La bulle Marois

J’écoutais Pauline Marois ce matin en entrevue à RDI, alors qu’elle tentait de répondre à la lettre de Victor Lévy-Beaulieu, où celui-ci l’accusait de trahir son peuple en proposant un bilinguisme qui, dans toute société minoritaire, a toujours conduit à l’assimilation de la minorité linguistique. J’ai vu une cheffe de parti complètement dans sa bulle, tenant une logique en circuit fermé, et entièrement déconnectée de la réalité.

En effet, la « logique » Marois est la suivante: « Je veux un bilinguisme pour les individus, mais la société doit rester francophone ». En clair, on rend chaque Québécois bilingue, et après on se croise les doigts pour que le français reste la langue qui nous unit tous. Mais comment unir autour du français une société minoritaire parlant maintenant très bien l’anglais face à une majorité ne comprenant que cette langue? Inévitablement, l’anglais va prendre le dessus comme langue de communication et même dans la vie de tous les jours, puisque désormais « tout le monde » va le comprendre.

Ainsi, pourquoi continuer de traduire les films américains en français, si tous les Québécois sont bilingues? Pourquoi mettre des sous-titres quand on interview une personnalité anglophone si tout le monde comprend? Pourquoi les immigrants apprendraient-ils le français s’ils peuvent communiquer avec n’importe qui en anglais? Pourquoi protéger la loi 101 s’il ne reste plus rien à protéger?

Dans toute minorité linguistique, ça prend une masse critique d’unilingues qui forceront la majorité à apprendre la langue de la minorité pour communiquer. Sinon, c’est l’assimilation pure et simple.

Ce que Marois n’a pas compris, c’est que la « société » n’est pas une entité déconnectée du peuple. Si les individus sont bilingues, la société est de facto bilingue, puisqu’une société est la somme de ses individus. Et si cette société est bilingue, il ne fait aucun doute que dans un contexte minoritaire le français est condamné à disparaître ou à ne plus exister que comme une espèce de folkore, au même titre que la nourriture cajun et Zachary Richard.

À ceux qui espéraient un renouveau de Pauline Marois, on constate malheureusement que nous avons droit à toujours davantage de la même chose. Encore une fois – tout comme lors des fusions municipales – le Parti Québécois a la vérité et c’est le « pauvre petit peuple » qui n’a rien compris. Encore une fois, au lieu d’écouter la population le PQ doit essayer de la convaincre qu’il a raison et qu’elle a tort. Encore une fois, le Parti Québécois se peinture dans le coin et se dirige vers un cuisant revers car il est trop orgueilleux pour reconnaître que la population ne veut pas de ce projet et qu’on doit oublier ce triste épisode au plus vite.

Avouez que c’est ironique quand même: le parti de la loi 101 qui est devenu le plus grand défenseur de la présence de la langue anglaise au Québec. René Lévesque doit tousser dans sa tombe…

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25 Réponses

  1. Louis, j’ai appris l’anglais dès le primaire, j’étais « barlingue » à l’âge de 15 ans mais à l’âge adulte je me suis battu pour la promotion de la langue francaise, à l’usine ( nos rapports se faisait seulement en anglais ) et puis avec les Gens de l’air.

    Moi aussi j’ai écouté Mme Marois ce matin, elle n’a jamais dit qu’elle voulait un milieu bilingue pour travailler « en se croisant les doigts en attendant » mais des enfants sachant parler un peu l’anglais. De plus, elle a bien dit que le projet de loi 195 qu’elle tente de déposer contient tous les élèments pour faire du français la langue d’usage partout même au cinéma.

