L’ADQ redevient un parti mineur

Mario Dumont et Stephen HarperIl y a plusieurs façons d’analyser le passage de l’ADQ au PLQ des deux députés André Riedl et Pierre Michel Auger. On peut parler de motivations personnelles: le PLQ a le vent dans les voiles ces temps-ci dans les sondages. On peut parler de choix stratégiques: le PLQ a une meilleure organisation en prévision des prochaines élections. On peut également considérer une mésentente avec le chef Mario Dumont. Mais tout ceci, ce sont des facteurs secondaires.

En effet, le vrai fond du problème, c’est que l’Action démocratique du Québec est en train de redevenir une parti mineur. En chute libre dans les sondages, le parti de Mario Dumont n’aurait même pas le quart d’une chance de même espérer conserver ses acquis. C’est comme si le Québec en entier se réveillait et réalisait finalement que Mario Dumont jappe fort dans l’opposition mais qu’il est inapte à diriger, que son parti n’a rien à proposer, et que ses appels à des rencontres multi-partisanes pour parler d’économie ou son appui aux Conservateurs lors de la dernière campagne fédérale ne sont que des façons bêtement politiques de se faire du capital politique sur le dos de ceux qui tentent quelque chose.

Par ailleurs, le parti de Mario Dumont (a quand le changement de nom officiel, puisque l’ADQ a toujours été le parti d’un seul homme?), dans sa courte histoire, a souvent modifié ses politiques au gré des sondages, à la petite semaine, ne conservant qu’un dogme fondamental: la croyance que le marché pouvait tout régler et que l’État devait être minimal. Avec la crise financière actuelle qui est une conséquence du désengagement de l’État et du laisser-faire économique, la seule valeur relativement solide de l’ADQ vient d’éclater en morceau. Le discours anti-fonctionnaires et anti-État de Dumont se trouve tout à fait discrédité, exposant l’absence de ligne directrice et de pensée cohérente du parti.

Considérant que la situation économique ne risque pas de s’améliorer au cours des prochains mois et que le discours économique de droite prônant le tout-privé semble disqualifié au moins pour les quelques années subséquentes, nous n’assistons peut-être pas au dernier épisode de députés transfuges.

Et puisque le Parti Québécois est devenu un parti faible, sans idéologie, ayant laissé tombé le projet indépendantiste, quoi de plus normal pour les députés adéquistes ayant du flair que de rejoindre ce bon vieux Jean Charest, qui trône en haut dans les sondages non pas parce qu’il a fait quoi que ce soit de génial, mais précisément parce que son opposition est si mauvaise?

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15 Réponses

  1.  » … ne conservant qu’un dogme fondamental: la croyance que le marché pouvait tout régler et que l’État devait être minimal.  »

    Pas étonnant qu’il y ait des transferts ADQ->PLQ …

    Peut-être que Mario Dumont va retourner au PLQ?

  2. [quote] C’est comme si le Québec en entier se réveillait et réalisait finalement que Mario Dumont jappe fort dans l’opposition mais qu’il est inapte à diriger, que son parti n’a rien à proposer [/quote]

    J’ai tellement hâte que les québécois pensent la même affaire de ti-gilles.

    Ceci dit, je suis tout de même d’accord avec toi, Louis. Il fut un temps ou je votais adéquiste. Je crois que je suis devenu libéral en voyant aller messieurs Dumont et Charest.

    Au moins, Charest, même s’il fait des choses qui ne font pas majorité, sait ou il s’en va et s’y tient.

  3. @ Louis.

    La chute libre de l’ADQ et de Mario Dumont s’opère depuis la fin du mois de novembre 2007 quand le parti est tombé du deuxième au troisième rang dans les sondages pour ne plus jamais remonter.

