Le capitaine Harper coule avec son bateau

Je ne me souviens pas d’avoir assisté à une fin de campagne électorale aussi excitante. Alors qu’il y a quelques semaines à peine on annonçait la victoire facile de Stephen Harper et de « son » Parti Conservateur, on entrevoit aujourd’hui la possibilité d’un gouvernement libéral minoritaire! Que s’est-il donc passé pour que M. Harper chute à ce point dans les sondages?

On pourrait parler de culture, de subventions coupées de la part de ministres incompétents ou même du réveil de la région de Québec qui semble (enfin) réaliser que d’envoyer des plantes vertes comme Josée Verner à un conseil des ministres ne garantit pas que soient adoptées des mesures en faveur de la région. Non. La vraie raison de la chute de Harper tient simplement au choix de sa stratégie de campagne.

En effet, celui-ci a pris tout un pari en lançant des élections dans un contexte économique mondial aussi instable. Il a misé, puis il est en train de tout perdre. Sa stratégie était d’avoir l’air d’un bon gouvernement, d’incarner la stabilité, de jouer le bon père de famille au-dessus de la mêlée. Il n’a même pas jugé bon imprimer un programme électoral, se contentant de rendre publique une ridicule brochure avec vingt-deux photos de lui-même une semaine avant le vote.

Mais ça aurait pu marché.

Sauf que la crise financière lui a fait perdre tout espoir d’un gouvernement majoritaire, et si la tendance se poursuit, il se retrouvera dans l’opposition. Car les gens ne veulent pas se faire dire d’acheter des actions pour faire des « aubaines » ni même que le Canada n’est pas menacé. Les Conservateurs ont pris l’habitude de prendre leurs électeurs pour des imbéciles, mais ceux-ci ne sont pas dupes: ils prennent actes des conséquences destructrices du laisser-faire économique et ils souhaitent un État qui agit, mais ce n’est pas la philosophie de Harper.

En fait, le courant ne passe plus entre Harper et la population. On assiste peut-être à une étrangeté politique, où un chef politique charismatique est en train de perdre ses moyens au profit d’un leader sans magnétisme mais qui utilise les mots que le peuple désire entendre. Dion a eu l’air de prêcher dans le désert pendant des semaines, se cherchant un nouveau thème à chaque semaine, mais il a ajusté son discours rapidement pour prendre en considération la détérioration de la situation.

Harper, au contraire, est demeuré stoïque devant l’écrasement des bourses et l’effondrement du système financier états-unien, et si sa fermeté a toujours été perçue comme une force face aux tergiversations des autres partis, il apparaît maintenant qu’il n’a pas les outils nécessaires pour réagir à cette situation externe.

Désormais, Harper est tout à fait cuit. S’il continue à ne rien faire, il perdra simplement ses élections au profit d’une opposition beaucoup plus rapide et intelligente dans ses réactions. Et s’il réagit, il aura l’air désespéré et il devra dire adieu à son aura d’immuabilité qui était à la base d’une grande partie de son capital de sympathie. Et il ne pourra jamais expliquer son absence de programme et de solutions pendant 30 jours de campagne électorale. Agir, ce serait admettre qu’il est en perte de vitesse et que ces vieilles bagnoles vertes dont il se moquait sont en train de le doubler. Proposer quelque chose (n’importe quoi) ébranlerait son image d’invulnérabilité qu’il s’est efforcé de bâtir au fil des ans, et ça ne ferait que renforcer l’impression de souplesse, de flexibilité et de prévoyance de ses adversaires.

En conséquence, je crois que Harper risque de finir comme le capitaine du Titanic: inébranlable, au garde-à-vous pendant que la mer agitée avale le bâtiment qui s’était cru trop rapide et trop puissant pour même prendre note de ce qui pouvait s’agiter sous la surface des flots. Quand la nuit se souille d’encre et que de dangereux icebergs percent la plaine liquide, a-t-on réellement besoin d’un commandant qui pousse les machines à fond en répétant que tout va bien?

