Division péquiste

Le 2 mai dernier, j’écrivais un texte intitulé La fin du PQ? où j’exposais mon idée selon laquelle la seule chose qui unisse ce parti est la quête vers l’indépendance. D’un côté on a une aile-gauche, échaudée par vingt-cinq années de néolibéralisme et qui ne demeure au PQ que dans l’espoir de voir le vieux rêve d’une indépendance au service d’un projet de société réalisé; de l’autre on a une aile-droite, pour qui l’indépendance est surtout un trademark, une affirmation nationale, « un pays sur la carte », et donc un simple but.

L’aile gauche a toujours vu l’indépendance comme un moyen de réduire les inégalités sociales et d’améliorer les conditions de vie des Québécois. L’aile droite considérait davantage l’accession du Québec à la souveraineté comme une fin, c’est-à-dire la reconnaissance de la spécificité québécoise à l’échelle internationale. Et les purs et durs, ils désiraient surtout en finir avec les Anglais et voir leur pays enfin « sur la map ». Un tel mélange de visions complètement différentes de ce que devait être l’indépendance ne pouvait qu’exploser une fois le rendez-vous manqué.

Ce problème des contradictions entre la fin et les moyens vient hanter jusqu’aux blogueurs souverainistes, qui se divisent en deux camps quant à savoir ce qu’il convient de faire du cas Pierre Morin.

D’un côté il y a ceux, dont je fais partie, qui désirent voir Pierre Morin congédié pour ses agissements et qui considèrent qu’on ne peut pas accepter qu’un employé au service d’un parti politique travaillant dans le sanctuaire de l’Assemblée nationale puisse faire des campagnes de salissage aux frais des contribuables et sous un faux pseudonyme. Notre désir en est purement un d’idéal: nous refusons que des gens puissent se foutre à ce point de notre démocratie et puissent continuer à exercer leur fonction dans NOTRE parlement après avoir ainsi souillé l’institution.

Bref, nous ne voulons pas savoir qui profitera ou ne profitera pas de son départ ou non et ce qu’il arrivera par la suite. Pour nous, il s’agit d’une question de principe, et celui-ci n’obéit à aucun compromis.

De l’autre côté, une certaine droite péquiste aimerait jouer le jeu de la real politik en affirmant que Pierre Morin serait moins dangereux au parlement les mains liées qu’au chômage en train de bloguer toute la journée. Même si ce raisonnement se tient, il est profondément partisan et démontre que pour une partie des blogueurs souverainistes la lutte ne se faisait pas contre quelqu’un qui usurpait la confiance des citoyens quant au parlement et aux institutions politiques, mais se faisait contre un adversaire du Parti Québécois.

Concrètement, si Pierre Morin avait été péquiste, à leurs yeux ça aurait été acceptable. Mais puisqu’il était adéquiste, ça ne l’était plus et il faudrait désormais le ménager pour éviter d’en faire un martyr.

Un tel raisonnement me donne la nausée.

Cette façon de pensée conduit à de nombreux excès. Car à partir du moment où on reconnaît que la fin justifie les moyens et qu’on peut accepter à peu près n’importe quoi sous prétexte que ça va aider notre cause, on donne le même droit à ses adversaires.

On donne le droit aux services secrets de conclure des ententes avec des dealers de drogue pour assurer le financement occulte de campagnes militaires secrètes.

On donne le droit aux fanatiques de commettre des actes violents puisque leurs actes visent une fin qui est noble.

On permet tous les excès. Et c’est inacceptable.

Car au fond, ce n’est pas qu’une histoire de division entre blogueurs souverainistes et blogueurs partisans péquistes, c’est une démonstration de la paralysie qui atteint le Parti Québécois depuis des années, pris dans un discours axé sur la fin mais oubliant les moyens, omettant d’expliquer concrètement en quoi l’indépendance du Québec serait un moyen d’améliorer la redistribution de la richesse et les conditions de vie des plus défavorisés, par exemple.

Qu’on le veuille ou non, le Parti Québécois est devenu un parti comme tous les autres. Il est prêt à tout pour se faire réélire, même à renier son article un. Ça ne vous fait pas penser à un autre parti, ça? Un parti qui se renie au gré des sondages pour gagner des votes?

Au fond, je suis peut-être un romantique idéaliste: j’aimerais que la bataille se fasse honnêtement, à visage découvert, et en misant sur les idées et les programmes politiques votés par les membres. Malheureusement, que ce soit à l’ADQ, au PQ de Pauline Marois ou chez certains blogueurs souverainistes péquistes, on ne vise que la victoire et on se fout des principes ou des raisons derrières celle-ci. On veut vaincre, et tant pis pour les idéaux qu’on fait semblant de défendre!