    Pour ce qui est des deux transfuges, dans le cas de monsieur Auger, je ne le connais pas et je ne l’ai jamais vu de ma vie. Je n’avais même jamais entendu parler de lui avant aujourd’hui. Par contre, la défection de monsieur Riedl est, je crois, celle qui fera le plus mal à l’ADQ et à Mario Dumont, car ce monsieur-là est fortement ministrable et il était fortement pressenti pour faire partie de l’équipe ministérielle économique de l’ADQ dans un possible gouvernement adéquiste avec Gilles Taillon, député de Chauveau, Linda Lapointe, députée de Groulx, et Christian Lévesque, député de Lévis. Sa candidature dans Iberville en mars 2007 m’avait fortement émerveillé, car ma professeure d’éducation économique au secondaire nous avait parlé de ce cerveau du monde des affaires dans la partie du cours traitant de l’entrepreneurship.

    Auteur de deux livres sur le plaisir au travail («Qui a tué le plaisir au travail?» et «Comment retrouver le plaisir au travail?»), sa philosophie de gestion était «fun, passion, résultats», ce qui lui a valu une renommée dans le redressement d’entreprises en banqueroute.

    Je cite sa page Wikipédia: «De 1993 à 2002, il a été le président de la division canadienne du BOC GROUP, un fabricant de gaz industriels et médicaux actif dans 45 pays. André Riedl a été mandaté en 1993 pour redresser cette entreprise afin qu’elle retrouve sa croissance et sa rentabilité.»

    Ce redressement fut un succès total. Monsieur Riedl était également un mentor pour plusieurs chefs d’entreprises canadiennes et américaines et un conférencier international très en vue dans le monde des affaires. Bref, on est très loin des clowns ou des enfants de pré-maternelle inventés par les caricaturistes gau-gauchistes de Mouyial pour salir les députés de l’ADQ. En fait, il ne méritait tout simplement pas de se faire salir ainsi par cette p’tite clique-là.

    L’ADQ avait son ministre du Développement économique et régional, de l’Innovation et de l’Exportation et Dumont a gaspillé les talents exceptionnels de cet homme qui s’était présenté comme candidat adéquiste dans Iberville pour lui et pour implanter les idées qui ont fait son succès dans le monde des affaires. Quel a été le remerciement de Dumont? Rentre dans le rang comme les autres, c’est moi qui mène! Bravo, champion! Ton entêtement à vouloir cacher tes députés de grands talents, tes changements de cap, ton irresponsabilité en tant que Chef de l’Opposition officielle et tes propositions gauchisantes depuis un an ont coulé ton parti, ont fait en sorte que tes électeurs se sont sentis trahis, et avec raison, et, aujourd’hui, ça t’a fait perdre deux députés, dont un était ministrable. Qui sera le prochain adéquiste à quitter le navire maintenant, hein? Y a-t-il encore des députés adéquistes qui refusent de perdre encore leur temps dans cette cause perdue qu’est l’ADQ avec un chef qui a trahi ses électeurs et ses militants de la première heure, hein?

    Pour ce qui est du PLQ, certes, la charogne a le beau jeu là-dedans, mais si messieurs Riedl et Auger préfèrent l’immobilisme libéral à l’imposture adéquiste, ce n’est pas une victoire totale, mais une victoire par défaut teintée d’une belle vengeance contre l’ADQ pour l’alliance de ce parti avec le PQ dans le processus d’élection du président de l’Assemblée nationale. Bref, il n’y a pas de quoi fouetter un chat avec ces deux nouveaux libérateux qui ont troqué la coquille vide autonomiste pour le monarcho-fédérasme à la John-James Charogne. Bonne chance quand même à ces deux-là!

    Par contre, quelle claque c’est pour l’ADQ et pour Mario Dumont! Bien fait pour eux, ostie! Je ne braillerai certainement pas là-dessus. Je l’aurais peut-être fait il y a un an, quand j’étais moi-même adéquiste, mais plus maintenant. Trahi par le PQ sur l’indépendance! Trahi par l’ADQ sur le plan économique! Allergique au PLQ! Disons que j’ai déjà eu des choix plus faciles à faire au provincial! Surtout qu’on risque d’avoir une élection québécoise avant la fin de l’année!

