Le frisson QS et le départ du démagogue Dumont!

Une nouvelle carrière pour le démagogue régionaleux?

Une nouvelle carrière pour le démagogue régionaleux?

J’aimerais pouvoir écrire que je n’ai rien ressenti. Dire que je suis resté stoïque devant le discours d’Amir Khadir, premier député de Québec Solidaire. Dire que j’en ai rien à foutre de ce parti sexiste qui discrimine les hommes en imposant des quotas de femmes dans ses rangs. Ce serait mentir.

Car j’aime Québec Solidaire autant que je le hais.

J’aime Québec Solidaire parce que je l’ai vu naître. J’ai milité au Parti de la démocratie socialiste (PDS) puis j’ai été témoin de la fusion qui a permis la création de l’Union des forces progressistes (UFP), dont j’étais membre. Et j’ai été profondément attristé de voir le parti s’acoquiner avec une féministe réactionnaire comme Françoise David. J’ai déchiré ma carte de membre, je l’ai mise aux poubelles, car je ne voulais pas avoir quoi que ce soit à faire avec un parti prônant le sexisme et le féminisme dans ses rangs.

Mais aujourd’hui, ce soir… Amir Khadir est un exemple pour moi. Il n’a jamais eu peur de dire ce qu’il fallait dire. Il a osé critiquer la version officielle du 11 septembre 2001. Il ose parler de nationalisations, de gratuité de l’éducation. C’est un immigrant, mais un immigrant intégré, qui cite les paroles de Claude Dubois dans ses discours et qui me parle directement au coeur.

Je hais Québec Solidaire pour toutes ses Françoise David, mais j’adore le parti pour tous ses Amir Khadir.

Je suis divisé. C’est une question de principe: en tant qu’homme ayant été témoin de tant de discriminations et de sexisme à l’égard des hommes depuis ma jeunesse, je ne peux pas, idéologiquement, appuyer un parti féministe-sexiste. Cependant, d’un autre côté, Québec Solidaire représente l’apothéose de mes positions économiques, étant le seul parti réellement social-démocrate sur l’échiquier politique et le seul parti offrant une alternative crédible, s’appuyant sur tout ce qu’il y a de plus actuel, pour lutter contre cette machine infernale nommée « marché » et qui nous gobe, nous, notre âme, notre argent, nos vies.

Je ne sais plus que penser. J’aime ce parti autant que je le déteste. Si seulement… Si seulement Québec Solidaire pouvait laisser tomber ses mesures sexistes et accepter une véritable égalité des hommes et des femmes, je serais le premier militant, j’irais même mettre des dépliants dans les boîtes aux lettres. Sauf qu’en ce moment, j’aurais l’impression de me trahir et d’appuyer un parti qui cautionne et désire encourager la discrimination et les sexisme à l’égard des hommes. Un parti appuyé par de nombreux groupes féministes radicaux, méprisants, et déconnectés de la réalité. Des femmes que même les femmes de ma génération détestent, elles qui ont compris la chance qu’elles ont et qui ont un véritable désir d’égalité des sexes, pas d’une revanche telle que proposée par ces fanatiques.

Et ce soir, même dans mon frisson, je suis divisé, encore et toujours.

Par contre, je suis plus qu’heureux du départ de Mario Dumont de l’ADQ. Ce type représentait (quelle joie de parler de lui au passé!) tout ce qui ne fonctionne pas dans le Québec profond, tous les préjugés, toute la démagogie et l’absence d’analyse, le « girouettisme » et l’adhésion à des dogmes néolibéraux ayant prouvé leurs échecs un peu partout.

Même si Jean Charest est à peine moins radical que Dumont, je crois qu’on peut dire qu’avec l’élection du seul député de centre-gauche au Québec et avec la défection du chef adéquiste, c’est véritablement la fin de ce que j’avais appelé, au lendemain des dernières élections provinciales, une Grande Noirceur.

Ceci dit, ma joie est ternie par l’idée que nous aurons à subir Jean Charest majoritaire pendant quatre ou cinq ans, ce Jean Charest lui aussi de droite, et qui, à l’image du sexisme de Québec Solidaire, a imposé des quotas de femmes à son conseil des ministres, se privant d’excellents candidats sous prétexte qu’ils ont le mauvais sexe.

