Laissez brûler, laissez pourrir

Le manège militaire de Québec a brûlé. So what, comme disent les soldats, dans la langue qu’on leur impose. Laissez brûler, laissez pourrir. La terre retourne à la terre. Et bon débarras!

Il y a quelque chose de triste, voire de pathétique, dans tous ces appels de Québec à la reconstruction de « notre » manège militaire. Il se trouve même des gens pour reprocher à RDI et TQS de ne pas avoir diffusé en direct des images du feu de joie.

Non, mais soyons sérieux une minute. Le manège militaire de Québec symbolise l’armée canadienne, une institution francophobe qui fait des guerres impopulaires et injustes, auxquelles s’opposent toujours une majorité de Canadiens-français (puis de Québécois, maintenant que les Canadiens-français ont presque tous été assimilés). La sauvage répression des Patriotes, la guerre des Boers, la première guerre mondiale, la deuxième guerre mondiale, et maintenant la guerre en Afghanistan. Une insitution 100% canadian qui envoie fièrement des petits Québécois de chez nous se faire trucider au front.

Et vous voulez reconstruire le symbole de notre statut de peuple conquis, colonisé, auquel on impose les décisions du vainqueur?

Moi je dis laissez brûler, laissez pourrir, et qu’on regarde les ruines en se rappelant que ce qui peut paraître très impressionnant et tout-puissant peut disparaître du jour au lendemain, avec un peu de volonté… ou quelques bidons d’essence.

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20 Réponses

  1. Voilà assurément une chose avec laquelle je ne peux pas être d’accord, étant donné qu’à mes yeux d’historiens en herbe, chaque témoignage du passé est important et doit être conservé, à moins que l’artefact lui-même ne représente un danger. Or, dans le cas du Manège militaire, ce n’est pas le bâtiment lui-même qui est potentiellement dangereux, mais l’institution et les gens qui l’occupent.

  2. Libérer l’Europe des Nazis une « guerre injuste »? Eh ben, on n’a plus les « progressistes » qu’on avait…

  3. Bravo Louis!

    J’ai habité le Vieux-Québec pendant quelques années et quand je passais devant le manège, je me suis toujours demandé quelle valeur ce bâtiment pouvait bien avoir. Rappellons qu’il n’a été bâti qu’à la fin du XIXe siècle, ce qui en fait un « monument » centenaire, tout au plus.

    Par ailleurs, la bâtisse était un immense trompe-l’oeil: la devanture, tellement plus longue que la profondeur, donne peut-être une impression de grandeur, mais, somme toute tout cela n’abritait qu’une salle d’entraînement de soldats aux dimensions assez ordinaires… Pour le reste, cet endroit abritait quelques artéfacts qui pourraient très bien se retrouver ailleurs dans un musée de la guerre…

    L’ironie, c’est que le style architectural de ce manège canadien est emprunté à la tradition française. Quand on sait que la Nouvelle-France a été perdue tout près, à quelques jets de pierre, on se demande si ce rappel est nécessaire…

    En passant, le manège appartient à la Défense et/ou à Patrimoine Canada et le système de gicleurs n’était même pas en bon état. Pour une bâtisse dont le toit en bois est l’un des plus grands au Canada, dans un pays dont les surplus budgétaires se comptent en milliards de dollars sur une base annuelle, je suis surpris que personne ne parle de l’incurie de son entretien. Au lieu de cela, les bulletins télé ont montré des habitués des Voltigeurs en train de pleurer devant les caméras.

    L’information donnée par nos médias sont d’un pitoyable sans nom…

  4. Aussi étrange que cela puisse paraître, Louis, je suis presqu’entièrement d’accord avec vous mais pas du tout pour les mêmes raisons. Je me range plutôt du côté des arguments d’André Pratte, éditorialiste de La Presse, dont je vous fait parvenir ici une copie:

    Source:

    http://www.cyberpresse.ca/article/20080409/CPOPINIONS03/804090704/6757/CPOPINIONS03

    Le manège des politiciens

    André Pratte

    La Presse

    Les résidants de Québec ont découvert ces jours derniers, sans doute avec un certain étonnement, que le manège militaire de la Grande-Allée était un élément irremplaçable du patrimoine de la Capitale nationale. La destruction de l’édifice par les flammes laissera, entend-on dire depuis la fin de semaine, une plaie béante au coeur de la ville.

