L’ADQ au prise avec ses incohérences

Dans une énième démonstration d’opportunisme politique, Mario Dumont, lors du congrès de l’ADQ se tenant en fin de semaine, a décidé cette fois-ci de surfer sur l’environnement. Sauf qu’encore une fois, il est au prise avec ses propres contradictions.

Ainsi, lorsqu’il annonce vouloir présenter un plan plus ambitieux que celui du PLQ pour respecter le protocole de Kyoto, il oublie qu’une de ses promesses de tout temps a été de réduire le nombre de fonctionnaires et de laisser agir les forces du marché (ce n’est pas pour rien que c’est un parti de droite). Alors, comment inciter les entreprises à moins polluer, si c’est plus rentable de polluer, sans avoir des fonctionnaires pour s’assurer que les entreprises polluent moins? Car c’est bien beau dire « moins d’État » tout le temps (ce point très commun entre les Néolibéraux et les Libertariens), mais on ne peut pas à la fois réduire l’État et se servir de lui comme levier pour atteindre un objectif social important.

Une autre occasion de rigoler: le projet de train à haute-vitesse entre Windsor et Québec. Et bombien coûterait un tel projet? Voici ce qu’a répondu Simon-Pierre Diamond, non seulement le plus jeune député de l’histoire récente du Québec mais qui en plus du haut de son inexpérience est responsable de l’environnement:

« Actuellement, nous ne sommes pas rendus aux chiffres, mais l’important, c’est de mettre la priorité sur l’environnement. »

Ah bon. Tiens donc, moi aussi j’ai un projet. On pourrait donner un chèque de 100 000$ à tous les Québécois pour régler le problème de la pauvreté. « Je ne suis pas rendu aux chiffres, mais l’important, c’est de mettre la priorité sur la lutte à la pauvreté ». Hey, ti-coune, c’est foutrement important les chiffres quand tu aspires à gouverner une nation!

Tout ça n’est pas sans nous rappeler le dernier débat des chefs, où Mario Dumont était pris pour défendre un cadre financier de l’épaisseur d’une recherche sur les pandas d’un élève de cinquième année primaire. Et c’est ce gouvernement qui aspire à nous gouverner?

Malheureusement, on constate encore une fois que l’ADQ et son leader maximo, el general Dumont, en sont restés au stade de la critique et de l’opposition. Alors que ce parti pourrait agir en tant que prochain gouvernement et réellement proposer des mesures concrètes, il se contente encore une fois de surfer sur ce qui est populaire et il ne se donne même plus la peine d’être cohérent ou de chiffrer ses engagements.

Quoi que dans le cas de l’ADQ, il faut être bien sûr d’écrire le mot « engagement » dans de la glace; on ne sait jamais ce dont les sondages seront faits demain et quelle position diamétralement opposée le parti décidera de suivre à ce moment!

L’Histoire nous a bien appris à ne pas faire confiance aveuglément à un parti dont toutes les politiques viennent du chef, qui lui peut changer d’idée n’importe quand.

Mais a-t-on vraiment appris?

15 Réponses

  1. Tout ce que le parti de Dumont peut proposer, c’est de faire « mieux » que le parti de Harper. Ce qui n’est pas grand chose…

    Dans ce dossier, les libéraux de Charest ont fait des promesses énormes et on attend encore de voir ce qui sera réellement fait. Charest tout souriant multiplie les annonces… pendant que la ministre Beauchamp se fait des ennemis un peu partout en tentant de régler le problème des algues bleues en excluant les groupes environnementaux, en faisant la morale aux citoyens et en refusant d’inclure les agriculteurs dans l’équation. On suppose qu’en catimini, ça négocie serré avec les Municipalités et que des gros dollars sont en jeu. Aidera-t-on tout le monde à rectifier la situation, ou bien mettra-t-on les citoyens et les agriculteurs à la rue, tout en donnant du fric aux municipalités pour qu’elles aient les moyens de « sévir »?

    Le PQ a fait des propositions très réalistes quant aux algues bleues, en plus de soutenir une réduction des émissions de CO2 à l’aide de plans bien détaillés.

    Je crois que dans le dossier environnemental, le PLQ et le PQ ont fait preuve d’un réalisme dynamique, pendant que l’ADQ tire de l’arrière…

  2. Ha, mais il faut faire attention aux acquis de l’UPA mec… Faites chier les agriculteurs, et on vous traitera de fûmiers!

    Mme Beauchamp fait un assez bon travail. Ce que je lui reproche, c’est de ne pas avoir un « background » environnemental (elle est diplômée thérapeute), mais elle fait bien la job. D’autres mesures environnementales ont déjà été prises par Charest ou des entreprises privées en matière d’éthanol, comme Ethanol Greenfield et sa nouvelle centrale de Varenne, et une chaire d’éthanol cellulosique à l’université de Sherbrooke.

    Mais bon, c’est pas ces deux choix qui respecteront la promesse de Charest de remplacer 5% du carburant consommé au Québec par de l’éthanol.