Comme quoi le sexisme ne connaît pas l’échelle gauche-droite…

Maintenant… Pour qui voteront les régionaleux? À quand un vote progressiste et moderne pour nos régions, dont plusieurs semblent résolument ancrées dans le passé? Ou tiens, une meilleure question: à quand une refonte de la carte électorale, où le vote d’un citoyen de la couronne montréalaise vaut présentement deux fois moins que celui de plusieurs régions… Encore mieux: à quand la proportionnelle?

On dit parfois que les élections apportent les réponses. Dans mon cas, j’ai tellement de questions et je me sens tellement divisé que j’en ai mal à la tête. On verra la suite des choses.

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24 Réponses

  1. @jepeto: Merci pour ces précisions. Peut-être en effet que j’idéalise l’époque du PDS et de l’UFP. Si tes informations sont exactes, alors il va sans dire que la racine du sexisme de Québec Solidaire ne vient pas de Françoise David, mais était déjà présente auparavant. En un sens, ça me réconcilie un peu avec cette dernière; même si je déteste ses positions sexistes (je m’oppose à tout parti/personne qui agit contre l’égalité des sexes), au moins ce ne serait pas elle qui a contaminé Québec Solidaire.

    Plus je te lis, plus je constate cette chosse essentielle: ce sont des individus comme toi qui nuisent à Québec Solidaire. Vous êtes comme des illuminés, incapables de voir la société qui évolue, incapables de comprendre que même les femmes d’aujourd’hui ne veulent pas de votre sexisme. Même les femmes d’aujourd’hui vous rejette et préfèrent l’égalité des sexes et le respect des compétences de chaque sexe plutôt que votre vision sexiste consistant à sélectionner vos candidats en fonction du sexe ou à imposer une parité homme-femme en politique qui n’existe pas et qui n’existera jamais, car que vous le vouliez ou non les hommes et les femmes sont différents, égaux mais différents.

    Ce sont à cause de radicaux comme vous que Québec Solidaire ne perce pas. Vous êtes un obstacle à lever, des reliques d’un passé à oublier pour permettre aux idées progressistes de faire leur chemin. Nous ne sommes plus en 1960; les femmes sont égales aux hommes, et même favorisées dans de nombreux domaines.

    Le féminisme aujourd’hui est une tare, une aberration à éliminer, un sexisme institutionnalisé qui discrimine systématiquement les hommes et favorise indûment les femmes. Même les femmes d’aujourd’hui ne veulent plus de vos vieilles idées.

    Pour moi, imposer une égalité homme-femme par la force en politique n’a pas plus de sens que d’imposer des quotas d’hommes dans les CPE ou dans les salons de coiffure. Au moins, si Québec Solidaire se battait aussi pour faire une place aux hommes dans les milieux traditionnellement féminins, on pourrait au moins vous reconnaître une certaine forme de cohérence, même si nous ne serions pas d’accord avec vous.

    Vous devez évoluer. Le féminisme n’a plus sa raison d’être. Il est temps de s’opposer aux sexistes qui s’en réclament et à respecter l’égalité des sexes dans leur différence, et à éliminer les mesures sexistes discriminant les hommes et à éliminer le Conseil du statut de la femme pour le remplacer par un Conseil de l’égalité.

    Vive l’égalité des sexes, et débarrassens-nous des vieilles reliques féministes!

  2. Coudonc j’en apprend beaucoup sur toi ce soir. Moi aussi j’ai milité dans le PDS à la fin des années 90. On s’est peut-être déjà vu!

    Malgré le fait que je n’ai pas voté pour QS je suis quand même content de l’élection d’Amir Khadir dans Mercier, ne serait-ce que sur le plan symbolique. Le fait qu’un petit parti avec un programme alternatif puisse faire élire un député est loin d’être anodin.

  3. @internationaliste: On s’est peut-être croisé, en effet! Je m’ennuie un peu du PDS; y avait beaucoup de belle énergie dans ce parti-là à la fin des années 90! M’enfin, les temps changent. En tout cas, je ne fais pas repartir sur Françoise David là!