    Pourtant, le manège était assez peu fréquenté par la population locale. L’an dernier, lorsque nos collègues du Soleil ont demandé aux Québécois quel édifice symbolisait le mieux la ville de Québec, ils n’ont même pas songé à mettre le manège dans la liste.

    Voici que sans le manège des Voltigeurs, Québec se trouverait défigurée? Allons donc! Emportés par la couverture médiatique, les politiciens se sont précipités devant les micros pour réclamer la reconstruction immédiate de l’édifice. L’Assemblée nationale a voté une motion unanime à ce sujet hier. C’est le genre de dossier que les politiciens provinciaux adorent: ils peuvent s’associer à une bonne cause sans prendre un milligramme de responsabilité puisque le dossier relève d’Ottawa (qui paiera la facture, évidemment).

    Ne serait-il pas préférable de réfléchir quelque temps avant de décider ce qu’on fera de ce site, comme l’a judicieusement suggéré Louise Mercier, présidente du Conseil des monuments et sites du Québec? «On n’a pas besoin d’une enquête pour prendre une décision sur la reconstruction. Elle doit être prise et ça doit être fait le plus rapidement possible», a lancé le premier ministre, Jean Charest. À la Chambre des communes, Stéphane Dion exigeait lui aussi une décision immédiate du gouvernement.

    Lorsqu’ils agissent vite pour satisfaire l’émotion populaire ou médiatique, les gouvernements commettent parfois des erreurs. Le manège de la Grande-Allée ne pourra pas être reconstruit pour les fêtes du 400e; alors, où est l’urgence?

    On s’étonne que les Québécois, qui se targuent d’être pacifistes, manifestent tout à coup un si grand attachement à un édifice à vocation militaire. Cette affection est trop soudaine, trop alimentée par la flambée médiatique pour être authentique. Raison de plus pour laisser passer un peu de temps.

    ****************************************

    Une foule de questions se posent. L’armée a-t-elle encore besoin d’un manège à cet endroit? Si oui, est-ce une copie d’un édifice du XIXe siècle qu’il lui faut ou un bâtiment du XXIe siècle? Combien coûtera la reconstruction à l’identique? Ne devrait-on pas au moins envisager la possibilité d’ouvrir une vaste fenêtre sur les Plaines d’Abraham et sur le fleuve?

    Lorsque les tours jumelles du World Trade Center se sont effondrées, les New-Yorkais ont juré de les reconstruire. Cependant, avant que les travaux ne commencent, il a fallu un long exercice de réflexion sur la vocation du lieu et sur la conception des nouveaux édifices. Pourquoi, au sujet d’un site aussi magnifique que celui du manège des Voltigeurs, ne se livrerait-on pas à un exercice similaire?

    Les résidants de Québec ont déjà vu les politiciens gâcher une partie de leur patrimoine urbain dans les années 60 et 70 (pensons à la construction du Complexe C – le «calorifère» – à quelques pas du manège). Ils sont mieux à même que quiconque de se méfier des décisions d’aménagement prises sans une réflexion rigoureuse et sans débat public.

  5. Oh Shit!

    Un ami m’a envoyé ici pour un autre billet mais sacr… Louis: Té toujours aussi …

    Pathétique Louis.

    Merci de m’avoir convaincu en une phrase de passer un autre 8 mois sans venir lire tes torchons !

  6. Bravo Louis pour le courage de nager à contre-courant, n’en déplaise aux hypocrites et aux brainwashés… Natif de Québec, je peux te confirmer que cet édifice m’a toujours laissé indifférent. Le seul souvenir intéressant que j’en garde est celui que m’ont transmis mes parents lorsque la nostalgie les rattrapait et qu’ils nous racontaient les belles années du manège lorsque les jeunes amoureux de Québec s’y rendaient pour danser au son des « big bands » des folles années cinquante.

    T’as vu les badauds que Québec, quitter leur banlieue adéquiste pour s’émerveiller devant les cendres? Incroyable! Alors que les québécois ont déserté le « vieux » depus belle lurette pour aller s’amuser au parc d’attractions des Galeries de la Capitale, les voilà encore une fois à genoux devant Mme Verner, espérant que les sauveurs conservateurs sauront remettre la vieille capitale sur la mappe. Pathétique.

