Colonialisme, P.Q.

Ça avait commencé avec un billet tout à fait pathétique de Patrick Lagacé, où il s’en prenait à l’anglais de Pauline Marois. C’est à se demander si Lagacé a signé un contrat lui demandant d’appuyer la ligne éditoriale de Gesca inc. (Power Corporation) dans tous ses billets, lui qui ce matin se permet de citer l’idiot congénital Alain Dubuc, valeureux dinosaure de la vieille droite du 19e siècle. Mais peu importe, les critiques ont porté: Pauline Marois va suivre des cours d’anglais.

Tout de mêne particulier, ne trouvez-vous pas, qu’au même moment où un gouvernement libéral fait la promotion par une vaste campagne de publicités radiophoniques du fait que « parler français au travail, c’est se respecter », au même moment la cheffe du Parti Québécois fait dans l’à-plat-ventrisme en se colonisant dans la langue étrangère.

Oh, évidemment, les choses seraient différentes si le PQ était un parti pancanadien, mais puisque le Parti Québécois croit dans un Québec francophone, où le français est la seule langue des affaires publiques, comment ne pas trouver ridicule le fait que Marois cherche à apprendre l’anglais pour faire plaisir aux minables journalistes de la Gazette ou du Globe and Mail?

Dans la vie, il y a ceux qui se respectent et ceux qui se laissent piler dessus. Et si le projet indépendantiste est une façon de se faire respecter, comment en faire la promotion si celle qui doit en être le porte-parole se laisse écraser dans un coin et se laisse coloniser en english?

Le message lancé aux francophones est le suivant: apprenez l’anglais, c’est la seule langue digne d’intérêt. Et aux anglophones, le message est celui-ci: vous pouvez baragouiner un français incompréhensible et on s’en fout, tant que vous parlez anglais! Et les petites vieilles tabarnacs de l’ouest de l’île vont continuer à m’aborder en me disant « in english please » et moi je vais continuer de leur répondre en français parce que moi je suis fier d’être Québécois et je ne laisserai pas Montréal devenir une ville anglophone.

Car la vraie lutte pour le français, c’est une affaire personnelle. Chaque Québécois doit être assez fier pour refuser de travailler en anglais, de parler en anglais sur le territoire du Québec ou de s’écraser devant l’envahisseur linguistique en cherchant à lui plaire dans sa langue quand l’autre se fout éperdument de la majorité.

Et malheureusement, dans cette lutte individuelle pour la survie du français, la cheffe des troupes souverainistes vient de lancer un signal clair à la population: on s’en fout du français! Après la remise au rancart du projet souverainiste, voici la promotion de l’anglais dans la sphère publique. Prochaine étape pour Pauline Marois? Peut-être une profession de foi fédéraliste, qui sait…

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21 Réponses

  1. Eh! que tu y vas fort, mon Louis! Pas de demi-mesure pour toi, hein? Hé hé!

    Pour ma part, le côté pratique de l’anglais pour une possible future chef d’État ne me dérange pas trop et il va même de soi, même si, comme me le faisait remarquer un ami en commentaire sur mon blogue, la langue de la diplomatie est le français : en tout cas, anciennement ç’a l’air…

    Ce qui me dérange le plus, c’est que ça lui soit rentré dans la gorge de cette manière assez cavalière merci! Et que le propos vise insidieusement tous les francophones qui vivent majoritairement en français, qui consomment majoritairement des produits culturels francophones (et quelques produits traduits, ou sous-titrés – et il ne faut pas oublier bien sûr la chanson anglophone…).

    En gros, généralement, il semble que ceux qui résistent à l’hégémonie anglophone soient regardés de haut et pointés du doigt. Selles de boeuf! Hé hé!

    Moi je prône une attitude arrogante de tous les francophones parce que nous sommes des originaux dans ce continent! Fini l’aplat-ventrisme!

  2. Faux , faux et re-faux.

    Avez-vous vérifié vos sources avant d’écrire ce texte?

    Je saisis bien l’esprit de votre texte et je suis en accord avec plusieurs de vos propos, cependant, et je suis bien placée pour le savoir (je sors tout juste de réunion avec Pauline…) jamais il n’a été question de cours d’anglais autres que la formation qu’elle suit depuis de nombreuses années, soit quand l’agenda le permet, qui sert à parfaire le simple OUTIL qu’est une langue seconde.

    Vérifiez vos sources svp avant de parler d’à-plat-ventrisme. La prochaine fois, appelez au PQ, il nous fera plaisir de vous répondre directement.

  3. Louis, je suis en désaccord.

    Pauline apprend à parler anglais, car c’est la langue internationale et encore plus, la langue d’Amérique. Jamais n’a-t-il été mentionné qu’elle délaissait le français. Dit-on d’un métallurgiste qui suit des cours d’ébénisterie qu’il abandonne la métallurgie?

    D’un autre côté, on a Stephen Harper qui suit des cours de français et se débrouille de mieux en mieux, pour représenter le Canada. Je crois que Pauline transmet un message important aux gens du Québec: l’importance de la maîtrise de deux langues, parfois même trois. Avec les barrières internationales, qui se font de plus en plus minces, et la facilité de la communication par le billais d’internet, de structures internationales et de technologies, Mme Marois fait un bon coup en apprenant l’anglais.

    À savoir si M. Lagacé, TVA et toute cette bullshitt avaient à lui lancer de tels reproches, ça c’est autre chose. Reste que l’apprentissage de l’anglais est un plus, pas un moins. Ce n’est pas une colonisation, mais une ouverture sur le reste du monde.

  4. Quant à moi, la seule langue qui devrait être nécessaire de maîtriser au Québec est le français. Le snobisme envers les unilingues francophones m’écoeure, comme l’enseignement de l’anglais en première année. Tous n’ont pas besoin d’être bilingues et ne pas l’être n’est pas une preuve d’un manque d’ouverture sur le monde. On a besoin, en tant que société, de traducteurs et de traductions, pas que tout le monde parle l’anglais parce que c’est supposément la langue des affaires. À ce compte-là, nous serions mieux d’apprendre le mandarin à la place.