La seule façon de se sortir de ce merdier, au niveau politique comme au niveau de la blogosphère, c’est un virage à 180 degrés de Pauline Marois vers une indépendance rapide ou l’appui à un autre parti. Un parti qui saura vraiment rallier tout le monde vers ce but tout en étant au-dessus des tactiques déloyales de ses adversaires.

Signer la pétition demandant le renvoi de Pierre Morin

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19 Réponses

  1. J’ai beau lire les commentaires des blogueurs souverainiste, je ne trouve pas vraiment de supporteurs du 2e camp dont tu parles ici.

    Ceux qui n’étaient pas d’accord avec la pétition pour faire démissionner Morin proposaient plutôt une pétition pour qu’une enquête officielle soit ouverte. Il s’agit de divergence quant aux moyens, mais les objectifs demeurent similaires.

  2. «omettant d’expliquer concrètement en quoi l’indépendance du Québec serait un moyen d’améliorer la redistribution de la richesse et les conditions de vie des plus défavorisés, par exemple.»

    On s’en fous complètement de ça. Aucun peuple ne s’est libéré dans l’histoire dans le seul et unique but de former un état socialiste.

    Si ton seul but est le socialisme, arrête de militer pour le PQ et vote pour Jack Layton, ce sera plus simple.

    L’indépendance nationale est une fin en soi, car elle amène la liberté et l’émancipation politique. Une fois cette étape franchie on peut commencer à débattre de ce qu’on veut faire de notre liberté.

  3. Bonjour,

    Je suis en accord avec M.Dufort. Je ne sais pas d’où vous tenez de telles informations, et si elles sont vraies, j’aimerais bien rencontrer ces gens qui auraient été en accord avec la façon de faire si elle avait été de nature péquiste.

    Et si je peux ajouter ceci, voilà, je travaille quotidiennement au coeur du parti et jamais il n’a été question d’agir ainsi. Jamais nous n’aurions accepté un tel comportement d’un membre de la permanence ou de l’aile parlementaire du Parti Québécois. C’est clair dans l’esprit de TOUS les gens ici, sans exception.

    Et pour ce qui est de votre commentaire qui prétend que le PQ «est prêt à tout pour se faire réélire, même à renier son article un.», sur quoi vous basez-vous pour affirmer ceci? Avec la capacité d’analyse que je vous connais, ne me dites pas que vous vous fiez à l’info diffusée dans les médias. Vous savez autant que moi que ces derniers ont tout intérêt à faire circuler cette idée qui amène la confusion.

    La réalité est que la souveraineté est toujours l’article un. C’est plutôt de ce qui entoure la tenue d’un référendum qui a été mis sur la glace. Discuter du fond oui, de la forme, ce n’est pas l’essentiel pour le moment, d’autant plus avec notre position de 3e parti.

    Et maintenant, pour votre commentaire sur l’ensemble des partis qui «ne vise que la victoire et on se fout des principes ou des raisons derrières celle-ci. On veut vaincre, et tant pis pour les idéaux qu’on fait semblant de défendre!», je me passe de commentaire. Je trouve ça incroyable de lire ça. Ça me laisse sans mots tellement vous ne semblez pas connaître les gens qui représentent notre parti. Enfin, vous semblez si sûr de vous…

    Pour ma part, je me compte chanceuse car mon travail me permet de côtoyer quotidiennement les plus grands souverainistes qui soit. Des gens passionnés, démocrates, qui ont un objectif commun et qui travaillent de concert pour y parvenir.

    Et pour revenir à l’histoire de Pierre Morin, elle m’a permis de constater une fois de plus qu’à l’intérieur du parti, ces gens ont des valeurs qu’ils ne renieraient jamais : l’intégrité et le respect d’autrui.

  4. Si le sujet intéresse ceux qui passe par ici, je fournis une réflexion sur mon blogue, concernant ce que la blogopshère peut faire. Je l’ai intitulé: Au delà d’Elodie Gagnon-Martin: Une leçon pour la blogopshère.

    Le billet est ici.

  5. ….un virage à 180 degrés de Pauline Marois vers une indépendance rapide ou l’appui à un autre parti. ….Louis

    La reine Ma-Rois ne changera pas de voie. Les élus ont tendance à se comporter comme les bouffons de la Reine.

    Un autre parti, oui.