  7. J’oubliais… je suis cependant d’accord avec les commentaires des gens de Québec en ce qui concerne la couverture médiatique de l’évènement. Depuis plusieurs années, on a pu constater la fermeture des salles de nouvelles des médias « nationaux » et la « montréalisation » de l’information. C’est frustrant pour les gens de Québec et des régions de voir les images d’un incendie banal qui s’est passé dans la métropole, en début d’un téléjournal, alors que les équipes volantes des stations de télévision ont peine à se rendre dans le vieux Québec pour capter les images d’un incendie important.

  8. Conversation presque intégrale d’un journaliste de Radio-Canada-Québec à un responsable de Radio-Canada-Montréal:

    RCQ: «Il faut venir à Québec tout de suite, le Manège militaire brûle.»

    RCM: «Pis après! Y a-t-il beaucoup de morts dans l’incendie du Manège militaire? Parce que, si il n’y a pas au moins 4 morts, on ne se déplace pas en région. On s’est déplacé aux Îles-de-la-Madeleine pour couvrir la tragédie de l’Acadien II, mais il y avait des morts. Combien de morts dans l’incendie de ton Manège militaire?»

    RCQ: «Il n’y a pas de morts, mais le Manège militaire, une institution patrimoniale à Québec, est en train de brûler.»

    RCM: «Ah c’est plate, mais je n’envois personne si tu n’as pas de morts. Couvrir cette niaiserie-là risque de reléguer au second rang la couverture mourialiste de notre bulletin de nouvelles, comme notre reportage complet sur les nids-de-poule sur la rue Sainte-Catherine! Sèche mon ost*e!»

    Montréal se contre-cr*sse de Québec, se contre-cr*sse de ce qui se passe à Québec. Selon une étude d’Influence Communication, le 400e reçoit une couverture médiatique supérieur au Canada anglais et aux États-Unis qu’à Montréal. C’est inacceptable! Guy A. Lepage a clairement dit dans une entrevue: «Moi, ce qui se passe à Montréal, ce qui se passe à San Francisco, ce qui se passe à Boston, ce qui se passe à Toronto, ce qui se passe à Ottawa, ce qui se passe à Los Angeles, ce qui se passe à Paris, ce qui se passe à Londres, etc. me rejoint beaucoup plus que ce qui se passe à Québec. Je me sens davantage concerner sur ce qui se passe à Montréal et dans les grands centres urbains ailleurs dans le monde que sur ce qui se passe ailleurs au Québec et ça inclut la ville de Québec.». Comment peut-on être aussi déconnecté de la réalité québécoise à ce point-là? Ça me dépasse totalement.

    Un édifice patrimonial de la capitale nationale de ton vrai pays a brûlé la même année du 400e anniversaire de la fondation de Québec et de la véritable naissance de la Nouvelle-France et tu t’en sacres, ô ingrat de Louis!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

    http://lequebecdedemain.dansmonblog.com/Premier-blog-b1/L-Histoire-qui-brule-b1-p67.htm

    Une dernière chose: si ça n’avait pas été de nos militaires, les Alliés n’auraient sans doute jamais repris la Crête de Vimy en 1917 et n’auraient sans doute jamais réussi à libérer la France des Nazis en 1944. Je suis contre la conscription, mais il ne faut pas oublier que sans le sacrifice de nos soldats lors des deux guerres mondiales, peut-être que nous parlerions tous allemands aujourd’hui. On ne doit jamais oublier ces moments de notre Histoire et le Manège militaire était là pour nous le rappeler et il est parti en fumée. Tu craches peut-être sur ce monument historique et patrimonial, mais saches que tu fais partie de la minorité.

  9. « Un édifice patrimonial de la capitale nationale de ton vrai pays a brûlé la même année du 400e anniversaire de la fondation de Québec et de la véritable naissance de la Nouvelle-France et tu t’en sacres, ô ingrat de Louis!!!!!!!!!!!!!!!!!!! »

    Ouep et c’est une tragédie. Mais de là à vouloir le reconstruire tel quel et sur-le-champ… -_- Disons que je pense pas que ça soit la meilleure des idées.

    Je ne suis pas d’accord avec le fait qu’on dise qu’il brûle, ce manège militaire, mais c’est vrai qu’avant la semaine dernière, je savais même pas qu’il y avait un manège militaire là, et c’est pas juste parce que je viens de Montréal. C’est parce que c’est un édifice patrimonial mineur, mais cela demeure un édifice patrimonial.