  5. René Lévesque, Jacques Parizeau, Lucien Bouchard, Gilles Duceppe, Bernard Landry et André Boisclair étaient des chefs séparatistes qui étaient tous bilingues. Alors pourquoi Pauline Marois ne ferait pas la même chose en tant que possible future première ministre d’un Québec indépendant?

    Par contre, faudrait aussi parler du français ridicule de Layton, de la non-maîtrise du français et de l’anglais chez Jean Chrétien et de l’anglais pitoyable de Stéphane Dion et chez plusieurs fédéralistes! Au moins, Harper fait un effort.

    Le fait de pouvoir parler l’anglais comme 2e langue ne veut pas nécessairement dire qu’on soit colonisé. Ceux qui maîtrisent le mieux le français sont les plus aptes à maîtriser l’anglais. Rien n’empêche un séparatiste d’être bilingue et d’être fier de sa langue française!

  6. @Louis

    Chaque Québécois doit être assez fier pour refuser de travailler en anglais, de parler en anglais sur le territoire du Québec ou de s’écraser devant l’envahisseur linguistique en cherchant à lui plaire dans sa langue quand l’autre se fout éperdument de la majorité.

    Pour être plus précis, tu aurais dû dire:

    Chaque Québécois doit être assez fier pour refuser de travailler en anglais, de parler en anglais sur le territoire du Québec ou de s’écraser devant l’envahisseur linguistique, sauf quand on fait affaire à des citoyens étrangers ou quand on veut perfectionner une langue seconde, en cherchant à lui plaire dans sa langue quand l’autre se fout éperdument de la majorité, ce qui est causé par le fait que la plupart des Québecois sont trop colonisés pour assumer leur propre majorité.

  7. Ah oui aussi, tout à fait d’accord avec vous quant à Patrick Lagacé. Si j’étais journaliste, je serais en colère de le voir se présenter ainsi. Il nuit à la profession, et ce, même si ses écrits passent par un blogue. En fait, ses activités se résument à une campagne de cliques…

    Si Madame Marois a besoin de cours d’anglais, lui, ça urge qu’il suive des cours d’objectivité.

  8. @La Blogueuse du PQ

    Bravo pour la mise au point. Mais il faudra tout de même que Pauline Marois puisse parler l’anglais correctement si vous voulez vendre son image de cheffe d’État aux Québécois. De plus, je suis d’accord avec vous concernant Lagacé, mais il faut comprendre qu’il travaille pour la Presse à Paul Desmardais, un BS corporatiste parvenu qui est devenu l’entrepreshitteur le plus influent du Québec.

    Par contre, le PQ devra adopter une position plus claire concernant l’abolition du multiculturalisme, la laïcité de l’État et la place du français dans les établissements d’enseignement public. Cette absence de position claire va à l’encontre de votre intérêt et vous a coûté très cher lors de la dernière élection.

    Vous n’avez pas dénoncé la mise en place de la Commission Bouchard-Taylor, qui est une mascarade paquetée d’experts multiculturaleux et uniquement montréalais, et dont le but premier est de faire passer les séparatistes pour des racistes! Cette absence de réaction de votre parti me laisse fort perplexe!

    Vous devrez vendre l’idée aux Québécois que LA SEULE SOLUTION VIABLE DANS LE DOSSIER DE L’IMMRIGRATION ET DES ACCOMODEMENTS DÉRAISONNABLES PASSE PAR LA SÉPARATION DU QUÉBEC, ce qui nous donnera les coudées franches pour se débarasser du multiculturalisme et pour régler une fois pour toutes la question de la laïcité de l’État.

    Pourriez-vous aussi vous débarasser de l’obligation de la social-médiocratie enchâssée dans la Constitution d’un Québec indépendant? Du pur délire! C’est pour cette raison surtout qu’une partie importante de votre clientèle séparatiste s’en va chez les Verts, Québec Suicidaire et surtout l’Action médiocratique.

    La séparation du Québec doit aller de soi et ne doit pas être réservée à une élite syndicaleuse fémi-fasciste de centre-gauche, car sinon vous perdez une partie de votre clientèle et vous vous condamnez à l’échec!

    Pourriez-vous nous parler beaucoup plus de souveraineté, sans pour autant sombrer dans l’obsession référendiste? Vous devrez vendre l’idée suivante aux Québécois: UNE PLUS GRANDE AUTONOMIE POLITIQUE DU QUÉBEC PASSE OBLIGATOIREMENT PAR LA SÉPARATION DU QUÉBEC et la vision adéquiste autonomiste est infaisable, car elle ne pourra pas être accpetée par le ROC. Nuit des longs couteaux, Meech, Charlottetown, ça ne vous dit rien?

    Néanmoins, toutes ces critiques ne m’empêcheront pas de voter pour le PQ et le Bloc tant et aussi longtemps que le Québec ne deviendra pas un pays!

  9. Merci Davidg pour tous vos points, comme ils sont nombreux, je ne répondrai pas à tous sur le blogue de Louis (je me permets de l’appeler par son prénom même si je ne le connais pas).

    D’abord, sachez que comme 3e parti, nous essayons de nous faire entendre, mais la partie n’est pas facile dans les médias. C’est plate à dire, mais ils sont nombreux à venir camper sur le terrain de Mme Marois pour filmer son balcon (on ne sait pas ce qui se cache en-dessous…), mais lorsque nous voulons faire passer notre message sur les accommodements raisonnables par exemple, nous avons droit à 3 lignes en page C12.

    Cela dit, nous travaillons depuis un bon bout de temps et ardemment sur un mémoire qui présente notre position et de réelles solutions. C’est fou les belles discussions que nous avons eues ici, les idées qui ont été confrontées et desquelles nous avons gardé le meilleur ainsi que le nombre de députés qui y ont contribué.

