« Nos » Canadiens éliminés?

« Nos » Canadiens n’ont pas été éliminés. Leurs Canadiens, peut-être. Les Canadiens, sûrement. Car en quoi cette équipe nous ressemble-t-elle? Premier trio: S. Kostitsyn, Koivu, Higgins. Deuxième trio: A. Kostitsyn, Plekanec, Kovalev. Nos défenseurs? Streit, Komisarek, Hmrlik. Et le zouf dans les buts qui ne peut pas arrêter un ballon de plage? Price, Carey Price. Non, ce ne sont pas « mes » Canadiens, ça.

Ça manque cruellement de Québécois dans cette équipe. Ça manque de gars de chez nous, qui ont grandi en sachant ce que c’est que jouer pour les Canadiens de Montréal, et qui sont prêts à se défoncer pour gagner la Coupe Stanley. Qui sont prêts à souffrir, à jouer blessés, à saigner. Qui savent ce que ce trophée représente. Des Gagné, Ribeiro, Tanguay, Brière. Ou d’autres. Mais des joueurs auxquels on peut s’identifier, qui nous représentent, qui portent fièrement l’uniforme bleu-blanc-rouge. On peut avoir des joueurs européens, mais le coeur et l’âme de l’équipe doivent être québécois.

Pour comprendre pourquoi les Européens et les Russes se pognent le beigne et ne sont pas prêts à souffrir pour gagner la coupe, je risquerais la comparaison suivante. Imaginez que vous êtes un joueur de hockey, et qu’une ville en Russie, disons Novossibirsk (loin, loin!) vous offre un faramineux salaire pour venir jouer. Et que lorsque les séries de la coupe Pouchkine (nom fictif) se présentent, vous n’êtes plus payés et ne jouez que pour la « fierté ». Excusez-moi, mais avec le printemps qui arrive, vous vous ennuierez de la famille, des paysages québécois, du golf, des amis, et vous vous demanderez sûrement ce que vous faites à jouer pour un plus faible salaire (les joueurs sont largement moins payés en séries éliminatoires) dans un trou perdu à 15 000 km. de chez vous. Ne venez pas me faire croire que vous allez vous défoncer pour une coupe qui ne vous dit rien, à vous.

Mais pourtant… Si vous voyez vos coéquipiers saigner pour la coupe, tout donner pour celle-ci, vous allez embarquer. Et c’est pourquoi il est PRIMORDIAL que le coeur de l’équipe soit motivé et acharné, résolu à TOUT FAIRE pour gagner. On peut greffer à l’équipe quelques joueurs étrangers, mais il faut absolument que le coeur soit local.

Ce n’est pas pour rien qu’aucune équipe de la LNH n’a jamais gagné la Coupe Stanley avec un capitaine européen. Ça ne marche pas. Ça joue fort pendant la saison régulière et quand les séries arrivent – quand il faut saigner un peu et se bousculer dans les coins – ça s’écrase lamentablement.

« Notre » équipe, ce n’est pas « notre » équipe. C’est leur équipe. À ceux qui ont assez manqué de vision pour échanger tous ces Québécois qui font notre fierté et qui ont repêché des joueurs incapables de se défoncer pour un objectif qui, de toute façon, ne les intéresse qu’à moitié.

Demain matin, Kovalev va prendre son avion privé, va faire quelques tours, puis il va rentrer en Russie presto.

Un changement MAJEUR s’impose au plus vite. Il est impératif de se débarrasser de ces joueurs qui n’apportent rien en séries et d’aller chercher des Québécois afin de recréer un sentiment d’appartenance. Sinon, on donnera l’impression aux gens de les avoir flouer et tous ceux qui ont mis de petits drapeaux du CH après leurs voitures l’auront fait en vain car le Canadien ne gagnera jamais la Coupe Stanley.

Dans une équipe tout comme dans une société, tout est une question de dosage et d’équilibre. Quand les étrangers deviennent majoritaires, il faut agir et rétablir cet équilibre.

C’est vital.

