Pendant que la droite continue sa propagande…

Pendant que la droite continue sa propagande quant aux prétendus avantages de la privatisation des soins de santé (lire: les avantages pour Power Corporation, qui est à la fois patron de Alain Dubuc et propriétaire de la compagnie Great West, une des plus importantes compagnies d’assurance dans la santé en Amérique du Nord), en Angleterre ils font face aux conséquences désastreuses des choix pris depuis quelques décennies par tous leurs gouvernements de droite (incluant celui de Tony Blair, qui a détruit l’héritage du Parti travailliste).

Voici à lire, bien loin dans un torchon de Gesca inc., le 22 février dernier.

Étude britannique sur les soins de santé

La sous-traitance au privé est un échec
par André Noël

La sous-traitance des soins de santé dans des cliniques privées a nui au réseau de santé public en Grande-Bretagne, indique une étude qui paraît aujourd’hui dans le British Medical Journal, alors que cette réforme est en train de se mettre en place au Québec.

Le réseau de la santé britannique fonctionne sur la base de National Health Services (NHS) auxquels s’apparentent, au Québec, les agences régionales de la santé et des services sociaux. En 2003, le gouvernement britannique a demandé aux NHS de sous-traiter une partie des soins dans des centres médicaux privés, une pratique qu’encourage désormais le ministère de la Santé du Québec.

En établissant un système de sous-traitance, le gouvernement britannique a indiqué qu’il visait à accroître l’offre de services des NHS et à réduire les temps d’attente pour les chirurgies électives. Ce sont exactement les mêmes objectifs que vise le ministre Philippe Couillard, avec la création de centres médicaux associés.

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« Cette politique de détourner les ressources limitées des NHS vers le secteur indépendant des centres de soins provoque la fragmentation et l’instabilité. Les lits et les services des NHS sont fermés pour que s’épanouisse le secteur privé lucratif. Malgré les assurances données par le secrétaire (ministre) de la Santé, Alan Johnson, la preuve disponible montre que le secteur privé fait des profits au détriment des patients, du public et des NHS. »

En 2006, à Londres, le comité sur la santé de la Chambre des communes a entendu des témoignages suggérant que certains centres privés offraient des soins bien en deçà des normes, ajoutent les chercheurs.

« Des organismes et des associations professionnels ont rapporté divers problèmes, comme l’utilisation de médecins formés à l’étranger et peu familiers avec les techniques chirurgicales des NHS, du laisser-aller dans la formation et la vérification, un manque de continuité des soins, et un grand nombre de litiges non résolus.

« Le Collège royal des chirurgiens d’Angleterre a fait état de preuves croissantes montrant que ces centres étaient incapables de gérer les complications, avec pour conséquence le transfert des patients dans les établissements existants des NHS. »

Les garanties initiales n’ont pas été respectées : les centres privés ont siphonné du personnel dans le réseau public, alors qu’ils n’étaient pas censés faire des embauches dans les NHS, ajoutent les auteurs. « Les définitions de pénurie de personnel ont été redéfinies pour faire en sorte que presque tout le personnel des NHS ait désormais le droit de travailler dans les centres privés. »

Les établissements publics se font parfois avoir en signant des contrats avec des centres privés, affirment les chercheurs. Ainsi, lorsque des retards ont empêché un fournisseur de services d’ouvrir un centre à temps, l’établissement public a quand même dû lui verser un million de livres (environ deux millions de dollars) pour les patients qui auraient dû y être traités pendant la durée du retard.

Source : La Presse, page A-7, 22 février 2008

Quel beau résultat. Alors que l’arrière-garde droitiste répète ad nauseam que le privé est la solution à tous les maux, on constate dans la RÉALITÉ que les arguments de ceux qui s’y opposent sont les meilleurs. Comme prévu, le personnel du public a été siphonné vers le privé. Comme prévu, il y a eu du laisser-aller dans la formation et la vérification (le but est de faire du profit, pas de former ou de vérifier, après tout). Comme prévu, le secteur privé fait des profits au détriment des patients et des contribuables. Et comme privé, la qualité des soins offerts dans le privé est inférieure à celle dans le public.

Et c’est cette pilule-là qu’on veut nous faire avaler de force?

NON MERCI!

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9 Réponses

  1. Eh…vous avez oublié d’ajouter que le modèle 100% public qui sévit actuellement au Canada et au Québec est un idéal accompli et impeccable de prombtitude, d’amabilité, et d’efficacité!