    Malheureusement, nous risquons d’avoir très peu de temps d’antenne. De l’extérieur, je vous comprends, ça peut paraître comme une absence de position, mais sachez que très souvent, il s’agit d’une question de «guerre médiatique». D’ailleurs, le problème est très vaste ici au Québec, avec la concentration de presse… Ça n’explique pas tout, mais certainement une grande partie de la mauvaise diffusion du message.

    Il sera par contre disponible sur le site du Parti (fort probablement) ce jeudi.

  10. C’est vrai que ça doit être difficile pour le PQ avec les médias en ce moment, mais à ce je sache Mario Dumont était chef du 3e parti quand il a fait semblant de prendre position sur la questions des accomodements.

    Faut dire tout de même que de nombreuses radio-poubelles ont propagé le soi-disant message adéquiste dans les régions.

  11. Et La Presse avait officiellement annoncé qu’elle appuyait le Parti Conservateur…

  12. Le danger dans un coup de gueule, c’est de vouloir s’attaquer à plein de chose en même temps. Il faut s’en tenir à une cible sinon on s’égard et on fait des raccourcis.

    Il y avait plusieurs éléments matières à coup de gueule dans ce billet : l’objectivité journalistique, le français comme langue publique commune, la lutte contre la colonisation interne exercée par le fédéralisme canadien, la mosaïque des cultures permises par la politique du multiculturalisme canadien, les oubliés de la politique de francisation des néo-québécois, et j’en oublie sûrement…

    Bref, il y avait là matière à plusieurs billets et malheureusement l’approche coup de gueule n’était peut-être pas approprier. Car, cela nous fait oublier l’objet du message tant il part dans toutes les directions.

    En plus, cela ne permet pas de contextualiser les rapprochement que tu fais, ce qui affaibli l’argumentaire. Juste un exemple : en quoi le fait de prendre un cours d’anglais rend Pauline Marois colonisé par les english ?

    Au contraire, en tant que potentielle femme d’État, elle se doit de maîtriser l’anglais, surtout si elle veut réaliser l’indépendance du Québec. Si elle n’est pas compétente en Anglais, que fera-t-elle au moment de négocier les termes de la séparation ? Elle enverra quelqu’un d’autre ? Pas très sérieux.

    Autre exemple, tu veux t’attaquer à l’objectivité journalistique de Lagacé, mais au lieu de le démontrer à partir d’extraits précis, tu insinues une « conspiration », peut-être fondée, mais dont tu ne donnes aucun élément qui nous permettent de l’établir.

    Et en plus, je sais bien que tu n’es pas journaliste, mais si tu reproches à quelqu’un son manque d’objectivité, tu ne réponds pas par une subjectivité à peine mesurée.

    Bref, avant de terminer, je tiens à dire que je ne suis partisan d’aucun parti. J’ai une sympathie pour la souveraineté, en tant que moyen et non en tant que fin, mais je trouvais que ce billet allait trop loin et qu’il aurait eu avantage à garder le standard de qualité qui se dégage des autres billets publiés sur ce blogue.

    La droite se charge déjà assez de dire n’importe quoi, de cracher leur venin partout, de ne pas être capable de penser profonde. La gauche ne doit pas selon moi tomber dans ce panneau. L’objectif ne ferait qu’en souffrir.

  13. Je ne suis pas du genre à commenter sur les blogs sauf quand ça me choque. Là, j’suis presque fâché.

    Premièrement, l’anglais de Pauline.
    Juste à l’entendre, elle n’a pas besoin de cours d’anglais. Sa prononciation est correct et elle utilise les bons mots dans les bons contextes. Elle souffre cependant de la même affliction que toutes personnes parlant l’anglais comme langue seconde : le simple manque de pratique.

    C’est niaiseux, mais une langue c’est pas comme un bicycle. Il faut la pratiquer, soit en l’écoutant (écoutez Mythbusters au lieu des Stupéfiants) en lisant (vive l’internet) et en la parlant. Mais ici au Québec, parler en anglais, c’est pas évident à moins de faire des monologues (et je parle d’en dehors de Montréal, les anglais sont plutôt rares à Rimouski). D’ici la semaine prochaine, l’anglais de Pauline sera très correct.

    Deuxièmement, l’attitude des médias en rapport de l’anglais de Pauline. C’est sûrement ça qui me défrise le plus. C’est très stressant que parlant une langue étrangère, on ne peut se cacher nul part et on s’expose à des moments embarrassants. Néanmoins, on semble oublié trop facilement l’effort requis pour répondre à des questions brule-pour-points dans une autre langue. Plusieurs fans de Harper se pètent les bretelles de la qualitée du français du PM. Lire un texte est moins intense sur le processeur qu’un dialogue non-scripté et je ne me souvient pas d’avoir entendu un tel dialogue de la part de Harper.

    Néanmoins, il fait l’effort, comme Pauline. Pour ceux dans la trentaine, vous vous souvenez de Ed Broadbent, l’ancien chef néo-démocrate? Jack Leyton sonne comme québecois pur-laine à coté de lui, mais l’effort y était. Preston Manning de l’Alliance Canadienne se crissait du français. Mais c’est la première fois que j’entend parler de la langue seconde d’un chef de partie. Les médias aiment frapper sur ceux qui en mènent large. Que l’on le veuille ou non, Pauline Marois à une très longue carrière et s’est mis à dos bien des gens. De l’histoire de sa toilette à 100 000$ à son domaine, elle semble représenté le snobisme de la classe politique et en ces temps de ‘over-populisme’, ça fait vendre.

    Dernière chose, à propos de Pat Lagacé.
    Pat est un chroniqueur / bloggeur, pas un journaliste. Un journaliste à un devoir d’objectivité (du moins, c’est ce que j’ai appris au cégep), alors qu’un chroniqueur relate des fait en y injectant son opinion. Lagacé n’a pas à etre objectif, c’est pas sa job. Ce genre de confusion des genres est pour moi un autre exemple du manque de culture / d’éducation de la moyenne des ours.