    Je crois que tu résumes bien comment je me sens: je n’ai pas voté pour eux (j’ai voté pour le Parti Indépendantiste), mais je suis content qu’un petit parti avec un programme alternatif fasse élire un député, et encore plus si celui-ci est de la trempe de Khadir.

  4. C’est moi qui suis derrière les attentats du 11 Septembre. Mais tu peux pas le dire à personne parce que je controle tes pensées avec les tours de téléphones cellulaire.

  5. Le sexisme c’est d’empêcher des femmes de se présenter. Ici il ne s’agit pas d’avoir plus de femmes mais enfin une égalité. Les hommes sont majoritaires en politique et dans les hautes sphères depuis la nuit des temps, peut-on enfin voir une représentativité égalitaire. Pourquoi devrait-on attendre encore des lunes?
    Le féminisme c’est l’atteinte d’une société plus égalitaire, plus inclusive. Si c’est être radicale, et bien je le suis !

  6. Les parlements doivent être les plus divers possibles, c’est sur ce point que QS est le bienvenu.

    En passant Louis, je suis intrigué par ton échelle gauche-droite. Aurais-tu déjà publié un billet sur lequel tu t’y situes plus clairement? À te lire, je vois des différences avec mes propres perceptions mais il semble intéressant de voir l’ensemble me donnerait un portrait plus global.

  7. J’en apprend beaucoup aussi sur l’auteur de ce blogue. Ça explique beaucoup de choses…

  8. @Sirkowski: C’est toujours intéressant de savoir qu’il y a des connections internet dans les hôpitaux psychiatriques! 😉

    @Cecile Gladel:

    Le sexisme c’est d’empêcher des femmes de se présenter. Ici il ne s’agit pas d’avoir plus de femmes mais enfin une égalité. Les hommes sont majoritaires en politique et dans les hautes sphères depuis la nuit des temps, peut-on enfin voir une représentativité égalitaire. Pourquoi devrait-on attendre encore des lunes?

    Faux. Le sexisme, c’est de choisir une personne en fonction de son sexe plutôt que de ses compétences. Si les hommes sont majoritaires en politique, c’est peut-être parce qu’ils ont une tendance naturelle à davantage s’y intéresser que les femmes. Pourquoi crois-tu que les femmes sont majoritaires dans les CPE et les hôpitaux?

    Si une femme a ce qu’il faut pour être en politique ou si un homme a ce qu’il faut pour être éducateur dans un CPE, bravo, et qu’on leur offre un emploi. Mais d’imposer une parité est une discrimination où on se prive de meilleurs candidats en se limitant à un sexe en particulier.

    Québec Solidaire, en choisissant ses candidats en fonction de leur sexe, fait preuve d’un sexisme d’un autre temps et qui n’a pas sa place dans une société qui se veut égalitaire.

    @derteilzeitberliner: D’accord avec toi que cette diversité sera bienvenue. Mais ça aurait été meilleur dans un parlement minoritaire… Pour ce qui est de me situer sur l’échelle gauche-droite, j’ai sûrement du écrire quelque chose, mais en plus de 600-700 textes… je ne saurais dire où. Sinon, je te l’affirme aujourd’hui: je suis un social-démocrate (et donc de centre-gauche) qui ne rejette pas le capitalisme mais espère le contrôler et empêcher ses excès à l’aide d’un État fort et démocratique.

    @DooM: Merci. Et tu boiras une petite bière en l’honneur des électeurs de Mercier! 🙂

    Merci pour vos commentaires.

  9. Les tendances naturelles sont drôlement biaisées par la société et confortées par des pensées comme les vôtres. Lisez Simone de Beauvoir.
    Cela est très utile quand on préfère laisser les femmes à la maison et les cantonner à des rôles secondaires. Cela va pour les hommes aussi. Certains s’assument (ceux par exemple qui travaillent dans les hôpitaux et les CPE) et ceux qui choisissent leur rôle de père à la politique.
    Lorsque le choix sera réel et assumé, on pourra enfin éliminer les quotas. Mais c’est loin d’être encore le cas.

  10. @Cecile Gladel: Voyez-vous, c’est ça la différence entre nous. Vous me parlez de Simone de Beauvoir et de « laisser les femmes à la maison » alors que moi je vis dans une société où non seulement les femmes sont sur le marché du travail depuis des décennies mais où j’ai été témoin de favoritisme à leur égard à toutes les étapes de ma vie.

