Pour en finir avec l’Ouest

Plus que jamais, le Canada est divisé. Dans le coin rouge: l’Est, urbaine, à la morale libérale, divisée entre le centre-gauche du NPD et le centre-droit du PLC, ou entre fédéralistes et souverainistes au Québec. Dans le coin bleu: l’Ouest, plus rurale, très conservatrice, et très polarisée en faveur de la droite du Parti Conservateur. Deux réalités qui s’entrechoquent durement aujourd’hui.

En effet, au-delà de la légitime exaspération de l’opposition devant les manoeuvres politiques extrêmement partisanes et méprisantes de Stephen Harper se cache une réalité qu’on aurait cru impossible il y a quelques mois à peine: l’opposition qui semblait irrémédiablement divisée va s’unir devant un ennemi commun: l’incurie conservatrice du laisser-faire économique. Ce n’est pas rien: un parti de centre-gauche qui s’unit avec un parti de centre-droit et un parti indépendantiste, voilà qui est surprenant. Sauf qu’aujourd’hui, on réalise que de ne pas s’unir serait inacceptable pour le pays.

Avec la crise majeure du libéralisme économique (le dernier numéro de « Manière de Voir » parle même de krach), où même les plus fervents partisans des déréglementations et privatisations reconnaissent que l’État doit sauver les meubles et réparer les erreurs d’entreprises privées qu’on a laissées maître de nos destins, c’est toute une réorientation idéologique qui est en train de s’opérer. Partout sur la planète, on voit des gouvernements agir, soutenir l’économie, faire quelque chose. Tout le monde, sauf le gouvernement canadien.

Soyons honnête: le Parti Conservateur de Stephen Harper est englué dans ses dogmes du laisser-faire économique et n’a pas pris acte de l’échec retentissant de sa doctrine. Alors que même un parti de centre-droit comme le PLC reconnaît l’urgence d’agir et que même le plus fidèle allié de Harper, George W. Bush, a ouvert les coffres de l’État pour distribuer du B.S. de luxe à des méga-corporations qui ont saigné le pays depuis une décennie, Harper reste stoïque ne fait strictement rien. Et ça, c’est inacceptable.

Dans les faits, heureusement que l’Ouest canadien n’a pas davantage de pouvoir. Sinon, nous aurions dérèglementé notre système bancaire, nous aurions davantage privatisé, nous aurions suivi à la lettre les recommandations des extrémistes du Fraser Institute ou de son petit frère de l’Institut économique de Montréal. Nous serions dans une situation bien plus désespérée qu’actuellement.

Conséquemment, que le Parti Conservateur se retrouve dans l’opposition, et que l’Ouest puisse enfin reprendre son trou, et réfléchir à ses erreurs comme tout élève désobéissant, ne serait que juste retour des choses. Quand on joue avec la vie des gens et qu’on expérimente avec des politiques aussi dangereuses que le laisser-faire économique, il faut au moins avoir la décence de s’écarter du chemin quand d’autres cherchent des solutions. Et ce, même si le PLC a été tout aussi responsable de la crise et qu’il a lui aussi participé à l’orgie néolibérale…

L’Ouest pourra remercier Harper de sa perte d’influence. Grâce à lui, le Canada en entier a un nouveau leitmotiv: n’importe qui sauf Harper!

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14 Réponses

  1. Ce qui est bizarre, c’est d’imaginer des élections après une coalition: comment le NPD et le Bloc vont accuser les libéraux d’avoir mal gouverné… surtout le NPD qui va avoir participé au pouvoir? Pour le Bloc, y reste toujours l’indépendance au moins.

    Quant à Harper, pour un « fin stratège », il s’est littéralement tiré dans le pied. Ou peinturé dans le coin, c’est selon. Bonne affaire ! Je pense que certains conservateurs doivent se dire depuis quelques jours que ce n’était peut-être pas l’idée du siècle de mettre ce gars du Reform Party à la tête de leur parti… Pour ceux qui diraient que ce n’est pas démocratique, il faut se rappeler que nous élisons un Parlement et non pas un Président comme aux États-Unis. D’ailleurs, Christian Paradis me faisait bien rire en appelant cela un « coup d’état ».

