L’échec des infirmières du privé

On apprend que les hôpitaux font de plus en plus affaire à des infirmières d’agences privées pour combler leur manque d’effectifs. Et encore une fois – comme c’est le cas à chaque fois que le privé est en cause – la facture est salée: près de 100 millions de dollars.

Le but du privé est de faire du profit, est-il besoin de le rappeler? Alors que les infirmières du secteur public commandent un salaire de près de 27$ par heure, il faut débourser entre 35 et 55$ par heure pour une infirmière du privé. Mais l’infirmière en question ne gagne pas tout cet argent; une partie est remise à l’agence, qui assure un juteux profit à ses dirigeants.

Ainsi, on engraisse des propriétaires d’agences privées sur le dos des contribuables, ce qui contribue à accentuer la saignée des finances de l’État.

Pourtant, il serait facile de régler la crise. Si on prenait ce même 100 millions $ et on s’en servait pour payer davantage d’infirmières du public, on sauverait de l’argent et on s’assurerait d’avoir de meilleurs services puisque celles-ci ne seraient pas tentées de tourner les coins ronds pour satisfaire des actionnaires gourmands.

Mais si la solution est si simple, pourquoi n’est-elle pas appliquée? C’est simple: c’est une question d’idéologie. Le gouvernement néolibéral de Jean Charest veut implanter le privé partout, de toutes les façons possibles. En coupant les vivres aux hôpitaux, il les force à prendre des décisions à court terme qui sont totalement illogiques d’un point de vue économique. Mais ça ne dérange pas trop, si le résultat est davantage de privé, même si le privé est plus cher et moins efficace.

Tiens, ça me rappelle… J’avais une amie qui travaillait au centre hospitalier de Lachine. Il y a quelques années, ils ont confié le service de buanderie au privé. Et bien, les coûts ont tellement augmenté qu’ils ont dû revenir à l’ancien système quelques années plus tard! Mais combien d’argent a été dilapidé entre temps…

Si des précurseurs du néolibéralisme et des PPP comme l’Angleterre constatent désormais l’échec définitif des « partenariats » public-privé (autant parler du partenariat entre la poule et le renard) et redonnent au public des services afin de juguler l’hémorragie, il serait peut-être temps de constater que le Québec va dans la mauvaise direction.

Car le but du privé, ne l’oublions jamais, est de faire de l’argent. Le privé coûte plus cher, et s’il a une cenne à sauver en tournant les coins ronds, il n’hésitera pas. Et si ça coûte 55$ de l’heure pour une infirmière qui pourrait en coûter 27$, n’oublions pas qu’une partie de la différence atterrie dans les poches d’un actionnaire qui n’apporte absolument rien au système de santé, bien au contraire.

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27 Réponses

  1. Ça me rappelle une passe the Monty Python’s the Meaning of Life…

    Un hôpital (et c’est une blague qu’ils font) louait une machine à la compagnie à laquelle ils avaient vendu ladite machine, afin que cette somme entre dans le budget mensuel et non dans les actifs de l’hôpital, leur permettant ainsi de demander du financement!

    p.s. Ne pas prendre Monthy Python au sérieux. C’est simplement un exemple de truc pas net qui pourrait théoriquement être fait.

  2. Ce n’est pas une question d’idéologie. Si les infirmières vont vers le privé, c’est qu’elles y trouvent des conditions de travail qui leur plaisent davantage.

    De plus, le gouvernement ne pourrait pas interdire les agences d’infirmières sans quoi la pénurie serait pire encore.

    La réalité est que sans agences, énormément d’infirmières quitteraient le métier… Et pour le moment, travailler en agence semble plus intéressant que de le faire dans le public…

    Avant de dire que l’idéologie est la cause du problème, j’imputerai d’abord l’existence du phénomène à des causes structurelles (normativité du travail dans le secteur public) et conjoncturelles (pénurie de main-d’oeuvre).

    C’est mon opinion, nous serons sans doute en désaccord.

