Les incohérences de Dumont face au projet Marois

J’écoutais Mario Dumont ce midi en direct à RDI, lors d’une conférence de presse dénonçant le nouveau projet identitaire du Parti Québécois. En gros, le discours de Dumont se résumait en quelques points.

1) Le projet proposé par Marois est encore une ébauche et l’Assemblée nationale n’est pas un endroit où présenter des projets de lois qui n’ont pas été bien structurés;

2) Le projet est douteux d’un point de vue constitutionnel;

3) Le projet crée un malaise même chez les péquistes.

Tout d’abord, M. Dumont peut-il nous expliquer quel est le meilleur endroit où discuter des politiques d’immigration et d’intégration visant l’ensemble de notre nation, sinon à l’Assemblée nationale? Ce n’est sûrement pas à la taverne Chez Maurice, aux danseuses du Vegas ou dans le sous-sol de l’oncle Robert. C’est à l’Assemblée nationale qu’on doit en discuter. En disant qu’un projet doit être finalisé avant d’être débattu à l’Assemblée, Dumont explique de quelle façon l’ADQ fonctionne: tout est préparé dans le noir, loin des caméras, et les débats de la chambre ne sont qu’un gros show pour les nouvelles de 18 heures. C’est une insulte non seulement pour les citoyens, qui ont élu des représentants devant discuter des sujets les préoccupants, mais également pour l’institution qu’est l’Assemblée nationale.

Ensuite, quelqu’un peut-il demander à Mario Dumont de ne pas parler de constitutionnalité? De quel droit peut-il le faire, lui qui a décrété au milieu des années 90 un moratoire constitutionnel, affirmant que la question était sans importance et qu’il y avait d’autres priorités? Étrange comme les temps changent. Les priorités de Dumont, on les connaît: suivre le courant et surfer sur la vague des sondages. Sauf que quand vient le temps de se mouiller, il a peur le petit! C’est lui qui a le premier repris le débat des accomodements raisonnables, et quand vient le temps d’agir, il s’enfuie comme un lâche! Mais il a raison: si vraiment le projet est inconstitutionnel, alors les Québécois devront rejeter la constitution et voter l’indépendance. Pas facile pour un chef de parti soi-disant autonomiste qui vivote entre deux chaises depuis quinze ans.

Finalement, le malaise, il n’est pas chez les péquistes, mais chez ceux qui ont peur de prendre les moyens pour réaliser leurs objectifs. C’est facile de créer des commissions, d’appeler à l’intégration des immigrants, de se plaindre du recul du français à Montréal. Très facile. Mais beaucoup plus difficile de prendre le taureau par les cornes et de voter les nécessaires lois pour effectuer les changements souhaités. Dumont, comme à son habitude, préfère crier haut et fort et faire de grands gestes devant les caméras, mais quand vient le temps d’agir, c’est le silence radio.

Le projet de test sur les connaissances du français est une excellente idée, déjà en vigueur dans de nombreux pays, tels les États-Unis, la Suisse ou la Finlande. Grâce à un tel test, on permet d’améliorer la cohésion sociale en permettant aux immigrants de mieux comprendre leur société d’accueil et aux natifs de moins se sentir menacés par des gens qui ne s’intègrent pas toujours facilement.

D’un point de vue politique, Marois a véritablement eu un éclair de génie. J’ignore qui sont les politologues dans son équipe, mais je leur lève mon chapeau: en opposant les intérêts identitaires québécois à la constitution canadienne, on peut – enfin! – prouver que le meilleur intérêt des Québécois est l’indépendance, puisque la constitution empêche le Québec de se doter de ses propres politiques d’immigration.

Et on force également Mario Dumont à faire face à ses incohérences et à choisir sa chaise: fédéraliste et respectueux d’une constitution empêchant le Québec de protéger son identité, ou indépendantiste et désireux de sortir du cadre constitutionnel canadien contraignant.

Et puis, si le PQ bat de l’aile depuis qu’il a relégué aux oubliettes le projet indépendantiste, il peut tout de même espérer recoller les morceaux entre ses diverses factions (purs et durs, aile-gauche, aile-droite) car le ciment identitaire est tout aussi solide et important que celui de l’indépendance.

Voilà qui devrait ramener à la raison ceux qui ont entendu les sirènes adéquistes et qui ont voté pour une girouette incapable d’avoir le courage de ses ambitions.