  2. Je vais m’autociter :

    « Alors oui, en plus, le francophone se sent mal de parler parce qu’il a mal appris à le faire, la glorification du joual a été avalée, digérée et évacuée depuis belle lurette, et il se sent aussi mal de ne pas parler assez bien l’anglais, parce que c’est synonyme d’ouverture sur le monde, parce que l’économie mondialisante fait en sorte que la majorité des francophones vont devoir personnellement marchander avec le monde entier… oui, oui! Non mais, quand même, que de pression! Encore, le francophone se sent mal parce qu’il se sent seul dans ce monde, sa langue maternelle n’est qu’une barrière linguistique, un caprice presque archaïque, même s’il sait qu’il y en a des millions comme lui tout près, et il a parfois le goût de baisser les bras pour toutes les raisons évoquées plus haut. »

  3. Il ne faut pas oublier qu’il se fait traiter de paresseux par le fils de PET, bilingue de naissance…

  4. Louis, j’ai regardé l’entrevue et même si sur plusieurs points tu as raison, tu exagères. Il faut nuancer! Voici un extrait de site de Radio-Cadnas:

    « Je ne veux pas qu’on enseigne l’histoire, notre histoire et l’histoire en général en anglais. Cependant, ce que je dis, c’est que pour apprendre l’anglais dans des cours intensifs, il serait possible qu’on aborde des questions comme l’histoire, comme la géographie, etc. », explique Pauline Marois.

    Elle s’est donc rétractée. Voilà toute une différence! Je ne dis pas que je suis entièrement d’accord avec sa position, mais Marois n’est plus à l’état de delirium tremens passager.

    Mais le traître (je dis cela parce que Marois est moins traîtresse que lui et non pas parce qu’il un grand traître à la nation) Victor Débile-Beaulieu renchérit:

    « Ces nuances n’ont pas convaincu VLB qui après les avoir entendues, continue toujours à réclamer la tête de la chef péquiste, et à trouver en Mario Dumont, le meilleur espoir politique des francophones du Québec. »

    Qu’il aille se faire foutre!

    « Avouez que c’est ironique quand même: le parti de la loi 101 qui est devenu le plus grand défenseur de la présence de la langue anglaise au Québec. René Lévesque doit tousser dans sa tombe… »
    (Louis)

    Y en a qui ont la mémoire courte!

    Premièrement, c’est René Lévesque lui-même qui a apporté les amendements les plus pro-bilingues (droit à l’instruction publique en anglais chez les anglophones, cégeps et universités anglophones) lors de la première adoption de la loi 101, par lâcheté populiste, créant beaucoup de remous au sein du PQ, surtout chez les ex-RINistes.

    Deuxièmement, les libéraux ont nommé une militante pro-anglo-raciste comme membre du Conseil supérieur de la Langue Française et ils ont littéralement charcuté la loi 101 avec la loi pro-anglaise 178.

    Troisièmement, l’ADQ a été élu par des radios-poubelles qui font l’apologie continue de la culture anglo-saxonne et qui veulent l’abolition de la loi 101.

    Louis, ton dernier paragraphe est tout aussi délirant que la déclaration idiote de Marois la semaine dernière. De la même façon que Victor Débile-Beaulieu, tu confonds « bilinguisme d’État à la sauce Troudeau » (ce que Marois répugne totalement) et « bilinguisme individuel » (ce dont Marois parle en ce moment).

    Les plus grands fossoyeurs du français au Québec sont les libéraux de Christian Rioux, suivi des adéquistes de Victor Débile-Beaulieu.

    Au moins, Marois s’est rétractée, à quand ton tour?

  5. Voilà intégralement ce qu’elle a écrit. On ne pourra dire qu’elle a été mal citée:

    Avant que des propos plus excessifs ou plus incohérents soient encore dits ou écrits, j’aimerais remettre les pendules à l’heure en ce qui concerne mes propos sur l’apprentissage intensif de l’anglais. Car loin de moi l’idée de faire du Québec un État bilingue!

    Il faut faire la différence entre le bilinguisme d’une personne et celui d’une société et de ses institutions. Je suis et serai toujours farouchement pour qu’on vive et travaille en français au Québec.

    J’assiste à une levée de boucliers de personnes qui confondent les chances égales avec les luttes que nous avons dû mener et que nous devons continuer de mener pour protéger notre existence comme francophones au coeur de l’Amérique. Il y a confusion des genres.

    Le Québec doit renforcer les critères d’application de la loi 101, intensifier la protection de notre langue, garantir sa visibilité et s’assurer d’un meilleur apprentissage du français tant pour ceux qui arrivent ici que pour nos propres enfants. C’est un projet de loi qui va exactement dans ce sens que j’ai déposé à l’Assemblée nationale. Car là sont notre premier défi et notre vraie lutte!