    Mais ça, c’est pas plus grave que ça…

    Amicalement,
    GL

    Lecture :
    http://www.ledevoir.com/2007/11/13/164261.html

  3. Je ne vois vraiment pas pourquoi tu te plains contre le privé ici Louis. Le problème est nullement le privé, mais bien le public.

    Un hopital fait appel à une agence lorsqu’elle est en manque d’infirmière de facon temporaire, soit pour une journée ou deux, sauf exeption bien sur dans les pires cas. Une infirmière du privé n’est jamais engagé à 40 heures semaine pour une année complète ou pour remplacer un congé maternité…

    Et pourquoi cela se produit-il? C’est très simple, mais cela t’obligerait à admettre que le public a un problème… Mauvaise planification des gestionnaires de l’hopital, pas foutu de gérer un budget et planifier des horaires correctement pour s’assurer du personnel en tout temps sur les départements.

    Il ne faut pas que tu oublis que le système de santé a déjà en main ce 100M$ que tu dis gaspillé et il n’en tient qu’à eux de bien le gérer…mais non, ils ne sont pas capable.

    Ce n’est pas le privé que tu devrais blâmer Louis, mais ces gestionnaires du public incompétents qui n’offre que du 3 jours/semaines à 50 infirmières au lieu d’en engager 30 à temps plein, ce qui faciliterait bien des choses! Et avant qu’une agence soit téléphonée, toutes les infirmières avec disponibilités sont téléphonées en premier…il est moins cher de payer une infirmière à temps et demi plutot que de faire affaire avec une agence privée…

    Mais c’est vrai, abolissons ces méchantes agences afin qu’il manque encore plus de personnel pour soigner les patients, parce que contrairement à ce que bon nomre de gauchistes peuvent penser, les infirmières des agences ne retourneront pas travailler dans le public et les conditions merdiques qui viennent avec. Vive le public, nous avons des preuves tous les jours de son succès!

  4. Réveille-toi mon pauvre Louis. Dans le années 70 j’avais un copine qui travaillait pour une agence et dont la fonction consistait à fournir, sur demande, les hopitaux en infirmières. Les infirmières qui travaillaient pour elle préféraient ce système par ce qu’elles pouvaient choisir leur horaire, que c’était plus payant et qu’elles ne payaient pas de syndicat. Même le PQ a encouragé ce système parce que le 27$/heure ce n’est pas le coût d’une infirmière pour l’hopital.

  5. Encore l’utopie gaugauhiste. Dans ton monde imaginaire, le privé est toujours le gros méchant crosseur et le public les gentils employés de l’état qui eux sont toujours honnêtes et travaillant.

    Reality check !

    Un gros pourcentage des employés du public, avec la sécurité d’emploi à vie, ne feraient pas 1 mois dans le privé, parce qu’ils sont incapables, incompétents et paresseux. Dans le privé, il y a ce qu’on apelle le gros bon sens. Si un employé ne fait pas la job, il la perd et est remplacé par un autre qui la fera.

    C’est certain que dans le privé aussi il peut y avoir des abus, mais avec un syndicat « modéré », ca fonctionne très bien. Quand le syndicat devient trop fort, ca dérape.

  6. La généralisation, ça se fait dans les deux sens, hein?

    « Un gros pourcentage des employés du public, avec la sécurité d’emploi à vie, ne feraient pas 1 mois dans le privé, parce qu’ils sont incapables, incompétents et paresseux. »
    Ah oui? Quel pourcentage exactement? J’sais pas, moi, je n’ai jamais connu d’infirmière paresseuse, au public comme au privé… en fait, les fonctionnaires paresseux existent, mais se font rares dans mon coin… et je suis dans la RCN!!! la Fonction publique se renouvelle à pas de tortue, ce qui fait que dans bien des cas, une personne doit remplacer à la fois la madame en congé de maternité et le monsieur qui part à la retraite, en plus de faire ses propres tâches. De toute façon, je ne conseille à personne de se promener dans un hôpital et de traiter les infirmières de paresseuses… à moins d’être suicidaire…

    « Dans le privé, il y a ce qu’on apelle le gros bon sens »
    Dans le public aussi… c’est la « révolution du gros bon sens » de Mike Harris qui a mit les hôpitaux et les écoles ontariennes dans le trou, si je me souviens bien…