    Manquez-vous de nourriture dans les épiceries et payez-vous cette nourriture à un prix d’or? Non? Elles sont pourtant 100% privées…

    Manquez-vous de vêtements dans les étalages des boutiques vestimentaires et payez-vous ces vêtements à un prix d’or? Non? Elles sont pourtant 100% privées…

    Manquez-vous de dentistes? de pharmacies? de gadgets électroniques? de restaurants? etc.? Non? Pourtant, tous ces services sont offerts par le PRIVÉ à 100%!!!

    Par contre, avez-vous le sentiment d’être abandonné, de manquer d’aide, de soutient, de secours, de service adéquat ou attendez-vous pendant des semaines et/ou des mois avant de pouvoir avoir accès aux services de santé pour lesquels VOUS AVEZ DÉJÀ PAYÉ? Oui? Ces services sont « offerts » à 100% PAR LE SYSTÈME 100% PUBLIC!!!

    Tout monopole public, incluant la santé, est un repaire d’inefficacité, de nonchalance, de négligence. D’ailleurs, sans aucune compétition et aucune crainte de perdre leur emploi quoqu’il advienne, pourquoi les syndiqués mur-à-mur de notre système oligarchique de la santé deviendraient-ils soudainement des héros irréprochables d’amabilité et de performance avec la clientèle captive? Avez-vous récemment attendu dans une salle de clinique ou d’urgence? Poser la question est y répondre non?

    le Canada est le SEUL pays au monde, mis à part Cuba et la Corée-du Nord (pays modèles pour certains…) à s’entêter à conserver un système 100% public qui a prouvé à tous depuis longtemps sa désuétude et son obsolescence sauf en ce qui a trait à ses coûts qui, eux, « progressent » (mot fétiche des socialistes…) à un rythme bien au-dessus de l’inflation.

    L’étude à laquelle vous vous référez va-t-elle jusqu’à nous révéler si les britaniques veulent retourner au système 100% public? Non? demandez-vous pourquoi!!!

  2. Les sous-traitants privés ont siphonné le staff du NHS? À ce que je sache, les Britanniques ont le droit de changer d’emploi s’ils ont envie.

    Et présentement Louis, l’Angleterre acceuille plein de personnel médical d’Europe de l’Est attiré par les meilleurs salaires. Médecins, dentistes, infirmières… Alors, le staff est remplacé.

    Par contre, c’est vrai, on ne pourrait pas s’assurer de la même chose au Québec vu le Collège des Médecins…

  3. @Tenace: Tu confonds plusieurs choses. Je vais te laisser le bénéfice du doute et croire que tu ne le fais pas volontairement.

    Premièrement le système de santé canadien n’est pas public à 100% comme tu l’annonces faussement. Si je me rappelle bien, il est privé dans une mesure allant de 30 à 40%.

    Ensuite, le problème en est un d’accessibilité et non de qualité. La qualité des soins de santé au Canada est irréprochable, parmi les meilleurs au monde, et sondage après sondage démontre la satisfaction des gens ayant reçu des soins. En Angleterre, il est question de baisse de la qualité.

    Finalement, si tu te concentrais un peu plus sur le sujet du texte au lieu de lancer ta haine gratuite de tout ce qui est public (et donc plus performant et accessible) tu réaliserais que tu ne peux pas nier la réalité: l’Angleterre a fait l’expérience de la sous-traitance et c’est un échec.

    Reality check comme y disent.

    Répète après moi: l’Angleterre a fait l’expérience de la sous-traitance dans la santé et c’est un échec.

    Merci tout de même pour ton message. Chacun de tes messages me rassurent sur mon point de vue et m’aident à dissiper les doutes que j’aurais pu entretenir. Merci!

    @DerTeilzet: Évidemment que les conditions sont meilleures au privé: le privé renvoie les cas trop lourds vers le public et s’occupe des cas plus légers! Ceci dit, il est vrai que le réseau public est sous-financé: s’il y avait davantage de médecins, infirmiers et autres, ceux-ci auraient moins envie de s’en aller.

    Ceci dit, ça ne change rien au fait: la sous-traitance dans la santé est un retentissant échec!

  4. Ici en Allemagne, l’offre de soins reste essentiellement publique.

    La médecine à deux vitesses se vit au niveau des assurances. Si ton revenu est plus élevé que – je crois 42000€ ou si tu est travailleur indépendant, tu as le droit de t’assurer au privé.

    Le reste, c’est au public.

    Dans les deux cas, tu choisis la compagnie d’assurance et le « forfait » que tu veux. Chaque mois, tu dois payer – 50% toi, 50% l’employeur.

    Il n’y a pas de discrimination sur ton état de santé (en fait, c’est illégal de refuser de t’assurer). La seule chose, c’est que la compagnie privée va te rembourser une partie de tes primes payées si tu n’a pas consulté dans l’année.