    …………

    …..Discuter du fond oui, de la forme, ce n’est pas l’essentiel pour le moment, d’autant plus avec notre position de 3e parti……

    C’est quoi l’essentiel quand on est troisième ?

    Vous êtes troisième parce que vous mentez depuis 30 ans.

    Qu’est-ce que votre position au classement politique a à voir avec une affirmation souverainiste genre :

    Si nous sommes élus, nous ferons l’indépendance durant notre mandat.
    La Souveraineté est un risque calculé, assumons-le ensemble.
    Ou y a pas d’risque, y a pas d’plaisir !
    Votez pour nous, votez Québec Souverain.

    Est-ce assez clair ? C’est ça qu’on veut.
    Un pays criss pas des promesses de référendums, des stratégies de broche à foin qui plantent à chaque essai.

    Non plus des entourloupettes de politiciens commères qui ne pensent qu’à faire deux mandats pour obtenir une pension à vie.

    Y en a marre de vos niaiseries égoïstes.

  6. Je doute qu’un seul politicien veuille représenter ses électeurs pour obtenir une pension.

    P.S. Le PQ oscille entre la première et deuxième option dans les intentions de vote en ce moment et a très peu de sièges de différence avec l’ADQ.

  7. Le dernier message est le genre d’insanités qu’écrivent depuis quarante ans ces purs et durs qui n’ont aucune idée de ce que représente le défi de devoir diriger un parti indépendentiste devant d’abord gagner une élection avant de gagner un rférendum.

    Il représente aussi tout le côté profondément abruti de cette pensée qui croit qu’il suffit de réellement vouloir l’indépendance pour que celle-ci se réalise comme par magie.

    Il représente en somme le cancer ‘pur-et-duriste’ qui ronge le PQ depuis sa naissance.

    Vous voulez sacrer votre camp pour aller fonder un parti de purs et durs ? Good for you ! René Lévesque voulait pas de vous au PQ, et son désir sera ainsi exhausé (40 ans trop tard, malheureusement!).

  8. Le dernier message? Je ne parle même pas d’indépendance, mais du fait qu’un politicien, autant que l’on veuille chiâler contre lui et lui balancer des excréments, veut faire ce qu’il y a de mieux et non encaisser son chèque de paye pour 8 ans de services.

  9. Je parlais de l’avant-dernier.

  10. ….Il représente aussi tout le côté profondément abruti de cette pensée qui croit qu’il suffit de réellement vouloir l’indépendance pour que celle-ci se réalise comme par magie……

    Et bien oui il suffit de le vouloir.
    Vous ne le voulez pas assez et la preuve est que vous ne l’avez pas fait, malgré toutes les chances que vous avez eu. Vous êtes des incapables.

    Dehors maintenant allez raconter vos menteries à d’autres.

    ….Il représente en somme le cancer ‘pur-et-duriste’ qui ronge le PQ depuis sa naissance….

    Le cancer c’est le PQ. Un trip de pouvoir malodorant.

    ….René Lévesque voulait pas de vous au PQ, et son désir sera ainsi exhausé (40 ans trop tard, malheureusement!)….

    Aye on s’en crisses-tu du ti-cul à Lévesque. Braillard de mes deux.

    Juste un manipulateur véreux qui a réussi à tuer dans l’oeuf l’idée d’indépendance, un abruti qui s’est fait piégé comme un enfant de la maternelle avec le rapatriement de la Constitution.
    Un éternel perdant.

    Tiens, il aurait dû rester journaliste au lieu de jouer au dictateur peureux.

  11. Beurf, de l’anti-histoire…

    Que serait-il arrivé sans un parti politique souverainiste de l’envergure du PQ? Les camps souverainistes seraient-ils encore un amalgame de petits partis marginalisés?

    Le PQ a été un véhicule de souveraineté qui a donné une voix à des gens et une oreille à d’autres. S’il l’est encore, ça je doute, car plusieurs ont bien de la cérumen dans les oreilles et auraient besoin de quelque chose pour les faire bouger. Moi oui, je me sens plus souverainiste solidaire, car la méthode de QS est à mon avis plus rigoureuse, plus honnête et moins « sentimentale », mais bon, plusieurs ne s’y reconnaissent pas et c’est leur droit.

  12. ….un politicien, autant que l’on veuille chiâler contre lui et lui balancer des excréments, veut faire ce qu’il y a de mieux et non encaisser son chèque de paye pour 8 ans de services…..

    Non mais, as-tu déjà essayé d’être élu toi, tu sembles connaître ça en criss ?

    Le jeu politique mon ami, le besoin d’appuis et les promesses, ça ne se déroule pas comme tu penses.