  10. @ Manx.

    Je te prie de regarder ceci pour te convaincre combien Montréal se sacre éperdument des régions et de Québec: http://lequebecdedemain.dansmonblog.com/Premier-blog-b1/Absurde-mais-vrai-b1-p70.htm

  11. Oof… J’ai entendu l’article, et il me semble fort biaisé. Le type a pogné une montée de lait phénoménale, en plus qu’il confirme que les médias américains sont pas loins des médias montréalais. Le type émet ensuite une opinion pas rapport, comme quoi « Montréal » se contrefout de Québec, alors que la vérité, au pire, est que les médias de Montréal n’y sont pas intéressés. Pour les Montréalais, c’est autre chose.

    Et moi je te le répète: je veux pas qu’il brûle, mais avant cela, même la ville de Québec se rappelait à peine du manège militaire.

  12. @ Manx.

    Rappelles-moi ce qu’est supposé être Radio-Canada, SVP! Si je me souviens bien, c’est supposé être un diffuseur national. Au fait, lorsqu’un média n’est pas intéressé à aller couvrir un événement d’importance comme l’incendie du Manège militaire ou le 400e, c’est que le média en question se sacre éperdument des gens qui vivent à l’endroit où se produit le dit événement. Les médias du Canada anglais et des États-Unis parlent plus du 400e que les médias de Montréal, les premiers étant, bien sûr, les médias de Québec. L’incendie du Manège militaire a eu des échos jusque dans les médias asiatiques et Montréal n’en parle pas. Mais, comment peut-on être aussi déconnecté de la réalité québécoise à ce point-là?

    Aucun média montréalais ne s’est donné la peine de demander une entrevue au maire Régis Labeaume en direct de Paris sur cet événement. Il a fallu que Pierre Jobin, le chef d’antenne de TVA-Québec, appelle le maire Labeaume en pleine nuit pour le réveiller et le mettre au courant de l’incendie du Manège militaire, sinon il l’aurait sans doute su à son retour à Québec. Céline Galipeau a abordé l’incendie pendant 30 secondes au milieu du Téléjournal, c’est comme ça que j’ai su que le Manège militaire partait en fumée. Il n’y a eu aucune image de l’incendie avant la fin du Téléjournal, donc après la météo. Le lendemain, sur la première page du Journal de Québec, on voyait un p’tit carré en bas à gauche où il était écrit «Feu à Québec» et en gros plan, une enquête sur le bonheur (vive les scabs montréalais de Péladeau!). Le Soleil et LCN étaient vraiment les médias d’importance pour connaître les détails de cet événement historique, la couverture de TQS et de Radio-Canada était de la marde.

    En passant, juste pour ta culture générale, le type qui parlait dans l’audio que j’ai mit sur le billet que j’ai écrit sur mon blogue, c’est Sylvain Bouchard, l’animateur du matin au FM 93,3 à Québec et la fille, c’est Josey Arsenault, sa co-animatrice.

    http://www.cjmf.com/sylvain_bouchard_a_8.html

    http://www.voxtv.ca/montreal/animateur/josey_arsenault

    Nous, à Québec, on connaît toutes vos personnalités publiques, mais vous, à Montréal, mit à part André Arthur et Jeff Fillion, vous êtes incapables de nommer trois de nos personnalités publiques. Vous êtes pathétiques.

  13. Jean-Luc, tu trouves normal que ce soit Pierre Jobin qui réveille le maire et non pas, un adjoint de la Ville de Québec? Moi non. Un politicien au pouvoir n’a pas à apprendre directement par les journalistes ce qui se passe dans sa cour.

  14. « Nous, à Québec, on connaît toutes vos personnalités publiques, mais vous, à Montréal, mit à part André Arthur et Jeff Fillion, vous êtes incapables de nommer trois de nos personnalités publiques. Vous êtes pathétiques. »

    Woooow, lâche ta petite montée de lait toi aussi ^^. Je suis Montréalais, pas Montréaliste, et pour moi, d’un point de vue Québécois, l’incendie du manège militaire est pas une nouvelle importante car je ne savais pas que le bâtiment existait avant qu’il ne brûle. Le monde l’avait oublié avant qu’il ne brûle, incluant les citoyens de Québec.

