Laurent Martel et Éric Caron Malenfant de la Division de la démographie de Statistique Canada, en 2006, la fécondité au Québec a chuté plus rapidement qu’ailleurs au pays. Concernant le vieillissement, 14,3 % de la population de la province est âgées de 65 ans ou plus en 2006, alors qui en 1956, ce pourcentage était de 5.7 %.
    (voir http://www12.statcan.ca/francais/census06/analysis/agesex/ProvTerr3.cfm)

    C’est possible que le français soit moin parlé à la maison parce qu’il y a moin de jeunes familles françaises. C’est même raison pourrait expliquer le fait la baisse de la population de langue maternelle française et la réduisions du poids démographique des francophones au Canada.

    Mais la question la plus inquiétante c’est ce réflexe de justifier les problèmes de la population française au Québec en culpabilisant les immigrants. Pierre Falardeau, Monsieur Pariseau… désolée… ça sent la xénophobie. Prouve-moi le contraire.

    Je te souhaite de la paix pour trouver de solutions à tes conflits au travail.

  14. Merci pour les mots d’encouragement. 🙂 Il est vrai que la dénatalité est un problème important; mais peut-être que si nous avions une plus grande fierté en nous-mêmes ça nous donnerait davantage confiance en l’avenir et le goût d’avoir des enfants?

    La baisse de natalité n’est pas un problème insurmontable en soi; le problème est qu’une majorité d’immigrants s’intègrent en anglais. Si nous pouvions mieux valoriser notre langue, c’est-à-dire nous pouvions refuser de parler anglais au Québec, je crois qu’on lancerait un message clair aux nouveaux arrivants qu’ici c’est en français que ça se passe!

  15. Et voilà : la baisse de natalité est causee par les immigrants qui s’intégrant en anglais…

    ——–

    … encore un autre détournement : « près de 52 % des transferts linguistiques au Québec se font vers l’anglais » ???

    D’après Jean-Pierre Corbeil et Christine Blaser de la Division de la démographie de Statistique Canada, l’utilisation du français à la maison chez les allophones ont augmente au Québec. « En 2006, 24 % d’entre eux ont déclaré parler le français le plus souvent à la maison, comparativement à 20 % en 2001 et 17 % en 1996. »

    Corbeil et Blaser disent aussi que « pour la première fois, les transferts linguistiques des allophones vers le français sont plus importants que ver l’anglais » en 2006. « En effet, en 2006, 51 % des allophones avaient adopté le français comme langue parlée à la maison, comparativement à 46 % en 2001 et à 39 % en 1996. Pour ce qui est des transferts linguistiques vers l’anglais, la proportion a diminué, atteignant 49 % en 2006, comparativement à 54 % en 2001 et à 61 % en 1996. »

    (Voie http://www12.statcan.ca/francais/census06/analysis/language/allo_lang.cfm)

    À mon avis, l’augmentation de l’usage du français a la maison chez les allophones est le résultat de la politique qu’impose qui l’éducation de leurs enfants soit faite en école française. Moi-même, allophone, je parle le plus suivant en français avec ma fille, en effet presque tout temps, parce que le français est devenu ça première langue.

    E ça, malgré le paragraphe 3 de l’article 26 de la Déclaration universelle des droits de l’homme :
    26.3. Les parents ont, par priorité, le droit de choisir le genre d’éducation à donner à leurs enfants.

    Par contre, je ne regrette pas le fait qui ma fille fréquente une école française. Je crois que « l’éducation doit favoriser la compréhension, la tolérance et l’amitié entre toutes les nations et tous les groupes raciaux ou religieux, ainsi que le développement des activités des Nations Unies pour le maintien de la paix. » (Déclaration universelle des droits de l’homme : 26 :2).

    Alors, pour l’épanouissement de ma fille au sein de la société française québécoise, et pour la promotion de la paix, je préfère qu’elle soit élevée en français.

