Le vrai Québécois

Mon beau-père, c’est un vrai Québécois. Il est né à Toronto d’une famille unilingue anglophone, toutes ses racines sont anglophones, son nom de famille est anglophone. Mais c’est un vrai Québécois. Faut dire, il agit comme tel: malgré son accent et quelques rares erreurs d’accord du féminin ou du masculin (un voiture, une bâtiment), il parle un français très correct. Mais ce n’est pas pour cette raison qu’il est un vrai Québécois. Non. Mon beau-père est un vrai Québécois parce qu’il respecte la langue française et milite pour sa conservation.

Nous soupions chez la belle-famille lundi soir quand nous avons eu cette discussion où il était entièrement d’accord avec mon affirmation selon laquelle le vrai problème au Québec ne vient pas vraiment des anglophones (bien que ceux-ci soient pour la plupart beaucoup plus fermés que les francophones), mais plutà´t des francophones qui refusent de se respecter et d’utiliser leur langue partout.

Il me contait de quelle façon il lui est arrivé à de nombreuses reprises d’arriver dans un commerce et de se faire servir en anglais par une francophone pure laine. Malgré tout, il répondait en français. Et, ironie ou comble de la tristesse, l’employée lui re-répondait en anglais, comme si de rien n’était. Il devait insister, presque être insolent, pour pouvoir simplement se faire répondre en français… par une Francophone! Comme si la Francophone avait intériorisée une sorte d’infériorité de sa langue qu’elle n’osait pas utiliser devant le speak white des Anglais.

Il m’expliquait, avec ses yeux de quelqu’un qui a grandi à l’extérieur du Québec mais qui est tombé amoureux avec notre culture, de quelle façon il constatait que le français recule de manière importante à Montréal. Et il était entièrement d’accord avec moi que les Québécois devraient se respecter davantage et ne pas se gêner de parler français au travail, dans la rue, partout! Surtout face à l’intransigeance et à la culture hyper-dominante des anglophones.

Je ne sais pas pour vous, mais moi j’en veux des dizaines, des centaines, des milliers de Torontois comme lui! On pourrait peut-être les échanger contre toutes ces larves anglophiles à -plat-ventristes qui favorisent l’anglicisation du Québec en offrant un espace anglophone à ceux qui refusent de s’intégrer.

Le bilinguisme, dans un contexte minoritaire, conduit TOUJOURS à la marginalisation de la langue minorisée. Il serait plus que temps de le réaliser et d’agir en conséquence en refusant de parler anglais sur le territoire du Québec. Il n’y a pas de mal à ce que les élites soient bilingues, mais de l’imposer à la majorité est la meilleure façon de nous faire disparaître à grande vitesse.

Se respecter, ça n’a pas de prix.

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9 Réponses

  1. (Diane qui se lève et applaudie….) BRavo! c’est ce que je pense aussi, beaucoup de Québécois se laisse intimider par la vendeuse, ou le caissier qui ne parle que l’anglais et va pour un moment abandonner sa langue pour « accomoder » l’autre… Tout part d’un grain de sable tu sais, si chacun doucement prenait juste pour commencer conscience de ça, le moment venue la réaction deviendrais différente, vaut mieux faire de petits pas certain que de grand pas incertain… 😉

    Petite anecdote, hier je suis allé à l’urgence, arrivé au triage l’infirmiere me parle en anglais, je lui répond en français, elle a de la diificulté à me comprendre et elle perd patience apres moi! Heille! non mais là cé quoi l’affaire! Je n’élaborerez pas sur le sujet je pense que l’anecdote seule parle d’elle même..
    POur terminer et bien finalement l’infirmiere a écris dans mon dossier
    « Maybe prostate inflamation, better do some X-RAY before we take the prostate off!..!.. »Heuuuuuuuuuu j’ai ça moi une prstate?????????? the end!
    😉

  2. Wow Diane, dans quel hà´pital es-tu allée? Sérieusement, si ça m’était arrivé j’aurais demandé à parler à un supérieur et j’aurais considérer faire une plainte.

    Nous avons le DROIT de nous faire servir dans notre langue et… d’obtenir un bon diagnostic.

    Sauf que… à partir du moment où les Québécois commencent à parler anglais au travail, dans la rue, sur internet, et un peu partout, l’anglais devient de facto la langue de communication et le français est relégué au statut de langue folklorique.

    Le problème, je l’ai déjà dit mais je le redis, c’est l’institutionnalisation du bilinguisme. Qu’une certaine élite désire être bilingue, ce n’est pas grave. Mais d’exiger le bilinguisme de la majorité des Québécois, c’est courir tout droit vers l’assimilation. Considérant l’héritage de peuple colonisé du Québécois, qui cherchera toujours à plaire à « l’autre », la seule façon d’assurer la survie du français c’est de s’assurer qu’une grande partie de la population parle uniquement le français.

    C’est le bilinguisme qui est l’ennemi, et rien d’autre!