    En fait, qu’ai-je dit en parlant de l’apprentissage intensif de l’anglais? Deux choses.

    D’abord — et on semble l’oublier — que nos enfants parlent, écrivent et lisent leur langue maternelle avec plus de rigueur.

    Comment? En faisant en sorte que de la première à la quatrième année, ce soit le français qu’ils apprennent, et le français seulement, pour que, avant de savoir les mots d’une autre langue, ils soient capables d’écrire, de lire, d’épeler la leur.

    Voilà ce que j’ai d’abord dit.

    Anglais intensif

    J’ai aussi dit que, à l’époque où nous vivons, dans la réalité dans laquelle nous plonge la mondialisation, je souhaitais que le monde s’ouvre à tous les enfants du Québec et qu’il n’y ait pas de limite à leurs aspirations. La méconnaissance d’une langue est souvent une barrière importante.

    C’est pourquoi j’ai proposé qu’à compter de la cinquième ou de la sixième année [du primaire], tous les enfants aient la possibilité d’apprendre l’anglais de manière intensive. Pas seulement une certaine élite, pas seulement ceux qui vivent dans les milieux urbains: tous les enfants du Québec. Parce qu’aujourd’hui, nous sommes à un clic de souris du monde et devons inscrire la réussite de nos enfants et celle de notre société dans cette réalité. Et je ne propose pas de modèle uniforme.

    Des initiatives heureuses

    Actuellement, dans de nombreuses écoles à travers le Québec, de telles initiatives existent, et souvent depuis longtemps, la plupart du temps, d’ailleurs, à la demande des parents. Comment cela se passe-t-il?

    Très souvent, dans certains cas, dès la quatrième année, les enfants étudient toutes les matières de leur programme scolaire au cours du premier semestre. Au deuxième semestre, ils se livrent uniquement à des activités d’apprentissage en anglais.

    Dans d’autres cas, l’apprentissage des matières du programme scolaire se fait le matin et l’anglais intensif l’après-midi. L’exemple des cours d’histoire était-il un bon exemple? Pas du tout! J’en conviens. Il est vrai que, pour que les matières essentielles soient bien assimilées, elles doivent être bien comprises.

    Mais sur le fond des choses, la réalité reste la même.

    Au Lac-Saint-Jean, à la commission scolaire du même nom, le programme d’anglais intensif existe depuis 13 ans. Aujourd’hui, 17 des 21 écoles primaires y participent. Dans la majorité des écoles, le programme est ouvert en sixième année. Quelques écoles le donnent en cinquième année. La région du Lac-Saint-Jean est-elle devenue bilingue?

    Peut-on réussir en ne parlant que le français? Bien sûr! Mais ajoute-t-on aux chances de nos enfants en leur offrant d’apprendre correctement une deuxième et une troisième langues? Certainement! Et c’est ce que je veux pour les enfants du Québec, pour qu’ils puissent aller aussi loin que leurs rêves les porteront.

    Du peau patinage artistique.

  6. Les souverainistes se contredisent constamment. En Amérique du Nord, les francophones font à peine 3% de la population, pourtant on a pas été assimilé. Donc, je vais poser la question à Homme à Colère, comment ça se fait que plus de 323 millions de non francophones(dont une grande partie d’anglophones) n’ont pas réussi à nous «forcer» l’apprentissage de l’anglais?

  7. Le nombre de francophones dans le reste du Canada fond comme neige au Soleil. La proportion de francophones en Amérique aussi, même en comptant les Lousianais, dont je respecte hautement la résilience, mais dont il est difficile de dire qu’ils parlent encore français.

    Si nous n’avons pas été assimilés, au Québec, c’est d’abord parce que nous étions isolés, sans les moyens de communication d’aujourd’hui et que nos curés et nos femmes nous ont enseignés le français pendant que les hommes travaillaient « à shoppe » sous les ordres du « foreman ». Et nos curés ont encouragé nos mamans à faire beaucoup, beaucoup de bébés. De l’ordre du 12 enfants par famille. Ce qui est bien loin du taux de natalité d’aujourd’hui.

    Puis parce que nous avons résisté, collectivement, à partir de la Révolution tranquille. Si la Loi 101 n’avait pas été adoptée, et sans la constante pression nationaliste, nous serions déjà bien plus près de l’assimilation.