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11 Réponses

  1. Très bon texte Louis. Je pense aussi que Harper a joué gros pour cette élection. Selon moi, sa principale erreur a été de vouloir rééditer son exploit de 2006. Tout contrôler depuis Ottawa et ne laisser aucune marge de manoeuvre aux équipes locales ont été des erreurs grossières. Sa passivité face à la crise et l’incapacité de la grosse machine bleue à réagir rapidement sur des dossiers locaux a laissé le champ libre à ses adversaires, surtout au Bloc, qui occupe presque tout l’espace médiatique. Je ne sais pas ce qui nous attend le 15 octobre, mais la campagne parfaite de Harper est en train de virer au cauchemar pour ce control-freak.

    Le dernier billet de Nicolas Racine:La nieve roja

  2. Ne sabrez toutefois pas le champagne trop vite. Les conservateurs ont beaucoup baissé dans les sondages, mais ils ont encore un peu d’avance sur les libéraux. Je pense qu’ils perdront des sièges, mais sans doute pas assez pour perdre le gouvernement.

  3. Louis, ce texte est vraiment très bon, te lire est un peu délice et je pèses mes mots.. 😉

    Je viens t’inviter à te détendre en lisant ce petit conte inachevé que j’ai écris sur mon blog, la fin de cette histoire doit venir de tous et non seulement de moi, voilà pourquoi elle est inachevé…..
    …pour le moment 😉

  4. Comme dirait Aigo, c’est peut-être trop vite pour célébrer. Sauf que le raz-de-marée conservateur annoncé en septembre s’avérera peut-être une vague bien moins impressionnante – surtout quand on l’a vue de proche. 😉 Bref, ils ont encore des chances d’être le gouvernement… mais il semble de plus en plus, au grand dam des André Pratte de ce monde, que le gouvernement majoritaire s’épuise… D’ailleurs, il est drôle de voir que c’est cette « sacro sainte économie libre » qui est en train de couler les partis de droite comme les conservateurs ou les républicains aux États-Unis qui perdent des voix au fur et à mesure du temps (quoique les démocrates sont aussi à droite sur l’économie, mais c’est une autre histoire). En effet, les chutes dramatiques à la Bourse démontre qu’on ne peut laisser l’économie sans intervention. C’est comme un chien: tu peux ne pas le dresser, mais ne te surprends pas si un jour il te mord au derrière sans prévenir. Bon, est-ce que ça empêchera les Conservateurs de prendre le pouvoir ? Non. Il y a encore plein de cons (excusez le jeu de mots facile) qui sont vendus à Harper, qui croit encore que c’est merveilleux tout ce qu’il a fait alors que pour les quelques bons coups (qui se compte sur les doigts d’une main, même pas), il a fait des centaines de gaffes, de déclarations compromettantes et dangereuses, sans parler de son aspect de censure envers les médias qu’il tente de contrôler.

    Sauf qu’il y en a de moins en moins. Et pour ça, il faut aller voter mardi prochain pour leur rappeler qu’on ne veut plus les voir là.

    Le dernier billet de Alex:Message d’un électeur à Jean Charest

  5. Que nous dit la ville de Québec?

    Portneuf-Jacques-Cartier: André Arthur obtient 68% des votes.

    Louis-Saint-Laurent: Josée Verner obtient 52% des votes.

    Louis-Hébert: Luc Harvey a 3 points d’avance sur le bloquiste.

    Charlesbourg-Haute-Saint-Charles: Daniel Petit a 4 point d’avance sur le bloquiste.

    Beauport-Limoilou: Égalité entre Sylvie Boucher et la bloquiste.

    Québec: La bloquiste Christiane Gagnon est bien en selle.

    Sur la Rive-Sud, le vote conservateur est plus solide. Source: DemocraticSpace et Prédictions HKDP!

    Québec embarque dans la campagne de peur de Duceppe, de Mouyial, de la Clique du Plateau, et de la gau-gauche les pieds joints. À ma très grande surprise d’ailleurs! Bravo Labeaume! Bravo Charogne! Pour une rare fois depuis que j’ai quitté l’ADQ, je dois donner raison à Mario Dumont: le Québec doit être représenté au gouvernement fédéral et non pas être isolé dans l’opposition pendant une récession.

