Les losers

Avez-vous déjà été dans un camp d’immersion en langue étrangère? Moi oui, en fait, pas tout à fait. J’avais 14 ans, et j’allais dans un camp de hockey au Collège Notre-Dame, face à l’Oratoire Saint-Joseph. À l’époque, je ne savais à peu près dire que « yes, no, thank you », mais en une semaine dans un milieu très anglophone j’en ai appris assez pour me débrouiller et comprendre ce dont il était question. Assez, à tout le moins, pour pouvoir tenir une conversation de base, avec des phrases courtes et des mots simples.

Mais cette capacité d’adaptation ne semble pas donnée à tout le monde. À preuve, après plus de douze ans au Québec, le capitaine du Canadien, Saku Koivu, est toujours incapable de parler le français. Quand on le critique sur ce point, il répond « je devrais apprendre le français », mais il ne l’apprend toujours pas. Ça me fait penser au criminel endurci qui se dit « je devrais cesser de violer la loi » et qui recommence encore et toujours les mêmes erreurs. Devant une telle lâcheté, un seul mot me vient à l’esprit: LOSER, un mot que doivent comprendre la plupart des Finlandais.

Le Canadien de Montréal, c’est plus qu’une tradition: c’est l’expression collective du défoulement d’un peuple qui a été infériorisé pendant des siècles et qui peut exprimer sa rage dans le contexte bien défini d’un match de hockey. Si j’étais cynique, je dirais que nous ne devons plus avoir la moindre rage à exprimer quand on regarde le nombre ridiculement bas de joueurs québécois dans cette équipe. Mais je ne suis pas cynique, vous le savez.

Sauf que le capitaine de l’équipe, c’est plus qu’un joueur ordinaire. C’est celui qui doit être le ciment du club, le lien avec les médias, le représentant de la communauté. Celui qui doit aller parler aux jeunes, qui doit pouvoir saluer les partisans. Celui qui doit faire partie de la ville au point où c’est la ville qui vit en lui. Un peu comme Peter Statsny, qui a appris le français à son arrivée à Québec dans les années 1980 et qui l’a même transmi à son fils, lui aussi joueur de hockey.

Mais Koivu, c’est différent. Il est un joueur de hockey très moyen, à peine bon pour un deuxième trio ailleurs dans la LNH. Il est incapable de s’intégrer dans la communauté. Il crache sur nous, les Québécois, en refusant d’apprendre notre langue. La seule raison pour laquelle il est encore ici, c’est que le propriétaire de l’équipe, lui-même un Américain qui ne connaît pas plus le hockey que son importance pour les Québécois, s’est lié d’affection pour lui. Il en a fait son général en territoire occupé, et peu importe si le général en question se fout des gens et ne désire pas réellement faire partie de la ville.

Sauf que nous, à Montréal, on est mou. On endure des joueurs pourris comme Samsonov pendant deux ans, comme Bonk, comme Grabovsky, ou encore Kovalev 4 parties sur 5, mais on va huer un Brisebois ou un Théodore à la moindre erreur. On aime ça s’auto-flageller. On aime ça être dur envers nous-mêmes. Mais huer l’autre, cet étranger qui ne veut rien savoir de nous, qui ne veut même pas se payer un petit cours de français une fois par semaine, alors non ça ne se fait pas…

Il y a donc deux losers dans cette histoire: Saku Koivu, pour son manque de désir de s’intégrer dans la communauté québécoise, et le Québécois qui paye 125$ le billet pour aller se faire manquer de respect par un capitaine exécrable qu’on se fait imposer depuis douze ans.

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22 Réponses

  1. Je trouve que le seul loser ici est l’homme en colère:

    1- Il est toujours en colère.
    2- Il n’apporte pas de solutions concrètes (il reste donc encore en colère).
    3- Son blog est son seuil moyen de passer ses frustrations quotidiennes (idem).

    Pour ce qui est de Louis: Koivu parle déjà 3 langues – fais-lui des reproches quand tu pourras parler en anglais convenablement. Je te rapelle que les langues officielles du Canada sont l’anglais et le français et que le Québec n’y fait pas exception.

  2. Ps: Les autres ne sont peut-être pas aussi loser (Louis y compris), mais ceux qui se ressemblent s’assemblent. Sur ce , jana!

  3. Louis, ton discours pue la jalousie. La jalousie de quoi au juste? Ta vie semble être un train à la déraille à en juger par tes billets personnels. Peut-être devrais-tu simplement arrêter d’écrire sur les autres et te concentrer sur tes propres problèmes ou est-ce que concentrer tes efforts mentaux sur la non connaissance du français d’un homme est assez pour te faire oublier que dans le fond, tu l’as juste pas l’affaire?