  14. À K2Cr04,

    Je sais bien la nuance entre chroniqueur et journaliste, sauf que c’est M.Lagacé qui se présente ainsi sur son blogue :

    J’ai commencé à gagner ma vie comme journaliste en 1996. J’aime le journalisme : cette profession permet de vivre des aventures…

  15. Un texte de Pierre Falardeau au sujet de Lagacé:

    Le recyclage des ordures*
    Écrit par PierreFalardeau.com
    01-12-2006

    Encore une fois, j’ai été mal cité par un journaliste malhonnête. Patrick Lagacé, un ancien du Journal de Montréal, recyclé à La Presse, me pisse du vinaigre à petits jets, sur son « blogue ». Il prétend que je l’ai traité d’ordure, un soir, sur la rue près de chez nous. Or, c’est faux, et archi faux. Complètement faux. Je demande qu’on rectifie les faits. J’exige qu’on rétablisse la vérité. Je veux des excuses publiques. Jamais je n’ai traité le « blogueur » de La Presse d’ordure. D’ailleurs, j’ai toujours trouvé le mot ordure trop français, trop parisien, pas assez enraciné. Faut quand même garder une certaine classe!

    En vérité, ce soir là, j’ai traité le « blagueur » de La Presse, non pas d’ordure (terme trop peu poétique à mon goût) mais bien de restant d’égout, de quart à vidanges, de fond d’poubelle, de morceau d’cochon, d’enfant d’chienne, de rat sale, de bâtard de pourriture, de mangeux d’marde, de licheux d’cul, de pissette molle et d’insignifiant successeur d’André Pratte. Je vous épargne le reste par respect pour les chastes oreilles des distingués lecteurs de Lagacé.

    L’histoire est pourtant simple. Je croise un trou d’cul au coin de la rue et, incapable de me retenir, je le traite bien simplement de trou d’cul. Et voilà que le trou d’cul en question, sans doute insulté d’avoir été traité de trou d’cul, se fend, c’est le cas de le dire, d’un éditorial enflammé. Tout ça pour si peu! Panne d’inspiration sans doute! À force d’écrire des niaiseries, jour après jour, on finit naturellement par manquer de sujets. Ce n’est pas une raison pour étirer la sauce et transformer ses minables histoires personnelles en roman à succès. « La vengeance d’un potineur de fantaisie ».

    Et pourquoi pas une saga, une comédie musicale, monsieur l’informateur de police, un téléroman en treize épisodes, un publi-reportage aux « Francs-tireurs » avec Martineau? Faut bien boucher les trous entre les annonces de chars, de désodorisant ou de cellulaires qui font des toasts!

    * Le titre a été volé à un écrivain plus talentueux. Merci d’avance pour les droits d’auteur.

    Pierre Falardeau

    Voici le lien de l’article de Lagacé:

    http://www.cyberpresse.ca/article/20061215/CPBLOGUES14/61215218&blogdate=20061215&cacheid=20061215

  16. Un autre texte de Falardeau!

    Pour saluer un ami
    Écrit par PierreFalardeau.com
    09-11-2006

    Ou l’autopsie d’un scandale préfabriqué

    […] lutter contre un groupe armé qui met un verset du Coran sur son drapeau, ce n’est pas de l’intolérance, ce n’est pas de l’ethnocentrisme, c’est un combat pour la liberté.

    Et la liberté, comme disait l’autre, c’est plus qu’une marque de yogourt.

    – Richard Martineau

    L’attaque non provoquée du Hezbollah a offert à Israël l’occasion extraordinaire de prouver son utilité en apportant une contribution majeure à la guerre de l’Amérique contre le terrorisme […]. L’Amérique réclame, l’Amérique a besoin d’une victoire décisive contre le Hezbollah […]. C’est donc l’occasion pour Israël de prouver ce qu’il peut faire pour son grand protecteur.

    – Charles Krauthammer
    Le Washington Post

    « On tâchera de faire mieux la prochaine fois », déclarait Ehoud Olmert quelques jours après le cessez-le-feu. Faire mieux? Des milliers de civils massacrés, ce n’est pas assez? Il lui en faut combien pour assurer la sécurité des colons juifs? Dix mille, cent mille? Et pendant que l’armée israélienne détruisait le Liban et enterrait sous les décombres hommes, femmes, vieillards, enfants, sans discrimination, deux petits journaleux aux dents longues, un tire-au-cul et un tire-au-flanc costumés en francs-tireurs, transformaient mon ami Poulin en monstre médiatique. Le méchant, c’était lui, pas l’aviation israélienne. Ni la marine, ni l’armée de terre non plus. Non, Poulin! Il n’y avait plus, ni bombes à fragmentation, ni cadavres de femmes, ni enfants mutilés. Il y avait seulement mon ami et le drapeau du Hezbollah. Les criminels de guerre, les vrais, c’étaient lui et son vieux complice Falardeau. Poulin l’islamiste, le fanatique, l’antisémite, le terroriste, le boucher, le violeur, l’égorgeur, le monstre!

    Nos deux « spécialistes du Moyen-Orient », qui font habituellement dans le potinage artistique et le bas de gamme médiatique, reprochaient à mon ami de ne pas parler l’arabe couramment. S’il avait su lire l’arabe classique, comme nos deux « grands reporters », il aurait compris que le drapeau du Hezbollah reprend un verset du Coran. Quel crime! Ce qui dérange nos deux « docteurs en science politique », ce n’est pas la kalachnikov sur le drapeau, mais Dieu. Le Parti de Dieu! Quelle horreur!