    Pour ce qui est de la récession et du plan pour la combattre, je t’invite à aller lire ceci: http://lequebecdedemain.dansmonblog.com/Premier-blog-b1/Une-lecon-d-economie-b1-p59364.htm

  6. Que nous dit la ville de Québec?

    Portneuf-Jacques-Cartier: André Arthur obtient 68% des votes.

    Louis-Saint-Laurent: Josée Verner obtient 52% des votes.

    Louis-Hébert: Luc Harvey a 3 points d’avance sur le bloquiste.

    Charlesbourg-Haute-Saint-Charles: Daniel Petit a 4 point d’avance sur le bloquiste.

    Beauport-Limoilou: Égalité entre Sylvie Boucher et la bloquiste.

    Québec: La bloquiste Christiane Gagnon est bien en selle.

    Sur la Rive-Sud, le vote conservateur est plus solide. Source: DemocraticSpace et Prédictions HKDP!

    Québec embarque dans la campagne de peur de Duceppe, de Mouyial, de la Clique du Plateau, et de la gau-gauche les pieds joints. À ma très grande surprise d’ailleurs! Bravo Labeaume! Bravo Charogne! Pour une rare fois depuis que j’ai quitté l’ADQ, je dois donner raison à Mario Dumont: le Québec doit être représenté au gouvernement fédéral et non pas être isolé dans l’opposition pendant une récession.

    Pour ce qui est de la récession et du plan pour la combattre, lire mon billet «Une leçon d’économie»!

  7. Une semaine, c’est une éternité! Pis à part de ça, qu’est-ce que Josée Verner a fait à la gauche pour mériter le surnom de plante verte?

    En passant, il s’est déjà vu le contraire: en novembre 2001, voulant profiter de la vague post-9/11, le social-démocrate danois Poul Nyrup Rasmussen déclenche des élections. Il s’est fait mettre dehors et, l’an dernier, Anders Fogh Rasmussen a été réélu! Fec, attention

  8. Il ne faut pas négliger la mobilisation de la société civile qui a sûrement joué un rôle dans ce revirement de situation. Lorsqu’autant de monde dit NON à Harper, l’écho se fait entendre.

  9. @Jean-Luc Proulx:
    Faudrait que le québec soit représenté au fédéral pendant une récession???

    Tu crois qu’avec l’obligation des députés de suivre la ligne de partie, ils vont pouvoir s’exprimer???
    Regarde, Mulcair a voulu dire non au mont oxford et il s’est fait mettre dehors par Charest, tu crois que Harper va avoir plus de pitié et va écouter Josée Verner?

    Sans dire que y’a bien des ministres québécois qui n’ont rien fait pour le québec…

    Wil

  10. Il y en a qui comprennent et admettent d’emblée des évidences et d’autres qui ne les comprennent jamais ou ne les comprennent pas au bon moment.

    Il y a au Québec un bloc quasi inébranlable de souverainistes convaincus. Ils représentent probablement la majorité des québécois francophones. De plus, ce sont généralement des gens très ou au moins moyennement politisés. Si on ne tient pas compte des gens qui ne se considèrent pas québécois, des gens dont la seule conscience politique consiste à voter une fois par 4 ans et de tous ceux que la politique laissent parfaitement indifférents, on comprend que la masse des souverainistes, dans l’ensemble des gens politisés et politiquement un tant soit peu actifs, dépasse très largement la majorité dans notre échantillon significatif retenu.

    Les souverainistes ne sont généralement pas des électeurs qu’on peut appâter facilement avec quelques bonbons fiscaux, quelques douceurs législatives ou quelques hochets sémantiques insignifiants. C’est loin d’être une particularité des souverainistes québécois. Tous les souverainistes du monde sont des gens fortement attachés à leurs convictions. La rage d’une nation (ou d’un grand groupe d’éléments d’une nation) éveillée qui revendique le droit d’exister comme entité entièrement autonome n’a probablement d’égal que l’attachement viscéral d’un groupe à ses croyances religieuses profondes. Oui les indécis et les fédéralistes inconditionnels peuvent se laisser séduire indifféremment et sans retenue par n’importe quel parti fédéraliste ou presque, les différences entre les uns et les autres étant relativement secondaires. Mais comment les fédéralistes peuvent-ils croire que les souverainistes vont quitter en masse leur navire pour s’aventurer sur de nouvelles embarcations où personne ne les comprend et où ils doivent, à tout moment, surveiller leurs arrières pour éviter d’être poignardés dans le dos?