  16. « Et voilà : la baisse de natalité est causee par les immigrants qui s’intégrant en anglais… »

    Je n’ai jamais écrit cela. J’ai écrit que si nous avions une plus grande fierté de nous-même et que si nous nous respections peut-être un peu plus nous aurions davantage confiance en l’avenir et aurions le goût d’avoir davantage d’enfants.

    N’essaie pas de me faire dire ce que je n’ai pas écrit.

    Concernant les chiffres, j’en ai des différents que toi. Me suis-je trompé quelque part? Peut-être. J’aurais dû noter avec précision l’origine de ceux-ci, mais même si tes chiffres étaient exacts et que 49% (au lieu de 52%; il y a peut-être eu confusion entre Montréal et l’ensemble du Québec) des immigrants s’en allaient vers l’anglais, ça ne changerait rien au fait final: l’assimilation des francophones se poursuit, les francophones de langue maternelle sont maintenant minoritaires à Montréal et nous n’arrivons pas à intégrer les immigrants en français.

    Conséquemment, il n’y a pas des milliers de solutions: il faut revaloriser le français en refusant de parler anglais au Québec, il faut renforcer les lois linguistiques et il faut réduire de beaucoup l’immigration jusqu’à ce qu’on ait intégré les immigrants qui sont déjà ici.

    Comme l’écrit Jean-François Lisée:

    Certains pensent que la situation est celle du verre à moitié plein ou à moitié plein. Pour une minorité francophone en Amérique du Nord, ce n’est pas la bonne analogie. On pense plutôt à un canot (l’île de Montréal) avançant sur une rivière qui débouche sur une énorme chute d’eau (l’anglicisation). Dans les années 60, le canot avançait à, disons 50 nœuds. Les pagayeurs s’empressèrent de freiner cette course folle, avec un réel succès. Dans les années 90, le canot n’avance plus qu’à 25 nœuds. Extraordinaire succès, applaudissent, de la rive, les optimistes. En réalité, les pagayeurs réussiraient à ralentir jusqu’à 1 nœud qu’ils ne pourraient échapper à la chute. La seule vitesse du succès est 0, à défaut d’avoir la capacité de faire demi-tour.

  17. « Et nous n’arrivons pas à intégrer les immigrants en français. » ???

    Regardez bien les chiffres :

    1996 : 61 % ——– des transferts linguistiques vers l’anglais
    2001 : 54 % ——– des transferts linguistiques vers l’anglais
    2006 : 49 % ——– des transferts linguistiques vers l’anglais

    En 10 ans, il y a eu 20% de moin des transferts linguistiques vers l’anglais parmi les allophones immigrants.

    et l’écho de Bob Dylan au fond: “For the times they are a-changin’…”

  18. C’est insuffisant. Dans l’analogie de Lisée, vous vous félicitez de voir que vous foncez moins rapidement vers le précipice, mais vous foncez tout de même.

    Le français est passé sous la barre des 50% et vous voulez que je me réjouisse. En une génération les francophones ont perdu 3% au Canada et vous voulez que je me réjouisse. Montréal s’anglicise de jours en jours et vous voulez que je me réjouisse.

    Charles Castonguay a écrit de très bons articles pour dénoncer le ton jovialiste de Statistique Canada. Les vraies statistiques – les seules qui comptent vraiment – sont celles qui démontrent le recul du français à Montréal, au Canada, et en Amérique du Nord.

    Pour le reste, on peut faire dire n’importe quoi aux chiffres. Surtout que « transfert linguistique » n’est pas l’équivalent de langue d’usage et que ce n’est pas parce que 49, 54 ou 61% des immigrants sont capable de baragouiner le français comme langue seconde que le français est vivant. Une langue seconde, c’est du bruit de fond. C’est cet aspect que vous ne semblez pas vouloir voir.

    Personnellement, je ne me réjouis pas de savoir que nous fonçons moins vite vers la chute. Je me réjouirai quand nous aurons inversé le courant et que le français sera en progression.

    D’ici là, il faut prendre des décisions courageuses et réduire l’immigration tout en incitant les Québécois à être plus fiers de leur langue et à l’afficher partout.

