De l’utilité sociale de la pédophilie

Je lisais cette nouvelle où on apprend qu’une fillette de sept ans a été enlevée, violée, puis ramenée simplement une heure plus tard à son école. J’entends déjà en sourdine l’écho plaintif des faiseurs d’opinions réclamant davantage de répression et la fin des sempiternelles « sentences-bonbons ». Et si la vérité était ailleurs. Pire, ou mieux, et si les pédophiles avaient une utilité sociale?

On s’entend, personne ici ne va approuver la pédophilie. S’en prendre à un être sans défense, qui commence dans la vie, et le handicaper durablement en lui faisant connaître ce qu’il est trop jeune pour avoir besoin de connaître, c’est purement mal. Mais le mal peut-il être utile?

Par exemple, si personne ne souhaite avoir un cancer, sans l’explosion des cas de cancer depuis plusieurs décennies on fumerait toujours la cigarette dans les écoles. Sans l’accroissement des crises cardiaques et de l’obésité morbide, on n’aurait pas commencé à limiter la malbouffe. Sans Tchernobyl, aurait-on entrepris de mieux sécuriser l’énergie nucléaire? Mais encore: sans les épidémies de pestes buboniques, aurait-on commencé à appliquer de meilleures règles d’hygiènes? Et sans nos ancêtres préhistoriques qui ont brûlé vifs lors d’un incendie de forêt, aurait-on découvert la maîtrise du feu?

Ce que je dis ici, c’est que de tout événement négatif naît la possibilité d’un résultat positif. L’événement négatif ne peut être blâmé sans cesse pour ce qu’il est, mais plutôt acclamé pour les changements qu’il nous force à apporter.

À quoi aurait-il donc servi à nos prédécesseurs de blâmer le feu qui les brûle ou plus tard la maladie qui les frappe, à sacrifier des moutons ou des sorcières pour apaiser les Dieux en furie et faire couler la pluie ou arrêter l’épidémie par chance? À rien. L’eau qui épuise l’incendie et le force en retraite n’empêche pas le feu de revenir, pas plus que la fin d’une épidémie ne conjure le retour d’une autre.

L’Homme doit apprendre à s’adapter et à changer ce qu’il le rend vulnérable aux périls.

Ainsi, la solution au problème de la pédophilie n’est peut-être simplement pas d’emprisonner les pédophiles. Il y en a toujours eu et il y en aura toujours. Il faudrait possiblement comprendre en quoi nos enfants sont devenus plus vulnérables qu’ils ne l’étaient autrefois, si tel est effectivement le cas.

Par exemple, autrefois, dans nos campagnes, les enfants étaient beaucoup plus souvent à la maison ou chez des proches. Ils aidaient pour les travaux avec la famille, les garçons avec leur père, les fillettes avec leur mère, et les sorties étaient plus encadrées, ou du moins elles avaient lieu dans un univers moins spacieux, plus simple. Les enfants avaient leurs moments de liberté, mais celle-ci s’exprimait dans un contexte où les gens se connaissaient davantage.

Aujourd’hui, par contre, c’est l’époque de la clef dans le cou, de l’autobus jaune ou bleu, des inconnus hasardeux qu’on aperçoit subrepticement derrière une triste clôture argentée. Plus personne ne se connaît, plus personne ne se parle. Un inconnu peut arrêter sa voiture, embarquer une fillette de sept ans, lui mettre son pénis dans la bouche ou à d’autres endroits infâmes et la laisser partir une heure plus tard pour aller chez une amie en lui disant « salut ma lolotte oublie-pas de te laver la figure » et personne ne se rend compte de rien. Nous sommes étrangers les uns pour les autres. Et c’est grâce à notre désunion et notre indifférence que peuvent prospérer de telles violences.

Conséquemment, avant de réclamer des peines toujours plus sévères pour les pédophiles comme d’autres ont brûlé des sorcières contre la peste, il faudrait peut-être mieux se regarder soi-même, passer davantage de temps avec nos enfants et leur offrir un futur où ceux-ci puissent se sentir en confiance toute la journée.

Car on aura beau arroser le feu, le piétiner, lui lancer de la chaux, l’insulter, lui cracher dessus, mettre de la terre sur lui, l’isoler ou lui couper l’oxygène, il reviendra toujours. Le problème n’est pas la pédophilie, mais notre mode de vie. Et y a pas de peines plus sévères, de castration, de registre public ou d’affichage de photos qui pourront régler ça.