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18 Réponses

  1. Le projet de loi de Mme Marois n’est que de la petite bière à côté de ce qui se passe aux Pays-Bas ( Hollande)
    Cliquez sur ce lien: http://www.rfi.fr/actufr/articles/079/article_45153.asp

  2. Il me semble que le moratoire que s’est imposé Mario Dumont en 1995 était de 10 ans. Il serait donc échu. Remarquez, je serais en faveur (pour Mario) d’une poursuite de ce moratoire, puisqu’il semble que le monsieur n’ait pas pris la peine de prendre un cours de Droit constitutionnel par correspondance pendant les 12 dernières années…

    Évidemment, tout ce que fait le Québec depuis la Loi 101 est « inconstitutionnel » (parfois même à posteriori, pour les lois passées entre 1976 et 1982), puisque la Constitution canadienne avait pour but de limiter sévèrement la marge de manoeuvre législative du Québec.

    La Constitution de 1982 a eu pour effet de rendre le pouvoir provincial largement redondant, d’en faire une espèce de relique prise en tenaille entre le pouvoir fédéral (dominant) et le pouvoir municipal (en croissance). À terme, ces deux pouvoirs vont court-circuiter la hiérarchie politique et se parler entre eux, ignorant le Provincial (trop pauvre et trop « encadré » ou mis en boîte). On parle déjà de donner aux grandes villes le statut de « super-région » avec un gouverneur et une cour municipale aux pouvoirs étendus…

  3. C’est lui-même Dumont qui aux dernières élections a causé constitution pour le Québec.

    Avec toutes les idées et propositions que l’ADQ a mis en veilleuse depuis son passage à l’opposition officielle, la constitution était des plus intéressantes.

    Le PQ avait oublié sa base parce que Parizeau avait dit la vérité suite au référendum volé. Le PQ s’est senti coupable pour une affirmation qui on l’a vu reflétait la réalité.

    Mais il y a plus qu’a proposé le Mario. Il a parlé de l’eau…. vous vous rappelez….les redevances, les compteurs, les compagnies qui puisent notre eau et nous la revende sans aucune redevance à l’état…..brasseries, sodas, lavoirs etc….. mais il y a que le PQ ne parle pas de l’eau….. et Mulcair dans son temps en avait parler mais on sait ce qui est arrivé.

    Je prévois que la gestion de l’eau ce sera semblable comme avec les éoliennes.

    Comme le disait Pélo:  »Vous-êtes pas écoeurés de mourir bande de caves ».

  4. Dumont a raison. On ne présente pas un ballon politique percé comme un projet de loi à l’Assemblée nationale. C’est pas l’endroit. Pourtant Marois devrait savoir le fonctionnement de l’assemblée depuis le temps qu’elle y est. c’est un comportement de débutant.
    A moins comme vous dites que c’était un coup prévu, ce qui est irresponsable selon moi et n’a pour seul but que de brasser de la marde en faisant parler du PQ, qui sont en manque d’attention, en étant un parti de 3e ordre.
    Ca serait pas la première fois:
    « On va être assez nombreux pour brasser d’la marde! » – Pauline Marois dans À hauteur d’homme

  5. Le PQ avait oublié sa base parce que Parizeau avait dit la vérité suite au référendum volé. Le PQ s’est senti coupable pour une affirmation qui on l’a vu reflétait la réalité.

    Parizeau était un ivrogne et il a dit des choses épouvantable ce soir la. Et ca n’avait rien a voir avec la vérité. Voux n’arrivez pas a accepter que ca fait deux fois que LES QUÉBÉCOIS vous disent NON. Et vous tentez de mettre la faute sur les minorités et le méchant Canada.

    Il n’y a pas assez d’anglophobes racistes au québec pour que votre référendum passe, alors quand le PQ essaye d’avoir une position plus rationelle pour essayer d’aller chercher plus de votes, les purs et durs chiâlent. Quand le PQ fait des conneries comme ce projet de loi, vous ne comprenez pas que les Québécois s’y opposent.
    Vous vous calez vous mêmes, pas besoin de mettre la faute sur les autres.

  6. puisque la Constitution canadienne avait pour but de limiter sévèrement la marge de manoeuvre législative du Québec.

    Allons donc!
    Le Canada a rapatrié sa constitution dans le but de pouvoir voter ses lois sans avoir besoin du consentement de la reine. Ils n’ont pas fait ca dans le but de faire chier le Québec.
    Quant a la charte, que la majorité des pays ont, c’est la loi au dessus des lois, qui permet de protéger les droits des citoyens et des minorités, pour éviter ce qui est arrive en europe avec les juifs, quand une majorité vient limiter les droits d’une minorité.

