Le blâme du petit boy-scout

Mario Dumont aime faire le clown et se faire remarquer, avec ses gesticulations et ses phrases-choc, autant de mise en valeur sur le paraître pour cacher l’être. Et il ne manque pas une occasion de surfer sur l’actualité: c’était bien lui qui avait lancé le débat sur les accomodements raisonnables, avant de se rétracter de façon honteuse en discréditant le projet Marois, qui lui cherchait de vraies solutions au problème. Mais voici que Dumont relance le même cirque.

En effet, en proposant une motion de blâme contre le gouvernement Charest, sur la « question des commissions scolaires », Dumont démontre encore une fois la petitesse de sa pensée politique et son attitude irrémédiable de perdant habitué de japper fort de son arrière-banc mais incapable de prendre ses responsabilités en tant que co-participant au pouvoir.

Car on les connaît les positions de Dumont. Il avait bien fait rire de lui lors de la dernière campagne électorale, en proposant l’abolition des commissions scolaires. Mais si le taux de vote à ces élections fut faible dimanche dernier, il ne fut pas anormalement faible, c’est-à-dire qu’il est toujours faible et qu’il ne s’agit donc pas d’un fait nouveau. Cette sortie de Dumont était donc pré-programmée, tel un vieux spectacle d’humour maintes fois présenté qui ne fait plus rire personne, et il ne s’agit pour le chef de l’ADQ que d’une manière de faire encore parler de lui. Et tant pis pour ses responsabilités.

Pourtant, il aurait pu proposer des solutions pour revitaliser la démocratie scolaire. Ça fait huit mois qu’il est au parlement; qu’a-t-il fait en ce sens? Il aurait pu proposer une plus grande latitude des commissions scolaires, davantage de pouvoir pour celles-ci, ou même un système de votation quant aux responsables du ministère de l’éducation. Tout ceci aurait cependant demandé deux choses: de l’imagination et le désir de régler les choses. Dans un premier cas, l’ADQ en est totalement dépourvue, se contenant de marcher le vent dans le dos quand il souffle, et deuxièmement elle avait déjà annoncé son désir d’éliminer ces commissions scolaires au lieu de les aider.

Au fond, on peut se demander: Mario Dumont prônera-t-il l’élimination de la démocratie si le taux de participation aux élections législatives chute? La mission du chef de l’ADQ est-elle d’achever le patient malade au lieu de le soigner? Excusez-moi M. le « cheuf », mais avec des médecins comme ça on n’a plus besoin de bouchers. Ce n’est pas en agissant en boy-scout qu’on participe constructivement à la politique québécoise.

Et le pire, dans toute cette histoire, c’est qu’après avoir crié sur tous les toits que l’Assemblée nationale n’est pas un lieu approprié pour débattre du projet péquiste sur la citoyenneté québécoise, il utilise maintenant notre parlement pour émettre un blâme… parce qu’il « trouve trop évasives les réponses du gouvernement sur les élections scolaires ». Wow, la belle leçon de démocratie. « Tu ne t’intéresses pas à ce que je propose, alors je t’envois une motion de blâme ». Les mains en l’air, fais ce que je dis sinon bang bang t’es mort. À ce compte, chaque parti dont les propositions ne sont pas acceptées blâmerait un autre parti et le parlement deviendrait rapidement une foire. Une chance que l’incohérence ne tue pas, car Dumont serait bien mort huit ou neuf fois!

Pendant que M. Dumont joue sa petite joute de l’égo en mal de publicité, le Québec est en train de définir son futur et d’imaginer comment intégrer les immigrants sans y perdre son identité. Pendant que M. Dumont gesticule devant les médias et fait un fou de lui-même, le PQ et le PLQ assument la gouvernance de cette nation et agissent comme seuls des partis politiques sérieux doivent agir.

Si j’étais Pauline Marois ou Jean Charest, je crois que je me contenterais d’un petit sourire en coin, ou d’un soupir rempli de sous-entendus, du genre « vous connaissez Dumont, n’importe quoi pour attirer l’attention ». Ça vaudra mieux que n’importe quel blâme du petit boy-scout blessé dans son égo de voir « son » parti chuter dans les sondages et être relégué à sa juste place dans la politique québécoise: celle d’un tiers-parti structuré entièrement autour de la personnalité de son chef, et n’ayant aucune existence positive en-dehors de lui.

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6 Réponses

  1. Plutôt bonne.

    Il faudrait que les deux autres parties ne flanchent pas…

    Sinon, ça m’a fait drôle de voir les réactions suitent au tôt de participation du vote scolaire.