Publicités

10 Réponses

  1. Le hockey, plus que jamais, c’est une affaire de fric. La ligue et ses commissaires l’avait confirmé haut et fort lors du départ des Nordiques vers Colorado. Gros amphithéâtres, loges corporatives, diffusion des matches par les stations payantes (CBC étant l’exception)… J’ai personnellement décroché de ce sport lorsque maître Grosbut a « donné » les Nordiques aux Américains. La situation de la ville de Québec est encore pire que celle que vit Montréal aujourd’hui. On lui refuse de vibrer pour son sport préféré parce qu’elle ne peut pas générer assez de profits. C’est démesuré et tellement loin des aspirations des fans.

    Hier soir, les fans du centre Bell semblaient avoir retrouvé leur patriotisme « canayen »… J’ai rarement entendu un hymne national chanté avec autant de passion. Et l’honneur que nous a fait Jean Chrétien, donnant l’impression qu’il aime se retrouver avec le peuple après l’avoir trahi tout au long se sa carrière politique… Pathétique.

  2. Correction: Le SPORT n’est plus qu’une affaire de fric. Oui, je suis très très pragmatique sur la question mais c’est ça qui est ça!

    Louis, il y a des Québécois qui jouent au foot en Europe. Est-ce que tu penses qu’ils ont autant de coeur à aller chercher…la Coupe de Norvège?

    André Hainaut, du Sparta Praha, parle-t-il tchèque? Patrice Bernier du FC Kaiserlautern l’allemand?

    Pierre Pagé a été coach des Eisbären de Berlin, là il est à Salzburg en Autriche. À suivre ton raisonnement, il ne peut avoir aucune envie de faire gagner ses joueurs à un championnat national qui ne lui dit rien. Pourtant, Berlin a gagné trois fois le championnat allemand quand il y était!

    Parle-t-il allemand? Je ne peux pas te dire, je ne l’ai jamais vu à la tv.

  3. En plein dans le mille Louis! Tu ne pouvais mieux dire.

  4. Je vais m’identifier 10 fois plus à un batailleur comme Komisarek ou à Koivu qu’à un frais-chier comme Mike Ribeiro ou Théodore. Pis pour revenir sur Price, il vient de Vancouver et, devine quoi, là-bas aussi la LNH existe et, oui oui, les joueurs de hockey qui viennent de là veulent aussi la gagner la coupe.

    En passant, le premier pointeur de la ligue en séries actuellement est un joueur tchèque (Jagr), le meilleur marqueur un suédois (Franzen), tout comme le meilleur défenseur à date en séries (Lidstrom). Les 5 meilleurs pointeurs, excepté Brière, viennent de l’Europe ou de la Russie. Qu’on vienne pas faire chier avec des histoires de nationalités après.

  5. Bonjour,

    Je comprends la frustration suite à cette défaite amère. Je comprends aussi que l’on cherche des causes à cela… et le danger est de sombrer dans la simplicité, dans des argumentaires à l’emporte-pièce.

    Tu parles de Mike Ribeiro… rappelle-moi donc ce qu’il a fait pour le Canadien lorsqu’il était encore à Montréal ? Malgré son talent certain, le principal reproche qu’on lui faisait, partisans ET encadrement de l’équipe, c’était qu’il manquait d’intensité, qu’il se laissait aller (et pas seulement dans les bars de la ville). Tu parles de Daniel Brière… oui, mais il avait la possibilité aussi de jouer pour le club de son enfance, et quelque soit les raisons, il ne l’a pas voulu, alors que des gens comme Christopher Higgins, non-Québécois, non-Canadien, rêvait de jouer pour le tricolore depuis sa plus tendre enfance. Alors que Cristobal Huet, européen de son état, portait déjà le chandail du Canadien tout jeune et aimait jouer ici… il a tout donné pour le Canadien, malgré le fait qu’il n’a pas le talent d’un Brodeur ou d’un Roy.

    Et parlant de Brodeur, autre Québécois, il l’a dit plusieurs fois : il ne veut pas jouer à Montréal.

    Oui, j’aimerai qu’il puisse y avoir plus de Québécois dans l’équipe. Mais la réalité, c’est que cela ne semble pas réciproque !!! Qui est donc à blâmer ? Les Européens qui, EUX, acceptent de venir ici, ou les Québécois qui préfèrent d’autres équipes pour le bien de leur carrière ?