  7. Il me semble que le moratoire que s’est imposé Mario Dumont en 1995 était de 10 ans. Il serait donc échu.

    Quand nous, les Adéquistes d’alors, faisions campagne en 1998, c’était notre engagement: ne pas parler de changements constitutionnels pendant 10 ans. Une promesse très facile à faire et réaliser puisqu’on sortait d’un psychodrame référendaire, que le Québec n’avait plus de pouvoir de négociation anyway et que l’ADQ ne pouvait aspirer au pouvoir avant une couple d’élections!

    Mais ça veut pas dire que Mario s’empêcherait de parler de constitution! Comment un politicien pourrait ignorer la loi constituante du pays dans lequel il vote d’autres lois? Faut pas pousser: il y a une différence entre ne pas vouloir ouvrir de nouveaux débats constitutionnels et ignorer la Constitution!

    @Christian Rioux

    Vous êtes une vrai caricature du fédéraliste d’il y a 20 ans. Même vieux discours éculé, mêmes accusations de racisme contre les souverainistes. J’avoue que certains propos ici peuvent paraître xénophobes, mais pour être honnête vous devriez tenir compte du fait que ce discours vient d’abord des « anti-séparatistes » de l’ADQ. Même Lagacé l’écrit: jamais un parti n’a autant fait pour courtiser les « ethnies » que le PQ.

    « Brasser de la marde » c’est la phrase de Marois qu’une certaine Élodie aime citer de façon permanente? Vouloir brasser de la marde, c’est ce les adéquistes souhaitent! Un politicien, ou dans ce cas-ci une politicienne, qui dit ça doit être félicitée pour deux raisons: 1) ne pas utiliser la langue de bois et 2) vouloir changer les choses. Faut être intrinsèquement conservateur pour ne pas vouloir de politiciens qui brassent de la marde! Franchement! Utiliser cette phrase-là contre Marois, c’est n’importe quoi!

    Et c’est vrai que nous avons perdu à cause de l’argent et des votes ethniques. L’argent, on en a amplement parlé avec le scandale des commandites. Et quand les comtés anglophones votent à 95% contre une option, on peut parler de vote ethnique. Sans compter tous ces nouveaux citoyens canadiens soudainement apparus au Québec dans les mois précédents.

    Parizeau voulait dire ce que je dis et que je dois encore répéter aux obtus 😉 chantres du fédéralisme dignes de Pratte : la nette majorité des Québécois d’origine canadienne-française était pour la souveraineté en 1995 et la majorité est encore en sa faveur. Ce qui était maladroit de la part de Parizeau, c’est que ça paraisse une réprimande raciste. Il aurait dû simplement dire « N’oubliez jamais que nous, les Québécois qui parlons français, avons voté OUI. »

    Pour revenir à Marois: oui, sa proposition est un peu n’importe quoi. Mais le contre-argument de Charest disant qu’on doit faire minimalement ses devoirs sur la faisabilité législative ou constitutionnelle avant de déposer un projet de loi est bien évidemment une réplique partisane. Elle avait fait ses devoirs, voyons donc! Oui, l’assemblée est un lieu de débat. En tout cas il devrait l’être! Il semble que Marois espérait en discuter et faire dire à ses adversaires que la Constitution canadienne ne le permet pas. Bonne idée en soi. Mais une fois que ses adversaires s’en sont rendus compte, le mieux pour eux est de clore le débat au plus christ et c’est ce qui arrivera. Il aurait fallu que l’ensemble du projet soit plus solide, blindé. Mais comme dit Dumont, ça a l’air d’avoir été monté à la va-vite pour dynamiser les troupes péquistes. Alors les adversaires du PQ n’ont qu’à dire que le travail est bâclé et on en parle plus!

  8. Vous êtes une vrai caricature du fédéraliste d’il y a 20 ans. Même vieux discours éculé, mêmes accusations de racisme contre les souverainistes.

    Je pourrais dire exactement la même chose de plusieurs personnes ici en remplacant simplement « fédéralisme » par « séparatiste » et vice-versa. Je ne parle pas de toi, mais il y en a qui se reconnaitront facilement.

  9. @Martin

    L’ADQ devra bien parler un jour de Constitution parce que l’automisme naïf qu’il propose ne peut pas se faire sans modifier la Constitution.

