Le grand changement?!

On s’est tellement fait encrasser les oreilles par des médias asservis à l’image de Barack Obama depuis des mois quant au caractère « historique » de cette élection présidentielle qu’il convient, selon moi, de regarder de plus près ce « grand changement ». En fait, la grande question est celle-ci: qu’est-ce qui a changé?

On a échangé un président texan contre un hawaïen, un buveur de bière contre un dégustateur de vin et un cowboy amoureux de la nature contre un urbain amoureux des gens. Ok, next?

On s’est débarrassé d’un colonisateur d’Irak pour le remplacer par un envahisseur de Pakistan. Changement? Continuité.

On a perdu un dirigeant acoquiné avec la haute-finance pour le remplacer par un autre qui a fait financer sa campagne à 100% par des dons privés (allo le retour de l’ascenseur!) et a reçu des sommes considérables notamment de Goldman Sachs, Lehman Brothers, JP Morgan & Chase, DLA Piper, National Amusements Inc., Ubs Ag., etc. Changement? Continuité.

On se démunit d’un Bush jouant à fond la carte de la guerre au terrorisme pour masquer les visées impérialistes des États-Unis pour le remplacer par… un Obama qui joue à fond la carte de la guerre au terrorisme pour les mêmes raisons. Changement? Niet!

On troque un président appuyant la répression israélienne contre les Palestiniens contre un président qui a affirmé son soutien indéfectible à Israël lors de son premier discours public en tant que candidat devant un des plus virulents lobbies juifs aux États-Unis, l’AIPAC. Et même politique intransigeante contre Cuba! Changement pour les Palestiniens ou pour les Cubains? Non!

On a dit adieu à un président qui a fait des baisses d’impôts consenties aux plus nantis une carte-maîtresse de sa politique économique ayant mené au fiasco actuel. Et on le remplace par un Obama qui ne rejette pas ces réductions d’impôts et qui entend les baisser davantage pour des personnes gagnant jusqu’à 250 000$! (On est loin de la classe moyenne à ce salaire…) Changement? No, my friend!

Vous vouliez du changement? Vous en avez! Le ton est différent, plus soft, moins hargneux, plus ouvert. L’attitude ressemble moins à celle d’un fermier qu’à un homme de la ville, moderne, soi-disant tourné vers l’avenir. Mais les idées, elles, sont résolument du passé et quasi-identiques à celles de George W. Bush, et ce n’est donc qu’un masque que place devant les caméras le vrai pouvoir, celui qui n’est jamais élu.

La « marque » Bush et son intransigeance avaient fait leur temps. Place au retour du grand sourire Mickey Mouse et du dialogue d’ouverture pendant qu’on vous vole vos maisons ou qu’on bombarde vos amis.

Que de progrès! Même les Soviétiques n’auraient pu imaginer meilleure dictature.

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11 Réponses

  1. lorsqu’il est question des États-Unis et de son influence mondiale, il faudra toujours rester vigilant. À cet effet, je vous suggère quand même de prendre connaissance avec l’autre versant de mes perceptions sur la dernière élection. Et si,comme Louis-Philippe Lafontaine dans ce texte, je juge aussi le Parti démocrate étasunien économiquement à droite, vous aurez constaté que Barack Obama souffle tout de même à mes yeux un vent de changement bénéfique pour les progressistes

  2. Excellent billet Louis-Philippe. Je suis tout à fait d’accord avec toi. Obama donnera un visage plus « humain » à l’impérialisme américain et agira peut-être plus en « douceur » que Bush mais pour parvenir au même résultat.

    Ce sera la même politique mais camouflée sous le gant de velours du Parti Démocrate.

  3. Louis, je comprends tes appréhensions.

    Je possède les mêmes aussi.

    Néanmoins, il s’agit d’un vent de fraicheur après les années noires de Bush. Après tout, Obama avec l’appui financier de grands syndicats américains s’est montré ouvert à l’application d’une formule Rand dans le monde du travail américain. Reste à voir s’il tiendra ses promesses.

    Obama a dû mettre de l’eau dans son vin et liché le cul des puissants. Certes.

    Mais j’ai hâte de voir la suite, bien que je sois aussi sceptique que toi.

    Obama devra choisir dans des choix difficiles qui il favorisera entre ses contributeurs: les entreprises financières, les syndicats et/ou le monde ordinaire qui ont contribué à sa campagne…

    Une histoire à suivre….

  4. Ceci dit, je crois qu’il est trop tard pour sauver la puissance américaine. La venue d’Obama arrive trop tard. Le pays est au bord de la faillite.