    Je ne suis pas en train de reprocher leur choix. Je respecte la décision de Brière, je respecte le choix de Brodeur… par contre, j’en veux aux Ribeiro, Théodore, Dagenais, qui ont mis LEURS petites personnes en avant de leur équipe.

    Facile donc de blâmer ceux qui restent, alors que ceux-là se sont pognés le beigne bien qu’ils étaient Québécois et « censés » comprendre les enjeux.

    Lorsque je vois les frères Kostitsyn, ne pas hésiter à aller dans le trafic, à se faire prendre en sandwich entre deux joueurs adverses le long de la bande, alors qu’ils sont à leur année de recrues. Quand je vois Koïvu, qui n’a pas le talent d’un Lecavalier ou d’un Tanguay, élever son jeu d’un cran et redonner de l’énergie à son équipe durant la série contre les Bruins. Quand je vois Komisarek, Hamrlik, s’impliquer et, pour Komisarek, dominer au chapitre des tirs bloqués… je me dis qu’on perdrait beaucoup à les laisser partir.

    Ces dernières années, quels sont les Québécois qui ont mis vraiment du cœur dans cette équipe ? … Allez, il y a bien-sûr Steve Bégin, mais ce n’est pas un marqueur de 50 buts, on le sait. Lapierre semble être de cette trempe aussi… Pis ? Un autre nom ? Comme je l’ai dit plus haut, ni Ribeiro, ni Dagenais n’ont mis autant d’intensité que certains joueurs européens ou étasuniens.

    Alors non, cet argument simpliste ne tient vraiment pas la route.

    Jean-Philippe
    (d’origine européenne en passant)

  6. Wow, vraiment n’importe quoi, comme si la performance d’un joueur de hockey dépendait de son attachement à la frontière imaginaire autour de la zone géographique contenent l’aréna

  7. @ Louis.

    😆 😆 Ribeiro, un joueur qui aidait le Canadien à gagner! Non, il se pognait le beigne. D’accord, il est devenu bon, mais si il a été échangé à Dallas, c’est parce qu’il a fait une pipe à la nièce d’une ancienne légende du Canadien (Jean Béliveau??????), lors d’une partie de golf, et que cette dite ex-légende a ordonné à Gainey de l’échanger pour rétablir son honneur. C’est la même chose avec Théo-dort. Ce n’est pas pour rien que l’Avalanche du Colorado s’est fait éliminé en 4 matchs contre Détroit. En passant, Joe Sakic a prit sa retraite. 😥 Au revoir, dernier joueur des Nordiques qui était encore actif!!!! Et puis, je peux savoir ce qu’ont fait Latendresse et Lapierre pour aider la cause du CH? Quant à Bégin, il nous a coûté le quatrième match avec sa punition stupide à 3 minutes de la fin de la troisième période. Pour ce qui est de Price, même Martin Brodeur a écrit dans sa chronique de ce matin que ça arrive à tout gardien recru de flancher, lors de sa première participation dans les séries. Aussi, je suis bien content pour Martin Biron, car il mérite ce qu’il lui arrive. Après avoir joué les seconds violons à Buffalo, le voilà gardien no. 1 à Philadelphie. Un gars de chez-nous, en plus! Lac-Saint-Charles!!!!!!!!!

    @ lutopium.

    Si le PQ avait bien voulu débloquer une subvention aux Nordiques pour aider Marcel Aubut à éponger le déficit de l’équipe, peut-être que les Nordiques seraient encore à Québec aujourd’hui. Le PQ est politiquement responsable de la perte des Nordiques et Jean-Paul L’Allier aussi, lui qui ne bandait qu’avec la koultoure. Ce sont eux qui ont forcé la main de Marcel Aubut pour vendre les Nordiques. Ça fait un mois qu’on le sait, grâce à la publication de la correspondance échangée au printemps 1995 entre Marcel Aubut et André Joli-Coeur concernant l’avenir des Nordiques de Québec, correspondance secrète qui a été dévoilée par Sylvain Bouchard, l’animateur du matin au FM 93,3.