    D’un autre côté :
    « Pourtant, il serait facile de régler la crise. Si on prenait ce même 100 millions $ et on s’en servait pour payer davantage d’infirmières du public, on sauverait de l’argent et on s’assurerait d’avoir de meilleurs services puisque celles-ci ne seraient pas tentées de tourner les coins ronds pour satisfaire des actionnaires gourmands »

    Si la solution avait été aussi simple que ça, je pense que c’est ce qui aurait été fait. Mais la situation n’est pas simple, comme d’autres l’ont si bien illustré (sans grande délicatesse, mais bon…). La gestion de grosses boîtes, que ce soient des hôpitaux, des écoles ou des usines, ce n’est jamais aussi simple qu’on l’imagine. On parle de grosses machines, et plus c’est gros, plus c’est dur à manipuler et à diriger. Il faut négocier les courbes plus lentement pour ne pas déraper. Mais d’autres ont déjà décrit la situation des infirmières : public = heures pas possibles (syndicat ou pas!), privé = meilleures conditions de travail dans leur cas. Juste l’impossiblité d’avoir un horaire fixe dans un hôpital qui manque de ressources, c’est déjà assez pour décourager n’importe quel parent dont les enfants sont à la garderie ou à l’école…

    D’un côté comme de l’autre, je ne crois pas qu’il y ait une solution à la fois simple et efficace au problème. Et je ne crois pas que ça va se régler tout de suite. À tout vouloir régler sur le champ, sans vraiment y réfléchir, on commet de plus grosses erreurs encore qui coûte cher à réparer.

  7. Excellent billet Kim Jong-Il (aka Louis). Je suis tout à fait d’accord avec ton texte, du début à la fin.

    Les PPP sont de véritables conneries. Ils constituent une privatisation des profits et une socialisation des risques qui menacent la pérennité des services publics.

    Ce n’est pas de l’entrepreneurship. C’est de l’entrepreneurshit!

  8. @Frédérick

    « Je ne vois vraiment pas pourquoi tu te plains contre le privé ici Louis. Le problème est nullement le privé, mais bien le public. »

    Louis a bel et bien blâmé le gouvernement qui a décidé lui-même d’avoir recours aux PPP. Relisez son texte!

  9. C’est bien beau mettre cela sur les dos des syndicats ou des gestionnaires, mais il manque d’infirmières, depuis le gouvernement Bouchard, et il commence à manquer de médecins. Moi, ça me gosse en ostie que le privé se développe alors que le bassin de professionnels de la santé demeure le même. Ils ne sont pas cave ces professionnels: ils vont accepter les meilleurs conditions. Si c’est le privé qui les leur offre, c’est le public qui va en pâtir encore plus.

    Je hais l’idée d’entrepreneurship dans les services de santé. Un docteur ne devrait pas être un entrepreneur, un patient ne devrait pas être un client et il ne devrait pas y avoir une industrie pharmaceutique qui corrompt tout le système dans sa recherche de profits.

  10. Je connais personnellement 2 infirmières qui travaillent volontairement pour ces agences; elles ne sont plus les « nègres » de personne. Relativement même salaire, avec 35-40hr semaine.

    Que t’aie l’impression que ca coute moins cher au public, c’est parce que tu ne regardes pas la dette qui traine en arrière que toi et tes enfants paieront avec interêt.

    Si ca coute plus cher au privé, c’est justement pour éviter cette dette donc le prix est ajusté.

    Mais il est évident que si le privé est le fournisseur du public, ce même privé risque de surévaluer son produit car ceux qui paieront ne possèdent pas vraiment l’argent qu’ils investissent. (Bref un bureaucrates s’en tappe ou l’argent va, ce n’est pas la sienne).

  11. @Guillaume Lamy

    « Ce n’est pas une question d’idéologie. »

    Je regrette mais c’est une question d’idéologie et de profit. Idéologie dans le sens où les gouvernements se sont servis de la propagande idéologique des thinktanks néo-libéraux comme l’Institut Économerdique de Montréal pour vendre leur idéologie, tout en sachant d’avance que c’était inefficace. Profit dans le sens où les compagnies-membres d’un PPP n’assument pas les risques mais privatisent les profits dans leur propre intérêt, ce qui permet aux administrateurs et aux politiciens de recevoir le retour d’ascenseur tant attendu!

