Les élections: la paix ou la démocratie?

Démocratie ou dictature?

Ainsi, nous devrions être appelés aux urnes le 8 décembre prochain. Pendant que l’économie mondiale bat de l’aile et que chaque contrat obtenu de l’étranger se veut un baume sur la plaie béante et purulente que constitue la situation économique actuelle, notre premier ministre Jean Charest préfère penser à ses propres intérêts et annule un voyage en Chine pour espérer s’assurer une majorité lors des prochaines élections.

Charest fait la calcul suivant: on s’en va en récession, elle va être très sévère, probablement la pire depuis des décennies, et si ses pires effets pervers n’ont pas encore atteint le Québec ce n’est qu’une question de temps avant que le feu soit dans la grange et qu’on réclame la tête du coq le plus flamboyant. Car qu’on le veuille ou non, quand ça va mal on se cherche des coupables. Et si le Parti Libéral a une chance d’améliorer son sort, c’est ici et maintenant.

De quoi peut-il avoir peur?

D’un côté, l’ADQ s’en va nulle part; le parti est en train de sombrer dans la discorde interne et au rythme où vont les choses on se demande même si le parti de Mario Dumont serait en mesure de garder une vingtaine de sièges (il en a 39 présentement). Le navire coule, et déjà les rats ont commencé à le quitter.

De l’autre côté, Pauline Marois est égale à elle-même: prétentieuse, hautaine, tenant un discours creux et ayant à peu près autant de charisme que la secrétaire blasée chez votre dentiste. Donnez-lui son 4% à elle, et ça presse! Le PQ est lui aussi prêt à se faire battre, car son but premier est l’indépendance du Québec et Marois a rejeté ce principe, peu importe ce que les poèmes conventionnelo-populistes d’appels à la patrie d’une poignée de béni-oui-oui en fin de semaine laissaient croire. Le PQ de Pauline Marois a tué l’indépendance, et avec une cheffe aussi médiocre le parti n’a pas la moindre chance de gagner les élections.

Jean Charest vogue donc allègrement vers la majorité. Contrairement à Stephen Harper, qui a tenu le même pari et l’a perdu, Charest n’a pas une bande d’Albertains fanatiques à satisfaire et il ne coupera pas dans la culture à quelques semaines des élections. Il va se taper une petite campagne tranquille en martelant que son parti est le meilleur pour faire face aux problèmes économiques et on oubliera ce qu’était réellement le PLQ majoritaire: les écoles privées juives, le Suroît, le Mont Orford, les privatisations, etc.

Alors non, je ne suis pas emballé par cette campagne électorale qui s’annonce déjà ennuyante et au résultat prévisible. Mais je n’irais pas jusqu’à écrire des conneries comme Patrick Lagacé qui affirme que « Après [les élections], si le bon Dieu est bon, la paix pendant quatre ans. »

La véritable « paix », c’est-à-dire l’absence d’enjeux électoraux, c’est celle qu’offre une dictature , éliminant la démocratie… et les journalistes trop irrévérencieux; on devrait peut-être le rappeler à M. Lagacé, lui qui ne vote pas. Car le droit de voter, c’est le droit de chiâler. Quand on reste assis chez soi pendant que ce pour quoi des centaines de milliers de personnes ont donné leurs vies au travers des siècles se met en branle, on est discrédité et pour longtemps.

L’instabilité politique n’est sûrement pas la panacée, mais elle force les élus à se remettre régulièrement au diapason avec la population sous peine d’être relégués dans l’oubli. Et notre démocratie, quoi qu’imparfaite, doit être protégée de tous ceux qui croient avoir des opinions sur tout mais qui ne sont même pas capables de bouger leurs fesses une fois par année pour aller voter.

En ce sens, si la manoeuvre politique de Jean Charest est très « politi-chienne », le texte de Patrick Lagacé fait très « journal-élitiste ». Comme quoi certains ont parfois de la difficulté à s’élever au-dessus du quotidien pour voir les véritables enjeux derrière le processus électoral.


AJOUT: Mes 4-5 derniers commentaires sur le blogue de Patrick Lagacé ont été censurés mystérieusement effacés. Je me suis plains à Patrick Lagacé, qui évidemment dit qu’il n’est au courant de rien. Vraiment plate comme situation; on suit leur foutu nétiquette à la lettre et suffit qu’on soit en désaccord avec l’auteur pour que les messages « disparaissent mystérieusement »! Ah Gesca et leur censure…

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8 Réponses

  1. @ Louis.

    Compte-toi chanceux! Moi, je n’ai fait que dire que Patrick Roy a été le plus grand gardien de but de l’Histoire et qu’il mérite tous les honneurs du monde pour que Patrick Lagacé me mette dehors de son blogue. C’est vrai qu’on était en plein dans le non-événement entourant son fils, mais quand même.

    Le plus drôle, c’est que deux jours avant, il m’a dit que j’étais un collaborateur efficace sur son blogue. Tu parles, oui! Le mythomane, c’est lui, pas Marie-Claude Montpetit (sa Ginette)!

  2. NON A LA GOGAUCHE!!!

  3. NON À LA STUPIDITÉ!

  4. NON A LA DRÉDRETTE !!!

  5. Comme tu dis notre démocratie est imparfaite. Je ne considère pas une dictature à biparti ou triparti soit une véritable démocratie. Je suis très désillusionné de la démocratie et il aurait trop d’éléments à changer pour être réellement en démocratie. La séparation du pourvoir exécutif et législatif sera sans doute un début, la proportionnelle également et ça ce n’est qu’un début, il aurait tellement d’autres choses à faire. On a encore un vieux système britannique qui date de 1867, on peut faire mieux c’est sûr, mais jamais les partis au pouvoir voudront changer un système qui les avantages.

  6. C’est comme la « démocratie » dont fait appel la communauté catholique pour un retour dans nos écoles de la « liberté de choix » entre avoir le cerveau lavé par le catholicisme ou lavé par le relativisme sélectif à la soviet.

    Certains sortent les enfants du système comme ceux qui ne vont plus voter.

    Je crois qu’au lieu de sortir du système il faut l’affronter. Former nos enfants à être des résistants et critiques en classe et si on ne vote pas alors être très actifs pendant les élections en critiquant ce système et montrant ses contradictions.

    Jamais se taire dans la résignation, car c’est précisément celà leur but.

  7. Bon billet. Il me semble évident que le mot d’ordre chez Gesca est de donner un petit coup de main à ti-John. Desmarais se sent prêt à mettre la main sur un autre petit bout du Québec…

  8. Bonjour,

    Voyez-vous, quand on est l’employé du feuillet Libéral de Paul Desmarais, on écrit ce qui nous est commandé par les intérêts de certains libéraux et non pas ce que les lecteurs s’attendraient à lire.

    C’est cela la démocratie de l’$.

    Marie-Claude Montpetit

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