    Euh… Mon grand, un coup d’état c’est une prise de pouvoir qui ne passe PAS par des mécanismes constitutionnels (genre par la force). Or, je sais que c’est plate mais dans le contrat constitutionnel, il y a une petite clause qui dit que la GG peut faire ça, surtout quand ça fait à peine 6 semaines qu’il y a eu des élections… Qui sait ? Peut-être que certains Canadiens dans l’Ouest vont regretter d’être encore sous la gouverne de la Reine… 😛 Mais non, j’exagère, ils ne seront pas capable d’avoir ce genre de pensée là dans l’Ouest.

  2. @Alex: Je crois que Harper s’est vu plus grand que nature. Il a cru avoir les mains libres pour ridiculiser l’opposition. Je crois qu’il ne se rend pas compte que les gens en ont marre de ces petits manoeuvres et qu’ils veulent de la coopération pendant la crise!

  3. Je suis millitant dans le NPD et je suis particulièrement content de voir les 3 parties de l’opposition faire front commun… pendant un bout du moins.

    mais une chose qui m’a frappé était de voir toute la subjectivité de la Presse.. quelle merde!!1
    Gilles Toupin et Joël-Denis Bellavance en A2 ont écrit au 4 paragraphe « la nouvelle coalition PLC-NPD – soutenue par un parti souverainiste – …  »
    et tout le long de l’article ils essaient de marginaliser le Bloc (même si Gilles a toujours dit que la souveraineté ne se fera pas à Ottawa…)
    plus loin, le 2e avant dernier paragraphe, (quand j’ai vue ça je me suis mis à me demander pourquoi je millite NPD) ils écrivent:
    « Chez les conservateurs, en particulier au cabinet du premier ministre, l’atmosphère semblait à la résignation même si certains députés aux Communes ont eu un sursaut d’orgueil en accusant les libéraux et les néo-démocrates d’avoir signé « un parcte avec le diable », soit avec « les séparatistes » »…

    comment est-ce qu’ils peuvent nous démoniser ainsi???
    entre souverainiste et fédéraliste ici au québec, on ne se déteste pas tant que ça… là-bas dans l’ouest ils nous comparent au diable tabarn**

    En A3, Vincent Marisssal croit que la coalition n’est qu’un brouillon « sur un coin de table »

    En A5, ça m’a fait sourire, Yves Boisvert titre « Folie à trois ».

    En A6, Gilles Toupin semble se reprendre et écrit les « objectifs » de la coalition (au niveau économique…)

    Pour reprendre les mots de Falardeau: « Quelle Bouffonerie! »

  4. Ton billet est très intéressant et explique bien les causes de la crise économique, mais je ne pense pas que la coalition entre le PLC, le NPD et le BQ va changer quoi que soit et apporter un quelconque changement positif.

  5. Tant de faussetés dans ce billet.

    1)L’est n’est pas plus urbain que l’ouest. Il est plus populeux, mais c’est tout. Y’a autant de milieux urbains que de milieux ruraux. L’Ontario et le Québec débordent de milieux ruraux et très redneck.

    D’ailleurs, Calgary et Edmonton sont des villes plus multiethniques que Montréal. Arrête de recracher tes tes caricatures basées sur l’ignorance.

    2) Le PLQ a déjà été un parti de centre, il est maintenant au centre-gauche. Toutes ses promesses de la dernière élection étaient celles du NPD, mais moins « généreuses ». (C’est facile d’être généreux avec l’argent des autres)

    3) Encore une fois, c’est un mensonge total que le laisser-faire économique a causé la crise, c’est le contraire.