    L’existence des agences privées et la soi-disant pénurie d’infirmières sont causées par le fait que le gouvernement cherche à PPPifier (un néologisme de mon cru) en douce les infirmières depuis des années en offrant des conditions scandaleuses aux infirmières publics (précarité, 16 heures consécutives, horaire inflexible) dans le but d’écoeurer les infirmières pour qu’elles s’en aillent dans le privé et pour rendre volontairement la profession d’infirmière inattrayante pour les futurs diplômés, ce qui a créé la soi-disant pénurie en cours.

    Faut dire qu’en ce que concerne la précarité, la FIIQ, qui est le plus mauvais syndicat au Québec pour ses membres, en est largement responsable. De plus, le PQ n’a pas aidé avec ses départs anticipés à la retraite qui ont aggravé la pénurie.

    Les idéologues néo-libéraux nous ont toujours seriné ad nauseam que le PPP était la poudre de perlinpinpin miracle qui permettra à l’État d’économiser beaucoup d’argent. Pourtant, il est clair que ce concept, qui n’a rien à voir avec le capitalisme, est une expression néfaste du corpo-étatisme (pléonasme: le corpo-étatisme est toujours néfaste!) qui coûte plus cher qu’un service complètement public.

    MAIS OÙ SONT LES ÉCONOMIES PROMISES PAR LES IDÉOLOGUES DES PPP, SIBOUÈÈÈRE?

    P.S.: Philippe LeBel ( http://contre-doctrinaire.blogspot.com/ ) ne serait pas fier de vous!

  12. @Christian Rioux

    « Dans ton monde imaginaire, le privé est toujours le gros méchant crosseur et le public les gentils employés de l’état qui eux sont toujours honnêtes et travaillants. »

    Pour les idéologues néo-libéraux, le public est toujours le gros méchant crosseur et le privé les gentils employés de la compagnie bienveillante qui eux sont toujours honnêtes et travaillants.

    Louis n’a jamais pensé ni dit une telle chose. Dites moi à quel endroit vous avez trouvé cela, je ne l’ai pas encore trouvé!

    « Un gros pourcentage des employés du public, avec la sécurité d’emploi à vie, ne feraient pas 1 mois dans le privé, parce qu’ils sont incapables, incompétents et paresseux. »

    Quel cliché ridicule! D’accord, certains employés incompétents du secteur public ne pourraient pas avoir le même poste dans le privé (en particulier des professeurs!) mais de là à affirmer qu’un gros pourcentage des employés publics sont trop incompétents pour le privé, c’est une généralisation sans fondement.

    « Dans le privé, il y a ce qu’on appelle le gros bon sens. Si un employé ne fait pas la job, il la perd et est remplacé par un autre qui la fera. »

    Rien n’empêche une telle chose dans le public: il suffit d’abolir la sécurité d’emploi mur à mur et les monopoles syndicaux et les services publics seraient plus efficaces. Là ce serait des vraies économies, pas des économies-fantômes comme dans les PPP!

  13. Pour les idéologues néo-libéraux, le public est toujours le gros méchant crosseur et le privé les gentils employés de la compagnie bienveillante qui eux sont toujours honnêtes et travaillants.

    Sacre-moi patience avec tes néo-libéraux. Tu utilises ce terme à tort et à travers à presque chaque réplique. Je suis centriste, et pas séparatiste, donc plus proche idéologiquequement des libéraux (centre gauche), alors que les néo-libéraux sont d’extrème droite. On va pas recommencer avec ca…

    Je n’ai jamais dit ca, mais les billets postés récemments ici tendent à diaboliser le privé et encenser le public. Dans la vraie vie, c’est pas comme ca, il y a des crosseurs partout.
    Je dirais qu’environ 1 employé au public sur 5 ne mérite pas son job ou ne fout rien, alors que dans le privé, des gens payés à rien faire, il n’y en a presque pas.