    Comment des analystes sérieux en sont-ils arrivés à penser que les souverainistes allaient déserter en masse le seul navire qui n’est authentiquement que le leur.

    Après avoir gouverné le Canada pendant près de 3 ans, après avoir probablement fait des efforts notables réels pour comprendre les québécois (autant fédéralistes, nationalistes que souverainistes), Stephen Harper disait il y a quelques jours qu’il ne comprenait toujours pas la très grande majorité des québécois. Ce n’est pourtant pas étonnant. Il n’arrivera probablement jamais à comprendre vraiment les québécois parce qu’il n’est tout simplement pas québécois. Je ne crois pas qu’il y ait non plus de nombreux québécois qui comprennent les albertains, les terre-neuviens, les prince-édouardiens, les saskatchewanais ou les yukonais. C’est toujours très difficile de comprendre ce qui ne nous ressemble pas. Stephen Harper a vraiment pensé qu’il pouvait nous amadouer en nous reconnaissant comme une nation dans un Canada uni, en nous accordant un siège purement virtuel à l’UNESCO et en soulageant temporairement le déséquilibre fiscal entre Ottawa et Québec. Je ne veux pas faire partie d’une nation conditionnelle, subordonnée aux conditions imposées par une autre nation. Je ne veux pas d’un siège à l’UNESCO que je dois partager avec une très forte majorité issue d’une autre nation. Je ne veux pas qu’une autre nation soulage temporairement mon déséquilibre fiscal. Je veux des points d’impôts et un accès à tout ce qui pourra solutionner définitivement mon déséquilibre fiscal. Et même si on nous donnait une reconnaissance inconditionnelle de notre statut de nation, qu’on nous donnait un siège propre et entier à l’UNESCO, qu’on nous transférait des points d’impôts, je ne serais pas plus satisfait. Comme la plupart des souverainistes je veux rien de moins que la souveraineté. Alors, le Parti Conservateur ne pourra jamais me donner ce que je désire. Pourquoi de mon côté je lui donnerais mon vote?

    Du côté du Parti Libéral ce n’est pas mieux. Stéphane Dion comprend probablement plutôt bien les souverainistes québécois. Malgré qu’il affirme depuis peu qu’il est un nationaliste québécois, il a choisi son camp depuis longtemps et a choisi également sa stratégie d’approche face aux souverainistes. Ce choix c’est la confrontation, la menace partitionniste, le chantage nébuleux à la clarté. À quelques jours du vote notre nouveau nationaliste québécois révèle à nouveau son attachement envers la confrontation en ramenant sur les tribunes, avec lui, Jean Chrétien et son aréopage de matamores casseurs de souverainistes et disciplines de la commandite. Il ne manque que les apparitions d’Alphonso Gagliano, de Pierre Pettigrew et autres chantres anti-souverainistes pour compléter le tableau. À mon sens Stéphane Dion a fait une grave erreur en ramenant des grands disparus sur scène avec lui, dans les derniers milles de la présente course. Stéphane Dion avait presque réussi à nous faire oublier l’ancienne équipe libérale qu’on avait tant de plaisir à oublier. Stéphane Dion n’aura pas le vote du souverainiste que je suis et je ne vois pas le jour où les libéraux pourront me le soutirer.

    Les néo-démocrates sont trop centralisateurs et ne s’attardent pas réellement au problème québécois. Ils n’auront pas mon vote de sitôt.

    Les verts? Étant fort soucieux des questions environnementales, je me dis qu’on s’en sortirait mieux dans un Québec souverain qui a déjà une bonne longueur d’avance sur le Canada en matière d’environnement. Et je n’ai pas envie d’attendre après l’autre nation.