    4) Harper ne prône pas le laisser-faire, tu a seulement gobé le discours mensonger de la coalition. 75 milliards pour les banques il y pas longtemps, c’est l’équivalent de 750 aux États-Unis.

    Un plan pour l’industrie automobile va venir, mais quand les USA auront fait le leur. Il serait ridicule et inutile de faire le nôtre avant. Le gars en charge a d’ailleurs été nommé conjointement Harper et Dalton McGuinty.

    5) Où est la crise au Canada? On est encore en hausse au dernier trimestre, les pertes d’emplois au Canada sont presque entièrement en Ontario. Le Bloc parle de sauver des jobs au Québec dans des milieux désuets comme le bois et le secteur manufacturier alors que l’économie du Québec est en train d’évoluer. Dans le dernier mois, 39 500 emplois à temps partiel se sont perdus et 42 000 à temps plein se sont créés.

    Quand les voitures électriques seront répendues, il faudra sauver les emplois dans le secteur pétrolier? Ben c’est ce qu’on demande dans le bois.

    6) Ce matin, Harper est plus fort que jamais. Les sondages le placent majoritaire et facilement. Les Canadiens étaient contre la coalition et leur coup d’État. Même au Québec, on était rendus à seulement 54% pour. La gaugauche et sa tentative de renversement du gouvernement a perdu et a perdu beaucoup.

    In memoriam

    Ci-git la coalition.

    2008-2008

  6. @ William

    Votre coalition était un coup monté, mais en plus était vraiment aussi solide qu’un château de cartes.

    Même Pratte qui blastait Harper et Joël Denis Bellevance qui est aussi un anti-Harper étaient obligés de l’avouer.

    Tout le monde a pu le constater. Ils ont beau s’y être pris des semaines à l’avance pour monter leurs magouilles, ils ne pouvaient s’entendre. Dion disait une chose, Layton une autre et Duceppe une autre. C’est 3 partis faibles qui ont essayé de prendre le pouvoir illégétimement, pour des raisons doctrinaires qui ont été rejetées par les Canadiens.

    Même ceux qui étaient pour la coalition ont dû avouer que leur plan économique était vraiment nimporte quoi.

    Les médias gauchistes et séparatistes essaient aujourd’hui de minimiser l’échec, Charron est en criss, traite Harper de peureux, d’idiot, etc., on est complaisant avec Duceppe, accusateur avec Christian Paradis, on crit au Québec bashing alors que c’est du Bloc bashing et du séparatiste bashing.

    Les Québécois qui lisent bien ce qui se dit ailleurs ne se sentent majoritairement pas concernés, ils ne sont pas bloquistes et ne sont pas séparatistes. Et pourtant, les Canadiens des autres provinces auraient raison de faire des amalgames, on le fait trop souvent ici et le Bloc prétend représenter le Québec depuis des années alors qu’il ne représente que le Bloc.

    Je suis peut-être naïf sur le degré d’information des Québécois, mais je crois que ça pourrait avoir du bon cette crise. Du moins, ça en a assurément ailleurs au Canada.

  7. @DooM: Je suis toujours abasourdi de te lire. J’ai l’impression, quand je te lis, d’être dans une dimension parallèle, insensible aux faits… M’enfin…

    Je ne veux pas passer trop de temps à discuter là-dessus avec toi, car nos divergences sont trop profondes et j’ai peine, avec mon très solide background politique, à trouver des bases où construire quelque chose de constructif avec toi. J’ai l’impression – et je sais que ça va paraître prétentieux, mais ce n’est pas le but – qu’il faudrait refaire ton éducation politique de A à Z tellement ce que tu dis semble déconnecté de ce qui m’apparaît être la réalité et de ce que je lis partout dans des journaux sérieux.