    C’est un système que j’aime bien, car il responsabilise l’individu par rapport à son utilisation du système de santé (c’est à dire que tu sais combien ça coûte). Aussi, comme l’État ne peut pas payer pour tous, bien on a éliminé du système public ceux qui peuvent payer.

    Là où les deux vitesses s’installent, c’est que l’assurance privée paye les médecins plus cher.

    Qu’est-ce qui arrive?

    Tu appelles pour un rendez-vous, on te demande ta compagnie d’assurance. Si tu es au privé, il y a de fortes chances que tu passes avant.

    Tu arrives au bureau du médecin. Les patients du privé, eux, ont leur propre salle d’attente avec des plus beaux sofas, une tv, des revues récentes… sans compter qu’on vient leur donner gratuitement des trucs gratuits comme des pastilles.

    Cela dit, ce sont des bébelles. La personne qui arrive avec sa carte verte AOK (la caisse d’assurance maladie publique la plus répandue) ne mourra pas sur une liste d’attente ou n’aura jamais un diagnostic si tard que le cancer est intraitable comme ça arrive souvent au Canada.

    Il y a présentement une campagne de peur contre le système mixte et je la trouve injustifée car je considère que l’on est en train uniquement de légitimer et d’encadrer une pratique qui existe déjà.

    De plus, le système canadien assure la gratuité de tout soin de santé mais t’abandonnes quand ce sont tes dents, quand tu aimerais consulter un psychologue ou encore pour les médicaments. Ici, ça couvre tout. Fait des calcul, tu es beaucoup plus gagnant à avoir 75% de couverture sur tout que 100% si une partie.

    Et il y a des exemptions pour les cas lourds. J’ai un ami séropositif au Danemark, et il se permet de blaguer « Avoir le VIH me coûte moins cher que faire une dépression ».

  5. Les médecins doivent être retenus au Québec et le système de santé doit absolument être présent pour nous 24h/24h, 7 jours/7 jours, ce qui veut dire ouvrir les cliniques médicales la semaine ET la fin de semaine et permettre davantage l’ouverture de cliniques sans rendez-vous. C’est absolument injuste que le seul moyen d’obtenir des soins de santé la fin de semaine soit l’urgence de l’hôpital de ton quartier, qu’il n’y ait aucun médecin qui travaille à sa clinique la fin de semaine (des médecins pour la semaine et des médecins pour la fin de semaine, c’est primordial) et les cliniques sans rendez-vous devraient être beaucoup plus nombreuses.

    Pour ce qui est de l’universalité ou de l’assurance-santé à préconiser, j’ai déjà écrit un billet dans mon blogue là-dessus: http://lequebecdedemain.dansmonblog.com/Premier-blog-b1/Mai-68-et-l-universalite-en-sante-ayoye-b1-p85.htm

  6. Jean-Luc, le sans-rdv deviendra la norme une fois que le dossier santé informatisé sera généralisé.

  7. @ Louis:

    Je vous remercie pour votre réponse quoiqu’elle contienne quelque égarement…

    Si vous entendez que le système canadien englobe TOUS les éléments directement ou indirectement reliés à la santé et qui sont de toute façon exclus du domaine public, il se peut qu’il soit privé à 30% (par exemple en incluant les dentistes, les pharmaciens, les articles de soins personnels, etc.) mais tous ont bien sûr compris que nous discutons bien ici des éléments qui nous sont « offerts » presqu’exclusivement par le public et à ma connaisssance, il y a très peu d’hôpitaux et de cliniques privés au Canada et au Québec. Bref, votre fanatisme vous aveugle Louis…

    Je répète ce que j’ai précédemment écrit au sujet de l’accessibilité: avez-vous des problèmes d’accessibilité aux épiceries? aux boutiques de lingerie? aux magasins d’article de sport? d’articles électroniques? Non? C’est PRIVÉ À 100%!!!

    Avez-vous des problèmes d’accessibilité à la portion de notre système de santé à 100% PUBLIC? Oui (de votre propre aveu)? Voilà!!!

    Case is closed comme y disent!

    Tout monopole, qu’il soit public ou privé (très rare au privé quand même et lorsqu’il existe, il ne le demeure pas longtemps…) est malsain et je soupçonne que vous comprenez très bien cette expression élémentaire mais que votre esprit de parti vous empêche de l’avouer publiquement. La clientèle du monopole est captive tant au point de vue du service que des coûts. La compétition donne un CHOIX aux gens, choix qui nous manque cruellement au Canada d’où les résultats de l’enquête à laquelle vous faites référence. Comment les gens peuvent-ils comparer la qualité des soins alors qu’ils n’ont à peu près pas accès à autre chose qu’à celle que leur offre la technocratie publique? C’est comme demander aux Russes d’avant l’effondrement du parti communistes s’ils étaient satisfaits des services de l’État… Z’avaient rien pour comparer!