    En définitive, il n’y a aucun parti politique à l’échelle canadienne qui puisse satisfaire les aspirations des souverainistes québécois ou même tout simplement des nationalistes québécois. Il n’y en a ni ici, ni maintenant, ni à l’horizon. Et Gilles Duceppe a parfaitement raison. Ce n’est pas la faute des souverainistes si les partis fédéralistes canadiens n’arrivent pas à nous vendre leur salade. Les uns choisissent depuis toujours la confrontation. Ce ne peut mener nulle part car ça ne fait qu’accentuer l’acrimonie entre les deux camps et aucun des deux camps ne va s’évaporer, comme par magie, du jour au lendemain, même si c’est ce qu’on semble bêtement espérer des deux côtés.

    Il y a ceux qui choisissent de ne jamais aborder le problème de façon sérieuse (le NPD), comme si un problème ignoré était un problème résolu.

    Il y a ceux qui donnent un peu, plus souvent qu’autrement des « objets » purement symboliques, mais qui, parce qu’ils ne pourront jamais se permettre de déplaire à la vaste majorité de leurs électeurs canadiens, ne pourront jamais satisfaire une majorité de québécois.

    Il est impossible d’envisager des changements constitutionnels profonds pouvant satisfaire un tant soit peu les québécois parce que le fruit n’est pas mûr, que le terreau n’est pas fertile, que la majorité canadienne n’est pas prête, que le vent ne souffle pas du bon côté, que le café n’est pas prêt, que le bateau coule, que le vernis de la table n’est pas sec, que la voiture du premier ministre manitobain ne démarre pas, que le premier ministre néo-écossais est embourbé dans la neige, parce que le conseiller principal du premier ministre est parti à la chasse et qu’il est impossible de la rejoindre sur son cellulaire défectueux, parce que l’activité solaire provoque une tempête magnétique empêchant les communications de fonctionner, parce que l’épouse du premier ministre canadien vient de se faire enlever par les extraterrestres, parce que la plomberie vient de lâcher au 24 Sussex, parce que le premier ministre du Yukon vient de découvrir qu’il est cocufié par sa femme avec le premier ministre de Terre-Neuve, parce que le principal conseiller du premier ministre de l’Ontario vient d’apprendre que Brad Pitt et Angelina Jolie viennent lui rendre une visite non annoncée, parce que… Parce que… Parce que Mars attaque…

    Le Canada est tellement vaste et tant de choses peuvent survenir à tous moments que des pourparlers constitutionnels sérieux pouvant aboutir à quelque chose de concret et de substantiel pour le Québec sont, dans les faits, pratiquement impossibles. Ceux qui nous disent que le fruit n’est pas mûr savent très bien qu’il ne le sera probablement plus jamais. En réalité ils attendent plutôt que le fruit souverainiste se détache de l’arbre, qu’il tombe directement par terre ou en bifurquant sur la tête de Newton, qu’il roule un peu sur l’herbe puis dans la boue d’un chemin de terre, qu’il soit écrasé par un gros camion, qu’il pourrisse rapidement sur place ou qu’il soit entièrement dévoré par les insectes et les bactéries afin qu’il disparaisse complètement.

    Malheureusement pour les fédéralistes ce scénario ne se réalisera pas. D’un autre côté les fédéralistes ne parviendront jamais à mettre assez de substance sur la table constitutionnelle pour satisfaire les aspirations légitimes de la nation québécoise.

    Alors, elle est où la solution? Je n’en vois aucune autre satisfaisante que la souveraineté du Québec. Elle se fera le jour où la majorité des québécois et des québécoises se rendront à l’évidence qu’il n’y a pas d’autre ou de meilleure solution. L’attente peut être encore longue. Elle peut également être très courte. En politique tout peut changer très rapidement.

    Au début de cette campagne électorale ils étaient nombreux à croire que les conservateurs allaient gagner du terrain au Québec, au détriment du Bloc Québécois. En fin de course la situation n’est plus du tout la même. C’est peut-être parce qu’encore une fois les québécois ont déchanté en constatant que les différentes versions possibles du Canada qu’on nous proposent, encore et encore, ne cadrent absolument pas avec les désirs et les aspirations de la nation que nous sommes. Cette campagne électorale n’aura peut-être servie qu’à faire la preuve, une fois de plus, que la Canada c’est bon pour les canadiens mais pas pour les québécois. À force de nous démontrer leur impuissance à nous satisfaire, les partis fédéralistes vont peut-être finir par engendrer plus de souverainistes que n’arrivent à le faire, eux-mêmes, les partis souverainistes.