    Je travaille au parapublic et ma femme aussi, et on en voit beaucoup des des gens qui méritent pas leur job, ne font rien ou font leur travail tout croche.

    Rien n’empêche une telle chose dans le public: il suffit d’abolir la sécurité d’emploi mur à mur et les monopoles syndicaux et les services publics seraient plus efficaces. Là ce serait des vraies économies, pas des économies-fantômes comme dans les PPP!

    Je suis partiellement d’accord avec toi (surprise!) parce que la sécurité d’emploi devrait avoir une limite. De gens qui volent, fraudent, ou sont gravement incompétents devraient perdre leur sécurité d’emploi. Malheureusement, les syndicats trop forts et empêchent cette option.

    Mais on ne peut pas simplement abolir cette sécurité d’emploi. Avant que ca soit implanté, à chaque élection, des gens se faisaient « clairer » et se faisaient remplacer par des amis du parti élu. C’est pour ca que ca existe. Ca permet aussi d’éviter la précarité d’emploi.

  14. Si le métro de Laval aurait été en PPP, il n’y aurait pas eu des dépassements de centaines de millions. Du moins, ils auraient été absorbés par le privé qui aurait mal évalué son projet et non pas refilés aux contribuables.

  15. Monsieur Rioux

    Quand j’ai dit « idéologues néo-libéraux », je ne vous ai pas visé personnellement. Désolé pour la confusion que j’ai causée.

    « les billets postés récemments ici tendent à diaboliser le privé et encenser le public. »

    Non, ces billets diabolisent l’État qui a recours aux PPP. Nuance!

    « De gens qui volent, fraudent, ou sont gravement incompétents devraient perdre leur sécurité d’emploi. Malheureusement, les syndicats trop forts et empêchent cette option. »

    Les syndicats sont trop forts parce que l’État réglemente son monopole. Il faut donc abolir les monopoles syndicaux (et non pas les syndicats proprement dits).

    « Mais on ne peut pas simplement abolir cette sécurité d’emploi. Avant que ca soit implanté, à chaque élection, des gens se faisaient « clairer » et se faisaient remplacer par des amis du parti élu. C’est pour ca que ca existe. Ca permet aussi d’éviter la précarité d’emploi. »

    Vous apportez une précision importante. C’est pour ça que j’avais dit « abolir la sécurité d’emploi mur à mur« . Bien sûr, on ne doit pas accepter des congédiements injustifiés. Le but n’est pas de revenir au patronage des années 50!

    Par contre, en ce moment même, les cadres du secteur public sont embauchés en fonction du parti au pouvoir et les employés du secteur
    public sont trop souvent choisis en fonction du népotisme et de l’ancienneté, au dépens de la compétence. Il serait bien qu’on embauche et qu’on garde les employés selon la compétence de ceux-ci pour l’emploi postulé.

    « Si le métro de Laval aurait été en PPP, il n’y aurait pas eu des dépassements de centaines de millions. Du moins, ils auraient été absorbés par le privé qui aurait mal évalué son projet et non pas refilés aux contribuables. »

    Un peu naïf comme raisonnement. Je serais bien curieux de savoir quelle proportion du dépassement de coût est allé directement dans la poche des contracteurs privés. De plus, ce n’est pas arrivé très souvent que, dans un PPP, le privé verse une compensation à l’État pour les dépassements de coûts que le privé a lui-même causés.

  16. Un docteur ne devrait pas être un entrepreneur, un patient ne devrait pas être un client

    La restauration, les épiceries, etc. sont présentement pas mal tous sous le contrôle du privé. C’est un secteur tout aussi important que la santé, et je ne vois personne parler de la nationalisation de celui-ci.

    La pénurie de main d’oeuvre dans le secteur de la santé viendrait-elle aussi du fait que l’on espère que ses travailleurs fonctionnent comme les équations mathématiques d’une idéologie (« Ahh la santé, ca devrait être gratuit et accessible à tous!!! ») plutôt que des humains bien normaux qui ont tendance tout comme les autres à travailler parce qu’il aime ce qu’il font et ensuite….pour le cash ?