    Tout le monde savait qu’il allait être excessivement bas. Tout a essayé de faire passer leur propre demande pour des solutions. C’était préparé d’avance.

    Dumont a lancé ses conneries, envoyé ses député parlé de « la grosse machine qui fait peur à monsieurs madame tout le monde » (pas que ça veut rien dire, mais…) et les comissions scolaires ont demandé plus d’argent pour eux et les comissaire.

    Je commence à être de plus en plus certain que l’ADQ va se planter au prochaine élections.
    Faut se pencher la dessus…

  2. Le but de l’ADQ dans ce coup-là est de se démarquer et pour Dumont, de rappeler cet enjeu à ses propres membres de parti. Jamais le gouvernement ne sera renversé par une aussi minable revendication. Si cet enjeu avait été assez important pour pencher la balance, l’ADQ aurait été élu aux dernières élections, et ce n’est pas le cas.

    L’ADQ cherche simplement à montrer que le PQ et le PLQ vont de pair dans plusieurs dossiers et que le changement est de leur côté. Donc, si les gens veulent voter par opposition (comme c’est le cas historiquement au Qc), ils feraient mieux de voter ADQ, plutôt que PLQ ou PQ.

    Mais bon, comme motion, c’est amateur et ridicule. Les commissions scolaires sont gérées ainsi depuis longtemps, le taux de participation est toujours faible (et avec raison: combien de parents savent qui se présente et combien d’électeurs dans la population – à savoir ceux qui ont des enfants au primaire et au secondaire dans le domaine public – se sentent concernés par cette élection?). Vouloir renverser un gouvernement sous ces prétentions, c’est ridicule.

  3. Ça fait longtemps que l’ADQ se dit contre les commissions scolaires et qu’il les juge inutiles. Moi aussi d’ailleurs. Mais on ferait comment sans? Surtout pas donner ces responsabilités au Ministère de l’Éducation en tout cas!!! C’est beau chiâler, mais à un moment donné faut proposer aussi.

  4. On pourrait au moins organiser les élections scolaires en même temps que les élections municipales, avec la même infrastructure électorale. Cela nous ferait économiser des sommes importantes. D’autant plus que les élections municipales sont désormais organisées simultanément dans la plupart des villes du Québec.

    Quant aux commissions scolaires, je ne serais pas contre une tutelle de la ville, de la MRC ou de la région, selon les caractéristiques de la population et du territoire visé.

  5. @H.Dufort:
    Ça l’a déjà été proposer de faire en sorte que les élections municipales et scolaires soient fusionner, mais le DGEQ a refuser d’agir dans ce sens.

    Je suis pour l’abolition des commissions scolaires. Ce que Louis ne dit pas, c’est que Dumont prendrait l’argent que le gouvernement aurait donné à chaque commission scolaire et le redistribuer aux écoles et qu’elles s’arrangent avec l’argent reçu. On économiserait sur le salaire des commissaires.

    Quant à dire qu’on coupe dans la démocratie, si le monde ne vont pas voter, je ne vois pas où est le manque de démocratie. Je me demande même si ceux qui chialent contre Dumont en ce moment ont pris le 15 minutes nécéssaire pour aller aux urnes et voter pour une personne donc il n’ont jamais entendu parler et qui prendrait des décisions pour eux.

  6. Au lieu d’isoler les écoles, je trouve important qu’elles soient regroupées en réseaux régionaux ou municipaux. C’est pour cette raison que je crois que les commissions scolaires devraient en quelque sorte devenir des services au niveau municipal et/ou MRC ou régional selon le besoin.

    Isoler les écoles, c’est augmenter la charge de gestion et les frais de fonctionnement de chaque école, individuellement. Il y a une réelle économie à regrouper les tâche de gestion en unités territoriales; de là l’existance des commissions scolaires. Chaque école primaire a-t-elle besoin d’une équipe de gestion complète incluant les RH, la comptabilité, les inspecteurs en sécurité, etc? Toutefois, l’économie liée au regroupement des écoles serait optimale si les unités territoriales correspondaient à des paliers existants de gouvernement.

    Dans l’état actuel des choses, les commissions scolaires sont un découpage de plus, un niveau de gouvernance parallèle et singulier, dans un Québec déjà découpé tout croche.

    On a déjà des villages/cantons, villes, arrondissements, MRC, régions administratives, régions touristiques, commissions scolaires, comtés provinciaux, comtés fédéraux. Et les territoires couverts par chaque entité ne correspondant jamais totalement entre eux. Quel fouillis.

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