  4. Pourquoi le partie Québécois est devenue un parti faible?(et quoi faire pour le rendre plus fort!) Et pourquoi ne plus parler de la souveraineté? La peur est grande à ce point?…(silence)

  5. […] s’étonner que les citoyens soient cyniques envers les politiciens. À titre d’exemple, outre les deux petits rats qui se sont sauvés du rafiot adéquiste pour la croisière libérale hier, il faudrait se rappeler le cas d’autant plus grave que celui de «l’Honorable» David […]

  6. Tu te contredis dans ton manque d’argument…

    1) Tu dis que l’ADQ n’a rien à proposer pour ensuite leur attribuer des idées qu’ils ne tiennent malheureusement pas.

    2) Tu prouves encore ton ignorance profonde de l’économie en prétendant que c’est le laisser-faire qui a amené la crise alors que c’est tout à fait le contraire, soit les mesures gouvernementales passées sous Clinton et continuées sous W. Bush.

    3) L’État québécois est obèse morbide et malheureusement, l’ADQ ne parle plus de réellement le réduire. Où est passé le temps où l’ADQ amenait des débats d’idées, ce qui dérangeait grandement la gaugauche et ses dogmes.

    4) Tu prétends que l’ADQ est la parti d’un seul homme, prouvant ainsi que tu peux bien faire le perroquet des médias… Mais fouilles un peu. Le PLQ et le PQ font pas mal pitié après le/la chef (et même là…)

    Au PLQ, enlève le titre de ministre à la majorité et ils sont sans intérêt. Reste Monique Jérome Forget, possiblement le nouveau ministre Bolduc. Ensuite? Bachand, Béchard et Fournier sont passables. Les autres, c’est ridicule.

    Au PQ, en dehors de Legault, il y a qui? Quand ton parti est obligé d’aller se chercher des personnes de tv comme Curzi et Drainville pour prétendre avoir des gros noms et qu’en plus, tu donnes le dossier de la santé à un des deux, t’as vraiment une députation faible.

    À l’ADQ, des personnes comme Éric Caire, Sylvain Légaré, Sébastien Proulx, François Desrochers et bien sûr Gilles Taillon sont des candidats capables et aussi crédibles que ce que les autres partis présentent comme leurs gros noms.

    Arrêtez de répéter et réfléchissez des fois.

    5) En quoi la ligne « anti fonctionnaire » (dont l’ADQ ne parle malheureusement plus… Le PLQ non plus d’ailleurs) est discréditée? La fonction publique québécoise est une farce et c’est pas parce qu’on en parle plus ou qu’un parti comme l’ADQ est en baisse que c’est moins vrai.

  7. @DooM

    tu critiques l’ignorance en économie de quelqu’un, mais tu ne connais pas grand-chose non plus. Les mesure gouvernementales en question, autant sous clinton que sous bush, étaient la DÉRÉGLEMENTATION des marchés financiers, déréglementation = laisser-faire.

  8. @Paul

    Les subprimes sont une invention gouvernementale, alors laisser-faire mon oeil!

    @Louis

    En prônant l’achat local, pour nommer que celle-là, l’ADQ a démontré qu’elle était passablement à gauche économiquement.

    Aussitôt que l’ADQ a eu un peu de succès, ils ont laissé tomber leurs politiques de droite économique. Quand j’entends Gilles Taillon dire qu’il faut un plan pour préserver le pouvoir d’achat de la classe moyenne, n’allez pas me dire que c’est de la droite!

    En passant, l’ADQ s’appelle officiellement « Action Démocratique du Québec – Équipe Mario Dumont » auprès du DGE.

  9. @ Paul

    Ok, disons que tu as raison. J’aimerais donc que tu me dises où le gouvernement de Bush a pratiqué le laissez-faire et quelles sont les déréglementations qu’il a appliqué.

  10. @DooM
    j’ai envoyé le lien d’un article …. ça ne répond pas à ta question je sais , mais je vais revenir avec une réponse plus tards dans la journée, je ne suis pas chez moi. j’ai des livres intéressant sur ce sujet à la maison.

    http://www.radio-canada.ca/nouvelles/Economie-Affaires/2008/09/19/004-Crise-financiere.shtml

  11. @derteilzeitberliner

    la crise vient des transgressions des règles régissant la distribution du crédit. se sont les banques qui son les premières responseble de cette crise, mais c’est vrai que le gouvernement à son rôle à jouer car il n’a justement pas réglémenté la chose (il a même déréglémenté) et il même été jusqu’à prendre des mesures pour incité les prets.