  17. J’ai des professionnels de la santé dans ma famille: médecin, psychiatre, dentiste… Je les considère comme des humains bien normaux. Ils ont droit à une bonne paie pour le travail qu’ils font et les études qu’ils ont du suivre. Et je ne blâme personne de se laisser tenter par les meilleurs conditions du privé. C’est humain aussi.

    Mais…

    Je n’ai toujours pas digéré la hausse récente du salaire des médecins. Et j’ai très beaucoup pas mal de misère avec leur corporation et la mentalité de libre-entrepreneur qu’ils idéalisent. Les médecins d’ici jalousent ceux des États-Unis car ceux-là font beaucoup beaucoup de pognon. Mais je soulignerai ici que les infirmières, elles, travaillent très fort, sinon plus, pour une fraction du salaire et que de tout temps, il y eu des gens pour soigner les autres même gratuitement. Soigner est une vocation avant tout. Et plusieurs soignent pour le fric et le prestige que ça leur apporte. Les médecins font ce qu’ils veulent, sauf peut-être lors de leur internat. Quant à moi, ils seraient employés de l’État et rendraient plus directement des comptes. Actuellement, en plus d’être déifiés par le peuple, en plus d’avoir une clientèle passive garantie, en plus d’entretenir des liens incestueux avec l’industrie pharmaceutique, ils siphonnent les deniers publics et gardent leurs dossiers médicaux pour eux. Facile de critiquer les gestionnaires quand tant d’information est gardée secrète. Qu’on leur offre des horaires décents, soit. C’est même une question de gros bon sens et d’efficacité. Mais si les médecins d’ici se sentent désavantagés, c’est parce qu’ils se comparent à un idéal américain que je ne partage alors pas du tout. Ils veulent plus de fric? Qu’ils rendent plus de comptes plutôt que de comporter en vrais corporatistes. Combien d’infirmières pourrait-on payer avec la seule hausse de salaire accordée récemment?

  18. Parlant de médecin, j’aimerais vous parler du cas scandaleux d’un étudiant en médecine du nom de Adinson Brown.

    http://www.mediamatinquebec.com/index.php?Section=recherche&id=619&MotChercher=johanne roy

    http://www.mediamatinquebec.com/index.php?Section=Categorie&id=595&Categorie=SocieteSante

    En tant que diplômé de Laval, je me bombe enfin le torse pour autre chose que le Rouge et Or football depuis que j’ai lu ces articles. Le refus d’un candidat aussi prestigieux que Adinson Brown prouve hors de tout doute que Laval est meilleur que les autres, et ce malgré le total de zéro Prix Nobel, et que LAVAL A LA MEILLEURE FACULTÉ DE MÉDECINE AU MONDE! J’en suis très fier!

  19. Au lieu de manifester à 50 000 tatas pour que Jeff Fillion continue à vomir sur les ondes, pourquoi pas 75 000 personnes pour protester contre ce scandale, ou pour toute cause sociale plus pertinente?

    P.S.: Pour les drouatistes hystériques, je dois préciser que je n’étais pas d’accord avec la décision du CRTC!

  20. Si les drouatistes hystériques manquent d’imagination pour des causes moins insignifiantes que Jeff Fillion à promouvoir par une bonne manifestation de 75 000 personnes, j’ai des idées pour vous mes chers drouatistes.

    1) Exigez que l’on trouve Ben Laden pour faire enfin taire les maudits crottés de conspirationnistes anti-américains primaires communissssssse séparatisssssssse anti-sémites!

    2) Manifestez POUR les guerres impérialistes.

    3) Exigez l’abolition du droit de vote des pauvres! (Élodie en fait la promotion dans son Blogue et il y en a qui la croit et qui sont d’accord!)

    4) Exigez le retrait du programme nucléaire iranien ET appuyez le programme nucléaire américain.

    5) Lors de l’anniversaire du bombardement Hiroshima, manifestez pour APPUYER cette belle réussite technologique!