Se choquer et s’indigner devant l’inacceptable, c’est facile. Se remettre en question, et essayer de changer un quotidien un peu trop impersonnel et compliqué qui nous rend vulnérables, voilà un défi plus épineux.

9 Réponses

  1. J’avoue que vu sous cet angle, c’est plutôt intéressant. Effectivement, en « perdant » nos relations humaines, on a peut-être plongé les bouts de chou dans un monde dangereux. Je veux dire, des maniaques, y en a toujours eu, mais je sais pas… De mon temps (et pourtant, ça ne fait pas si longtemps que ça), on allait souvent à l’école proche, on marchait entre amis sur le trajet, on se serrait les coudes… Aujourd’hui, il semble de plus en plus que dans la foule, on est seuls. Seuls, effrayés et vulnérables. M’enfin !

  2. Alex,
    Je regarde les jeunes sortir de l’autobus le soir pour retourner à la maison, et je ne les voit jamais moins que 2 ensemble qui parlent et rient. Toujours en groupe.

    Le problème que Louis essaye de soulever, c’est que c’est notre mode de vie qui change. Oui, c’est vrai. Mais il change parce que maintenant, dénoncer un agresseur n’est plus tabou. Les cas ou on accuse un grand-papa d’avoir jouer à touche-pipi avec ses petits-enfants ne sont pas/plus rare.

    Et c’est ça qu’il faut continuer de faire: dénoncer les agresseurs d’enfants, rendre leur vie assez difficile s’ils reçoivent une sentence-bonbon. Ne plus appliquer la loi du silence.

    C’est quoi cette mentalité de dire que c’est notre faute ? C’est pas ma faute si un pédophile s’attaque à mon fils, ni celle de mon fils. C’est la faute du pédophile qui n’est pas capable de contenir ses pulsions sexuelles. C’est comme dire que la fille sexy qui marche dans la rue est habillé pour se faire violer et que si ça arrive, elle l’aura mériter.

    Si c’est devenu la faute des victimes et de leurs entourage que les pédophiles s’attaquent à des enfants, ben aussi ben leur mettre une burka, et tant qu’à faire, en mettre aussi aux femmes.

    Louis, dis-toi une chose: Je passe beaucoup de temps avec mon fils, et je connais plein de parents qui passent beaucoup de temps avec leurs enfants, mais je ne peux pas, et sa mère aussi ne peut pas être toujours avec lui. Et si un pédophile a vraiment le goût d’abuser d’un enfant, il va le faire. Ne vas pas accuser la société d’en être responsable.

    Quand tu auras des enfants, tu vas comprendre ce que je veux dire…

  3. Ce ne sont pas des événements utiles, mais plutôt des événements utilisés.

    Ce cas est isolé et n’a rien d’un problème de société. Il est utilisé pour en faire un problème de société, créer l’opinion publique (sondage bidon) pour ensuite lui proposer les « solutions » qui autrement seraient rejetées. Ainsi, la « solution » est acceptée comme un choix « démocratique ».

    Ce sont les mêmes qui ont planifié le retrait de nos enfants de la cellule familliale, pour être « éduqués » par l’État (coeur du problème), qui pointent la fausse source du problème(pédophile – feu – terrorisme – cancer) et offriront la solution déjà prête et mise en boîte(sécurité).

    Ils savent très bien que les adultes n’accepteront jamais de porter ou même se laisser implanter un chip d’identification et GPS sur eux, mais sur leurs enfants, oui. Ainsi l’enfant grandira avec, comme une chose « naturelle » de la société.

    La cigarette est une drogue. Ce n’est pas pour combattre le cancer qu’il y a campagne contre c’elle-ci, mais pour retirer ce « service narcotique » des mains de l’industrie du tabac et le remettre dans les mains de l’industrie pharmaceutique (patchs nicotine, gum nicotine, pilules, etc…) qui exploite le cancer.