    Je ne sais pas pour Poulin, mais personnellement, le Parti de Dieu, ça ne m’empêche pas de dormir. Je ne comprends pas qu’on joue les vierges offensées avec Dieu. Dieu, il est partout dans ce conflit, à gauche et à droite, en haut, en bas, en avant, en arrière. Il y a Allah d’un côté et Yaveh de l’autre. Alors où est le problème du Parti de Dieu? Et le « In God We Trust » de la CIA! Et le « God Bless America » du père Bush! Alors le pseudo- scandale des versets du Coran, ça n’explique rien du tout. Ça permet seulement à nos deux « freedom fighters » de série B américaine de se donner bonne conscience à peu de frais et de conforter les matantes de Laval dans leurs préjugés. Fiers de leur supériorité morale, nos deux « intellectuels de service » hurlent au terrorisme, à l’Iran et au Parti de Dieu, comme des chiens de poche de la Police Montée et du Mossad. Mais ces diarrhées de mots, ça ne nous permet pas de comprendre quoi que ce soit au conflit. De simplement reprendre en choeur les analyses tordues des services secrets canadiens, américains ou israéliens, ça n’avance à rien.

    Beaux ou pas beaux, fins ou pas fins, les islamistes remplissent tout simplement le vide créé par l’échec des mouvements nationalistes laïques, tiers-mondistes et anti-impérialistes. Partout dans le monde arabe, les Américains ont aidé les islamistes à se développer, parce que ça servait leurs intérêts du moment. Les talibans, avant d’être de méchants terroristes antiaméricains, étaient de bons terroristes anticommunistes. À l’époque, le port de la burka et les versets du Coran ne dérangeaient pas beaucoup le State Department. Quand le Hamas était un groupe apolitique, strictement religieux, le Mossad l’appuyait sans réserve, une façon comme une autre de marginaliser le mouvement national palestinien. Et aujourd’hui, on essaie de nous faire pleurer les fesses avec des fous de Dieu! Laïcité, mon cul. Le Hezbollah est peut-être l’ennemi d’Israël et des États-Unis, mais ce n’est pas mon ennemi à moi. Le Hezbollah ne tire pas des roquettes sur la Gaspésie ou l’Abitibi. Il ne fait pas s’écraser des avions sur la Chambre de commerce de Rimouski ou sur le bureau de poste de Saint-Hilarion. Alors pourquoi le peuple québécois devrait-il s’enligner derrière la politique étrangère israélienne, le nez dans le cul du colon juif? Où est l’intérêt?

    Je connais Poulin depuis presque 50 ans maintenant. On est comme des frères. On s’est connus au collège. On était souvent dans le corridor, ensemble, expulsés de la classe pour avoir semé le trouble. On a travaillé ensemble. On a gagné ensemble, on a perdu ensemble. On a crevé de faim ensemble. Poulin, c’est un homme bon. Profondément bon. Comme il n’y en a pas beaucoup. Il n’a pas une compréhension livresque de la vie et de la politique. Il marche avec son coeur. Instinctivement, il comprend les injustices. Au premier coup d’oeil, il détecte les saloperies, les mensonges, les gammiques. C’est une des raisons pour quoi j’aime profondément cet homme. Il est toujours du côté des exploités, de ceux qu’on méprise, des ti-clins, des sans-grade, des chiens pas de médaille. Il se trompe très rarement. Et il ne s’est pas trompé non plus cette fois-là. Quoi qu’en pensent nos belles âmes de la plume.

    Crédit Josée lambert

    On s’est retrouvés ce matin-là au Parc-Lafontaine. Poulin avait à la main un drapeau du Québec. Un de ses amis des Îles agitait le drapeau acadien. J’avais un petit drapeau québécois et un drapeau palestinien. Poulin voulait protester contre les massacres au Liban. Lui, il prenait ça personnel, comme on dit. Toute la famille de Québécois d’origine libanaise tuée sous les bombardements israéliens, c’était ses voisins. Ils habitaient près de chez lui. Personnel, je vous dis, vécu profondément. Pas lu dans un magazine américain à marde. Il y avait plein de monde. Les gars saluaient Poulin. Il est connu, c’est normal. On me saluait aussi. Les gens nous prenaient en photos, demandaient des autographes. Des Québécois, des Arabes, des Juifs, des Africains. On parle à tout le monde. On a rencontré des jeunes avec des chandails jaunes du Hezbollah et des drapeaux. On a discuté. C’était des jeunes Québécois d’origine arabe. Ils étaient nés dans les villages qu’Israël venait de rayer de la carte. Les cadavres sous les décombres, c’étaient ceux de leurs oncles, de leurs tantes, de leurs cousins. On était loin du Coran, du Parti de Dieu et de l’Iran. On était dans la douleur, la rage et le désespoir. Pour ces jeunes, le Hezbollah était le seul mouvement politique au monde qui les défendait pendant que l’ONU et la Communauté internationale fermaient pudiquement les yeux et se bouchaient les oreilles. On a pris des photos avec les jeunes. Ils ont échangé avec Poulin le drapeau du Québec pour celui du Hezbollah. Voilà. C’est simple. Pas besoin de parler l’arabe classique ou de lire le Coran dans le texte pour comprendre. Suffit d’avoir du cœur et un peu de cervelle.

    Moi, le Parti de Dieu, contrairement à nos « deux penseurs », ça ne me fait pas grimper dans les rideaux. Je peux en discuter, en parler avec n’importe qui, sans perdre les pédales. Je cherche à comprendre, point! À certains, Dieu donne des boutons. Moi, ça ne me dérange pas trop. J’ai été élevé là-dedans, toute mon enfance. On a baignés dans ça. La messe huit fois par semaine, deux fois le dimanche. Je suis bien content d’être sorti de tout ça, mais certains jours, en regardant les petits mongols scander les versets du rock and roll à Moche Musique, je me demande bien où est le progrès! À regarder les fous furieux qui hurlent chaque dimanche à travers les États-Unis pendant la grande messe du football, on se demande pourquoi faudrait rire des chiites qui se flagellent. Mon ami Poulin n’a jamais été du Parti de Dieu. Il a toujours préféré les femmes. Il a toujours été du Parti des hommes qui souffrent, du Parti des hommes qu’on humilie, du Parti des hommes qu’on arrête en masse, du Parti des hommes qu’on exploite. C’est un homme juste. Juste et bon.