    Je ne suis pas contre le public comme vous l’affirmez mais je suis POUR LE CHOIX et contre tout monopole!!!

    Tant qu’à « l’échec » de la sous-traitance chez les britanniques et bien que le parti socialiste-travailliste ait été au pouvoir despuis plusieurs mandats, ont-ils reconverti leur système au public 100%? Non? Ils n’ont même pas pensé toucher à l’héritage Tatcher. C’est tout dire.

    Au fait, vos pays fétiches de la Scandinavie ont récemment privatisé des pans entiers de leur système de la santé histoire d’y augmenter l’efficacité et conséquemment d’y réduire les coûts et on n’a pas encore assisté à une émeute là-bas…

    Bonne fête des Mères à tous!

  8. « Eh…vous avez oublié d’ajouter que le modèle 100% public qui sévit actuellement au Canada et au Québec est un idéal accompli et impeccable de prombtitude, d’amabilité, et d’efficacité!

    Manquez-vous de nourriture dans les épiceries et payez-vous cette nourriture à un prix d’or? Non? Elles sont pourtant 100% privées…

    Manquez-vous de vêtements dans les étalages des boutiques vestimentaires et payez-vous ces vêtements à un prix d’or? Non? Elles sont pourtant 100% privées…

    Manquez-vous de dentistes? de pharmacies? de gadgets électroniques? de restaurants? etc.? Non? Pourtant, tous ces services sont offerts par le PRIVÉ à 100%!!! »

    Barf, là c’est le cas de produits différents.

    Donnons un autre exemple: manquez-vous d’électricité ou avez-vous de fréquentes coupures? Non? Pourtant, ce service est offert 100% par le public, et la distribution est entièrement vue par des employés du secteur public.

    Encore mieux: notre système, malgré que lié au rest du Nord-Est de l’Amérique du Nord, a été le seul à ne pas connaître de panne de courant lors du black-out, il y a 4-5 ans.

    Disons qu’un restaurant et même une clinique dentaire, c’est autre chose qu’un hôpital.

    La preuve: va aux États-Unis et ils auront les mêmes plaintes, les mêmes inquiétudes que nous sur leur système de santé, même si le leur est à majorité privé.

    Et le 100% public en santé est erronné. Presque tous les médecins de famille, les premiers intervenants en médecine, sont dans le système privé.

    Un dernier point d’importance: on a prouvé que le salaire moyen et les avantages sociaux des infirmières privées était plus élevé. En gros, faire de la sous-traitance d’infirmières privées dans notre système public coûte plus cher et est moins efficace que d’avoir des infirmières dans le système public, en plus de nous priverde personnel infirmier dûment formé. Avec le temps, de plus en plus d’infirmières vont dans le privé et cela est une source d’inquiétude pour l’accessibilité aux soins de santé en général; pas pour les soins de santé public, mais pour l’accessibilité. Cela force le système public d’offrir au nouveau personnel infirmier plus d’avantages sociaux et moins d’heures pour ne pas les faire partir vers le public. Quand on sait que le personnel infirmier est un des trois indicateurs de l’accessibilité des soins de santé dans le monde, on peut en conclure que dans le cas des infirmières, le privé nuit à l’accessibilité (les trois indicateurs: nombre de lits par 100 000 habitants, nombre d’infirmiers/infirmières par 100 000 habitants, nombre de médecins par 100 000 habitants). Comme le privé par sous-traitance n’augmente ni le nombre de lits ni le nombre de médecins (et peut réduire l’horaire des médecins actuels), on peut en conclure que ouep, le privé en sous-traitance nuit actuellement nuit à l’accessibilité du système de santé.

    C’est d’ailleurs ce que vient prouver l’étude britannique, mais en poussant plus loin que ce que je viens de citer.

  9. Ma mère à eu un cancer durant 23 ans….l’état lui à assuré des soins et des services extraordinaires…Mon père, handicapé de surcroit, gagnait env. 17 000$ par année et ce,de façon autonome (lire travailleur autonome). Il n’aurait pu nous payer des assurances. Aujourd’hui je suis un professionnel mais je dois mon statut à notre système qui m’a permis d’étudier, ce qui n’aurait pas été possible avec les revendication de la droite actuelle. L’ADQ pour la famille?..laissez-moi rire. SVP, arrêtons d’encourager M. Desmarais qui veut mettre la main sur les soins de santé.

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