    Pour le TGV Windsor-Québec… Je ne sais pas, mais l’ACHALANDAGE est une priorité dans le transport de masse. Un TGV Montréal-Québec (et possiblement Toronto ou Ottawa) sont des initiatives que je défends, mais Windsor? Savent-ils à l’ADQ que c’est le transport de personnes que l’on vise avec un TGV, et qu’un train de marchandises régulier suffit amplement pour le reste?

  3. Je ne crois pas aux TGV. Je crois qu’on aurait intérêt à électrifier des tronçons existants, afin d’offrir des services de fret et de transports de passagers à prix modique, sans pollution par le bruit et sans pollution de l’air.

    C’est bien beau un TGV Montréal-Toronto ou Montréal-Boston, mais nous avons beaucoup plus à gagner si on réduit le camionnage lourd et le transport par cargo maritime le long de l’axe du Saint-Laurent. Cela se fait au moyen de trains électrifiés utilisant de l’électricité à bas prix.

  4. Le problème à ce niveau est que les stratèges de la mondialisation voient Montréal comme le centre du transport de cargaisons dans l’Amérique du Nord. Pas juste au Québec ou sur le Saint-Laurent. Nos cargos partent dans des camions pour se rendre à Toronto, en Nouvelle-Angleterre et ailleurs. L’axe du Saint-Laurent, c’est une petite partie du tout. Mais c’est clair qu’un transport ferroviaire efficace, doublé de l’utilisation d’un nombre plus restreint de camions et sur de plus petites distances aiderait.

  5. Imaginez débarquer les cargos à Cacouna (Rivère-du-Loup) ou à Québec, et les voir partir dans des trains propres (électriques) vers Montréal tout d’abord, puis en rayonnant, vers Toronto, Ottawa ou Detroit.

    La Voie maritime est surutilisée et soufre de l’érosion des berges, de l’ensablement et de la baisse du niveau de l’eau. Autant débarquer les cargos plus en aval.

  6. Je me demande juste si les trains ont la capacité de transport d’un bateau. Mais au minimum, c’est clair qu’une cargaison qui débarque à Montréal pour ensuite partir en camion à Québec ou Rivière-du-Loup, c’est stupide. Pourtant, ça arrive souvent…

  7. Tu peux transporter environ 200 containers modaux standards dans un seul train de marchandise. C’est l’équivalent de 50 camions de taille moyenne. Pour ce qui est des bateaux, je n’en ai aucune idée.

    Il n’y a aucune raison de faire les trajets Montréal – Rivière-du-Loup en camion, en train routier ou même en bateau cargo. En fait, l’est du Québec pourrait se développer en fonction d’une nouvelle donne en matière de transport intermodal.

  8. Le « salut » de Dumont sur cette photo me rappelle celui de Hitler. Sans vouloir démontrer La Loi de Godwin, avouez que la ressemblance est troublante.

  9. C’est fait exprès par Louis, à mon avis. Comme le journal qui l’avait d’abord publiée. La Presse me semble?

  10. Imaginez débarquer les cargos à Cacouna (Rivère-du-Loup) ou à Québec, et les voir partir dans des trains propres (électriques) vers Montréal tout d’abord, puis en rayonnant, vers Toronto, Ottawa ou Detroit.

    La Voie maritime est surutilisée et soufre de l’érosion des berges, de l’ensablement et de la baisse du niveau de l’eau. Autant débarquer les cargos plus en aval.

    100% d’accord. Ma famille a des chalets sur le bord du Lac Saint-Pierre et, en 30 ans, les berges n’ont pas fini de pérécliter. Bientôt ce sera une grosse flaque avec le canal de la Voie maritime en plein milieu.

  11. @Martin

    100% d’accord. Ma famille a des chalets sur le bord du Lac Saint-Pierre et, en 30 ans, les berges n’ont pas fini de pérécliter. Bientôt ce sera une grosse flaque avec le canal de la Voie maritime en plein milieu.

    Non, ça ne se peut pas ce que vous dites! Le réchauffement de la planète fera inonder encore plus les berges de St-Laurent en raison de la fonte de la calotte glacière, causant des inondations et des cataclysmes sans précédents! LE FLEUVE NE PEUT DONC PAS BAISSER DE NIVEAU, ÇA NE SE PEUT PAS!

    Mais ne vous en faites pas, les inondations engendreront des retombées économiques si importantes que tout le Québec sera en plein emploi comme la Beauce!

    Au secours! Tout le monde aux abris! Bouh!

  12. @Jimmy

    Faut pas exagérer! Dumont ne prône pas un régime totalitaire. Par contre, il est un étatiste comme les autres.

    C’est vrai tout de même que le programme économique de centre-droit adéquiste ressemble drôlement au corporatisme nazi.

  13. @Davidg le sarcastique

    Le niveau d’eau de la mer peut augmenter et celui du fleuve baisser, surtout si les Grands Lacs se vident ou qu’on creuse toujours plus creux pour la Voie Maritime.

    De toutes façons la problématique est plus complexe que celle du simple niveau d’eau: les sédiments s’accumulent, les algues poussent, etc.

    Site d’Environnement Canada

  14. Vous avez tout à fait compris Martin!

    Plusieurs épouvantails à moineaux nous avaient pourtant annoncé un cataclysme imminent.

  15. Sans que ce soit un cataclysme, c’est déjà la merde!

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