Montréal aussi est une région

Lâchez-moi les tergiversations, atermoiements ou compromis. La nouvelle carte électorale doit être mise en place, et vite!

« Présentement, c’est un cri qu’on entend de la part des régions », affirme Benoît Pelletier, ministre responsable de la Loi électorale. Et bien, j’ai des petites nouvelles pour lui: Montréal aussi est une région, et il est INACCEPTABLE que des comtés gaspésiens dénombrent deux fois moins d’électeurs que des comtés montréalais. En ce moment, le vote d’un Gaspésien vaut parfois le double de celui d’un Montréalais ou d’un Lavallois. Pourquoi tolère-t-on cette injustice?

Le pouvoir aux régions, je suis d’accord. Tant qu’on n’oublie pas que Montréal aussi est une région et que les Montréalais ont les mêmes droits que les autres Québécois. Montréal est le coeur, les poumons et le cerveau du Québec; on ne peut indéfiniment atrophier la démocratie du centre névralgique sans que ce soit tout l’organisme qui en souffre.

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8 Réponses

  1. Je te recopie ici un billet que j’ai écrit il y a quelques semaines:
    http://web.cgaspesie.qc.ca/crioux/wordpress/?p=83

    La refonte de la carte électorale vient tenter de régulariser certains comtés donc la population ayant diminué ou augmentée se retrouvent en dehors des limites fixées par la loi. Je comprend très bien le problème car certains gens en ville disent que certains comtés comme par exemple en Gaspésie donnent une sur-représentation des Gaspésiens par rapport à Montréal, où certains comtés sont tellement populeux qu’ils sont sous représentés.

    Mais le problème est plus large que ça. Pour qu’un député puisque faire son travail, il faut pouvoir être disponible et accessible par les citoyens. Quelqu’un comme Nathalie Normandeau dans le comté de Bonaventure, ça prendrais plus de 3 heures en voiture pour traverser sans arrêter le comté (en ne passant que le long de la côte, où c’est le plus habité), alors qu’à Montréal, certains députés peuvent faire le tour au complet de leur comté à pied. Il me semble que le nombre absolu de citoyens ne devrait pas être la seule variable prise en considération, il faut placer une limite maximale de superficie pour éviter de se retrouver avec un comté plus grand que certains pays.

    En plus les gens des grandes villes sont déjà très bien représentés, par exemple, si un député travaille à favoriser l’implantation d’une entreprise, ça profite automatiquement aux autres comtés autours, ils ne sont qu’à quelques coins de rues. Alors qu’en région c’est beaucoup plus difficile. Plus les comtés sont grand, plus la région est défavorisée, et plus est elle défavorisée, plus il y a un exode des jeunes vers les grands centres. C’est un cercle vicieux.

  2. Il y a un seul avantage a l’implantation de la nouvelle carte: Ca nous débarasserait enfin du député péquiste de Gaspé, qui est la depuis 4 mandats et qui est aussi actif qu’un géranium. Mêmes les péquistes qui votent pour lui depuis des années le trouvent pas bon, mais ils sont peinturés Bleu, alors ils votent pour lui quand même. Il est tellement pas bon qu’il est nuisible pour la région, alors qu’avec Nathalie Normandeau, on serait en « business ». C’est juste que le comté serait aussi grand que le tier de la France

  3. Il faut voir le Québec comme un arbre, selon moi. Les régions, par leur mémoire, leur nationalisme identitaire et leurs valeurs familiales, représentent les racines de cet arbre. Montréal, par les ghettos ethniques et linguistiques qui l’affligent, représente les branches de l’arbre du Québec. Qu’on le veuille ou non, un arbre ne peut pas vivre sans racines, sinon il meurt, et les gouvernements savent très bien qu’ils ne peuvent gouverner sans l’appui des régions. Par contre, les branches d’un arbre peuvent très bien être taillées ou coupées, car ça n’endommage pas l’arbre de vivre.

    Maintenant, parlons du pourquoi que les régions ont voté contre Montréal en 2007! Vous ne vous en êtes peut-être pas rendu compte, mais il y a deux nationalismes québécois au Québec. Le nationalisme québécois a d’abord prit forme dans les régions du Québec.

