Une expérience qui a échoué

« Vers le milieu du vingtième siècle, posséder une voiture était devenu un prérequis pour une citoyenneté de première classe aux États-Unis. Il était assumé que chaque adulte allait posséder une voiture et l’utiliser constamment pour les tâches les plus mondaines – aller au travail, aller manger, acheter de l’aspirine – et aussi pour quelques activités sacrées comme aller à l’église ou faire l’amour. L’environnement de tous les jours que l’Amérique a construit après la seconde Guerre Mondiale pour accomoder ce régime constituait une cassure radicale face aux traditions du design civique, avec tout ce qu’accompagne le douloureux cheminement d’essais-erreurs de ce qui marche et de ce qui ne marche pas, ce que nous appelons la culture acquise. Tout ceci a été jeté aux ordures. Le nouvel environnement a été conçu principalement pour les motoristes. […] Le problème est qu’on ne peut plus se permettre cet arrangement urbain. L’habitat humain centré sur la voiture, dominé par la voiture, peut maintenant être considéré – tout comme l’économie léniniste – comme une expérience qui a échoué. »

Home from Nowhere: Remaking Our Everyday World for the 21st Century, James Howard Kunstler, Touchstone, 1996, p. 59.

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