    Les quotas, c’est du sexisme, et nous n’avons pas besoin de ça. Toutes les femmes de ma génération avec qui j’ai eu une telle discussion sont d’accord avec moi: le féminisme est dépassé. Nous avons maintenant besoin d’égalitarisme, c’est-à-dire l’égalité des sexes dans le respect de leurs différences.

    En somme, si une femme a les compétences pour être candidate pour Québec Solidaire, qu’on lui donne le poste. Mais qu’on s’impose d’en choisir 50%, c’est se priver d’homme qui aurait pu être encore plus compétents, et c’est du sexisme, ce qui n’a plus sa place dans notre société qui se veut post-féministe, et donc égalitariste.

    Le féminisme-sexisme est dépassé. Vivement l’égalité des sexes!

  11. […] blogueurs réagissent au départ de Mario Dumont. Louis-Philippe Lafontaine s’en réjouit : “Par contre, je suis plus qu’heureux du départ de Mario Dumont de […]

  12. J’ai 32 ans, j’ai milité dans le NPD-Qc de Paul Rose, puis au PDS, puis à l’UFP et maintenant je suis à QS. Jamais, nous aurions accepté des propos RÉACTIONNAIRE comme les tiens. Le PDS, l’UFP étaient des organisations encore plus radicales sur le plan du féminisme. Va juste lire les programmes de ces organisations là et tu va voir que t’étais pas mal dans le champs mon gars!!!
    Je ne comprend pas comment tu as pu te sentir à ta place. Sérieux avec des propos comme les tiens bon débara!l’égalité entre les sexe, c’est le féminisme! C’est depuis longtemps un acquis pour les socialistes, les anticapitalistes…
    Tout socialiste qui se respecte l’a intégré à son analyse du capital…
    T’as jamais entendu parlé entendu Amir parler de féminisme… ça t’aurais donné tout un frisson de peur!

  13. @jepeto: Il y aura toujours des extrémistes partout, mais c’est malheureusement des gens comme vous qui empêche Québec Solidaire de réellement prendre son envol.

    Tant que vous ne vous débarrasserez pas de ces éléments extrémistes, que vous ne les mâterez pas, vous n’aurez pas davantage de succès.

    Je suis désolé, mais je ne sais pas où vous allez chercher des idées comme quoi le PDS et l’UFP était plus radicaux quant au féminisme; Françoise David a ressenti le besoin de créer son propre parti au lieu de se joindre à l’UFP parce que ce parti ne lui convenait pas.

    Le féminisme a fait son temps. Aujourd’hui, il y a une foule de discriminations contre les hommes, et il est temps de mettre de côté les vieilles idées et de penser le futur en fonction d’un égalitarisme, c’est-à-dire une égalité des hommes et des femmes dans le respect de nos différences.

    Aujourd’hui, ce sont les féministes, ces suprémacistes de la gente féminine, ces sexistes déguisées, qui sont réactionnaires. La société a évolué, et même les jeunes femmes d’aujourd’hui reconnaissent qu’elles sont souvent privilégiées et qu’on ne doit pas discriminer les hommes.

    Évoluez, mon ami.

  14. Allume!
    Relis ceci: http://www.lagauche.com/lagauche/spip.php?article1703

    La parité homme-femme vient du PDS… et l’UFP a imposé la parité des portes-paroles…
    Les représentantEs au coco national du PDS et de l’UFP devaient être à partié égale sinon le poste restait vacan, relis les statuts… tu es nostalgique de ton imagination mon vieux!
    T’as pas du faire beaucoup d’interventions à l’intérieur du Parti… t’aurais vite été remis à ta place fasse à ton incohérence de faire Parti de l’organisation…

    Le féminisme répond aux inagalités de genre… faire coire (c’est vraiment de l’ordre des croyances!) que c’est la faute au féminisme si certains mecs vivent des situations difficiles, c’est vraiment coter dans une théorie masculiniste sans aucune profondeur sociologique. C’est se faire le véhicule de la pensée dominante, celle, justement, de l’ADQ!