  3. Voici un commentaire écrit sur le blogue de très pathétique Garth Turner:

    http://www.garth.ca/weblog/2008/07/03/yahoo-2/

    « Bravo, vous avez visé juste sur les Québécois. Se sont des loosers from hell, des minables, des caves qui ne savent rien, tout juste bon à demander l’argent du fédéral. Rien ne marche normalement dans cette province, c’est un pays de socialistes communistes, des édentés et des boiteux qui nous fatiguent avec leurs prétendues souveraineté. Ils n’ont aucun pays à recevoir. Ils ont perdu face aux anglais c’est tout : qu’ils aillent au diable avec leur indépendance, ces idiots incapables de penser plus loin que le bout de leur nez. Ce sont eux les vrais racistes, il suffit de voir comment ils traitent leur minorité. Bandes de caves, tout juste bon à manger de la poutine avariée.  »

    Moi ce que j’aime dans tout ça, c’est l’incapacité à utiliser les mots correctement.

    – looser: comme dans « lousse », c’est ça? Comme quand on dit qu’on a une dent qui est lousse? De kossé?

    – Des caves… Nous, Québécois, sept millions, sommes des « caves ». Oh là là !

    – Des « socialistes communistes »… à€ mettre dans la même catégorie que les « anarchistes capitalistes nazistes séparatistes maoà¯stes néolibéralistes »? Y a quand même des socialistes qui sont morts en se battant contre le communisme et vis versa.

    – leur prétendue souveraineté? De kossé?

    – comment nous traitons nos minorités? Tu veux dire: comment on parle en anglais aux anglophones, comment on se met à quatre pattes devant eux? Comment on se prostitue en oubliant notre langue et notre culture et de quelle façon on fait tout pour accommoder les anglos, c’est ça?

    En tout cas, voilà qui illustre à merveille le type de racistes extrémistes qui vivent encore à Montréal. Une raison de plus de se séparer au plus vite et de renvoyer ces fanatiques au Canada avec un bon coup-de-pied au cul!

  4. Très bon billet ! Et félicitation pour le nouveau blogue, il est très bien !

    Dernièrement, je suis allé dans un McDonald du centre-ville de Montréal (près de l’université Concordia) et j’ai été servi uniquement en anglais. J’ai persisté pour me faire servir en français mais la fille continuait à me parler qu’en anglais. En plus d’avoir fait des erreurs dans ma commande (par exemple, j’ai eu des moyens frites quand j’en avait demandé des grands), elle a oublié un hamburger dans ma commande… ! Résultat : 35$ de perdu et une frustration pour le reste de la soirée (je déménageais des meubles au Ritz-Carlton).

    Un chauffeur de taxi, d’origine algérienne me disait que nous devrions insister de nous faire servir en français dans la métropole en tout temps. Il disait également ne pas comprendre pourquoi des francophones insistaient pour servir les clients en anglais, même si ils savent que le client parle français…

    Je me demande si il est possible de faire une plainte à l’office de la langue française ou quelque chose du genre sur ce service absolument médiocre reçu dans ce McDo du centre-ville. Merci pour me donner des renseignements à ce sujet.

  5. Chouette. Pourquoi ce sont toujours les personnes d’ailleurs qui comprennent ça?

    Vive le beau-père!

  6. c’est un mythe, le bilinguisme. surtout en emploi. non, au Québec si tu veux te trouver un travail tu dois être unilingue. unilingue anglophone. la preuve? une offre d’emploi stipule que le bilinguisme est obligatoire. alors pourquoi celui qui parle juste français n’est pas engagé, mais que l’unilingue anglophone l’est!?

    le « vrai québécois », dans l’état actuel des choses, est le mouton bêlant qui suit le troupeau sans se poser de questions. qui s’aplatit plus bas que terre dans la crainte de paraître intolérant s’il fait respecter ses propres droits. c’est ça, le « vrai québécois » de nos jours, et ça fait dur en crisse…

  7. Transformer un peuple en nation présuppose la création d’un milieu social sain, plateforme nécessaire pour l’éducation de l’individu. Seul, celui qui aura appris, dans sa famille et à l’école, à apprécier la grandeur intellectuelle, économique et surtout politique de son pays, pourra ressentir – et ressentira – l’orgueil de lui appartenir. On ne combat que pour ce que l’on aime; on n’aime que ce qu’on estime; et pour estimer, il faut au moins connaître.(Adolf Hitler) Mein Kampf

  8. L’absence de communauté nationale est facteur de guerre civile, tant que les citoyens ne partagent pas les mêmes valeurs de civilisation. Une cité ne se forme pas à partir de gens pris au hasard, et elle a besoin de temps pour se coaguler. C’est pourquoi, parmi ceux qui ont accepté des étrangers pour fonder une cité avec eux, et pour les intégrer à la cité, la plupart ont connu des guerres civiles. Par exemple, les tyrans de Syracuse, en ayant naturalisé les immigrés, ont dû subir des révoltes. Citoyens et étrangers en sont venus à se combattre. (Aristote)

  9. […] francophone qui doit demeurer francophone. S’il n’est pas nécessaire d’être né Québécois pour avoir la cause de notre langue commune à coeur, son combat de plusieurs décennies pour […]

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