Le PQ ne veut pas le pouvoir

Je me posais sérieusement la question ce matin, en écoutant un analyste à RDI: le Parti Québécois veut-il vraiment le pouvoir?

Ça fait des mois que l’objectif semble avoir été fixé: redevenir l’opposition officielle. Le PQ me fait penser à une équipe sportive dont le but n’est plus la victoire, mais seulement de ne pas finir les derniers. C’est une mentalité de perdants et personne n’aime les perdants.

Pourtant, on pourrait miser sur le fait que le Québec aurait la chance de se retrouver avec la première femme à sa tête, par exemple. On pourrait proposer du nouveau, être imaginatifs, oser. On a plutôt l’impression que le PQ, qui est entré dans cette campagne de reculons, préfère ne pas se retourner pour faire face à la musique et se contenterait de terminer deuxième. Marois empocherait son chèque, les députés béni-oui-oui également, et tout le monde serait heureux.

Malheureusement pour eux – et même avec la chute libre de l’ADQ – toute leur stratégie du « ne rien faire » est fausse. Karl Rove, alors stratège du Parti Républicain états-unien en 2004, l’avait bien compris: quand le taux de participation à une élection est faible, il est plus important de mobiliser sa base que de convaincre les indécis. Ça se comprend: le plus grand danger est la démobilisation de ceux qui sont déjà convaincus.

En ce sens, le Parti Québécois fait l’exact contraire dans une situation où l’écoeurement et le désabusement pourrait faire toucher un creux historique au niveau de participation à ces élections: il s’en est pris ouvertement à sa base la plus militante et souverainiste pour faire plaisir aux éditorialistes de La Presse et aux indécis. Au lieu de raffermir des appuis qu’il avait déjà, il s’est mis à dos ses propres militants sans pour autant être convaincu que l’appui des indécis se transformerait en « X » sur le bulletin de vote.

On comprend que le Parti Québécois ne nage pas dans l’argent, mais il aurait sûrement pu se trouver des conseillers de meilleure qualité et qui auraient pu l’aider à prendre le pouvoir plutôt qu’à se contenter d’essayer d’être un clone des deux autres partis de droite.

Ceci dit, en tant qu’indépendandiste et social-démocrate, la défaite annoncée du parti de Pauline Marois me ferait doublement plaisir…

3 Réponses

  1. Tu croies que je pourrais les aider à être plus créatif? 😉

  2. Ta prémisse est pas folle. Est-ce que le PQ veut vraiment gagner?

    En devenant opposition officielle, on oublie le questionnement sur la mort du Parti qui reprend « sa place », Pauline va aussi demeurer en selle parce que ce sera quand même un meilleur résultat pour le PQ.

    En plus, ils vont laisser le PLQ passer à travers la crise économique, laisser le temps user le Parti (3 mandats, entre 8 et 11 ans au pouvoir) et ainsi revenir en force dans 2 ou 4 ans. Je crois personnellement que les Libéraux seront majoritaires.

    Ainsi, ils vont revenir en force comme je disais et vont même espérer faire finalement passer la séparation sur l’impopularité de Charest.

    Parce que peu importe ce que vous prétendez, Marois est une séparatiste et une solide gauchiste. Elle est juste plus lucide que vous (ce qui n’est pas très difficile), mais encore loin d’un Facal. Présentement, si elle gagnait, ce serait des gestes de rupture de manière hypocrite (des gestes de souveraineté) pour essayer de passer la séparation bout par bout aux Québécois.

    Et Même les Libéraux sont rendus à copier les politiques de l’Extrême gauche de Québec Solidaire avec leur salaire minimum augmenté de manière ridicule (jusqu’à 9,50$) en pleine récession. Alors imaginez les étatistes du PQ…

  3. ridicule toi même… t’essaieras de vivre au salaire minimum toi sur l’ile de montréal, C’est pas évident.

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