Doit-on abolir les Jeux paralympiques?

J’aime beaucoup Réjean Tremblay. J’apprécie sa plume, sa sensibilité et sa façon bien personnelle de placer à l’avant-scène des enjeux trop souvent ignorés. La plupart du temps, je suis d’accord avec ses positions, mais il me semble que son dernier texte sur Chantal Petitclerc manque la cible.

En effet, dans ce texte M. Tremblay reproche au Comité Olympique Canadien de ne pas verser d’argent aux athlètes paralympiques gagnant une médaille d’or. Selon lui, le rôle de l’État est de « compenser pour les injustices liées à la bonne ou la mauvaise fortune des citoyens », une vérité à laquelle je ne peux évidemment pas m’opposer. Mais en encourageant des Jeux paralympiques favorisant l’exclusion des personnes handicapées, aide-t-on réellement ces personnes à dépasser leurs propres insuffisances?

Qu’on me comprenne bien: je n’ai rien contre Chantal Petitclair. Elle excelle dans son sport, se dépasse constamment à la recherche de ses limites et donne le meilleur d’elle-même. Cependant, elle joue dans la catégorie B. Elle se produit derrière un rideau baissé, lorsque la « vraie » flamme a été éteinte, quand les journalistes ont plié bagage et que le monde reprend son rythme du business as usual. Les spectateurs ont quitté la scène et il ne reste plus que les amis et les connaissances pour regarder le spectacle. C’est ça le problème avec les Jeux paralympiques: ils sont isolés tant de la compétition que des spectateurs. On monte un cirque et on le présente dans le placard.

Alors, pourquoi ne pas les intégrer aux « vrais » Jeux Olympiques? Pourquoi ne pas organiser des épreuves de fauteuils roulants où tous, handicapés et non-handicapés, pourraient compétitionner? On pourrait ainsi valoriser le talent d’une athlète comme Petitclair au-delà de son éternelle catégorie B.

Le problème, c’est de savoir où doit s’arrêter ce genre de compétition. Faire un 100 mètres en fauteuil roulant, c’est chouette. Mais que fait-on des autres handicapés? Puisque le but des Jeux paralympiques est de permettre le dépassement des personnes handicapées, comment ne pas aussi intégrer dans d’hypothétiques Jeux « réunis » d’autres types de compétitions? On pourrait imaginer une course de cul-de-jatte, une compétition d’échecs pour trisomiques, un lancer du javelot pour manchots, etc. Où s’arrête l’olympisme et où commence le grotesque? Va-t-on donner une médaille olympique à une personne atteinte du syndrome de Tourette et capable de rester assise au milieu d’une foule pendant une heure sans rien dire?

Car le but de l’olympisme n’est pas seulement le dépassement personnel; il y a aussi l’excellence. Déterminer les meilleurs au monde dans ce qui apparaît comme étant les disciplines permettant de séparer le grain de l’ivraie. Et qu’on le veuille ou non, il n’y a pas de place pour la catégorie B. Les Jeux paralympiques, c’est un peu comme une ligue de hockey pour femmes; on aime le spectacle mais on sait que ce n’est pas « ze real thing ».

Et je suis convaincu que les athlètes paralympiques le savent. Chantal Petitclair le sait, le soir quand elle se couche, qu’elle joue dans la catégorie B. Ne serait-elle pas plus fière si elle pouvait jouer parmi les grandes? Si elle pouvait, par exemple, faire avancer un kayak (ce que son handicap n’empêcherait pas)?

Je suis bien d’accord à encourager l’excellence et à aider ceux qui n’ont pas eu de chance dans la vie. On pourrait donc donner un petit montant aux gagnants des paralympiques, mais on ne devrait jamais les placer sur le même pied que les athlètes des « vrais » Olympiques, la crème de la crème du genre humain.

Et si jamais un handicapé pouvait se dépasser au point de pouvoir participer à une compétition des vrais Jeux Olympiques, son succès n’en serait que plus retentissant. Et je suis certain qu’une douzième place en finale A vaut bien toutes les médailles en finale B.

Les Jeux paralympiques ne servent, actuellement, qu’à imposer une ségrégation entre les « normaux » et les handicapés, nuisant aux chances des seconds de réellement se dépasser et de pouvoir se comparer aux meilleurs parmi les meilleurs.

En ce sens, ils devraient être abolis et l’argent qu’on y dispense devrait servir à encourager les handicapés à trouver une discipline où ceux-ci pourraient compétitionner avec l’élite du genre humain. La fierté d’un handicapé dépassant les « normaux » n’aurait pas de prix.

Voilà ce qu’on devrait encourager.

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3 Réponses

  1. Je partage ton opinion. A mon avis, les Jeux paralympiques sont simplement un glaçage politiquement correct. Tout comme les Jeux gays.

    Tout à fait d,accord avec toi, que l’on utilise cet argent pour stimuler l’acticvité physique et son excelelnce chez les personnes handicapées mais pas dans le cadre de jeux suivant automatiquement les J.O.

    Sinon à quand les Jeux pour hommes blancs poilus et bedonnants?

  2. TU AS BIEN RAISON JE TE SUIS BIEN TRISTE …. QUELLE FAÇON D’ÉCRIRE EN PASSANT !

    jE VOTE CONSERVATEUR CAR IL N’Y A PAS DE CENTRE AU CANADA. SEULEMENT DE LA GAUCHE, DU SOCIALISME ET QUELQUES FOIS DU MARKISME. POUR OBTENIR LE CENTRE ON DOIT VOTER POUR DES GENS DE DROITE (PAS EXTRÈME COMME ON VEUT NOUS LE FAIRE CROIRE) UNE FOIS AU POUVOIR, DE FAÇON MAJORITAIRE JE L’ESPÈRE, ILS POURRONS RÉFORMER TOUT LE SYSTÈME ET QUAND LA GAUCHE EN AURA ASSEZ ILS SE FERONS ÉLIR ET ON REVIENDRA AU ANNÉE TRUDEAU…

  3. ta voté conservateur c laite

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