Un engagement… à rien du tout

L’idée du PLQ de faire signer un engagement moral aux nouveaux immigrants, statuant qu’ils ont pris conscience des valeurs des Québécois, ne mène nulle part.

En effet, quelle est la force d’un document qui ne force à aucun engagement? Un document signé, c’est un contrat, une entente que prennent deux parties. Et quand une des deux parties ne respecte pas sa signature, il y a des conséquences. Mais quelles seraient les conséquences pour un immigrant refusant obstinément de s’intégrer? Il n’y en a pas.

Voilà encore une fois pourquoi le projet de citoyenneté québécoise de Pauline Marois est une bien meilleure idée: on propose la carotte d’un côté (cours gratuits, aide aux nouveaux arrivants, etc.) MAIS également le bâton (on enlève certains privilèges à ceux qui ne montrent pas le moindre désir de s’intégrer à leur nouvelle communauté).

Grosso modo, signer une feuille de papier disant qu’on va respecter les valeurs québécoises, c’est à peu près comme signer son permis de conduire et dire qu’on va respecter les règles de la sécurité routière. Mais peu importe notre signature; on roule à 120 sur la 20, on oublie le clignotant, on change de voie là où ce n’est pas permis, on ignore les passages pour piétons. Bref, on suit le courant.

Et si on applique ça aux nouveaux arrivants, ça donne quoi? Ça donne des immigrants qui se foutent bien d’apprendre le français, et qui font comme ceux qui sont déjà ici et qui trouveront toujours de toute façon un pauvre petit Québécois assez à-plat-ventriste pour les servir dans une langue étrangère.

En somme, signer un papier qui dit qu’on va respecter les « valeurs québécoises », c’est ni plus ni moins légitimer le statu quo et encourager l’immobilisme chez les immigrants.

La solution, la seule vraie, c’est celle qui passe par les incitatifs et les conséquences. Incitatif: on t’aide à apprendre le français. Conséquence si tu ne le parles pas: personne ne va te comprendre et tu ne vas pas pouvoir communiquer.

Sauf que pour que cette solution fonctionne, il faudrait que les Québécois arrêtent d’agir en laquais toujours sur leurs gardes, prêts à s’avilir pour servir l’autre dans la langue de Shakespeare. Il faudrait enfin être fiers de ce que nous sommes et refuser de parler anglais sur le territoire de notre nation, de Kuujuaq à Gaspé en passant par Montréal-Ouest et Stanstead.

Être nous-mêmes chez nous. Rien que cela. Et exiger le respect. En français.

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Une Réponse

  1. Comme prévu, le PLQ a proposé une coquille vide qui prouve une fois de plus que les fédéraleux n’ont pas intérêt à régler ce problème qui est bon pour la pérennité de l’unité canadian. Ne soyez pas supris que la Commission multiculuraleuse montréalaise Bouchard-Taylor, aille dans le même sens ou presque dans les conclusions de son rapport final.

    « Il faudrait enfin être fiers de ce que nous sommes et refuser de parler anglais sur le territoire de notre nation, de Kuujjuaq à Gaspé en passant par Montréal-Ouest et Stanstead. »

    Que veux-tu dire, Louis, par « refuser de parler anglais »?

    Mon « refus de parler anglais » ne s’applique qu’aux habitants du Québec, ce qui est tout à fait normal. Mais je n’hésiterai jamais à parler anglais à un touriste étranger qui ne connaît pas le français et je n’hésite pas à apprendre l’anglais pour mon propre bénéfice culturel.

    Je crois que tu veux dire la même chose que moi mais je veux seulement que tu me le confirmes pour bien fixer les idées et pour éviter que des fédéraleux te traitent de « maudits séparatisssssssses racisssssssssssssssssssssssses anti-sémites et anti-américains primaires »!

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