    Pour moi, entendre le trafic à Montréal pendant que j’écoute la radio, ça m’énerve au plus haut point. Mais viens pas me traiter de pathétique sous le fait que je n’aie pas d’intérêt pour la radio de Québec et que donc, je n’en connaisse pas les animateurs. Je te le dis bien sincèrement: à part à Québec et dans les environs, la province se contrefiche de qui passe à cette radio. Ce n’est pas de la montréalisation, c’est juste que la radio de Québec est régionale, une chose que l’on n’a malheureusement plus depuis 10 ans à peu près partout ailleurs au Québec. Que Québec soit le seul média encore avec des radios régionales, ça c’est une autre question… Mais Québec n’est pas montréalisée.

    « Au fait, lorsqu’un média n’est pas intéressé à aller couvrir un événement d’importance comme l’incendie du Manège militaire ou le 400e, c’est que le média en question se sacre éperdument des gens qui vivent à l’endroit où se produit le dit événement.  »

    Non, c’est pas qu’il se sacre éperdument des gens de la région, c’est qu’il se sacre éperdument du manège militaire. Radio-Can a des bureaux à Québec, des caméras et des reporters.

    « Le lendemain, sur la première page du Journal de Québec, on voyait un p’tit carré en bas à gauche où il était écrit «Feu à Québec» et en gros plan, une enquête sur le bonheur (vive les scabs montréalais de Péladeau!). »

    Il y a longtemps que Péladeau se fout de ses employés et de ses lecteurs. L’important, c’est pas qu’ils lisent le Journal, c’est qu’ils l’achètent. S’il pouvait en tirer un cent, il le vendrait à un analphabète.

  15. @ Manx.

    1) «…l’incendie du manège militaire est pas une nouvelle importante car je ne savais pas que le bâtiment existait avant qu’il ne brûle.»

    Tu ne connais pas ton Histoire. Tiens, pour toi: http://fr.wikipedia.org/wiki/Man%C3%A8ge_militaire_de_Qu%C3%A9bec

    2) «Radio-Can a des bureaux à Québec, des caméras et des reporters.»

    Et c’est justement Rad-Can-Québec qui a appelé Rad-Can-Montréal pour que des journalistes de Montréal viennent couvrir l’événement historique du Manège militaire, mais Rad-Can-Montréal ne voulait pas. La distance entre les deux villes est de 2h15, bordel! L’incendie du Manège militaire a fait le tour du monde, il y a eu des reportages là-dessus jusqu’à Calcutta et Montréal n’en parlait pas.

    3) Voici les chiffres de l’enquête d’Influence Communication sur la couverture médiatique (en %) (télévision, radio, journaux, Internet) sur le 400e:

    Ville de Québec = 71%

    Ontario = 6%

    États-Unis = 6%

    Ailleurs au Québec (dont Montréal) = 5%

    Alberta = 3%

    France = 3%

    Royaume-Uni = 1%

    Etc.

    En gros, vous vous en sacrez du 400e à Montréal, hein?

  16. Bien des gens de la région de Montréal ne sont jamais allés à Québec et n’y prêtent guère attention. Même phénomène à Québec qui compte une partie de sa population qui n’est vraiment pas intéressée par Montréal. Rien de nouveau là-dedans… Certans montréalais ne connaissent pas bien notre capitale nationale? Je connais pas mal de québécois qui sont ignorants en ce qui concerne la métropole… Est-ce que les gens de Québec se soucient de Saguenay, de Sherbrooke ou de Rivière-du-Loup?

    J’ai personnellement quitté Québec au début des années quatre-vingt-dix. Une opportunité pour le travail. Je me suis senti isolé pendant une bonne dizaine d’années. C’est ça l’exil. Maintenant je m’y sens bien. Contrairement à Québec, Montréal ne devient pas une maison pour ceux qui y déménagent. Les gens ne sont pas « tricotés serré » comme dans des villes plus petites, comme Québec. Ce que je préfère maintenant c’est cette forme d’anonymat qu’offre la région de Montréal. Ici, on s’en fout de ce que les gens peuvent penser… L’autre grande beauté de Montréal c’est son mélange de cultures, la diversité culturelle, la coexistence pacifique de plusieurs peuples y ayant trouvé refuge…

    J’ai toujours eu l’impression que Québec est une ville qui ne veut pas, ou ne peut pas sortir de son homogéinité. Ville française, blanche et catholique. Toutefois, avec l’arrivée des Nordiques, qui permettait un rayonnement de la ville et permettait aux québécois de vivre une réalité nord-américaine dans son quotidien, la ville était vivante. Et la rivalité Québec-Montréal était canalisée dans une dizaine d’affrontements à chaque année… Était-ce une thérapie qui fonctionnait?

