Résident, pas résidant

Je ne suis pas un fanatique de la langue française, mais quand je vois un journal comme La Presse publier des textes incluant constamment la même faute d’orthographe, ça finit par me choquer. C’est le cas pour le mot « résident », qui est constamment écrit avec un « a » alors qu’il ne devrait pas l’être.

Quelques exemples:

Mais les résidants de l’île de Montréal sont loin d’y avoir tous le même accès.

Il est scientifiquement improbable que vous arriviez sur les lieux du tirage avant les résidants de Québec.

Échangeur Turcot: les élus du Sud-Ouest inquiets pour les résidants

Et ça, c’était ma récolte des vingt-quatre dernières heures. Bon dieu, y a-t-il un correcteur chez La Presse? Devrais-je faire application pour redonner un peu de sérieux à ce journal?

L’Office de la langue française est pourtant très clair à ce sujet:

La position de l’Office vise à simplifier l’analyse qu’on en fait; nous proposons l’orthographe résident ou résidente pour désigner ou qualifier « toute personne qui réside dans un lieu donné ». Ainsi, ce sera le cas des résidents d’un quartier, d’un centre d’hébergement, d’un foyer, etc. Ce sera également le cas pour les médecins résidents ou encore pour le statut de résident permanent.

Quant à la graphie résidant, on la réservera au participe présent (Les personnes résidant à l’extérieur du Canada… Les citoyens résidant à proximité des grands axes routiers…). En fait, il n’y a qu’à penser à l’emploi de président et de présidant.

Après on se demande pourquoi tant de gens ne savent pas écrire correctement. Quand même le « plus grand quotidien français d’Amérique » donne le mauvais exemple, voilà qui ne contribue pas à l’amélioration du niveau général de la langue française au Québec.

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13 Réponses

  1. Écris à Paul Roux, le linguiste de La Presse! Il va peut-être pouvoir sermonner ses collègues négligents. D’ailleurs, j’ai mit son blogue dans ma blogolist sur mon blogue et le tien aussi. J’ai créé cette blogolist il y a une semaine.

  2. C’est sûrement dû à l’utilisation un peu trop rapide d’un correcteur comme Antidote qui, comme je viens de le vérifier, ne donne pas de faute à « résidant » dans le premier exemple. Voilà la limite des programmes : est-ce que La Presse aurait coupé chez les employés qui font de la correction?

    Il semble que oui…

  3. Selon mes recherches, il semble que les deux mots s’écrivent :

    « Les mots résidant et résidante formés à partir du verbe résider et de son participe présent sont utilisés en langue commune, parfois en concurrence avec les termes résident et résidente, comme synonymes d’habitant et d’habitante pour désigner de façon très générale une personne qui habite en un lieu. Certains y voient un effet de la péjoration attachée au mot habitant qui peut par ailleurs prendre le sens de « personne aux manières frustes ».

    http://www.grand-dictionnaire.com Cf. Résident/administration publique

    Il semble donc que les deux mots s’écrivent.

    Même qu’ici (Mediadico) on dit qu’il est plus approprié d’employé résidant plutà´t que résident…
    http://dictionnaire.tv5.org/dictionnaires.asp?Action=1&mot=residant&che=1

    Qui dit vrai?

  4. Personnellement j’aurais davantage tendance à croire l’Office de la langue française ou un organisme québécoise. Souvent, en France ils manquent de volonté pour protéger la langue française. Ils n’ont pas la même rectitude qu’ici.

    Je note quelque chose d’intéressant écrit par Grand dictionnaire:

    « Les mots résidant et résidante formés à partir du verbe résider et de son participe présent sont utilisés en langue commune, parfois en concurrence avec les termes résident et résidente, comme synonymes d’habitant et d’habitante pour désigner de façon très générale une personne qui habite en un lieu. »

    Le mot-clef ici, selon moi, est langue « commune ». En quelque sorte, on dit que dans le langage courant on l’utilise, mais que ce n’est pas l’idéal et que ce n’est pas correct. Un peu comme on sacre dans la vraie vie mais pas dans les textes sérieux.

    La définition initiale me semble donc la meilleure. Tout comme on ne dirait pas un « présidant » a été élu, il est faux de parler d’un « résidant » d’une ville.

  5. Ceux qui écrivent « résidant » sont sûrement les mêmes qui écrivent « bloguosphère » avec un « u ». Oui monsieur.

    LOL

  6. J’avoue qu’elle était pas forte celle-là ! Mais comme je l’ai écrit sur le gars qui parle de lesbiennes et de satan, je suis neutre vis à vis d’elle. J’étais 100% d’accord avec sa critique du « gala » de la fêlée, mais d’un autre cà´té elle y va fort sur Renart aussi par moment…

  7. Je ne parlais pas d’elle… je ne savais même pas!

    Il faut dire que j’ai lu ses trucs en diagonale, surtout pour ce qu’on pourrait appeler « l’affaire Renart ». à€ mon avis, sa « critique » était gratuite. Je me demande pourquoi un tel acharnement…

    Mais bon… je veux pas repartir là -dessus fait que… 😉

  8. Paul Roux a répondu à mon questionnement:

    Le mot résident désigne correctement en français une « per¬son¬ne qui habite de façon permanente dans un pays étranger ».

    • Les résidents canadiens en France.

    Résident qualifie aussi un « médecin en cours de spéciali¬sation » et une « personne qui habite dans une résidence ».

    Jusqu’à la fin du XIXe siècle, résident désignait aussi une « personne qui habite un lieu ». Il a perdu ce sens en français, mais pas en anglais. Dans notre langue, ce sont les mots habitant ou résidant qu’il convient d’employer. C’est ce qu’affirment Le Robert, Le Multidictionnaire, le Hachette et Le nouveau Littré. Ailleurs dans la francophonie, le mot habitant est le plus souvent employé. Mais ce substantif ayant chez nous une connotation vague¬ment péjorative, on lui préfère habituelle¬ment le mot résidant.