    L’argumentaire masculiniste ne tient pas la route d’une analyse sociologique de base…

    Je serais un extrémiste parce que je suis socialiste et que je suis solidaire de l’égalité entre les hommes et les femmes? Peut-être… ou est la faute? En effet je veux changer radicalement les choses en les transformant à la racine.
    Je partage mes journées avec des jeunes cégépienNEs et je peux te dire que c’est vraie que l’idéologie dominante véhiculer par des adéquistes de tout genre fait son effet et pousse les jeunes à remettre en question l’égalité entre les sexes… c’est aussi vrai qu’ils et elles associent le féminisme au machisme… mais oh espoir! dès qu’ils et elles se mettent en action, qu’ils et elles se mettent à la réflexion cette idéologie mystificatrice s’effondre lamentablement:
    http://sisyphe.org/spip.php?article695

  15. C’était de voir Dumont dire qu’il travaillait pour la classe moyenne… lol! (C’est vrai que ça fait du bien parler de lui au passé!)

    Pour ce qui est du féminisme… j’ai l’impression de m’embarquer sur un terrain glissant en voyant la bataille pognée!

    Pour ce qui est de mes impressions, je crois qu’on est arrivé dans quelques situations à un problème, car c’est vrai qu’on avantage la femme sur l’homme, dans le millieu judiciaire entre autre… les juges vont souvent préférer laisser la charge de l’enfant à la femme et l’homme devra payer une pension…

    après ça certains vont dire: l’enfant a besoin d’avantage de sa mère jusqu’à l’adolescence… mais est-ce que c’est la vérité absolu? c’est toujours relatif à la femme, à l’homme, à la situation…

    Et Louis, dit toi que c’est grâce au féminisme si les filles s’habillent ainsi!!! 😉
    C’est l’argument qu’un de mes amis me dit de donner pour convaincre les gens de voter québec solidaire… mais bon, il niaise plus qu’autre chose, ne vous en faites pas! =P

  16. Dans ta tête mon vieux, dans ta tête mon vieux que l’égalité entre hommes et femmes est atteinte… mais dans les faits, le réel, on en est loin… tes réflexions sont totalement à l’air du temps… celui des politiques de droites du PLQ.

    En effet, la ministre Courchesne proposait en 2005:

    «(…)d’adopter une nouvelle approche gouvernementale inspirée des expériences européennes : l’approche intégrée de l’égalité (AIÉ). Cette stratégie découle du principe de gender mainstreaming. Elle consiste, d’une part, à promouvoir l’égalité de manière transversale par le biais de toutes les politiques étatiques – ce qui la rapproche de l’Analyse Différencier selon les Sexe (ADS) – mais, d’autre part, à intégrer les hommes dans ses structures de l’égalité et dans ses actions – ce qui, par contre, la différencie nettement. Les politiques spécifiques centrées sur les femmes ne seraient pas attrayantes pour les hommes parce qu’elles sont synonymes de « renoncement », d’où leurs réactions de défense. La ministre a annoncé, au début de son mandat, qu’elle souhaite revoir « la mission, voire la raison d’être du Conseil du statut de la femme […] non plus dans une perspective de lutte des sexes mais d’égalité entre les hommes et les femmes. [3] » Pour avancer dans une démarche d’égalité, il faudrait prendre en compte les situations vécues par les deux sexes. De ce point de vue découle une logique d’égalité de traitement : les politiques et programmes gouvernementaux devraient répondre à la réalité et aux problèmes des deux sexes. Cette perspective, qui repose sur la symétrie des conditions sociales pour les sexes, nie la discrimination systémique à l’égard des femmes en tant que groupe social. Ce changement de perspective est suffisamment important pour que le CSF fasse de cette dimension une stratégie particulière de l’AIÉ : l’« approche sociétale ». Elle implique les hommes comme « sujets, acteurs, concepteurs » et demandeurs de la politique d’égalité (p. 45 de l’Avis) et, ce faisant, ne correspond pas à l’esprit de l’ADS. En effet, selon Massé (2002), la logique de l’analyse différenciée est de remettre « en cause la prééminence accordée aux comportements masculins comme référence de la neutralité et de l’universalité, [de] refuse[r] les rapports de domination et de supériorité d’un sexe sur l’autre et [de] combat[tre] les préjugés, les stéréotypes et autres biais fondés sur le sexe » (Massé, 2002).