    Tiens, parlant de journal sérieux, je te conseille de lire le dernier numéro de « Manière de Voir », édité par Le Monde diplomatique (probablement le plus respecté et crédible des journaux francophones s’intéressant à la politique et à l’économie). Son titre est: « Le krach du libéralisme ». Ça pourrait grandement t’ouvrir les yeux et refaire une partie de ton éducation et aussi combler plusieurs de tes sévères lacunes en économie. C’est très complet, depuis les premières crises du 19e siècle en passant par celle des années 1930 et les solutions keynésiennes puis le néolibéralisme depuis trente ans. Ça pourrait vraiment te sortir de cette enclave un peu schizophrénique où tu sembles t’être enfermé.

    Concernant Harper et l’économie, il n’a rien fait. Donner de l’argent aux banques n’est pas une solution. Ici, les banques ne sont pas en danger. Ici, c’est la demande qu’il faut stimuler afin de se protéger de la crise. Il faut davantage dépenser, investir dans les infrastructures et ne pas craindre de déficit, car c’est ainsi qu’on se sort d’une crise majeure.

    Le laisser-faire économique a causé la crise actuelle (très bien expliqué dans « Manière de Voir », en passant; tu pourras y lire les conséquences étape par étape des déréglementations et privatisations) et ce que propose Harper c’est simplement davantage de la même chose.

    J’ai été visité ton blogue, et je crois que tu as du potentiel et que tu es motivé de parler de ce qui t’intéresse. Je t’invite simplement à t’ouvrir un peu à un discours qui est en-dehors de tes dogmes et à réaliser que l’idéologie que tu affectionnes tant se porte bien mal aujourd’hui et qu’il te faudra améliorer tes arguments si tu espères la défendre, malgré son échec retentissant.

    Bonne journée!

  8. @ LP

    As-tu essayé d’emprunter pour une voiture ou une maison dernièrement? Si t’as le moindrement un cote de crédit en dessous de la perfection, c’est difficile d’emprunter.

    C’est pourquoi Harper a INTERVENU avec 75 milliards avec les banques. Pour garder le crédit disponible. Il interviendra aussi pour plusieurs industries canadiennes, mais il va avant voir ce que le reste des pays du G20 font. Pendant que la coalition voulait avoir l’air de faire quelque chose, Harper va agir intelligement.

    Alors parler de laisser-faire, c’est répéter le mensonge caricatural des médias gauchistes qui n’appuient jamais cette affirmation d’ailleurs.

    Merci de me dire que je vis, selon toi, dans un monde parallèle du tiens. C’est exactement ce que je veux. Contrairement à toi, je ne m’informe cependant pas seulement avec des journaux ou des revues gauchistes que je dis ensuite les plus crédibles, essayant de faire croire que la vérité s’y trouve.

    Mais je vais aller le lire ton article. Le problème, c’est que je sais que tu ne liras pas, de ton côté, ce qui démolirait tes fausses affirmations sur le supposé laisser-faire qui a amené à la crise. Sur comment on a forcé, par des lois, les banques à prêter à des gens qui n’en avaient pas les moyens pour favoriser l’accès à l’habitation pour tous. Une belle mesure interventionniste et de gauche. On a fait ça sous Clinton et on l’a maintenu sous Bush.

    C’est plein de mesures interventionnistes comme ça. Cette crise était prévue par des économistes qui prônent le laisser-faire depuis longtemps. On les ridiculisait pourtant chez les économistes plus interventionnistes et on disait d’investir dans les banques.

    Mon éducation politique et économique a déjà été refaite de A à Z quand j’ai commencé à arrêter de croire des dogmes et de réellement m’informer. Dans plus d’une langue d’ailleurs.

    Mais j’aime encore regarder comment se portent les dogmes gauchistes, même ceux de l’extrême gauche enver qui on est très complaisant au Québec.

  9. @DooM: Voyons donc, c’est n’importe quoi ça. Donner de l’argent aux banques, une mesure de gauche. Et quoi encore, George W. Bush était un communiste?