    Mais comme le ROC ne veut pas modifier sa Constitution, il faudra donc que le Québec se sépare!

    Quand nous, les Adéquistes d’alors, faisions campagne en 1998, c’était notre engagement: ne pas parler de changements constitutionnels pendant 10 ans. Une promesse très facile à faire et réaliser puisqu’on sortait d’un psychodrame référendaire, que le Québec n’avait plus de pouvoir de négociation anyway et que l’ADQ ne pouvait aspirer au pouvoir avant une couple d’élections!

    Plus de pouvoir de négociation! Psychodrame référendaire! 49% en faveur de la séparation du Québec et une majorité de fédéraleux contre le statu quo constitutionnel, ce n’est pas suffisamment de pouvoir de négociation ça? Quand la séparation du Québec sera faite, il sera trop tard mes chers fédéraleux! Tu ne peux pas être plus proche de la séparation que ça. En plus, les deux gouvernements, celui du Québec et du Canada sont minoritaires, ce qui est le scénario idéal pour essayer de négocier le renouvellement du fédéralisme.

    Mais que font les fédéraleux du Québec? Rien! Ils préfèrent se cacher derrière la Commission Bouchard-Taylor, l’invasion de l’Afghanistan, le dégel des frais de scolarité, les viaducs et l’injection intempestive de nouvelles sommes d’argent dans la SANTÉ juste pour nous faire oublier les problématiques fondamentales.

    Voilà une autre preuve de la lâcheté populiste de l’ADQ. On ne veut pas parler de consitution alors que ça fait depuis le référendum de 1980 que les fédéraleux nous promettent de renouveler le fédéralisme. D’ailleurs, j’attends toujours la réalisation de cette promesse.

    La seule tentative louable de renouvellement du fédéralisme a été tentée par Mulroney au Lac Meech. Et on a bien vu ce que ça a donné! Ça n’a pas fonctionné et ça ne fonctionnera jamais!

    À force d’imposer le statu quo, les néo-colonialistes canadian forceront le Québec à se séparer. Et il ne sera pas le seul, l’Alberta suivra presque immédiatement!

    À moins que le Québec n’attende que l’Alberta le fasse en premier, bande de colonisés que nous sommes!

  10. T’es pas en train de me traiter de « fédéraleux », hein?

    Je te parlais de 1998. Nous sommes 9 ans plus tard. Nous, les souverainistes, avions perdu. Donc cette « menace » était écartée et le fédéralisme pouvait continuer tel quel, sans être embêté. Autrement dit: nous n’avions plus de levier. Il aurait fallu que le fédéral daigne nous accorder quelque chose de son propre gré. Je rappele aussi que c’était Chrétien qui était aux gouvernes et que son chien de poche, Dion, ayant tiré ses conclusions de la quasi-défaite de son camp, est parti en croisade avec sa Loi sur la clarté référendaire. Nous étions à terre, au tapis, c’était ça la réalité. Et l’autre sale frappait encore.

    Et quand j’écris psychodrame, c’est que c’en a été un, en tout cas pour moi: j’ai trouvé cette défaite fort déprimante. Quand tu crois que la survie de ton peuple passe par son indépendance, puis que tu vois ce rêve échouer de si peu, c’est déprimant! Je suis sûr que je n’étais pas le seul! Tous les nationalistes ont été muets jusqu’au scandale des commandites.

    Je suis d’accord: l’autonomisme est naïf et devrait frapper un mur tôt ou tard. mais en 1998, l’ADQ n’était pas autonomiste. Mario disait ce que tous le monde pensait: on est écoeuré d’entendre parler de constitution. Autant le camp du OUI, dont avait fait partie l’ADQ, que le camp du NON. C’est pourquoi je dis qu’un moratoire de 10 ans sur la question était facile à promettre. Mais Mario, à la fin de ce moratoire, plutôt que se brancher d’un bord ou de l’autre, a décidé de faire de sa position entre deux chaises sa politique officielle! Alors…

  11. Non, ce n’était pas une critique personnelle de ma part. Désolé pour la confusion. Tu n’es pas un fédéraleux!

  12. @Martin

    J’avais dit:

    Plus de pouvoir de négociation! Psychodrame référendaire! 49% en faveur de la séparation du Québec et une majorité de fédéraleux contre le statu quo constitutionnel, ce n’est pas suffisamment de pouvoir de négociation ça? Quand la séparation du Québec sera faite, il sera trop tard mes chers fédéraleux! Tu ne peux pas être plus proche de la séparation que ça. En plus, les deux gouvernements, celui du Québec et du Canada sont minoritaires, ce qui est le scénario idéal pour essayer de négocier le renouvellement du fédéralisme.