  8. Bon point Martin, c’est en majeure partie grâce au mouvement séparatiste que le Québec n’est pas encore en train de s’assimiler complètement.

    En ce qui concerne Marois, sa mise au point suffit selon moi à faire oublier son délirium tremens de la semaine dernière. Il faudra qu’elle réagisse plus rapidement la prochaine fois. Merci à Victor-Débile Beaulieu de l’avoir réveillée, il y a au moins ça de positif!

    Peut-être était-ce le but de Victor-Débile Beaulieu de simplement déclencher une réaction de Pauline Marois: il a réussi!

    Comme Martin, je persiste à dire que le français doit être une priorité. Surtout quand Christian Rioux nous dit que les jeunes séparatistes parlent tellement mal le français, sacrent trop, et parlent trop ce joual dégueulasse!

  9. Louis a dit:
    « Encore une fois, au lieu d’écouter la population le PQ doit essayer de la convaincre qu’il a raison et qu’elle a tort. »

    Ça fait drôle de lire un souverainiste écrire cela quand ça fait 40 ans qu’on nous parle de la souverainté et que nous n’en voulons pas.

  10. Force est d’admettre qu’Ivellios a le « nous » plus mince que la réalité…

  11. Surtout que ça fait déjà 14 ans que son ADQ désire faire bouger les choses avec comme résultat que nous sommes encore plus dans mélasse, divisés comme jamais entre francophones et pour un bon bout de temps! ADQ qui était dans le camp du OUI en 1995, faut-il le rappeler. ADQ tellement bonne opposition que la cote de Charest remonte.

  12. Pour être leader d’une cause comme la souveraineté du Québec, il faut faire appel à une personne qui est convaincue de la cause, jeune pour l’énergie, et être capable de rassembler les jeunes, les moins jeunes et les plus âgés.
    On peut essayer les leaders qui vont et qui viennent, des « qui sont là parce que c’est au tour d’une femme » ou d’un sexe quelconque.
    La réalité c’est tout autre. Marois est là pour elle-même pour passer à l’histoire.
    Ses récentes controverses, et ses récentes déclarations n’inspirent aucunement.
    Elle sera de toutes les tribunes, mais à la fin le peuple qui aura le dernier mot sentira ses faux propos et sa soif du pouvoir.

    Le PQ va perdre la prochaine élection et nous aurons encore passé à coté.

    Le seul chef qui voulait réellement la souveraineté fut Jacques Parizeau. Le rest furent des « Parleux » et cela évidemment inclus Marois.

  13. En ce qui concerne VLB, on peut expliquer son comportement au fait scientifique qui veut que dans 95% des cas, les hommes d’un certain âge deviennent conservateurs. S’ils ne l’étaient pas déjà, évidemment. Un vote de plus pour mario et Stephen. Thank you very moche Victorrrr.

    Il faudra trouver autre chose qu’un parti politique pour assurer la vitalité de notre langue. Soyons avant tout fiers de notre héritage français et protègeons-le contre ces hyprocrites-qui-trouvent-qu’on-consomme-mieux-en-anglais, même s’ils se cachent derrière leurs habits de patriotes.

    Pendant que nos politiciens s’assurent de nous distraire avec des préoccupations « brûlantes » comme la langue, la nation, l’éducation, la santé, le vieillissement; nos gens d’affaires sont en train de nous en passer des vites…

  14. « Ça fait drôle de lire un souverainiste écrire cela quand ça fait 40 ans qu’on nous parle de la souveraineté et que nous n’en voulons pas. »

    Ivellios, le problème c’est que les fédéraleux nous promettent un « fédéralisme renouvelé » depuis encore plus longtemps et que ça ne marche jamais. Même les fédéraleux québécois commencent à en avoir soupé du fédéralisme de statu quo: regardez le faible appui populaire aux libéraux, surtout les libéraux fédéraux. Normal qu’on se retourne sur la séparation lorsque les fédéraleux ne respectent pas leurs promesses.