  19. « Il faut prendre des décisions courageuses et réduire l’immigration » !!!

    C’est ne pas la langue française qui est pauvre, c’est la logique des idées présentée dans ton texte qu’incite l’hostilité à l’égard de la présence de celui qui est perçu comme un étranger au Québec qu’est pauvre.

    L’écho du silence… svp

  20. Il n’y a pas d’hostilité envers qui que ce soit. Nous sommes ici, nous habitons ce pays et nous avons le droit de décider des politiques d’immigration que nous voulons avoir. Et puisque nous n’arrivons pas à intégrer correctement le nombre actuel d’immigrants, il est souhaitable de le réduire d’une manière importante, au moins temporairement.

    Et oui, quelqu’un qui arrive ici et qui ne souhaite pas s’intégrer est à mes yeux un étranger. Ce n’est pas nécessairement de sa faute; c’est de notre responsabilité de l’aider à s’intégrer:

    a) en lui montrant qu’ici ça se passe en français;
    b) en réduisant le nombre d’immigrants afin de faciliter son intégration;
    c) en lui faisant passer un test de citoyenneté comme le suggère le PQ.

    Voilà des idées concrètes qui peuvent nous aider!

    Je n’aime vraiment pas cette mentalité vieillotte et dépassée qui consiste à dire que quiconque espère se faire respecter est hostile envers les autres. Nous avons le droit d’exister, nous sommes probablement le peuple le plus ouvert au monde, mais nous avons le droit de vivre selon nos valeurs et de demander aux gens que nous accueillons généreusement de se soumettre à ces valeurs fondamentales.

    L’écho de la voix des Québécois, ça compte aussi. Pas juste le silence.

  21. Vous propositions sont très hostile vers les immigrants. Je suis immigrante et je considère que vous propositions démontre un mal-compréhension de la réalité : vous nie les faits statistiques e vous pressente des idées trop droitières, sans considération de l’impact des vous propositions a la vie de famille immigrante.

    Si les immigrants ne veulent pas s’intégrer, pourquoi auraient-ils déménage au Québec. Est que c’est amusant se déraciner, perdre sa culture, perdre son pouvoir de communication? Vous nos dits qui non, la preuve se sont dans vos textes demandant une protection a votre langue. Mais, vous oublient les autres.

    Votre interprétation est partielle, sans aucun respect aux faits. Les donnes statistiques qui vous présentent sont partielles et tachées d’une idéologie droitière et xénophobe. Ma suggestion sincère a toi, se d’abord apprendre à lire les chiffres statistiques (financière aussi) avant de proposer de politiques. L’exercice de recommandation politique demande une approche globale et votre recommandation démontre un manque de vision de l’ensemble.

  22. Mes propositions ne sont pas du tout hostiles face à qui que ce soit. Est-ce hostile de simplement parler dans sa langue et d’accueillir autrui à bras ouverts en autant que celui-ci respecte nos valeurs de base? Est-ce hostile de vouloir s’assurer que nous accueillons un nombre approprié d’immigrants pour être en mesure de les intégrer? Est-ce hostile de vouloir leur faire passer des tests de connaissance de leur nouvelle patrie comme cela se fait aux États-Unis et ailleurs dans le monde? Non. Ce n’est pas de l’hostilité, et si vous croyez qu’il est hostile de vouloir protéger notre langue et notre culture en imposant des petits compromis aux immigrants, et bien cela démontre votre profonde méconnaissance du Québec.

    Si les immigrants ne veulent pas s’intégrer, pourquoi auraient-ils déménage au Québec.

    Heu… Pour l’argent? Pour l’assurance-maladie? Parce qu’ils croyaient arriver dans un pays appelé Canada où ils pourraient parler anglais. C’est à nous de les intégrer en français et je vous ferais humblement remarquer que toutes mes critiques ou presque sont à l’encontre des Québécois et non pas des immigrants.