    Qu’est-ce qui explique ce changement ? Tout d’abord, l’impact du lobby masculiniste sur le gouvernement, tout particulièrement au sein du ministère de la Santé et des Services sociaux, et sur les médias avec la discussion autour de la situation des garçons en difficulté scolaire. Les masculinistes, autant les plus extrémistes que ceux qui se prétendent plus modérés, soutiennent que les hommes sont victimes d’une société trop féminisée. En critiquant ouvertement les féministes, ils confortent la perspective de Roll (2003), à savoir que c’est le féminisme actuel, et les politiques spécifiques, qui sont responsables de la résistance des hommes. Une fois l’idée ancrée, ils réclament des ressources spécifiques et des emplois pour s’occuper « des » hommes. Niant la spécificité des discriminations vécues par les femmes, ils recourent au principe de symétrie légitimé d’en haut pour avancer que c’est chacun son tour. La ministre et le CSF invoquent aussi une autre raison pour expliquer ce changement de perspective : « les » jeunes femmes d’aujourd’hui souhaiteraient collaborer avec les hommes et ne se reconnaîtraient pas dans un certain discours qui aurait atteint « sa limite [4] ». Sous prétexte d’être « orienté vers l’avenir », on offre les remerciements des jeunes femmes à leurs aînées féministes, comme si une perspective féministe d’analyse des rapports de pouvoir était devenue « démodée ». Il est désolant de constater que l’on utilise les jeunes femmes dans une stratégie qui alimente l’antiféminisme. Pour faire « progresser » l’égalité, des jeunes femmes se serviraient de l’âgisme ? Ce serait une première dans l’histoire du mouvement des femmes. De génération en génération, les féministes ont poursuivi leurs avancées dans la permanence plutôt que dans la mise au rancart des idées de celles qui les ont précédées. Il faudrait bien établir de quelles jeunes femmes il est question derrière cette généralisation.

    L’approche transversale (ou approche intégrée de l’égalité) et l’approche sociétale (développée pour soutenir l’intégration des hommes) souffrent de la même lacune : celle de croire que l’égalité entre les sexes relève de la bonne volonté des gens qui vont du jour au lendemain décider de s’en occuper et de s’impliquer. L’approche transversale pourrait s’avérer intéressante si les gouvernements et les élus manifestaient une réelle détermination à maintenir les institutions dont c’est la mission de porter les dossiers de l’égalité des femmes et d’y accorder les ressources nécessaires. Mais, depuis l’époque révolue où le gouvernement nommait une ministre en titre à la condition féminine, c’est plutôt la réduction des responsabilités qui prévaut, sans compter que des intentions manifestes de diminuer la taille de l’État sont apparues. Dissocier la politique d’égalité de ses appareils (qui ont fait leurs preuves), comme le Secrétariat à la condition féminine ou le CSF, soulève quand même le doute sur une stratégie qui mise sur le leadership de l’État.

    L’approche sociétale relève quant à elle de la bonne volonté des hommes, laquelle dépend elle-même de l’intérêt que pourra susciter le mouvement des femmes. Pourquoi la responsabilité de l’engagement des hommes envers l’égalité est-elle attribuée aux femmes ? Comment expliquer que l’initiative de transformer des structures et des rapports sociaux qui discriminent les femmes ne vient pas d’eux ? On propose une stratégie de changement des mentalités pour contrer les effets des rapports de pouvoir entre les sexes. Comment croire que les hommes qui, en tant que groupe social, bénéficient du partage inégal des tâches domestiques ou de l’iniquité salariale, par exemple, vont accepter juste par l’incitation à l’engagement, des changements qui ébranlent en profondeur leur statut et leur position de privilégiés ?

    Même si le CSF vise la participation des hommes qui appuient le mouvement des femmes, quels mécanismes seront mis en place pour les coopter et s’assurer qu’ils ne seront pas remplacés par des antiféministes ? Le sexe biologique n’est pas garant d’idées progressistes. Les hommes qui participeront à des structures paritaires d’égalité seront l’objet d’énormes pressions de la part des masculinistes. Les féministes et les groupes de femmes travaillent déjà avec des hommes progressistes depuis de nombreuses années. Pourquoi prendre ces risques supplémentaires ?