    La droite républicaine a fait ce qu’elle pouvait faire de mieux: foutre une puissance mondiale par terre en instaurant des politiques socio-économiques dépassées…

    Bravo Georges!

  5. La seule différence c’est que les politiques néolibérales et militaristes d’Obama vont être plus facilement acceptées que celles des Républicains.

  6. […] moment historique… et le Québec Bon, je sais. Ça ne fera pas plaisir à certains blogueurs dont les arguments sont plus que vrais et en tant que nouille de la politique, je ne pourrais les […]

  7. Je suis en désaccord!!!

    Barack Obama a effectivement fait financer sa campagne électorale par les richissimes entreprises cotées à Wall Street, et bien que ces compagnies s’attendent certainement à un retour d’ascenseur, rien n’indique que ce retour d’ascenseur aura lieu. Pendant toute sa carrière politique, Obama a dénoncé l’influence des riches lobbys et il a promis de les combattre. Ce serait particulièrement choquant s’il retournait sa chemise à ce moment-ci, mais rien n’indique qu’il le fera.

    Par ailleurs, son discours de gauche s’est effectivement rapproché du centre pendant sa campagne contre McCain. Mais il faut être réaliste : on ne devient pas président des États-Unis en plaidant pour la fin de toutes les guerres, en crachant sur Israël et en faisant l’éloge de Fidel Castro. Son discours s’est fait plus rassembleur pendant la campagne électorale, mais si l’on se fie à ses promesses, à ses écrits passés et à l’historique de son action politique, tout indique que Barack Obama n’est pas un défenseur de la guerre tout azimut, un évangélique extrémiste, un défenseur inconditionnel d’Israël, un partisan de l’embargo contre Cuba ou un défenseur des riches de ce monde.

    Tout indique que d’ici les prochains mois :

    – Les États-Unis vont se retirer d’Irak
    – Les États-Unis vont fermer la prison de Guantanamo
    – Les États-Unis vont dialoguer avec des pays comme Cuba, l’Iran, le Vénézuela et la Corée du Nord
    – L’embargo contre Cuba sera fortement allégé
    – Les États-Unis vont renouer avec le multilatéralisme et avec l’ONU
    – Le gouvernement va lancer un vaste chantier pour donner à tous les citoyens un accès gratuit au système de santé
    – Le gouvernement va autoriser la recherche sur les cellules souches
    – Le gouvernement va adopter des politiques plus protectionnistes, accroître le rôle du gouvernement dans l’économie et peut-être même lancer un nouveau « new deal » à la Roosevelt
    – Obama nommera 2 juges en faveur du droit à l’avortement à la Cour suprême
    – Les États-Unis vont adhérer aux efforts internationaux en faveur de la lutte contre les gaz à effet de serre, sur la base du protocole de Kyoto
    – Le gouvernement américain va investir massivement dans les énergies renouvellables

    Je suis désolé, mais si vous n’y voyez pas là des avancées majeures, et seulement des politiques « quasi-identiques » à celles de Bush, alors vraiment, c’est à n’y rien comprendre!!

  8. Ce ne sont que des promesses et on sait à quel point elles peuvent être brisées par les politiciens bourgeois.

    Obama s’est engagé devant la mafia anticastriste à maintenir le blocus contre Cuba et comme il a eu des appuis parmi eux il ne va sûrement pas aller à l’encontre de leurs intérêts. Et justement les richissimes compagnies cotées à Wall Street vont exiger un retour d’ascenceur et elles feront tous pour l’obtenir.

    Il ne faut pas oublier que Clinton avait suscité certains espoirs dans les années 90, notamment par rapport au système de santé et il les a trahis sans vergogne.

  9. Rien ne prouve qu’il y aura un retour d’ascenseur, justement. Et puis voici la position d’Obama envers l’embargo contre Cuba :

    http://www.msnbc.msn.com/id/20369459/

  10. Quand viendra le temps d’agir il reculera devant le puissant lobby anticastriste qui lui a accordé une partie de son vote. Tout comme il n’osera pas contrecarrer le lobby pro-Israël.

    Il sera obligé de satisfaire les intérêts des capitalistes sinon il sera éjecté de son siège. Clinton avait promis un système de santé public et il a vite abandonné cette promesse.

  11. […] ne changerait pas la politique ?trang?re am?ricaine ? TF1.fr3. Obama is No Savior ? World meets US4. Le grand changement?! ? L??lectron libre5. Noam Chomsky: What Next? – Milk and […]

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