    C’est vous qui ne respectez pas les faits. L’anglais progresse à Montréal et le dernier recensement le prouve. De 2001 à 2006, le pourcentage de gens qui ont le français comme langue maternelle est passé de 53,2% à 49,8%. Et ceux qui le parlent à la maison est passé de 56,4% à 54,2%. Le français recule, recule, recule. À partir de quand faut-il s’inquiéter? Faut-il attendre que les francophones ne représentent plus que 40%, 35%, 20%? Avant de penser à donner des conseils aux autres, je crois que vous devriez cesser d’essayer de manipuler des chiffres dont vous ne mesurez pas la portée, de mentir (en me faisant dire ce que je n’ai jamais écrit, notamment que la baisse de natalité serait causée par les immigrants) et de tromper les gens pour occulter ce fait indéniable: le français recule à Montréal.

    Nous sommes le peuple le plus ouvert du monde, mais malheureusement nous devons faire face à des gens comme vous qui utilisent des mots comme « xénophobie » sans même comprendre la portée de ceux-ci. Vous êtes tellement enfermée dans votre petit monde que vous en êtes venue à croire que quiconque demande un minimum de respect pour ses valeurs est forcément xénophobe. Un peu comme si j’avais une grande maison, que je l’ouvrais gentiment à tout le monde et qu’on me traitait de crapule parce que je leur demandais simplement d’enlever leurs souliers avant d’entrer.

    Nous avons le droit de faire comme tous les pays du monde qui se respectent et qui choisissent le nombre idéal d’immigrants à recevoir et qui s’assurent que ceux-ci vont s’intégrer. Dire le contraire est une insulte à toute forme de pensée intelligente et d’analyse politique cohérente.

    C’était ma dernière contribution à cette discussion avec vous. Vous avez menti, vous avez déformé mes propos, vous avez occulté les statistiques importantes sous d’autres qui l’étaient moins et vous m’avez insulté en me traitant de xénophobe.

    J’ai apprécié vous lire et je surveillerai toujours vos commentaires, mais je crois qu’il temps de mettre un terme à cet échange.

  23. Es-tu d’accord avec la proposition du PI de réduire le nombre d’immigrants par année à 20000 par année?

  24. « Heu… Pour l’argent? Pour l’assurance-maladie? Parce qu’ils croyaient arriver dans un pays appelé Canada où ils pourraient parler anglais. C’est à nous de les intégrer en français et je vous ferais humblement remarquer que toutes mes critiques ou presque sont à l’encontre des Québécois et non pas des immigrants. »

    Premièrement, vous manquez d’information. Pour immigrer, on a besoin d’emporte de l’argent ! Un des critères pour être reçu comme immigrante est la quantité de l’argent qu’on possède en main. On paye pour immigrer au Québec. Et vous appelez ça d’accueil à bras ouvert ?

    Je vous ferais humblement remarquer que toutes mes critiques ou presque sont à l’encontre des Québécois et non pas des immigrants.

    Les élections prouvent le contraire !!!

    L’anglais progresse à Montréal et le dernier recensement le prouve. De 2001 à 2006, le pourcentage de gens qui ont le français comme langue maternelle est passé de 53,2% à 49,8%.

    Dénatalité : ça, c’est un fait statistique !!! La corrélation est significative …

    Et ceux qui le parlent à la maison sont passés de 56,4% à 54,2%. ?

    Alors, c’est 54.2% ? Eh bien ! vous change-vous chiffres ?!

    Dans ton texte on lit :

    « Le dernier recensement de Statistique Canada démontre que le pourcentage de la population parlant le français à la maison est passé pour la première fois sous la barre psychologique du 50%. »

    Information trompeuse…

    « Nous sommes le peuple le plus ouvert du monde, mais malheureusement nous devons faire face à des gens comme vous qui utilisent des mots comme « xénophobie » sans même comprendre la portée de ceux-ci. »

    Après 20 ans au Québec, j’ai eu assez d’expérience pour savoir qu’est que ça veut dire xénophobie. Je connue et je vivre avec les conséquences néfastes de la xénophobie.C’est ne pas a vous de me dire qui je devrai me taire en face d’exemples de xénophobie comme je vois dans ton texte, que traite les immigrants comme un cancer. Si j’insiste ce parce que je sais que des idées comme la votre peut être dangereuse : ça peut inciter l’hostilité vers nous, les immigrants. Encore, et vous appelez ça d’accueil à bras ouvert ?