  4. Louis, tu pourrais peut-être m’aider à voir plus clair sur l’affaire « Koivu ne parle pas français ». J’ai deux versions contradictoires.

    1) Marois aurait dit qu’elle était prête à FORCER LE CANADIEN à faire apprendre le français à ses joueurs.

    « Elle ne repousse pas l’idée de «forcer» le Canadien à apprendre le français à ses joueurs, quand un journaliste le lui demandait, hier. «Ça pourrait être une avenue, effectivement, qu’il puisse aider les joueurs à parler français.»  »

    http://www.cyberpresse.ca/article/20071031/CPOPINIONS05/710310464/5034/CPOPINIONS

    2) Marois aurait dit que le CANADIEN DEVRAIT FORCER SES JOUEURS à apprendre le français.

    « Hier, lors d’une conférence de presse sur son controversé projet de loi sur l’identité québécoise, Pauline Marois a répondu «pourquoi pas ?» à un journaliste qui lui demandait s’il ne serait pas approprié que le club Canadien francise ses joueurs, comme Saku Koivu, une idole des jeunes, qui ne parle pas un mot de français.

    «Ça pourrait être une avenue effectivement que le Canadien puisse aider ses joueurs à parler français», a convenu la chef du Parti québécois. »

    http://www.canoe.com/infos/quebeccanada/exclusif/archives/2007/10/20071031-101212.html

    Laquelle est la bonne version?

  5. @Yan: Je ne vois pas du tout où tu t’en va avec ton histoire de jalousie. En passant, pas fort ton commentaire sur mes problèmes personnels. Je t’ai laissé une chance, parce que ça faisait déjà quelques semaines que tu ne m’as pas insulté par courriel, mais je ne vais pas passer plus de temps à te répondre qu’à d’autres. Merci pour ton opinion et bonne soirée.

    @Davidg: Selon moi, la deuxième version est la bonne, mais j’aimerais bien que le projet de francisation des immigrants s’applique à tous les immigrants, y compris les joueurs de hockey. Et, on va mettre ça sur le « tape », mais pour une fois je fais davantage confiance à Quebecor qu’à Power Corporation pour ce qui est de bien relayer les propos de Marois.

  6. Louis, je ne fais que rendre à César ce qui lui revient. Ton blog est disproportionellement émotif et chargé de rencoeur envers ce monde imparfait.

    Non, pas un monde qui s’en prend à ta personne, mais bien un monde qui refuse librement ta vision du monde. L’homme en colère le restera toujours tant et aussi longtemps que a) que les autres seront libres de ne pas faire comme il veut ou b) qu’il n’acceptera pas que pour les autres, le français et le nationalisme sa passe avant bien d’autres choses.

  7. @Louis

    Voici la transcription officielle dans le site de l’Assemblée Nationale:

    http://www.assnat.qc.ca/fra/conf-presse/2007/071030PM.HTM

    « Journaliste: Mme Marois, Saku Koivu ne parle pas français encore. Est-ce que vous forceriez le club Canadien… Non, mais c’est vrai pareil, il y a des joueurs de hockey qui ne parlent, ce sont les idoles des jeunes, ils ne parlent pas un mot français. Pourquoi vous ne forcez pas le club Canadien à franciser ses joueurs tant qu’à ça?

    Mme Marois: Bien, c’est-à-dire, ça pourrait être une avenue effectivement qu’ils puissent aider ses joueurs à parler français pourquoi pas? »

    Autrement dit, Madame Marois n’a jamais voulu dire qu’elle voulait forcer le Canadien à franciser ses joueurs. La deuxième version est donc la bonne, mais en raison du « pourquoi pas? », cela a pu être interprété comme étant la première version.

  8. Et voilà même un exemple de solution:

    Je suis un futur enseignant, cependant:

    1) Je n’aime pas le système d’éducation Québécois et cependant je m’y conforme parfaitement.

    2) Je ne déteste pas les femmes québécoises, mais je veux essayer autre chose au niveau émotionnel.

    Ma solution personnelle:

    Au lieu de chercher à imposer ma vision du monde à l’aide de la politique et ainsi arriver à un autre système merdique qui fera chier ceux pour qui celui-ci est l’apogé de l’évolution socio-constructiviste, j’ai simplement décidé:

    !!! D’aller rejoindre des gens vivant dans une société où ils ont une vision semblable de la vie, de l’éducation et de la famille!!!