    Faut vraiment être naïf pour croire à la rêverie autonomiste de Dumont. Son seul point positif sera de déclencher une chicane constitutionnelle qui risque d’amener le Québec vers la séparation. Mais pourquoi attendre aussi longtemps avant de se décider?

    Et à ce que je sache, le Québec n’est toujours pas signataire du rapatriement de la Constitition Canadian.

  15. « ADQ qui était dans le camp du OUI en 1995, faut-il le rappeler. »

    Martin, l’ADQ va retourner dans le camp du Oui si son autonomisme ne fonctionne pas, contrairement à Robert Bourassa. Peut-être est-ce l’espoir qu’entretient Victor-Débile Beaulieu.

    Mais on se complique énormément la vie en choisissant ce chemin tortueux.

  16. Je tenais surtout à rappeler à ce partisan adéquiste que son parti a déjà milité pour le OUI. Comme bien d’autres et bien des libéraux typiquement fédéralistes, il répète que les Québécois n’ont jamais voulu de la souveraineté. Dumont n’en était pas si sûr à l’époque. Et comme à chaque fois, je vais rappeler que la majorité des francophones a appuyé le OUI en 1995.

    Je me souviens.

  17. « Et comme à chaque fois, je vais rappeler que la majorité des francophones a appuyé le OUI en 1995. »

    C’est vrai Martin, mais la jurisprudence du 55% du Monténégro fera en sorte qu’il faudra au moins ce pourcentage, ou à tout le moins une double majorité (majorité des votes et majorité des inscrits), la prochaine fois.

  18. ConstitUtion

    A: Séparation
    B: Fédéralisme renouvelé
    C: Statu quo

    On fait un référendum sur A contre C alors que la majorité croit encore à B et que C prétend être B. Étant donné que A perd, C gagne et on est condamné à demeurer avec C!

    Les référendums ne produisent pas nécessairement des résultats rationnels.

  19. Monténégro? Jurisprudence?

    En tout cas la question de la majorité des inscrits ne se pose même pas pour nos référendums. C’est quoi, 95% des Québécois qui ont voté en 1995?

  20. Oui, le seuil de 55% avait été imposé par l’Union Européenne et malheureusement, il s’agit d’une jurisprudence qui risque de faire du chemin.

    Mais en ce qui concerne la majorité d’inscrits, tu as tout à fait raison.

  21. @Martin Beaudin-Lecours:
    Je considère que les 14 ans de l’ADQ ne sont pas beaucoup à comparer les 40 ans du PQ, et je te ferai remarquer que c’est le propre de chaque parti de dire: on va changer les choses, même après un premier mandat.

    @DavidG:
    On a commencer à parler de fédéralisme renouvelé après le référendum de 1980. Depuis quand déjà vous parler de souverainté ? Au moins 40 ans ?

    Le problème avec les souverainistes, c’est que vous pratiquez une forme de racisme inversé, c’est-à-dire que parce que vous dites que vous êtes une minorité dans le Canada, vous voulez des avantages spéciaux que les autres résidants canadiens n’auront pas. Avez-vous penser aux autres francophones des autres provinces ? Vous aller les faire assimiler parce que les gouvernements provinciaux ne feront rien pour les protéger.

    Cessez de réclamer des plus que vous n’aurez jamais et penser un peu aux autres qui chaques jours doivent lutter justement contre l’assimilation linguistique.

    @Renart:
    Peut-être que mon « nous » est plus gros que tu pourrais le penser. Bien sur, les souverainistes ne voit que des souverainistes en chaque québecois, c’est bien connus…

  22. Victor-Lévy Beaulieu a raison de craindre les effets secondaire du « bilinguism ». Et Pauline Marois a raison de rêver au jour où tous les Québécois seront bilingues sans que le Québec ne s’assimile.

    Mes sentiments nationalistes, ma « québécitude » et ma passion pour la langue de mes ancêtres sont de qualité « heavy duty ».

    Oui, le bilinguisme intégral peut constituer un risque. Oui, il pourrait, éventuellement mais pas nécessairement, conduire au déclin du français et à l’assimilation pure et simple, à terme.

    Mais Crisse, y a ti quéquin ki (Diantre, n’y en a-t-il point qui…) puisse feindre d’ignorer vers quels insondables abimes allons-nous collectivement plonger si nous devions refuser collectivement de nous joindre à une communauté internationale qui a adopté l’anglais comme langue des communications et du savoir?