    • Les résidants de Laval.

    Au Québec, la confusion entre résidant et résident vient d’un vieil avis de l’OLF, qui avait recommandé fort mal à propos le terme résident. Dans son dernier avis sur le sujet, l’OLF reconnaît que la forme résidant est également attestée, mais persiste à conseiller résident. Il faut dire à la décharge de l’OLF que Le petit Larousse entretient lui aussi l’ambiguà¯té en¬tre les deux termes. Précisons toutefois que tous les exemples donnés par Le Larousse privilégient le terme résidant.

    Voici la réponse que je lui ai fait parvenir:

    Merci de cette réponse. Voilà qui devrait enrichir mon vocabulaire!

    Ceci dit, voici ce qu’écrit l’OLF (http://www.olf.gouv.qc.ca/actualites/capsules_hebdo/resident_20060601.html):

    La position de l’Office vise à simplifier l’analyse qu’on en fait; nous proposons l’orthographe résident ou résidente pour désigner ou qualifier « toute personne qui réside dans un lieu donné ». Ainsi, ce sera le cas des résidents d’un quartier, d’un centre d’hébergement, d’un foyer, etc. Ce sera également le cas pour les médecins résidents ou encore pour le statut de résident permanent.

    Quant à la graphie résidant, on la réservera au participe présent (Les personnes résidant à l’extérieur du Canada… Les citoyens résidant à proximité des grands axes routiers…). En fait, il n’y a qu’à penser à l’emploi de président et de présidant.

    N’est-il pas vrai qu’on écrit un « président » présidant une assemblée, par exemple? N’est-il pas utile de faire la différence entre le mot « résident » et le mot « résidant »; en utilisant les deux mots, avec le « e » ou avec le « a », il me semble qu’on augmente la précision de la langue. En utilisant simplement l’un ou l’autre j’obtiens une précision supplémentaire à l’utilisation seule du « résidant ».

    Par ailleurs, pourquoi faudrait-il rejeter le « résident » sous prétexte qu’il a servi jusqu’au 19e siècle? Ne pourrait-on pas l’accepter dans notre vocabulaire quotidien, puisqu’il est plus précis que « résidant », à mon avis?

    Existe-t-il une définition… définitive, quelque part?

  9. Si on lit dans « Le Robert », le mot résidant est un adjectif et semble s’appliquer à des personnes qui occupe une place dans un organisme d’après les exemples qui y sont donnés. Quand on parle des résidents, il s’agit d’uns substantif et non d’un adjectif. Au mot résident, il est d’ailleurs indiqué que c’est à la fois un nom et un adjectif. à€ la fin de la définition 2, il est clair qu’il s’agit de personnes qui habitent un lieu précis: « Personne qui habite dans un ensemble d’habitations ». C’est pourquoi il me semble que le mot résident pour indiquer les personnes qui habitent un lieu géographique est plus pertinent. D’ailleurs, on dit de l’habitation de ces personnes « une résidence » et non une « résidance ». La Ville de Montréal utilise l’orthographe « résidant » sur ses panneaux pour indiquer les places réservées aux riverains, terme qui serait plus opportun d’utiliser, selon moi et règlerait la question du « e » versus le « a »!

  10. Si on lit dans “Le Robert”, le mot résidant est un adjectif et semble s’appliquer à des personnes qui occupent une place dans un organisme d’après les exemples qui y sont donnés. Quand on parle des résidents, il s’agit d’un substantif et non d’un adjectif. Au mot résident, il est d’ailleurs indiqué que c’est à la fois un nom et un adjectif. à€ la fin de la définition 2, il est clair qu’il s’agit de personnes qui habitent un lieu précis: “Personne qui habite dans un ensemble d’habitations”. C’est pourquoi il me semble que le mot résident pour indiquer les personnes qui habitent un lieu géographique est plus pertinent. D’ailleurs, on dit de l’habitation de ces personnes “une résidence” et non une “résidance”. La Ville de Montréal utilise l’orthographe “résidant” sur ses panneaux pour indiquer les emplacements de stationnement réservés aux riverains, terme qui serait plus opportun d’utiliser, selon moi et règlerait la question du “e” versus le “a”!

  11. Je rêve d’un monde où on pourrait se battre pour une virgule. Ah. zut, ça existe déjà ! 🙂

    Sérieusement, je vois ça comme une lutte entre deux factions. Les traditionalistes puristes comme M. Roux qui rejettent le « e » car selon eux c’est du vieux français démodé et mal utilisé, et de l’autre cà´té ceux qui sont plus modernes (d’un point de vue sur les siècles) et qui acceptent ce « e ».

    Ça me fait penser à l’émission Tout le monde en parlait sur le joual et la lutte entre ceux qui aimaient les Belle-Soeurs et les autres qui ont fait une conférence de presse à Paris SVP pour la dénoncer.

    Comme quoi plus ça change…

    Je trouve ces débats stimulants et ils sont la preuve que nous ne sommes pas encore disparus, même s’il y a un peu trop de gens, comme Simeon à qui ça ferait tellement plaisir…

  12. Bonjour !

    A titre d’information la terminaison « ant » de résidant ne signifie pas forcément un participe passé ! En tout cas dans le dictionnaire de la langue Française !
    La distinction est faite sur le fait  »d’appartenir » au lieu de résidence.

    A bon entendeur…
    Salut

  13. Il n’y a aucune faute à écrire « résidant » ou « résident », les deux deux sont acceptés!

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