    C’est pour cette puissante industrie pharmaceutique que le cancer est utile et utilisé. Le remède à 93% de réussite d’élémination de tous les cancers a été découvert depuis 1948, lorsqu’une étude démontra qu’un groupe de la population mondiale n’avait jamais eu de cancers. Ce groupe était les schizophrènes internés à vie dans les institutions psychiatriques. Un seul médicament leur était donné chaque jour ; un sédatif composé d’hydrate de chloral. Les chercheurs qui ont fait cette découverte ont testé cet hydrate de chloral sur des cellules cancéreuses et comme prévu il les détruisait. En ce temps, il était établi et enseigné comme un dogme que le cancer était causé par un virus et donc la recherche sur un remède au cancer était complètement dirigée dans cette direction. Or nos mêmes chercheurs, penchés sur la cellule elle-même, découvrirent qu’il n’en était rien et que l’hydrate de chloral était efficace parce que la division cellulaire cancéreuse était un processus très lent. Un cancer met en moyenne 10 ans avant d’atteindre la grosseur détectable par les méthodes conventionnelles. La première année, la division cellulaire n’est qu’à 16 cellules, puis l’année suivante à 32, ainsi de suite. C’est à ces moments, au début, que le cancer est très vulnérable et que l’hydrate de chloral de nos schyzophrènes en éliminait tous où qu’ils soient dans le corps. Donc, nos chercheurs découvrirent qu’il n’était pas nécessaire de prendre de l’hydrate de chloral tous les jours, mais qu’une fois l’an, pendant un mois, afin de s’assurer l’élimination de toutes cellules cancéreuses. Une fois le cancer détectable, il est composé de milliards de cellules qui sont devenues, en dix ans, très résistantes et dont l’hydrate de chloral ne serait d’aucune utilité.

    Ces chercheurs furent honnorés par les nobels et l’establishment médicale du temps. C’est alors qu’un calcul fut fait pour prévoir les « conséquences » économiques de cette élimination du cancer et il fut décidé que le système économique capitaliste actuel ne pouvait tout simplement pas se le payer. L’effondrement de l’industrie du cancer ajouté à l’explosion des places en maisons de retraites n’était tout simplement pas envisageable.

    Tout fut mit sur les tablettes et les chercheurs censurés. L’hydrate de chloral interdit à la vente au publique depuis 2001.

    En détails ici:
    http://u.b.i.free.fr/index.php?option=com_content&task=view&id=1&Itemid=2

  4. J’aime ce que tu as écrit.

    Je suis maman de 2 enfants (en prévision de 4) et je les mets TRÈS jeune, au courant de la responsabilité de leur « corps » . Je leur ai, très jeune, fait comprendre l’interaction des autres face à leur corps. Et constament je leur répete et je m’enquière à savoir si quelqu’un aurait pu vouloir se servir de leur corps. J’ai, face à eux, énoncé les « clefs » du silence tel que :
    « si une personne te dis : »si tu le dis a ta maman elle ne te croira pas!! » c’est faux, personne a le droit de toucher ton corps même si c’est une personne que maman aime très fort! »

    Je leur ai fait prendre conscience qu’il ne fallait pas manipuler ces affirmations car, des affirmations de la sorte ferait que la personne serait immediatement punis par la loi d’avoir touché à leur corps.

    Quoi que tout ça pourrait se passer sous mon propre toit. Tout ça pourrait être de mon mari, de l’oncle qui garde mes enfants… Je le crois pas, mais qui le croierait au fait?

    J’esèpre que dans d’autre famille tout comme la mienne, le malheureux événement « Cedrika » aura servi à l’apprentissage de « l’étrangé »: « et puis les enfants qu’auriez vous fait, vous, si une personne inconnu avait chercher son chien??  »

    Non, comme l’autre plus haut disait, nous ne pouvons pas toujours être avec nos enfants, oui nous devons leur ouvrir les yeux face aux « prédateur », nous devons leur apprendre à discerner le bien du mal, nous devons leur apprendre à « bien » communiquer.

    Ceci fait parti de nos « devoir » de citoyen (et bien sur de parent)

    Par contre nos droit (qui prolonge le devoir)

    est d’avoir accès à un registre à savoir si des pesonne de la sorte vivent dans notre quartier. Avoir acces à un registre ET LE CONSULTER. Et oui l’emprisonnement et la castration chimique. Moi j’y crois.

    Ca me rentre pas en tête qu’on puisse enfermé un gars qui a fait trois vol de dépanneur à main armée, qu’il n’a tiré aucun coup de feu et qu’il a eu à remettre le fruit de leur larcin.
    POURQUOI LUI IL EST EN PRISON.