    Ouvre tes queneuils! – Le mot t’est inconnu? Alors tu comprendras mieux « Ouvre-toi les yeux ». Le mot « quenoeil », on le retrouve dans le Dictionnaire de Léandre Bergeron, publié – oh! que le monde est petit! chez VLB, éditeur, du temps où c’était encore la boite à Victor-Lévy Beaulieu!

    Ouvre les ben grands, tes queneuils!

    Si le Québec se trouvait à 1000 lieues des Amaricains, ou si nous étions Roumains, Arméniens ou Coréens, il serait facile de nous convaincre que le salut passe par la connaissance d’une langue plus universelle. Si le Québec occupait plutôt le territoire de la Grèce ou du Congo, l’apprentissage collectif de l’anglais ne pourrait pas nous conduire vers l’assimilation. Ni les uns, ni les autres ne vivent au milieu de centaines de millions d’anglophones. Nous, Québécois, le sommes. Cette mer anglophone, bien sûr qu’on peut, collectivement, s’y noyer.

    Un Slovène ou un Bulgare qui aura acquis une parfaite connaissance de la langue anglaise ne deviendra pas pour autant anglophone, à moins de migrer aux States. Malheureusement, pour nous, Québécois, c’est comme si nous y vivions déjà, aux States. Nous dansons sur leur musique, nous regardons leur télé, nous admirons leur way of living, nous achetons leurs véhicules quatre roues motrices et leurs laveuses Maytag ou Hotpoint, nous adulons leurs vedettes, comme cette Celeene Deeon!

    J’effectue tous les jours plusieurs recherches sur Google. Et je m’amuse parfois à faire la même recherche, d’abord avec des mots-clé en français, puis en anglais. Ce que je parviens à trouver en français, même avec ce vocabulaire étendu qui est le mien, c’est bien peu, quand je compare au résultat de mes recherches en anglais! Google, c’est un exemple.

    Qu’on le veuille ou non, partout dans le monde, on crée des logiciels. Dont on se sert ici. Spybot, qui est finlandais. AVG anti-virus, qui est tchèque. Créés dans la langue maternelle de leur auteur, ces logiciels sont diffusés d’abord à la fois dans cette langue que nous ne connaissons pas, et en langue anglaise. Ou bien ils n’existent qu’en version anglaise. Alors on fait quoi? On attend la version française? Mais alors, on risque d’attendre au moins aussi longtemps qu’à la salle d’urgence!

    C’est honteux qu’on m’y oblige, mais quand je dois vraiment comprendre les mises en garde de sécurité ou les instructions d’un appareil quelconque, c’est en anglais que je les lis. Cet anglais – et je suis le premier à le dénoncer – est plus facile à comprendre que ce français très approximatif traduit en Chine à partir de la version anglaise.

    Quand je regarde dans mon rétroviseur extérieur, je suis rassuré de savoir que « objects may look closer than they are ».

    Quand je rentre au Québec, c’est parfois à Vancouver ou à Toronto que j’ai affaires à un douanier. Et Dieu sait qu’un douanier canadien d’origine sikh, à Vancouver, a bien peu de chances de connnaître du français autre chose que « Bonne juur » et « biannevénoue ». Et on a pas encore parlé des agents au comptoir de la United Airlines à Chicago ou à New-York dans le cadre d’un vol acheté d’Air Canada!

    Non, on m’a pas vraiment convaincu que le salut du Québec passe par l’ignorance de la langue anglaise!

    Sans rancune, buddy!

  23. @Ivellios

    Le problème avec les souverainistes, c’est que vous pratiquez une forme de racisme inversé, c’est-à-dire que parce que vous dites que vous êtes une minorité dans le Canada, vous voulez des avantages spéciaux que les autres résidants canadiens n’auront pas.

    C’est vraiment n’importe quoi! On veut pas d’avantages spéciaux, on veut décrisser! Ce sont les autonomistes qui rêvent en couleurs en pensant qu’ils pourront faire ce qu’ils veulent en se foutant du reste du Canada!