    Nous, en région, on ne veut pas l’indépendance pour une question de points d’impôts ou de péréquation, non. On veut l’indépendance pour avoir un pays à nous, une identité nationale à nous et une culture à nous (langue, Histoire, citoyenneté, etc.) reconnue sans condition pour survivre dans ce continent d’anglophones. C’était le nationalisme québécois prôné par les grands patriotes qui ont marqué notre Histoire collective: Louis-Joseph Papineau, Lionel Groulx, Henri Bourassa, Maurice Duplessis, Daniel Johnson Sr., René Lévesque, Pierre Bourgault, etc. Si un peuple n’a pas de pays à lui ou d’identité à lui, comment se sent-il face aux autres peuples, hein?

    Alors que aujourd’hui, ce n’est plus cela. Depuis des années, on a assisté à la domination d’un nationalisme québécois de type montréalais: les bureaucrates, les technocrates à cravates, les médias, les p’tits humoristes à 5¢ de Mourial qui sont en plus animateurs de radio (je suppose que ça vous sécurise d’entendre la même personne le matin et le soir, au lieu de donner la radio à des professionnels), les intellos du Plateau Mou-Rial, les fons-fons, etc., ont volé l’idée de l’indépendance pour en faire un idéal typiquement économique pour attirer les immigrants, suite au discours on ne peut plus véridique de Jacques Parizeau sur l’argent sale d’Ottawa et des votes ethniques, le soir de la «défaite» référendaire de 1995. Les arguments identitaires et linguistiques doivent avoir préséance sur les arguments économiques pour convaincre le peuple du bien-fondé de l’indépendance, selon moi.

    En plus, comme si ça ne suffisait pas, il faut que vous polluiez les ondes à chaque matin. Je n’en ais rien à cirer qu’il y ait un bouchon sur le Pont Jacques-Cartier. Ce que je veux savoir le matin, c’est l’état des routes dans mon coin de pays, point à la ligne. Prenez tous les téléromans que l’ont nous présente à Rad-Can, la majorité, sinon tous, se passe sur le Plateau! Un moment donné, y en a marre et le balancier nous revient en pleine face et ça fait mal!

    Bref, cette nouvelle carte n’aurait strictement aucun sens, si on tient compte qu’elle enlèverait du poids politique aux racines du Québec pour satisfaire l’appétit toujours insatiable des branches du Québec. Le DEG a réussit à obtenir la sympathie des branches avec sa carte électorale, mais a obtenu l’antipathie des gens de l’autre Québec, les racines que l’on ignore trop souvent. Si un politicien quelconque réussit à stopper ce projet insensé, il gagnera le vote des racines du Québec, mais perdra le vote de l’autre Québec, les branches que l’on peut couper ou tailler sans problème. Le vote ne doit jamais peser plus lourd que celui de 13 autres régions. Sinon, c’est anti-démocratique.

  4. Encore une fois d’accord avec votre billet (ne vous inquiètez pas pour autant…je n’en ferai pas une habitude).

    Ça fait 50 ans que Montréal fait vivre les régions en se laissant siphonner ses taxes et ses impôts (où est notre maire tremblay lorsqu’on en a VRAIMENT besoin?) et que ces dernières crachent sur Montréal tout en étant sur-représentées par rapport à la Métropole du Québec. Les régions se vident pour les villes? C’est la décision des gens des régions qui préfèrent vivre en ville point à la ligne. C’en est rendu qu’un vote en région pèse DEUX fois plus qu’un vote de Montréal. C’est indécent!!! C’est obcène!!! C’est un affront à nos traditions démocratiques. Bref, c’est totalement injuste et inéquitable. Près de la moitié de la population du Québec vit dans Montréal et ses environs tabarn…

    Voici d’ailleurs un extrait d’un article paru sous la plume de Robert Dutrissac dans Le Devoir de ce matin à ce sujet:

    « La carte électorale du Québec est une des moins respectueuses du poids de la population, le fondement de la démocratie représentative. Selon les calculs du DGE, pour que la Gaspésie conserve ses quatre comtés tout en se conformant à la règle des 25 %, il faudrait que l’Assemblée nationale accueille 150 députés.