    Tu sembles voire la crise comme un système fermé. D’après ce que je lis, dans ta conception des choses tu donnes de l’argent aux banques, le crédit repart, et la machine est en marche. Tu n’as pas compris la profondeur de la crise.

    C’est beaucoup plus majeur comme crise. Le taux d’épargne est nul, voire négatif, et ce n’est pas de l’argent aux banques qu’il faut donner (de l’argent qui sera perdu) mais plutôt aux gens, lancer des projets, bref s’inspirer de ce qui s’est fait dans les années 30.

    C’est une crise non seulement financière, mais idéologique. Tout comme le libéralisme économique a été discrédité pour quatre décennies après 1930, le néolibéralisme a perdu tout ce qui lui restait de lustre. Les privatisations et déréglementations ont largement contribué à causer cette crise et désormais il faut chercher d’autres solutions.

    Tu m’as déjà dit « on s’en reparlera dans 5-10 ans ». D’accord. Tout comme le Japon n’est jamais remonté plus haut que 1989 ou 1990, je te garantis que l’économie des États-Unis va stagner pendant longtemps, parce qu’il n’y a plus rien pour la soutenir. C’est le système qui craque de partout, et la croyance dans la croissance perpétuelle.

    On commence à comprendre ce qu’on gagne à suivre des politiques d’extrême-droite et à élire des gouvernements de droite, aux États-Unis, mais aussi au Canada et au Québec.

    Merci pour cette discussion.

  10. Coudon, il y a seulement des dogmatiques de gauche ici? Du monde qui voient tout à droite, même à l’extrême droite (qui se discréditent rare juste là), qui se croient callés en économie quand ils sont illettrés en cette matière, qui trippent sur Keynes, croient que le new deal a sauvé les gens de la crise dans les années 30, etc.

    C’est dogmes par dessus dogmes.

    J’ai l’habitude que le temps me donne raison…

  11. @ DooM

    Les prêts à risques ne sont pas suffisants pour créer une crise mondiale, il en déjà eu dans le passé et cela n’a jamais créé une crise de cette ampleur et surtout pas une crise mondiale, il faut beaucoup plus que ça. La titrisation des créances est le véritable responsable de cette crise.

    La titrisation des créances consistait à les regrouper par paquet de 1 500, en une obligation appelée ABS revendue à un rehausser le crédit. Celui-ci mélangeait ensuite l’ABS avec des obligations moins risquées pour émettre des CDO, des obligations servant aux banques à proposer aux épargnants des placements à rendements garantis. Les banques pouvaient ainsi se refinancer, ce qui leur permettait de placer de nouveaux crédits, et ainsi ré-alimenter un processus qui n’était pas encore qualifié de bulle immobilière.
    La forte rentabilité de ces créances a amené les organismes de prêts à en proposer aux familles peu informées du risque de saisie du logement, puis à s’en débarrasser en les transformant en des titres représentatif, appelés asset-backed security.

    En plus, la titrisation des créances américaines risquées permettaient aux banques de contourner les ratios réglementaires de solvabilité bancaire.

    P.S. si tu as quelque chose à me faire lire ça va me faire un plaisir de lire.

  12. Je vois plutôt des dogmatiques de droite qui pensent que tout est à gauche, voire à l’extrême-gauche, qui pensent aussi détenir la vérité absolue et qui accusent tout ceux qui pensent différemment d’eux d’ignorants, illettrés et j’en passe. Les sectes religieuses agissent de la même façon.

    C’est Doom qui se discrédite sur toute la ligne avec ses affirmations douteuses. On dirait qu’il veut se convaincre qu’il a raison à force de le répéter.

  13. En passant il y a eu aussi des économistes de gauche qui ont prédit et ce depuis longtemps la crise économique actuelle.

  14. Le cours du dollar en ai clairement responsable de l’attitude des hommes politique.

    Son cours est catastrophique
    http://www.forexpros.fr/currencies/eur-usd

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