  11. 1) Je ne me souviens pas d’avoir assisté à une campagne électorale aussi morose, aussi lourde et aussi vide. Et c’est en majeure partie grâce au Bloc et leurs amis (artistes, médias, gauchistes et séparatistes de tout acabit). Les campagnes de peur, les mensonges et le vide, toujours le vide, c’est le résumé de la campagne du Bloc. Triste, très triste que ça marche. Tout autant que pour Charest qui gagne des points dans les sondages en ne faisant rien. Faut croire qu’on aime les politiciens qui ne font rien pour nous au Québec.

    2) Je crois que la région de Québec va redonner les mêmes comtés aux Conservateurs, malgré ce que prétendent les sondages. Mais contrairement à ce que tu dis, les gens de Québec ont plutôt pu voir que d’avoir des gens au pouvoir amenait quelque chose pour la région comparativement aux réelles plantes vertes (concrètement, réellement, pas juste des mots en l’air) qui étaient là avant ou qui sont encore là comme Christiane Gagnon. Aucun bilan en 15 ans. Et elle propose encore du vide.

    Tu as cependant raison sur un point, les consevateurs ont adopté une mauvaise stratégie de campagne.

    3) Le programme de ton parti, le NPD, est pas ben ben plus rempli que celui du PC. Et comme c’est arrivé très souvent dans cette campagne, ce que disent les conservateurs est vrai, mais mal vu. Ils disent qu’ils préfèrent sortir leurs idées et promesses une par une pour qu’elles aient de l’attention au lieu de les noyer dans la sortie d’un coup du programme. Et retournez sur les sorties de programmes des partis et c’est archi vrai. Ça l’a été aussi pour les conservateurs. Une étude du programme fait cependant encore plus réaliser la mauvaise stratégie du PC. Plusieurs bonnes idées qui n’ont pas été présentées et qui auraient beaucoup été appréciées.

    C’est drôle qu’on repproche au PC de ne pas avoir de programme et qu’on n’a jamais repproché au Bloc de ne pas avoir présenté une seule idée dans cette campagne.

    4) Je disais plus haut que ce qu’a dit le PC était souvent factuellement vrai, mais galvaudé ensuite par les médias. Il est vrai que la crise actuelle amène plusieurs occasions d’investissement. Et c’est vrai aussi pour les petits investisseurs, pas juste Warren Buffet. C’est réel, c’est concret, Harper le sait en tant qu’économiste, mais au Québec, c’est bourré d’illettrés économiques, alors on ignore ça. Ce n’est pas Harper qui a pris les électeurs pour des imbéciles, c’est du monde comme toi et les médias surtout.

    5) Encore une fois, c’est une question de stratégie et de communication, mais Harper a simplement mal expliqué ce que son gouvernement a déjà fait concernant la crise. Ce qu’on vit, c’est ce que tous les pays vivent en bourse, mais la réalité, c’est qu’on est le grand pays qui s’en sort le mieux. Encore vendredi, on apprenait que plus de 100 000 nouveaux emplois ont été créés en septembre alors qu’on en attendait 12 000. Économiquement, considérant la situation, le Canada va très bien. C’est impressionnant même.

    Finalement, Harper sera minoritaire. Je crois aussi à de meilleurs résultats au Québec que ce qu’on prétend dans les sondages. On va être surpris de tous les résultats.

    Dernière chose, où était le Bloc la semaine dernière quand il y a eu une rencontre pour sauver le Grand Prix de Montréal? J’ai bien aimé d’ailleurs les commentaires de Duceppe voulant que tout investissement gouvernemental pour le GPF1 devrait être rentable. Tient! C’est drôle! La logique pour les artistes ne tient plus ici. Alors que le GPF1, c’est réellement de la visibilité mondiale comparativement à des artistes nonames qui font des tournées de nonames.

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