  12. @DooM

    voilà un extrait

    Clinton, républicains sont d’accord sur la déréglementation du système financier des USA
    Par Martin McLaughlin
    1er novembre 1999
    Un accord entre le gouvernement de Clinton et les républicains congressionnels, atteints pendant les négociations all-night qui ont conclu dans les heures tôt du 22 octobre, prépare le terrain pour le passage de la facture de déréglementation d’opérations bancaires la plus rapide dans l’histoire américaine, soulevant pratiquement toutes les contraintes sur l’opération des monopoles géants qui dominent le système financier.
    La Loi proposée de modernisation de services financiers de 1999 éliminerait des restrictions à l’intégration des opérations bancaires, de l’assurance et du commerce courant imposés par la Loi de Verre-Steagall de 1933, un des piliers centraux du nouveau contrat de Roosevelt. En vertu de la vieille loi, des banques, les courtages et les compagnies d’assurance ont été effectivement empêchés d’entrer dans chaque autres des industries, et la banque d’affaires et la banque de commerce ont été séparées….

    La déréglementation proposée augmentera le degré de monopolisation dans les finances et empirera la position des consommateurs par rapport aux créanciers. Bien plus significatif est son impact sur la stabilité globale du capitalisme des USA et du monde. La facture attache le système bancaire et le secteur des assurances plus directement au marché boursier volatil des USA, garantissant pratiquement que n’importe quel plongeon significatif sur Wall Street aura un impact immédiat et catastrophique dans tout le système financier des USA.
    L’acte de Verre-Steagall de 1933, que la facture de déréglementation abrogerait, n’a pas été adopté pour protéger des consommateurs, bien qu’une de ses dispositions plus célébrées ait été l’établissement du Federal Deposit Insurance Corporation, qui garantit des dépôts en banque jusqu’à de $100.000. La loi a été décrétée pendant les 100 premiers jours de l’administration de Roosevelt pour sauver un système bancaire qui s’était effondré, éliminant l’épargne de vie des millions de travailleurs, et menaçant d’apporter le système de bénéfice à un arrêt complet…

    Ce commentaire souligne la plus grande ironie dans la facture de déréglementation d’opérations bancaires. La législation d’abord adoptée pour sauver le capitalisme américain des conséquences de l’accident 1929 de Wall Street est supprimée juste au point où les conditions émergent pour encore plus grand effondrement financier spéculatif. L’énorme volatilité dans la bourse des valeurs ces derniers mois a été accompagnée des avertissements répétés que des stocks sont excessivement surévalués, avec environ ordinateur et stocks d’Internet vendant aux prix 100 revenus de périodes ou même plus grand…

    tout ça a été écrit ben avant la crise des suprimes

  13. Dès le moment où les banques ont été forcées par le gouvernement à donner du crédit à des consommateurs insolvables sous prétexte de donner un accès à la propriété, il y a là un interventionnisme de l’État qui a fini par créer une crise.

  14. @derteilzeitberliner

    Crois ce que tu veux, mais ils étaient tout sauf forcé. Ils ont fait des prêts à risque parce que les taux étaient bas et surtout parce qu’ils pouvaient en faire des titres avec (ABS et CDO) et le revendre sur le marché financier. Les Banques sont responsables d’avoir transgressés les règles du crédit et le gouvernement est responsable d’avoir pas surveillé la chose. Mais si tu veux continuer à croire que tout est de la faute du gouvernement, libre-à-toi. On sait tous que le « méchant gouvernement » fait toujours tout mal.

  15. Faut être clair, au QC y’a que 1 parti = Libéral QC

    PQ = Parti des vieux indépendants finis
    ADQ= Poule pas de tête
    il reste le libéral.

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