    Les politiciens, comme les autres, jouent le jeu. S’ils peuvent le jouer assez longtemps, il y aura des bénéfices, des gros s’ils s’y mettent.

    Ceux qui entrent en politique le font par intérêt comme les autres ailleurs. Money talk.
    La différence est que leur cahier de charges et leurs responsabilités sont assez obscures et ils demeurent rarement imputables.

  13. ….Que serait-il arrivé sans un parti politique souverainiste de l’envergure du PQ?….

    Rien. Ni plus ni moins.

    Nous sommes encore à la case départ, 30 ans plus tard.

    Même que nous sommes moins de personnes à y croire encore tellement ce projet a été bafoué, maltraité.

  14. Bah tu peux demander à Martin, il a déjà essayé d’être élu ouep. Et quand je l’entends, non c’est pas le genre de mec qui attendait un chèque de paye.

    Tu sais, gérer les affaires d’une communauté et la représenter dans un lieu d’autorité, c’est pas une job de tout repos, c’est pas une job « facile ». Le besoin d’appui et les promesses, c’est là. Mais jamais un politicien ne fera de politique pour la pension. S’il y a intérêts, à tout le moins ne sont-ils pas strictement monétaires.

    Nous sommes moins à y croire depuis que le PQ a été élu à la première fois. Mais compte le pourcentage d’intentions de vote actuellement pour le PQ, et comptabilise le % d’intentions de vote du RIN et du PCC dans les années ’60. On a fait du chemin mec, et on est dans un creux parce que les gens tendent l’oreille ailleurs pour l’instant.

  15. ….Mais jamais un politicien ne fera de politique pour la pension. S’il y a intérêts, à tout le moins ne sont-ils pas strictement monétaires…..

    Redis-moi ça sans rire avec la reine Ma-Rois en tête. T’as vu son chalet ?

    La politique pour la pension c’est commun j’en suis sûr. Mais il y a plus que ça si on obtient un portefeuille. Puis il y a ces corporations qui risquent de nous donner un emploi ensuite.

    Des intérêts monétaires yes sir !

    Et la souveraineté qui n’est pas encore faite mais ça c’est pas grave, on y travaille hien ? Good luck.

  16. Heu, je n’ai pas fait de la politique pour la pension. Pour l’avoir, ça prend deux mandats. Et je ne pensais même pas être élu une première fois. J’étais réaliste. C’était 1998.

    S’il y en a une qui n’a aucune raison pécunière d’être là, c’est bien Marois! De un, elle a fait plus que deux mandats comme député, de deux elle est riche. Mais attention! Elle n’est pas devenue riche grâce à des pots de vins.

    Tout le monde politique n’est pas corrompu, tous les élus ne sont pas là que pour leur nombril. Un député fait à peu près 70000$ par an, mais il travaille plus que 40 heures par semaine aussi! C’est plutôt du 60 à 70 heures par semaine. En plus, faut être prêt à se faire salir et rouer de coups en public.

  17. N’étant pas péquiste mais plutôt séparatiste (comme on disait dans le temps), la poutine interne de ce parti expert en chicanes internes ne m’intéresse que peu.

    Le PQ devrait s’élever au dessus de ce genre de chose. Il gagnerait en popularité.

    Accent Grave

  18. ….Un député fait à peu près 70000$ par an, mais il travaille plus que 40 heures par semaine aussi! C’est plutôt du 60 à 70 heures par semaine. En plus, faut être prêt à se faire salir et rouer de coups en public…..

    Je connais des tas de gens qui travaillent tout autant, deux et même trois jobs pour boucler un maigre budget. Viens pas nous faire brailler avec les élus s.v.p.

    Crois-tu que Dumont a vraiment travaillé dans sa vie ? Jamais, il ne connait rien du quotidien de ceux qu’il représente, absolument rien.

    Le salaire de 70.000$ ne comprends pas les axtras, y en a.

    Se faire salir et rouer de coup en public c’est le lot de la personne publique.

    Don’t stand in the kitchen if you can’t stand the heat !

  19. Je ne tente pas de « faire brailler » quiconque sur les « élus ». Bien sûr qu’il y a des gens qui travaillent aussi ou plus fort pour moins. Mais on ne devient pas millionaire comme député. Je parle juste du métier de député d’ailleurs. Mais toute cette rengaine sur les élites qui font du fric en se pognant le cul, pire cette rengaine selon laquelle les élus n’ont voulu l’être que pour le fric, je ne l’accepte pas non plus.

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