    Vois-tu, Julien, le grand but de tous ces pseudo-scandales médiatiques, c’est de taper sur les gens pour qu’ils ferment leur gueule. Je connais le truc. J’y ai goûté souvent. On finit par se fatiguer et par vouloir prendre son trou. Les petits préfets de discipline de la Presse, du Globe and Mail ou de la Gazette sont les spécialistes de ces campagnes de salissage. Ça me rappelle le collège. Le Congrès juif canadien et le B’nai Brith sont également très forts en la matière; ils jouent de l’holocauste et de la culpabilité en virtuoses.

    Cette fois-ci, les coups sont venus d’ailleurs. On ne s’y attendait pas vraiment. Ils ont voulu te donner une leçon, je ne sais pas pourquoi. Peut-être pour se faire un nom? Peut-être pour te faire payer certaines amitiés? À force de te taper sur les doigts, ils ont fini par gagner. Pour faire cesser la douleur, pour clore le débat, tu as fini par t’excuser. Tu n’avais pas à t’excuser devant ces salopards. Tu n’étais coupable de rien. C’était donner raison à deux « forts en thèmes » plutôt minables sur les bords.

    Dans toute cette histoire d’ailleurs, tout le monde fini par s’excuser. C’est ça le truc. Taper sur les doigts du monde pour leur faire fermer la gueule. Ainsi, cet ambassadeur israélien qui semonce, dans une lettre en anglais, Gilles Duceppe et le Bloc Québécois. En anglais seulement, faut être sale en tabarnak. Dans un pays normal, dans un pays indépendant, ce petit diplomate de merde, on le mettrait à bord d’un avion pour Tel-Aviv, sans avis. Un tel manque de savoir-vivre, ça mérite une rupture des relations diplomatiques et un aller simple pour la Terre promise. Et le Bloc s’excuse à genoux. On force même la bonne Maria Mourani à demander pardon. Pardon pour quoi? Pour avoir dit la vérité. Pour avoir dénoncé les crimes de guerre. Mais ces gens-là passent leur vie à s’excuser. La Peur d’avoir peur. Et cet ancien ministre péquiste dont-on-ne-se-rappelle-même-plus-de-quoi-il-était-ministre-c’est-vous-dire-s’il-était-important qui accuse le mouvement indépendantiste d’anti-américanisme primaire et d’antisémitisme tout aussi primaire! Il se dit de droite. Pas de problème avec ça. On peut être de droite et être intelligent. Dans son cas, le problème n’est pas qu’il soit de droite, c’est qu’il soit un abruti congénital. Il serait de gauche, le problème resterait entier.

    Moi, je ne m’excuse de rien. Quand je voudrai appuyer le Hezbollah, j’enverrai un communiqué de presse. Mais pour l’instant, on ne me fera pas cracher sur les militants du Hezbollah, ni sur ceux du Hamas. Ce ne sont pas mes ennemis. Ce ne sont pas les ennemis du peuple québécois quoi qu’en pensent nos « Ti-Jo connaissants » du Journal de Mourial ou des shows de lutte de TQS.

    Le plus drôle dans toute cette histoire, ce sont les protestations diplomatiques de l’État d’Israël envers la Russie. Les sionistes reprochent aux Russes d’avoir fourni des armes anti-chars aux combattants du Hezbollah. En effet, c’est embêtant ces gens qui refusent de se faire massacrer dans la joie par les chars israéliens. C’est tellement plus agréable quand on peut les tirer comme à la foire, comme des lapins, comme des Palestiniens.

    Pierre Falardeau

    P.S. Salut, Poulin! Dans la balance, quand tu vas mourir, il y aura tout le bien que tu as fait et tout le mal que ces minables ont dit de toi. Ils ne font pas le poids. En plus, il ne faut pas laisser la place seulement aux insignifiants de service. Il ne faut pas laisser la parole seulement aux demeurés et aux gnochons du pouvoir. Il faut parler même au risque d’avoir l’air fou, même au risque de se faire planter.

  17. Jamais deux sans trois. Cette fois-ci, Falardeau s’attaque au maître de Lagacé, André Pratte!

    La politique de la petitesse
    Écrit par PierreFalardeau.com
    08-11-2006

    « L’histoire ne se répète jamais, il n’y a que les journalistes qui se répètent entre eux. »

    – Anonyme

    En 1937, à l’âge de vingt ans, dans le premier et seul numéro de À nous la liberté, une revue qu’il vient de fonder, le jeune Guy Frégault écrit : « L’autre génération n’a pas une ‘‘âme perverse’’; elle a une ‘‘âme habituée’’. Ces gens n’ont jamais eu l’idée de rajuster le monde à la taille de l’homme […]; ils ont su pieusement s’en accommoder, tout en débitant des quantités massives de rhétorique pleurnicharde. […] Le grand secret de notre misère c’est que nous avons perdu la faim et la soif de la liberté. […] Il fut un temps – il y a mettons deux siècles – où les Canadiens […] étaient le peuple le plus libre de la terre, mais arrive 1760, […] il faut se soumettre. Nous nous soumettons. On finit par vivre comme on pense, n’est-ce pas? Alors la soumission devient un esclavage intérieurement accepté […], nous avons fini par troquer notre esprit de créateur contre celui de quémandeur.1»

    Je ne sais pas pourquoi, mais en lisant ces lignes du grand historien qui écrira plus tard La Guerre de la Conquête, ce livre majeur, j’ai pensé immédiatement à André Pratte. Pour moi, le célèbre relationniste de presse de l’empire Power Corp. représente à la perfection le descendant-type de cette génération de morts-vivants, de vaincus heureux, de soumis satisfaits dénoncés par Frégault il y a presque soixante-dix ans. En fait, je vous raconte des peurs; si j’ai pensé à l’attaché de presse de mononcle Paul, ce n’est pas du tout un hasard. Les camarades des Éditions du Québécois m’ont demandé un avant-propos au livre de Patrick Bourgeois. Pour supposément me mettre dans l’ambiance, ils m’ont notamment envoyé une copie du dernier livre du petit Frère Pratte. Ah! les affreux! Ils m’ont gâché une partie de mes vacances. Des vrais sadiques! Me faire ça à moi, un ami qui ne leur a jamais fait de mal. Quelle horreur!