    La politique québécoise d’égalité reposera-t-elle sur la perspective, bien candide, de la bonne volonté et du changement des mentalités ? Appliquer à des dynamiques sociales et à des rapports de pouvoir un mode d’intervention qui relève des relations interpersonnelles est indéfendable. Cela éclaire le ressac que vivent actuellement les féministes [5].»
    source: http://www.ababord.org/spip.php?article602

    et si tu veux débattre à partir d’analyses et pas que sur des croyances je t’invite à lire d’où viennent tes idées: http://www.ababord.org/spip.php?article603

  17. @jepeto: Écoute, je suis ouvert à la discussion, mais de copier-coller un long texte, à mon avis, c’est contre-productif.

    Moi je te dis ce que j’observe: l’égalité est atteinte, et de nouvelles formes d’inégalités touchent les hommes. Même les femmes d’aujourd’hui le reconnaissent et s’opposent à la discrimination positive.

    Si tu as des arguments cohérents, vas-y, mais d’ici là, à mon avis Québec Solidaire est un parti qui a de belles qualités mais qui a un défaut majeur: c’est un parti sexiste qui choisit ses candidats non pas en fonction de leurs compétences, mais plutôt de leur sexe.

  18. De dire que les femmes ont fait des progrès dans la société est une chose mais de là à prétendre qu’il n’y a plus de combat à mener de ce côté je pense qu’il y a un pas important à ne pas franchir.

  19. Mais si… Mais si le combat à mener était maintenant dans l’autre sens? S’il fallait plutôt se battre pour que les hommes soient traités également en justice, pour qu’ils soient mieux représentés dans les CPE, dans les hôpitaux? Pour qu’il y ait davantage d’étudiants (à quand une politique de Québec Solidaire pour forcer la parité étudiants-étudiantes à l’université), etc.?

    Je crois qu’il faudra lutter mais ne pas faire l’erreur des féministes et tomber dans une mentalité de revanche. Exigeons l’égalité, pas davantage.

  20. Évidemment que c’est contre pour toi, ça revire complètement ta croyance en envers…
    Sois sérieux et discute à partir de données sociologiquement accepté et puis, on verra si ça tient la route ton bavardage idéologique masculiniste…

  21. Je suis ouvert à la discussion. J’attends tes arguments. Jusqu’à maintenant, tu n’en pas le moindre pour justifier ta position de choisir les gens en fonction de leur sexe plutôt que de leur compétence.

  22. 2 mots: le patriarcat et l’oppression spécifique des femmes, des mots, semble-t-il, incompréhensible pour ta personne… lis les textes et on reparlera…

  23. Ok, c’est pas que je veux mettre de l’huile sur le feu sur un débat mort mais…

    Québec solidaire n’impose pas la parité au niveau des candidats. C’est juste arrivé. Surprenant ce qu’on peut apprendre quand on se documente!

    V.B.

  24. Hey! Jepeto, le syndrome de Stockholm ça se soigne.

    «patriarcat et l’oppression spécifique des femmes» LOL
    Quel farce! Faire d’une classe de privilègier des opprimer! Elle est bien bonne celle-là!
    Pauvres opprimées qui vive dix ans de plus, pour qui on dépense dix fois plus en soin de santé.
    Pauvres opprimées qui reçoivent un traitement de faveur à la cour.
    Pauvres opprimées qui ont presque évacuer leurs «oppresseurs» des secteur public, parapublic et peripublic. grace
    à des lois discriminatoire.
    Pauvres opprimées qui peuvent faire jetter leurs «oppresseurs» en prison sur simple alégation
    et dont les «oppresseurs» sont privés de l’habeas corpus et de la présomption d’inoncence!
    Pauvres opprimées qui ont tout les droits relatif à la reproduction et sur les enfants et leurs «oppresseurs»
    aucune que des obligations et des servitudes.
    Etc.

    Wow! Tout un patriarcat! J’aimerais pas voir de quoi à l’air un gynarcat ou un matriarcat!

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