Obama: toujours plus à droite

J’ai déjà écrit plusieurs textes pour dénoncer Barack Obama. L’an dernier, je dénonçais son désir d’envoyer des troupes au Pakistan; plus tard je parlais de son programme économique de droite où il offrira de généreuses baisses d’impà´ts à des gens qui gagnent plusieurs centaines de milliers de dollars annuellement; ensuite j’ai dénoncé le fait que son premier discours en tant que candidat à la présidentielle a eu lieu devant le plus puissant lobby israélien aux États-Unis; puis j’ai dénoncé le fait qu’on se sert de la couleur de sa peau pour le présenter comme une « nouveauté » alors qu’il propose les mêmes vieilles idées de droite que ses prédécesseurs.

Aujourd’hui, je crois qu’il est temps d’actualiser la liste. On peut maintenant parler de son appui à la peine de mort, son refus de condamner une décision de la cour réitérant le « droit » des États-uniens de se promener armés jusqu’aux dents, sa décision de renforcer le programme du président Bush de donner des fonds publics aux organisations religieuses et de voter en faveur du projet Bush de légitimer le programme d’écoute électronique.

Richard Hétu parle de « recentrage ». Mais pour qu’il y ait un recentrage, il faut qu’il y ait eu une distance à partir du centre dans l’autre direction des nouvelles positions prises. Sauf que ce n’était pas le cas: Obama a toujours eu un programme de centre-droit, et maintenant qu’il est officiellement candidat (maintenant qu’il ne doit plus séduire le petit peuple, mais plutà´t les vrais dirigeants, cette élite qui n’est pas soumise au suffrage universel) il s’enfonce davantage vers la droite, alliant à ses positions économiques droitistes les questions de morales conservatrices.

Encore une fois, les véritables perdants de ce virage à droite seront les États-uniens qui ont cru qu’Obama représentait le changement. Ils font la cruelle expérience que la démocratie n’existe plus vraiment aux États-Unis et que les élites ne laisseront jamais aucun candidat de gauche se rendre jusqu’au bout.

Aux États-Unis, vous avez le choix: droite, centre-droit, extrême-droite. Vous avez le choix, mais c’est le choix qu’on vous impose et gare à vous si vous croyez imposer le changement par votre vote.

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10 Réponses

  1. C’est pour ces raisons que dans une élection américaine normale, le taux d’abstention des américains, surtout les plus pauvres, est très élevé.

    Je crois qu’une partie de la gauche Québécoise s’est faite avoir par ce faux messie et qu’il serait temps de l’oublier. Le monde entier en a marre de Georges W. Bush, mais les gens font l’erreur d’appuyer Barack Obama parce qu’ils voient toujours en lui celui qui va arrêter la guerre en Irak…

    Camarades, vous vous fourrez le doigt dans l’oeil en mettant Barack Obama sur votre Facebook ou vos signatures de forum…

  2. C’est difficile d’être à gauche aux États-Unis car, pour la population, être à gauche signifie renier le dieu « Argent ». Or, les États-Unis ont bâti leur image depuis le milieu du 20ème siècle sur l’argent, l’économie… Alors, lorsqu’ils entendent des mots comme égalité, donner du pouvoir aux pauvres, « socialized (mettre le service social que vous voulez ici) », ils paniquent : Quoi ? Et tout mettre les États-Unis à terre? Qu’est-ce que connaissent les PAUVRES de la politique ?

    Or, ce qu’ils ne comprennent pas et ce qu’essaient de leur faire comprendre quelques intellectuels américains (je les plains !), c’est que c’est en continuant d’élever en dogme l’argent, l’économie et la richesse comme ils le font qu’ils mettent le pays à terre. La preuve, à mesure qu’on continue de mettre l’économie et l’armée en priorité aux U.S., les problèmes sociaux s’accentuent d’une manière épidémique… Mais ça, c’est un problème de plusieurs sociétés occidentales qui préfèrent garder le statut quo plutà´t que risquer des changements dans l’idéologie dominante (quitte à changer cette idéologie de l’humain comme moyen pour faire rouler l’économie). Alors, que voulez-vous, Obama ne veut pas s’aliéner un peuple qui ne veut pas changer d’idéologie ! Mais je dois admettre que c’est chiant de voir ces virages à droite du candidat… Phoque ! 😉

  3. Il y a avait pourtant deux candidats de choix; Ron PAUL et Mike GRAVEL

    Le vedettariat, reliquat de l’adoration religieuse, tue la démocratie, enfin, l’Utopie-Démocratique car la vraie démocratie, ça n’existe pas.

    Tant pis. Croire en des messies, voilà ce que ça donne.

  4. @Camarade antho: Je suis d’accord avec vous. Beaucoup de gens se sont laissés bernés, mais est-ce si surprenant? Depuis huit ans, c’est surtout le ton et les manières bornés qu’on dénonçait chez Bush, bien davantage que ses politiques économiques. Bush, Obama, McCain, c’est toujours la même histoire et la même élite au pouvoir!

    @Alex: Je crois que ce que vivent les États-Unis s’est déjà produit dans le passé chez d’autres peuples. Ils sont en train de se faire dépasser de tous cà´tés et ils s’accrochent à une vieille vision nostalgique et idyllique d’un patriotisme suranné pour essayer d’y échapper… en vain!

    @décembre: Bien d’accord avec vous! J’entends parfois des gens dire « ça nous prendrait un nouveau René Lévesque ». Mais moi je leur réponds que Lévesque était un homme comme un autre; simplement il était au bon endroit au bon moment avec les bonnes qualités pour ce que les gens attendaient de lui.

    Mais quand la démocratie se meurt, il ne reste plus que les idoles, n’est-ce pas?

    Merci pour vos commentaires!

  5. Heureusement qu’il se recentre à droite! Imaginez un gouvernement social-démocrate qui dilapiderait les précieux impots d’un économie au bord de la récession?

  6. @Tommy: On n’a probablement pas suivi les mêmes cours d’économie. C’est PRÉCISÉMENT quand l’économie s’en va vers une récession que l’État doit être le plus dépensier afin de stimuler la demande. C’est de cette façon et de cette seule façon que les États-Unis se sont sortis de la Grande Dépression.

  7. J’avais bon espoir que Obama change la politique américaine totalement corrumpue.

    Il semble qu’il a vite compris la « game ».

    Mais il devrait faire attention. En allant plus vers la droite, il risque de perdre la base ouvrière de son électorat.

    Peut-être que cela confirme un fait: les États-Unis sont foncièrement conservateurs et réactionnaires, et un candidat de gauche, quel qu’il soit, se doit de plier devant ce constat.

    En tous cas, s’il est élu, ce ne pourra être pire que sous Bush.

  8. 100 personnes contrà´lent la planète Belz. Votre étroitesse d’esprit me navre.

  9. […] de voter pour celui ou ceux qui représentent le mieux nos idées. Et si Obama, dans son récent virage à droite , ne rejoint plus certains Américains, pourquoi ceux-ci devraient-ils voter pour […]

  10. Ne m’en parlez pas: le cours du dollars s’est effondré.

    http://www.forexpros.fr/currencies/eur-usd

    J’ai un compte en dollars. Ca me réjouit pas du tout.

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