    Les gens d’affaires ont donné une équipe de hockey professionnel à Québec et leur ont enlevé par la suite. Des millions dans leurs poches et un vide qui est toujours là. Les québécois tentent de revivre cette expérience en canalisant leur fierté vers le football universitaire ou le hockey junior. Ça n’attire pas l’attention des montréalais. De plus, la perte des olympiques d’hiver de 2010 n’a pas aidé la cause. Québec n’avait plus accès à l’univers sportif de grand calibre. Elle s’est repliée un peu plus sur sa régionalité.

    Pendant des années, Québec tentait d’attirer l’attention avec Elvis Story. N’en déplaise aux québécois, bien des gens ont passé à autre chose. Québec portait une grande attention à André Arthur, à Gilles Parent, à Robert Gillet et à Jeff Filion. Les grandes gueules de Québec qui chiâlent contre tout. La frustration canalisée sur les ondes. Même si Montréal compte elle aussi quelques grandes gueules, elle n’y porte pas la même attention. C’est dilué…

    C’est pas parce qu’une bâtisse de soldats prend en feu que la province se tournera vers Québec. En terminant, si on veut vraiment que les montréalais descendent (ou montent) à Québec pour le 400ème, il faudrait qu’ils se sentent invités. Si on en fait un rassemblement pour célébrer la francophonie et la survie d’un peuple, les gens se déplaceront. Si c’est présenté comme un évènement qui génèrera des retombées touristiques enrobé d’un marketing du parti conservateur à la Verner, moi ça ne m’intéresse pas.

    J’aime Québec, j’aime les québécois. Je les invite à reprendre leur ville car elle ne vous appartient plus. Elle est maintenant sous l’égide des gens d’affaires et de petits politiciens véreux. Débarassez-vous des députés conservateurs et adéquistes et on ira prendre quelques bonnes bières!

  17. @ lutopium.

    1) Si tu savais comment l’univers radiophonique de Québec a changé depuis ton départ, tu verrais combien la radio de Québec s’est assagit avec le temps. La radio-poubelle pour salir des réputations, c’est du passé. On a le droit maintenant à une radio plus contestataire que poubelle, mais bon. Gilles Parent a drôlement changé avec le temps. Il a mit au rancart son p’tit côté provocateur pour se concentrer sur des opinions politiques qui sont toujours de droite, mais une droite plus modérée qu’avant. Robert Gillet ne fera plus jamais de radio (c’est ce que je crois), depuis qu’il a trempé dans le scandale de la prostitution juvénile. Jeff Fillion fait maintenant de la radio-pirate sur Internet, depuis qu’il a quitté CHOI-FM à cause de la poursuite en diffamation de Sophie Chiasson (quoique, je suis d’accord avec lui que 300000$ est une amende beaucoup trop élevée pour le crime reproché). Quant à André Arthur, il est maintenant député fédéral (indépendant) de Portneuf-Jacques-Cartier, en plus de continuer à conduire des autocars et à avoir du temps d’antenne à l’émission de Marie Saint-Laurent.

    2) «Elle est maintenant sous l’égide des gens d’affaires et de petits politiciens véreux.»

    WOW là! Jacques Tanguay et Michel Cadrin ne contrôlent pas la ville, il s’investissent dans le sport (Remparts, Rouge et Or) et on a besoin d’eux pour ramener une équipe de la LNH à Québec. Le nouveau maire de Québec, Régis Labeaume, est un homme d’affaires compétent et qui a fait ses preuves. Il a été élu démocratiquement avec 59% des intentions de vote et il est populaire à 84%. Quel est le taux de popularité de votre maire Tremblay déjà? Que tu traites le maire Labeaume de «petit politicien véreux» prouve que tu ne le connais pas du tout, car il fait un travail remarquable pour remettre la ville sur les rails!

    3) «Débarassez-vous des députés conservateurs et adéquistes et on ira prendre quelques bonnes bières!»