    Benoît Pelletier n’a rien écarté: hausse du nombre de députés, critères quant à la superficie maximale des circonscriptions, comtés protégés, maintien de la carte actuelle. Il a rappelé qu’il y a aujourd’hui un million d’électeurs de plus qu’en 1989, alors qu’on avait porté à 125 le nombre d’élus à l’Assemblée nationale, un argument qui milite en faveur de l’augmentation du nombre d’élus. En revanche, l’Ontario, plus populeux que le Québec avec ses 12 millions d’habitants, adopte la même carte électorale que le fédéral; il se contente de 107 députés.  »

    Oui…oui…vous avez bien lu: l’Ontario possède une population beaucoup plus nombreuse que le Québec (+30%) et a MOINS de députés provinciaux que nous alors qu’ici, on songe à en AJOUTER tout en augmentant, bien sûr, les dépenses aux frais de ceux qui travaillent, EUX.

    Les députés québécois seraient-ils moins bons que leurs homologues ontariens???

  5. Pour être né en Abitibi, j’peux dire que souvent c’est pas simplement par choix que les gens déménagent en ville. Des fois, c’est parce que les régions se font abandonner, les emplois peuvent se faire rare et précaires (pas partout, ni tout le temps), mais faut pas généraliser en disant que c’est le choix de tout le monde de vivre là où ils veulent. La marde, des fois, ça oblige à certaines choses. La seule solution serait la proportionnelle.

  6. @ Olivier Morneau:

    Je comprends que dans certains cas, les gens sont plus ou moins forcés de déménager pour différentes raisons, cependant, ça fait 50 ans que les villes centres subventionnent les régions et ces dernières n’ont pas su profiter de cette manne pour s’affranchir. Elles ont plutôt préférer continuer à brailler comme des veaux pour en recevoir encore plus tout en gaspillant les argents qui leur ont été octroyés par les villes. Certaines régions en sont même réduites à des guéguerres de clochers (voir la bataille qu’a entrepris la région de Beauce contre les régions dites « régions ressources » où près de la moitié des masses salariales sont subventionnées par l’État histoire d’y maintenir l’emploi artificiellement).

    En plus de ces privilèges financiers, les régions bénéficient d’un poids démocratique totalement insensé (2 fois plus que les villes centre) ce qui fait
    en sorte que nos politiciens ont tout intérêt à les maintenir en état de dépendance, les gardant ainsi sous leur contrôle.

    Et ces mêmes politiciens, après avoir contribué à la déchéance des régions, ne trouvent rien d’autre que de vouloir AUGMENTER LA DÉPUTATION, histoire de perpétuer le système qui les fait vivre grassement!!!

    C’est hallucinant d’incompétence et de nullité…

  7. Je ne te donnerai qu’un seul exemple:
    A Port-Daniel en Gaspésie, un usine de ciment avait commencé a être construite, les travaux étaient déjà commencés. Elle n’a jamais ouvert. Pourquoi ? Parce que les entreprises de ciment de la ville ont fait du lobbying pour en empêcher l’ouverture, pour éviter d’avoir de la compétition.

    Alors viens pas me faire suer quand tu dis qu’on est pas capable de s’en sortir par nous même, parce que quand on essaye de se sortir du trou, c’est Montréal qui nous kick dans la face.

  8. « A Port-Daniel en Gaspésie, un usine de ciment avait commencé a être construite, les travaux étaient déjà commencés. Elle n’a jamais ouvert. Pourquoi ? Parce que les entreprises de ciment de la ville ont fait du lobbying pour en empêcher l’ouverture, pour éviter d’avoir de la compétition.
    Alors viens pas me faire suer quand tu dis qu’on est pas capable de s’en sortir par nous même, parce que quand on essaye de se sortir du trou, c’est Montréal qui nous kick dans la face. »

    En fait, on appelle ça du lobbying et du libre-marché…

    Ça fait longtemps qu’on sait que la seule solution pour améliorer notre situation, il faut *absolument* faire confiance à des entreprises, car celles-ci ont une mission sociale importante.

    Désolé, mais pour moi, la Montréalisation est un phénomène bien différent. Cet exemple-là, c’est simplement une entreprise et le gouvernement qu’il y a à blâmer.

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