    Quand un pourcentage élevé de prédateur sexuel, retourne purgé en la communauté; que des clause « d’age » font en sorte qu’il ne sont pas enfermé. Que les « thérapie » sont supposer les contrôler à garder leurs doigts aux bonne place (car il doit y avoir des femmes aussi, ont doit pas toutes être blanche)

    Est ce que le desir de tenir un arme a feu devant un chinois est plus grand que de foutre son penis dans le cul d’un gars de 4 ans???
    Pour l’accusé, est ce plus dur de trouver un fusil ou un penis???

    Je pourrais facilement embarquer sur le sujet de l’acool au volant.

    Le gars qui est en liberté et qui n’a plus de permis; en quoi c’est supposé le restraindre de ne plus conduire de char?

    En tant que citoyenne de n’importe quelle ville au Québec, suis je plus en sécurité dans un dépanneur à fort risque de hold up.. ou dans ma rue résidentiel à prommener un chien tranquille, sans qu’une personnne sans permis et ivre vienne me ramasser de plein fouet!!

    Quand j’entre dans le depanneur, je sais que je prend un risque.. dans ma rue, je m’en douterais jamais!

    J’ai grandi dans les année 70 ou ils était permis de conduire avec une bière entre les deux jambes. Ma mère ne m’a jamais mis en garde des personnes saoul qui pourrait venir me frapper, et ce pas juste quand je ne regardais pas des deux coté de la rue mais bel et bien, quand je jouais sur le devant de mon terrain.

    Avoir des enfants, c’est la plus belle chose au monde. La pedophilie et l’alcoolisme est effectivmenet un mal nécessaire; par contre les sentence sont effectivement trop molle.

    verox

  5. Quand vous réclamez des peines plus sévères, est-ce que vous comparez notre système carcéral aux autres de ce monde? Regardez simplement au sud de notre frontière, un des système judiciaire avec les peines les plus sévères du monde. Les États-Unis font partis des pays où la peine de mort est la plus utilisée et croyez-vous que ceci décourage les meurtriers de tuer? Est-ce qu’il y a simplement eu une diminution des crimes graves? Non. Ils sont même rendus à condamer des jeunes de 14 ans à des peines à vie…

    Je ne dis pas que nous avons un système de sentence parfait, loin de là. Je crois par contre qu’il serait peut-être bien de regarder aussi comment nous pourrions protéger mieux notre société au lieu de simplement donner des sentences plus sévères. Il y a sûrement autre chose qui pourrait être plus efficace.

    Et ne cherchons pas de système parfait, il n’y en a pas…

  6. @ David

    Je suis totalement d’accord avec toi.

    De toute façon le Québec à la plus faible taux de crime violent, d’homicide et d’agression sexuel au Canada. C’est sur nous que le reste du Canada doit prendre exemple pas l’inverse.

    Statistique Canda à l’appuie.

    http://epe.lac-bac.gc.ca/100/205/301/statcan/canada_e-book-ef/05-01-21/www.statcan.ca/francais/Pgdb/legal04b_f.htm

  7. Un bon film sur la pédophilie: la peur du loup…
    ça montre qu’un pédophile, c’est pas nécessairement un écoeurant qui ne pense qu’à violer et faire mal à l’autre…
    ça montre aussi à quel point certains d’entre eux sont excessivement discriminé (pire que n’importe quel criminel) et que ça leur empêche d’avoir une bonne intégration social… personne cherche à les comprendre, on veut juste tous les tuer…
    si vous connaissiez les différentes « sortes » de pédophile, vous verriez que ceux qui sont violents sont minoritaire!

    je crois que les pédophiles ont leur utilité sociale… pour les conservateur… ce sont des beaux exemples à pointer du doigt et faire rager les citoyens pour leur donner le goût de la vengeance et que la société se transforme encore plus en société du ressentiment. comme dit nietzsche, le système punitif de l’état, c’est de la vengeance… qui disait que se venger, s’est aussi pire qu’offenser?

  8. […] pour avoir besoin de connaître, c’est purement mal. Mais le mal peut-il être utile?” Lire la suite… 2. Renart Leveillé – Reste dans ton trou […]

  9. Mais si on disait que la majorité des agressements sexuels sur de jeunes enfants sont perpétrés par membre ou un proche de la famille, à qui serait la faute ? Parce que c’est de la faute de quelqu’un ici dont on parle ici, non ?

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