Dumont a raison… puis a tort!

C’était la suite aujourd’hui de la joute orale entre Jean Charest et Mario Dumont, un véritable débat sur l’environnement et l’économie qui laisse le PQ complètement absent du paysage politique.

Quand Dumont affirme qu’il faudrait développer davantage notre hydro-électricité et favoriser les exportations, il a tout à fait raison. Dans un contexte de crise énergétique majeure qui risque de se produire d’ici quelques années, toute forme d’énergie propre et renouvelable jouit d’un immense avantage sur le pétrole.

J’écrivais dans L’indépendance face au pic pétrolier que l’Alberta aura un important avantage sur le Québec grâce à ses larges réserves de pétrole. Dans les conditions actuelles, c’est un fait qui ne peut être démenti. Mais si le Québec se dotait de nouveaux grands projets hydro-électriques lui permettant d’assurer sa sécurité énergétique tout en profitant de la hausse du coût de l’énergie pour pouvoir offrir une électricité à bas prix à ses citoyens tout en se servant des profits pour payer de meilleurs programmes sociaux, on serait évidemment gagnant.

Là où Dumont se trompe, cependant, c’est quand il ne s’oppose pas clairement à la hausse des coûts de l’électricité. Car ce n’est pas à l’ensemble des citoyens, dont les plus pauvres, qui sont les plus touchés, d’avoir à payer pour une électricité plus chère. Le coût de la vie est déjà assez élevé ainsi et il faudrait que le monopole d’État d’Hydro-Québec rapporte aux plus démunis et à la classe moyenne, grâce à une électricité à bas prix pour les Québécois et au prix du marché lors de l’exportation.

Ainsi, et seulement de cette façon, le Québec peut-il tirer son épingle du jeu dans un contexte de raréfication des ressources pétrolières et de hausse dramatique des coûts énergétiques.

Construire de nouveaux barrages, d’accord, mais il faut que ça profite au citoyen lambda, et pas juste à ceux qui ont les moyens de supporter les hausses de frais imposées par Hydro-Québec.

Profiter à tous, pas juste aux argentiers de l’ADQ à la haute finance qui salivent déjà sur les contrats à venir.

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15 Réponses

  1. Dumont ne peut s’opposer clairement à une hausse des coûts: sa nouvelle vedette en la personne de Monsieur André Caillé, s’est dite en faveur d’une hausse substantielle du montant par kWh payé.

    J’aimerais que vous expliquiez un peu plus votre solution car je perçois un paradoxe important entre la venue de nouveau projet hydroélectrique majeur et le statu quo que vous proposez envers les hausses des tarifs de l’électricité. Peut-être qu’un paiement proportionnel selon l’utilisation permettrait une hausse variable qui ne compromettrait pas la capacité de payer des contribuables; un peu à la manière du pollueur payeur, nous deviendrions utilisateurs payeurs. Reste à voir comment l’industrie réagirait à une telle proposition…

  2. Aie pas de peur, quand le pic pétrolier commence à venir, le Québec aura encore sa capacité hydroélectrique(qui déjà gagne pour la province des grands revenus par la vende d’électricité aux EU),alors, il y aura un demande très élavée pour l’électricité alimentée par le pétrole. C’est quand il hausserait la prix d’électricité pour fournir l’achat du pétrole plus cher pour satisfaire les besoins qui peuvent pas utiliser les autres sources d’énergie alternatives.

  3. Vivement que l’on hausse le prix de l’électricité!

    Ainsi, on forcera les gens à l’économiser, on en aura plus à vendre ailleurs et on fera plus d’argent avec, qui pourront être investis dans des services sociaux, comme l’aide aux propriétaires de logement pour qu’ils ne redonnent pas la facture à leurs locataires et pour qu’ils aient les moyens de les rénover et assurer une meilleure efficacité énergétique. Et plus on consommera d’électricité, plus on paiera cher.

    C’est pas les familles vivant dans des 4½ qui consomment le plus de l’électricité, mais les maisons de banlieue mal isolées que l’on construit actuellement dans des usines.

  4. Hausser les prix d’électricité, c’est taxer les plus pauvres. C’est une mesure régressive et tout à fait de droite.

    Au contraire, il faudrait diminuer les prix d’électricité ou introduire des prix variables, ajustés selon les revenus. Il est intolérable que les plus riches puissent gaspiller pendant que des gens en bas de l’échelle doivent choisir entre manger à leur faim ou payer leur compte d’Hydro.

  5. Louis,les chefs du PQ ne sont pas habitués à courir après les micros, tout simplement ! Tandis que micros rime avec Mario….

    Louis, je t’ai laissé un message sur :
    http://jesopinions.blogspot.com/2007/10/ma-dclaration-dintrts-politique.html

    J’attends une réponse pour pour réouvrir ma section commentaire sans passer par la modération.

  6. @Louis

    Au contraire, il faudrait diminuer les prix d’électricité ou introduire des prix variables, ajustés selon les revenus.