    Je suis pourtant un habitué de la prose tordue de l’éditorialiste en chef de l’organe de presse quasi officiel du gouvernement canadien. Je lis régulièrement le bon Frère Pratte, question de suivre au jour le jour le point de vue du grand patronat, et, même à petite dose, c’est dur à avaler. Mais là en concentré, à forte dose, ça devient carrément de la violence psychologique, du harcèlement mental, de la torture cérébrale. Je ne comprends pas Graveline qui a publié le livre chez VLB. Il n’a jamais lu le manuscrit? Il a voulu faire un canular? On l’a forcé avec un couteau sur la gorge? Il se cherchait une job?

    Quand on lit du Pratte, on a l’impression de lire un catalogue des vieux éditoriaux moisis de Renaude Lapointe ou de Solange Chaput Rolland. Après Roger Lemelin et le Frère Untel, le Frère André! Il nous ressert au goût du jour, sous une mince couche de vernis intellectuel, les vieux arguments délirants de Réal Caouette, les farces plattes de Camille Samson, les grossièretés démagogiques de Jean Chrétien, les raisonnements spécieux et les sophismes éculés de Pierre Elliott. Et tout ça se prend pour Claude Ryan. Beurk!

    Pour bien comprendre le travail de cet employé modèle de l’empire Desmarais, de cet employé du mois de Gesca, il faut le regarder penser ou du moins faire semblant de penser. Cet admirateur de Robert Bourrassa pratique avec un art consommé la vieille technique du cul entre deux chaises, chère à son mentor. Mais tout ça n’est que de la poudre aux yeux parce que son siège est fait depuis toujours. C’est le vieux siège du pouvoir. Un bain de siège en fait! Pratte excelle à faire semblant. Il pratique l’art du faux en véritable professionnel de l’information. Il se pose toujours en analyste neutre et objectif. L’air de rien, il donne l’impression de s’intéresser aux deux côtés de la médaille et pose au juge impartial. Mais au bout du compte, à chaque fois, on s’aperçoit qu’il n’y a qu’un seul côté à cette médaille, le côté de ses boss. Le raisonnement est toujours truqué, les dés pipés d’avance. Jour après jour, la pièce retombe continuellement du même côté, le côté du plus fort, le côté du plus riche, le côté le plus payant.

    Quand je lis les publireportages d’André Pratte dans les pages éditoriales de la grosse Presse, j’ai l’impression de me farcir une commandite de Patrimoine Canada. Ça ressemble aux balles de golf et aux boules de Noël de la grosse Copps, aux cravates à feuille d’érable du Parti libéral, mais sans feuille d’érable. En fait, le drapeau à feuille d’érable est bien là, en filigrane, camouflé entre les lignes. Plus scandaleux encore que les commandites! Payé avec l’argent sale de l’oncle Paul, en plus!

    Mais le plus fascinant chez ce spécialiste du « damage control » au service du néocolonialisme canadien, c’est sa constance dans l’à-plat-ventrisme et la soumission. On finit même par ressentir une certaine gêne à regarder ramper, jour après jour, cet intellectuel organique de la bourgeoisie canadienne. La même gêne en fait qu’on éprouve à regarder s’enfoncer ce roi des abrutis dans Le dîner de cons. À chaque fois, en ouvrant le journal, on se demande jusqu’où notre champion va oser descendre. Et il s’abaisse chaque fois un peu plus bas, ce roi de la génuflexion prêt à justifier tout et son contraire, même à justifier l’injustifiable. Semaine après semaine, ce petit monsieur nous convie à la petitesse. Notre statut de minoritaires braillards, il le célèbre, en fait la promotion, le porte comme un étendard avec des trémolos orwelliens : « La dépendance, c’est l’indépendance ». « La soumission, c’est la liberté ». « La provincialisation, c’est la vraie souveraineté ». « La petitesse, c’est la grandeur ». Pour lui, un demi-strapontin à l’Unesco est une immense victoire pour notre peuple. C’est la seule politique étrangère qu’il arrive à imaginer pour le peuple québécois. Mais cet intellectuel colonisé type n’est pas seul. Power Corp. et Radio-Cadenas en engagent à la poche.

    Et ces gens-là, figés dans leurs certitudes rétrogrades et leurs idées minuscules, osent dénoncer le présumé immobilisme du peuple québécois. Faut le faire non… quand on défend depuis toujours un statu quo politique absolument inacceptable, bien au chaud assis dans sa marde, les deux pieds pris dans le ciment constitutionnel canadien. On reproche au peuple son immobilisme parce que le peuple a refusé un projet de casino financé avec son argent pour le profit du Cirque du Soleil. En fait de développement, tout ce que ces ardents défenseurs du patronat, de la bourgeoisie canadienne et du capitalisme anglo-américain ont à proposer, c’est un peu plus de pain Weston et un peu plus de jeux de loto. Plus de steppettes lasvegassiennes. Plus de shows de boucane. Plus de boulevards Taschereau. Plus de machines à sous. Plus de Wall Mart made in Quebec. Plus de Tim Horton avec des bols en pain à marde. Plus de ti-criss de moulins à vent privatisés, dénationalisés et ontariens pour exploiter encore et toujours notre Gaspésie. Plus de jobs de cul et de salaires de crève-faim.