    Sans dire exactement où je veux m’installer une fois mon bacc en poche, disons simplement que je suis à l’étude du japonais depuis l’an passé et que j’ai maintenant ma propre compagnie (qui est déjà profitable après seulement 3 mois d’opération) qui me permettra de ne pas avoir à m’inquiéter de mon avenir financier et de donner la meilleur éducation possible à mes enfants.

    Louis, si il te reste du potentiel, arrête de la gâcher à chialer et travaille sérieusement sur ton réel.

  9. @Yan Grenier

    Louis peut très bien travailler sur son réel dans le quotidien et exprimer ses opinions politiques ou humaines dans son propre blogue. Il n’y a absolument rien d’incompatible là-dedans!

  10. @Davidg: Je ne crois pas qu’une version ou l’autre fasse une grande différence. L’important est le but à atteindre – franciser les joueurs du Canadien – et non pas la façon d’y arriver. Mais c’est sûr en partant qu’en francisant les immigrants et l’ouest de Montréal on pourrait peut-être inciter les hockeyeurs à apprendre notre langue.

  11. Bon, Koivu parle français, mais il ne le fait simplement pas devant les médias, probablement parce qu’il ne la connait pas assez et qu’il serait presque incapable de s’exprimer comme du monde devant les journalistes.

    Ensuite, il a été recruté pour jouer dans la LNH par le Canadien. Personne ne lui a dit qu’il devrait apprendre le français et ce n’était pas écrit dans son contrat. Il a apprit l’anglais pour s’exprimer et ensuite il s’est fait tapper dessus pour ne pas parler français. Sa faute? Non. Il est capitaine d’une équipe de hockey et fait sa job. Il a terminé la saison passée avec 75 points, ce qui est raisonnable (Brind’Amour a terminé la sienne avec 81). Pis à part de ça, Grabovsky est encore jeune, il a 23 ans, laissons lui le temps de faire quelque chose avant de dire quoi que ce soit contre lui. Gainey? Probablement meilleur DG que toi ou moi, il connait le hockey 100 fois plus qu’on peut connaître ça. Pis pour finir, c’est pas comme s’il n’essayait pas d’attirer des Québécois, ils signent ailleurs. Sur ce, bonne partie.

    PS. On est fan ou on ne l’est pas, point final. On peut critiquer des décisions oui, mais pas faire du bashing de joueurs comme ça.

  12. @Yan: La langue officielle du Québec est le français. C’est aussi la langue de la vaste majorité des amateurs du Canadien de Montréal, ces amateurs qui paient le salaire de Koivu. Merci de t’informer avant d’écrire des conneries.

    Mais Koivu n’a peut-être pas l’intelligence pour avoir compris ça. Faut dire, quand on ne fait que se promener en VUS entre son manoir de l’ouest de l’île et le Centre Bell, on voit pas grand chose…

    Peut-être est-ce la même chose autour de l’université Laval, à Québec, haut-lieu du conservatisme et du vieux monarchisme anglodéifiant de la vieille capitale…

  13. Le canadien tel qu’on l’a connu ça n’existe plus.
    Le blâme ne doit pas aller à Koivu mais au président de service Boivin pour permettre à un joueur qui ne peut pas s’adresser aux partisans dans leur langue de porter le chandail du capitaine.
    Entre d’autres temps, il y a eu aussi Felipe Alou gérant des expos, marié à une francophone et qui n’a jamais dit un mot de français.

  14. Il n’y a plus de lien entre une équipe sportive et sa ville d’accueil.

  15. Je crois qu’il y a une différence majeure entre les deux versions.

    Une, étant du Big Brother tout craché (ce qui m’étonne que des gauchistes trouvent ca correct) l’autre, étant un individu (Marois) qui lançe un conseil parfaitement légitime à un propriétaire d’entreprise.

  16. Parce que j’aurai aimé les avoir écrits, j’aimerais ajouter les commentaires de Pierre JC Allard qui sont parus sur le blogue de Patrick Lagacé, à propos d’un billet sur le même sujet :

    Il ne devrait y avoir que des Québécois dans l’équipe.

    A tous ceux qui disent que ça n’a pas d’importance. C’est pousser un morceau de caoutchouc sur une patinoire qui n’a AUCUNE importance. Le sport d’équipe n’a pas d’autre raison d’être que de créer une solidarité et une fierté collective. Savoir si nos Byelorusses sont meilleurs que les leurs n’a pas d’intérêt.