    Qui es-tu pour nous donner des ordres? Qu’est-ce que la région de Québec a récolté avec un gouvernement libéral à Ottawa avec le Bloc dans l’opposition, sans compter le PQ et le PLQ au pouvoir en alternance à Québec et Jean-Paul L’Allier sur la Rive-Nord et Jean Garon sur la Rive-Sud comme maires? RIEN, NADA, NIET, ZÉRO ET UNE BARRE!

    Qu’est-ce que la région de Québec récolte avec un gouvernement conservateur à Ottawa, un gouvernement libéral à Québec avec l’ADQ dans l’opposition et Andrée Boucher (2005-2007) et Régis Labeaume sur la Rive-Nord et Danielle Roy-Marinelli sur la Rive-Sud comme maires? L’ARGENT PLEUT COMME ÇA NE SE PEUT PAS. Les preuves: le projet du Massif, l’Agora, le Pont de Québec, le 400e, le stade de soccer, etc. Tout ça, parce que les 4 sont minoritaires de leur côté. Je te le dis: j’ai apprit à aimer les gouvernements minoritaires, moi.

    Je ne perds pas espoir de revoir, un jour, une équipe de la LNH à Québec, grâce à eux. C’est payant d’avoir une équipe de hockey professionnel dans sa ville. Ça crée de l’emploi, des retombées économiques, de la visibilité, du prestige, du bonheur et c’est un projet rassembleur, parce que le hockey est un sport rassembleur. C’est ce qui fait la beauté de notre sport national et avec Guy Bertrand, Jacques Tanguay, Michel Cadrin et Marcel Aubut comme partenaires d’affaires pour trouver le financement privé et les commanditaires nécessaires pour construire un nouveau Colisée et acheter une franchise, avec Patrick Roy comme vedette pour attirer à Québec des joueurs d’impact pour qu’on ait une équipe gagnante, avec Régis Labeaume à la mairie de la ville, avec les conservateurs au fédéral et avec l’ADQ au provincial pour secouer les fesses de notre gouvernement artificiel libéral pour trouver un financement gouvernemental, la ville de Québec est en voiture pour revenir dans la LNH dans un avenir rapproché. Montréalais, attendez-vous à un retour de votre grande rivale dans quelques années!

    Mais pour ça, il faut que nos politiciens de Québec bougent pour donner le OK. Le maire Labeaume bouge plus pour un nouveau Colisée, mais c’est un début. Les conservateurs semblent bouger aussi et l’ADQ bouge plus ou moins, mais quand ses députés auront une certaine maturité politique, je suis sûr qu’ils vont bouger mieux que ça.

  18. « Et c’est justement Rad-Can-Québec qui a appelé Rad-Can-Montréal pour que des journalistes de Montréal viennent couvrir l’événement historique du Manège militaire, mais Rad-Can-Montréal ne voulait pas. »

    À mon avis, c’est ça qui est montréaliste. Le fait que Rad-Can Québec ait, soit le manque d’infrastructures pour couvrir une nouvelle relativement importante pour sa région, soit qu’ils préfèrent compter sur les reporters de Mourial, c’est ça le Montréalisme.

    Chiâlez pas parce que Montréal a refusé d’envoyer quelqu’un en fin de soirée pour faire 2h30 de voyagement pour filmer un édifice qui brûle alors qu’il était pas certain qu’il filmerait juste des ruines, à son arrivée. Chiâlez parce que la station de Québec n’avait pas l’équipement, l’infrastructure ou la volonté (je pencherais plus sur la volonté, car les médias régionaux ont encore une certaine présence) nécessaire pour le faire toute seule, comme une grande. Quand j’étais jeune, ce qui ne date pas tant que ça, même Sherbrooke, ville de 100 000 habitants, avait les infrastructures nécessaires pour couvrir ses propres nouvelles, bordel! Et si elles étaient importantes (i.e. pas le chat de grand-mère Lucienne qui s’est fait écraser par le camion de Réjean Tremblay), on la montrait aux nouvelles de Mourial. La Mauricie a encore ses propres reporters de Radio-Can à Trois-Rivières et fait des bulletins de nouvelle régionaux. Maintenant, on essaie de me faire croire que Québec a besoin de journalistes de Montréal pour couvrir ses propres nouvelles. Honnêtement, Jean-Luc, je trouve que c’est l’argument le plus Montréaliste que j’aie entendu.