    On croirait lire l’argument anglophone qui donne un autre sens à « société distincte » alors qu’en français « distinct » ça veut pas dire « supérieur » comme les anglophones l’interprétent, mais « différent ».

    Je pense que tu confond nationalisme et souverainisme ici. Moi j’en ai marre et j’ai honte qu’on quête encore le Canada.

    Avez-vous penser aux autres francophones des autres provinces ? Vous aller les faire assimiler parce que les gouvernements provinciaux ne feront rien pour les protéger.

    Ah, parce que 132 ans de confédération canadienne ont prouvé que la francophonie hors-Québec se porte mieux? Des petites nouvelles:

    En 2006, le français avait perdu du terrain comme langue usuelle partout au Canada, même au Québec. Le nombre de francophones, c’est-à-dire ceux dont la langue maternelle est le français, a augmenté entre 2001 et 2006, mais leur poids relatif a diminué. Ils ne représentent plus que 22,1 % de la population, révèle Statistique Canada. C’est une baisse de 3,4 % depuis 2001 et de 15,3 % depuis 1971.

    Au Québec, 5,7 millions de personnes avaient le français pour langue maternelle. C’est 79,6 % de la population. Pour la première fois depuis 1931, la proportion est inférieure à 80 %. Statistique Canada attribue cette baisse à une légère hausse de la population anglophone de la province ainsi qu’à l’accélération de l’immigration allophone au cours des cinq dernières années.

    Un autre première: plus d’allophones ont adopté le français de 2001 à 2006 plutôt que l’anglais comme principale langue d’usage au foyer. L’an dernier, 51 % des allophones avaient adopté le français comme langue parlée à la maison, comparativement à 46 % en 2001 et à 39 % en 1996.

    La situation est fort différente à l’extérieur du Québec où les nouveaux arrivants s’intègrent généralement à la majorité anglophone.

    Si on exclut le Québec, les francophones ne comptent plus que pour 4,1 % de la population des autres provinces canadiennes. La diminution de leur poids remarquée entre 2001 et 2006 prolonge une tendance observée depuis plus d’un demi-siècle.

    Le nombre de francophones a toutefois légèrement augmenté en Ontario et en Alberta.

    @Pierre Lavallée:

    J’en ai une pour toi. Serait-il responsable que le Québec ne maîtrise pas l’algèbre et le calcul différentiel? Dans un monde techno-scientifique comme le nôtre pourquoi tous les Québécois ne devraient-ils pas savoir calculer l’aire sous la courbe? Une autre pour toi, qui travaille en informatique: pourquoi tout le monde au Québec ne saurait pas programmer en Java quand on sait l’importance de technologies de l’information dans le monde d’aujourd’hui?

    Je pense que tu me vois venir: on n’a pas besoin que tout le monde parle anglais, on a besoin que quelques-uns le parlent très bien dans les postes clés. Si c’est la langue du commerce, que les étudiants en commerce international l’apprennent!

    @tous

    Y a-t-il moyen, sacrament, de célébrer cette diversité qui est fondamentale à la vie plutôt que de tout voir dans la lorgnette d’une hiérarchie des êtres humains?

  24. @Martin Beaudin-Lecours

    Non, je ne travaille pas en informatique. Je donne plutôt dans les « sciences » humaines.

    Tes exemples sont mal choisis. Il y a pas une personne sur 100 qui a besoin de connaître le calcul différentiel et intégral ou le langage JAVA. C’est donc pas nécessaire de les enseigner à tout le monde. Et t’as pas besoin de savoir programmer en JAVA pour utiliser un programme informatique! J’ai jamais pu écrire une commande en DOS, alors le Java, pour moi, c’est comme du Chinois.

    Mais peux-tu me nommer quelqu’un, qui fait aujourd’hui son primaire, et dont tu peux déjà savoir avec certitude que son ignorance de l’anglais ne constituera pas un handicap, un jour ou l’autre? Peux-tu me nommer quelqu’un, au Québec, dont tu as la certitude absolue qu’il n’utilisera jamais un ordinateur et un logiciel qui requiert une certaine connaissance de l’anglais? Ou qu’il ne se fera pas répondre en anglais par le service à la clientèle du fabricant de l’hostie de bidule qui marche tout croche?