    Voilà pourquoi je n’aime pas les sports en général… Il reste la beauté du sport en tant que tel, alors c’est pourquoi je préfère le soccer et le tennis.

    S’il fallait que toute l’énergie dépensée sur le hockey se déplace vers le questionnement citoyen, ça brasserait en maudit!

  17. Pour une fois, je suis d’accord avec toi Louis. Qu’il apprenne le français, ou qu’il soit échangé.

    Pis j’irais même plus loin en demandant qu’on déménage l’équipe parce que dans le vestiaire, les communications officielles entre joueurs et entraineurs se font en anglais, contrevenant à la loi 101.

    À BAS LE CH !!
    (texte sarcastique ici)

  18. Laissez les joueurs de Hockey faire leur Job : jouer au Hockey et laissez-les en dehors de la politique

    On peut pas tout avoir, des joueurs québécois et un équipe gagnante. Les dirigeants tentent d’avoir une équipe gagnante en pigeant dans le pool de joueurs mondial.

  19. Donc, le hockey est moins un sport qu’un jeu de tractation, un peu comme l’est la bourse…

  20. Me semble que lorsqu’un joueur est nommé capitaine d’une équipe sportive professionnel, qu’on batit l’équipe autour de lui et qu’on l’assure d’un contrat à long terme c’est la moindre des choses qu’il apprenne à converser un peu dans la langue de la majorité qui l’adule et paie son salaire. C’est une question de respect.Pas de politique. Certains portent les titres avec classe d’autres en trou-de-cul.

  21. Petite précision… vous savez que Saku Koivu n’est pas un immigrant? Qu’il n’a pas le statut de citoyen canadien et qu’il ne le demandera jamais…?

    Et aussi, avant que vous disiez que Koivu va prendre juste « notre » argent et va s’en aller en Finlande, pensez à tous les Brière, Gagné, Lecavalier et autres qui prennent l’argent des Américains pour vivre au Québec.

    Honnêtement, tu devrais te contenter de ce que tu penses que tu connais, et laissez faire le hockey.

    Bref, ton blog est une merde et à voir le nombre de lectures par billet et considérant que tu es mis en valeur par des blogues connus genre Lagacé… et bien c’est encore plus médiocre.

  22. Admirons la cohérence de Monsieur Bontemps.

    1) Il note que Koivu ne veut pas devenir citoyen canadien (ce qui renforce de facto la thèse du billet, qui est que Koivu ne fait pas partie de la communauté et ne désire pas en faire partie);

    2) Il imagine que des gens répondront que celui-ci prend notre argent pour retourner en Finlande, alors que personne n’a dit cela et qu’il n’a même jamais été question du salaire de Koivu;

    3)Il critique mes connaissances en hockey, ce qui est plutôt étrange puisqu’il n’est pas question de hockey ici (on ne cherche pas à comprendre pourquoi le Canadien est si nul à 5 contre 5 ou connaît une baisse de régime de 10% cette année en désavantage numérique) mais plutôt d’un phénomène politique, c’est-à-dire le fait qu’une personnalité publique et idole des jeunes ne se donne pas la peine d’apprendre notre langue;

    4)Finalement, Monsieur Bontemps, après tant de confusion et de pensées à moitié entamées mais jamais terminées, s’en prend à ce blogue, qu’il qualifie de merde, puis il s’en prend au nombre de lectures du blogue (s’il était plus lu, il serait moins « merdique »?), puis il s’en prend à Patrick Lagacé qui lui a reconnu la valeur du blogue.

    C’était qui déjà qui écrivait qu’à écouter le « monde ordinaire » parler lors de la commission Bouchard-Taylor on pouvait avoir honte de leur pensée décousue, de leur manque de cohérence, de l’absence de liens logiques dans ce qu’ils disent? Et la personne qui avait noté cela avait aussi souligné qu’en France, peu importe où on demande au citoyen quidam son opinion, celui-ci est capable de structurer une phrase et une pensée d’une manière un tant soit peu cohérente…

    M. Bontemps a bien démontré un grave problème au Québec: l’incapacité des gens d’être logiques. On peut les écouter pendant une heure sans jamais comprendre où ils aboutissent. Bref, ils parlent, ils parlent, mais ils ne disent rien.

    Merci, M. Bontemps, de nous faire cette éloquente démonstration. Si jamais vous arrivez à démêler vos propos, n’hésitez pas à repasser; on n’est pas sorteux.

    p.s. Je suis d’accord avec le commentaire de Gaétan, sauf qu’à mon avis le respect EST politique quand il est question de la langue.

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