    « En gros, vous vous en sacrez du 400e à Montréal, hein? »

    Non, en fait c’est plutôt que les événements du 400e auront lieu surtout cet été. En période touristique. J’étais à Québec cet hiver pour voir ma copine à l’université Laval, et je dois t’avouer que personnellement, j’ai été déçu en regardant le site, du petit nombre de trucs qu’il y avait pendant mon séjour. Les grosses activités, elles seront cet été et donc, Montréal en parlera cet été. Pour l’instant, on parle simplement de tel type qui a démissionné du CA, du budget et de trucs inintéressants. Rien d’important pour des gens ne vivant pas à Québec, en gros.

    Tiens, pour te montrer que les festivités du 400e commencent vraiment cet été:

    http://monquebec2008.sympatico.msn.ca/MonQuebec2008/?module=grandevent&id=39

    La grille des événements principaux. Il y a eu le lancement à la Place d’Youville le 31, spectacle qui fut diffusé à l’échelle du Québec, sur Radio-Can.

    Il y a eu le 400 ans chrono de passé. Le reste, soit l’exposition Passager, le moulin à images, l’événement Bonne fête à Québec et dans les rues, le Grand Rassemblement, le truc de chant, Celine et le Cirque du Soleil, ça aura tout lieu cet été ou au début de l’automne.

    Je tiens un pari avec toi, si tu veux. Je te gage qu’à la fin de l’été, Mourial et les médias Québécois auront parlé 2 fois plus de Québec que les médias américains, canadiens ou britanniques. C’est clair que Montréal ne parlera pas des festivités autant que la ville de Québec (il y a quand même une convergence montréaliste vers les médias de Montréal), mais je suis sur et certain qu’elle va en parler.

  19. @Jean-Luc: merci pour les précisions… tu connais bien ta ville. Écoutes, je n’ai jamais voulu donner des ordres… Espérer que la région de Québec arrête de supporter les partis de droite n’est qu’un souhait, de là l’invitation à aller prendre une bière par la suite!

    J’ai encore Québec dans les trippes, t’en fais pas!. C’est pour ça que toutes ces histoires me font suer. Et je vous souhaite, je nous souhaite de ramener une équipe de la LNH à Québec. Mais svp, n’appuyez pas la construction d’un centre sportif en banlieue! De nos jours, un tel projet doit se faire près du centre-ville. Il faut que les gens s’y rendent en transport en commun, pas en voiture!

  20. @ lutopium.

    Avant de généraliser à toute une région le vote de certaines personnes, il faudrait s’informer adéquatement sur le pseudo «mystère Québec» créé de toutes pièces par le Bloc et les médias montréalais.

    Je t’invite à lire cet article: http://www.cyberpresse.ca/article/20080414/CPSOLEIL/80413115/6585/CPSOLEIL02

    «L’«énigme» de Québec ou l’élection de plusieurs députés adéquistes et conservateurs lors des dernières élections provinciales et fédérales est directement liée à un vote massif des banlieusards en faveur de ces partis. Ce même phénomène a joué en faveur de la mairesse Andrée Boucher en 2005.» (dixit l’article)

    Tu sais quoi? Je parie n’importe quoi avec toi que ce même phénomène a aussi joué en faveur de Régis Labeaume en décembre 2007. Il est passé de 3% à 6% à 15% à 22% à 30% à 38% à 59% en 4 mois. Avant que tu écrives n’importe quoi sur les banlieusards, je voudrais te dire que j’habite en banlieue, alors SVP respect! Si j’avais eu le droit de vote en 2005, j’aurais voté pour madame Boucher sans hésitation (je l’appuyais même en 2001) et en 2006, j’aurais voté conservateur juste pour m’assurer d’une défaite des libéraux. Par contre, l’élection du 26 mars 2007 a été ma première élection et j’ai voté pour l’ADQ (quoique je commence à sérieusement le regretter) et en décembre 2007, j’ai voté pour Régis Labeaume (un vote que je ne regrette absolument pas).

    Personnellement, je respecte les gens qui ne votent pas comme moi et je ne leur dis pas qu’ils sont un mystère en ne pensant pas comme moi. C’est ça que j’ai trouvé méprisant.

    Pour le centre sportif, veux-tu parler du Super-PEPS? Parce que, aux dernières nouvelles, il serait à côté de l’Université Laval.

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