    Par contre, je suis sûr et certain qu’un jour, Québec reviendra dans la LNH. La semaine prochaine, Gary Bettmann sera à Québec et plusieurs personnes risquent d’avoir un gilet des Nordiques pour l’influencer, advenant qu’une équipe de la LNH décide de déménager, car 3 villes canadiennes seraient à l’honneur: Winnipeg, Hamilton et Québec. Toutefois, on ne commencera pas à être têteux et à se mettre à genoux devant lui pour avoir une concession. Si il ne nous veut pas, on n’aura qu’à l’envoyer chier. Mais, il faut qu’il s’aperçoive que Québec est une ville de hockey. Si il constate qu’il n’y a pas de fièvre pour la LNH au sein de la population de Québec ou pour un nouveau Colisée qui est primordial pour un retour de la LNH à Québec, notre chien est mort, c’est sûr et certain.

    Personnellement, je ne peux pas m’empêcher de constater que les étoiles sont bien alignées pour un retour de la LNH à Québec. On a Jacques Tanguay, Michel Cadrin, Marcel Aubut et Guy Bertrand comme partenaires d’affaires. On a Patrick Roy pour avoir une équipe gagnante avec des joueurs d’impact. On a Régis Labeaume à la mairie de la ville. On a deux gouvernements minoritaires qui ont tous les deux besoin de Québec pour être réélus. Dans la région, on est au pouvoir avec les conservateurs au fédéral et on a l’ADQ au provincial pour secouer les fesses de notre gouvernement artificiel libéral. Les étoiles ne peuvent pas être plus alignées que ça pour nous autres et pour un retour de la LNH à Québec.

    Tu verras que j’ai raison dans, disons 2 ans, ok! C’est payant d’avoir une équipe de hockey professionnel dans sa ville, car ça crée de l’emploi, des retombées économiques, de la visibilité, du prestige, du bonheur et c’est un projet rassembleur, parce que le hockey est un sport rassembleur. C’est ce qui fait la beauté de notre sport national.

  8. Une équipe de hockey, ça ne se bâtit pas avec des critères ethniques. Si t’a besoin d’un défenseur, tu prends le meilleur disponible sur le « marché ». Sinon, pourquoi pas une équipe de juifs, d’indiens, de noirs , d’immigrants russes, d’hispanophones?

    Quand la la défaite du Canadiens de Montréal, les gens sur-analysent et font des commentaires qui frisent le ridicule. Cette équipe est excellente. Elle a gagné le championnat de division cette année. Et même si le Canadien était meilleur et dominait dans 4 des 5 matches contre les flyers, ils ont perdu simplement a cause de la chance.
    Combien de poteaux par le canadien? environs 10.
    Combien de buts chanceux de la part des Flyers? beaucoup.

    Et si tu es frustré parce que l’équipe s’appelle les « canadiens » et bien c’est ton problème parce que tu le veuilles ou non, tu en es un « canadien ».

  9. « Imaginez que vous êtes un joueur de hockey, et qu’une ville en Russie, disons Novossibirsk (loin, loin!) vous offre un faramineux salaire pour venir jouer. Et que lorsque les séries de la coupe Pouchkine (nom fictif) se présentent, vous n’êtes plus payés et ne jouez que pour la « fierté ».[…] vous vous demanderez sûrement ce que vous faites à jouer pour un plus faible salaire […] »

    Imaginez que vous êtes travailleur québécois, que plus vous bossez, plus on votre salaire est imposé. Vous en venez qu’à ne travailler pour la « fierté ». Vous vous demanderez sûrement ce que vous faites à bosser pour un plus faible revenu net disponible que n’importe où ailleurs en Amérique du nord.

  10. Quelques québecois dans le CH: Patrice Brisebois, Steve Bégin, Mathieu Dandenault, Francis Bouillon, Ian Danis, Guillaume Latendresse.

    De plus Mark Streit parle un très bon français et Cristobal Huet aussi c’était le cas.

    Je pense qu’on prend bien les exemples qui font notre affaire et qui s’amalgament bien à nos discours.

Comments are closed.