    C’est pas l’anglais qu’on apptrend à l’école qui risque de nous faire basculer d’un français que nous maitrisons vers une langue anglaise avec laquelle on en arrache toujours un peu!

    Je puis affirmer sans fausse honte que je suis bilingue à 99%. J’ai un fils qui a vécu 6 ans aux États-Unis. Bien sûr, lui, il est parfaitement bilingue. Comme l’est sa conjointe. Son voisin est un ami à moi, anglophone. Son français demeure hésitant. Mais quand on se rencontre tous les trois, ou tous les quatre, c’est en français qu’on se parle! Pourquoi ce serait différent si nous étions tous bilingues au Québec, certains un peu plus que les autres?

    J’ai vécu de longs mois dans un milieu strictement anglophone et je ne me suis pas « assimilé ». Mon fils et sa femme, qui ont vécu 6 ans « de l’autre bord », n’ont jamais cessé de se parler en français et ils n’ont jamais été assimilés, même si leurs amis américains étaient évidemment anglophones. On n’est pas différents du Québécois moyen… Et je vois pas comment, à plus grande échelle, la connaissance d’un anglais très imparfait par 100% des Québécois pourrait mener à leur assimilation. Le risque est plus théorique que réel.

    Mais pour un Québécois qui n’a pas appris l’anglais, le risque d’un préjudice important est plus réel que théorique.

    That’s it, folk!

  25. @Pierre Lavallée

    Il n’y a pas de honte à être bilingue et je n’ai jamais écrit ou pensé cela. Je dénonce le fait que pour plusieurs, il faudrait avoir honte de ne parler que le français. Et j’affirme que comme le JAVA et le calcul différentiel, au Québec et même dans le monde, il n’est pas nécessaire que tous parlent anglais. On dit souvent que tout le monde apprend l’anglais. Avez-vous déjà entendu une conversation en anglais entre un touriste japonais et un Allemand? Ce n’est pas bien profond. C’est minimal, disons.

    Je ne veux pas discuter de vos choix personnels. Tant mieux si vous parlez en français avec vos parents et amis! Je n’ai jamais dit qu’apprendre l’anglais faisait automatiquement d’un individu une personne assimilée. Mais je crois que, oui, si tous les Québécois devenaient parfaitement bilingues, logiquement, par le fait même, le français ne serait plus nécessaire. Du coup, le service à la clientèle du bidule qui marche tout croche n’aura aucune raison de se faire en français. Déjà qu’à Montréal on observe souvent la situation où, sur six personnes, les cinq francophones parlent anglais pour accommoder la sixième, anglophone qui pourrait parler français, mais difficilement. On entend souvent des caissières, des commis d’épicerie ou de dépanneur parler en français aux Québécois « de souche », mais en anglais à ceux qui ont la peau plus foncée.

    En passant, je travaille en informatique, à Montréal. Je suis intégrateur et programmeur. Je lis l’anglais chaque jour, étant abonné à des magazines américains. Ma musique préférée est américaine et anglaise. Je n’ai jamais suivi d’autres cours d’anglais que ceux obligatoires au secondaire. C’est à l’université que j’ai fait l’apprentissage plus approfondi de l’anglais, dans un cours d’histoire du Mexique qui nécessitait que je lise des articles en anglais. Je lis très bien l’anglais, mais je le parle très mal, surtout parce que je ne l’ai jamais pratiqué et parce que je ne veux pas la pratiquer, du moins ici au Québec. Encore hier soir, j’étais avec un « parfait bilingue » et nous écoutions un documentaire sur le tournage d’un film britannique. Ce « parfait bilingue » avait de la misère à comprendre les artisans du films et pourtant, moi, je comprenais mieux que s’ils avaient été américains. Suis-je bilingue? Ne le suis-je pas? En tout cas, je ne prétend pas l’être. Et pour mon travail dans un monde anglo-saxon, je n’ai pas eu à parler anglais en huit ans. Seulement quelques fois au livreur de pizza ou de mets indiens.

    À un moment donné, c’est un choix qu’on fait de décider si l’anglais est vraiment nécessaire ou pas. Et c’est un choix que nous pouvons et devrons faire collectivement. L’anglais n’est pas une fatalité.

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