    6) Manifestez contre le gouvernement Charest qui ne dégèle pas assez les frais de scolarité. Seulement 2168$ par an dans 5 ans! C’est pas assez! Il faut se rendre à 6422$ tu-suite, comme en Nouvelle-Écosse!

    7) Vive les PPP!

    8- Manifestez pour l’abolition progressive des maudits bs!

    9) Vive Rabaska!

    10) Fuck les écolos, ça tue notre économie!

    Plusieurs vont vous traiter d’imbéciles si vous manifestez pour l’une de ces causes, mais au moins ce sont des causes beaucoup plus pertinentes que Jeff Fillion!

  21. Mais vous faites dont ben une fixation avec Jeff Fillion Davidg… c’est vraiment pathétique! Je vous conseille d’acheter un kit XM et le mette au 172, c’est pas mauvais comme radio 😉 D’ailleurs si votre modele de gauchiste est si bon que ca aller dont voir a Cuba, apres tout la bas les USA interviennent pas dans votre PARADIS COMMUNISTE ! En plus vous serez pas trop désorienté ils utilisent des autobus quebecoises vieillent de 25 ans qu’on s’est debarassé ici ! De plus leur automobile ont gardé le charme des années 50 ! Pour ce qui est des professionnel de santé, eux ils sont tellement bien ! vous aurez la chance d’en croiser dans les taxis et hotels de touriste! Ils savent recevoir les cubains ! Vous pourrez aussi aller au venezuela aider Camarade Chavez avec sa revolution, grace à lui Montreal (et le reste de l’amérique du Nord) a pu avoir une bonne parti de leur cerveux et de leur richesse ! Merci Chavez de nous envoyez les ressources humaines que ton pays aurait besoin ! Justement Chavez aurait besoin de bon gauchiste comme vous, son industrie pétroliere pollu au boute ! Allez lui jaser de ca voir l’acceuil que vous aurez ! En avant avec la révolution camarade !

  22. Bon! Louis me traite de néo-libéral pur et dur et François me traite de communiste pro-Chavez!

    Ils sont drôles ces idéologues! Pas de place pour aucun compromis! Le moindre petit écart à leur idéologie et hop, vous êtes dans le camp de l’ennemi à abattre!

  23. que tu veules ou pas le message precedant le mien donnait cette impression
    de toute facon avec des commentaires qui donne l’impression que vous etes remplis de haine mon cher Davidg et frustré, je te suggere de prendre une grande respiration et relaxer 🙂 oui la vie en société peut etre frustrante mais faut pas gacher son moral a cause de cela

  24. Je n’ai aucune frustration, au contraire je me bidonne avec mes propres sarcasmes.

    En ce qui concerne ma haine, je n’ai aucune leçon à recevoir d’un zélateur de Haine FM. J’ai le droit d’être haineux de temps en temps.

  25. Ils sont drôles ces idéologues! Pas de place pour aucun compromis! Le moindre petit écart à leur idéologie et hop, vous êtes dans le camp de l’ennemi à abattre!

    C’est bien drôle, parce que c’est ce que tu fais tous le temps, et tu le reproches aux autres….

  26. Monsieur Rioux

    Je dis à tout le monde que je suis séparatiste et tout le monde le sait. Vous adorez le Canada et tout le monde le sait. C’est votre droit et il n’y a aucun problème ni confusion possible.

    Je vous rassure: mon principal problème ne vient pas de vous. Mon problème, ce sont des gens qui me traitent de « néo-libéral pur et dur » quand j’OSE remettre en question les monopoles syndicaux de la gaugauche caviar québécoise (une gauche corporatiste qui n’a plus rien à voir avec une gauche humaniste qui s’occupe vraiment des pauvres) et avec des gens qui me traite de « maudit communissssssssssse pro-Chavez » parce que je suis séparatiste et que je me porte à la défense des étudiants.

    Ce genre de catégorisation fallacieuse est le propre des idéologues qui n’ont plus de véritables arguments.

  27. Louis, je viens d’écrire un texte sur les dérives du privé et sur Patch Adams si cela t’intéresse!

    http://newsnoncensures.blogspot.com/2007/11/patch-adams-et-notre-systme-de-sant.html

    Au plaisir de te lire,

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