    Mieux encore, on devrait ajuster les prix en fonction de la consommation. Plus tu consommes de kilowattheures, plus le prix par kilowattheure supplémentaire est élevé. Ça, ce serait un véritable incitatif à l’économie d’énergie, sans pour autant priver les pauvres de ce besoin essentiel.

    Comment se fait-il qu’il n’y a presque jamais personne qui propose une chose aussi simple?

    Pour que le système capitalo-étatiste néo-libéral fonctionne, il faut appauvir encore plus les pauvres pour enrichir les riches!

  7. Louis,
    Message recu, j’ai « refusé » ton message qui ne sera pas publié. Mais merci et reviens on n’est pas sorteux !

  8. Taxer les pauvres en haussant les frais d’électricité? Certainement pas. La consommation d’électricité est inférieure chez la classe pauvre que chez la classe aisée, qui consomme plus et utilise plus de moyens technologiques.

  9. La taxation par tranches ou par paliers demeure une solution sensée, même si elle s’oppose en toute logique au principe de « rabais au volume » (qui sous-tend les incitatifs aux industries lourdes).

    Cela permet en outre de répartir les hausses de frais.

    D’autre part, l’approche opposée (paliers dégressifs et rabais au volume) peut au contraire favoriser l’établissement d’industries très lucratives, mais avec l’effet pervers d’encourager la consommation.

    En bout de ligne, tout dépend du rapport entre les tarifs domestiques et les tarifs à l’exportation. Plus ils sont semblables, plus il est intéressant d’encourager la consommation locale. Plus ils sont différents, plus la consommation locale devrait être réduite au moyen de programmes déconomie incitatifs.

  10. @Manx

    C’est pas le rasoir électrique ni même l’ordinateur ou le lecteur DVD qui sucent bien du jus, ce sont le chauffe-eau, le chauffage et le four.

  11. Je sais, et ajoute parfois le frigidaire.

    Mais comme je l’ai dit plus haut, chauffer un 3 ou 4½, c’est pas comme chauffer une maison de banlieue isolée par 10cm de laine d’acier.

  12. Monsieur Dufort.

    Étant donné votre dernier commentaire, il serait préférable d’avoir un seul faible tarif par kilowattheure pour les K (à définir) premiers kilowattheures et un seul tarif plus élevé (en l’occurence le même tarif que pour l’exportation) pour tout Kilowattheure subséquent.

    Petit aparté concernant Nationstates, je vous suggère d’aller voir la Communauté de Gendronium http://www.nationstates.net/gendronium
    et de visiter la nouvelle région du Quebec Contre Doctrinaire que je viens de créer. Si vous voulez vous établir dans ma nouvelle région, vous êtes le bienvenu!

  13. Pour ceux qui ne le savent pas, nous payons à la base environ 4cents du kWh. Après un certain pallier (que plusieurs franchissent en hiver, riche ou pauvre), nous payons au delà de 8cents le kWh, ce qui est comparable au tarif d’exportation.

    Ainsi, le concept de pauvre ou riche ne tient plus. Je me demande d’ailleurs comment vous pouvez faire une aussi simple distinction entre riche et pauvre lorsque probablement certains riches économisent l’énergie et dépensent moins que certains pauvres? Il ne faut pas généraliser ici. C’est pourquoi la méthode utilisée par Hydro-Québec ne fait pas de distinction et s’approche du principe d’utilisateur-payeur.

    En effet, l’idée est de rester compétitif aux yeux des marchés externe comme New York sans toutefois faire porter tout le fardeaux d’investissements potentiels sur les simples contribuables. Oui, je crois qu’il faut augmenter le taux de base du kWh mais il faut aussi augmenter les taux préférentiels donnés aux entreprises en leur démontrant que de toute façon, ils paient déjà beaucoup moins chère que n’importe laquelle province du Canada.

    Faut se responsabiliser à tous les niveaux.

  14. Si le palier est trop bas pour les pauvres, il faudra l’augmenter. Pour le reste, qu’on garde la même grille tarifaire pour les commerces, les particuliers et l’exportation!

    Si des riches réussissent à économiser l’énergie, tant mieux!

  15. L’électricité devrait être vendue à juste coût et pas constamment donné à tout le monde surtout pas aux compagnies comme Alcan ou Alcoa.

    Est-ce que l’Alberta est devenue riche en donnant son pétrole à tout le monde? Ilsne se le donnent même pas entre eux. Mais eux, ils VENDENT leur pétrole.

    Nous, on est riche en hydro-électricité, vendons la à juste prix pour que cet argent nous revienne de juste droit et qu’on puisse la redistribuer aux pauvres s’il y a lieu sous forme de crédit d’impôts.

    Pour l’instant on est comme le boulanger qui mange son pain, il s’autosuffit en pain mais il bouffe tout ses profits.

    Je crois qu’une petite leçon d’économie pour certain(e)s s’impose. À qui profite le plus le bas coût de l’électricité? Au pauvre dans son 2 et demi ou au riche qui a 2 maisons, trois chalets, 5 piscines, 3 spas et 3 garages chauffés l’hiver d’après vous? Poser la question c’est y répondre…

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