    Photographie de Robert Laliberté

    « Tout va bien… car tout pourrait être pire ». Malheureusement, cette phrase n’est pas tirée de l’œuvre du commissionnaire de l’oncle Paul, mais elle reflète assez bien, je crois, ce qui lui tient lieu de vision de l’avenir du Québec : se contenter du statu quo politique et économique. Je n’en puis plus de cette mauvaise pièce qu’on dirait écrite par Ionesco. Dans les gazettes de ce presque pays, des critiques minables parlent de l’humour absurde. Mais personne ne parle de l’absurdité du réel mis de l’avant par tous ces intellectuels à gages. Pour parler plus clairement : « chu pu capable d’en prendre! ». Avec les années, c’est devenu physique. Ces gens-là me donnent mal au cœur. J’ai envie de vomir, de me renvoyer les tripes, de me cracher les boyaux, de me vider par les deux bouts. Ras la bole de tous ces petits intellectuels provinciaux. Tout en eux est provincial. Leurs idées sont provinciales, leurs visions sont provinciales, leurs ambitions sont provinciales. Tout en eux est petit. Petit, petit, petit! Ils se présentent comme des fédéralistes fatigués. Mais ces gens-là sont nés fatigués et vont mourir de fatigue à 80 ans comme le père de Stéphane Dion. Ils sont venus au monde vaincus, écrasés, soumis et ils prennent cela pour une vertu. Ils ne savent que prêcher le bonententisme à tout prix, le petit pain, la joue tendue et le plaisir masochiste du coup de pied au cul. Ils ne servent qu’à nous réduire, nous ratatiner, nous rapetisser. Et si on refuse la petitesse de ces vendeurs de petits pains, on devient de dangereux extrémistes.

    Dans son livre, le petit chien savant des Desmarais dénonce les dialogues haineux de mon film sur les Patriotes. Quoi? Les colonialistes brûlent nos villages, violent nos femmes, emprisonnent nos combattants, assassinent notre peuple et ce sale cabot voudrait en plus qu’on les aime, qu’on les remercie, qu’on leur élève des monuments. Personnellement, je ne pardonnerai jamais aux bourreaux de notre peuple. Je plaide coupable. Je suis rempli de haine. Une haine dévorante, incommensurable. La haine du colonialisme britannique et du néocolonialisme canadien. La haine des exploiteurs, des assassins, des bandits, des tyrans, des impérialistes, des voleurs, des tortionnaires, des oppresseurs et de leurs collabos. La haine de tous ces intellectuels en service commandé et autres vendeurs de salades couverts de bourses et de médailles prêts à justifier toutes les écoeuranteries.

    Et il y a aussi l’amour. L’amour ardent de mon peuple, le peuple québécois. L’amour de tous les peuples qui souffrent. L’amour des combattants, des résistants, de tous ceux qui refusent de s’agenouiller. L’amour aussi du « monde en bottes de rubber », comme disait mon ami Bernard Gosselin. L’amour de la culture populaire. Voilà! Il y a la haine, mais il y a aussi l’amour de la vie. Et c’est justement parce qu’il y a cet amour qu’il y a la haine de toute cette saloperie.

    Et je crache sur tous ces minables mercenaires qui gagnent leur vie du côté du manche. Toujours du côté des gros bras. Le côté des gras durs, le côté du cash. C’est peu de chose le crachat, mais c’est tout ce qui me reste… avec le mépris.

    « Tenir, tenir, à force de volonté, ne pas accepter le désespoir… »

    – Henri Alleg

    Les chemins de l’espérance

    « Extrémistes, les Canadiens français? Je ne connais chez eux qu’une forme d’extrémisme : l’extrémisme dans la candeur et la bonasserie; l’extrémisme dans l’aplatissement devant l’Anglais. »

    – Lionel Groulx

    Pierre Falardeau

  18. Ce midi, les Lionnes à Radio-Canada se sont moquées de l’anglais de Pauline Marois pendant au moins 30 minutes. Même si elles ont souligné au passage l’incompétence linguistique de Jean Chrétien dans les deux langues, elles n’en démordaient pas — Marois « ne sait pas parler anglais » au 21e siècle dans notre pays bilingue (!) en Amérique du nord… quelle horreur! Et chacune d’y aller de sa petite analyse superficielle et de répéter le mantra du jour: « Elle n’a pas la stature d’un chef d’état ».

    Hé les amis, on parle d’une dame qui a été à la tête de 14 ministères. Pendant ce temps, des joyeux lurons comme Mario Dumont, Jack Layton et Stephen Harper bafouillent comme des nourrissons bègues dans la langue de l’autre solitude…

    Répétez n’importe quelle sottise 1000 fois, et ça deviendra une vérité.

  19. Monsieur Dufort

    Je suis d’accord avec vous mais je continue à penser qu’une possible future première ministre d’un Québec indépendant devrait à tout le moins essayer de parler correctement l’anglais.

    Celà dit, Pauline Marois serait certainement une Cheffe d’État plus crédible que des insignifiants comme Harper, Dumont, Layton ou Dion!

    Il est temps que les fémi-fascistes se mettent ensemble et portent au pouvoir Pauline Marois. Malgré ses défauts et certaines mesures contestables quand elle était ministre (CPE!!!!), elle a toutes les compétences et mérite d’acccomplir la fonction de Première Ministre du Québec. Le problème pour les fémi-fascistes, c’est que cela sonnerait progressivement le glas du régime fémi-fasciste, ce qui risque de nuire à Madame Marois.

    Mais on peut toujours rêver…

  20. Davidg,
    vous êtes en train de transformer ce blogue en véritable plateforme MASCULINISTE. Or, ce genre de militantisme mur-à-mur, qui frise l’obsession, me tape autant sur les nerfs que le FÉMINISME qu’il pourfend.

    Lorsque vous oserez commenter un billet sans écrire une seule fois « fémi-fasciste », je prendrai peut-être plaisir à vous lire. Pour l’instant, je vais aller voir ailleurs si je peux trouver des discussions de politique qui ne s’enfoncent pas dans des ornières aussi puériles.

  21. Monsieur Dufort, je ne suis pas un masculiniste et je n’ai jamais pourfendu le féminisme, bien au contraire. Je suis moi-même un féministe qui prône l’égalité en droit entre les sexes!

    C’est le fémi-fascisme que je dénonce, pas le féminisme. Avez-vous des arguments sérieux, monsieur Dufort? Qu’y a-t-il de faux dans ce que j’affirme?

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