    Pour finir :

    Considérant que la reconnaissance de la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine et de leurs droits égaux et inaliénables constitue le fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde.

    Article premier

    Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité.

    Article 13

    2. Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays.

    (Déclaration universelle des droits de l’homme)

  25. Je ne voulais pas m’éterniser dans cette discussion, mais j’aimerais juste ajouter quelques trucs.

    1) Vous m’accusez d’écrire que les immigrants seraient un cancer. C’est faux. C’est un mensonge tout à fait gratuit et une insulte. J’ai au contraire une grand respect pour les immigrants qui viennent ici et je veux qu’on puisse leur offrir toutes les chances de s’intégrer afin qu’ils puissent jouir d’une meilleure existence.

    2) J’ai effectivement confondu « langue maternelle » et « langue parlée à la maison » et j’ai corrigé l’article. Dans tous les cas, les deux reculent pour le français, ce qui démontre l’urgence d’agir.

    3) Vous êtes en désaccord avec ma proposition de réduire l’immigration, soit. Vous avez le droit. Mais de m’insulter en me traitant de xénophobe parce que je veux pouvoir offrir une meilleure intégration aux immigrants en en accueillant un peu moins, je trouve cela insultant et inutile. Vous pouviez faire valoir vos arguments sans m’insulter et insulter ceux qui sont certes ouverts à l’immigration mais qui veulent lui mettre de nécessaires balises.

    4) Merci beaucoup pour cette discussion. J’aurais aimé vous offrir un point de vue différent et je suis désolé de constater qu’à vos yeux quiconque s’interroge sur la nécessité d’accueillir autant d’immigrants dans un contexte de recul massif de la langue française est un xénophobe.

    J’espère réussir éventuellement à vous convaincre du contraire, mais ce ne sera pas dans cette enfilade.

    Bonne soirée!

  26. Ça me semble être un excellent point de départ, en autant que ce ne soit pas la seule mesure. Réduire l’immigration est un bon début, mais il faut aussi instaurer des tests de citoyenneté et encourager les Québécois à ne parler que le français au Québec.

    Repousser les cours d’anglais au secondaire serait une bonne année; il faudrait aussi les rendre facultatifs et laisser les parents choisir entre l’anglais et d’autres langues, notamment le mandarin et l’espagnol.

    Ce ne sont que quelques idées jetées comme ça! 🙂

  27. Je pense Louis qu’il est préférable de mettre de l’avant la revendication de plus de cours de français pour les immigrants et dont plus de ressources pour les programmes de francisation. Tant le PQ que le PLQ ont coupé dans ce domaine au nom de l’équilibre budgétaire et ils sont tous les deux responsables en grande partie de la situtation actuelle. Apprendre une langue ne se fait pas nécessairement en claquant des doigts, j’en sais quelque chose.

  28. Je suis tout à fait d’accord avec toi. Il faut avoir plusieurs flèches à notre arc; la réduction de l’immigration n’est qu’une facette d’une stratégie permettant de renverser la tendance. Vivement une augmentation des budgets pour la francisation…

    Mais pendant ce temps on force nos jeunes à apprendre une langue étrangère en première année du primaire…

  29. Apprentissage demandé par plusieurs parents, je te rappelle.

  30. Pendant que l’on parle, parle, parle, parle, le
    centre-ville de montréal s’anglicise à la vitesse grand V.

    Allez voir un millier de photos d’infractions à la loi 101 sur ce site:

    CENTRE-VILLE DE MONTREAL
    ====================================
    Une anglicisation fulgurante en photos et vidéos
    Déjà un millier d’infractions possibles à la loi 101!

    http://www.imperatif-francais.org/bienvenu/articles/2008/montreal-anglais.html

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