    Martin, tu m’as convaincu de retirer mes propos. Tu m’as convaincu que ces propros étaient une vulgaire connerie de ma part. C’est vrai que le référendum de 1995 était un psychodrame pour les séparatistes.

    Voilà une preuve de plus que le fédéralisme ne peut pas se renouveler au Canada. Mais l’ADQ et le PC veulent bien nous faire croire le contraire.

    Dans le fond, les séparatistes doivent s’attaquer aux problèmes fondamentaux. Le principal problème fondamental, c’est de convaincre l’électorat de la région de Québec.

  13. Je réitère pour Rioux que Jacques Parizeau a dit la vérité le soir de 1995 qui tout le monde le sait maintenant fut volé.

    Alors puisque de toute évidence vous faites parti du groupe qui ont volé le référendum pas vous directement mais d’appartenir à ce groupe, par extension, vous pourriez au moins avoir la décence de vous taire et parler après vous être excusé de ce vol de votre équipe.
    Entre temps vos idées vous savez ou le mettre.

  14. Mais le plus important Michel, c’est que le référendum de 1995 a été perdu d’abord et avant tout dans la région de Québec.

    Les séparatistes doivent comprendre que c’est le problème le plus important à régler s’ils veulent un jour gagner un référendum.

  15. Va falloir que les nationalistes autonomistes comprennent que:

    – sans la menace de séparation, il n’y aurait jamais eu même ces maigres concessions de la part du gouvernement Harper;

    – qu’un gouvernement même autonomiste doit respecter la Loi;

    – que la Loi fondamentale de leur pays demeure la Constitution canadienne;

    – que la Constitution canadienne octroit au gouvernement fédéral tous les pouvoirs non prévus lors de sa rédaction;

    – que, conséquemment, ils ne pourront faire ce qu’ils veulent même au pouvoir;

    – que le projet souverainiste n’est pas propriété péquiste;

    – que le projet souverainiste n’est pas de créer un pays socialiste.

    Je ne sais pas combien de temps ça va prendre avant que le fédéral prouve ses limites à une nouvelle génération, mais pendant ce temps-là, la proportion de Québécois d’origine canadienne-française baissera, réduisant notre poids décisionnel au Québec même et, pire, au Canada. Faut-il rappeler que la proportion de sièges du Québec au Parlement canadien a baissé sous le gouvernement Harper?

  16. Excellent commentaire Martin!

    En ce qui concerne le poids démographique, il faut faire attention. La séparation du Québec gagne du terrain partout, incluant les communautés culturelles sauf dans la maudite région de Québec. Réglons ce problème et la séparation est pratiquement réglée.

    Mais pour le reste, tu vises en plein dans le mille!

  17. Euh, merci. 🙂

    Mais sans être téteux: si je crois qu’effectivement – bien que ça n’aie pas été démontré – l’appui à la souveraineté grandit chez les enfants de loi 101, je ne crois pas que ça atteigne la majorité. Si l’appui à la souveraineté existe chez les immigrants aussi, je ne crois pas que les souverainistes y soient majoritaires non plus. Tant que les communautés culturelles n’appuient pas majoritairement la souveraineté, l’augmentation de leur proportion fait au total perdre des points de pourcentage au OUI, et plus la proportion de Québécois d’origine canadienne-française appuyant la souveraineté doit augmenter.

    Et il y a aussi la Beauce à convaincre. À eux, ils faut dire, et insister sur le fait, que le commerce avec les États de la côté Est ne sera pas diminué, mais fort vraisemblablement augmenté suite à la séparation du Québec. Ils doivent savoir qu’un Québec indépendant ne sera pas un paradis socialiste, mais un pays où l’entreprenariat est valorisé.

    Les anglos de Montréal, on oublie ça.

  18. Je réitère pour Rioux que Jacques Parizeau a dit la vérité le soir de 1995 qui tout le monde le sait maintenant fut volé.

    S’il avait été volé, comment se fait-il que l’appui à la souverainneté n’a jamais dépassé les 50% depuis ?
    Ca aurait plutôt été un vrai vol si ca avait passé, puise que ca aurait profité d’un léger pic de la vague pour passer, puisque avant et après, la majorité était CONTRE.
    Donc on aurait été pris dans la « cage à homard » à Parizeau

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